La tomate cœur de bœuf, une supercherie qu’il faut dénoncer

Ce n’est pas, fort heureusement, un nouveau scandale sanitaire. Mais, presque aussi grave, une gigantesque supercherie qui risque de longtemps prolonger la défiance des consommateurs envers ce qu’on leur donne à manger.

Cela fait une quinzaine d’années maintenant que la tomate, deuxième produit le plus consommé du rayon primeurs, derrière la pomme de terre, est devenue l’enjeu d’une bataille commerciale acharnée. Jamais on n’a vu sur le marché des fruits et légumes un produit aussi “marketé”.

Il faut bien dire qu’il y avait là, tous les ingrédients pour retourner le marché: une forte demande des consommateurs et donc des enjeux financiers considérables, une non moins forte insatisfaction de ces consommateurs qui regrettent tous le goût des tomates d’antan, la pression de la grande distribution qui réalise entre 6 et 10% de ses ventes de primeurs avec la tomate et enfin, l’absence jusque-là de stratégie marketing élaborée. Il se consomme aujourd’hui plus de 14 kg de tomates par an et par habitant en France. Ce marché pèse 1,3 milliard d’euros.

Dans les années 2000, la grande distribution a senti que ses clients étaient en train de se lasser des tomates en vrac, sans odeur, sans saveur, cultivées hors sol, qui étaient alors sur le marché. Il faut bien reconnaître que le comportement des consommateurs est paradoxal.

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Hausse du prix de l’essence : Total, profiteur ou bouc émissaire ?

Un article publié sur le site du Monde dénonce la caricature qui est faite des profits obtenus par l’entreprise de Christophe de Margerie. Et si la caricature avait du vrai ?

Dans un article publié dans le monde, Stéphane Lauer prend la défense de Total en avançant qu’il est « tentant de hurler avec les loups », et en montrant que « Total ne gagne pas sa vie sur le dos des Français ». L’opération de communication du PDG de Total, Christophe de Margerie, semble déjà fonctionner. Mais, pour que le débat soit plus juste, je me permets d’apporter quelques précisions à l’article de M. Lauer.

M. Lauer, dans votre article, vous dites : « Total ne gagne pas sa vie sur le dos des Français, mais essentiellement grâce à son métier d’exploration-production. » et vous ajoutez la décomposition du prix moyen payé en station et concluez : « A l’arrivée, la marge moyenne pour le distributeur se limite à… 1 centime ». Vous avez raison sur un point, la plus grosse partie des profits de Total provient de l’amont, c’est-à-dire de l’exploration et de la production. En 2011, sur les 12 milliards de bénéfice, 10 milliards proviennent de l’amont contre 2 milliards pour l’aval (raffinage, distribution et trading).

Mais cela ne remet pas en cause le fait que « Total gagne de l’argent sur le dos des Français ». Cette année, trois rapports ont accusé les pétroliers de ne pas répercuter équitablement à la pompe les variations des prix du pétrole, montrant que lorsque le prix du pétrole baissait les pétroliers faisaient des marges supplémentaires. La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), qui a fait une étude sur 13 jours en mai 2011, a montré que la baisse du prix du pétrole avait engendré une hausse des marges de 2,6 ct/litre pour le gazole et 3,9 ct/litre pour l’essence, soit une marge supplémentaire pour les pétroliers de 4,1 millions d’euros par jour. Ce qui revient sur la période d’étude qui n’a duré que 13 jours à une marge de 53 millions d’euros !

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Tickets-restaurants : les supermarchés sous pression

Les supermarchés tolèrent de plus en plus les tickets-restaurants comme moyen de paiement. Cette pratique, dénoncée par les restaurateurs, sera plus sévèrement encadrée, à partir du 1er mars 2010.

Les Français ne pourront bientôt plus payer leur plein de la semaine avec des tickets-restaurants. Toutes les grandes et moyennes surfaces se sont engagées à respecter la réglementation à partir du 1er mars 2010, après avoir signé une charte, le 12 février 2009. Le délai qui était accordé à la grande distribution pour se mettre en règle touche donc à sa fin, explique Jean-Michel Reynaud, président de la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR).

La montée en puissance de cette pratique, accélérée par la crise, irritait les restaurateurs, qui dénonçaient une concurrence déloyale. D’autant plus que chaque magasin appliquait ses propres règles, acceptant bien souvent un nombre illimité de tickets-restaurants et ce, sans restriction de contenu du chariot.

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