Peter Gotzsche : « Médicaments meurtriers et crime organisé »

Le Professeur Peter Gøtzsche, Directeur du Nordic Cochrane Centre est spécialiste de médecine interne. Il a travaillé pour l’industrie pharmaceutique entre 1975 et 1983 dans les domaines des études cliniques et de la réglementation publique. De 1984 à 1995 il a travaillé dans des hôpitaux de Copenhague. Il a été cofondateur de la Cochrane Collaboration en 1983. En 2010 il a été nommé Professeur de projets de recherche et d’analyse à l’Université de Copenhague.

Professeur Gøtzsche, depuis plus de trente ans, notre réseau se préoccupe tout spécialement de Bayer. Quelle est l’importance de l’industrie pharmaceutique allemande, par exemple comme lobbyiste ?

Toutes les grosses firmes pharmaceutiques pratiquent un lobbying intensif, également à l’échelon européen.

La firme Bayer doit répondre de nombreux scandales liés à l’industrie pharmaceutique, depuis l’héroïne jusqu’au Lipobay. Quelles expériences avez-vous faites avec cette entreprise ?

Comme toutes les autres grandes entreprises pharmaceutiques, Bayer a participé à la criminalité organisée : par exemple corruption de médecins, ou escroquerie vis-à-vis du programme d’assurance-maladie US Medicaid.

Durant la Deuxième guerre mondiale, Bayer a utilisé comme cobayes des détenus de camps de concentration. Une lettre datant de l’époque prouve que Bayer a acheté 150 femmes à Auschwitz pour 170 marks chacune. Bayer avait écrit au commandant du camp : « Les expériences ont été effectuées. Toutes les femmes sont mortes. Nous vous recontacterons rapidement par un prochain message. »

Les entreprises allemandes ont par exemple injecté des bactéries typhiques à des détenus des camps puis expérimenté sur eux divers médicaments.

Pourquoi comparez-vous l’industrie pharmaceutique au crime organisé ?

Parce que j’ai découvert que le système commercial des dix premières firmes pharmaceutiques inclut la criminalité organisée.

Dans les années 80 les médicaments de Bayer ont infecté des milliers d’hémophiles. Des documents internes prouvent que la direction de la firme était au courant des risques, mais a néanmoins continué à vendre ses produits. Est-ce un exemple de pratique criminelle ?
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Narco finance : Les impunis

L’économie mondiale est de plus en plus irriguée par les narcotrafiquants venus du Mexique. Un documentaire saisissant sur les complicités d’un système financier international pour qui l’argent n’a pas d’odeur.

C’est l’histoire d’une stratégie industrielle très maîtrisée : diversification des activités, conquête de nouveaux marchés, investissements à l’étranger, rien que de très banal dans une économie mondialisée. À ceci près que l’entreprise en plein essor n’est pas répertoriée au registre du commerce mais plutôt fichée au grand banditisme.

Le documentaire montre comment, grâce à la dérégulation des marchés et à l’obsession du profit qui régit les milieux financiers, les sociétés criminelles comme les cartels de la drogue peuvent s’épanouir mondialement et dans une relative impunité.

Au Mexique, les narcotrafiquants vampirisent l’économie locale. Profitant des largesses d’une police corrompue et d’un système bancaire complice, ils ont fait main basse sur une partie des domaines agricoles, dont ils contrôlent la production et les prix.
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Narco-finance, les impunis (Vidéo)

C’est l’histoire d’une stratégie industrielle très maîtrisée : diversification des activités, conquête de nouveaux marchés, investissements à l’étranger, rien que de très banal dans une économie mondialisée. À ceci près que l’entreprise en plein essor filmée par Agnès Gattegno n’est pas répertoriée au registre du commerce mais plutôt fichée au grand banditisme.

Son documentaire montre comment, grâce à la dérégulation des marchés et à l’obsession du profit qui régit les milieux financiers, les sociétés criminelles comme les cartels de la drogue peuvent s’épanouir mondialement et dans une relative impunité.

Au Mexique, les narcotrafiquants vampirisent l’économie locale. Profitant des largesses d’une police corrompue et d’un système bancaire complice, ils ont fait main basse sur une partie des domaines agricoles, dont ils contrôlent la production et les prix.

Réalisé par Agnès Gattegno (France – 2014)

Pervitine : La pilule de Göring

La méthamphétamine a été souvent donnée aux troupes combattantes et aux pilotes en temps de guerre par leur gouvernement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle était d’usage chez la plupart des belligérants, notamment en Allemagne et chez ses alliés sous le nom de Pervitine.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande a distribué de la pervitine dans ses divisions à tous les niveaux. Elle est utilisée sous le nom de « Panzerschokolade », « tablettes Stuka » ou encore « pilules Hermann Göring  ». Le but recherché est de diminuer l’anxiété et d’augmenter puissance et concentration chez les soldats et les pilotes.

Entre avril et juin 1940, la Wehrmacht et la Luftwaffe auraient utilisé plus de 35 millions de comprimés de pervitine. Cette drogue de guerre aurait participé grandement à l’efficacité de la blitzkrieg.

Cependant dès mi-1941 le médicament n’était plus en vente libre, mais disponible uniquement sur ordonnance. Cela en a réduit l’utilisation de manière significative.

(Merci à Titi)

Tremblay-en-France (93) : L’« alchimiste » indien transformait l’argent de la drogue en or

Comment, en une semaine, l’argent du cannabis marocain vendu en France se transforme-t-il en or sur les étals des marchés de Chennai, l’ancienne Madras ? Un « alchimiste » indien, domicilié en Seine-Saint-Denis, a trouvé la recette.

Les enquêteurs de la police judiciaire (PJ) viennent de lui arracher son grimoire. Après dix mois d’enquête, ils ont par la même occasion fait tomber l’un des plus importants réseaux de blanchiment d’argent de la drogue jamais démantelés en France.

Les policiers l’appellent « l’Indien ». Dans son modeste appartement de Tremblay-en-France, ce chômeur de 32 ans originaire du Tamil Nadu vivait chichement depuis des années, ne se déplaçant qu’en métro ou dans une voiture hors d’âge. Derrière sa routine discrète de bon père de famille, Sayed, à la tête d’une galaxie de sociétés écrans basées à Dubaï, Tanger, Chennaimadr, Bangkok et Hongkong, brassait des dizaines de millions d’euros.

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Comment la junk food nous rend accros

Le journaliste américain Michael Moss, prix Pulitzer 2010, révèle dans un livre polémique qui sort en France aujourd’hui comment l’industrie agroalimentaire nous rend gros et addicts. En exclusivité européenne, nous l’avions rencontré en mars 2013. Il nous expliquait pourquoi elle s’en tirera néanmoins sans procès.

Minneapolis, 8 avril 1999. Onze dirigeants des plus grandes multinationales de l’agroalimentaire se donnent rendez-vous en secret au trente et unième étage du siège de la firme Pillsbury. Il y a Coca-Cola, Mars, Kraft Foods. À eux tous, ils pèsent 230 milliards de dollars.

Les onze PDG sont de féroces concurrents. Céréaliers, fabricants de chips, de sodas, de plats préparés, ils bataillent depuis des décennies pour conquérir des “stomach shares” - les parts d’estomac des consommateurs – avec leurs alliés de toujours : le sel, le sucre et la graisse. La sainte trinité que l’agroalimentaire utilise pour rehausser le goût et procurer une sensation de plaisir maximum dès la première bouchée.

Des millions de dollars sont dépensés en recherche et développement pour étudier le palais humain, les papilles, leurs connections avec le cerveau, et l’atteinte d’un orgasme gustatif nommé le “bliss point”.
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#Bringbackoursnack ou la colère des élèves américains contre le manger sain

Depuis la rentrée scolaire, les établissements publics américains ont banni sodas et chips de leurs distributeurs pour y proposer des barres céréales et de l’eau. De nombreux élèves s’insurgent sur Twitter sous le hashtag #Bringbackoursnack.

La rentrée scolaire a manifestement été indigeste pour de nombreux élèves américains. Ces dernières semaines, ils ont découvert avec dépit que les distributeurs automatiques avaient troqué leurs habituels sodas, barres chocolatées ou autres paquets de chips pour des barres céréales, des yaourts et des bouteilles d’eau.

Autant dire que c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour des adolescents déjà confrontés à une révolution diététique de leurs plateaux repas. Depuis 2011, les cantines ont réduit le taux de sel, de sucre et de graisse dans les plats et introduit plus de fruits et légumes dans leur menu.

Révoltés, les jeunes amoureux de la junkfood déversent leur colère sur Twitter sous le hashtag #BringBackOurSnacks (rendez-nous nos snacks), en référence à la campagne #BringBackOurGirls concernant l’enlèvement de 200 lycéennes nigérianes par le groupe islamiste armé Boko Haram en avril dernier.

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L’Albanie attend sur le pas de la porte de l’Union européenne

L’UE a décidé en juin 2014 d’accorder à l’Albanie le statut de candidat à l’adhésion à l’Union. Mais le chemin risque d’être encore long pour ce petit pays balkanique de 2,8 millions d’habitants, l’un des plus pauvres du continent européen. Un pays qui souffre aussi de corruption et de nombreux trafics.

Le Dessous des Cartes, 05/04/2007

L’Albanie frappe à la porte de l’UE… depuis cinq ans. Et s’il va à son terme, son processus d’adhésion risque d’être très long. Surtout que la Bosnie, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro et la Turquie sont eux aussi candidats. Laquelle Turquie négocie son entrée… depuis 2004.

Dans le même temps, plusieurs pays membres de l’UE ont d’ores et déjà exprimé leurs réticences sur les perspectives d’une adhésion de l’Albanie. En décembre 2013, le parlement néerlandais a voté une résolution hostile alors que l’unanimité est nécessaire au sein des 28 sur les questions liées à l’élargissement.

En acceptant sa candidature, Bruxelles entend encourager Tirana dans sa lutte pour l’établissement d’un État de droit. «Ce processus doit se poursuivre et un mécanisme de suivi est prévu», explique-t-on dans les instances européennes. Dans un rapport en date du 4 juin, la Commission de l’UE estime que les autorités ont mené des «actions concrètes» et fait preuve de «volonté politique renouvelée» en matière de réformes. Notamment pour combattre la corruption dans de nombreux services publics.
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Guyane : Crack et narcotrafic

Cayenne, en Guyane, est la plaque tournante du trafic de cocaïne, venue des pays voisins, producteurs de drogue. Dans cette guerre contre les narcotrafiquants, policiers, gendarmes et douaniers français coopèrent. Un informateur révèle qu’un dealer est sur le point d’arriver du Surinam avec une importante cargaison.

Filatures, planques: pour les enquêteurs de Cayenne, c’est le début d’une traque qui les mène dans les bas-fonds de la ville.

Les cartels de la drogue au Mexique

Le Mexique est la proie d’un conflit qui, chaque année, fait des milliers de morts. Les victimes sont des forces de l’ordre, des narcotrafiquants mais également des civils pris entre deux feux ou exécutés pour entretenir un climat de terreur. Cette guerre qui, en cinq ans, a fait plus de 60.000 morts, est liée au trafic de cocaïne.

(Mexique : un pays au bord de l’overdose, magazine d’enquête de Canal+ “Spécial Investigation” du 18 avril 2011)

A lire en complément :

Mexique : face aux cartels de la drogue, partir ou mourir

À proximité de la fameuse station balnéaire d’Acapulco, au Mexique, soixante villages se sont vidés de leurs habitants. Craignant les cartels de la drogue, les villageois ont fui en abandonnant veaux, vaches, cochons, poulets et cultures de maïs.
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Travail forcé : l’Europe n’est pas épargnée par le fléau

Les activités saisonnières favorisent le travail clandestin, de même que les services aux ménages et aux entreprises.

L’Europe n’est pas blanche comme neige en matière de travail forcé. « En novembre 2013, la police française a arrêté six adultes roms qui forçaient leurs enfants à voler dans Paris et la banlieue. Les victimes étaient battues si elles ne rapportaient pas chaque jour un montant minimum des fruits de leurs larcins », relève le rapport du département d’Etat américain. La communauté rom apparaît comme l’une des minorités ethniques les plus concernées en Europe par le travail forcé et le trafic humain. Prostitution, mariages forcés, esclavagisme : les comportements à l’intérieur de la communauté sont difficiles à endiguer.

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L’afflux d’enfants clandestins, un dossier explosif pour Obama

Barack Obama réclame 3,7 milliards de dollars pour combattre l’afflux d’enfants clandestins venus d’Amérique centrale. Sa politique suscite autant de critiques à gauche qu’à droite.

Ils sont plus de 50.000 enfants clandestins à avoir été arrêtés à la frontière mexicaine depuis octobre dernier, alors qu’ils tentaient de rejoindre les Etats-Unis sans leurs parents. Deux fois plus nombreux que l’année précédente, ils ont fui pour la plupart le Honduras, le Guatemala et le Salvador, des pays en proie à la pauvreté, aux gangs de la drogue et à l’insécurité. La police des frontières qui patrouille le long du Rio Grande, au Texas, est débordée. Les foyers d’accueil sont pleins à craquer.

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Jack Herer : « Le chanvre va sauver le monde »

Jack Herer, fondateur et chef de file d’un mouvement mondial, accomplit ici une relecture de l’Histoire par le biais du chanvre-cannabis. Ses révélations touchent aussi bien Napoléon Bonaparte que George Bush ; il rassemble les arguments sociologiques, médicaux et politiques afin de démontrer l’absurdité de la répression qui touche l’usage du chanvre sous toutes ses formes.

« Si l’on interdisait toutes les énergies fossiles et leurs dérivés, ainsi que l’utilisation des arbres pour le papier et la construction, dans le but de sauver la planète, d’inverser l’effet de serre et d’arrêter la déforestation ; alors, il n’y a qu’une seule ressource naturelle et renouvelable qui est capable de fournir la totalité du papier et des textiles sur la planète ; répondant à tous nos besoins en termes de transport, d’industrie et d’énergie, tout en réduisant simultanément la pollution, en reconstruisant le sol, tout en nettoyant l’atmosphère… Et cette ressource est – la même qui était utilisée à cet effet auparavant – le cannabis, le chanvre, la marijuana ! »

Y a-t-il réellement eu, dans les années 30, un complot du Big Business et du gouvernement américain contre le chanvre afin de mieux promouvoir les nouvelles fibres synthétiques telles que le Nylon? La prohibition de la marijuana avait-elle pour but réel d’éliminer le chanvre?

« Politique de la ville » : la spirale criminelle – (1)

Par Xavier Raufer

Occultation, encore et toujours, de la corruption et de la criminalité dans les cités qui gangrène la vie politique française.

Dessin de CHARD, datant de l’époque où Philippe Séguin, ici caricaturé, était premier président de la Cour des Comptes (2004-2010)

Toujours plus, le cancer aimablement nommé “politique de la ville” ronge la vie politique française, d’abord au niveau municipal, mais aussi désormais, à ceux du département et de la région.

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Italie : Drogue, prostitution et contrebande vont doper la croissance

Les revenus estimés provenant du trafic de drogue et de la prostitution seront intégrés l’an prochain, en vertu de nouvelles règles européennes, dans le calcul du PIB en Italie, ce qui pourrait singulièrement doper celui-ci, selon l’institut statistique italien Istat.

Seront intégrés également dans ce calcul, selon ces mêmes règles européennes, la contrebande de tabac et d’alcool, a indiqué jeudi 22 mai l’Istat, qui relève toutefois que la procédure sera “très difficile pour la raison évidente que ces activités illégales ne sont pas déclarées”.

Le concept d’activité illégale est également sujet à différentes interprétations“, relève l’Istat dans un communiqué. En 2012, la Banque d’Italie a évalué la valeur de l’économie criminelle à 10,9% du PIB. Théoriquement, cela signifie que le PIB italien pourrait être largement supérieur au taux de croissance de 1,3% prévu par le gouvernement.

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Russie : “Crocodile”, dans l’enfer de la drogue

En Russie, une nouvelle drogue fait des ravages: la désomorphine, surnommée “Crocodile”. Accessible, bon marché et terriblement additive, elle connaît un large succès.

Mais ceux qui la consomment, quand ils ne meurent pas à la première injection, voient leur jambes noircir, leur peau peler et se couvrir d’abcès.

(Merci à Philoï)

Radio Courtoisie : « Faut-il légaliser le cannabis ? »

Dans son Libre Journal du 12 mai 2014 sur Radio Courtoisie, Henry de Lesquen recevait Jean Costentin, neuro-psycho-pharmacologue.

Près d’un adolescent sur deux a déjà consommé du cannabis. Dans la population française, on compte environ 13 millions d’expérimentateurs, 1,2 million de consommateurs réguliers et 550.000 consommateurs quotidiens.

Cette tendance forte pose deux questions: faut-il lutter contre cette situation et, si oui, comment ? Certains, parfois au plus haut niveau de la société française, pensent que la dépénalisation – voire la légalisation – serait une solution aux problèmes sociaux et sanitaires posés par le cannabis. Pour d’autres, en revanche, cette solution risque d’aggraver les maux liés à l’usage du produit.

(Merci à Imperator et poitiers_732)

Les paradoxes du cannabis (Docu)

Le cannabis est le troisième produit psychoactif (après l’alcool et le tabac) le plus consommé en Europe. Il est aussi, et de très loin, la drogue illicite la plus utilisée. Aujourd’hui, en France, plus de la moitié des jeunes de 18 ans disent l’avoir expérimentée au moins une fois.

La banalisation de cette consommation impose plus que jamais d’envisager le phénomène en termes de santé publique : que sait-on du lien entre consommation de cannabis et troubles psychotiques ? Le produit est-il plus dangereux aujourd’hui qu’hier ? Entraîne-t-il une dépendance ? Quels problèmes rencontrent les adultes et les adolescents qui consultent les centres spécialisés ? Quel type d’aide est-on en mesure de leur apporter ?

Réalisé par Olivier Julien (France – 2009)