Kenya : Un kiosque solaire chez les Masaï

Joël Laranoi Kanunga vit au sud du Kenya, dans le village d Entosopia, au cœur de champs fertiles produisant fruits, légumes et céréales. Pour aider son village à se développer, il projette d’investir dans un kiosque solaire fabriqué en Allemagne: un bouleversement des traditions ancestrales et un gros investissement personnel.

Les meilleurs moyens de combattre l’extrême pauvreté

Par

En 1950, le revenu annuel des citoyens de la Corée du Sud et du Pakistan était sensiblement le même. Aujourd’hui, il est difficile de comparer les deux pays. Le revenu par habitant des Sud-Coréens a été multiplié par 23 depuis cette date, et celui des Pakistanais par 3 seulement.

Comment aider les pays les plus pauvres à reproduire le succès sud-coréen est l’une des plus importantes questions posée à l’heure actuelle à la communauté internationale. Améliorer les perspectives économiques permettra à des pans entiers de la population mondiale de bénéficier d’une meilleure santé, d’une éducation plus poussée, d’une vie plus longue et d’une vulnérabilité moindre face à de nombreux défis, dont les catastrophes naturelles.

Une grande partie des 169 cibles de développement proposées par les Nations unies pour les 15 prochaines années ont fondamentalement trait à une réduction de la pauvreté. Mais ces cibles ne sont pas toutes de valeur égale. Le Centre du Consensus de Copenhague, dont je suis le directeur, a récemment demandé à 60 équipes d’économistes d’évaluer les coûts et bénéfices de chacun des objectifs proposés, qui remplaceront en septembre prochain les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

A première vue, l’un des objectifs qui semble le plus louable – le plein emploi pour tous – est en fait l’un des moins souhaitables. Malheureusement, ce n’est pas un objectif, mais un rêve. Les économies ont besoin d’un certain taux de chômage pour permettre aux salariés de changer d’emploi et la plupart des gouvernements mettent déjà l’accent sur la création d’emplois.

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Inde : Aux sources du capitalisme du sous-continent

Aujourd’hui la 10e puissance mondiale en termes de valeur nominale du PIB, l’Inde reste largement absente des travaux comparatifs sur les variétés du capitalisme contemporain. L’historien de l’économie Claude Markovits revient ici sur le rôle du colonialisme, de la diaspora ou encore de la caste sur l’évolution de l’industrie et du capitalisme en Inde.

Quel a été l’impact de la période coloniale britannique sur le développement de l’industrie et l’expansion du capitalisme après l’indépendance ?

Claude Markovits: C’est une idée fort répandue en Inde que l’héritage de la période coloniale a pesé lourd sur le développement industriel et l’expansion du capitalisme après l’indépendance. Mais, quand on cherche à définir plus précisément les aspects négatifs de l’héritage colonial, on se heurte à certaines difficultés.

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Afrique de l’ouest : La fraude des multinationales dépasse l’aide au développement

Entre évasion fiscale et minoration des revenus déclarés pour payer moins d’impôts, les multinationales ont fait sortir illégalement 210 milliards de dollars de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cédéao) entre 2002 et 2011, selon un rapport de la fondation Osiwa, qui promeut la transparence et la bonne gouvernance en Afrique de l’ouest.

Le montant des fraudes, qui a augmenté de 23% durant la décennie, s’élevait en 2011 à 18 milliards de dollars, alors que l’aide au développement dont bénéficie la région n’est évaluée qu’à 12 milliards de dollars. Le Nigeria est le pays le plus touché avec 142 milliards de dollars de pertes fiscales sur cette période.

«Les conséquences sont catastrophiques. La preuve est ce qu’on vit avec Ebola, où les États concernés n’ont pas le minimum de moyens pour faire face aux besoins», observe Ibrahima Aidara, l’un des auteurs du rapport.

«Les multinationales sont fautives. Normalement, si elles sont prises en faute, des mécanismes judiciaires doivent s’appliquer. Mais comme tout se fait de manière opaque et que les fraudes ont la bénédiction des pays développés», il n’en est rien. Seuls le Ghana et le Nigeria disposent de lois encadrant ce genre de fraude.

Les exonérations fiscales accordées par certains gouvernements de la région aux entreprises, dont les montants atteignent parfois 40% du budget étatique, n’attirent pas en prime tant d’investissements directs étrangers.

Libération

(Merci à Horatius)

Le gaspillage de nourriture dans un monde qui a faim

Un quart de la nourriture produite dans le monde est perdu chaque année à cause de récoltes inefficaces, de mauvaises conditions de stockage et de gaspillage par les ménages. Réduire ce gaspillage de moitié permettrait de nourrir un milliard de personnes de plus – et règlerait une fois pour toute le problème de la faim.

L’ampleur de ce gâchis de nourriture est particulièrement affligeante à la lumière des conclusions d’une nouvelle étude mondiale, L’État de l’insécurité alimentaire dans le monde de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Selon la FAO, 57 pays en développement ont échoué à réaliser l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), arrivé à échéance cette année, qui était de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim. Un individu sur neuf, soit 795 millions au total, se couche le ventre vide.

A l’horizon 2050, la demande alimentaire aura quasiment doublé, d’une part parce qu’il y aura deux milliards de bouches à nourrir en plus et de l’autre à cause de l’appétit croissant d’une classe moyenne émergente.

Bien entendu, des progrès remarquables ont également été enregistrés: au cours du dernier quart de siècle, le monde a nourri deux milliards de personnes de plus et, malgré l’échec de ces 57 pays, le monde en développement dans son ensemble a presque réduit de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim.

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Des drones pour le développement

Ces dernières années, les véhicules aériens sans pilote ont peuplé l’imagination et les cauchemars du monde entier. En avril, l’United States Navy a annoncé un programme expérimental appelé LOCUST (Low-Cost UAV Swarming Technology, ou technologie low-cost d’essaimage par véhicules aériens sans pilote), qui selon les déclarations vont permettre « de maîtriser un adversaire de manière autonome » et donc « de fournir aux marins et aux troupes d’infanterie de marine un avantage tactique décisif.  »

Avec un nom et une mission de ce genre et compte tenu des antécédents peu glorieux du point de vue éthique de la guerre des drones, ce n’est pas vraiment une grande surprise si de nombreuses personnes affichent leur répulsion face à la prolifération constante des robots volants.

Les drones de fret vont se développer dans un secteur encore plus étendu ces prochaines années, tout simplement parce que libérés de la charge des passagers humains et de leurs systèmes d’assistance respiratoire, ils voleront à un plus faible coût tout en restant aussi rapides et aussi sûrs.

Il y a de grandes chances que l’utilisation industrielle de l’espace aérien à basse altitude se maintienne. Plus de trois millions d’humains volent dans le ciel chaque jour. Chaque grande implantation humaine sur notre planète dépend d’une autre implantation par transports aériens. DJI, un fabricant de véhicules aériens sans pilote chinois, est à la recherche d’une valorisation de 10 milliards de dollars.

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Europe : Que fait l’EU pour favoriser le développement des pays les plus pauvres ?

À l’occasion des “Journées européennes du développement” à Bruxelles, nous vous proposons un débat sur la coopération internationale et la solidarité de l’Europe et des pays riches envers les pays les plus pauvres.

Chine : Les habitants étouffent

Première puissance économique du monde depuis 2014, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant.

S’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le dessous des cartes se penche aujourd’hui sur ses conséquences environnementales.

Éthiopie : Le défi vert

L’Éthiopie, un pays en plein développement qui s’est fixé un but: devenir en 10 ans un pays neutre en carbone. Ce nouveau tigre africain mise tout sur les énergies renouvelables : des projets pharaoniques à une échelle jamais vue dans le pays… Le défi est immense: changer le destin d’un pays marqué par la pauvreté.

Le casse-tête de la croissance

Le monde est confronté à un dilemme majeur. Si une croissance économique rapide, comme celle des 50 dernières années, est essentielle au développement, nous savons aussi aujourd’hui qu’elle peut avoir des conséquences néfastes, en particulier pour l’environnement. Comment pouvons-nous équilibrer les impératifs de la croissance et du développement avec la nécessité de garantir la durabilité ?

La croissance sans précédent du revenu par habitant au cours des vingt dernières années a sorti plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté. Dans les pays en développement, l’espérance de vie a augmenté de 20 ans depuis le milieu des années 1970 et le taux d’analphabétisme des adultes a été réduit de moitié environ ces 30 dernières années.

Mais cette croissance économique rapide a exercé d’énormes pressions sur l’environnement. Elle a de plus été accompagnée d’inégalités croissantes des revenus qui ont aujourd’hui atteint des niveaux historiques dans plusieurs pays (même si entre les pays mêmes, ces inégalités se sont atténuées). Dans ce contexte, l’on pourrait défendre l’idée qu’une croissance plus lente serait bénéfique pour le monde.

Dans ce cas, la solution est en vue. Selon un nouveau rapport publié par le McKinsey Global Institute (MGI), le vieillissement démographique et la baisse du taux de fertilité dans plusieurs régions du monde pourraient considérablement freiner la croissance mondiale au cours du prochain demi siècle.
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Pollution : Principale cause de mortalité dans les pays en voie de développement

Par Richard Fuller, président de Pure Earth (anciennement Blacksmith Institute) et membre fondateur de Alliance Globale sur la Santé et la Pollution.

Une autre statistique vaut la peine d’être mentionnée: 9 millions de personnes dans le monde sont mortes à cause expositions de la pollution des sols, de l’eau et de l’air (domestique et ambiante) en 2012, dont 8,4 millions dans les pays les plus pauvres. Ce n’est donc pas un problème de “pays riche”. C’est un problème qui touche les pays en voie de développement.

Pour illustrer ces chiffres, les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé font état de 56 millions de personnes mortes en 2012 — il s’agit de toutes les personnes décédées sur la planète, que ce soit des suites d’accidents de voitures, de suicides, de vieillesse, de cancer, d’erreurs médicales, par la foudre, de maladies infectieuses, en parachute, à cause des guerres, ou pour toute autre raison. Ce qui signifie que la pollution a tué près d’1 personne sur 7.

La pollution de l’air extérieur a fait 3,7 millions de morts. 4,2 millions de personnes sont mortes des suites d’exposition à des particules, en intérieur, provenant de cuisinières. Environ 1 million de personnes sont mortes en raison de sols et d’eaux contaminées par des produits chimiques. Et 840.00 sont mortes des suites d’un manque d’hygiène.

Tous ces chiffres proviennent des sites et bases de données de l’Organisation Mondiale de la Santé, sauf les statistiques concernant les sols, qui sont plus récentes (et vraisemblablement sous-estimées) et sont données par l’Alliance Globale pour la Santé et la Pollution.
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Inde : Les pôles de développement économique

L’économie de l’Inde pourrait bien se remettre en branle sous peu. Le nouveau gouvernement est en train de rétablir la rigueur budgétaire et de dynamiser l’appareil d’État, faisant tant renaître l’optimisme que le regain de confiance des entreprises dans l’économie a ranimé l’investissement, particulièrement dans les infrastructures.

Mais les perspectives générales de croissance de l’Inde masquent un ensemble disparate de potentiels économiques qui existent au sein des États, des districts, de villes et même des quartiers – des occasions que les entreprises ne peuvent repérer qu’après des analyses détaillées.

Les données économiques de l’Inde sont prometteuses. La croissance annuelle moyenne du PIB devrait osciller entre 6,4 % et 7,7 % jusqu’en 2025. Ceci se compare favorablement avec le taux de 4,7 % de l’an dernier et se rapproche de la moyenne de 7,7 % enregistrée dans la décennie avant 2012. Elle se démarque notamment des prévisions de stagnation à long terme du monde développé.

Cette accélération placerait l’Inde parmi les grandes économies du monde qui croissent le plus et où le nombre de consommateurs indiens qui peuvent se payer des biens de consommation discrétionnaires passerait de 27 millions en 2012 à 89 millions en 2025. Mais le potentiel est loin d’être uniforme.
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L’UE débloque 415 millions d’euros pour l’intégration continentale en Afrique

La Commission européenne vient d’annoncer le lancement de la première phase d’un programme à visée panafricaine doté d’une enveloppe de 845 millions d’euros. Les premiers projets, qui s’étendent sur la période 2014-2017 pour un budget de 415 millions d’euros, couvrent notamment la sécurité alimentaire, le commerce interrégional et le renforcement des institutions régionales.

Par Margaux Subra-Gomez

Alors que le continent africain regarde cette semaine vers Washington où se tient le sommet États-Unis-Afrique, c’est un autre programme de coopération internationale qui est lancé aujourd’hui… avec l’Union européenne.

845 millions d’euros

La Commission européenne a annoncé ce mercredi 6 août le lancement de la première phase de son “programme panafricain”, présenté en avril 2014 lors du 4e sommet UE-Afrique, à Bruxelles. Doté d’une enveloppe globale de 845 millions d’euros, ce plan, qui s’étend de 2014 à 2020, vise à favoriser le processus d’intégration de l’Afrique au niveau continental et constitue le premier programme européen couvrant l’ensemble du continent. Sa mise en œuvre, assure la Commission européenne dans un communiqué, se fera en parallèle et en complément aux autres programme de coopération européen, notamment le Fonds européen de développement.

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Aide au développement : Privatisation au profit des grandes multinationales

Un réseau d’ONG s’alarme de la montée en puissance des « institutions financières de développement » (IFD), mandatées pour soutenir les investissements du secteur privé dans les pays émergents. Ces banques dépendent de l’argent que leur versent États ou organisations internationales.


Team building Proparco “C’est comme ça”

Mais, peu contrôlées, elles auraient une fâcheuse tendance à favoriser les multinationales des pays riches, voire à financer des projets privilégiant la rentabilité économique plutôt que l’utilité sociale des investissements. Quitte à solliciter, si nécessaire, des fonds implantés dans les paradis fiscaux…

L’aide publique au développement (APD), en direction des pays pauvres, connaît-elle une privatisation silencieuse, déconnectée des besoins des populations mais conduite au plus grand bénéfice des entreprises multinationales ? Tandis que les parlementaires français entendent réduire le budget national consacré à cette aide publique, un rapport publié vendredi 11 juillet par le Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad) s’inquiète de la montée en puissance et de l’opacité de fonctionnement des institutions financières de développement (IFD).

Celles-ci sont en charge des aides orientées vers le secteur privé des pays émergents. Et pour elles, entreprises et marchés sont désormais considérés comme les principaux leviers de leur développement.
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Capital humain et inégalités de revenu

Au cours des dernières décennies, la plupart des pays en développement ont fourni d’importants efforts pour éradiquer l’analphabétisme dans plusieurs millions de personnes. Par conséquent, les inégalités dans l’éducation ont été réduites de plus de moitié: le coefficient de Gini du capital humain est en moyenne passé de 0,55 en 1960 à 0,28 en 2005.

Cependant, malgré le processus d’égalisation dans l’éducation, les inégalités dans la réparation du revenu a peu changé. La valeur du coefficient de revenu moyen pour le même groupe de pays en 2005 (0,41) est pratiquement aussi élevée qu’en 1960 (0,42).

Cette tendance n’est pas restreinte aux seuls pays en développement : en 1960, le coefficient de Gini du capital humain dans les pays à haut revenu de l’OCDE s’élevait à 0,22 et s’établissait à 0,15 en 2005, tandis que le coefficient de Gini du revenu est resté inchangé à 0,3.

Cette étude analyse les données empiriques ci-dessus en détails et contribue à la littérature de plusieurs manières. Premièrement, l’étude fournit l’ensemble de données le plus complet sur les variables associées aux inégalités en capital humain, couvrant 146 pays sur une période de 60 ans. (…) Deuxièmement, en utilisant cet ensemble de données, l’étude montre quelques nouveaux faits stylisés particulièrement intéressant en ce qui concerne l’évolution des inégalités en capital humain et les inégalités de revenu. (…)

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Inde – Népal : « Sur les sentiers de la rencontre »

Finalement, vers où nous mène la course internationale au développement ? Est-on plus heureux ? Quelles sont les conséquences de cette poursuite sur l’homme et la nature ? A-t-elle une fin ?

Quatre mois de tournage en Inde et au Népal sur plus de 2.000 km à pied, à la découverte de l’envers de l’économie moderne mais aussi du bonheur de la simplicité.

“L’objet de ce documentaire ce n’est pas l’histoire de mon voyage, c’est le simple témoignage de ce que j’ai vu et entendu, l’opposition entre ce monde de tous les excès et cette vie simple et peut être plus heureuse. Je suis parti avec beaucoup de questions, je pense avoir trouvé quelques réponses.”

(Merci à Tilak)

Pays émergents : La nouvelle classe moyenne menacée de pauvreté

Près d’un milliard de personnes dans les pays en voie de développement courent à nouveau le risque d’être exclus de la classe moyenne naissante. Cela ressort d’une analyse du journal britannique Financial Times.

Cette constatation fait naître des questions sur le caractère durable de la diminution de la pauvreté ces 30 dernières années.L’inégalité croissante et le ralentissement mondial de la croissance économique créent en outre des problèmes pour des entreprises qui ont lourdement investi dans des marchés émergents.

On craint surtout l’impact d’une croissance ralentie sur la disparition d’une grande classe moyenne dans des pays comme la Chine et l’Inde qui ont dû supporter l’économie mondiale du 21e siècle.

Le Fonds Monétaire International a mis en garde auparavant contre une longue période de développement économique limité, alors que la Banque Mondiale a aussi annoncé que la croissance des économies émergentes pourrait retomber vu les évolutions avant l’éclatement de la crise financière mondiale il y a 6 ans.

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Votre “zone de confort” vous empêche-t-elle d’atteindre vos rêves ?

Quelle est votre zone de confort et quelles en sont les limites ? Éléments de réponse à travers cette vidéo qui nous permet d’observer avec recul tout ce qui nous entoure au quotidien.

(Une fois que vous avez lancé la vidéo, si les sous-titres français n’apparaissent pas par défaut, cliquez sur l’icône rectangulaire à droite de l’horloge.)

La France veut devenir un pays de robots

L’Etat participe au financement d’un nouveau fonds d’investissement destiné à doper la filière robotique française…

«Le robot n’est pas l’ennemi de l’emploi, il en est le fournisseur. Il ne faut pas en avoir peur.» Arnaud Montebourg croit à la réindustrialisation de la France par la robotique de services. C’est-à-dire par la construction de drones, de voitures autonomes, de robots de surveillance, de nettoyage, de sécurité domestique ou encore d’intervention chirurgicale.

Et pour le prouver, le ministre vient d’annoncer la contribution de l’Etat dans un nouveau fonds d’investissement, baptisé Robolution Capital. «Notre participation dans ce secteur à travers la Banque publique d’investissement (BPI), le bras armé du redressement productif en France, est l’une des plus importantes que nous ayons réalisée», explique Arnaud Montebourg.

Doté de 80 millions d’euros et également abondé par de grandes entreprises comme Orange, EDF ou Thales, Robolution Capital va permettre de financer la création et le développement de PME spécialisées dans la robotique de services. La France en compte déjà plusieurs – de nombreuses start-up mais également de grosses PME, comme le Groupe Gorgé, qui emploie 1.300 personnes.

Un marché de 200 milliards d’euros en 2024
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Serge Latouche : “La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique”

Entretien avec Serge Latouche, professeur émérite d’économie et un des principaux inspirateurs du mouvement de la décroissance. Il retrace ici les racines de la décroissance, entre Club de Rome, Yvan Illich et André Gorz.

Quelle est votre définition de la décroissance ?

C’est très difficile de définir la décroissance car je considère que ce n’est pas un concept, c’est une bannière, un drapeau. Pour moi, c’est un mot d’ordre qui permet de rallier les objecteurs de croissance. C’est aussi un horizon de sens vers lequel chacun chemine comme il l’entend.

La décroissance permet surtout de s’affranchir de la chape de plomb de l’impérialisme économique pour recréer la diversité détruite par l’occidentalisation du monde. Elle n’est pas à proprement parler une alternative, mais plutôt une matrice d’alternatives: on ne va pas construire une société décroissance de la même façon au Chiapas et au Texas, en Amérique du Sud et en Afrique… Il y a des histoires et des valeurs différentes.

Avec la décroissance, on n’est plus dans l’intérêt, l’égoïsme, le calcul, la destruction de la nature, dont l’homme serait maître et possesseur, ce qui définit le paradigme occidental. On veut vivre en harmonie avec elle et, par conséquent, retrouver beaucoup de valeurs des sociétés traditionnelles. On sort aussi de la vision « économiciste » de la richesse, de la pauvreté, de la rareté.
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Afrique du Sud : Les “BRICS” lancent leur banque de développement

Les dirigeants des pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), réunis à Durban en Afrique du Sud, se sont mis d’accord mardi pour créer une banque de développement commune destinée à financer des infrastructures, qui devrait leur permettre de se passer de la Banque mondiale.

[...] Derrière le discours politique unificateur, qui consiste à dire que les Brics doivent constituer une force économique et politique pour s’affranchir des puissances occidentales, se dissimulent cependant des appréhensions africaines.

C’est de fait l’implantation massive en Afrique de la Chine, le géant des Brics, qui pose question, certains estimant que la Chine n’est plus un pays émergent, et que ses relations économiques avec le continent s’apparentent désormais à une nouvelle forme de colonialisme.

La nouvelle banque devrait être dotée d’un capital de départ de 50 milliards de dollars, soit 10 milliards par pays. Quand bien même elle devrait avoir du mal à réunir une telle somme qui correspond à 2,5% de son produit intérieur brut (PIB), l’Afrique du Sud en a fait une priorité. Elle espère trouver ainsi un moyen de financer son ambitieux programme d’infrastructures et aussi les projets des pays voisins.
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L’essor sans précédent de l’Indice de Développement Humain du Sud

L’essor du Sud est en train de modifier radicalement l’aspect du monde du XXIème siècle, grâce aux nations en développement qui mènent la croissance économique, extirpant des centaines de millions de personnes de la pauvreté et propulsant des milliards de personnes supplémentaires dans une nouvelle classe moyenne mondiale. C’est ce que révèle le Rapport sur le développement humain 2013 du Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD).

Le Rapport sur le développement humain 2013 – L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié – dresse le tableau du développement des pays via l’actualisation du célèbre Indice de Développement Humain (IDH).

Ces nouveaux chiffres montrent une amélioration constante du développement humain dans la plupart des pays. D’après le Rapport 2013, « Tous les groupes et régions ont connu des améliorations significatives dans tous les composants de l’IDH, avec des progrès plus rapides dans les pays à IDH faible et moyen. Dans ce contexte, le monde devient peu à peu moins inégalitaire. »

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Protection de l’innovation : L’inflation des brevets s’explique aussi par l’extension de leurs domaines d’usage, tant privé que public

L’augmentation du nombre de dépôts de brevets génère des critiques. Pourtant, bien que coûteux, ce système de défense de l’innovation reste efficace, et les réflexions se poursuivent pour soutenir la politique d’innovation des PME. Mais si la hausse du nombre de demande de dépôts de brevets se poursuit, c’est aussi parce les organismes publics en déposent à tour de bras pour valoriser le résultat de leurs travaux. Et c’est encore, car le brevet endosse désormais de nouvelles utilités, notamment dans les domaines de la communication, du management et de la finance.

La première fonction du brevet (quel que soit le système national de brevet) est de protéger l’invention pour une période de temps limitée (aujourd’hui 20 ans maximum). Toutefois, pour l’obtenir, le déposant doit fournir un descriptif précis de l’invention qu’il a produite. [...] Il s’ensuit qu’avec le dépôt de brevet, il y a des risques de contrefaçon ou d’imitation de l’invention. Le système judiciaire s’avère tout à fait complémentaire du système de brevet, il permet au déposant de défendre ses droits. Il apparaît comme l’une des conditions d’un fonctionnement correct du système de brevet.

Ce paragraphe est extrait des Nouvelles fonctions du brevet – approches économiques et managériales, ouvrage coordonné par Pascal Corbel et Christian Le Bas. Le brevet à l’origine a pour but de protéger une invention, tout en favorisant l’innovation, puisque celle-ci est rendue publique et évite le recours au secret industriel. Le nombre croissant de dépôts de brevets (5,17 millions de demandes de brevets attendaient en 2010 d’être traitées au niveau mondial, selon un rapport de l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, une institution spécialisée des Nation Unies) est l’objet de critiques dans certains milieux.

Il y a une augmentation du nombre de brevets, sans doute supérieure aux dépenses de recherche et développement, et supérieure aux inventions produites”, confirme Christian Le Bas, auteur de l’ouvrage précité et professeur d’économie à l’université Lyon 2. Mais il ne se fait pas l’écho de ces inquiétudes. “Mais c’est parce qu’une invention est protégée par plus d’un brevet, on protège de plus en plus les rouages. La même invention va être protégée en France par une dizaine de brevets, plus des extensions dans le monde…

J’ai entendu parler de cette idée selon laquelle il y a trop de brevets. Ce n’est pas quelque chose qui me frappe, déclare Yves Bizollon, avocat associé chez Bird & Bird en charge de la propriété intellectuelle. Il y a, en France et en Europe, des dépôts raisonnables.” L’OMPI, qui a publié les chiffres de 2010, estime que le taux de croissance des dépôts de brevets est simplement corrélé au dynamisme des activités de recherche et développement.

Ce qui se dégage de nos chiffres, c’est une croissance au niveau mondial des demandes dans tous les domaines de la propriété intellectuelle, confirme Bruno Le Feuvre, statisticien à l’OMPI. La croissance de dépôts est généralement le signe d’une activité économique soutenue”. “Pour un constructeur automobile, il est important d’avoir un bon portefeuille de brevets, riche, sur les technologies qui ont de l’avenir, rappelle Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l’ingénierie avancée chez PSA, premier déposant en France. Quand vous faites une automobile, vous risquez d’être pris à parti sur la contrefaçon. Vous pouvez consciemment ou inconsciemment copier. Si vous avez un bon portefeuille de brevets, vous protégez votre modèle, et cela permet de répondre aux injonctions des concurrents.” C’est là l’utilisation classique du système brevet, qui malgré les critiques, semble toujours efficace pour protéger les innovations.

Protecteur et coûteux

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L’UE pourrait lever début 2011 son embargo sur les armes vers la Chine

L’Union européenne pourrait lever « début 2011 » l’embargo sur les ventes d’armes à la Chine imposé depuis la répression des manifestations de 1989 place Tiananmen, indique jeudi [30 décembre 2010] le quotidien français Le Figaro.

Song Zhe, ambassadeur de Chine à Bruxelles

Un diplomate européen proche du dossier a refusé de confirmer cette information, mais a reconnu que la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a présenté récemment aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE un rapport où elle préconise de lever cet embargo.

Cette décision nécessite l’approbation unanime des 27 pays de l’UE. Or la Grande-Bretagne se montre toujours réservée, a-t-on appris de source diplomatique.

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Coup de frein gouvernemental sur l’agriculture bio

Le projet de loi de Finances 2011, qui vient d’être adopté par le Sénat, réduit de moitié le crédit d’impôt sur les revenus accordé aux agriculteurs convertis à l’agriculture biologique.

"Split apple rock" (le rocher de la pomme coupée en deux) - Nouvelle Zélande

Après l’environnement, le bio ça commence à bien faire ?… Accusés de produire des aliments contenant des substances toxiques pour la santé du fait de l’usage intensif de pesticides de synthèse, d’appauvrir la terre par le recours massif aux engrais chimiques pour avoir des rendements de plus en plus élevés, d’assécher les cours d’eau pour irriguer les plantes, et de détruire la biodiversité, beaucoup d’agriculteurs gérant de petites exploitations se sont convertis à l’agriculture biologique, malgré les contraintes réglementaires très importantes, et les risques financiers.

Et ils ont été encouragés dans cette démarche par différentes aides accordées par l’Etat : aides financières à la conversion et au maintien, remboursables, et aide fiscale annuelle sous forme de crédit d’impôts lorsque au moins 40 % des recettes proviennent d’activités relevant du mode de production biologique. Le montant du crédit d’impôt étant égal à 2.400 euros, majoré de 400 euros par hectare exploité selon le mode de production biologique dans la limite de 1.600 euros, soit un maximum de 4.000€.

Ce crédit d’impôts avait été retenu pour remettre un peu de justice dans l’attribution des aides, en ciblant surtout les petites structures qui n’en percevaient pas ou très peu.

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La technologie peut-elle éliminer la pauvreté ?

Le dernier numéro de la Boston Review est consacré entièrement à cette question et force est de constater que la réponse n’est pas aussi évidente qu’on veut bien souvent nous la présenter.

Tout le numéro est organisé autour de la remarquable contribution (lucide sur les espoirs déçus des tentatives de réduction de la fracture numérique par la technologie) de Kentaro Toyama (blog), professeur à l’école d’information de Berkeley, qui a fait récemment une intervention remarquée à TedX Tokyo et qui prépare un livre sur le développement.

La pénétration de la technologie n’est pas le progrès : la technologie n’est qu’une loupe

Dans les années 2004, comme beaucoup, Kentaro Toyama s’est enthousiasmé pour les télécentres indiens, où depuis un ordinateur connecté, des enfants apprenaient – souvent avec un précepteur dédié pour un prix plus élevé que la scolarité dans une école privée à temps plein -, à utiliser un ordinateur quelques heures par mois dans une langue qu’il ne parlaient pas, comme il l’avait constaté à Retawadi, en Inde.

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De la Grèce à l’Irlande, des stratégies économiques illusoires

Après la Grèce, c’est maintenant l’Irlande qui va recevoir de l’aide financière de la part de l’Europe et du FMI : le premier ministre en a fait la demande officielle dimanche pour un montant évalué à environ 90 milliards d’euros. Cet argent, en plus de prêts bilatéraux accordés par le Royaume-Uni et la Suède, sera prélevé sur le Fonds européen de stabilité financière (FESF), élaboré dans l’urgence au printemps dernier pour mettre fin à la crise de la dette grecque et aux doutes sur la viabilité financière de la zone euro.

La création de ce fonds, doté de 750 milliards d’euros de garanties (réparties entre la Commission européenne, les Etats européens et le Fonds monétaire international), répondait au besoin de sécuriser la situation des pays “périphériques” en difficulté, au premier rang desquels la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne.

La situation irlandaise s’inscrit dans ce contexte économique périlleux : même si ces pays ont connu un modèle de croissance différent, tous doivent gérer “des stratégies macroéconomiques devenues illusoires”, selon Henri Sterdyniak de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

DES MODÈLES DE CROISSANCE FRAGILES

L’Espagne et l’Irlande ont connu “des évolutions similaires” dans les années 2000, selon Francesco Saraceno de l’OFCE. Leurs finances publiques étaient “saines avant la crise”, tandis que leur croissance reposait sur des secteurs privés portés sur la spéculation immobilière et banquaire. En Irlande, fin 2007, le montant des emprunts immobiliers équivalait ainsi à 250 % du produit national brut irlandais.

Ces secteurs ont été frappés de plein fouet par la crise des subprimes, provoquant la chute des économies les plus liées à la spéculation et aux emprunts toxiques (lire l’interview sur le retournement du marché immobilier irlandais et la fin du “tigre celtique”). La “bulle” immobilière qui a explosé en Espagne laissait de son côté près de 325 milliards d’euros de dettes au secteur, début 2010.

CES PAYS “SE SONT RÉVEILLÉS TOUT NUS”

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La Chinafrique

« Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous ».

Olusegun Obasanjo, président du Nigéria, s’adressant à Hu Jintao, 2006

Pendant des millénaires, l’Empire du Milieu ne s’est pas intéressé au reste du monde. Pour quoi faire ? La Chine était le pays le plus avancé, le plus fertile, le plus peuplé, le plus civilisé. Par hypothèse, dans l’idéologie impériale et, souvent, dans la réalité aussi.

Pourquoi les Fils du Ciel se seraient-ils préoccupés de ce qui se faisait chez les barbares ? En 1421, une flotte chinoise gigantesque atteint les rivages du Kenya. Les Chinois observent : pas intéressant, mieux vaut rentrer au pays. Confucius l’avait dit, et à raison : l’important, c’est la stabilité.

Seulement voilà : désormais, vraiment, tout change, même la Chine.

La Chine, désormais, à l’assaut de l’Afrique.

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Note de lecture sur «La Chinafrique», un ouvrage qui fait le point sur la question. L’œuvre fourmille d’informations intéressantes. Nous zapperons les passages politiquement corrects du type «c’est pas bien de soutenir le Soudan à cause des massacres au Darfour», et autres culculteries politiquement correctes inévitables dans un livre écrit par des journalistes français. Mais nous n’omettrons aucun type d’information vraiment intéressant – fût-ce l’enseignement d’une série d’anecdotes révélatrices.

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Brazzaville, Congo. Les auteurs marchent à travers la ville. Des enfants les apostrophent, à l’Africaine, c’est-à-dire sans chercher à connaître leur nom, mais sur un ton chaleureux.

Que disent-ils ? « Hello mista ? » Non. « Monsieur Monsieur ! » Non plus.

Ils disent : « Ni hao ».

Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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Comment les puissants sont réellement devenus puissants – Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste

Par Ha-Joon Chang, professeur à la faculté d’économie et de politique de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ; auteur de « Kicking Away the Ladder. Development Strategy in Historical Perspective », Anthem Press, Londres, 2002 (Prix Gunnar Myrdal 2003)

Les libre-échangistes ont remporté des victoires significatives au cours des deux dernières décennies. Depuis le début de la crise de la dette de 1982 et de l’imposition des programmes d’ajustement structurel par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, de nombreux pays en voie de développement ont radicalement libéralisé leur commerce.

L’effondrement du communisme, en 1991, a ouvert de nouveaux et vastes espaces au libre-échange. Pendant les années 1990, d’importants accords régionaux ont été signés, dont l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Pour couronner le tout, les négociations du cycle de l’Uruguay de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclues à Marrakech en 1994, ont débouché sur la naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

Si importants que soient ces succès, les libre-échangistes ne s’en satisfont pas. Au sein de l’OMC, représentants des Etats développés en tête, ils continuent à faire pression pour des baisses des tarifs douaniers encore plus fortes et plus rapides, et un élargissement de la compétence de cette organisation à des domaines ne figurant pas dans son mandat initial, par exemple l’investissement à l’étranger et la concurrence.

Les partisans du libre-échange croient agir dans le sens de l’Histoire. Selon eux, cette politique est à l’origine de la richesse des pays développés ; d’où leur critique des pays en voie de développement qui refusent d’adopter une recette aussi éprouvée. Rien n’est pourtant plus éloigné de la réalité.

Les faits historiques sont sans appel : quand les pays actuellement développés étaient encore en développement, ils n’ont mené pratiquement aucune des politiques qu’ils préconisent. Et nulle part l’écart entre le mythe et la réalité historique n’est aussi flagrant que dans les cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

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Le pari risqué de la Fed pour stimuler l’économie américaine

La Banque centrale américaine s’apprêtait mercredi à annoncer une initiative très risquée censée stimuler l’économie des Etats-Unis. La Fed rachèterait pour 500 à 1.000 milliards de dollars (356 à 713,7 milliards d’euros) de dette du gouvernement fédéral afin de faire baisser les taux d’intérêt à long terme, déjà extrêmement faibles.

Le rachat se ferait par blocs de 100 milliards par mois et commencerait probablement immédiatement. Il s’agirait d’un « assouplissement quantitatif », ou « QE2 » [quantitative easing n°2], en jargon d’économiste. Entre 2008 et le début 2010, la Fed a déjà dépensé environ 1.700 milliards de dollars (1.213 milliards d’euros) pour racheter des créances aux banques et stabiliser ces établissements.

Cette fois, la Fed rachèterait des bons du Trésor aux banques, ce qui fournirait à ces dernières des liquidités à prêter aux consommateurs. Acquérir d’aussi grandes quantités de bons du Trésor fait baisser les taux d’intérêts car la demande en bons du Trésor fait monter les prix et baisser le rendement. Or, les taux d’intérêts sont liés au rendement. Des taux d’intérêt plus bas encouragent les gens à emprunter de l’argent pour un crédit immobilier, par exemple.

Parallèlement, des taux d’intérêts bas rendent des investissements relativement sûrs comme les bons moins attractifs, ce qui incite les entreprises et investisseurs à s’équiper ou acheter des actions cotées. La Bourse grimpe et les Américains consomment. Le commerce tourne, l’emploi repart à la hausse et un cercle vertueux de dépense et d’embauche.

Mais de nombreux analystes et même certains partisans du plan de la Fed estiment que la manoeuvre comporte aussi des dangers. Cela pourrait affaiblir davantage le dollar et déclencher des conflits commerciaux avec d’autres pays ; les courtiers en bons pourraient être amenés à croire qu’une accélération de l’inflation se profile, ce qui ferait monter les taux d’intérêt, au grand dam de la Fed.

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National conservatisme [en Russie] : la modernisation sans l’occidentalisation

Par Xavier Moreau

En novembre 2009, lors du congrès du partie « Russie Unie », lors d’une intervention de près de deux heures, le premier ministre Vladimir Poutine et le Président Dimitri Medvedev ont présenté la modernisation de la Russie comme un enjeu vital pour l’avenir du pays.

Arkady Dvorkovic

Cette modernisation concerne bien entendu les aspects technologiques, comme l’illustre la future Silicon Valley de Skolkovo ou le projet de développement des nanotechnologies RosNano.

La modernisation concerne également deux tares héritées de l’expérience soviétique et des années Eltsine, le socialisme et la corruption. La corruption est un problème souvent évoqué, le socialisme l’est moins. Le socialisme s’est insinué profondément dans la société russe. Il contrarie fortement les processus de décision ou de production. L’irresponsabilité, le manque d’autonomie et l’absence de subsidiarité dans la direction des entreprises sont des difficultés que tous les entrepreneurs doivent affronter en Russie.

Il ne suffit donc pas à la Russie d’importer des technologies, il lui faut changer radicalement son mode de « gouvernance », que ce soit dans la fonction publique ou les entreprises privées.

L’enjeu de cette modernisation est parfaitement compris par le Président Medvedev. Il ne doit pas être assimilé à une quelconque occidentalisation. C’est d’ailleurs ce que rappelait récemment, le plus brillant de ses conseillers, Arkady Dvorkovic. Le Président Medvedev n’a d’ailleurs pas hésité à inviter la Chine à participer à cette modernisation de la Russie.

Il semble d’ailleurs que les Russes veulent répéter le modèle de développement chinois : accepter avec humilité le soutien et les investissements occidentaux, pour construire une puissance moderne, sans renoncer pour autant à ce qui fait l’identité de la nation russe.

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Chaque année, la planète perd l’équivalent de l’Italie en surfaces cultivées

Jusqu’à 30 millions d’hectares de surfaces cultivées, soit l’équivalent de la superficie de l’Italie, sont perdus chaque année du fait de la dégradation de l’environnement, de l’industrialisation et de l’urbanisation, a souligné jeudi 21 octobre un rapport de l’ONU.

« American way of life » - Photo d'Alex MacLean (USA)

« Cette tendance a des conséquences dramatiques pour des centaines de millions d’agriculteurs, de pêcheurs ou de peuples indigènes », a noté Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, lors de la présentation de son rapport (consultable en français et en PDF).

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Qui a endetté la France ?

Addendum du 20/10/2010 à cet article paru le 09/10/2010

Dans la version intégrale de son intervention, lisible ici, Jean-Yves Le Gallou a bel et bien évoqué la loi de 1973 :

Reconnaissons qu’il y a un autre service rendu à l’oligarchie qui remonte, lui, à 1973. Et il s’agit cette fois de l’oligarchie bancaire : en 1973, la Banque de France s’est vu interdire de prendre en pension des emprunts d’Etat : ainsi fut créé un revenu supplémentaire et sans risques pour les banques qui créent la monnaie qu’elles prêtent à l’Etat ; prêt qu’elles facturent 2% à 3% l’an, ce qui contribue ainsi à augmenter le profit des banques en creusant le déficit de l’Etat, à hauteur de 40 milliards d’euros par an de charge des intérêts.

(Merci à Boreas)

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Note de Fortune : dans la mesure où le texte qui suit n’évoque pas la loi du 3 janvier 1973, ni l’article 104 du Traité de Maastricht transposé dans la loi française du 4 août 1993, qui, pourtant, nous paraissent constituer une source fondamentale (même si elle n’est certes pas la seule) de l’endettement public, nous renvoyons, en complément, à ces articles :

- La dette publique une affaire rentable

- La dette publique française

- De Socrate à nos jours, la ploutocratie toujours…

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Par Jean-Yves Le Gallou

Qui a endetté la France ?

La réponse est simple : la dynastie des Endettors qui gouverne la France depuis 1981.

La dynastie des Endettors arrive au pouvoir en 1981 : elle ne l’a pas quitté depuis.

Lorsque François Mitterrand, Endettor-Ier, arrive au pouvoir, la dette de la France est de moins de 300 milliards (en équivalent euros actuels) ; il la porte à 650 milliards. Jacques Chirac, Endettor-II, double lui aussi la dette qui atteint à son départ de l’Elysée près de 1.200 milliards. Endettor-III, Nicolas Sarkozy, va faire encore mieux : en trois ans seulement il porte la dette à 1.600 milliards. Tous les premiers ministres successifs ont pris activement part à cette politique.

Tous ces hommes ont eu une logique courtermiste. Leur horizon s’est souvent borné à la prochaine élection : « Plaire aujourd’hui… et facturer le plus tard possible », telle a été leur devise.

La logique clientéliste des Endettors-Distributors

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Pour ou contre le « juste échange » du PS ?

C’est un tabou idéologique qui saute : en adoptant le principe du « juste échange » le 9 octobre dernier, les socialistes envisagent en effet d’imposer des droits de douanes aux pays à bas coûts. Deux économistes s’affrontent sur le sujet.

Réunis le 9 octobre dernier en Convention nationale, le PS a adopté à l’unanimité le principe du « juste-échange », traduction du « fair-trade » revendiqué par les démocrates américains. Concrètement, les socialistes veulent instaurer des taxes sociales et environnementales aux portes de l’Union Européenne sur les importations en provenance de pays peu respectueux des droits salariaux et des normes écologiques. Ces droits de douanes « vertueux » iraient alimenter un Fonds destiné à soutenir les salariés des pays pauvres.

Selon le PS, cette voix médiane entre « le libre-échange destructeur d’emploi » et le “protectionnisme facteur de crispations nationalistes » protègeraient autant l’industrie européenne que la couche d’ozone. Trop beau pour être vrai ? Deux économistes répondent. Et comme d’habitude, ils ne sont pas d’accord.

Jean-Luc Gréau, essayiste favorable au protectionnisme, soutient la proposition socialiste même s’il la trouve un peu tiède ; Jean-François Jamet, professeur à l’IEP Paris et économiste à la fondation Robert Schuman, la rejette fermement invoquant les risques qu’une guerre commerciale à l’échelle mondiale pourrait faire peser sur nos entreprises exportatrices.

Les droits de douane au nom du « juste-échange » peuvent-ils protéger les emplois et l’industrie en Europe ?

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

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Projet pour une rupture décisive

En avant-première, voilà la conclusion du livre «La Déglobalisation» (titre provisoire) de Jacques Sapir, à paraître prochainement aux Éditions du Seuil.

La France a tout misé depuis près de trente ans, sur des solutions coordonnées. Qu’il s’agisse de l’euro ou des règles du marché international, elle a délibérément abandonné tout moyen d’agir et renoncé à une politique nationale. Sans chercher à juger sur le fond, remarquons qu’une telle attitude fait de nous le dindon de la farce, car elle n’a de sens que s’il existe au niveau international une volonté commune pour faire triompher des solutions collectives. Or, cette dernière volonté est absente, à l’évidence. Ce sont bien des politiques nationales que suivent les autres pays, n’en déplaise à nos dirigeants présents et passés.

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