Mexique : De la pluie pour produire de l’électricité

Des étudiants mexicains ont utilisé de l’eau de pluie pour fabriquer de l’électricité et alimenter les batteries d’un quartier de Mexico.

Charger des batteries avec de l’eau de pluie : c’est la réussite de ces étudiants de l’Université technologique du Mexique (UNITEC). Le système appelé “Rain Wild” recueille la pluie sur le toit d’immeubles, elle est ensuite drainée vers un système de récupération puis vers une micro-turbine, un modèle réduit de celles employées dans les barrages.

Des essais menés dans un quartier pauvre de Mexico, Iztapalapa, ont montré que le système fournissait assez d’énergie pour charger des batteries de 12 volts portables.

L’eau récoltée est assainie

Lire la suite

David Bollier : « Les communs nous aident à sortir du carcan de l’économie néolibérale, à travers des alternatives concrètes »

La notion de « biens communs » attire de plus en plus l’attention et l’intérêt des militants et d’autres acteurs du changement social. David Bollier, chercheur indépendant et militant américain, se consacre depuis une douzaine d’années à l’enjeu des biens communs (ou ’communs’), dialoguant aussi bien avec les pionniers du logiciel libre ou des licences Creative Commons qu’avec des groupes de paysannes indiennes ou des représentants de peuples indigènes. Dans un livre qui vient de paraître en France [1], il propose une « brève introduction » aux communs. Entretien.

Enluminures illustrant les travaux des champs au Moyen-Âge. Extraites des Très Riches Heures du duc de Berry (BNF).

Qu’il s’agisse d’écologie, de défense des services publics, de culture, de science ou de technologie, les biens communs – ou, plus simplement, les « communs » – ont pour principal attrait de dessiner une alternative pratique aux logiques de commerce et de contrôle, mettant l’accent sur la coopération et le partage, et redonnant du pouvoir et de l’autonomie aux simples citoyens. D’un autre côté, la notion de « biens communs » est invoquée à propos de choses extrêmement différentes entre elles, depuis la préservation des traditions indigènes jusqu’à Linux et Wikipédia, en passant par la gestion collective des ressources naturelles, les services et infrastructures publics, les coopératives et l’économie solidaire, les jardins partagés et les AMAP… Difficile parfois de trouver un fil conducteur.

Dans son nouvel ouvrage, David Bollier entend expliquer ce qui rapproche les pratiques et les initiatives disparates que l’on regroupe aujourd’hui sous le terme de « communs ». Et en quoi elles dessinent ensemble une alternative pratique au néolibéralisme et au pouvoir sans cesses croissant des grandes entreprises – mais aussi à une partie de la tradition progressiste.

Lire la suite

Jacques Collin : « L’intelligence des plantes est démontrée par la CIA »

Dans cette vidéo, Jacques Collin, auteur à succès des livres “L’eau, le miracle oublié.“, “L’insoutenable vérité de l’eau” et “L’eau delà de l’eau” présente des aspects méconnus des plantes utilisées pour… détecter les mensonges.

(Merci à Godefroi de Javron)

Des maisons en déchets

Imaginez un instant que nos déchets servent de matériaux de construction. Il y a aujourd’hui, dans différents pays, une nouvelle génération d’architectes qui réfléchit à utiliser nos déchets pour en faire des maisons.

L’architecte américain Mike Reynolds habite avec sa femme, depuis 20 ans, une maison construite à base de matériaux de récupération comme des pneus usagés, des bouteilles en verre, du plastique, … C’est étonnant, elle tient toujours !

Encore faut-il savoir qu’elle a été construite dans le désert de Taos au Nouveau Mexique, USA, avec des températures extérieures allant de moins 3°C à plus 50°C ! La maison, elle, reste à température constante. Il faut la chauffer au bois durant le mois de décembre c’est tout, pas besoin d’autre chauffage ni de climatisation.

Lire la suite

A Evry, les habitants paient encore la gestion bien peu rigoureuse de Manuel Valls (Rediff)

Folles dépenses, dette record, pratiques clientélistes… Mais qu’a donc fait Valls dans sa ville ?

3 juin 2012, hôtel de Ville d’Evry : Manuel Valls, nommé ministre de l’Intérieur, passe le pouvoir municipal au nouveau maire Francis Chouat

Dès qu’il s’agit de faire le beau sur ses terres d’Evry, Manuel Valls ne ménage pas les balais-brosses. En mai 2012, il a fait repeindre à la va-vite des murs du quartier de Bois sauvage. « La veille au soir, des équipes étaient encore en train d’effacer des tags », se souvient une habitante. Il ne s’agissait pas de laisser les caméras donner une mauvaise image de la commune d’un futur président de la République…

Sacré Manuel Valls ! Depuis qu’il a été parachuté dans cette ville nouvelle de l’Essonne il y a douze ans, celui qui était alors simple chargé de presse au cabinet de Lionel Jospin à Matignon est devenu un vrai professionnel de la politique. Non seulement il a appris à policer son langage et à choisir ses cravates pendant ses dix années de mandat, mais il a réussi à faire d’Evry une ville tremplin pour servir ses desseins. « Quand il est arrivé ici, il ne cachait pas son ambition de s’asseoir un jour dans le fauteuil de l’Elysée », confie un ancien de la mairie. Et il voulait faire de sa cité un laboratoire vivant, témoignant de sa gestion dynamique, moderne et rigoureuse.

Une décennie plus tard, un simple coup d’œil aux finances municipales donne une idée de son bilan : les caisses d’Evry sont vides. « J’ai rarement vu ça, ils n’ont même pas de quoi payer leur dette », s’étonne Claude Jaillet, expert en finances locales. « Du coup, ils sont obligés d’emprunter pour rembourser les échéances ».

Lire la suite

Une étude de la Nasa met en garde contre la chute de l’Empire occidental

Selon une étude financée par la Nasa, la question n’a rien de théorique : notre civilisation serait condamnée à un effondrement total. Cette mise en garde ne vient pas d’un Nostradamus des temps modernes, mais d’un groupe de scientifiques qui ont utilisé un mode de recherche original : les enseignements de l’Histoire.

Le site du Guardian rapporte que des sociologues et des naturalistes ont développé un nouveau modèle montrant comment “une tempête parfaite” pourrait détruire la civilisation actuelle.

Cette nouvelle étude sponsorisée par le Goddard Space Flight Center met en lumière la manière dont l’exploitation des ressources et l’inégale distribution des richesses mènera ” dans quelques décennies ” à un effondrement de notre système économique.

Lire la suite

Consommation : Arnaque sur le poids des aliments

Des produits à la quantité allégée dont les prix ne baissent pas pour autant. C’est la solution trouvée par les industriels pour augmenter leur marge. Enquête sur cette pratique douteuse et répandue.

Pour les commerçants et les fabricants augmenter les prix en temps de crise est une manœuvre très risquée. Alors, afin de continuer d’accroître leur marge, ils ont trouvé une solution beaucoup plus discrète: jouer sur le poids de ce qu’ils nous vendent. Les grandes surfaces, les industriels et même les commerces de proximité: chacun a développé sa technique pour alourdir notre facture.

« Gros volume, petit prix », « maxi format », « une bouteille gratuite »: les promotions sur le volume envahissent les rayons de nos supermarchés. Mais 40 % des magasins ne respecteraient pas leurs promesses. Les fabricants, eux, allègent le contenu de leurs produits sans que le prix ne bouge. Cette technique pratiquée par les poids lourds de l’industrie agroalimentaire porte un nom: l’inflation masquée. Les industriels vont jusqu’à modifier la composition de nos aliments.

Ainsi, nos glaces sont gonflées de plus de 50 % d’air et nos escalopes de poulet sont alourdies à l’eau. Certains additifs à la réputation controversée sont utilisés pour retenir l’eau naturellement contenue dans ce que nous mangeons.

Cette enquête sur le véritable poids de nos aliments conduit à découvrir également la Direccte, une sorte de police des balances. Un service de l’État méconnu qui est chargé de contrôler la conformité de tous les instruments de mesure et le poids réel des produits vendus en supermarché. Car quelques grammes en moins finissent par peser très lourd dans le portefeuille du consommateur.

Dans les sous-sols de StocaMine, la bombe à retardement alsacienne

En une minute et demie, la cage d’ascenseur du puits Joseph avale les 550 mètres de profondeur dans un grincement de ferraille et de bois. Lampe frontale sur le casque, autosauveteur à oxygène en bandoulière, les mineurs parcourent les 100 km de galeries de l’ancienne mine de potasse Joseph-Else, creusée dans le sous-sol de Wittelsheim (Haut-Rhin).

Direction non pas la taille de sel mais les cavités où dorment du mercure, de l’arsenic, du cyanure et de l’amiante. Là, 44.000 tonnes de déchets industriels ultimes, non recyclables et hautement toxiques, gisent dans un centre de stockage unique en France, StocaMine.

Lire la suite

Mode d’emploi de l’autonomie

(…) L’idée qui tourne beaucoup sur internet en ce moment, c’est l’idée de l’autonomie. Le principe est que comme nous n’avons aucun pouvoir pour faire changer le système, alors nous pouvons nous en passer tout simplement, et ne plus le financer.

http://www.heol2.org/maison3e/images/6maison3eavantcouverture.jpg

Sans consommateurs, le système n’existe plus. Les plus optimistes se disent même que si ça marche pour eux, ça va inciter beaucoup de gens qui n’avaient pas eu le courage de le faire ou qui n’en avaient pas eu l’idée à passer à l’acte, et de toute façon, d’après certains autres, ce système n’en a plus pour longtemps.

Bon, on n’en est pas encore là. Pour l’instant je vais essayer de rassembler dans un article tout ce qui pourrait aider ceux qui sont prêts à se lancer. Une sorte de petite encyclopédie des autonomistes pour les gens qui n’ont pas beaucoup d’argent sous le matelas (l’article est un peu long, mais il y a beaucoup de choses à dire). Bien sûr, je ne connais pas tout, et si vous avez des infos à ce sujet, envoyez-les ! C’est important pour nous de réapprendre les anciennes techniques de construction, et pourquoi pas, les mélanger avec des nouvelles tant que c’est encore possible.

Lire la suite

Les pollutions se multiplient aux Etats-Unis

Deux affaires survenues en Virginie-Occidentale révèlent les carences de la politique environnementale. Le lobby du charbon continue de s’opposer à des normes plus sévères contre le changement climatique.

Plus de 22% des rivières et cours d’eau du sud de la Virginie-Occidentale sont pollués du fait des mines de charbon à ciel ouvert, selon une récente étude universitaire

Un réservoir percé de la société Freedom Industries a laissé s’échapper plus de 38.000 litres de produits chimiques toxiques le 9 janvier dernier dans le fleuve Elk, en Virginie-Occidentale. En conséquence, quelque 300.000 personnes ont été privées d’eau pendant plusieurs jours, le précieux liquide étant pollué au MCHM, un hydrocarbure servant à laver le charbon. Pour aider la population à faire face à la crise, des milliers de bouteilles ont été distribuées.

La réaction de l’Etat de Virginie-Occidentale s’est avérée molle et la société responsable de la catastrophe est restée aux abonnés absents. La pollution a sapé la confiance des habitants dans leurs autorités. Plus d’un mois après la fuite, nombreux sont les résidents qui refusent toujours de consommer l’eau du robinet malgré la levée de l’interdiction de la consommer. Pour eux, le message est d’autant plus confus que l’interdiction s’applique toujours aux femmes enceintes.

Et puis, le jour même où une responsable du Centre pour le contrôle des maladies et la prévention (CDC) annonçait que la population pouvait se baigner et boire l’eau du robinet, deux écoles de Charleston, la capitale de l’Etat, ont décidé de fermer, après avoir détecté l’odeur de réglisse caractéristique du produit chimique incriminé. Une enseignante s’est évanouie et une élève s’est plainte de brûlures aux yeux.
Lire la suite

Vivre en autonomie en France : Une réalité

Qui n’a jamais rêvé de ne plus recevoir de factures, de s’affranchir du réseau électrique, de ne pas être raccordé à celui de l’eau? Se sentir libre de tous ces fils à la patte et surtout faire beaucoup, beaucoup d’économies tout en contrôlant enfin sa consommation grâce à la prise de conscience de ses besoins réels.

maison-autonome

Allumer la lumière, c’est aussi facile qu’un clic sur un bouton, pourtant chez Christophe, dans sa chaleureuse petite maison au bord du Vidourle, c’est une autre histoire !

Ici, on est complètement autonome, on se débrouille tout seul pour produire l’électricité dont on a besoin et on pompe l’eau en fonction de sa consommation. La vie de cette famille de 4 personnes est-elle pour autant pavée de sacrifices, de privations et de restrictions ? Non pas du tout ! Ils sont tous très bien portant, heureux et surtout fiers et c’est ça qui nous a beaucoup plu.

La maison autonome au bord du lac 154 panneaux solaires photovoltaïques assurent l’entière couverture de leurs besoins en électricité. Ils sont installés bien verticalement à l’entrée de la maison. L’avantage ? Un simple coup de jet suffit comme entretien et la pose est très facile. L’énergie est stockée dans des batteries, qui distribuent le courant aux différents postes de la maison.

Lire la suite

L’eau, un marché sous pression (Docu)

En France, l’industrie de l’eau en bouteille génère environ 3,5 milliards d’euros de bénéfices par an et représente 2,5 % de l’industrie agroalimentaire. Dans le même temps, la facture d’eau que doivent régler les particuliers s’alourdit régulièrement depuis 15 ans.

La qualité de l’eau, sous toutes ses formes, ne cesse quant à elle de se dégrader. Sa mise aux normes de distribution s’avère de plus en plus coûteuse. A l’occasion de la semaine de l’eau, des responsables de distribution, des minéraliers et des partisans de la remunicipalisation de l’eau décryptent ce marché, sous tension.

Réalisé par Bernard Cazedepats

(Merci à NOP)

Suède : Växjö, la ville la plus verte d’Europe

La ville suédoise de Växjö se chauffe grâce à la mousse et aux pommes de pin de ses forêts et ses autobus roulent grâce aux déchets alimentaires recyclés. Mais son objectif d’être neutre en CO2 pourrait être menacé par l’attachement à la voiture.

On a commencé très tôt“, rappelle le responsable environnement de la municipalité, Henrik Johansson. “Nos élus ont réalisé dans les années 60 que si la ville devait connaître un essor, il fallait nettoyer les lacs. Ils avaient été pollués par l’industrie drapière au XVIIIe siècle, puis par l’expansion de la ville“, ajoute-t-il.

Nichée entre lacs et forêts de pins dans le Sud du pays, Växjö a poussé si loin les principes d’énergies renouvelables, de transports propres et d’économies d’électricité qu’elle se revendique “ville la plus verte d’Europe“.

La réhabilitation du plus pollué d’entre eux, le lac Trummen, connu dès le XVIIIe pour sa pestilence, a servi de catalyseur pour des projets environnementaux plus ambitieux.
Lire la suite

« Comment vous préparer à l’effondrement économique »

Par

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Tous les jours ou presque, j’attire votre attention sur la nécessité de vous préparer à l’effondrement économique non pas à venir mais qui est en cours. Je voulais partager avec vous mes différentes réflexions à ce sujet, notamment parce que vous êtes de plus en plus nombreux à m’écrire pour savoir quoi faire, quand cela va se produire, etc.

http://imageshack.us/a/img31/7817/icarusdrowningbymopeyde.jpg

L’effondrement économique, c’est quoi ?

L’effondrement économique est un terme assez dangereux et trompeur. Pourquoi ? Parce que l’idée d’effondrement renvoi implicitement à un phénomène brutal et violent.

Pourtant en Grèce, rien n’a cessé du jour au lendemain. Vous y trouvez toujours des hôpitaux (devenus payants), des transports en commun (avec une fréquence moindre), des policiers (pour vous taper dessus avec de plus en plus de violence), des agents des impôts (qui désormais vous vident vraiment les poches), des magasins d’alimentation aux rayons remplis (mais où vous ne pouvez plus rien acheter puisque vous n’avez plus d’argent), etc. Je pourrais vous faire une liste à rallonge.

Lire la suite

Chine : La révolution verte

De plus en plus confronté aux désastres écologiques, le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre développe des technologies de pointe pour résoudre les problèmes liés à sa croissance insolente.

Pollution de l’air et de l’eau, avancée des déserts, fonte des glaciers, conditions climatiques extrêmes, explosion démographique dans les villes… En Chine, conséquence d’une croissance économique toujours plus florissante, les catastrophes écologiques sont devenues une triste réalité.

Mais, depuis quelques années, le numéro un des émissions de gaz à effet de serre cherche — et trouve — des solutions particulièrement inventives à ses problèmes environnementaux.

Un travail de titan quand on sait que les réformes entreprises dans le pays au cours des trente dernières années ont généré une augmentation très rapide de la consommation d’énergie : toutes les heures, 1.800 nouvelles voitures y sont fabriquées, 480 tonnes d’ordures y sont jetées chaque minute et 100 tonnes de charbon brûlées toutes les secondes.

Lire la suite

Acculée, la Chine fait de la lutte contre la crise écologique son chantier prioritaire

La sanction a été annoncée jeudi 29 août par le ministère de la protection de l’environnement : l’Etat a refusé de donner son approbation à tout projet de nouvelle raffinerie des géants pétroliers du pays, CNPC et Sinopec. Plusieurs de leurs installations ne respectent pas les objectifs de réduction des émissions polluantes.

Traditionnellement, le ministère de l’environnement pèse peu face aux puissantes sociétés d’Etat chinoises du secteur de l’énergie. Mais la Chine a décidé de frapper fort.

Lire la suite

Himalaya/Népal : Les fêlures du toit du Monde

Dans l’Himalaya, la température augmente en moyenne dix fois plus vite qu’ailleurs dans le monde. Les glaciers fondent et entraînent l’expansion des lacs situés en aval. Ce phénomène, que l’on appelle la débâcle glaciaire, a des conséquences dramatiques sur les populations.

A 45 ans, Norbu est guide de montagne dans la région népalaise de Khumbu. C’est un témoin privilégié du changement climatique. Depuis près de deux décennies, il a constaté une modification des routes traditionnelles de trek, ce qui rend son activité plus difficile.

La météo, devenue imprévisible, a fait baisser les rendements de l’agriculture et de l’élevage. Résultat : de nombreux Népalais souffrent de la faim et doivent s’exiler vers les villes.

Géopolitique de l’eau : Vérités à contre-flots

Par

Conférence donnée à la Webster University (États-Unis) de Genève, le 8 février 2013, en introduction au Forum consacré au facteur de l’eau dans les relations internationales.

Quand Alexandre Vautravers m’a demandé de venir introduire ce colloque sur l’eau et la sécurité, j’avoue d’abord avoir eu une petite réticence, non parce que c’était Alexandre (c’est un esprit inclassable et libre), bien au contraire, mais parce qu’avec le temps j’ai appris à ne pas mettre d’eau dans mon vin, et donc pas d’eau… dans ma géopolitique !

Comme beaucoup, j’ai commencé avec les idées dominantes et à la mode sur ce thème, celles que l’on entend partout dans les colloques, les médias, et qui peuvent se résumer de manière simple : « la planète va manquer d’eau et les hommes se feront la guerre pour l’eau ». Mais vous savez comme le monde fonctionne : quand on ne sait pas grand-chose, on suit les idées dominantes, puis quand on travaille soi-même le sujet, on découvre des choses qui ne vont pas forcément dans le même sens. Parmi les nombreux livres que j’ai lus, il y a en un un que je vous recommande en particulier : Pour en finir avec les histoires d’eau de Jean de Kervasdoué et Henri Voron.

Ce matin je vais encore nager à contre-courant et j’espère que mon intervention sera une introduction utile pour un colloque qui se veut exigeant, loin des modes, et libre dans ses conclusions. Mon but sera de rappeler quelques vérités hydrologiques qu’il faudra garder en tête durant cette journée.

Alors que l’on développe dans les opinions publiques cette idée que la raréfaction de l’eau sera le problème, il faut commencer par constater qu’aujourd’hui, et sans doute demain plus encore, c’est l’excès d’eau qui tue et tuera encore beaucoup plus que le manque d’eau.

La catastrophe écologique la plus meurtrière de ces 3 dernières années n’a pas été le tsunami de Fukushima, mais une inondation au Pakistan qui a tué plus de 20.000 personnes, en a déplacé des millions et noyé une surface représentant 40% de la superficie de la France soit 200.000 km2.
Lire la suite