“Tandis que le Nord transfère de l’argent public de façon massive vers le Sud pour garantir les dettes des pays du Sud, l’épargne du Sud va, elle, se réfugier au Nord.”
“L’Union monétaire est rompue malgré la survivance de son instrument de transaction : l’Euro.” Jean-Luc Gréau – Xerfi Canal
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Extraits de l’article de Jean-Luc Gréau dans Causeur du 24 septembre :
L’euro, c’est fini ! L’Union monétaire a déjà éclaté de facto.
INVRAISEMBLABLE, mais vrai : il se trouve encore des économistes pour annoncer à l’Europe des lendemains qui chantent. Le Vieux Continent, nous disent-ils, ne tardera pas à retrouver sa vigueur et sa prospérité, tenant enfin les promesses de l’Agenda de Lisbonne de 2000, aux termes duquel l’Europe devait être en 2010 la région exemplaire pour le reste du monde par sa prospérité, son taux d’éducation, sa capacité d’innovation.
[...]
Cependant, cet optimisme de rigueur dans le cénacle libéral n’a pas encore contaminé la direction de la Banque centrale de Francfort. L’un de ses membres, Jörg Asmussen, a énoncé les termes du dilemme qui étreint les dirigeants de la BCE : « Les marchés font le pari de la désintégration de la zone. Un tel risque systémique est dramatique et, pour la Banque centrale européenne, inacceptable. » Plus clairement encore,
la BCE n’a guère le choix : soit elle inaugure une politique de rachat massif des dettes publiques des pays en détresse, en contradiction violente avec ses statuts et en opposition à la volonté du pays le plus puissant de la zone, soit elle laisse éclater la zone monétaire placée sous sa juridiction.












Quelle est la relation, si elle existe, entre le laxisme extrême des banques centrales aux États-Unis et au Royaume-Uni et le fait que ces pays aient été ceux où les inégalités ont augmenté de façon la plus extrême durant ces dernières décennies ? 



Un scénario alternatif à un retour à une situation de forte récession, pouvait être envisagé avant les récents problèmes de dette souveraine de la Grèce : qu’il y ait une période longue (10 à 20 ans) de déflation douce et de stagnation économique, associée à une hausse régulière des dettes publiques, jusqu’à atteindre par exemple le niveau japonais (plus de 200% du PIB d’endettement public brut *), sans que cela ne pose de problème au marché obligataire (maintien de taux bas).