Areva : Scandale d’État ou scandale Lauvergeon ?

L’histoire d’une tragique déconfiture: comment Anne Lauvergeon a ruiné en dix ans l’une des plus belles entreprises françaises.

C’est une maladie bien française que celle de ce fiasco engagé par un État inconséquent qui veut tout contrôler et finit par ne rien contrôler du tout. Le terrible échec de hauts fonctionnaires incompétents qui ne devraient jamais se retrouver à la tête de grandes entreprises industrielles, surtout lorsqu’elles sont mondialisées.

L’addition finale de toutes les erreurs commises par Anne Lauvergeon chez Areva sera sans doute proche de 15 milliards d’euros, et donc comparable à celle du Crédit lyonnais de Jean-Yves Haberer il y a une vingtaine d’années. Le record est toujours détenu par Michel Bon qui avait réussi, au début des années 2000, à générer un océan de pertes de 68 milliards chez France Télécom.

Ces trois-là resteront dans la période moderne comme ayant cumulé, à eux seuls, 100 milliards d’euros de pertes dans trois entreprises françaises magnifiques qui avaient la capacité de produire, à l’inverse, 100 milliards de bénéfices sous réserve d’être bien gérées. Hélas pour elles, elles appartenaient au domaine public !
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[EXCLUSIVITÉ FORTUNE] – Libor : La manipulation des taux interbancaires était connue 3 ans avant que n’éclate le scandale

L’affaire de la modification, par des responsables de banques, des taux de référence sur lesquels se fondent de nombreux prêts comme de nombreux autres produits financiers ou hypothèques, a éclaté au grand jour en 2012. Mais trois économistes l’avaient établie dans une étude datant de 2009. En voici la preuve.
Lorsqu’éclate au grand jour la nouvelle de la manipulation, à l’été 2012, nombreux sont les chefs de grandes institutions financières et les dirigeants politiques du monde entier, à crier au scandale.

Pourtant, des doutes avaient bel et bien circulé dans les hautes sphères de la finance quant à la manipulation du taux Libor. Ces doutes avaient été mis noir sur blanc [en 2009] par trois économistes, dont l’un travaillant au FMI.

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Strauss-Kahn au conseil de surveillance de la BRDR

Dominique Strauss-Kahn va entrer dans le conseil de surveillance de la Banque russe de développement des régions (BRDR), une institution financière contrôlée par le géant russe du pétrole Rosneft, a annoncé vendredi l’établissement.

L’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) fait partie de la nouvelle composition de cette instance, remaniée à la suite d’un changement de stratégie décidé par Rosneft. L’ancien présidentiable socialiste y figure en tant que représentant de la firme de conseil Parnasse.

Le groupe pétrolier public, qui détient 85% de la BRDR, avait indiqué en novembre vouloir transformer l’établissement en une «Rosneft Bank» afin de financer ses projets internationaux, mais a annoncé vendredi avoir renoncé à cette idée.

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Dominique Strauss-Kahn : “Les banques dans l’évasion fiscale”

L’ancien directeur du FMI et ex-futur candidat à l’élection présidentielle, vient exposer ses vues devant l’Assemblée et le Sénat, à l’invitation de la commission d’enquête sur le rôle des banques dans l’évasion fiscale.

(Merci à Noway)

Fusion Arcelor-Mittal : Une forfaiture française et de l’Europe libérale (Màj Vidéo)

Publié le 6 avril 2008, réemployé le 14/09/2011 dans une lettre ouverte à Arnaud Montebourg signée, Jean-Luc Mélenchon

Arcelor : un « Airbus de l’acier » mort né

En 1981, la gauche arrivée au pouvoir nationalise Usinor-Sacilor. Le groupe privé est au bord de la faillite. Techniquement il est dépassé. Entre 1991 et 1995, l’État injecte 60 milliards de francs pour moderniser les équipements et, aussi, pour licencier une partie des effectifs. En 1995, la droite décide de privatiser Usinor.

Elle brade l’entreprise pour seulement 10 milliards de francs. Terrifiant gâchis ! Mais surtout, la privatisation a rendu l’entreprise vulnérable. Au point qu’en 2001, la France, la Belgique, l’Espagne et le Luxembourg décident de regrouper leurs fleurons nationaux de l’acier et de créer Arcelor. A l’époque, Arcelor est présenté comme « l’airbus de l’acier ».

Il est le numéro un mondial du secteur et le leader technologique des aciers fins et complexes. C’était « l’Europe qui protège » dans toute sa splendeur ! « L’airbus européen de l’acier » n’aura pas vécu cinq ans.

 La fusion Arcelor-Mittal facilitée par l’Europe libérale

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Vie et mort des stock-options

A priori, on dirait un assassinat brutal, en bonne et due forme. Au Bourget, François Hollande prévient : « Les stock-options seront supprimées. » Dans « Le Journal du dimanche », un grand patron, Jean-Paul Agon, PDG du groupe de cosmétique L’Oréal, semble jouer l’exécuteur des basses oeuvres du candidat socialiste à l’élection présidentielle, dont il n’est pourtant pas l’un des proches : « En avril, je proposerai au conseil d’administration l’arrêt total du système de stock-options chez L’Oréal, pour tout le monde et dès cette année. » Mais il s’agit d’un faux petit meurtre entre amis. Car si les stock-options sont encore le symbole de rémunérations extravagantes, elles sont en réalité atteintes d’ un mal qui les condamne à disparaître dans la plupart des cas. Ce qui les a fait grandir va les tuer.

Leur épopée commence dans les années 1970. Les actionnaires des entreprises, matraqués au sortir de la Grande Dépression, relèvent enfin la tête. Des économistes comme Milton Friedman expliquent que le seul but de l’entreprise est de servir les plus gros profits possible. Pour y parvenir, il convient d’« aligner » les intérêts des dirigeants sur ceux des actionnaires. Le moyen jugé le plus efficace est de les rémunérer avec des actions. Le moyen le moins cher est de leur donner non pas des titres, mais la possibilité d’en acheter plus tard, à prix d’ami -autrement dit, une option d’achat d’actions, « stock option » en américain.

Dans les années 1980, le système prend son envol. Dans les années 1990, il triomphe, pour quatre raisons. D’abord, c’est une décennie d’euphorie boursière. L’indice CAC 40 est multiplié par trois, le Dow Jones par quatre. Les stock-options rapportent des fortunes à leurs heureux détenteurs, qui en redemandent. En 2000, la valeur des options distribuées aux Etats-Unis approche 120 milliards de dollars, dix fois plus qu’en 1992. Ensuite, c’est une ère d’effervescence entrepreneuriale. Rêvant des promesses fabuleuses du cyberespace, les investisseurs placent des centaines de milliards de dollars dans la foule d’entreprises qui se créent pour tirer profit d’Internet. Et pour attirer, par exemple, le numéro deux de l’opérateur de télécoms ATT, une start-up -une jeune pousse, comme on dit en français -ne peut pas se permettre de faire un pont d’or… mais peut offrir l’espoir de gains mirobolants sur son capital.

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Les Brics veulent écarter les Américains de la présidence de la Banque mondiale

Les principales puissances émergentes de la planète ont publiquement rejeté dimanche le principe selon lequel la présidence de la Banque mondiale revient de facto à une personnalité américaine et ont dit songer à présenter leur propre candidature lorsque le mandat de Robert Zoellick arrivera à échéance.

Les ministres des Finances de l’ensemble BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se sont réunis ce week-end en marge du sommet du G20 organisé à Mexico et sont arrivés à la conclusion selon laquelle la présidence de la Banque mondiale, que Robert Zoellick quittera en juin, doit être ouverte à tous les pays. “Les candidatures devraient être fondées sur le mérite et non pas sur la nationalité ”, a déclaré à des journalistes le ministre brésilien des Finances Guido Mantega. Un autre responsable d’un pays membre de l’ensemble BRICS a déclaré qu’une réflexion serait engagée sur la pertinence d’une candidature commune en concurrence de celle qui sera proposée par les Etats-Unis. “C’est certainement une discussion que nous aurons ”, a-t-il dit.

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Nicolas Sarkozy, le président des riches

Spécialiste de la haute bourgeoisie, Michel Pinçon, aidé par sa femme, Monique Pinçon-Charlot, a rédigé une « Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy » [Editions Zones, septembre 2010].

Il est difficile de résumer cet ouvrage, collection d’anecdotes révélatrices. Forcément, la note de lecture ci-dessous ne peut que transcrire les très grandes lignes, exprimer la sensation générale du lecteur. Mais ne serait-ce que pour donner envie de lire ce livre, cela vaut la peine de le commenter.

C’est un sujet d’actualité, ô combien. Non que Nicolas Sarkozy en lui-même soit important. Mais parce qu’il représente quelque chose, sa présence à l’Elysée signifie quelque chose : elle veut dire que les « élites » de notre pays sont devenues les ennemies de leur propre peuple.

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Le jour où l’euro est mort

La monnaie unique peut-elle disparaître? Et si c’était le cas, que se passerait-il? Sean O’Grady, rédacteur en chef des pages économiques du Independent, imagine le jour fatal où les Etats membres quittent le navire euro.

Erik Werenskiold - Un enterrement paysan (1885)

Berlin, 29 septembre 2013. Angela Merkel remporte haut la main les élections fédérales. “La femme qui a sauvé l’Allemagne” triomphe devant ses partisans rassemblés à la porte Brandebourg.

Après quelques mots de remerciement pour sa victoire sans précédent, la chancelière retire de la poche de sa veste un billet de 100 Nouveau mark et l’agite devant la foule en délire. Le cauchemar de l’euro est bel et bien terminé. Il avait en réalité pris fin deux années auparavant.

Les événements du 26 septembre 2011, “le jour où l’euro est mort” n’avaient pas pu commencer de manière moins spectaculaire. Car le coup de grâce n’avait pas été porté à la crédibilité de la monnaie lors d’un autre jour agité ou de quelque important sommet, mais par des juges siégeant au Tribunal constitutionnel fédéral, à Karlsruhe.

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Crise financière : Menace sur l’Europe

Alors que Nicolas Sarkozy est en Inde, pays à la croissance insolente, l’Europe tente de se dépêtrer d’une crise budgétaire et monétaire sans précédent.

Il est des signes qui ne trompent pas. Entre juillet et décembre 2010, New Delhi aura vu défiler les dirigeants des cinq pays membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies : États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne et France.

Le pays, considéré comme le deuxième moteur de la croissance mondiale (9 %) après la Chine, est de plus en plus courtisé par les puissances mondiales. Pas étonnant que Nicolas Sarkozy l’ait choisi pour sa première sortie depuis que la France est à la tête du G20.

Car, face à cette croissance insolente, l’Europe fait bien grise mine. Et même si les prévisions de croissance ont été relevées à 1,6 % pour l’année 2010 en Europe, le Vieux continent est englué dans une crise budgétaire et monétaire sans précédent.

Les grands argentiers de la zone euro se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles pour leur réunion mensuelle, en présence du directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.
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Nicolas Sarkozy n’est pas David Cameron

La France est bel et bien en sursis. La perte de son triple A est une éventualité de plus en plus envisagée sur les marchés financiers. Et cela de plus en plus ouvertement. Nos compatriotes ne mesurent pas les conséquences dramatiques et les effets désastreux sur leur vie quotidienne d’un tel abaissement. Oui la France est en sursis car elle n’a plus le choix. L’alternative est entre un plan de rigueur à l’anglaise, voir pire, ou la faillite. Tout va se jouer dans les trois prochaines années.

Mais tout se passe comme si la classe politique française avait déjà choisi. Cela sera la faillite. Par lâcheté plus que par incompétence. Par peur de dire la vérité aux Français. Par peur de leur révéler l’ampleur du désastre. Par peur d’avouer que depuis 30 ans ils ont été incapables d’anticiper la fin de l’État providence. Oui notre classe politique a choisi le scénario de la faillite. Il n’y a qu’à voir les dernières propositions du parti socialiste dans l’éventualité de son retour au pouvoir : accueil des enfants en maternelle dès 2 ans, allocations pour trouver du travail, allocations pour partir en vacances etc…

Cela a fait rire un peu partout en Europe. Le parti socialiste qui sait très bien, ne serait-ce que par la présence de Dominique Strauss Kahn au FMI, que notre pays est ruiné préfère multiplier les promesses électorales les plus farfelues plutôt que d’affronter la cruelle vérité. Il redoute d’affronter son électorat qui pense toujours que « l’État peut tout », « qu’il y a du pognon et qu’il suffit de le prendre là où il est ».

Mais comment cet électorat pourrait penser autrement puisque ceux qui sont chargés de l’informer préfèrent, par lâcheté (nous insistons là-dessus car c’est le coeur du problème), le bercer de douces illusions.

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Michel-Edouard Leclerc : « Je dénonce l’émergence d’un courant pro-inflation »

Le patron des hypermarchés Leclerc, leader du marché hexagonal, moque les élites qui vantent les mérites d’une hausse des prix, alors que le pouvoir d’achat des Français va se dégrader.

Vous avez récemment dénoncé les hausses de tarifs que vous présentent les fournisseurs de l’agro-alimentaire. Ils ont démenti vos chiffres. Qu’en est-il ?

Jean-René Buisson, le président de leur association, l’Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires), n’a pas démenti mes chiffres. Il a dit que « au final, l’impact sera beaucoup plus faible ».

Nous ne sommes qu’au début des négociations. Les hausses qui nous ont été soumises, se situent bien entre 5% et 19%. Elles sont en moyenne de 8,26% dans les rayons alimentaires.

Je répète que Leclerc ne fera de la discrimination positive que sur les seuls produits d’origine agricole. Notre groupement ne s’opposera pas aux hausses de tarifs liés à des accords inter-professionnels ou à des hausses de matières premières. Mais ce sera à deux conditions : la première est qu’une clause stipule une réduction de tarifs en cas de retournement du marché ; la seconde est que cette hausse profite bien aux agriculteurs et non aux seules multinationales. Nous le vérifierons.

Pour autant, fallait-il agiter le chiffon rouge de l’inflation ?

Je veux dénoncer l’émergence d’un courant pro-inflation. Il est porté par les groupes industriels de produits de grande consommation qui réclament des hausses de tarifs. Il est aussi soutenu par les analystes qui y voient une manière de détruire de la dette et de la faire porter par les consommateurs. C’est absolument incroyable de voir combien de banques se risquent à dire qu’on « pourrait aller jusqu’à 5% d’inflation ».

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Strauss-Kahn : « Cela a du sens d’avoir recours à l’immigration »

À propos du marché européen du travail, Dominique Strauss-Kahn a estimé que des réformes nécessaires pourraient être accélérées en harmonisant les législations au sein de la zone euro. “La zone euro ne peut atteindre son véritable potentiel avec un patchwork déroutant de marchés du travail segmentés,” a-t-il expliqué.

Il est temps de mettre sur un pied d’égalité les travailleurs européens, notamment en ce qui concerne la taxation de la main-d’oeuvre, les systèmes de prestations sociales et de portabilité et les législations sur la protection de l’emploi.” Là où il y a des pénuries de travailleurs qualifiés, les pays européens devraient recourir à l’immigration pour combler leurs besoins, a-t-il en outre estimé.

La croissance à long terme pourrait également bénéficier d’une approche moins restrictive concernant l’immigration,” a-t-il dit. “Cela a du sens d’avoir recours à l’immigration pour gérer des problèmes de qualification comme cela s’est fait en Amérique du Nord.

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Dix-huit mois décisifs

Par Jacques Sapir

La suspension, probablement temporaire, du mouvement social qui s’est manifesté à travers l’opposition au projet de réforme des retraites du gouvernement, ouvre ce que l’on peut appeler la « grande » année électorale. Désormais, il est clair que tous les acteurs vont avoir les yeux rivés sur les échéances de 2012.

Cela ne signifie pas que tout se réduise à cette forme de lutte politique. Cependant, pour tenter de prolonger le mouvement social dans ce nouveau contexte, il faut tirer les leçons de ce que nous venons de vivre depuis septembre, et se projeter au-delà.

Une victoire tactique et une défaite stratégique

La première leçon est, incontestablement, que si le gouvernement a remporté une victoire tactique contre le mouvement social, il l’a payée d’un prix exorbitant. Cette victoire pourrait se transformer en une défaite stratégique.

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Inside Job

Documentaire de Charles Ferguson,  “Inside Job” est le premier film à dévoiler la choquante vérité derrière la crise économique de 2008. Ce film présenté en Séances spéciales lors du 63ème Festival de Cannes, montre comment, à force de dérégulation, de relations incestueuses entre les puissances financières, politiques et universitaires, Wall Street a pu commettre le hold-up parfait, celui «de l’intérieur».

L’effondrement du monde globalisé de la finance, dont le coût s’est élevé à plus de 20 000 milliards de dollars, a causé pour des millions de personnes la perte de leurs maisons et de leurs emplois. Narré par Matt Damon.  Ce que l’on admire surtout, c’est la puissance de Charles ­Ferguson, chercheur au MIT, qui ne se laisse jamais démonter par les mensonges éhontés des traders, des économistes ou des politiques qu’il interroge. Un documentaire édifiant dont on rêve qu’il puisse un jour faire bouger les choses.

La dépression mondiale a engendré pour des millions de personnes la perte de leur emploi et leur maison. Au travers d’enquêtes approfondies et d’entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace l’émergence d’une industrie scélérate et dévoile les relations nocives qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire.

On ne parle pas de ce film, ou très peu. On ne trouve pas de vidéo en langue française (il en existe plusieurs en allemand pour ceux qui pratiquent la langue de Schiller, Goethe, u.s.w.). Christine Lagarde et Dominique Strauss Kahn sont dans le film. Le site officiel de Cannes explique que “Le réalisateur nommé aux Oscar Charles Ferguson présente Inside Job, le premier film exposant la vérité choquante qui se cache derrière la crise économique de 2008“. Lucien Logette en fait une critique dans le numéro du 1° au 15 juin de la Quinzaine littéraire en qualifiant le film de “parfait antidote à l’apologie du Système (…) Charles Fergusson en démonte très précisément les rouages (…) pédagogiquement impeccable, plaisament didactique, le film est un régal ; on en sortirait requinqué si Ferguson ne nous apprenait en fin de course que l’équipe d’Obama est constituée de ces mêmes éléments dont il a deux heures durant prouvé la toxicité“. “Inside Job” est confronté au même problème de distribution en salle que “Torture made in USA“.

Mediapart

Claude Bébéar ne comprend pas la résistance des Français à la réforme des retraites

A 75 ans, Claude Bébéar (…) président d’honneur de l’assureur Axa – groupe qu’il a créé et dirigé – [et co-auteur de la Charte de la diversité en entreprise], figurait au sein de la commission Attali qui vient de remettre 25 recommandations pour doper la croissance. L’Institut Montaigne, le ” laboratoire d’idées “ qu’il préside, vient de publier un fascicule intitulé ” 15 propositions pour l’emploi des jeunes et des seniors “. Dans un entretien au Monde, il défend la retraite par point, conseille à Nicolas Sarkozy d’adopter un style moins agressif et demande aux entreprises de s’engager pour l’emploi des jeunes. Extraits.

Les fonds de pension américains ont perdu, en 10 ans, 60,7% de leur valeur. La retraite perçue par un américain de 65 ans a baissé de 71,7%. Source : http://www.lipperweb.com/

Les Français restent largement hostiles à la  réforme  des retraites. Comprenez-vous leur  résistance ?

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Le FMI à l’heure du grand marchandage

L’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) qui se tient aujourd’hui [vendredi 8 octobre 2010] à Washington s’annonce des plus tendues. Les 184 représentants des pays membres vont en effet y débattre de la réforme de la gouvernance de l’institution multilatérale, dans le but de l’adapter aux défis du XXIe siècle. Les grands pays émergents réclament, à juste titre, une plus grande influence dans la conduite de la politique du Fonds.

La volonté des pays d’Asie et d’Amérique est d’autant plus légitime qu’ils ne veulent plus être les victimes d’une institution dominée par les pays industrialisés, qui leur ont si longtemps imposé leur diktat. Il en va de la crédibilité internationale du FMI. La réforme revêt deux aspects. Le premier tient aux droits de vote de chacun des membres. Le second est lié à la composition du conseil d’administration.

Au sujet des droits de vote, les négociations en cours visent à transférer 5 % des voix des pays riches vers les pays émergents. Un premier transfert portant sur environ 3 % des droits est intervenu en 2008 au profit de la Chine, du Mexique, de la Corée et de la Turquie.

En l’état actuel de la situation, le pourcentage de droits de vote d’un pays dépend d’une formule mathématique compliquée, prenant en compte la valeur de son PIB mais aussi son degré d’ouverture économique, l’importance de ses réserves… Cette formule ne satisfait personne et sa simplification est à l’étude. Là encore, les négociations sont ardues.

Les Etats-Unis plaident pour que le PIB ait une importance prépondérante. Les pays émergents, eux, plaident plutôt pour un PIB en parité de pouvoir d’achat, et non en valeur nominale. Ce qui aboutirait à renforcer fortement leur poids. Selon les dernières propositions faites en juillet, la nouvelle formule proposée n’aboutirait qu’à un transfert de moins de 3 % des droits de vote vers les pays émergents. On est loin du compte.

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Le marché des changes, nouveau champ de bataille

Alors que le dollar poursuit sa baisse sur les marchés, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde mercredi les pays tentés par l’utilisation de la faiblesse de leur monnaie comme arme économique, en expliquant qu’une telle politique pourrait compromettre la reprise économique.

Décideurs et investisseurs s’attendent à ce que la Réserve fédérale américaine annonce avant la fin de l’année de nouvelles mesures de soutien à l’économie qui pourraient affaiblir le dollar. Parallèlement, la Chine a poliment refusé ces derniers jours de laisser sa monnaie, le yuan, s’apprécier plus rapidement.

Les changes seront donc en tête de l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres des Finances du G-7 vendredi à Washington, en marge des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.

Mais rares sont ceux qui espèrent que des mesures concrètes déboucheront des discussions dans la capitale américaine.

Le dollar amplifiait son recul mercredi, inscrivant un plus bas de huit mois et demi face à un panier de référence composé de six autres grandes devises et touchant un nouveau plus bas de 15 ans face au yen.

Cette tendance, observée depuis plusieurs semaines, a déjà poussé le mois dernier la Banque du Japon à intervenir sur les marchés en achetant des dollars pour faire baisser le yen, dont l’appréciation continue pénalise les exportateurs nippons. La Banque du Japon a accéléré le mouvement mardi en ramenant son principal taux à zéro.

Et certains pays émergents, comme la Corée du Sud ou le Brésil, ont emboîté le pas au Japon ou menacent de le faire, par des voies différentes.

« Il y a clairement l’idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique) », a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un entretien au Financial Times.

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La gauche entre l’Agence Fitch et les classes moyennes de Grèce et d’ailleurs

La radicalisation de la situation en Grèce fait peu réagir les dirigeants socio-démocrates européens et français. Il leur faudra pourtant bientôt choisir leur camp : soit obéir à l’agence Fitch qui menace de baisser la note de la France et  [de] la Grande-Bretagne, soit affaiblir son pouvoir en légiférant contre le pouvoir des marchés financiers.

Dans son livre “La dernière bulle”, publié cet automne, Jean-Michel Quatrepoint avait parfaitement prévu ce qui se déroule sous nos yeux : les masses financières des banques, renflouées par les plans de relance, vont permettre aux traders de spéculer sur la dette des Etats. Les CDS ont été l’instrument de ces manipulations. Et quand les chefs d’Etat de l’Union européenne s’intéressent enfin au sujet, il est bien tard et ils apparaissent, une fois de plus, à la traîne les opérateurs financiers.

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Comment va-t-on recréer le franc ?

Par Gérard Lafay, professeur émérite à l’université Paris-II

Contrairement aux espoirs annoncés, l’euro a manifestement échoué. A l’intérieur de la zone concernée, il n’a engendré qu’une faible croissance économique, une délocalisation des activités industrielles et la persistance du chômage, tout en accentuant les divergences entre les pays membres.

La politique de la Banque centrale européenne a en effet suscité une surévaluation chronique de la monnaie unique européenne, et elle a permis un endettement accentué des nombreux agents économiques, tant publics que privés. Au lieu de jouer un rôle d’entraînement, l’Allemagne a mené une politique salariale inutilement restrictive, accentuant le déficit de certains pays de la zone, au point de les conduire au bord du gouffre.

Sur le plan économique, l’euro ne pourrait être poursuivi qu’en menant un fédéralisme budgétaire, solution préconisée par Messieurs Jean-Claude Trichet et Dominique Strauss-Kahn. Cohérente sur le plan économique, cette solution est inapplicable politiquement dans un régime démocratique. Elle impliquerait le même type de transferts budgétaires que celui qui existe, à l’intérieur de chacune des nations, entre les régions riches et les régions pauvres.

Or l’Europe n’est pas une nation, qui a l’habitude d’accepter cette forme naturelle de solidarité. Le pays le plus riche, l’Allemagne, exclut même formellement une telle formule, ayant déjà suffisamment payé pour mettre à niveau les länder de l’ex-RDA.

A plus ou moins brève échéance, l’euro est donc condamné. La question n’est donc pas de savoir s’il faut recréer le franc : une telle issue est inéluctable. La seule question pertinente est de connaître les conditions dans lesquelles ce processus va se dérouler.

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L’Espagne au bord du gouffre financier

L’Espagne et son secteur financier n’ont pas fini de susciter l’inquiétude en zone euro. L’asphyxie de son système bancaire met le pays au bord du gouffre financier.

Selon des informations publiées par le Financial Times, hier, les banques espagnoles, en mal de liquidités, ont emprunté 85,6 milliards d’euros auprès de la Banque centrale européenne (BCE) pour le seul mois de mai. Un montant record dans l’histoire de la zone euro, qui représente 16,5 % de l’ensemble des prêts délivrés en mai par l’institut d’émission européen.

Ces chiffres devraient raviver la suspicion sur la solidité du système financier espagnol, alors que Madrid a déjà dû se porter au secours de deux caisses d’épargne régionales. Les efforts du gouvernement et de la Banque d’Espagne pour boucler au plus vite la consolidation de ces établissements ne suffisent pas à rassurer sur la santé d’un secteur tout entier exposé au risque immobilier.

Lundi, le secrétaire d’État au Trésor, Carlos Ocana (photo ci-dessus), a reconnu que les banques de son pays éprouvaient des difficultés à se refinancer sur le marché interbancaire.

La Commission européenne a démenti mercredi une information du journal espagnol El Economista selon lequel l’Union européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et le Trésor américain préparent un programme destiné à fournir des liquidités, à travers notamment une ligne de crédit de 250 milliards d’euros, à l’Espagne.

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La dette des pays riches atteindra 110 % du PIB en 2015

A tous ceux qui n’ont pas compris avec la panique des marchés européens que la dette publique était devenue insupportable, le rapport “Monitor fiscal que publie ce vendredi 14 mai le Fonds monétaire international (FMI) fera froid dans le dos.

Malgré une évidente amélioration de la conjoncture économique, les pays riches du G20 ont peu réduit leurs déficits et le fardeau de leur dette devrait représenter 110 % de leur produit intérieur brut en 2015 contre 91 % aujourd’hui et 73 % en 2007, au tout début de la crise.

Manifestement la Grèce ne sera plus une exception et les champions de cette vague de dettes sont sans conteste les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le rapport souligne pour la première fois qu’un lien “évident” existe entre la dette et la croissance : “Si celle-là ne revient pas en dessous de ses niveaux antérieurs, le potentiel de croissance des économies avancées s’en trouverait amputé chaque année de plus de 0,5 %, effet considérable quand il se prolonge d’année en année,” notent les auteurs, qui s’inquiètent de l’effort à fournir pour revenir à un taux “normal” de 60 % dans des pays qui verront dans le même temps progresser de 4 ou 5 points de PIB leurs dépenses de retraite et de santé au cours des vingt prochaines années.

Baisses phénoménales des rentrées fiscales

Mission impossible ? Les pays émergents du G20 ont moins de crainte à avoir, car le FMI prédit qu’ils reviendront sans grande difficulté au niveau de dette souhaitable (40 %) et redresseront la barre à partir de 2011. Ils peuvent toutefois s’attendre à pâtir de taux d’intérêt élevés et des soubresauts budgétaires des pays riches.

Le FMI contredit tous ceux qui ont accusé les plans de relance de l’économie d’être responsables de cette forte poussée de l’endettement public. Selon son rapport, ce sont les baisses phénoménales des rentrées fiscales dues à l’approfondissement de la crise à partir de 2011 qui ont creusé les trous budgétaires. Autrement dit, c’est le moins de recettes et non le surcroît de dépenses des pays du G20 qui a créé la montagne de dette publique qui fait trembler les marchés.

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Accord sur 750 milliards d’euros de prêts pour sauver la zone euro

Les pays de l’UE se sont mis d’accord, dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 mai, sur la mise en place d’un plan de secours historique allant jusqu’à 750 milliards d’euros pour aider les pays de la zone euro, si nécessaire, et endiguer une crise financière qui menace de gagner toute la planète. Cette enveloppe sans précédent dans l’histoire récente pour un programme de soutien financier inclut des prêts et garanties des pays de la zone euro, ainsi que des prêts du Fonds monétaire international.

Il faut attaquer les problèmes à la racine, et vraiment combattre les causes” des tensions qui pèsent actuellement sur la monnaie unique européenne, a estimé la chancelière lors d’un bref point de presse, évoquant la nécessité de “consolider le budget” de tous les pays de la zone euro. Les décisions prises dimanche vont permettre de “renforcer et protéger l’euro“, a-t-elle dit.

Il aura fallu plus de onze heures de tractations à Bruxelles entre ministres des finances européens, convoqués en urgence, pour aboutir à un total se décomposant en 60 milliards de prêts apportés par la Commission européenne et 440 milliards de prêts et garanties par les pays de la zone euro, soit 500 milliards au total. Le Fonds monétaire international apportera une contribution additionnelle sous forme de prêts, pour un montant pouvant atteindre 250 milliards d’euros.

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Crise systémique, vers une dette européenne !

Par Gilles Bonafi

On entend ici où là des voix affirmant que l’Europe va imploser et que la Grèce, malgré l’adoption du plan d’austérité, sera la première à tomber, suivie de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie.

Cela ne se fera pas, car tous les pays européens sont interconnectés au sein d’un immense jeu de domino financier, de dettes.

En effet, la défaillance de l’un entraînerait obligatoirement les autres dans leurs chutes.

Pour prouver ceci, rien ne vaut un bon graphique qui démontre l’interconnexion européenne des dettes :

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Ce graphique a été publié le 1er mai par le New York Times. Il met en évidence le caractère inextricable des finances publiques des PIIGS. Un simple coup d’oeil suffit pour comprendre “l’effet domino.” Plus la flèche est épaisse, plus la dette est importante.

De plus, de grandes banques européennes sont directement exposées en Grèce, comme le Crédit Agricole qui est, d’après le Wall Street Job Report, la banque la plus touchée par la crise ! En août 2006, le Crédit Agricole avait en effet pris le contrôle de 72% de la banque Emporiki (troisième en nombre d’agences et cinquième par les actifs en Grèce) pour 2 milliards d’euros. Emporiki avait ainsi généré une perte nette de 582,6 Millions d’Euros en 2009, de gros soucis à venir donc !

Selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux, en ajoutant l’Espagne et le Portugal, l’exposition des banques françaises grimperait à 306 milliards de dollars, du suicide si l’on abandonnait ces pays !

La seule solution réside donc dans la création d’une « structure de défaisance », nous permettant de racheter les créances douteuses ; une Agence Européenne du Trésor, empruntant au nom de l’Europe.
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La toile d’araignée de la dette européenne

Ce graphique a été publié le 1er mai par le New York Times. Il met en évidence le caractère inextricable des finances publiques des PIIGS. Un simple coup d’oeil suffit pour comprendre “l’effet domino.” Plus la flèche est épaisse, plus la dette est importante. Ainsi, la vraie raison de l’attaque des marchés contre l’Espagne depuis hier est matérialisée par la grosse flèche rouge qui la relie au Portugal : les banques espagnoles détiennent la plus grosse part de la dette publique portugaise.

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Mais une autre évidence s’impose : contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire certains, notamment Dominique Strauss-Kahn, les grands pays ne sont en aucun cas à l’abri d’une contagion. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont même très gravement exposées, en particulier à la dette de l’Espagne. Que celle-ci tombe (avant ou après le Portugal), et c’est l’ensemble du système bancaire européen – et donc l’euro – qui s’effondre.

Olivier Demeulenaere

(Merci à Marie)

Crise mondiale de l’emploi : le FMI nous propose de partager… le chômage !

Doit-on partager le travail ou le chômage ? La question, loin d’être anodine, pourrait être, en ces temps de chômage de masse, à la base d’un choix de société pour le futur. Dans le cas du FMI, on a une solution : mettre fin rapidement aux “privilèges scandaleux” des salariés en CDI !

Quelle est l’analyse du FMI sur la situation du chômage ?

Le FMI s’inquiète de la situation et écrit dans un chapitre des “Prévisions économiques mondiales” semestrielles :

(…) Le FMI a basé ces prévisions sur un examen des tendances de l’emploi lors des phases qui ont suivi les précédentes récessions mondiales. Pour plusieurs économies développées, la possibilité d’une reprise lente de l’activité et la nature de la récession récente présage de taux de chômages élevés à court terme”, a prévenu le Fonds.(…) Comme un chômage élevé peut rapidement devenir un problème structurel, cela pourrait entraîner des difficultés politiques et sociales graves (…) La profondeur et la durée de la Grande récession dans plusieurs économies développées, ont créé la nécessité de certains ajustements structurels pour leurs marchés du travail (…) La tâche des responsables politiques est de faire en sorte que cet ajustement se fasse le plus en douceur possible et de minimiser les conséquences économiques et sociales de long terme d’un taux de chômage obstinément élevé (…)

Et quelle sont ses suggestions, proposées dans son rapport ?

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Crise économique : la Roumanie envisage de repactiser avec le FMI

Le président roumain Traian Băsescu a déclaré, mardi 30 mars, qu’il allait probablement solliciter un nouveau prêt auprès du Fonds monétaire international (FMI), lorsque l’accord contracté l’an dernier, et portant sur un prêt global de 20 milliards d’euros, arrivera à échéance. En visite à Bucarest, le patron du bailleur international, Dominique Strauss-Kahn, s’est montré favorable à cette démarche, tout en rappelant la Roumanie à ses engagements déjà en cours.

La rencontre entre le président roumain et le directeur général du FMI a accouché de plusieurs mauvaises nouvelles pour les Roumains. Traian Băsescu a en effet déclaré qu’il souhaitait une coopération à long terme avec le bailleur international et évoqué la probable signature d’un nouvel accord [1].

Le directeur du FMI a prévenu les Roumains qu’ils allaient peut-être perdre leurs emplois dans les mois à venir mais qu’il appartenait à leur gouvernement de « régler la situation. » La crise ne sera pas surmontée tant que le taux de chômage – 8,3% en février, contre 5,3% l’an dernier à la même période – n’aura pas commencé à baisser.

« Quand nous arriverons au terme de l’accord en cours, il est très probable que nous sollicitions auprès de vous un accord standby [2] ou une ligne de crédit flexible, » a dit le Chef de l’État à Dominique Strauss-Kahn lors de leur entretien, mardi 30 mars,, au Palais Cotroceni [3]. « Nous verrons ensemble quelle solution doit être adoptée pour notre pays dans la mesure où il est clair que, tant que nous aurons un accord avec vous, la Roumanie restera crédible, » a-t-il ajouté.
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Commerce : l’UE accuse Obama de promouvoir le protectionnisme

Le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht a accusé jeudi de “protectionnisme” le président Barack Obama, imputant aux États-Unis le blocage actuel des négociations du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce mondial.

La bataille de Fort Alamo (1836)

“Un des problèmes, c’est que nous ne savons pas ce que veulent exactement les États-Unis. Ils ne veulent pas d’avancées pour le moment, c’est clair”, concernant les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a-t-il déclaré dans un entretien accordé au journal économique belge De Tijd. L’ancien ministre belge des Affaires étrangères, qui a pris ses fonctions à l’UE en février, a fait du cycle de Doha une de ses priorités majeures.

Les États-Unis, a-t-il dénoncé, réclament une plus grande ouverture des frontières des pays en développement aux produits américains mais ne proposent aucune compensation. “L’idée qu’on puisse obtenir des avancées sans faire de concessions est une erreur. Et j’ai l’impression que le processus décisionnel est plutôt à l’arrêt aux États-Unis”, a poursuivi Karel De Gucht, qui représente l’ensemble de l’Union européenne sur les dossiers commerciaux.

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De qui l’Union [européenne] est-elle le nom ?

Monnaie chinoise, FMI, hedge funds, sur chaque dossier, les porte paroles officiels de l’Union européenne se font les porte parole des lobbies financiers et et des grands groupes qui jouent la Chine contre la ré-industrialisation de l’Europe. Le tout dans l’indifférence générale…

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Le FMI avoue s’être trompé depuis 20 ans

Les révolutions, dans le monde de l’économie et des finances, sont rares, et on n’en prend souvent conscience que rétrospectivement. Mais ce qui s’est passé le 19 février marque à coup sûr, dans la finance globale, la fin d’une époque.

Le bulletin émanant ce jour-là du Fonds monétaire international allait à l’encontre de la position que ses économistes avaient longtemps tenue en matière de contrôles de capitaux. Les taxes et autres contrôles sur les flux de capitaux, écrivaient-ils, ont leur utilité et constituent une “part légitime” de l’arsenal des dirigeants politiques.

Ce bulletin de février est donc un revirement phénoménal – un peu plus, et c’était le désaveu qui amène une institution à dire, “Désolés, on s’est planté” – mais il fait écho au retournement d’opinion auquel on a assisté chez les économistes, et qui explique, par exemple, que Simon Johnson, l’économiste en chef du FMI en 2007-2008, soit devenu l’un des plus ardents défenseurs de la sévérité des contrôles financiers à l’intérieur et par-delà les frontières.

Avec un bon sens dont le Fonds avait bizarrement manqué durant deux décennies, le bulletin faisait observer: “Des raisons logiques portent à penser que, bien conçus, les contrôles sur les flux des capitaux pourraient avoir toute leur place” aux côtés d’autres mesures. En novembre dernier, Dominique Strauss-Kahn, le responsable du FMI, jouait encore les rabat-joie face à la volonté brésilienne de taxer les flux de capitaux spéculatifs et refusait d’ériger ce type de contrôles en norme.

Le bulletin du FMI affirme que le contrôle des flux financiers aux frontières est, non seulement souhaitable, mais avantageux. Il faut le souligner, parce qu’en dernier recours, l’argument habituellement brandi contre les contrôles de capitaux était la difficulté à les aligner: les marchés financiers seraient toujours là pour déjouer les décisions politiques.
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La guerre du yuan s’organise

Les pressions sur la monnaie chinoise se multiplient depuis quelques jours. Après Washington, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) appellent Pékin à réévaluer son yuan.

“Inévitable”

La guerre des taux change contre la Chine n’est pas nouvelle. Depuis des mois, de nombreux pays, États-Unis en tête, estiment que la monnaie chinoise est maintenue artificiellement basse pour favoriser les exportations du premier exportateur mondial.

Mais la polémique a repris de l’ampleur ces dernières semaines. Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a jugé mercredi que le yuan chinois était “très sous-évalué. Il est inévitable que dans certains cas, les taux de change (de certains pays) devront s’apprécier,” a-t-il expliqué lors d’une intervention devant le Parlement européen à Bruxelles.

A ses yeux, la “logique” du rééquilibrage de l’économie mondiale veut que “le renminbi s’apprécie.” Cela passera donc forcément, selon lui, par une croissance chinoise “davantage tirée par la croissance intérieure” et la consommation et moins par les exportations et les produits bon marché.

La Banque mondiale a également recommandé mercredi à la Chine de laisser sa monnaie s’apprécier pour contenir les pressions inflationnistes, dans son rapport trimestriel sur l’économie chinoise.
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Crise grecque : le faux alibi de la dette

Certains accusent la Grèce d’être responsable de la crise qui la frappe de par ses dépenses budgétaires incontrôlées. Mais pour Gabriel Colletis, c’est bien la folie des marchés financiers qui est coupable. Dans cette première partie, l’économiste examine les maux de l’économie grecque ainsi que les hypocrisies des spéculateurs.

Après avoir dépensé des centaines de milliards d’euros ou de dollars dans différents plans dits de « relance » de l’activité économique ainsi que, surtout, dans le soutien du système financier, tous les gouvernements, et pas seulement le gouvernement grec, semblent avoir désormais choisi la voie de la « sortie budgétaire ». Ce choix est estimé nécessaire afin de maîtriser les déficits, alors même que le risque existe de produire un impact négatif sur une croissance restant très fragile.

Prenant quelque distance avec l’unanimisme ambiant, nous voulons donner suite aux observations et interrogations exprimées par Paul Krugman aux Etats-Unis ou Paul Jorion en France. Le premier n’hésite pas, en effet, à dénoncer « l’hystérie des déficits » (New York Times, 5 février), alors que le second s’interroge « la dette est-elle un boulet ou un prétexte ? » (Le Monde, 9 février), penchant plutôt pour la deuxième hypothèse.

En nous centrant sur le cas de la Grèce, nous évoquerons d’abord les maux dont souffre ce pays (1.), puis nous commenterons la nature des « doutes » que l’on prête aux marchés, lorsque ceux-ci semblent s’effaroucher du niveau des déséquilibres des comptes publics de certains Etats (2.). Enfin, nous examinerons les issues actuellement privilégiées, en Grèce comme ailleurs, pour réduire les déficits et restaurer la « confiance des marchés » (3.).

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L’Espagne, la nouvelle tragédie grecque

Joaquin Almunia, Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, pense que les problèmes de l’Espagne sont similaires à ceux de la Grèce. Et beaucoup sont d’accord avec lui.

Eric Le Boucher l’avait déjà prédit dans un article sur l’arnaque grecque publié il y a quelques semaines. Si la situation du pays hellène était inquiétante, ce n’était rien par rapport au danger pour l’Union Européenne de voir l’Espagne sombrer dans la spirale de la crise.

Et, malheureusement, il semble bien que les pires augures soient en train de se réaliser. C’est en tous cas le sentiment qui règne ces temps-ci en Espagne.

Un quotidien difficile

Lundi matin, devant l’un des bureaux de l’INEM (l’ANPE espagnole) à Barcelone. Une matinée pluvieuse et grise qui n’empêche pas l’arrivée constante et ininterrompue des nombreuses personnes venant demander les aides de l’État pour les chômeurs. L’ambiance est très calme et l’organisation d’une clarté déconcertante. Une employée accueille chaque personne, l’aide à choisir le numéro de sa file d’attente et la dirige près du comptoir correspondant. Une espèce de fatalité coutumière règne dans la salle. Comme si chacun savait ce qu’il avait à faire, comme si tout le monde se connaissait. Car, pour beaucoup de gens, ce n’est pas la première fois qu’ils se retrouvent au chômage.

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L’Europe risque une nouvelle récession

Simon Johnson, ex conseiller économique auprès du FMI, analyse l’éventualité d’un recours à cette institution pour venir en aide à la Grèce, comme certains l’envisagent aujourd’hui. Outre le fait que les règles du FMI ne sont pas adaptées à une intervention en faveur d’un membre d’une union monétaire, et qu’une telle intervention nécessiterait – entre autres – de recueillir l’assentiment de la Chine et des USA, la crédibilité et le statut de l’Union au plan international en sortiraient grandement amoindries, avertit-il. Pourtant, il faut agir vite, selon lui, car les produits dérivés adossés à la dette souveraine – toujours pas régulés – pourraient à nouveau déclencher une cascade de réactions en chaîne incontrôlables.

Une remarque [de ContreInfo]. La sortie de crise ne dépend pas de cette seule et inconfortable alternative : financement par l’Europe ou par le FMI. Les Etats ont fort obligeamment accepté de garantir les émissions de dette des banques à l’automne dernier. Ils pourraient aujourd’hui pratiquer de même pour sauver la mise des nations menacées.

"J'admire ces gens qui sont capables d'anticiper une récession..."

La réunion totalement inutile du G-7 de cette fin de semaine [les 5 et 6 février 2010 à Iqaluit, au Nunavut], n’a eu pour effet que de souligner le fait que l’Europe entre à nouveau dans une grave crise économique.

A l’issue de la réunion d’hier, le secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a déclaré aux journalistes : « je veux simplement souligner qu’elles ont clarifié – elles, c’est à dire les autorités européennes – qu’elles vont gérer cette [ crise de la dette grecque] avec une grande attention. »

Mais les Européens ne font pas preuve d’attention – et, désormais, il ne s’agit plus seulement de la Grèce. Les inquiétudes au sujet de la dette publique et des engagements du secteur public (par exemple, si les systèmes bancaires sont en grande difficulté) se sont étendues dans la zone euro à l’Espagne et au Portugal. L’Irlande et l’Italie seront les prochains pays sur la liste dont la situation sera réexaminée de façon hostile par les marchés, et le Royaume-Uni pourrait n’être pas très loin derrière.

Que font les pays européens les plus forts, plus précisément l’Allemagne et la France, pour contenir la peur auto-réalisatrice que les pays les plus faibles de la zone euro ne soient en mesure d’honorer leur dette – raison de la panique qui fait monter les taux d’intérêt et rend encore plus difficile pour ces gouvernements d’assumer leurs engagements ?

Les pays européens disposant de ressources financières ne font rien – si ce n’est insister pour que tous les pays sous pression réduisent leurs budgets rapidement et selon des modalités qui sont probablement, politiquement, infaisables. Ce genre d’austérité budgétaire a directement contribué à précipiter le déclenchement de la Grande Dépression des années 1930.

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L’illusion de la “mondialisation heureuse” (redif.)

En juin 2009 est paru “Les théories de la mondialité”, dont l’auteur est Gérard Dussouy, professeur de géopolitique à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV.

Un ouvrage iconoclaste, d’un grand intérêt, dont nous reproduisons ici la recension par Jean-Yves Le Gallou.

Ce livre est une mine d’informations et de réflexions sur la mondialisation.

Le point de vue dominant libéral-mondialiste y est clairement exposé : le libre échange mondial, la dérégulation des économies nationales et la globalisation des grandes firmes et des services (Elie Cohen) déboucherait sur « la mondialisation heureuse » (Dominique Strauss-Kahn).

Selon ces théories, le libre échange mondial présenterait deux caractéristiques :

1-Il s’agirait d’un jeu à somme positive ;

2-Tout le monde y gagnerait !

Le premier point mérite discussion : il est possible qu’en termes de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial, la mondialisation ait des effets positifs. Reste à savoir si le PIB est à lui seul une bonne mesure du bien-être des individus et du fonctionnement harmonieux des nations.

Quant au deuxième point selon lequel « tout le monde gagnerait à la mondialisation », il relève clairement de l’illusion : « il n’est pas possible que tous soient gagnants » (p. 17) ; « contrairement à la doctrine officielle, la globalisation a ses gagnants et ses perdants » (p. 78).

Alors qui sont les gagnants et les perdants du « sans frontiérisme » ? Lire la suite

Chut ! On sauve les banques…

Vous pensiez les banques tirées d’affaire, et l’économie en passe de l’être ? Vous n’y êtes pas du tout. Les banques n’ont retrouvé des marges qu’en spéculant sur les marchés financiers avec l’argent que leur a prêté le contribuable.

Une nouvelle bulle financière s’est formée, avec le risque d’une deuxième secousse dont les conséquences seraient bien plus graves que la première fois.

Alors même que les dépréciations d’actifs liées à la première crise n’ont pas été entièrement comptabilisées, que les fonds propres n’ont pas été reconstitués, que les faillites des agents économiques entraînent de nombreux défauts de paiement, le gonflement des dettes publiques fait peser une autre menace sur les banques : celle d’une hausse des taux d’intérêt, qui serait fatale à leurs activités sur les marchés.

Certains comme Dominique Strauss-Kahn l’ont bien compris, qui mettent en garde contre le risque d’un nouveau choc systémique, sans appel celui-là : « Je ne vois pas de parlementaire dans les pays développés qui ait des chances de revenir vers les électeurs dans quelques années pour leur dire : vous savez, vous tous, il va falloir que vous payiez de nouveau, parce que le secteur financier est de nouveau dans la mouise ». Et le directeur général du FMI d’ajouter que les parlementaires n’auront plus aucune pitié « quand ils verront comment le secteur financier s’est comporté après la crise ». Lire la suite

La généalogie de la superclasse mondiale

I – Il convient au préalable de définir ce que l’on entend par superclasse mondiale

La danse des morts - attribué à Hans Holbein l'Ancien, 1491


Que signifie cette expression ? Trois termes significatifs :

– c’est une classe, soit un groupe social qui présente des traits particuliers durables qui le distinguent des autres ;

– elle se situe au-dessus des autres, en particulier au-dessus des anciennes élites nationales ;

– elle est mondiale, car son projet est mondialiste.

A/ Cette classe peut se définir comme un réseau occidental de dirigeants, diversifié et interactif

Il comprend notamment : Lire la suite