Chine : Bientôt des yuans dans toutes les poches ?

Première exportatrice mondiale, la Chine dépend du dollar pour ses échanges commerciaux, sa monnaie n’étant pas convertible. Une subordination financière — et politique — dont elle cherche à se dégager par une internationalisation du yuan. La monnaie chinoise est d’ores et déjà devenue la cinquième devise mondiale pour le commerce. M. Ding Yifan, conseiller du gouvernement, explique les étapes à franchir.

Dès le milieu des années 1990, avec la croissance du commerce entre la Chine et ses voisins, le renminbi (RMB), ou yuan, est devenu un moyen de paiement bien accueilli dans toute la région. Lors du sommet du G20 de novembre 2008 à Washington, M. Hu Jintao, le président d’alors, s’était engagé à diversifier le contenu en devises étrangères des réserves chinoises.

Dans la foulée, des mesures ont été prises pour promouvoir l’internationalisation du RMB ; et cela ne passe pas inaperçu. A la fin d’octobre 2014, le yuan est devenu une monnaie de réserve dans plus de cinquante pays et territoires.

Selon la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (Swift (1)), en décembre 2014, le RMB a remplacé les dollars canadien et australien au rang de cinquième monnaie de paiement du monde (2). Il se situe juste derrière le dollar américain (87 % des échanges internationaux (3)), l’euro (6,6 %), la livre sterling et le yen. Il totalise 2,17 % du marché mondial, au coude-à-coude avec la monnaie japonaise (2,69 %).
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« Révolution monétaire » : Débat entre Étienne Chouard, Stéphane Laborde et Jean Baptiste Bersac

En juin dernier, le 4ème Singe et le Cercle des Volontaires se sont réunis autour d’Étienne Chouard, Stéphane Laborde et Jean-Baptiste Bersac pour une discussion sous forme de table ronde sur la monnaie et l’économie.

En cette période trouble où le modèle économique du capitalisme arrive en bout de course et n’est plus pertinent pour répondre aux attentes de demain, il est temps de proposer une alternative.

Redéfinir le modèle de la monnaie, s’en détacher et mieux, comprendre notre dépendance à celle-ci est aujourd’hui d’autant plus simple qu’internet et l’arrivé des monnaies virtuelles (type Bitcoin) est une réalité.

Cette table ronde animée par Romain du 4ème Singe, réunit et donne la parole libre à trois intervenants aux réflexions de grande qualité sur le sujet :

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Qu’est-ce qu’une crise de change ?

Euro, Dollar, Yen ou encore Couronne suédoise: toutes ces devises transitent sur le marché des changes. Mais qu’est-ce que le marché des changes? Pour quelles raisons une devise peut-elle perdre de la valeur? Et quelles sont les conséquences sur l’économie d’un pays?

Russie : Les emprunteurs en devises étrangères pris au piège

La devise russe remonte sensiblement aujourd’hui sur le marché des changes, autour de 59 roubles pour un dollar, mais elle a perdu la moitié de sa valeur depuis l’annexion de la Crimée il y a un an.

L’une des conséquences, c’est l’impossibilité de remboursement pour les particuliers qui ont contracté des prêts immobiliers en devises étrangères. Ils se retrouvent aujourd’hui pris au piège. Certains ont tenté d’attirer l’attention sur cette situation en manifestant hier sur la place rouge à Moscou.

Italie : Les banques tentent de réduire l’impact de la crise russe

L’exposition globale du secteur au marché russe atteint 29 milliards de dollars. Il va devoir faire face à l’impact de la crise du rouble.

Outre l’impact négatif « automatique » du récent déclassement de la note souveraine italienne (à BBB-) par Standard & Poor’s, les banques de la Péninsule doivent faire face désormais à l’impact de la crise du rouble.

Avec un total d’exposition de 29 milliards de dollars, les banques italiennes, UniCredit et Intesa Sanpaolo en tête, sont les deuxièmes plus exposées dans le monde, derrière les banques françaises (50,6 milliards de dollars), mais loin devant leurs concurrentes américaines (23,7 milliards de dollars), allemandes (21,5 milliards) ou japonaises (19 milliards).

Particulièrement concerné : le numéro un bancaire italien UniCredit, propriétaire de Zao Bank, la neuvième banque russe, dont il a hérité dans la foulée de son rachat de l’allemand HVB (et de sa filiale Bank Austria) en 2005.
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Russie : Mini-krach sur le rouble (Màj : Le pays bascule dans la panique)

Addendum du 17/12/14 : Poutine sous pression en pleine crise du rouble

L’économie au bord du chaos

La crise du rouble va impacter les entreprises françaises

La Russie s’attache à éteindre l’incendie monétaire

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Chine : Le risque subprime

Il est désormais largement admis que la crise financière mondiale récente était en réalité une crise des bilans. De longues périodes de taux d’intérêt négatifs ont encouragé un financement insoutenable d’achats d’actifs et des prêts hypothécaires à haut risque ont affaibli les bilans nationaux. Lorsque la liquidité sur les principaux marchés interbancaires s’est asséchée, les fragilités ont été exposées – avec des conséquences dévastatrices.

Aujourd’hui, l’expansion rapide des bilans des institutions financières chinoises – qui ont augmenté de 92% entre 2007 et 2011, parallèlement à la croissance de 78% du PIB nominal – fait naître des prédictions d’une prochaine crise des subprimes chinoise. De telles prévisions sont-elles fondées ?

La première chose à faire pour évaluer la vulnérabilité financière de la Chine est de distinguer entre crise de solvabilité, qui peut se produire lorsque les entreprises n’ont pas un capital suffisant pour résister à un effondrement des prix des actifs, et crise de liquidité.

Pendant la crise financière asiatique des années 1990, certains pays ont connu des crises de change, au cours desquelles les dévaluations et les taux d’intérêt réels élevés ont décapitalisé les banques et les entreprises, en raison de l’absence de réserves suffisantes pour rembourser les dettes en devises.

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Venezuela : L’industrie automobile s’effondre faute de devises

Les Vénézuéliens, qui disposent d’autoroutes gratuites et d’essence quasiment offerte, peinent à acheter des voitures en raison de la chute vertigineuse de la production locale et doivent les attendre plus d’un an, assis sur des montagnes de bolivares se dépréciant chaque jour.

Les lignes d’assemblages au Venezuela tournent au plus bas, produisant à peine un cinquième des véhicules montés l’année dernière. Quatre des sept assembleurs du pays – Toyota, Ford, Chrysler et Iveco – ont dû peu à peu suspendre leur production depuis février, faute de pouvoir importer des pièces détachées.

En raison du strict contrôle des changes instauré depuis 2003 au Venezuela, tout acteur économique souhaitant disposer de devises pour importer biens et produits doit en faire la demande aux autorités, qui les délivrent au compte-goutte. Le patronat affirme que le secteur automobile a perçu en 2014 seulement 1 % des devises accordées aux importateurs.

En 5 ans, la production a baissé de 50 %
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Le tsunami qui affecte les monnaies des économies émergentes

Les marchés mondiaux des devises ont été très agités la semaine dernière et les monnaies de plusieurs pays émergents ont subi une avalanche de dépréciations. Le rouble est tombé à son niveau le plus bas depuis 5 ans, et le peso argentin a perdu 15%.

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Les marchés des changes commencent à réagir à l’arrêt progressif de la politique monétaire américaine de rachat des bons du Trésor, mais aussi au ralentissement de la croissance chinoise.

Mais on assiste également à un changement de méthode. Par le passé, les marchés financiers raisonnaient de façon globale, lorsqu’ils considéraient les pays émergents, les envisageant comme un tout. Mais ce n’est plus le cas, explique Izabella Kaminska du Fiancial Times. Désormais, ils les individualisent de plus en plus pour établir leurs décisions d’investissement.

Au Venezuela, en Argentine et en Ukraine, ce sont les problèmes causés par une gestion critiquable des autorités qui menacent la stabilité économique. Les deux premiers pays sont confrontés à une inflation massive et des relations dysfonctionnelles avec les marchés mondiaux. S’ils échouent à mener des réformes importantes, ils risquent d’entrer dans de très graves difficultés. En Ukraine, beaucoup de choses vont dépendre de la façon dont la crise actuelle évolue.

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[EXCLUSIVITÉ FORTUNE] – Libor : La manipulation des taux interbancaires était connue 3 ans avant que n’éclate le scandale

L’affaire de la modification, par des responsables de banques, des taux de référence sur lesquels se fondent de nombreux prêts comme de nombreux autres produits financiers ou hypothèques, a éclaté au grand jour en 2012. Mais trois économistes l’avaient établie dans une étude datant de 2009. En voici la preuve.
Lorsqu’éclate au grand jour la nouvelle de la manipulation, à l’été 2012, nombreux sont les chefs de grandes institutions financières et les dirigeants politiques du monde entier, à crier au scandale.

Pourtant, des doutes avaient bel et bien circulé dans les hautes sphères de la finance quant à la manipulation du taux Libor. Ces doutes avaient été mis noir sur blanc [en 2009] par trois économistes, dont l’un travaillant au FMI.

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Chine : Le développement de la République Populaire est une déclaration de guerre aux États-Unis

Par Peter Kuntze

La Chine a confiance en elle; elle ose des réformes et sa nouvelle direction veut consolider ses succès

Le contraste ne pourrait pas être beaucoup plus grand: d’un côté du Pacifique, la puissance qui est toujours l’Hégémon, est confrontée à de fortes turbulences économiques et politiques; de l’autre côté, la superpuissance en devenir bat tous les records sur le plan économique, en dépit des prophètes de malheur, et a pleine confiance en son avenir.

Ce n’est pas étonnant: trois décennies et demie après le lancement de la politique de réformes et d’ouverture voulue par Deng Xiaoping, le successeur de Mao Zedong, ce changement de cap révolutionnaire a donné ses fruits en bien des domaines. Le pauvre État paysan, avec ses millions de “fourmis bleues” est devenu un pays moderne aux immeubles de prestige rutilants et a développé une industrie de la mode qui se révèle désormais sur les “catwalks” de Paris et de Milan.

Hollywood aussi s’énerve car, de fait, l’industrie américaine du cinéma a toutes les raisons de craindre l’avènement d’un sérieux concurrent installé en Extrême-Orient. Pourquoi? Wang Jianlin, l’homme qui serait le plus riche de la République Populaire de Chine, est en train de faire construire à Tsingtau (l’ancienne base et colonie allemande) les plus grands studios cinématographiques du monde. Ce projet gigantesque coûterait plus de huit milliards de dollars et serait achevé en 2017.

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L’or nazi

A leur apogée en 1939, les États-Unis détiennent la moitié de tout l’or jamais exploité dans l’histoire, soit pratiquement 22.000 tonnes. Alors que le monde s’extirpe difficilement de la grande dépression, une nouvelle crise s’avance à grands pas. Celle-ci menace la civilisation toute entière. Adolf Hitler prend le pouvoir alors que l’Allemagne est encore chancelante de sa défaite dans la première Guerre mondiale.

Un lingot issu de l or volé aux pays envahis par les nazis

Ses réserves d’or sont vides et sa monnaie sans valeur. Ayant promis de rendre au pays sa gloire initiale, Hitler entreprend de reconstruire l’empire germanique. Pour ce faire, il lui faut de l’or.

Il est essentiel de comprendre que les réserves d’or de l’Allemagne en 1939 ne sont pas énormes, environ 200 millions de dollars et qu’elles ont été déjà largement engagées notamment dans la construction de la machine de guerre allemande. Par ailleurs, le pays ne peut plus acheter de produits manufacturés à l’étranger ni de matières premières de base avec son Reichsmark trop faible. Sa seule alternative reste l’or.

Aussi, au fur et à mesure qu’elle marche sur l’Europe, l’armée allemande pille au passage les réserves d’or des nations. En 1938, la Tchécoslovaquie avec ses 30 millions de dollars en or, en 1939 la Pologne avec 85 millions de dollars en or. En réalité, ça a commencé en 1938 avec l’Anschluss en Autriche. Ils ont d’abord pris l’or des Autrichiens, puis en 1939, ils se sont emparés des réserves tchèques en finissant d’occuper la Tchécoslovaquie, et au début de la guerre, chaque fois qu’ils se rendaient maîtres d’un pays, ils en pillaient l’or.
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LEAP – Euroland 2012-2016 : Pérennisation d’une nouvelle puissance globale sous condition de démocratisation

Comme anticipé par l’équipe de LEAP/E2020, la peur largement entretenue par la City de Londres et Wall Street d’un éclatement de la zone Euro à l’occasion de la crise de la dette grecque s’est avérée infondée. L’Euroland sort très renforcé de cet épisode violemment conflictuel avec ses « alliés naturels ».

Selon notre équipe, 2012 va donc marquer le point de départ de la pérennisation d’une nouvelle puissance globale, l’Euroland. Cette évolution reste néanmoins conditionné à la question de sa démocratisation comme nous l’analysons dans ce GEAB N°62, à travers les trois séquences de l’évolution de l’Euroland 2012-2016. Ces cinq années vont conduire les Européens a influencer profondément un rééquilibrage géopolitique mondial tandis qu’en interne une phase radicalement nouvelle de l’intégration européenne s’ouvre dans les mois à venir. Par ailleurs, ce numéro du GEAB anticipe l’évolution du Dollar US comme devise dominante des transactions commerciales mondiales.

Les années 2012 et 2013 vont en effet apporter de grands bouleversements dans ce domaine affectant directement le commerce global comme la puissance respective des devises concernées. (…)

Comme annoncé précédemment, LEAP/E2020 présente dans ce GEAB N°62 ses anticipations pour l’Europe sur la période 2012-2016. Dans le contexte de crise systémique globale, pour les européens, deux tendances stratégiques vont marquer ces cinq années : d’une part la pérennisation de l’Euroland comme nouvelle puissance globale à part entière (1) ; et d’autre part, l’impératif absolu pour les élites européennes de lever l’hypothèque démocratique qui pèse désormais lourdement sur le processus d’intégration européenne.

Notre équipe analyse dans ce GEAB N°62 pourquoi à partir de la seconde moitié de 2012, les conditions seront optimales pour que l’Euroland puisse assumer pleinement ces deux tendances (2). Les défis économiques, financiers, stratégiques et politiques restent bien entendu nombreux pour les Européens ; mais, avec l’entrée de la crise systémique globale dans sa phase de recomposition des équilibres géopolitiques mondiaux, avec l’Euroland, ils disposent d’un « nouveau souverain » capable d’influencer positivement les processus en cours (3).

Cette capacité reste bien entendu conditionnée à la légitimation démocratique de l’ensemble de la gouvernance de l’Euroland. De 2012 à 2016, trois séquences majeures vont caractériser la pérennisation de l’Euroland comme souverain à part entière et la levée de l’hypothèque démocratique.
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« Les États-Unis traversent une crise plus grave que l’Europe »

INTERVIEW – L’économiste américain Jeffrey Sachs soutient une réforme du système monétaire mondial avec un euro aussi important que le dollar.

William Smith Jewett (1812–1873), La terre promise - La famille Grayson

L’économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et professeur à l’université de Columbia, intervient aujourd’hui [jeudi 06 janvier 2011] au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », organisé à Paris par le ministre de l’Industrie Éric Besson, en présence de François Fillon et du premier ministre grec Georges Papandréou.

Père de la thérapie de choc libérale dans la Russie d’Eltsine, Sachs, qui a conseillé de nombreux gouvernements, s’est mué au fil des ans en croisé interventionniste de la lutte contre la pauvreté.

LE FIGARO. – L’Union européenne va-t-elle devoir sauver d’autres États membres cette année ?

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Merkel : « L’Allemagne a besoin de l’Europe »

Lors de ses voeux pour 2011, la chancelière allemande a réaffirmé son soutien à l’euro, alors que l’opinion publique est très partagée face à la monnaie unique.

L’Allemagne a besoin de l’Europe et de l’euro, «fondement de notre prospérité», a déclaré la chancelière Angela Merkel lors de ses voeux pour 2011, alors que les Allemands semblent douter de cette monnaie. «L’Europe se trouve ces mois-ci au milieu d’une épreuve cruciale. Nous devons renforcer l’euro. Il ne s’agit pas seulement de notre argent. L’euro est bien plus qu’une devise», a déclaré Mme Merkel dans son message télévisé dont la chancellerie a diffusé le texte à l’avance.

«Nous Européens, nous sommes unis pour notre plus grand bien. L’Europe unie est la garante de notre paix et de notre liberté. L’euro est la base de notre prospérité», explique la chancelière. «L’Allemagne a besoin de l’Europe et de la monnaie unique. Pour notre propre bien-être comme pour remplir nos devoirs à l’échelle mondiale», poursuit Mme Merkel.

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Avec le MES, la Zone euro fait un beau gâchis !

Par Philippe Béchade

S'ajoutent à ces sommes, 250 milliards d'euros apportés par le FMI

▪ De nombreuses voix s’élèvent en Europe, au FMI et à la BCE pour que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 750 milliards d’euros au printemps dernier, voie ses moyens financiers accrus.

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Le jour où l’euro est mort

La monnaie unique peut-elle disparaître? Et si c’était le cas, que se passerait-il? Sean O’Grady, rédacteur en chef des pages économiques du Independent, imagine le jour fatal où les Etats membres quittent le navire euro.

Erik Werenskiold - Un enterrement paysan (1885)

Berlin, 29 septembre 2013. Angela Merkel remporte haut la main les élections fédérales. “La femme qui a sauvé l’Allemagne” triomphe devant ses partisans rassemblés à la porte Brandebourg.

Après quelques mots de remerciement pour sa victoire sans précédent, la chancelière retire de la poche de sa veste un billet de 100 Nouveau mark et l’agite devant la foule en délire. Le cauchemar de l’euro est bel et bien terminé. Il avait en réalité pris fin deux années auparavant.

Les événements du 26 septembre 2011, “le jour où l’euro est mort” n’avaient pas pu commencer de manière moins spectaculaire. Car le coup de grâce n’avait pas été porté à la crédibilité de la monnaie lors d’un autre jour agité ou de quelque important sommet, mais par des juges siégeant au Tribunal constitutionnel fédéral, à Karlsruhe.

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L’horrible vérité commence à se faire jour sur les dirigeants européens

Par Ambrose Evans-Pritchard

C’est désormais le projet européen en entier qui risque de se désintégrer, avec des conséquences stratégiques et économiques qui sont très difficiles à prévoir.

L'article du Daily Telegraph

Dans un discours prononcé le 16 novembre, le Président de l’Union européenne Hermann Van Rompuy (par ailleurs poète et versificateur de japonais et de latin) a mis en garde : si les dirigeants européens ne traitent pas correctement la crise actuelle et laissent la zone euro se fracturer, ils détruiront l’Union européenne elle-même.

« Nous sommes dans une crise de survie. Nous devons tous travailler ensemble pour faire survivre la zone euro, parce que si nous n’arrivons pas à faire survivre la zone euro, nous n’arriverons pas non plus à faire survivre l’Union européenne » a-t-il lancé.

Bien, bien. Quoi qu’il s’agisse d’un thème on ne peut plus familier aux lecteurs du Daily Telegraph, cela n’en fait pas moins un choc que d’entendre une telle confession, après toutes ces années, dans la bouche du président même de l’Europe.

Il admet que le pari d’avoir lancé une monnaie prématurée et dysfonctionnelle, ne disposant ni d’un Trésor centralisé, ni d’une fusion des dettes nationales, ni d’un gouvernement économique pour la soutenir, – et d’avoir, qui plus est, opéré ce lancement avant que les économies, les systèmes légaux, les pratiques de négociation salariales, la croissance de la productivité, et l’élasticité des économies aux taux d’intérêt, soient parvenus à un degré de convergence suffisant du nord au sud de l’Europe – eh bien ce pari est maintenant susceptible de provoquer un horrible retour de flammes.

Jacques Delors et ses compères fondateurs de l’Union économique et monétaire avaient pourtant été mis en garde par des économistes de la Commission, au début des années 90, que cette aventure insouciante ne pourrait pas fonctionner et qu’elle mènerait à une crise traumatisante.

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LEAP – 1er trimestre 2011 : franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 novembre 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP dans sa lettre ouverte aux leaders du G20 publiée dans l’édition mondiale du Financial Times le 24 Mars 2009, à la veille du sommet de Londres, la question d’une réforme fondamentale du système monétaire international est bien au cœur de toute tentative de maîtrise de la crise actuelle.

Mais hélas, ainsi que vient de le démontrer à nouveau l’échec du sommet du G20 de Séoul, la fenêtre d’opportunité pour réussir pacifiquement une telle réforme s’est bien refermée après l’été 2009 et elle ne se rouvrira plus avant 2012/2013 (1).

Le monde est en effet bien engagé dans la phase de dislocation géopolitique mondiale dont nous avions annoncé le début pour la fin 2009 et qui se traduit, moins d’un an plus tard, par la multiplication rapide des mouvements, des difficultés économiques, des défaillances budgétaires, des conflits monétaires… prémices de chocs géopolitiques majeurs.

Avec le sommet du G20 de Séoul, qui marque la prise de conscience planétaire de la fin de la domination américaine sur l’agenda international et de son remplacement par un « chacun pour soi » généralisé, une nouvelle étape de la crise vient de s’ouvrir qui incite l’équipe du LEAP à lancer une nouvelle alerte.

En effet, le monde est en train de franchir un seuil critique de la phase de dislocation géopolitique globale. Comme tout franchissement de seuil critique dans un système complexe, cela va générer dès le premier trimestre 2011 un cortège de phénomènes non-linéaires, c’est-à-dire, d’évolutions échappant aux « règles habituelles » et aux « projections traditionnelles » tant en terme économiques que monétaires, financiers, sociaux et politiques.

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Les USA dans le trou noir économique : un voyage sans retour

“Trou noir économique : 20 raisons qui expliquent pourquoi l’économie américaine est mourante et ne connaîtra pas de reprise”

Même si le système financier américain a connu un effondrement presque total à la fin de l’année 2008, le fait est que la plupart des Américains n’ont aucune idée de ce qui est réellement en train d’arriver à leur économie nationale.

La plupart des gens pensent que la petite récession que nous venons de vivre est quasiment terminée, et que nous nous apprêtons à connaître une autre période de croissance et de prospérité économique.

Mais cette fois-ci, cela n’arrivera pas. La réalité, c’est que nous sommes aspirés dans un trou noir économique dont les USA ne se sortiront jamais tout à fait.

Le problème, c’est la dette. Ensemble, le gouvernement, les gouverneurs des États, les entreprises et les consommateurs ont accumulé la plus grande montagne de dette de l’histoire du monde. Cette dette monstrueuse a servi à alimenter nos impressionnantes croissance et prospérité des deux dernières décennies, mais maintenant, le moment de faire les comptes est arrivé.

Et cela va être douloureux.

Voici 20 raisons qui expliquent pourquoi l’économie des USA est mourante et ne pourra pas se remettre… Lire la suite

Guerre des monnaies – Dollar contre Yuan – deuxième round

Par André Serra

Il y a incontestablement une “guerre des monnaies” dans le monde depuis le début de la crise, je qualifierais ce qui s’est passé jusqu’ici de premier round, pendant lequel des initiatives ont été lancées par différents pays pour démontrer, sous plusieurs motifs, la nécessité de remplacer le dollar dans son rôle actuel de monnaie internationale de paiement et de réserve, par une monnaie planétaire nouvelle qui serait, celle-ci, indépendante de tout État national particulier.

Après un rappel de ces initiatives en cours, je décrirai le second round, qui vient à peine de commencer.

1er round :

Le lundi 19 novembre 2007, à Singapour, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a montré qu’il était de plus en plus difficile de gérer les 1430 milliards de dollars (970 milliards d’euros) de réserves de change de la Chine, à cause de la devise américaine (réserves se montant à 2600 milliards de dollars en avril 2010). “Nous n’avons jamais connu une pression aussi forte”, a-t-il déclaré, selon l’agence Reuters. “Nous sommes inquiets sur la manière de préserver la valeur de nos réserves”, a-t-il ajouté. La devise étasunienne avait perdu 5% contre le yuan depuis janvier 2007, et malgré toutes les promesses de Washington, il continuait, jour après jour, de perdre des plumes. C’était alors le tout début de la crise des subprimes, qui devait exploser quelques mois plus tard.

Dès cette époque, la Chine se mit à plaider dans chaque forum qu’il était grand temps de remplacer le dollar comme monnaie de paiement et de réserve. Rapidement, cette information fit le tour du monde et tous les ministres des Finances de la planète commencèrent à plancher sur le sujet.

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Yuan sous-évalué : quand les BRIC se fissurent

Dans leur croisade contre un yuan chinois sous-évalué, les Etats-Unis se sont découverts de nouveaux alliés : l’Inde et le Brésil. Deux puissances émergentes qui s’agacent de plus en plus ouvertement de l’avantage concurrentiel dont profite l’”atelier du monde” sur les marchés mondiaux grâce à la faiblesse de sa devise. “Si la Chine réévalue le yuan, cela aura un impact positif sur notre commerce extérieur“, a ainsi estimé le gouverneur de la Reserve Bank of India, Duvvuri Subbarao, mercredi 21 avril.

Manmohan Singh, Dimitri Medvedev, Hu Jintao et Luiz Inacio Lula da Silva

Le responsable semble peu apprécier les méthodes des autorités monétaires chinoises qui ont lié le renminbi (yuan) au dollar par une parité fixe depuis l’été 2008 : “Si certains pays dirigent leur taux de change et le maintiennent artificiellement bas, ce sont d’autres pays qui se retrouvent à supporter le fardeau des ajustements“, a-t-il critiqué. Manifestement, son homologue de la banque centrale du Brésil n’en pense pas moins. Un yuan plus fort est “absolument fondamental pour l’équilibre de l’économie mondiale“, a affirmé mardi 20 avril Henrique Meirelles.

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LEAP : les cinq séquences de la phase de dislocation géopolitique globale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 mars 2010

En cette fin de premier trimestre 2010, au moment où sur les fronts monétaires, financiers, commerciaux et stratégiques, les signes de confrontations se multiplient au niveau international, tandis que la violence du choc social de la crise se confirme au sein des grands pays et ensembles régionaux, le LEAP/Europe2020 est en mesure de fournir un premier séquençage anticipatif du déroulement de cette phase de dislocation géopolitique mondiale.

Hercule capturant Cerbère, par Hans Sebald Beham, 1545 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir

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La Chine surestime-t-elle dangereusement sa puissance ?

Par Ambrose Evans-Pritchard

La Chine a succombé à l’hybris. Elle a confondu la diplomatie soft de Barack Obama avec de la faiblesse, la crise du crédit américaine avec un déclin, et sa bulle mercantiliste avec une montée en puissance. Il y a là comme un écho des querelles anglo-allemandes avant la Première Guerre mondiale, lorsque Berlin avait terriblement mal évalué l’équilibre stratégique des puissances et surjoué ses atouts.

Dans moins d’un mois, le Trésor américain doit statuer sur le fait que la Chine « manipule » sa devise, ce qui, en vertu de la loi américaine, entrainerait des sanctions. Précédemment, Washington avait fait l’impasse, mais nous sommes désormais dans un monde différent, lorsque le taux de chômage U6 atteint 16,8%. [L’indicateur U6 prend en compte le chômage, le sous-emploi et les travailleurs découragés de rechercher un emploi - NDT]

« Il leur sera vraiment difficile d’éluder à nouveau le fait évident que la Chine manipule [sa devise]. Sans une menace crédible, nous n’arriverons à rien », juge l’économiste Paul Krugman, lauréat du prix Nobel.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao reste intraitable.

« Je ne pense pas que le yuan soit sous-évalué. Nous nous opposons à ce que les nations se pointent du doigt les unes les autres, ou même forcent un pays à apprécier sa monnaie », a-t-il déclaré hier [le 13 mars 2010]. Une fois encore, il a exigé que les Etats-Unis prennent des « mesures concrètes pour rassurer les investisseurs » sur la stabilité des actifs américains.

« Certains disent que la Chine est devenue plus arrogante et dure. Certains mettent en avant la théorie d’un soi-disant triomphalisme chinois. Ma conscience reste sereine, malgré les calomnies de l’extérieur », a-t-il affirmé.

Quelques jours auparavant, le Conseil d’Etat avait accusé l’Amérique de turpitudes en série : « aux Etats-Unis, les droits civiques et politiques des citoyens sont sévèrement restreints et violés par le gouvernement. Les droits des travailleurs sont gravement enfreints, ».

« Les Etats-Unis, par leur forte puissance militaire, ont exercé une hégémonie sur le monde, foulant aux pieds la souveraineté des autres pays et violant leurs droits de l’homme. »

« À une époque où dans le monde les droits de l’homme souffrent d’une grave catastrophe provoquée par la crise financière mondiale induite par la crise américaine des subprimes, le gouvernement américain se réjouit d’accuser d’autres pays. » Et ainsi de suite.

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Le crime organisé lâche le dollar pour l’euro

Pendant que l’euro subit les aléas budgétaires des pays du sud de l’UE, un pan de l’activité mondiale ne jure plus que par la monnaie unique : le crime organisé. L’économie souterraine a tourné le dos à un dollar en déclin pour profiter des avantages de la devise européenne. Enquête.

D’Amérique latine aux ex-républiques soviétiques en passant par les Balkans, les trafics de stupéfiants, d’armes, d’être humains, d’organes et autres contrefaçons fleurissent. Fini le dollar, tout se négocie désormais en euros. Surtout depuis que les frasques des spéculateurs de Wall Street ont fait dégringoler le billet vert.

Cet engouement du crime organisé pour la monnaie unique ne date pas d’hier, mais la chute des marchés financiers et la crise économique ont dopé l’appétit des mafias et autres triades pour l’euro. Plus stable et au change plus avantageux que le dollar, on le trouve désormais partout, d’un bout à l’autre de la planète.

«Moins de valises»

Des sept différentes coupures disponibles, c’est la plus grande, le billet de 500 euros, qui a la préférence du crime organisé. «C’est logique, il faut près de cinq fois moins de valises pour transporter un montant en liasses d’euros qu’en dollars», s’exclame Cédric Tille, ancien collaborateur de la Réserve fédérale américaine à New York et professeur à l’IHEID à Genève.

Un avantage central, que soulignent d’autres spécialistes des questions monétaires, comme le professeur d’économie, écrivain et chercheur Charles Wyplosz : «Ces transferts de fonds illégaux doivent se faire le plus discrètement possible pour échapper aux contrôles. Il n’est donc pas étonnant qu’on recoure à ces grosses coupures».

Mondialisation de l’euro

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La livre sterling, nouvelle cible des marchés

On dit l’euro sous pression, vulnérable, attaqué… A écouter le gérant star Jim Rogers, il y a plus fragile encore : la livre sterling. Une monnaie “au bord de l’effondrement”, selon l’ancien associé du financier américain George Soros, avec lequel il avait fondé le célèbre hedge fund Quantum dans les années 1970.

“La livre est déjà dévaluée par rapport à presque toutes les devises sauf le dollar zimbabwéen”, a aimablement fait remarquer M. Rogers, jeudi 25 février. “Elle sera particulièrement exposée d’ici les élections au Royaume-Uni.”

De fait, la livre est tombée vendredi à 1,5167 dollar, son cours le plus bas depuis mai 2009. Depuis le début de l’année, la devise britannique s’est dépréciée de 5,5 % par rapport au billet vert. Et la chute n’est pas finie, si l’on en croit les prévisions de George Magnus, le très respecté chef économiste d’UBS à Londres.

En cas de victoire des conservateurs aux élections législatives, prévues d’ici à juin 2010, la livre sterling pourrait dégringoler à 1,05 dollar, affirme M. Magnus. A un cheveu du niveau tabou de parité de 1 pour 1 avec le billet vert.

Les tories ont promis des mesures d’austérité pour réduire le lourd déficit budgétaire du pays. Mais faut-il tailler en urgence dans les dépenses publiques ? Le Fonds monétaire international (FMI) recommande au contraire d’y aller prudemment. Tout comme les travaillistes de Gordon Brown, qui disent ne vouloir prendre aucun risque sur la croissance.

Selon les chiffres publiés vendredi, le Royaume-Uni est sorti de la récession plus vigoureusement que prévu au quatrième trimestre 2009, avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 0,3 %. Mais les experts s’accordent à pronostiquer un premier trimestre 2010 calamiteux.

Pour le futur gouvernement, le choix est cornélien. Soit il applique une politique restrictive, au risque d’hypothéquer la reprise. Soit il choisit d’attendre, en espérant garder la confiance des marchés, malgré la dérive des comptes publics. En 2009, le déficit budgétaire du Royaume-Uni représentait 11,8 % du PIB et devrait atteindre – comme la Grèce – 12,5 % en 2010.

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La Chine, le papier-monnaie et les actifs réels

« Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro ».

Voltaire avait vu juste : depuis la création de la Fed (Réserve fédérale américaine) en 1913, le dollar a perdu 96% de sa valeur.

En d’autres termes, un épargnant qui, depuis cette date, aurait conservé son avoir en billets verts, serait ruiné.

C’est la raison pour laquelle la Chine, qui dispose de quelque 2400 milliards de dollars de réserves de changes, investit aujourd’hui à tout-va dans des actifs réels : or, minerais et entreprises minières, pétrole, gaz naturel, terres agricoles, forêts, etc.

Une façon de nourrir sa formidable croissance certes, qui la pousse à « participer activement » à la compétition pour les ressources naturelles, mais aussi parce que cela vient compenser l’érosion continue de ses réserves monétaires : si le dollar baisse, le prix des actifs libellés en dollars augmente.

D’autant plus que ces acquisitions d’actifs se font à l’aide de dollars. On en arrive donc à cet étrange paradoxe : d’un côté la banque centrale chinoise achète du dollar par pelletées pour éviter une appréciation du yuan qui serait préjudiciable aux exportations, moteur de la croissance ; c’est ce qui explique l’actuel regain de forme du billet vert, les mésaventures de la Grèce et autres PIGS de l’Union européenne faisant le reste. D’un autre côté, la Chine se déleste discrètement de ses dollars en les échangeant contre des valeurs concrètes, contribuant à l’érosion de la devise qui constitue la plus grosse partie de son trésor.

Comme on le voit, à l’instar des politiques monétaires américaine ou européenne de « sortie de crise, » le succès de la Chine en matière de gestion des changes dépendra de la finesse de son pilotage. Mais une chose est sûre : le jour où elle estimera pouvoir se passer de son grand rival et néanmoins partenaire, elle lâchera la devise américaine, sans le moindre scrupule.

Olivier Demeulenaere

(Merci à anti-Hacker)

Le nouveau monde

Les grands équilibres économiques et géopolitiques se modifient à un rythme stupéfiant ; la Chine, l’Inde et le Brésil contestent l’hégémonie américaine.

«Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l’eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces. Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d’une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d’être indifférents aux souffrances à l’extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.»

Dans son discours d’investiture, le 20 janvier 2009, Barack Obama résume à grands traits son ambition et les nouvelles réalités qu’il s’apprête à affronter. Le monde, en effet, a beaucoup changé et bascule vers un nouvel équilibre. On le devinait, les indices s’accumulaient.

Les grands chiffres économiques le confirment : en 2009, la Chine est devenue la première puissance exportatrice devant l’Allemagne. En 2010, cette même Chine détrônera le Japon et deviendra la seconde économie du monde. L’Inde, dont on a sous-estimé les réformes et le parcours, retrouve peu à peu la place qui fut la sienne durant des siècles (voir infographie) par le seul fait de sa population. Le Brésil, le pays du président Luiz Inácio Lula, a trouvé la fierté et l’assurance qui lui manquaient. Pour la première fois de son histoire, le géant vert du continent sud-américain a réduit sa dette et prêté au FMI les milliards qu’il redoutait, il y a peu encore, de devoir emprunter.

Si la monnaie est bien le reflet de la richesse d’une nation, ainsi que l’affirme la théorie économique, le cours du dollar témoigne de la fin d’une hégémonie qu’on accorde à un empire tout-puissant, sans rival à sa taille. Lire la suite

Le sud de l’Europe pourrait plomber l’€uro

Depuis quelques mois, le ton des dirigeants européens, relativement à la situation économique de la zone euro, se voulait rassurant.

À tel point que certains élus évoquaient la possibilité de revenir, progressivement, sur certaines mesures lancées au plus fort de la crise pour soutenir la consommation.

Le pessimisme était de retour cette semaine, après que les grandes agences de notation eurent mis en relief, par de retentissantes décotes, la précarité financière de plusieurs pays du continent, qui peinent à faire face aux coûts inhérents à leurs plans de relance et de sauvetage des banques.

«De la Baltique à la Méditerranée, l’ardoise d’une orgie inédite d’emprunts arrive à échéance,» résumait il y a quelques jours un journaliste du New York Times.

Les craintes des marchés financiers portent surtout sur les pays du sud de l’Europe – Portugal, Italie, Grèce et Espagne – fréquemment désignés aujourd’hui dans la presse anglo-saxonne par l’acronyme Pigs, formé des premières lettres de leur nom en anglais.

La métaphore porcine se veut évidemment péjorative et donne lieu à toutes sortes de jeux de mots illustrant les craintes des analystes. Même dans la presse francophone, comme l’a montré le journal économique La Tribune en parlant du fait qu’un «vent de cochon souffle» sur l’euro.

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Le pire est devant nous

Les médias nous rassurent régulièrement sur la reprise économique éventuelle, nous invitant à investir de nouveau dans une économie sur le point de reprendre du poil de la bête ou qui serait même déjà de nouveau sur les rails. Pourtant, si on y regarde de plus près, les grandes banques à travers le monde craignent un effondrement possible et total de l’économie mondiale.

Hausse de la dette des pays développés en seulement une décennie:

La Société Générale a publié un rapport en novembre dernier dans lequel l’institution financière suggère à ses clients de se préparer à un éventuel effondrement de l’économie mondiale. La SocGén a intitulé cette possibilité «le pire scénario de la dette», et précise qu’il ne s’agit que d’une «exploration des dangers possibles» et non une prédiction officielle sur l’avenir de l’économie mondiale. Cependant, à la lecture du rapport et de certains articles parus, les faits ne mentent pas : la dette des pays développés  grimpent en flèche, en particulier celle des États-Unis.

Le Figaro y consacrait un article le 20 novembre dernier : «Le pire pourrait être devant nous. C’est une des hypothèses qui ressortent d’un rapport de la Société Générale, intitulé « le pire scénario de la dette », selon lequel les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transféré des passifs du secteur privé au secteur public, créant une nouvelle série de problèmes.»

Ce qui contredit le message qui est matraqué continuellement dans les médias, selon lequel la reprise économique est à nos portes.

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La crise monétaire internationale et le traité du “SUCRE”

Jacques Sapir décrypte la crise monétaire, explique pourquoi le remplacement du Dollar (voué à la déchéance) par l’Euro en tant que monnaie de réserve à l’échelle mondiale ne lui paraît pas possible et surtout, décrit une initiative à l’échelle des pays du Sud, pour trouver une solution à la crise déclenchée dans les pays du Nord.

Selon lui, il s’agit de l’un des événements internationaux plus importants de ces vingt dernières années.

L’échec de la tentative de ces derniers jours des Banques Centrales à inverser le cours du Dollar américain, et l’impossibilité d’exercer des pressions efficaces pour une réévaluation du Yuan chinois, indiquent bien que la question des changes est aujourd’hui au-delà de ce que peuvent contrôler les pays du G-20. En particulier, rien ne semble pouvoir arrêter le processus de surévaluation de l’Euro. Les bribes de réglementation sur la question des rémunérations et des bonus qui ont été arrachées ne sauraient ici tromper qui que ce soit.

La crise du Dollar va donc continuer à s’amplifier dans les mois à venir, provoquant des ajustements qui – en raison de leurs poids cumulatifs – vont très probablement conduire à une crise ouverte du système monétaire international. Les marchés des matières premières – hydrocarbures mais aussi céréales et métaux – seront de plus en plus déstabilisés car ils deviendront l’un des refuges de la spéculation.

Faute d’aboutir à une solution concertée, qui clairement n’est pas possible aujourd’hui, c’est bien vers des initiatives régionales que l’on s’oriente. Dans leurs formes actuelles cependant, ces initiatives ne sauraient constituer qu’un palliatif. Il est même douteux que pour certaines d’entre-elles, et l’on pense ici spécifiquement à l’Euro, il arrive à se constituer en réelle alternative.

Dans ce cadre, une initiative importante a été prise ces dernières semaines. Le traité établissant le SUCRE, ou le Système Unifié de Compensation, ratifié le 16 octobre 2009 par cinq pays à l’initiative du Venezuela, apparaît comme une initiative au poids symbolique extrêmement important. Lire la suite

Ces bulles spéculatives qui menacent d’éclater

Un an à peine après l’effondrement des marchés financiers, plusieurs poches spéculatives sont déjà en train de se reformer. Certains économistes s’alarment d’un remake alimenté par l’excès de capitaux en circulation.

C’était il y a un an à peine : les investisseurs paniqués par la débâcle financière retiraient comme un seul homme leurs actifs de tous les marchés un tant soit peu risqués.

N’était-ce là qu’un mauvais rêve ? Depuis, la conjoncture s’est améliorée, l’appétit pour le risque est revenu, et l’euphorie d’avant crise ne paraît déjà plus si loin. Aujourd’hui, tout monte : depuis le début de l’année, les marchés boursiers des pays émergents ont pris 95 %, le pétrole 120 %, tandis que le cours de l’or atteint des niveaux record !

Serait-ce déjà le retour de la bulle ? C’est le désormais célèbre économiste américain Nouriel Roubini, professeur à l’université de New York, qui a mis les pieds dans le plat, dans un article paru, le 1er novembre, dans le Financial Times : “Nous assistons au gonflement de la plus grande bulle de l’Histoire”, écrit-il, prophétisant “la plus grande explosion que l’on ait jamais vue”.

Et, comme le “Dr Catastrophe” – son surnom – avait prédit avec la plus grande précision l’enchaînement diabolique des subprimes, tout le monde se remet à trembler… Lire la suite

(21.10.2009)

► BioMérieux porté par l’impact de la grippe H1N1

Le groupe de diagnostic in vitro bioMérieux a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 12,8% au 3e trimestre, notamment grâce aux ventes liées à la grippe H1N1, et annoncé un nouveau relèvement de son objectif de marge pour 2009. Challenges

► La commission sur le grand emprunt rabaisse les ambitions

Après Alain Juppé, qui évaluait mercredi à 50 milliards d’euros “la limite haute” du futur emprunt, Michel Rocard place le curseur encore un peu plus bas, à 30 milliards. Dans des déclarations précédentes, les deux ex-Premiers ministres – l’un UMP, l’autre socialiste – évoquaient la possibilité d’étaler l’emprunt sur plusieurs années, dont une première tranche limitée à 20 milliards d’euros en 2010. L’Express

► GDF Suez ouvert à l’entrée d’un fonds souverain chinois à son capital

Je n’ai rien demandé, je n’ai pas d’actions à vendre. Ce sont eux qui sont venus nous voir, désireux d’étudier un investissement minoritaire de long terme… Dans ces conditions, bienvenue,” a déclaré M. Mestrallet, PDG du groupe d’énergie GDF Suez. Créé pour aider la Chine à trouver les placements les plus rentables pour ses énormes réserves de devises, le fonds CIC (China Investment Corporation) disposait de 297,5 milliards de dollars d’actifs fin 2008. AFP

► La valeur des participations de l’État a fondu de 24 milliards

Au 15 septembre 2009, la valeur des actions détenues par l’Etat s’élevait à 104,6 milliards d’euros, contre 128,5 milliards un an plus tôt. Le total des dividendes qui seront perçus par l’État actionnaire en 2009 devrait s’établir à 4,9 milliards d’euros contre 5,6 milliards en 2008. Challenges

L’agonie du dollar et le besoin d’une nouvelle unité d’échange (Archives)

Tribune Libre de Boreas – En contrepoint de cette tribune, FDS vous propose une vidéo récente de Pierre Hillard

Lors du dernier G8 du 08 au 10 juillet 2009 à L’Aquila (Italie), le Président russe Medvedev a fait sensation en présentant, pour souligner le fait que le sujet était d’actualité, une monnaie mondiale fictive.

Cette monnaie, dont un échantillon a été remis à chaque représentant d’un pays participant au G8, s’inscrit dans le cadre d’un projet élaboré par une Fondation italienne, créée par le Dr Sandro Sassoli en 1996, qui fait du lobbying en ce sens. Cette fondation prétend vouloir développer, à travers la création d’une monnaie mondiale ayant pour devise «Unity in diversity» («L’unité dans la diversité» ), un esprit de fraternité et de paix, tout en préservant les particularismes et les droits nationaux. A chacun de se faire son idée, à la lecture de la charte de cette organisation et de ses autres publications.

Quoi qu’il en soit, on pourrait être tenté de penser que le Président Medvedev et, à travers lui, les autres participants au G8, ont voulu promouvoir une fois de plus ce «Nouvel Ordre Mondial» dont Nicolas Sarkozy et, avant lui, plusieurs membres de la classe politique et de l’intelligentsia mondialistes, font leur idéal.

«Nouvel Ordre Mondial» qui se traduirait, dans l’esprit de ses promoteurs, par un gouvernement mondial supranational, facteur de paix et de prospérité, et serait en fait, aux yeux de ses détracteurs, une dictature technocratique bénéficiant à ce que Jacques Attali a appelé «l’hyperclasse», constituée de quelques dizaines de millions de personnes détenant et/ou contrôlant toutes les richesses de la planète, au détriment du reste de la population, réduite pour l’essentiel à l’état de sous-consommateur métissé, sans identité et sans autre liberté que la soumission à un matérialisme tout-puissant.

En réalité, la nécessité d’une valeur ou d’une monnaie internationale n’est pas nouvelle. Lire la suite