Le Parthénon et Beaubourg

Par Boreas

A force de parler des droitards libéraux, auxquels s’applique strictement le qualificatif de « réactionnaires », je m’aperçois que je les ai rarement décrits, tant leur morphotype me paraît facile à repérer et à brocarder.

Chef-d'oeuvre libéral

Chef-d'oeuvre « socialiste »

Il s’agit de ces super-génies qui, tout en admettant que le « Système » est pourri, qu’il enrichit aux dépens de la collectivité des élites improductives et parasitaires, qu’il engraisse des oligopoles et des conglomérats multionationaux (produits logiques d’une concurrence débridée entre squales de concours, dans le cadre d’un libre-échange mondial gangrené de lobbies et d’instances arbitrales noyautées), qu’il appauvrit et déracine les peuples en nourrissant l’immigration et les délocalisations, qu’il entretient et accroît le chômage, nous prient néanmoins de croire que dans cette compétition truquée que leur superstition libérale nomme un darwinisme social, tout le monde a encore sa chance, à condition de s’en donner les moyens, de libérer les énergies, d’amoindrir l’emprise de l’État, blablabla…

Ce discours religieux sans nuance est, le plus souvent, une illustration du comportement de larbin du « Système », car il est en général tenu par des gens qui n’ont rien de grands capitalistes, qui ne rêvent que d’imiter les idoles économiques et financières que leur présentent des médias complaisants (Steve Jobs, Bill Gates, Bernard Arnault…) et, surtout, de devenir aussi riches qu’elles.

Rien d’étonnant à l’échec de la pseudo-contestation « d’extrême-droite libérale » (autre nom de la droite d’argent, dont le domicile français est à l’UMP mais dont certains membres trouvent qu’on n’y tape pas assez fort sur le soviétisme qui, comme chacun sait, est seul à l’origine de tous nos maux, vingt ans après la chute de l’URSS…). Quand on ne comprend rien en-dehors de sa grille de lecture idéologique, on se condamne à ne rien pouvoir changer.

Au fond, d’ailleurs, on ne veut rien changer.

On veut juste nettoyer le lieu où l’on se sent si sûr de son bon droit : le nettoyer des immigrés délinquants ou trop voyants, des chômeurs nécessairement paresseux, des forcément ignares critiques du divin libéralisme…

Mais pas changer de « Système ».

C’est cela qui nous différencie et nous différenciera toujours, Messieurs les super-génies.

Les vrais patriotes ne sont pas préoccupés en priorité par leur confort, ni par le contenu de leur porte-monnaie.

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