3.200 milliards d’euros : La dette française cachée dont on ne parle pas

Si la dette publique française fait l’objet de nombreuses polémiques, peu évoquent la dette hors bilan de l’état. L’économiste Jean-Yves Archer dénonce notamment les 50 milliards d’euros du poste Logement. Le citoyen en qualité d’électeur tout autant que de contribuable sait largement qu’il existe une dette, générée par les gouvernements de gauche et de droite, qui dépasse les 2035 milliards et frôle par conséquent les 100% de notre PIB.

Mais, il y a une dette immergée qui s’invite à bien des évènements de la vie de la sphère publique. Lorsque l’État apporte une garantie aux prêts bancaires de l’UNEDIC (dont la dette atteint 20 mds), cela ne se retrouve pas dans son bilan. Quand l’État soutient à bout de bras la situation de la banque DEXIA, cela n’est pas inscrit au bilan mais dans les cautions accordées. Lorsque l’État employeur prévoit la future retraite de ses agents, le montant des provisions pour pensions est inscrit ailleurs qu’au budget annuel approuvé par le Parlement.

Autrement dit, ces trois exemples illustrent l’importance de ce que l’on nomme «les engagements hors-bilan» de la France dont le montant total est égal à près de 3.200 milliards d’euros.

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Santé : ces coupes dans les budgets des hôpitaux qui vont faire mal

Marisol Touraine a présenté, à huis clos, les 3 milliards d’économies prévues. Quelque 860 millions proviennent de la “maîtrise de la masse salariale”, soit l’équivalent de 22.000 postes.

En pleine épidémie de grippe, cela ferait désordre. En visite aux urgences de l’hôpital La Pitié Salpêtrière à Paris vendredi 27 février, Manuel Valls et Marisol Touraine se sont auto-congratulés d’avoir réagi “avec détermination” et “au bon moment” face au pic de la maladie.

En revanche, le Premier ministre et la ministre de la Santé n’ont pas dit mot sur les économies prévues dans les budgets des hôpitaux d’ici à 2017. Depuis quelques semaines, le gouvernement dispose pourtant du plan détaillé des 10 milliards d’économies sur les dépenses de santé annoncé il y a presqu’un an.

Facture détaillée
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L’envolée du franc suisse menace de nombreuses communes françaises

L’État a créé un fonds pour venir en aide à ces collectivités locales en difficultés. Mais depuis l’envolée du franc suisse, il est nettement insuffisant. Les maires disent avoir été abusés par leurs banquiers. Certains se sont regroupés en association pour les attaquer en justice.

Emprunts toxiques : l’étau se resserre autour des collectivités locales

Les collectivités locales qui ont souscrit par le passé des emprunts toxiques ont jusqu’à mars 2015 pour signer un protocole d’accès à un fonds de soutien créé par la loi. Mais pour bénéficier de ce fonds, elles devront arrêter de poursuivre les banques en justice. Un choix cornélien.

Plus le temps passe, et plus l’avenir pour les collectivités locales victimes des crédits toxiques semble s’assombrir. Un fonds de soutien a bien été créé pour sortir ces collectivités de la spirale négative – il doit être doté de 100 millions d’euros par an sur quinze ans, soit 1,5 milliard d’euros en tout -, mais il semble bien insuffisant au regard des indemnités de remboursement anticipé qui seraient dues par ces collectivités parfois en grandes difficultés financières. Celles-ci s’élèveraient à 6 milliards d’euros si l’on en croit les discussions des acteurs concernés en coulisse. Ainsi, le fonds ne prendrait globalement en charge que 25% du coût de sortie des emprunts toxiques.

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Emprunts toxiques : Un sale été pour les communes touchées

Les banques peuvent souffler : le Conseil constitutionnel, qui avait été saisi par le groupe UMP de l’Assemblée nationale, a, la semaine dernière, jugé conforme la loi sur les emprunts dits « toxiques » contractés par des collectivités locales. La validation rétroactive de ces emprunts à risque est définitivement actée, et les intérêts de l’État sont donc saufs.

En résumé, le gouvernement a préservé ses intérêts, en refusant aux communes la possibilité de se retourner contre les banques qui leur avaient conseillé de souscrire ces prêts à risque. Et les communes, telles des spéculateurs piégés par des produits financiers indomptables, restent de ce fait très endettées.

Cette confirmation de la sécurisation des emprunts atterre les collectivités « victimes » : le texte validé par les « sages » vise à mettre ces emprunts pourris à l’abri d’une annulation par le juge civil qui pourrait, comme cela a déjà été le cas à Nanterre et Paris, les remplacer par des emprunts au taux d’intérêt légal, quasi nul. 

Ce qui n’arrangerait ni les banques, ni Bercy, qui a assumé avec la Belgique le sauvetage de Dexia et transféré dans la SFIL (société de financement local) le stock de prêts sensibles.

Des taux à 15 %

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Le T.E.G. : Une vraie faille dans le système bancaire

« Il y a une faille en toute chose, c’est ainsi que pénètre la lumière.* » Ces paroles de Leonard Cohen dans Anthem nous rappellent, si besoin était, que rien n’est inéluctable. Rien n’est éternel. Et un système, aussi oppressant soit il, dévoilera ses failles au cours du temps, laissant ainsi passer un rai de lumière propre à éclairer une humanité qui provoquera la déchéance dudit système. Parfois même, la faille est si grande que l’on n’ose y croire.

Toujours tenus par la croyance forte que les puissants sont plus intelligents que la masse, fatalistes et pauvres pékins moyens que nous sommes, nous nous réfugions toujours dans la certitude de notre incapacité à défaire ce qui nous semble indéfaisable, omnipotent, presque divin. Si bien que plus la faille est béante, moins nous nous y engageons.

Pourquoi ? Parce que nous fonctionnons bien souvent selon l’adage cher à Philippe Vandel : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

Pourtant, force est de constater que ce « système » sous le joug duquel nous errons, tels des marionnettes « enguignolées » donnant du bâton de temps en temps sur des sujets pare-feu afin de satisfaire notre égo pseudo-civique ou de nous déculpabiliser vis à vis de nos enfants (« Moi, mon fils, j’ai manifesté. La société dans laquelle tu vis, ce n’est pas de ma faute… »), ce « système » donc, cherche constamment à reboucher les failles s’ouvrant béantes à nos yeux incrédules.

Et, plus il atteint son paroxysme, plus sa fin est proche.
En résumé : tout a un début, et tout a une fin… Même l’oligarchie financière.

Le T.E.G., ou la possibilité d’un effondrement.

Et, ma foi, s’il nous échoit de pouvoir précipiter sa perte, ne nous en privons surtout pas. Même s’il n’y a rien derrière, car rien ne peut pas être pire que ça.

Depuis quelques jours, nous voyons poindre sur les réseaux le début d’une information pas encore bien étayée, concernant des erreurs de TEG. Le TEG, kézaco ?

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Délits et crimes financiers : pourquoi les banquiers ne vont jamais en prison

De nombreux délits ont été commis ces dernières années par des banques et leurs dirigeants – escroquerie, blanchiment d’argent, organisation de la fraude fiscale, délits d’initiés ou manipulations, notamment. Pourtant aucune banque n’a perdu sa licence ou n’a été démantelée par décision de justice. A quelques rares exceptions, aucun banquier n’a été condamné à une peine de prison. Les banques seraient-elles au-dessus des lois ? Les banques seraient désormais « trop grandes pour être condamnées » : les inculper auraient des répercussions trop importantes pour l’économie. Explications.

On connaît la maxime : « Trop grandes pour faire faillite » (“Too Big To Fail”). La manière dont les gouvernants ont géré la crise provoquée par les banques débouche sur une nouvelle doctrine, qui peut être résumée par : « Trop grandes pour être condamnées ». Ou « Trop grandes pour être emprisonnées », si on traduit littéralement le nouvel adage qui fait florès aux États-Unis et au Royaume-Uni, « Too Big to Jail » [1].

En effet, alors que le gouvernement des États-Unis a laissé la banque Lehman Brothers faire faillite en septembre 2008, aucune banque n’a été fermée, ne s’est vu retirer la licence bancaire, n’a été démantelée par décision de justice. Aucun dirigeant de banque n’a été condamné à une peine de prison.

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Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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Les banques européennes rattrapées par la faillite de Détroit

Les établissements du Vieux ­Continent ont acquis 1 milliard ­de dollars de dette de Détroit. Ils relativisent l’impact ­sur leurs comptes du défaut de la ville.

Bagley-Clifford Office of the National Bank of Detroit

Un problème chasse l’autre chez UBS. Le jour même de l’annonce d’un « accord de principe » avec l’Agence fédérale américaine de financement immobilier (FHFA) pour le règlement du litige concernant les actifs douteux vendus aux organismes de crédit hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, la banque suisse se retrouvait embourbée hier dans la faillite de Détroit. Selon le « Wall Street Journal », UBS s’est chargé en 2005 de vendre pour la ville déjà très endettée plus de 1,4 milliard de dollars d’obligations municipales afin de lui permettre de financer son fonds de pension. Plusieurs autres banques européennes, notamment les plus fragilisées déjà, auraient souscrit l’équivalent de 1 milliard de ­dollars de ces « certificats de participation » susceptibles de perdre toute valeur.

Une souscription qui ­promettait d’être lucrative

En Allemagne, la « bad bank » de Hypo Real Estate, répondant du nom de FMS Wertmanagement, est ainsi la plus exposée. Celle-ci reste en effet assise sur une obligation de 200 millions de dollars émise par la ville américaine. Mais les titres ont déjà été dépréciés dans les comptes, a tempéré un porte-parole. Il s’agit en outre d’une infime portion d’un total de 176 milliards d’euros d’actifs toxiques hérités en 2010, dont la banque bavaroise se débarrasse au fil de l’eau.
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Dexia a coûté 6,6 milliards à la France

La Cour des comptes évalue à 6,6 milliards d’euros le coût provisoire pour la France de l’effondrement de Dexia.

L’histoire de Dexia est ponctuée de chiffres astronomiques et celui-ci ne l’est pas moins. Dans un rapport, la Cour des comptes estime à 6,6 milliards d’euros le coût pour la France et, par ricochet, le contribuable. Ce fardeau se répartit entre l’État, à hauteur de 2,72 milliards d’euros, et la Caisse des Dépôts pour les 3,9 milliards restants. Selon les sages de la rue Cambon, le coût est « au moins équivalent  » pour la Belgique, qui ne faisait toutefois pas partie de leur champ d’investigation pour comprendre les raisons de l’échec du sauvetage de la banque franco-belge. Ce qui en fait un sinistre à plus de 13 milliards d’euros.

La mauvaise nouvelle selon les sages de la rue Cambon, c’est que la facture pourrait s’alourdir. « Les risques perdureront jusqu’au débouclage du dernier emprunt, dans quarante ans  », soulignent-ils. La Cour des comptes dit ainsi tout haut ce que beaucoup reconnaissent tout bas : le plan de résolution de Dexia a beau avoir été jugé robuste par ses promoteurs, « les hypothèses sur lesquelles il repose n’en sont pas moins fragiles. Si le scénario macroéconomique et financier prévu, qui suppose une sortie de crise rapide, ne se réalise pas, il n’est pas exclu qu’une recapitalisation doive à nouveau intervenir, ce qui entraînerait un nouveau coût pour les finances publiques », ­conclut la Cour des comptes.

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Olivier Delamarche : « Une bulle ne se dégonfle pas, elle explose »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 18 juin 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer.

« Ce n’est pas en déplaçant la dette qu’on la fait disparaître, il faut arrêter ce jeu de bonneteau perpétuel. Tout le monde avait décidé que sortir la Grèce de l’euro allait coûter des centaines de milliards; en attendant je constate que [son maintien] coûte aujourd’hui 400 milliards et qu’on n’a rien réglé. On s’enfonce dans quelque chose qu’on ne maîtrise absolument plus. »

Europe : Une bombe de 1.000 milliards d’euros pour les contribuables

Six ans après la crise, plus de 1.000 milliards d’euros d’actifs douteux ou illiquides restent stockés dans les « bad banks »

Éclipsée par la crise des dettes souveraines et par la récession des économies réelles, la crise des « subprimes » n’est pas une affaire classée. Détonateur de la bombe financière européenne, elle laisse une facture que les banques et les États européens ne sont pas près de régler.

Pour se sauver, de grands établissements de crédit, paralysés par les créances douteuses et les actifs illiquides accumulés au fil des ans depuis 2007, ont constitué des « bad banks ». Bilan, six ans après le début de la crise financière : plus de 1.000 milliards d’euros d’actifs restent encore stockés dans ces structures de défaisance en Europe.

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Hôpitaux : L’Inspection générale des finances s’alarme du niveau d’endettement (Màj audio)

La Fédération hospitalière de France est vent debout contre ce rapport.

Et Frédéric Vallétoux [président de la Fédération hospitalière de France (FHF) - NDLR] de dénoncer

“un rapport totalement techno, assez déconnecté de la réalité [...] Les mêmes qui ont demandé il y a quelques années aux hôpitaux d’investir, regardent cela d’un œil critique, en essayant de faire croire que les hôpitaux sont mal gérés”…

Sur un budget total annuel de quelque 70 milliards d’euros, le déficit des hôpitaux ne dépasserait pas les 200 millions, selon les chiffres de la FHF. Aussi, limiter l’accès aux prêts bancaires reviendrait

“à faire revenir la gestion hospitalière à la Roumanie des années 1970 [...]

La conséquence de tout cela serait de fragiliser l’offre de soin aux Français”, prévient Frédéric Vallétoux.

Il y a urgence pour l’hôpital ! C’est en effet le constat alarmant que vient de dresser l’Inspection générale des Finances, laquelle exhorte les établissements de santé à limiter leurs emprunts bancaires de court terme.

L’Hôtel-Dieu de Paris

Il est vrai que la situation est pour le moins préoccupante : la dette des hôpitaux a en effet a triplé en moins de dix ans,  leurs investissements  plombant un peu plus leurs comptes chaque jour.

Le journal « Les Echos » révèle ainsi que l’Inspection générale des finances vient d’indiquer  dans un rapport que l’encours des prêts de moyen et long terme est passé de 9 milliards d’euros en 2003 à plus de 24 milliards en 2011.

Selon l’IGF,  le secteur hospitalier a  été d’autant plus frappé par la crise financière de 2008, compte-tenu de son fort niveau d’endettement. Citant pour exemple le CHU de Caen, lequel a été contraint de retarder des paiements courants, en l’absence  de trésorerie.

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Réforme bancaire: des lobbys très investis

Les banquiers français ont fait feu de tout bois pour empêcher une mise en cause de leur modèle économique. Les dispositions arrêtées par le gouvernement devraient leur donner satisfaction. C’est une régulation a minima des activités spéculatives qui se profile.

Il est 15 h 43, au Bourget, en ce dimanche 22 janvier 2012. Devant un parterre conquis, François Hollande attaque le passage clef de son discours : “Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage[...], il ne sera pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance.” Cet adversaire “a pris le contrôle de nos vies“, “emprise devenue un empire“, qu’il faut remettre au service de l’économie réelle. Un tournant, dans une bataille électorale qui mènera finalement le candidat socialiste à la victoire. 7 h 48, le lendemain : le téléphone de Karine Berger, économiste proche du candidat, identifiée comme partisane d’une ligne dure concernant la finance, se met à sonner. Au bout du fil, un représentant de la Fédération bancaire française (FBF), qui désire la rencontrer. La future députée des Hautes-Alpes est loin d’être la seule personne contactée dans l’entourage du candidat.

Ce n’est que le début de presque un an de lobbying intense auprès de la gauche, puis du pouvoir, pour édulcorer la proposition socialiste de séparer, au sein des banques françaises, les activités spéculatives des activités “utiles à l’économie. Une contre-offensive couronnée de succès : l’ambition du projet de loi élaboré à Bercy, qui doit être présenté le 19 décembre, en Conseil des ministres, est bien moindre que celle de ses équivalents britannique, américain, ou même du rapport Liikanen, rédigé à la demande de la Commission européenne.

“Après le 6 mai, les hiérarques du parti ont convaincu le président de la nécessité d’attendre pour légiférer”

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Dexia : Faillite collective

Quand l’histoire a-t-elle basculé ? Par la faute de qui ? Des dirigeants qui ont pris des risques inconsidérés ? Des autorités de contrôle qui n’ont pas vu monter la vague ? N’aurait-on pu éviter un tel désastre ? La banque franco-belge Dexia a déjà coûté 18 milliards d’euros, pour l’essentiel aux contribuables français, belges et luxembourgeois, soit presque autant que la faillite du Crédit lyonnais, à la fin des années 1990 (140 milliards de francs soit 20 milliards d’euros). Et l’ardoise devrait encore grimper, sachant que la Belgique et la France feront tout pour éviter sa mise en faillite, tant ce scénario serait catastrophique pour leurs finances publiques. Retour sur la plus grande catastrophe de l’histoire de la banque en France.

En France, la banque Dexia est le prêteur historique des collectivités territoriales. En Belgique, c’est une grande banque de dépôts de bonne réputation née au XIXe siècle. Surfant sur l’euphorie financière des années 2000, dans un univers que l’on disait ultra-régulé, le groupe met en place un modèle économique incroyablement périlleux. Pour maximiser ses profits, il emprunte de plus en plus d’argent sur les marchés financiers, à court terme et à bas prix, qu’il reprête aux collectivités du monde entier à 30, 40, 50, voire 60 ans ! Il investit aussi dans des produits financiers très rémunérateurs… jusqu’à 25 fois le capital !

Lorsqu’elle éclate fin 2007, la première crise financière assèche la liquidité. Elle met Dexia à terre. Sauvé fin 2008 par les Etats belge, français et luxembourgeois, qui injectent 6 milliards d’euros d’argent public, le groupe ne résiste pas à la crise de la zone euro, fin 2011. Il fait aujourd’hui l’objet d’un plan de démantèlement dont nul ne sait s’il pourra être mené à bien sans une nouvelle recapitalisation publique. Jour après jour, mois après mois, Dexia continue à perdre de l’argent.

Pour assurer son démantèlement, Dexia bénéficie de garanties octroyées par les trois Etats actionnaires. D’un montant actuel de 45 milliards d’euros, ces garanties ont vocation à être bientôt portées à 90 milliards, sous réserve du feu vert de Bruxelles, dont 55 milliards assumés par la Belgique, 33 milliards par la France et 2,7 milliards par le Luxembourg. C’est près du tiers de la dette de la Grèce. Si l’état de santé du groupe devait se dégrader davantage, la piste d’une recapitalisation sera privilégiée afin d’éviter que ces garanties soient appelées. Plusieurs milliards d’euros supplémentaires pourraient être nécessaires… In fine, Dexia promet d’être le fiasco le plus coûteux de l’histoire des banques en Europe !

PLUS GROS QUE LEHMAN BROTHERS

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Pourquoi il ne faut jamais croire les banques

Où en est la régulation du secteur bancaire et financier ? Quatre ans après le début de la crise, le bilan est bien maigre, déplore Pascal Canfin, député européen écologiste et cofondateur de Finance Watch. Après avoir bénéficié de la généreuse assistance des États, les banques et leurs dirigeants freinent la moindre tentative de régulation et continuent d’organiser la fraude fiscale. Pourtant, plusieurs mesures simples existent pour reprendre le contrôle de la finance folle.

La crise bancaire n’a rien coûté aux contribuables, affirment les banques françaises. Qu’en est-il réellement ?

Pascal Canfin : 4 000 milliards de dollars ont été déboursés ou prêtés par les États pour sauver le système financier ! La Société générale a été sauvée par les contribuables américains, au moment de la crise des subprimes. Beaucoup de banques françaises avaient acheté des subprimes (des produits financiers adossés à des prêts immobiliers aux États-Unis, ndlr) et s’étaient assurées contre les risques de pertes de ces produits, par des CDS (Credit default swap), auprès d’AIG, premier assureur mondial. En 2007, lors de la crise des subprimes, les banques se sont tournées vers AIG, qui leur a répondu : « Désolé, j’ai déjà tout versé en dividendes et en bonus ! » Face à la menace de faillite, AIG s’est tournée vers la Banque centrale américaine, qui a débloqué 85 milliards de dollars. La Société générale a ainsi reçu 12 milliards de dollars [1] (presque autant que Goldman Sachs, premier bénéficiaire du sauvetage, qui a touché 13 milliards de dollars, ndlr). Natixis, la banque d’investissement, filiale des Caisses d’épargne et des Banques populaires, a aussi été sauvée grâce à l’épargne des Français. Et le sauvetage de Dexia aura sans doute coûté 10 milliards d’euros aux contribuables français. Trois banques, ce n’est pas rien…

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« Le problème n’est pas la Grèce mais la finance spéculative qui l’a rendu possible »

La finance sans visage, voilà l’ennemi.” Depuis que François Hollande s’est lancé sur ce thème au Bourget, la formule – volontairement floue – a fait florès. Jerôme Cazes, spécialiste des risques financiers – il a été directeur général de l’assureur-crédit Coface – se montre doublement plus précis que le candidat socialiste. S’il cible d’abord la finance spéculative et non la finance en général, c’est pour mettre dans son collimateur plus particulièrement les activités pour compte propre des banques.

En délaissant le crédit pour une quête forcenée de rentabilité, le système bancaire est devenu intrinsèquement un facteur de risque ; danger qui n’a d’ailleurs pas manqué de se concrétiser”, analyse l’expert qui met radicalement en cause les états-majors financiers de l’Hexagone pour leur défense obtue – et intéressée – de la banque universelle. Pour éclairer l’opinion sur ces enjeux essentiels et mettre en scène les acteurs de façon vivante et accessible, Jerôme Cazes a emprunté une voie originale, celle d’une fiction qui prend la forme d’un thriller” financier haletant – forcément haletant.

Pourquoi un thriller ? Cette forme m’a paru adaptée pour décrire un monde – celui de la finance – réputé compliqué et ennuyeux qui place avec tous ces acronymes l’opinion dans un rapport d’infériorité. La finance fonctionne pourtant avec des invariants à la portée de la compréhension de tout le monde. Les motivations des acteurs relèvent de la même logique que celles d’un détective privé dans un thriller. La complexité du sujet est bien réelle.

Si elle permet d’écarter les curieux, elle dépasse bien souvent l’entendement même des opérateurs, ce qui la rend dangereuse. Il est temps de revenir à des mécanismes simples et compréhensibles. Cette conviction que je me suis forgée après une expérience professionnelle de plusieurs années dans une grande banque, j’ai voulu la faire partager à mes lecteurs en faisant preuve de pédagogie. J’y décris la prochaine crise de crédit, encore pire que la crise actuelle, dont le point de départ est situé dans les fonds municipaux américains, impliquant des investisseurs internationaux dont chinois et français. J’y décris aussi des milieux financiers qui sont à des années lumière des enjeux collectifs et de l’intérêt général.

La finance spéculative

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Grèce : une facture de 13 milliards pour les banques

La crise grecque aura coûté plus de 12 milliards d’euros aux banques françaises. BNP Paribas et Dexia ont été les plus touchées, mais aucune n’a été épargnée. Globalement, les expositions résiduelles sur la Grèce sont désormais limitées pour les banques françaises.

La facture totale est colossale. Les principales banques de l’Hexagone et la franco-belge Dexia ont finalement provisionné près de 13 milliards d’euros dans leurs comptes 2011 du fait de la Grèce. La plupart des établissements sont seulement concernés par leur exposition à la dette souveraine de ce pays, en tête desquels Dexia (4,6 milliards en incluant la dépréciation sur neuf mois de Dexia Bank Belgique, cédée en octobre à l’Etat belge) et BNP Paribas (3,4 milliards).

Pour Crédit Agricole SA, en revanche, une bonne part de la charge sur la Grèce provient de sa filiale grecque. Sur un impact total de la crise grecque de 2,4 milliards d’euros sur son résultat net, 943 millions proviennent en fait du plan européen de soutien au pays, le reste ayant trait aux difficultés rencontrées par Emporiki. En coût du risque, la dépréciation des titres souverains grecs a coûté 1,3 milliard d’euros à la Banque verte l’an dernier.

La plupart des banques françaises ont provisionné in fine leurs dettes souveraines helléniques à hauteur de 75 %. C’est le cas de BNP Paribas, de Dexia ou encore de la Société Générale. Crédit Agricole l’a fait à hauteur de 74 %. Ces décotes sont en ligne avec l’accord trouvé en début de semaine sur le plan d’aide européen, qui prévoit un effacement de 73 % de la valeur actualisée de leur dette grecque par les créanciers privés.

Des expositions résiduelles désormais limitées

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Peut-on encore contrôler la finance mondiale ?

Certes, la spéculation n’a jamais été aussi forte contre les pays du Vieux Continent. Mais il n’est pas trop tard pour instaurer des règles mettant fin à ces dérives. A condition de choisir les bonnes !

 

Des attaques spéculatives en rafale sur les Etats européens, des agences de notation qui continuent de faire leur loi sur les marchés, des hedge funds qui se la coulent douce dans les îles Caïmans… Pour un peu, on croirait que rien n’a changé depuis la crise des subprimes ! «Trois ans après, les financiers n’en font toujours qu’à leur tête», s’alarme l’économiste Jean-Paul Pollin.

De fait, même si le G20 a commencé à s’attaquer au problème – il a limité les bonus des traders et imposé aux banques de renforcer leurs fonds propres – il reste encore beaucoup à faire pour mettre enfin la finance mondiale sous contrôle. La plupart des décideurs politiques jurent d’ailleurs vouloir s’y atteler. Mais comment s’y prendre ? Entre les utopies sympathiques, les fausses bonnes idées et les propositions démagogiques, les vraies solutions sont parfois difficiles à discerner. «Les réformes les plus séduisantes ne sont pas toujours les meilleures», observe Patrick Artus, de Natixis. Ces pages le confirment.

1. Les réformes efficaces et réalisables

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Grèce, Irlande, Portugal : Les banques françaises très exposées

Quelles sont les banques potentiellement les plus affectées par la crise de la dette européenne ? C’est la question à laquelle permet de répondre en partie un document de la banque américaine Morgan Stanley, révélé par FT Alphaville, un blog du Financial Times : il chiffre l’exposition (les sommes engagées sous forme de prêts, soit aux États – les dettes souveraines -, soit à l’économie en général) des principales banques de l’Union en Irlande, au Portugal et en Grèce.

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Et à ce petit jeu, les banques françaises sont placées très haut. L’exposition totale du Crédit Agricole, qui est notamment très actif en Grèce depuis le rachat en 2006 de la banque Emporiki, est en effet évaluée à 35 milliards d’euros (dont un peu plus de 3 milliards d’euros de dette souveraine), soit 123% de sa valeur (actif net). La suit la banque franco-luxembourgeoise Dexia : sauvée de la faillite de justesse à l’automne 2008, celle-ci est exposée sur 119% de sa valeur, dont 75% de dettes souveraines (le courtier KBW, cité sur le site TradingSat, estime qu’elle est la banque française la plus exposée à l’économie portugaise). La troisième de ce «podium» est la britannique Royal Bank of Scotland, très active en Irlande.

Si l’on parle essentiellement des finances publiques irlandaises ces jours-ci, c’est la Grèce qui fait peser les plus gros risques sur les banques françaises : la Banque des règlements internationaux (BRI), citée en mai par le Journal des Finances, faisait état d’une exposition totale du secteur bancaire français à la Grèce de plus de 57 milliards d’euros.

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Quand les contribuables refinancent les bad banks…

Alors que les stress tests des banques européennes n’ont pas fait bondir la bourse, l’annonce d’un assouplissement de la régulation par le comité de Bâle a été, lui, efficace pour les banques. Seraient-elles en si mauvaise position pour qu’un assouplissement réglementaire ait plus d’impact auprès des spéculateurs que les « stress tests » ? D’autant que ces derniers temps, les banques, qui sont encore plus endettées que la France, rapatrient leurs actifs pourris, histoire de faire payer leurs erreurs par les contribuables.

Lundi 26  juillet, le cours en bourse de diverses banques européennes a grimpé de quelques points. Les stress test n’avaient pas eu cet effet, peut-être parce qu’ils ne valaient rien. Là, c’est du sérieux. Alors qu’au G20, on nous a répété qu’on allait faire confiance au comité de Bâle1] pour réguler les banques, notamment en exigeant qu’elles augmentent leurs fonds propres, c’est-à-dire la masse d’argent qu’elles doivent avoir dans leurs coffres pour garantir l’ensemble des prêts et des encours. Actuellement, le taux de fonds propres est fixé à 8%.

Quand une banque vous prête 100€, elle ne les a pas. Elle en a au maximum 8% (et encore, elles parviennent à faire beaucoup moins avec quelques manipulations comptables issues des derniers « assouplissements » réglementaires), ce qui ne l’empêche pas d’empocher les 100€ que vous lui rendez ainsi que les intérêts, tout en mettant votre dette à son actif. Ce système est formidable.

Surtout que c’est pareil avec les États depuis le traité européen que nous avons refusé, et en France depuis que Pompidou, ex ponte de la banque Rothschild, a fait passer une loi interdisant à la Banque centrale de prêter au Trésor, c’est-à-dire à l’État. Du coup, les États aussi sont obligés d’emprunter sur « les Marchés ».

Bref, alors qu’il était question de demander plus de fonds propres aux banques, le comité de Bâle vient de les rassurer, en déclarant qu’il allait « assouplir » ses exigences. Qui restent, à l’heure actuelle, très hypothétiques.

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Sauver l’Europe, mode d’emploi

La crise grecque engendre espoir et inquiétude. Espoir de ceux qui rêvent de voir imploser l’Europe, inquiétude de ceux qui ne peuvent l’imaginer. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que l’Europe est un maillon essentiel du Nouvel Ordre Mondial qui a nécessité tant d’énergie qu’il est « impensable » qu’elle disparaisse. D’ailleurs, des solutions sont déjà prêtes, élaborées depuis très longtemps. Comme d’habitude les réformes seront d’ordre technocratique en mettant en place des structures échappant au contrôle des nations et donc des citoyens.

Bien cerner le problème nécessite quelques rappels.

Tout d’abord, il ne faut pas perdre de vue que le traité de Maastricht a divisé l’Europe en deux : d’un côté, l’Union Européenne, de l’autre, la zone euro. Or, la zone euro est extrêmement fragile, du fait que les pays qui la composent ont des économies différentes. Par exemple, l’Allemagne n’est pas du tout au même niveau que la Grèce, et pourtant, ces deux pays ont une monnaie commune.

Cela n’est pas viable ! En effet, nous étions quelques-uns à expliquer que l’euro, dans l’état actuel des choses ne pourrait pas survivre à une crise majeure.

L’économiste Jean-Claude Werrebrouck avait d’ailleurs, le 4 février 2009, donné une excellente synthèse de la situation : « La solution serait, en Europe, de contourner la très dangereuse divergence croissante des taux d’intérêt sur la dette souveraine, en mutualisant les risques. Ce contournement suppose la création d’une agence commune d’émission, faisant disparaître les « spreads ». Mais cela suppose des stratégies de coopération interétatiques, aboutissant à des règles contraignantes pour les Etats menacés de dépôt de bilan. »

En effet, les écarts des taux d’intérêts sur la dette (les spreads), en raison des divergences économiques, sont inconcevables au sein d’une monnaie commune. On peut comparer cela à un bateau dont aucun des rameurs ne rame à la même vitesse et, de plus, sans gouvernail.

Pour éviter ce problème et sauver l’euro, il faut mettre en place une structure « interétatique », un Trésor européen.

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Fiscalité des entreprises : plus on est gros, moins on paie…

Un nouveau rapport du Conseil des prélèvements obligatoires constate que ce sont les plus grandes entreprises qui paient le moins d’impôts. Les raisons en sont faciles à voir : les multinationales maîtrisent parfaitement le recours aux paradis fiscaux et aux multiples « niches fiscales ». Elles ont aussi des filiales à l’étranger et peuvent, via les prix de ventes internes à l’entreprise, s’arranger pour déclarer leurs bénéfices là où les impôts sont les plus faibles.

Les chiffres de l’impôt sur bénéfices pour la période 2006-2008 (voir le tableau ci-après) montrent que seules quatre entreprises du CAC 40 ont payé un impôt sur les sociétés qui corresponde au taux officiel en France.
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Les prêts toxiques empoisonnent des villes françaises

Saint-Étienne, Rouen, Lille et même la Seine-Saint-Denis craignent la flambée des taux des prêts accordés par la Deutsche Bank et d’autres établissements financiers. Ces prêts à taux variables avaient été contractés avant la crise financière et sont indexés sur des indices qui pourraient varier fortement en 2010.

Le maire de Saint-Étienne, Maurice Vincent, les qualifie de “bombes à retardement“. Ces prêts à taux variable, la municipalité en a contracté pour 190 millions d’euros. Pas seulement avec la Deutsche Bank, mais aussi avec Dexia et la Royal Bank of Scotland. Ce que demande le maire, rejoint par le président du conseil général Claude Bartolone plongé dans la même situation, c’est simplement d’annuler les termes du contrat.

Sauf que les banques en question ne l’entendent pas de cette oreille, du moins pour le moment. Dexia serait néanmoins ouverte à la négociation. Les collectivités menacent donc de faire appel à la justice, en rappelant que l’État a sa part de responsabilité et qu’il n’a toujours pas signé la “charte de bonne conduite” qui le relie aux banques et aux collectivités locales. Claude Bartolone rappelle également que la Cour des comptes avait donné un avis défavorable sur la contraction de ces emprunts toxiques.

En août dernier dans MoneyWeek, Denis Sarget prévenait au sujet de Dexia que les actifs toxiques s’étaleraient jusqu’en 2010.

La réalité rattrape aujourd’hui la banque et les collectivités locales qui sont confrontées à l’impossibilité de payer leurs dettes, faute d’engranger des rentrées fiscales suffisantes. Car la Ville de Saint-Étienne a déjà augmenté ses impôts locaux de 7% cette année, dont 2,5% consacrés directement aux toxiques.

Si les banques ne transigent pas, la ville devra les augmenter encore de 4% pour faire face aux taux d’intérêt de 24% de la Deutsche Bank. Les blessures de la crise financière sont loin d’être cicatrisées… Money Week

(29.09.2009)

  • Crédit à la consommation : contraction en août pour le 11e mois consécutif

C’est ce qu’a annoncé lundi l’Association française des sociétés financières (ASF). Par rapport à la même période de 2008, la baisse atteint 14,8% en août, contre un recul moyen de 18,6% les trois mois précédents. Le crédit renouvelable demeure mal orienté: la baisse est de 14,5% par rapport à août 2008, soit un recul identique par rapport aux trois mois précédents. Les financements de voitures particulières neuves reculent de 6,2% sur un an en août, après -13,6% en moyenne les trois mois précédents. Les financements destinés à l’équipement du foyer se contractent de 15,7% sur un an après -17,6% en moyenne les trois mois précédents. Le recul des prêts personnels est de 23,4% en août après -28,8% en moyenne les trois mois précédents. AFP (via Les Échos)

  • Des banques françaises réclament plusieurs milliards de dollars au liquidateur de Lehman Brothers

Les réclamations déposées par BNP Paribas portent sur environ 1,3 milliard de dollars. Par la Société Générale : environ 800 millions de dollars. Par la banque franco-belge Dexia : environ 400 millions de dollars. Par la Caisse d’Épargne : 118 millions de dollars. Par l’assureur Axa : 186 millions de dollars. D’autres sociétés non financières françaises comme le groupe de construction Vinci, la Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (filiale du groupe de BTP français Eiffage), la compagnie aérienne Air France ou la SNCF, apparaissent également dans la liste des créanciers ayant déposé réclamation. La banque Lehman Brothers a déposé son bilan le 15 septembre 2008. Elle déclarait alors 613 milliards de dettes et 639 milliards d’actifs. Le Point

  • BNP Paribas va fermer ses filiales dans les paradis fiscaux

Ainsi, au Panama et aux Bahamas. Ces pays comprennent deux filiales et six succursales, dont les activités concernent essentiellement la banque privée et la banque de financement et d’investissement. BNP Paribas s’est fixé pour objectif de fermer ces implantations d’ici 2010. Son directeur général a rappelé que les banques françaises seront bientôt tenues d’exposer en détail, dans leur rapport annuel, leur exposition dans les pays non coopératifs en matière fiscale, en vertu d’une loi votée en juin par le Parlement. Lors du sommet qui s’est tenu à Pittsburgh (États-Unis) jeudi et vendredi, le G-20 a réitéré son souhait de s’attaquer aux paradis fiscaux. Plusieurs pays, dont la Suisse et Monaco, ont réussi à sortir de la liste “grise” la semaine dernière en signant des accords bilatéraux de coopération fiscale. Romandie News

  • La moitié des dépenses de l’État va être financée à crédit cette année

En raison de rentrées fiscales catastrophiques, le déficit budgétaire va en effet atteindre 140 milliards d’euros (les dépenses du budget général représentant quelque 280 milliards), alors que le gouvernement tablait, en juillet, sur un solde négatif compris entre 125 et 130 milliards d’euros. La loi de Finances initiale faisait état d’un déficit de 52,1 milliards. Si les dépenses ne sont pas en cause – elles augmenteront au rythme de l’inflation, hors mission relance -, les recettes d’impôt sur les sociétés seront encore inférieures aux 20 à 25 milliards escomptés jusque-là (contre 50 milliards en 2007 et 2008). Les Échos