Il était une fois le magasin

Avis de gros temps sur le commerce. Baisse du pouvoir d’achat, consommation des ménages et crédits en berne, difficile de trouver des raisons d’espérer. Première victime de ce climat morose : les commerçants eux-mêmes.

Pour sa première semaine de cotation à la Bourse de Paris, l’action Fnac a déjà perdu près de 20 % de sa valeur. Il y a plus mauvais sort que celui de l’agitateur d’idées. Son redoutable concurrent des années 90, Virgin Megastore, vient de baisser définitivement le rideau faute de repreneurs. Evidemment, cette forme de commerce spécialisé est particulièrement déstabilisée par le digital et les nouveaux modes de consommation qui l’accompagnent. Elle n’est pas la seule. En fait, toute la grande famille du “retail” est concernée.

Internet, le e-commerce et la multiplication des nouveaux canaux font connaître au point de vente une transformation radicale, au même titre que la révolution des années 60 avec l’arrivée des hypermarchés et le triomphe du libre-service dans tous les secteurs. Pour le lieu de vente, quels sont les défis à relever ? Comment remettre le magasin au goût du jour ? Quelles sont les pistes à explorer absolument pour ne pas subir le funeste sort d’un Virgin Megastore ?

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La crise, ce prétexte pour baisser le coût du travail, mais pas celui du capital

Comment augmenter la productivité, la compétitivité de la France ? D’aucuns répondront qu’il faut “baisser les coûts du travail”. Pourtant, l’économiste Michel Santi note que si la réduction du coût du travail a permis à l’Allemagne de baisser ses prix à l’exportation, elle a créé une société de travailleurs précaires. Et observe qu’étonnamment, les revenus nets distribués aux propriétaires de capital, eux, continuent de grimper…

Une vieille histoire…

Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivité a en fait été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté, totalement indifférente, au creusement d’un fossé entre les salaires réels et la productivité.

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États-Unis : Wal-mart, le géant de la distribution

À travers la croissance foudroyante des importations chinoises aux États-Unis, une enquête fouillée sur la première chaîne américaine de grande distribution, qui constitue un cas d’école du capitalisme mondialisé. Avec un chiffre d’affaires de 265 milliards de dollars en 2004, l’entreprise Wal-Mart, fondée dans les années 60, est devenue la première chaîne de grande distribution du monde.

Partant de la triomphale assemblée générale des actionnaires tenue la même année, cette enquête entreprend de disséquer les origines d’un succès en expansion constante, avec une question simple : “Wal-Mart fait-il du bien à l’Amérique ?” Ce faisant, le journaliste Hedrick Smith expose avec autant de rigueur que de simplicité les présupposés et les conséquences du capitalisme mondialisé. Car le géant de la distribution, qui a su anticiper dans les années 90 l’expansion de l’électronique grand public, doit l’essentiel de ses profits à l’ouverture de la Chine aux investissements américains.

Ayant conquis une place de leader sur le marché national par une savante politique de discount – moins avantageuse pour le consommateur qu’il n’y paraît, comme le révèle ici un ancien cadre de l’entreprise -, Wal-Mart a pu imposer à ses quelque six mille fournisseurs des coûts alignés sur la concurrence chinoise, avec des méthodes de négociation ultra-agressives. Progressivement, la majorité d’entre eux a dû choisir entre délocaliser sa production en Chine ou renoncer à ce client vital.

Une évolution significative des relations commerciales sino-américaines dans leur ensemble, avec le déficit abyssal qui les caractérise : désormais, les États-Unis, “comme un pays du tiers-monde”, vendent à la Chine des matières premières et importent ses produits manufacturés avec, à la clé, un déficit de plus de 200 milliards de dollars par an.

(Merci à Blueman et à son remarquable blog)

Luttez contre ces dettes qui menacent l’économie mondiale

Il est toujours intéressant de suivre de près les investissements des gourous de la finance.

La "machine à rêves" - Times Square, New York City

Les dernières décisions du fonds Berkshire Hathaway sont particulièrement révélatrices de ce qu’anticipe Warren Buffett pour les mois à venir :

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Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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Bourse : le taux de distribution des dividendes bat des records

Les entreprises cherchent à préserver au maximum leurs dividendes. Les analystes anticipent une hausse de 15 % des dividendes en masse, qui seront versés l’an prochain, après une légère contraction cette année.

Même si les turbulences des marchés ne semblent plus finir, les analystes restent optimistes sur les entreprises. Ils prévoient de belles croissances des bénéfices et des dividendes.

Le consensus anticipe une très légère baisse des dividendes versés cette année (au titre de l’exercice 2009) des entreprises européennes du Stoxx 600 (- 4,4 %, à 233 milliards d’euros), malgré un recul plus prononcé des profits (- 21,4 %), d’après les données de FactSet retraitées par PrimeView.

Surtout, ils tablent sur de nettes hausses pour le futur : les dividendes versés l’an prochain (sur l’exercice 2010) devraient augmenter de 15,3 %, puis de 11,9 % en 2012. En 2012, les dividendes auront ainsi presque retrouvé leur sommet de 2007.

Le constat est similaire pour la France, où la saison des assemblées générales et des versements bat son plein. D’après les calculs réalisés en début d’année par Ricol Lasteyrie, sur la base des publications de résultats annuels, les entreprises du CAC 40 devraient verser autour de 35,5 milliards d’euros à leurs actionnaires, un montant globalement stable par rapport à l’année précédente. Les analystes anticipent ensuite des hausses respectives de 9 % et 12 % pour les exercices 2010 et 2011.

Ces chiffres reflètent la volonté des sociétés de préserver leurs actionnaires, en phase de crise, et d’augmenter leurs coupons dès la reprise.

Sur longue période, la volatilité des dividendes est inférieure à celle des résultats. Exemple emblématique : BP, pourtant soumis à la pression de politiques pour réduire ses dividendes, a indiqué hier qu’il paierait le dividende intérimaire prévu en juin. « Le versement continue de jouer un rôle de signal lancé au marché », rappelle Dionisio Luiz, analyste chez Markit Dividend.

Ainsi, le taux de distribution (calculé par rapport aux résultats) des entreprises de l’Euro Stoxx 50 atteint cette année 53 %, au plus haut depuis cinq ans au moins, contre une moyenne de 42 %, selon les calculs de Markit. En France, il devrait frôler les 60 %, là aussi, un record.

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CAC 40 : les actionnaires d’abord

Malgré la crise, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits élevés en 2009. Et elles distribuent beaucoup de dividendes.

Alors que la hausse du chômage se poursuit, les entreprises du CAC 40 ont publié, ces dernières semaines, des résultats relativement bons pour l’année 2009. Elles ont, en effet, engrangé quelque 47 milliards d’euros de profits cumulés, en recul tout de même de 20% par rapport à 2008. Quant à leur chiffre d’affaires, il a baissé de 10% en moyenne.

Comment expliquer cette relative résistance ? En grande partie, par la nature de l’activité des champions français. Parmi les entreprises les plus profitables en 2009, on trouve en effet, en premier lieu, les banques, à l’exception notable de la Société Générale, qui n’en finit pas de payer le prix de la priorité qu’elle a accordée aux activités de marché, et des actifs toxiques, qu’elle avait inconsidérément accumulés jusqu’à la crise financière.

Les banques commerciales récoltent le fruit de l’aide des Etats et des banques centrales. Ces dernières ont en effet abaissé les taux d’intérêt à court terme quasiment à zéro, pour inciter les banques commerciales à prêter aux particuliers et aux entreprises à des taux attractifs. Ce qu’elles n’ont fait que de façon très limitée. Elles ont, en revanche, profité de cette aubaine pour gonfler leurs marges.

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L’immense gaspillage de la nourriture

Au moment où l’on parle d’augmenter les productions agricoles de tous les pays, certains spécialistes ont rappelé que chaque année, 40% de l’alimentation disponible aux États-Unis sont jetés (cf. la revue PLoS One de la Public Library of Science), ce qui entraîne la dilapidation d’un quart de l’eau douce consommée pour ces productions…. et, si besoin était, confirment d’autres études plus anciennes concernant les pays développés : partout, on retrouve ces mêmes 30 ou 40% gaspillés.

La nouveauté est que le phénomène touche à présent les pays en voie de développement, où les pertes varient entre 10 et 60% des récoltes. Dans les pays riches, le gros des pertes se place « en bout de chaîne », car la distribution rejette, pour des raisons esthétiques (couleur, calibrages des fruits et des légumes par exemple) et fixe des dates de péremption de « large » sécurité.

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Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ?

Ouvrage collectif soutenu entre autres par le réseau ATTAC : « Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ? ».

Bonne question.

L’Union Européenne est un pôle important lors de toutes les négociations internationales sur les questions agricoles et alimentaires. En 2013, le gel de la Politique Agricole Commune arrive à terme. La réforme de la PAC sera donc, à nouveau, à l’ordre du jour. Qu’attendre de Bruxelles dans ce cadre ?

Précision d’entrée de jeu : nous avons bien dit « attendre de Bruxelles », et non de Strasbourg, car, en ce qui concerne la PAC (40 % du budget de l’UE), le Parlement (élu démocratiquement) n’a sur l’essentiel qu’un pouvoir consultatif, tandis que la Commission (non élue) est seule habilitée à proposer des directives au Conseil des Ministres de l’Agriculture (c’est ce qu’on appelle la « démocratie européenne »). C’est à peu près la relation entre le Bureau Politique du Parti Communiste et le Soviet Suprême dans la défunte URSS, soit dit en passant.

Pour la bonne bouche, signalons encore que l’objectivité de la Commission ne paraît pas tout à fait indiscutable (on va dire ça comme ça). Exemple : la Commission s’est récemment félicitée publiquement des « bonnes relations » qu’elle entretient avec la Confédération des Industries Alimentaires et des Boissons (CIAA), soulignant le « traitement 5 étoiles » (sic) accordé à ce lobby. Pas triste.

Bref, donc : qu’attendre de Bruxelles ?

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Des dizaines de milliers d’euros distribués à Paris

Le 14 novembre, des hôtesses distribueront du cash aux passants dans les rues de la capitale, sans aucune contrepartie. Objectif : une publicité monstre pour un site Internet de commerce en ligne.

De vrais billets en euros comme s’il en tombait du ciel. Scène surréaliste ? Pas tout à fait. Samedi 14 novembre, entre 14 et 17 heures dans trois «lieux représentatifs de la capitale», les Parisiens et touristes de passage dans la capitale risquent de croiser de charmantes hôtesses qui joueront les «mères-Noël» à bord d’un bus. Des billets de 10, 20, 100 et même 500 euros seront distribués aux passants ! Au moins 5.000 «petites bourses rouges contenant un tract publicitaire mais aussi et surtout du liquide», du jamais vu dans l’Hexagone. Les trois arrêts de bus ne seront dévoilés que deux jours avant l’opération. Ce coup de communication devrait soulever une puissante polémique.
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“Le plan Sarkozy pour l’agriculture ? De simples mesures pansement”

Le président de la République a annoncé un plan d’aide de 1,65 milliard d’euros en faveur des agriculteurs.

Réactions et analyses de Jean-Christophe Bureau, professeur d’économie à AgroParisTech, chercheur associé au CEPII, et de Nicolas-Jean Brehon, économiste à la fondation européenne Robert Schumann.

Les difficultés actuelles que connaissent les agriculteurs sont-elles conjoncturelles, comme l’affirme Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire liées à la crise ?

Jean-Christophe Bureau. Oui, indiscutablement, les difficultés actuelles du secteur sont liées à la crise qui a fait chuter les prix des matières premières, de même que la demande mondiale de produits agricoles. La baisse généralisée du prix des produits agricoles est également liée à la faiblesse du dollar.

Nicolas-Jean Brehon. Effectivement, cette baisse accentue leurs difficultés. En réalité, le fond du problème du secteur vient de la volonté européenne et mondiale de dérégulation de ce secteur.

Que pensez-vous des mesures d’aides annoncées par Nicolas Sarkozy ? Lire la suite

Quand la Presse néolibérale critique le Marché

Alors que la Commission Européenne continue de préconiser une libéralisation des marchés de l’énergie en Europe, Laurent Pinsolle, blogueur dont nous avons déjà parlé, nous apprend que le magazine The Economist, la bible néolibérale, questionne durement l’efficacité du marché et de la concurrence dans ce domaine.

L’analyse de l’hebdomadaire anglais repose sur l’étude du marché britannique de l’énergie.

En effet, ce marché a été libéralisé au milieu des années 90, par le dernier gouvernement conservateur.

Les investissements dans les centrales produisant de l’énergie sont réalisés par des acteurs privés et une demi-douzaine d’entreprises se partagent le marché de la distribution de l’énergie aux ménages.

Il n’y a pas de contrôle des prix et l’intervention de l’Etat se limite à quelques centrales nucléaires.

Mais dans un papier intitulé « La remise en cause de la main invisible », The Economist critique radicalement la libéralisation. L’hebdomadaire liste trois arguments qui la remettent en cause. Lire la suite

(14.10.2009)

► Baisse historique du coût de la construction -4.1%

L’indice du coût de la construction (ICC) s’établit à 1 498 au deuxième trimestre 2009 après 1 503 au trimestre précédent. Surtout, après le pic de sa valeur à 1594 au troisième trimestre 2008, l’indice poursuit sa descente. En glissement annuel le recul de l’indice au deuxième trimestre 2009 atteint une baisse historique de 4,10 %. Le Moniteur

► Reims : Ventes immobilières en baisse de 30%

Reims vient de connaître une année noire avec une chute vertigineuse des transactions.
La ville, qui se situait à la 4e place des villes les plus chères de France en 1998, est descendue au 14e rang. En un an, le nombre de transactions s’est écroulé de 30 %. Dans le même temps, les prix subissaient une correction comprise entre – 6 et – 10 % suivant les quartiers. L’Union Presse

► Carrefour ne voit pas de signe de reprise économique

Le directeur général de Carrefour, numéro deux mondial de la distribution, ne voit aucun signe réel d’amélioration de la conjoncture économique mondiale. “Je ne vois aucun signe tangible de changement dans l’immédiat. La seule partie du monde où l’on danse encore la samba, c’est en Amérique latine“, a déclaré Lars Olofsson dans une interview publiée lundi dans le Wall Street Journal. Capital