Intelligence artificielle : Danger réel ?

Les armes autonomes existent déjà et leur évolution n’est pas près de s’arrêter. Ces machines, désormais capables de reconnaître les visages, posent des questions juridiques. Leurs opposants les appellent des «robots tueurs», les hommes de l’art des «systèmes d’armes létaux autonomes». Anatomie de ces machines au pouvoir de vie et de mort.

Au sud de la frontière entre les deux Corée, des gardes étranges surveillent la zone démilitarisée. Ils ont été fabriqués par l’industriel Samsung, qui les a baptisés d’un acronyme: SGR-A1. Des robots, bardés de capteurs et de caméras, mais aussi de mitrailleuses et de lance-grenades. A ce jour, c’est l’exemple le plus poussé de «système d’armes létales autonomes» (Sala), même si un opérateur valide toujours le tir.

«La machine peut parfois être plus précise et plus efficace qu’un être humain, surtout dans des situations de grande tension et d’urgence. Elle a des temps de réactivité supérieurs à ceux de l’être humain», commente Gérard de Boisboissel, ingénieur de recherche à Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) et codirecteur de l’ouvrage Drones et Killer Robots, faut-il les interdire ? (1)

La Navy américaine dispose depuis 1980 de dispositifs cousins des robots tueurs, les «C-RAM» pour «Counter Rocket, Artillery and Mortar». Ils sont «capables de façon autonome d’effectuer leurs propres évaluations pour chercher, détecter, suivre, combattre et tuer», décrit la Marine.
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Les drones : des engins scientifiques ou meurtriers ?

Les drones ont le vent en poupe : les Etats-Unis forment actuellement plus de pilotes destinés aux drones qu’aux avions de chasse. Et la gamme de drones ne cesse de s’étoffer : le plus petit modèle a la taille d’une mouche. De quoi révolutionner les pratiques d’espionnage et de surveillance.

Ces images ont fait le tour du monde : avec une précision chirurgicale, des drones de combat tuent des terroristes au Pakistan. C’est du moins ce que les militaires veulent nous faire croire. Les dégâts causés ne se limitent pourtant pas à ces théâtres d’intervention. ” X:enius ” fait le point et découvre au passage que les drones peuvent aussi sauver des vies. Comme lorsqu’ils permettent aux faons d’échapper à une mort certaine causée par les moissonneuses batteuses. En cas d’accident ou de catastrophe, les drones servent aussi à prendre des mesures et à effectuer des relevés…

Les drones, un usage controversé

Les drones, des robots volants, ont révolutionné la surveillance et les doctrines militaires. L’Israélien Abe Karem et des ingénieurs du MIT ou de l’US Air Force décrivent les aspects techniques de ces machines, vouées à une évolution rapide et dont les performances ne cessent de croître.

Mais il faut aussi s’interroger sur les problèmes éthiques posés par le recours aux drones par les armées pour effectuer des frappes hors du droit international. Les États-Unis utilisent massivement ces avions sans pilote pour bombarder des cibles un peu partout dans le monde. Des missions qui provoquent souvent la mort de civils.

États-Unis 2013

Tchernobyl vue par un drone, 28 ans après

Le journaliste anglais, Danny Cooke, nous livre cette vidéo montrant les restes d’une ville dévastée par une catastrophe nucléaire. Les images de cette zone abandonnée depuis 28 ans ont été prises à l’aide d’un drone.

« Il y avait quelque chose de serein, mais de très dérangeant dans ce lieu », explique-t-il.

Le drone était équipé d’un compteur Geiger pour détecter la présence de source radioactive, Danny raconte, sur sa page Vimeo, qu’il a passé une semaine à explorer les lieux avec son guide Yevgein.

jgalere.com

Des drones pour le développement

Ces dernières années, les véhicules aériens sans pilote ont peuplé l’imagination et les cauchemars du monde entier. En avril, l’United States Navy a annoncé un programme expérimental appelé LOCUST (Low-Cost UAV Swarming Technology, ou technologie low-cost d’essaimage par véhicules aériens sans pilote), qui selon les déclarations vont permettre « de maîtriser un adversaire de manière autonome » et donc « de fournir aux marins et aux troupes d’infanterie de marine un avantage tactique décisif.  »

Avec un nom et une mission de ce genre et compte tenu des antécédents peu glorieux du point de vue éthique de la guerre des drones, ce n’est pas vraiment une grande surprise si de nombreuses personnes affichent leur répulsion face à la prolifération constante des robots volants.

Les drones de fret vont se développer dans un secteur encore plus étendu ces prochaines années, tout simplement parce que libérés de la charge des passagers humains et de leurs systèmes d’assistance respiratoire, ils voleront à un plus faible coût tout en restant aussi rapides et aussi sûrs.

Il y a de grandes chances que l’utilisation industrielle de l’espace aérien à basse altitude se maintienne. Plus de trois millions d’humains volent dans le ciel chaque jour. Chaque grande implantation humaine sur notre planète dépend d’une autre implantation par transports aériens. DJI, un fabricant de véhicules aériens sans pilote chinois, est à la recherche d’une valorisation de 10 milliards de dollars.

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Chine : Les drones luttent contre la triche au bac

Les autorités chinoises ont dégainé les petits aéronefs pour lutter contre la fraude au Gaokao, le terrible examen d’entrée à l’université auquel se sont soumis, dimanche et lundi, neuf millions de lycéens.

Pour identifier les tricheurs, le ministère de l’Éducation chinois a mobilisé des dizaines de milliers de policiers et surveillants. Un dispositif complété par des drones à Luoyang, une ville de la province centrale du Henan.

Lors du survol des élèves, l’appareil est capable d’identifier les communications douteuses émises par des smartphones ou des appareils de télécommunication miniatures des candidats. Les signalements suspects sont transmis aux surveillants équipés de tablettes tactiles.

Vietnam : La plus vaste galerie souterraine au monde

Elle est si vaste qu’elle pourrait abriter un Boeing 747 ! Bienvenue à Hang Son Doong, une des plus grandes cavités souterraines de la planète, située dans le nord-Vietnam. Le photographe Ryan Deboodt a passé huit jours à explorer cette grotte, ses galeries interminables, ses fougères géantes et sa forêt vierge. À l’aide d’une caméra embarquée sur un drone, il a capturé la démesure de ce monde souterrain découvert par une équipe de spéléologues en 2009. Une aventure exceptionnelle, ambiance terra incognito.

Futuremag

Australie : Des drones intelligents au secours de l’agriculture biologique

Quand les drones ne sont pas employés pour survoler des centrales nucléaires ou pour livrer des colis d’une quelconque multinationale, ils peuvent parfois trouver une utilité dans le milieu alternatif. Michael Godfrey, un jeune étudiant en agronomie de l’université du Queensland (Australie), propose une application peu commune pour ces engins: le lâcher d’insectes.

Michael Godfrey est un étudiant avec de la suite dans les idées. Le jeune australien a mis au point un drone capable de propager un acarien utile aux cultures dans le but de faire gagner du temps, et donc gagner naturellement en productivité sans intervention de la chimie.

L’insecte bien utile en question est le Neoseiulus Californicus. Un acarien qui se nourrit d’autres insectes et est fréquemment utilisé comme alternative écologique aux pesticides. Le concepteur du drone explique que son idée est d’employer des prédateurs naturels pour contrôler les insectes nuisibles aux récoltes.

De cette manière, il invite à diminuer (ou abolir dans le domaine organique) l’utilisation de produits pétrochimiques, néfastes à l’environnement et trop couteux.
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L’attaque des drones

Qui donc se joue des forces de l’ordre en faisant voler en toute illégalité des drones au-dessus de sites ultrasensibles comme des centrales nucléaires ou le palais de l’Élysée ? Qui peut bien piloter ces petites machines accessibles en vente libre pour quelques centaines d’euros ?

Le ministère de l’Intérieur a recensé pas moins de soixante survols du territoire ces six derniers mois, mais la France serait en fait survolée clandestinement dix fois plus. Faut-il vraiment s’inquiéter ou n’est-ce qu’un jeu de passionnés d’aéromodélisme ?

Allemagne : Les drones américains sont commandés depuis la base militaire de Ramstein

La quasi-totalité des attaques de drones américains sont commandées de la base de Ramstein qui sert de centre névralgique au programme américain d’avions sans pilote. C’est donc de là que les drones opérant au Yémen, au Pakistan ou en Somalie, par exemple, recevraient leurs instructions.

La base de Ramstein, achevée en 2003, est l’une des plus importantes hors sol américain. 16.000 civils et militaires y vont et viennent chaque jour. Le personnel américain se rendrait donc passible de crimes de guerre, selon la loi allemande.

À quoi ressemblera la Troisième Guerre mondiale ?

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’armement n’a eu de cesse de se moderniser et les armes de destruction massive se sont multipliées. Que se passerait-il si une nouvelle guerre totale venait à éclater ? “Ghost Fleet : A Novel of The Next World War”, est un roman dans lequel les auteurs américains P.W. Singer, expert en relations internationales et August Cole, analyste et consultant en sécurité militaire, imaginent un conflit mondial moderne.

Guerre en Ukraine, tensions géopolitiques au Moyen-Orient, intimidations sino-japonaises pour le contrôle des îles Senkaku dans le Pacifique… Les théâtres de potentielles rixes entre nations se multiplient dangereusement. Les pourparlers des Nations unies, la peur de sanctions économiques et le traumatisme de la guerre froide parviennent encore à freiner les velléités guerrières de pays en quête d’une plus grande puissance.

Supportés par l’accessibilité croissante de la documentation open source et une porosité de la sécurité des réseaux, le piratage informatique et l’espionnage industriel vivent leurs plus beaux jours. Une situation propice au déclenchement d’une guerre technologique totale. Peter Warren Singer et August Cole  en ont imaginé la teneur. En résulte un monde dans lequel les drones et les robots autonomes seront en première ligne.

L’ouvrage, dont la publication est prévue pour le 30 juin 2015, s’axe sur ce postulat : la guerre de demain sera centrée sur l’espace et le cyberespace. Finis les déploiements massifs d’infanterie sur le terrain, place à une armée d’informaticiens et d’ingénieurs militaires vérifiant à distance l’efficacité des prises de décisions de leurs robots de combat autonomes.
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Comment l’Etat compte neutraliser les drones illégaux

La chasse aux drones illégaux vient d’entrer dans sa phase active. Lors des douze prochains mois, sera mis à l’épreuve un système permettant de détecter et neutraliser des petits engins volants sans pilote voire de “localiser le télépilote”. Conçu sous l’égide de la société CS Systèmes d’Information, ce dispositif est l’un des deux lauréats sélectionnés parmi 24 candidats par l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre d’un appel à projets.

Lancé en décembre 2014 à la demande du Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN), qui dépend du premier ministre, ce concours était intitulé “Protection des zones sensibles vis-à-vis des drones aériens”. L’autre projet, défendu par trois partenaires industriels et quatre laboratoires de recherche publics sous la coordination de l’ONERA, le centre français de la recherche aérospatiale, vise à perfectionner la détection radar des petits objets volants.

Baptisé Boréades, le système de CS – sur lequel devrait être concentré plus des deux-tiers du financement dégagé par l’ANR – se présente comme “une solution globale”. Il s’appuie sur l’expérience de cette société dans la surveillance de zones sensibles dans le domaine militaire et civil.

En liaison avec deux entreprises partenaires, CS a développé un savoir-faire qui lui permet de détecter un drone de petite taille, y compris ceux de 30 cm d’envergure soit à peu près le gabarit des drones qui ont été observés au-dessus de Paris et de centrales nucléaires.

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Lauren Fletcher veut planter un milliard d’arbres avec ses drones

Lauren Fletcher est un ex-ingénieur de la NASA qui a de la suite dans les idées. Son projet : utiliser ses connaissances en aérospatial pour créer un prototype capable de planter un milliard d’arbres en un temps record et sans intervention humaine !

Quand on y pense, son idée est d’une simplicité déconcertante. Il a équipé un drone de canons à air comprimé qui projettent des boulettes biodégradables contenant les graines de la vie forestière. Ces engins volants pourraient ensemencer de larges espaces et de cette manière « industrialiser » la plantation d’arbres. Sa logique est simple « pour contrer le rythme industriel de la déforestation, nous avons besoin de replanter à un rythme industriel. »

Planter des graines à la main est un processus lent, beaucoup plus lent que le rythme effréné de la déforestation. Avec un de ses petits robots volants, l’ingénieur espère pouvoir planter 36.000 graines par jour, même dans les zones les plus difficiles d’accès. Objectif à long terme, planter 1 milliard d’arbres par année ! De quoi donner le vertige à Forest Man.

L’humain ne pourrait pas réaliser une telle prouesse à moins de se coordonner à l’échelle nationale comme l’a fait l’Irlande et ses 1 million d’arbres en 1 jour.
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Comment les drones conquièrent différents métiers

De nombreux métiers sont prêts à changer et à s’adapter pour bénéficier des avantages des drones. C’est le cas pour les copropriétaires d’un immeuble de Lyon (Rhône-Alpes). Souhaitant cibler les travaux d’isolation à réaliser, ils font appel à une société équipée d’un drone à caméra thermique.

L’engin effectue une centaine de relevés du bâtiment en trois heures de vol. Résultats : les endroits de perte d’énergie sont mieux déterminés qu’avec d’anciennes méthodes. Coût : 5.000 euros, soit 37 euros par propriétaire.Dans une carrière près de Chartres (Eure-et-Loir), un drone analyse en détail les 300 hectares des lieux. “L’intérêt du drone, c’est que ça nous donne une photo globale. (…) On peut identifier directement les endroits où ça ne va pas bien“, explique Grégoire Arranz, ingénieur de Monnoyeur.

Deux jours après, il a une carte en 3D de la carrière. La prestation coûte 7.500 euros. C’est beaucoup moins que les économies attendues sur les coûts de production. “Le capteur est 4 à 8 fois plus performant que l’œil humain“.

États-Unis : Noël en sons et lumières

Les habitants d’un quartier californien ont eu l’idée de synchroniser leurs éclairages avec des musiques de Noël. Le résultat est un spectacle époustouflant, filmé pour l’occasion depuis un drone.

Jeff Maxey a filmé à l’aide d’un drone son quartier de la ville de Yucaipa (Californie) où l’éclairage de Noël d’un groupe entier de maisons est synchronisé avec des musiques comme « Wizards in Winter » du Trans-Siberian Orchestra, « All I Want for Christmas Is You » de Mariah Carey ou encore « Blue Christmas » interprétée par Harry Connick Jr.


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Robotisation et chômage de masse : à quoi ressemblera la société de demain ?

Trois millions d’emplois vont être supprimés en France d’ici à 2025 à cause des robots. Telle est la prédiction d’une société internationale de conseil stratégique. L’automatisation accélérée des tâches et des métiers va bouleverser notre quotidien. Faut-il s’inquiéter de ce chômage à venir, dû aux progrès technologiques ? Ou réfléchir déjà à quoi ressemblera la société à ce moment-là?

Pour avoir une idée de ce que nous réserve le futur, rencontre avec Charles-Edouard Bouée, PDG de Roland Berger Strategy Consultants et auteur de Confucius et les automates (Grasset), ouvrage sur “l’avenir de l’homme dans la civilisation des machines”. Passionné de science-fiction, il a analysé les changements industriels dans les différents pays où il a vécu : l’Angleterre, la France, la Chine, les États-Unis et désormais l’Allemagne.

Pourquoi l’automatisation est-elle amenée à progresser dans les usines ?

Charles-Édouard Bouée : Aujourd’hui, les robots des usines sont de grosses machines qui sont “en cage” car elles ne savent pas interagir avec les êtres humains. Mais on va passer au concept de l’industrie 4.0, lancée à la foire d’Hanovre (Allemagne) l’an dernier : les robots vont sortir “des cages” et être mis sur des programmes qui leur permettront de communiquer entre eux. On va pouvoir concevoir des simulations d’usines avant de les construire, et donc éliminer l’imprévisible, lié aux humains.

L’usine se déshumanise, comme ce fut le cas dans le passé pour l’industrie militaire, qui est toujours un bon indicateur du futur. Quand les premiers avions de chasse à réaction, ont été créés, le problème, c’était l’humain. Ce genre d’appareil doit être très rapide. Et l’être humain qui se trouve à bord a des contraintes physiques et un temps de réponse limité à son œil et son cerveau, ce qui limite sa vitesse. Si on veut une armée efficace, l’avion de chasse doit être, du coup, sans pilote. Et ça, ça s’appelle un drone.

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La Guerre Des Robots (Vidéo)

Lors de la guerre en Afghanistan, l’armée américaine a pu compter sur 7 000 robots dans les airs et 12 000 sur terre. Aujourd’hui, plus de 40 pays ont recours aux robots pour faire la guerre, une situation qui soulève beaucoup de questions éthiques.

Réalisé par Leif Kaldor (Etats-Unis 2011)

Les incroyables machines volantes du professeur Oehmichen

Ingénieur et bricoleur de génie, Étienne Oehmichen fut le premier à réussir un vol en hélicoptère en 1924. Une exploration passionnante des travaux du professeur, qui passa sa vie à observer les oiseaux et les insectes pour percer leurs secrets.

Tout commence avec une bobine de film retrouvée par hasard dans la région de Montbéliard. Ces images datent du début du XXe siècle. Elles montrent les premiers balbutiements d’un étrange appareil, un des ancêtres de l’hélicoptère. Cette machine a été inventée par Étienne Oehmichen, un savant et ingénieur français. Grâce à elle, il fut le premier à réussir un vol d’un kilomètre en circuit fermé.

Bricoleur de génie, pilote d’essai, mais aussi brillant naturaliste, Oehmichen a laissé derrière lui nombre d’inventions et de théories. Et pourtant, après sa mort, il a disparu complètement de l’histoire. Comment a-t-il pu sombrer dans l’oubli ?

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État-Unis : Un drone explore les ruines de l’usine Packard de Détroit

Inauguée en 1903, l‘usine de 325.000 m2 a été conçue par Albert Kahn. Située sur le Grand boulevard Est de la ville, elle était à l’époque considérée comme l’usine de fabrication automobile la plus moderne du monde, avec des artisans qualifiés pratiquant 24 métiers différents.

L’usine en elle-même a fermé en 1958, mais d’autres entreprises ont exploité les lieux ou utilisé les bâtiments à des fin de stockage, jusqu’à la fin des années 1990. Depuis son abandon, l’endroit est devenu un havre pour les graffeurs, les explorateurs urbains, les joueurs de paintball et les vandales.

La guerre des drones (Docu)

Le recours de plus en plus massif aux drones de combat a transformé la manière de faire la guerre – jusqu’à en redéfinir le concept même. Qu’en est-il de la légalité de ces usages, mais surtout des conséquences humaines, tant pour les victimes que pour les pilotes ?

Documentaire de Tonje Hessen Schei (Norvège/Allemagne 2014)

Israël : 5 entreprises d’armement financées par l’Union européenne ?

L’eurodéputé écologiste Bart Staes a accusé dimanche l’Union européenne de financer, par le biais de programmes de recherche, cinq entreprises d’armement israéliennes, dont Israeli Aerospace Industries (IAI), l’un des leaders mondiaux en matière de drones.

Le septième programme-cadre de recherche et de développement technologique (7ème PC) court jusqu’à la fin de cette année. Il permet d’allouer des crédits de recherche à des entreprises non seulement européennes, mais aussi extérieures à l’UE. Il ne soutient en principe pas la recherche à des fins militaires mais « des budgets européens vont directement au secteur israélien de la Défense et de la sécurité nationale », a affirmé M. Staes (Groen) en se fondant sur des données fournies par la Commission européenne.

Ainsi, depuis 2007, un montant de 26 millions d’euros a été affecté à 49 projets. Sur les 23 entreprises israéliennes qui en bénéficient, 5 sont actives dans le secteur de l’armement, selon M. Staes. Des dizaines de projets soutenus par l’UE portent sur des avions sans pilotes (drones). IAI a ainsi obtenu au moins 69 budgets de recherche européens, a-t-il ajouté. Parmi les autres bénéficiaires figure le géant de l’électronique – principalement de défense – Elbit Systems.

M. Staes suggère introduire des critères « éthiques » dans le prochain programme-cadre, qui débutera en 2014, pour éviter de financer des entités « qui violent le droit international », comme l’ont réclamé des associations pacifistes.

« Si l’UE prend un temps soit peu le prix Nobel de la paix (qui lui a été décerné l’an dernier, ndlr) au sérieux, elle devrait investir chaque euro disponible dans des initiatives en faveur de la paix et non de projets militaires, en particulier dans ce baril de poudre qu’est le Moyen-Orient », a-t-il conclu.

7sur7.be

Drones : l’histoire d’un incroyable fiasco français

Guerre entre industriels, indécision de la France et de l’Allemagne, multiplication d’accords non respectés… Trois raisons qui ont cloué au sol tous les projets de drones de reconnaissance et de surveillance (MALE) en France. Industriels et responsables politiques se partagent les responsabilités de cet incroyable fiasco. Au final, Paris va acheter des drones américains Predator Reaper. Récit.

Difficile de mieux résumer un fiasco politique, industriel et militaire d’une telle envergure : “La France a raté le rendez-vous des drones (…) ce qui est invraisemblable pour une nation qui a un savoir faire technologique, aéronautique, électronique considérable avec des entreprises majeures qui étaient en situation de pouvoir le faire“, a ainsi reconnu il y a une dizaine de jours le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

On croirait presque à un coup monté, tant les gouvernements successifs (de droite comme de gauche) ont savamment sabordé depuis le début des années 2000 tous les projets de programmes de développement d’une arme qui, au fil des conflits, est pourtant devenue indispensable aux armées modernes dans le ciel de tous les théâtres d’opérations.

Comment la France a-t-elle pu manquer à ce point le virage des drones alors que bien rares sont les pays qui disposent d’autant de compétences grâce aux Dassault Aviation, EADS, Safran et autres Thales pour créer une filière industrielle solide? Au final,  la France, pourtant si fière de son autonomie stratégique en matière militaire, est contrainte aujourd’hui de quémander aux États-Unis des drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), les fameux Reaper (faucheuse en français).
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États-Unis : Drones tueurs et guerres secrètes

Comment gagner une guerre sans faire de victimes dans ses rangs ? Comment sécuriser un territoire sans y envoyer de soldats ? Objet volant dénué de pilote, le drone est la nouvelle arme de guerre du XXIe siècle. Les États-Unis ont recours depuis plusieurs années à ces espions pour lutter contre le terrorisme.

Si les frappes de drones sont commanditées par l’armée américaine dans les pays où les États-Unis sont en guerre, c’est la CIA qui opère dans les autres zones. Dans bien des cas, la guerre des drones échappe au contrôle des pouvoirs législatifs et judiciaires et à celui de la hiérarchie militaire.

Quelles sont les dérives liées à l’utilisation de ces engins de « guerre propre » et, plus généralement, des systèmes robotisés ? Au Pakistan, les victimes de cette guerre secrète s’organisent.

La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale

Par Alfred W. McCoy, professeur d’histoire à l’Université de Wisconsin-Madison. Auteur régulier pour TomDispatch, il préside également le projet “Empires in transition”, un groupe de travail mondial de 140 historiens, provenant d’universités issues de quatre continents.

Un atterrissage en douceur pour les États-Unis d’ici quarante ans ? N’y pensez pas ! La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale pourrait survenir bien plus vite que ce que l’on imagine. Si Washington rêve de 2040 ou de 2050 comme date de fin pour le « Siècle Américain », une estimation plus réaliste des tendances aux États-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé.

Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projettent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable : juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union Soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les États-Unis, à partir de la cruciale année 2003.

Les futurs historiens identifieront probablement l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W. Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. Cependant, à la place du bain de sang qui a marqué la fin de tant d’empires du passé, avec des villes qui brûlent et des civils massacrés, cet effondrement impérial du 21ème siècle pourrait survenir de façon relativement discrète, par les circonvolutions invisibles de l’effondrement économique ou de la guerre cybernétique.

Mais n’ayez aucun doute : lorsque la domination mondiale de Washington prendra irrémédiablement fin, il y aura des souvenirs quotidiens douloureux de ce qu’une telle perte de pouvoir signifie pour les Américains de tous les milieux. A l’instar de ce qu’une demi-douzaine de nations européennes ont découvert, le déclin impérial tend à avoir un impact remarquablement démoralisant sur une société, apportant ordinairement des privations économiques pendant au moins une génération. Au fur et à mesure que l’économie se refroidit, la température politique monte, déclenchant souvent de sérieux troubles.

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