Gaz de schiste : scepticisme chez les économistes

Extrait d’un rapport très étayé de l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales /Sciences Po), présenté dans la presse par son “directeur du programme climat” Thomas Spencer :

Une étude de l’université de Stanford, en Californie, datant de septembre, démontre comme nous que l’impact de la ”révolution” des gaz et pétrole de schiste sur la croissance sera marginale aux Etats-Unis […], et cela malgré la chute spectaculaire du prix du gaz naturel aux Etats-Unis, qui n’est d’ailleurs pas viable à long terme : après avoir plongé jusqu’à 1,95 dollar par million de BTU début 2012, il est remonté à près de 5 dollars en janvier. En fait, d’autres facteurs jouent bien plus sur la croissance et la compétitivité des Etats-Unis que les hydrocarbures de schiste, notamment la baisse du dollar par rapport au yuan chinois et à l’euro…

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2014 ne sera pas non plus “l’année du dollar”

Par Myret Zaki

De nombreux analystes annoncent chaque année le retour du dollar. Or, la devise américaine continue de perdre de la valeur aussi bien face au franc [suisse] ou à l’euro que par rapport à sa valeur passée.

2014, «année du dollar» ? Cette année encore, les stratèges des banques pourraient bien se tromper. Depuis 2001, le dollar a perdu la moitié de sa valeur face au franc suisse. D’importants facteurs baissiers, trop souvent ignorés, s’accumulent pour peser sur la valeur du billet vert à long terme. Analyse en vidéo.

Bilan

Comment les grandes banques manipulent le marché des devises

Par Eric Toussaint, maître de conférences en économie à l’université de Liège (Belgique), président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM)

Les banques sont les principaux acteurs sur le marché des devises et elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Plus de 95 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Une infime partie des transactions quotidiennes en devises concerne des investissements, du commerce de biens et de services liés à l’économie réelle, des envois de migrants.

Les gens de la Fed, au sujet des contribuables : “Ils font de charmants animaux de compagnie… Très dociles…”

Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises tournait, en 2013, autour de 5.300 milliards de dollars (3.799 milliards d’euros) ! Les banques qui disposent, comme les fonds de placement mutuel, de très importantes liquidités en usent et en abusent en poussant des monnaies à la baisse ou à la hausse afin d’obtenir des gains sur les différentiels de taux de change.

Les banques jouent également de manière déterminante sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables, sans compter les méfaits de l’instabilité des monnaies pour l’ensemble de la société. A partir de mai 2013, les monnaies de grands pays dits émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Argentine…) ont été soumises à des attaques spéculatives et ont perdu dans certains cas jusqu’à 20% de leur valeur.

SPÉCULATION
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Méridien Zéro : « La guerre des monnaies » (Audio)

Communiqué de presse de radio Méridien Zéro

Camarades, amis et auditeurs de Méridien Zéro,

Dans la nuit de jeudi à vendredi la Cambuse, local du MAS National qui abrite également les studios de Méridien Zéro, a été incendiée et entièrement détruite.

Si, selon l’expression consacrée, l’origine du sinistre reste indéterminée, nous avons pu constater la disparition d’une partie de notre matériel radio (ordinateur, micros, matériel d’enregistrement) non retrouvé dans les décombres.

Nous notons que cet acte grave survient dans un climat général délétère, émaillé de dégradations constantes des lieux de la mouvance (notamment la librairie d’Emmanuel Ratier, des permanences politiques, d’autres locaux militants).

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Quand le tsunami des capitaux s’en va

Par Myret Zaki

Ce n’est pas le moindre des paradoxes : la Banque centrale américaine (Fed) et celle du Japon (BoJ), qui insufflent d’immenses liquidités dans les actions, obligations et changes, ont plus d’effets sur les marchés émergents que sur les marchés développés qu’elles régissent directement.

Depuis le mois de mai déjà, les capitaux globaux ont commencé à se retirer des marchés émergents, dès la première utilisation du mot «tapering» (réduction de l’assouplissement monétaire) par la Fed. Aux annonces de réduction de liquidités des Etats-Unis s’est ajoutée celle du Japon.

Il n’en fallut pas davantage pour que les capitaux globaux, tel un banc de harengs, se détournent en quelques secondes de ce qu’ils considèrent comme les actifs les plus risqués, les marchés émergents.

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Le tsunami qui affecte les monnaies des économies émergentes

Les marchés mondiaux des devises ont été très agités la semaine dernière et les monnaies de plusieurs pays émergents ont subi une avalanche de dépréciations. Le rouble est tombé à son niveau le plus bas depuis 5 ans, et le peso argentin a perdu 15%.

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Les marchés des changes commencent à réagir à l’arrêt progressif de la politique monétaire américaine de rachat des bons du Trésor, mais aussi au ralentissement de la croissance chinoise.

Mais on assiste également à un changement de méthode. Par le passé, les marchés financiers raisonnaient de façon globale, lorsqu’ils considéraient les pays émergents, les envisageant comme un tout. Mais ce n’est plus le cas, explique Izabella Kaminska du Fiancial Times. Désormais, ils les individualisent de plus en plus pour établir leurs décisions d’investissement.

Au Venezuela, en Argentine et en Ukraine, ce sont les problèmes causés par une gestion critiquable des autorités qui menacent la stabilité économique. Les deux premiers pays sont confrontés à une inflation massive et des relations dysfonctionnelles avec les marchés mondiaux. S’ils échouent à mener des réformes importantes, ils risquent d’entrer dans de très graves difficultés. En Ukraine, beaucoup de choses vont dépendre de la façon dont la crise actuelle évolue.

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La crise est-elle surmontée… et les esprits critiques contredits ?

Par Eberhard Hamer

Vous savez quoi ? J’suis heureux ! (paroles de Droopy, personnage des célèbres dessins animés de Tex Avery)

Lorsque l’auteur publia en 2002 son livre intitulé «Was passiert, wenn der Crash kommt ?» [Que se passera-t-il quand la crise surviendra ?] à la suite d’une réflexion sur les conséquences d’une grande crise économique, il fut abreuvé de reproches de la part des banquiers, des politiciens, de la presse dominante et même des collègues professeurs qui estimaient qu’une telle pensée était «incongrue», «dépassée», le fruit d’un «ignorant dépassé par la réalité».

Mais lorsqu’en 2008, la crise mondiale se déclara, tout le monde prétendit l’avoir vue venir et quelques-uns ne se gênèrent pas de copier des passages du livre de l’auteur pour être au moins «à la page».
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Chine : Le développement de la République Populaire est une déclaration de guerre aux États-Unis

Par Peter Kuntze

La Chine a confiance en elle; elle ose des réformes et sa nouvelle direction veut consolider ses succès

Le contraste ne pourrait pas être beaucoup plus grand: d’un côté du Pacifique, la puissance qui est toujours l’Hégémon, est confrontée à de fortes turbulences économiques et politiques; de l’autre côté, la superpuissance en devenir bat tous les records sur le plan économique, en dépit des prophètes de malheur, et a pleine confiance en son avenir.

Ce n’est pas étonnant: trois décennies et demie après le lancement de la politique de réformes et d’ouverture voulue par Deng Xiaoping, le successeur de Mao Zedong, ce changement de cap révolutionnaire a donné ses fruits en bien des domaines. Le pauvre État paysan, avec ses millions de “fourmis bleues” est devenu un pays moderne aux immeubles de prestige rutilants et a développé une industrie de la mode qui se révèle désormais sur les “catwalks” de Paris et de Milan.

Hollywood aussi s’énerve car, de fait, l’industrie américaine du cinéma a toutes les raisons de craindre l’avènement d’un sérieux concurrent installé en Extrême-Orient. Pourquoi? Wang Jianlin, l’homme qui serait le plus riche de la République Populaire de Chine, est en train de faire construire à Tsingtau (l’ancienne base et colonie allemande) les plus grands studios cinématographiques du monde. Ce projet gigantesque coûterait plus de huit milliards de dollars et serait achevé en 2017.

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Quand le yuan supplantera le dollar

La tendance paraît inéluctable. Le renminbi (yuan), qui est en train de devenir une devise de règlement dans les échanges commerciaux, pourrait à terme aussi devenir la principale monnaie de réserve mondiale. Une thèse d’autant plus réaliste que Pékin ne cache pas ses ambitions en la matière.

Le 3 décembre dernier, lorsque la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT), société spécialisée dans les transactions interbancaires, a révélé que la monnaie chinoise avait ravi à l’euro la deuxième place du podium des devises les plus utilisées dans les contrats commerciaux, la surprise a été de taille. Pour le yuan, ou renminbi (monnaie du peuple), la nouvelle a constitué une forme de consécration. Depuis, certains observateurs extrapolent, et imaginent déjà un scénario qui aurait été jugé, il y a peu, totalement invraisemblable : le dollar américain détrôné en tant que devise mondiale.

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Entre guerre des changes et attaques spéculatives, le défi des émergents

Les autorités monétaires turques luttent contre la spéculation.

La grave crise (économique, financière, politique) que traverse la Turquie rappelle aux banques centrales des émergents leur rôle crucial de gardienne de la stabilité et de la souveraineté de leur monnaie. Les autorités monétaires turques ont annoncé qu’elles vont vendre près de 6 milliards de dollars pour freiner la spéculation et tenter de ramener un semblant de calme.

Un défi. Cette année, la livre turque a en effet chuté de 16 % par rapport au dollar et 19 % contre l’euro, et fait figure de maillon faible des marchés des devises émergentes. Depuis la crise de l’été, leurs banques centrales ont multiplié les initiatives (contrôles des changes, interventions…) afin de limiter la chute de leur monnaie et d’éviter qu’elle ne débouche sur une crise de change. Ce qui nécessite des moyens pour se faire entendre par les marchés et être crédible dans la défense de leur devise.

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Peter Dale Scott : “L’État profond américain”

Peter Dale Scott, professeur émérite de Littérature anglaise à l’Université de Berkeley, Californie. Il a travaillé durant quatre ans (1957-1961) pour le service diplomatique canadien.

Expert dans les domaines des opérations secrètes et du trafic de drogue international. Il est connu pour ses positions anti-guerre et ses critiques à l’encontre de la politique étrangère des États-Unis. Son plus fameux ouvrage est disponible ici.

Merci à Boreas

La Chine et l’or

La Chine parle désormais ouvertement d’un remplacement du dollar en tant que devise de référence internationale.

Xinhua, l’agence de presse officielle Chinoise, publiait récemment une lettre ouverte qui commence comme suit :

“Alors que les politiciens Américains des deux partis font encore des aller-et-retours entre la Maison Blanche et le Capitole sans pour autant parvenir à un accord viable qui permettra au retour à la normalité politique dont ils nous parlent tant, il est peut-être temps pour le reste d’entre nous de construire un monde dés-américanisé”.

Et la Chine sait déjà comment y parvenir. Elle encourage la création d’un marché international en yuans auprès des centres de Hong Kong et de Londres en laissant New York de côté, et fait la promotion d’un commerce hors-dollar en Asie au travers de la Shanghai Cooperation Organisation (SCO). Elle continue également d’accumuler ouvertement de l’or tout en encourageant ses citoyens à en faire de même.

Il n’y a plus l’ombre d’un doute. La Chine se prépare à la chute du dollar, si ce n’est qu’en tant que devise de référence mondiale. Et elle espère se protéger ainsi que ses citoyens grâce à l’or.

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Le G20 doit relancer la coopération monétaire dans le monde

Par Michel Aglietta

La tourmente qui déferle sur les marchés de change des pays émergents, hormis la Chine, rappelle que le système monétaire international (SMI) n’a toujours pas de régulation multilatérale. Les deux fonctions cardinales d’un SMI efficace ne sont toujours pas assumées : des ajustements symétriques dans les balances des paiements capables d’éviter l’accumulation des déséquilibres, tout en respectant l’équilibre interne des pays ; une forme supérieure flexible de liquidité acceptée de tous, à la fois réserve ultime et régulateur contracyclique de l’offre mondiale de crédit.

(juin 2011)

Les fluctuations géantes des taux de change depuis l’instauration des changes flexibles en 1973 et l’accumulation des déséquilibres de balances courantes dans les années 2000 ont amplement démontré que le dilemme de Triffin a survécu à la chute du système de Bretton Woods. Le dollar ne remplit pas correctement les fonctions de la monnaie internationale parce que l’offre de cette monnaie en direction des non-résidents n’est pas sensible à leurs besoins. Elle n’est qu’une conséquence indirecte d’une politique monétaire tournée exclusivement vers les objectifs internes des Etats-Unis.

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France, où en est la croissance ?

par Jacques Sapir

La presse, essentiellement celle qui soutient le gouvernement, se remplit d’optimisme et de commentaires flatteurs pour notre Président à la vue des derniers chiffres de l’INSEE qui ont été publiés le 14 août. Ainsi, au second semestre 2013 la France aurait connu une croissance de 0,5%, Alléluia ! La croissance revient donc et semble donner raison au Président comme au gouvernement. Pourtant, les commentateurs feraient mieux d’être plus prudents et de lire plus attentivement le document de l’INSEE, qui est loin d’être aussi affirmatif qu’ils ne le disent .

En réalité, le chiffre de 0,5% obtenu au second trimestre 2013 est dû à deux facteurs : une hausse de la consommation de 0,3% et un accroissement des stocks de 0,2%. Or, les stocks des entreprises avaient baissé de -0,8% en 2012. Une correction était attendue et se situe dans la normale des choses. On mesure par ailleurs qu’elle reste inférieure à la baisse précédente. Une comparaison des deux premiers trimestres de 2013 avec 2011 et 2012 montre que cet accroissement ne sera pas durable.

Le PIB et ses composantes

On peut lire sur ce graphique, et c’est pourquoi on le publie, la permanence des facteurs qui font stagner le PNB de la France, et en particulier l’évolution de l’investissement et du solde commercial. On voit parfaitement que l’ensemble des facteurs susceptibles de contribuer à la croissance de l’économie française sont en panne depuis la fin de 2011.

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Crise des devises : des pays émergents préparent une riposte concertée

L’Inde prépare, avec d’autres pays émergents comme le Brésil, une intervention concertée et imminente sur les marchés des changes non physiques. Ceux-ci sont accusés d’avoir accentué la chute de leurs devises depuis trois mois.

« Il est temps d’arrêter », tonne Dipak Dasgupta, le principal conseiller économique du ministère indien des Finances en évoquant la chute que connaissent depuis trois mois les devises des principaux pays émergents, roupie indienne en tête. D’où son idée de lancer une riposte coordonnée concertée sur les marchés des changes non physiques.

Les concertations déjà engagées depuis plusieurs semaines devraient rapidement déboucher sur une action, assure-t-il sans entrer dans le détail des mesures qui pourraient être prises. Quand ? « Ce sera une question de jours plutôt que de semaines », a-t-il assuré à Reuters en précisant que le Brésil et l’Inde « peuvent lancer le mouvement. »

Principale accusée : la spéculation qui met en danger la stabilité économique mondiale. Au Brésil, en Indonésie, en Turquie et en Inde, les Banques centrales ont dû multiplier les actions pour arrêter le plongeon de leurs devises et l’écroulement de leurs marchés boursiers. La spéculation, et ses relais. A savoir, les marchés à terme non livrables (NDF) qui se sont développés ces dernières années pour permettre aux investisseurs étrangers de spéculer sur les devises de pays qui n’ont pas de marché au comptant suffisamment accessible.

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La Réserve Fédérale des États-Unis empêche l’Allemagne de rapatrier son or

Les États-Unis refusent de rendre l’or que l’Allemagne a mis à l’abri dans la Réserve Fédérale des USA et ont, par ailleurs, empêché les représentants allemands de visiter les coffres de la Banque Centrale de ce pays pour vérifier l’état des tonnes d’or entreposées.

L’entrée de l’immeuble de la Réserve Fédérale de New York

La méfiance par rapport au dollar pourrait s’intensifier après que la Bundesbank allemande ait demandé le rapatriement de son or entreposé dans la Réserve Fédérale des États-Unis, mais que Washington ait refusé d’y procéder avant 2020.

L’agence d’information russe, RT, a révélé que les représentants allemands se sont vus refuser l’autorisation de visiter les coffres de la Banque Centrale des États-Unis.
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Inde : La roupie s’effondre face au dollar

La devise indienne a franchi jeudi 22 août un nouveau record à la baisse et s’échangeait à 65,04 roupies pour un dollar américain. Sur un marché inquiet de l’état de santé de l’économie indienne et du départ de capitaux vers les États-Unis. La monnaie a faibli dans la matinée à 65,04 roupies pour un dollar américain. Il s’agit de la plus forte baisse des grandes devises asiatiques depuis le début de l’année (près de 20 %).

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement et la Banque centrale ont pris une série de mesures pour soutenir la devise, mais sans effet jusqu’à présent. Jeudi, la Banque de réserve de l’Inde a annoncé qu’elle injecterait 80 milliards de roupies (940 millions d’euros) dans le système bancaire en achetant des obligations d’État à long terme, afin d’assouplir l’offre de crédits.

Cette dernière mesure semble aller à l’encontre des annonces de cet été, qui cherchaient à retirer des liquidités du marché pour freiner le déclin de la roupie. Mais aucune n’a eu les effets escomptés et elles ont en outre tendu les taux d’intérêt sur dix ans à leur plus haut niveau depuis cinq ans.

La glissade de la roupie, comme celle d’autres monnaies émergentes, est due en partie au départ de capitaux étrangers vers les États-Unis, où la croissance se renforce et où les taux devraient remonter à moyen terme, offrant ainsi une rémunération supérieure aux investisseurs.
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