L’industrialisation favorise-t-elle la prospérité à long terme ?

Certaines caractéristiques géographiques qui ont été propices au développement économique lors de l’étape agricole se sont révélées être des obstacles à la transition vers l’étape industrielle du développement. Pourtant, selon la croyance conventionnelle partagée par de nombreux économistes, la prospérité a persisté dans les économies qui ont connu une industrialisation précoce.

Répartition de la puissance totale des machines à vapeur entre 1960 et 1965

En l’occurrence, le développement industriel est un catalyseur pour la croissance économique, dans la mesure où il aurait un effet persistant sur la prospérité économique. Pourtant, les régions industrielles qui étaient prospères en Europe occidentale et aux États-Unis au dix-neuvième siècle ont connu un déclin relatif par rapport aux autres régions de leur pays respectif. C’est le cas des Midlands au Royaume-Uni, de la Ruhr en Allemagne ou encore de la Rust Belt aux États-Unis.

De leur côté, Raphaël Franck et Oded Galor (2015) suggèrent que l’adoption de technologie industrielle est certes initialement favorable au développement économique, mais qu’elle exerce par contre un effet nuisible sur les niveaux de vie à long terme.

Après avoir recueilli des données allant du dix-neuvième siècle jusqu’au début du vingt-et-unième, les auteurs observent les différences régionales dans l’adoption des machines à vapeur durant la Révolution industrielle en France, avant d’observer les différences régionales dans les performances macroéconomiques, avec en tête l’idée de rechercher comment l’écart de revenu entre les départements qui se sont le plus rapidement industrialisés et les autres départements a évolué au cours du temps.
Lire la suite

Chine : Près de 5 millions de personnes meurent chaque année de “maladies de civilisation”

Le pays se trouve confronté à de nouveaux défis sanitaires liés à son développement économique et coûtant des dizaines de milliards de dollars chaque année.
La pollution, l’obésité, le tabagisme et les accidents, en majorité liés à la circulation, tuent plus de 4,7 millions de Chinois chaque année et coûtent des dizaines de milliards de dollars chaque année, selon une étude publiée dans The Lancet.Espérance de vie Le Dr Jeffrey Koplan, de l’Université Emory à Atlanta, et ses collègues relèvent que la Chine a fait “des progrès remarquables dans le contrôle des maladies infectieuses et dans la santé maternelle et infantiles” et réussi à faire passer la durée de vie moyenne des Chinois d’environ 40 ans en 1950 à 76 ans en 2011.

Mais dans le même temps, le pays se trouve confronté à de nouveaux défis sanitaires, liés à son développement économique rapide et à l’adoption par sa population d’un mode vie se rapprochant de celui des pays développés.

Lire la suite

La Chine ne manque pas seulement de matières premières, mais aussi de terres arables

On estime à 9 % la part de la Chine dans le total des terres arables du monde. Avec quoi elle doit nourrir 20% de la population mondiale.

Vue aérienne de l’urbanisation près de Pékin

Le total des terres arables de la Chine est à peine supérieur à 120 millions d’hectares, qui est, pour les autorités chinoises, une ligne rouge à ne pas franchir. C’est ce niveau qu’elles considèrent comme la surface minimale pour subvenir aux besoins alimentaires des Chinois.

Le gouvernement chinois vient d’annoncer la mise en valeur de plus 50 millions d’hectares supplémentaires d’ici à 2020. C’est une des voies praticables pour résoudre le problème de la pénurie des terres arables.

Une autre voie, c’est un contrôle plus rigoureux de l’urbanisation.

Depuis la fin des années 1940, 600 villes sont sorties de terre, dont 90 comptent aujourd’hui plus d’un million d’habitants. L’urbanisation du pays est une tendance irrépressible. En Chine comme partout ailleurs dans le monde et en tout temps, elle accompagne le développement économique. Mais par sa puissance, le marché immobilier a souvent procédé au détriment de l’agriculture en construisant sur des terres cultivables. Et l’urbanisation progresse le plus vite dans l’est du pays, là où précisément se trouvent ces terres.

Lire la suite

Allemagne : Berlin, capitale inachevée ?

Berlin, capitale de l’Allemagne réunifiée, porte les traces d’une histoire douloureuse. Capitale du Troisième Reich, puis symbole de la division du pays pendant la guerre froide, la ville doit construire son identité sur les traces de son passé. Le Dessous des Cartes s’intéresse au lien entre mémoire et urbanisme à Berlin.

Partie 1:

Après la chute du Mur, Berlin a dû relever de nombreux défis : devenir la capitale unifiée de l’Allemagne, en accueillir les institutions et poursuivre son développement économique pour rattraper les villes de l’ouest du pays. Le dessous des cartes retrace le chemin parcouru par Berlin depuis la réunification.

Partie 2:
Lire la suite

Brésil : Favelas et Contre-Insurrection

Transformer un million de consommateurs clandestins en clients déclarés, en dépit de la simplicité de la formule, est une tâche extrêmement délicate, qui exige la rupture d’un « pacte socio-spatial » qui était en vigueur tacitement dans la ville.“  Eduardo Tomazine Teixeira :

La pacification des favelas de Rio de Janeiro : une « contre-insurrection préventive » ?

Image de prévisualisation YouTube

Les télégrammes de la diplomatie américaine divulgués par Wikileaks prouvent que la politique de « pacification » des favelas ressemble beaucoup à la doctrine contre-insurrectionnelle appliquée par les États-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais qui sont les insurgés de Rio de Janeiro ? S’agit-il des narcotrafiquants, dont le pouvoir des armes masque leur médiocre organisation et leurs intérêts purement commerciaux ; ou au contraire, est-ce la population des favelas qui fait l’objet de la « pacification » ?

Lire la suite

Russie : Le plan de Poutine, un “grand bond” incertain

Vladimir Poutine a fixé pour son retour au Kremlin des objectifs plus qu’ambitieux pour propulser la Russie aux premières places de l’économie mondiale, mais la possibilité de ce “grand bond” en avant suscite des doutes malgré des perspectives plutôt favorables à court terme.

La Russie observe avec hauteur la crise qui submerge les Etats endettés de la zone euro, soutenue par une croissance solide de 4,9% au premier trimestre. Sur l’ensemble de l’année, elle table sur un léger déficit budgétaire, de 0,3% du produit intérieur brut (PIB).

Les chiffres du PIB au premier trimestre, meilleurs que prévu, montrent que la Russie, jusqu’à présent, reste relativement protégée de la crise en Europe“, a souligné Chris Weafer, stratégiste de la banque d’investissement moscovite Troïka Dialog.

Mais Vladimir Poutine est aussi bien conscient qu’une crise majeure en zone euro affecterait sévèrement les exportateurs russes et limiterait les recettes en pétrodollars.

Le chef de la Banque centrale russe, Sergueï Ignatiev, s’est cependant dit cette semaine optimiste pour son pays.

Le 7 mai, quelques heures après avoir repris les fonctions de président abandonnées quatre ans pour le poste de Premier ministre pour des raisons constitutionnelles, M. Poutine a signé un décret sur la politique économique du pays.

Ce décret prévoit de créer et moderniser 25 millions d’emplois à haute productivité d’ici 2020, d’accroître les investissements pour qu’ils atteignent au moins 25% du PIB d’ici 2015, d’accroître la productivité du travail de 150%.

Lire l’intégralité de l’article sur 20minutes

La zone euro en soins intensifs. En attendant une nouvelle crise ?

Pendant plus de six mois, depuis novembre 2009, Bruxelles a observé avec un vif intérêt comment la Grèce, au bord de défaut de paiement, a couru à la vitesse de celui qui va « rater son train » vers la Gare centrale de l’euro en menaçant de la détruire. Enfin, le 10 mai, l’Union européenne a décidé de créer un « mécanisme de stabilité financière. » Il s’avère cependant qu’il faut sauver déjà non pas l’Hellade, pas même la zone euro, mais l’UE dans son ensemble.

Les sommes citées coupent le souffle aux simples mortels. Il s’agit d’une « caisse de secours mutuel » de plus de mille milliards de dollars (750 milliards d’euros). Cette action a déjà apaisé la panique mais on est encore loin des changements structurels attendus au sein de l’Eurogroupe (16 pays de la zone euro). Le fait est que le développement économique de ces pays, leur niveau d’endettement et leur capacité à régénérer l’économie (base de tous les problèmes des États membres de l’UE) sont très différents.

Pour évaluer l’ampleur du désastre qui approchait, on peut rappeler que l’administration des États-Unis avait été contrainte d’allouer 545 milliards d’euros en 2008 afin de couvrir les « mauvais prêts » des banques américaines. L’UE alloue 750 milliards d’euros pour les « mauvais prêts » de pays entiers.

Lire la suite

Label “Made in France”

En janvier 2010, était proposé sur le Blog Économique et Social la création d’un label “Made in France” avec même un détail concernant la conception, l’assemblage et l’emballage. Finalement le gouvernement finit par y venir et un rapport devrait être disponible le 5 mai prochain sur le sujet.

Christian Estrosi indique qu’il s’agit « d’informer le consommateur qu’une majorité de la fabrication d’un produit donné, de la conception à l’assemblage (en) passant par ses composants, est faite en France ». Estrosi veut un étiquetage qui affiche l’origine et le pourcentage de chacun des composants d’un produit. Selon un sondage commandé par le ministère de l’Industrie, 88 % des Français estiment que les entreprises françaises doivent produire majoritairement en France pour soutenir la croissance et l’emploi.

Mais la création d’un tel label n’est pas suffisant, il faut surtout mettre en place une politique économique qui considère que l’industrie est au coeur du développement économique de la France.

À cette occasion, BFM y consacre un dossier sur son site. L’occasion d’étudier les témoignages proposés et d’y réagir.

Lire la suite