Défense : Un manque de 1,5 milliards d’euros de recettes exceptionnelles en 2015

Les commissions chargées de la Défense de l’Assemblée nationale et du Sénat ont alerté aujourd’hui « sur le manque de 1,5 milliard d’euros » de recettes exceptionnelles en 2015 pour abonder la Loi de programmation militaire (LPM 2014-2019).

Des membres de ces commissions se sont rendus le 17 juin à Bercy et le 3 juillet dans des locaux de la Direction générale de l’armement (DGA) pour effectuer des contrôles « sur pièces et sur place », comme la loi les y autorise.

Les recettes exceptionnelles (REX) représentent « 6,1 milliards d’euros sur la période 2014-2019, dont 1,77 milliard d’euros en 2014 et, à nouveau en 2015, et 1,25 milliard en 2016″, souligne les commissions de la Défense de l’Assemblée et du Sénat dans un communiqué commun. La majeure partie de ces REX doit provenir « de la mise aux enchères de la bande de fréquences hertziennes des 700 MHz, qui sera affectée à la téléphonie mobile », rappellent-elles.

« Or les documents administratifs et financiers recueillis par les députés et sénateurs à l’occasion de leurs contrôles font apparaître que les recettes de cession des fréquences de la bande des 700 MHz ne seront pas disponibles avant, au mieux, la fin 2015″, poursuivent les parlementaires. « Ce décalage de calendrier crée un manque de 1,5 milliard d’euros pour financer l’exécution de la LPM en 2015, en particulier le programme d’équipement des forces armées », notent-ils.

Les commissions entendent donc « exercer toute leur vigilance sur les solutions que devra trouver le gouvernement, sur la base du rapport que lui remettra avant le 15 juillet une mission conduite par l’inspection générale des finances, en vue de respecter la trajectoire financière de la LPM ».

Theatrum-Belli

Biologie de synthèse : Les multinationales veulent industrialiser la vie

Par Agnes Rousseaux

Thérapies plus efficaces, bactéries anti-pollution, carburants synthétiques… La biologie de synthèse nous réserverait un futur plein de promesses. Et attire les investissements des plus grands groupes mondiaux de biotechnologies, de l’énergie ou de l’agroalimentaire. Mais fabriquer artificiellement la vie, à partir d’ADN construit en laboratoire et d’usines à gènes brevetés, suscite de nombreuses interrogations.

Alors que les premiers organismes intégralement conçus par ordinateur commencent à prendre vie, des ingénieurs rêvent déjà de planifier l’évolution et de corriger les « imperfections » de la nature. Enquête.

« Fabriquer la vie ». Ainsi pourrait se résumer l’ambition de la biologie de synthèse. Cette branche des biotechnologies veut créer de toutes pièces des organismes vivants, inconnus à l’état naturel. Et aller plus loin encore que les OGM, qui modifient le code génétique d’un organisme pour lui donner une nouvelle fonctionnalité – croître plus vite ou résister à un pesticide.

Avec la biologie de synthèse, nous entrons dans une autre dimension: on quitte le bricolage des gènes, pour aller vers une fabrication à grande échelle d’organismes artificiels, après modélisation et simulation informatique.

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Le mirage du flair électronique

C’est un peu la version post-moderne des « avions renifleurs », une belle arnaque qui a ridiculisé Elf dans les années 70. Cachées derrière le vocale « intelligent — smart —, les vulgaires caméras qui scannent l’espace public deviennent des machines à flairer les intentions coupables, douées d’une capacité infaillible pour détecter des situations dangereuses ou autres « comportements suspects ».

La stratégie on la connait, héritée de l’antiterrorisme, se placer dans une posture « proactive », voire « prédictive ». Mais derrière la posture, c’est l’ère du vide.

Le maire de Nice, Super Estrosi, en a fait des tonnes, comme l’a rappelé Le Canard cet été (13/08), en présentant à la presse ébahi son nouveau central de surveillance vidéo en 2010. La propagande municipale niçoise vante les capacités d’un mystérieux logiciel la capacité de « détecter automatiquement et en temps réel, à partir des flux vidéo issus des caméras de vidéoprotection, tout comportement “anormal” qui aura été défini et programmé au préalable ». Impossible ensuite de vérifier la pertinence des alertes — « environ une vingtaine d’alertes par jour pour des intrusions, maraudages ou attroupements » —, face à la réalité du terrain. La mairie ne fournit que le nombre d’interpellations qu’auraient permises les caméras (soit un peu plus de 1 300 depuis ses débuts en 2010, dont 610 en 2012). Sans préciser en quoi un « attroupement » peut être désigné comme « suspect » a priori.

Dans le même papier, on apprend au passage qu’un produit dérivé est utilisé à Paris, mais pas dans les rues criminogènes de la capitale. Dans les piscines! Ben oui, c’est bien connu, les bassins de baignade sont un repaire de malfaisants. Des caméras au plafond, mais aussi sous l’eau, scannent les formes humaines pour tenter de repérer des noyades… Ce merveilleux engin, le système Poséidon, — « le 3ème œil du maitre-nageur » (sic) — a déjà coûté plus d’un million d’euros aux finances parisiennes.

Les appels d’offres se sont noyées dans la paperasse quotidienne, si bien que les élus n’ont jamais réellement pu débattre de l’opportunité de décharger les maitres-nageurs de la « prévention des noyades » grâce à une machine bien improbable. Le premier marché remporté par la cette société de savants fous, à l’époque Vision-IQ, date de la frénésie sécuritaire de 2001 (en décembre). En 2013, après zéro preuves, il parait que la mairie veut arrêter les frais. 9 piscines sont équipées.

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Les grands chefs militaires et civils touchent plus de 4000 euros nets de primes par mois

Le ministère de la Défense vient de répondre à une question écrite de la député Marylise Lebranchu (PS, Finistère) sur les primes allouées aux personnels civils et militaires et notamment sur “le montant de chaque prime individuelle allouée aux grands subordonnés (CEMA, DGA, SGA), aux chefs d’état-major et directeurs centraux,” soit une quarantaine de personnes. On peut lire la question et sa réponse, parues au Journal officiel ici.

La réponse n’est pas simple à décrypter mais il apparaît qu’en moyenne la quarantaine (41 pour trois primes, 38 pour une autre) des plus grands responsables militaires et civils de la défense perçoivent chaque mois plus de 5000 euros bruts (5592 exactement, soit environ 4200 nets) de primes sous diverses formes : primes de rendement, indemnités forfaitaires pour travaux supplémentaires, indemnités de fonctions et de résultats et indemnité de performance.

Pour une quarantaine de personnes, les sommes globales ont représenté 2,7 millions d’euros en 2008.

Dans la haute fonction publique, civile ou militaire, les diverses primes représentent parfois près de la moitié du traitement perçu.

Le rapport du Haut comité d’évaluation de la condition militaire confirme ces chiffres sur ce sujet et permet des comparaisons utiles (Rapport 2009, annexe 9, paragraphe 4.2): L’ensemble des “primes et indemnités brutes annuelles moyennes” s’élevaient, en 2007, à 67.344 pour les directeurs d’administration centrales, soit environ 4500 euros nets par mois. L’ensemble des généraux (pas seulement les chefs d’état-major, donc) perçoivent, en moyenne, 34845 euros bruts par an, soit 2320 euros nets par mois. Le montant des primes des généraux est inférieur à celui des chefs de service et sous-directeurs de la haute administration.

Secret Defense

(Merci à Richelsdorfite)

L’industrie de l’armement ne connaît pas la crise : l’exemple lyonnais

Testeur du canon de l’hélicoptère Tigre, système de navigation pour les blindés de la Bundeswehr, logiciel de détection des tirs d’armes légères, de mortiers et de roquettes pour l’armée américaine, indonésienne ou australienne, armement des sous-marins français Barracuda ou du missile balistique à têtes nucléaires M51…

Point commun de ces équipements ? Ils sont tous fabriqués à Lyon et dans sa région.

Des entreprises lyonnaises transforment le plomb en or

Le constat peut surprendre, la filière de l’armement évoquant plus Provence-Alpes-Côte-d’Azur (aéronautique, spatial), la Bretagne (chantiers navals), Midi-Pyrénées (Aerospace Valley) ou encore l’Aquitaine (aérospatial).

En réalité, selon une récente enquête, effectuée par la DGA (Délégation Générale pour l’Armement) et la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon, il y a en Rhône-Alpes plus de deux cents entreprises de défense qui participent à quelques cent vingt programmes de défense français, européens et internationaux. Sur ce secteur porteur, Rhône-Alpes se hisse même au deuxième rang national.

De petites entreprises qui ne connaissent pas la crise

“La défense est un secteur qui ne connaît pas la crise”, s’enthousiasme Guy Mathiolon, le président de la CCI de Lyon. “Les carnets de commande sont remplis, le chiffre d’affaires des entreprises locales augmente de manière quasi exponentielle… C’est simple, si l’on veut faire de l’argent, il faut être fort sur l’armement et la défense”.

Certainement l’un des meilleurs exemples : CentralpAutomatismes, une entreprise vénissianne leader européen dans les calculateurs embarqués dans les chars ou les porte-avions. 21,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007 et elle table sur 23 millions cette année. Lire la suite