Europe : Une nouvelle crise coûterait 1.000 milliards d’euros

Un rapport, commandé par le secrétaire général du Parlement européen, prévoit qu’en cas de nouvelle crise financière de l’importance de celle de 2008, la zone euro pourrait perdre 1 milliard d’euros de son PIB, “gagner” 1,9 million de chômeurs supplémentaires et subir une augmentation 51,1 milliards d’euros de sa dette publique.

D’après les projections réalisées par les économistes Gaël Giraud et Thore Kockerols, « les renflouements [des banques européennes] seraient encore nécessaires au détriment du contribuable européen, et ajoutent les auteurs du rapport, même si l’architecture de l’Union bancaire (prévu en 2023) était déjà en place aujourd’hui ».

L’Union bancaire introduit des mécanismes destinés à prévenir les faillites bancaires et éviter qu’une nouvelle crise bancaire ne se transforme en crise de la dette. L’idée étant d’introduire une mutualisation du risque en cas de faillite. Les banques de la zone euro seront ainsi gérées selon le Mécanisme de résolution unique (MRU) qui reposera sur deux piliers.

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Les banques revoient leurs modèles, et la facture sociale est lourde

Le secteur bancaire mondial a vécu de nombreuses crises économiques et financières, depuis le krach de 1929. Mais a-t-il connu pareille restructuration que celle engagée depuis 2012, après la crise financière des subprimes (crédits immobiliers à risques américains) et celle de l’euro ?

De part et d’autre de l’Atlantique, l’actualité est rythmée, depuis plusieurs semaines, par des vagues de suppressions d’emplois, notamment dans les grandes banques européennes. En 2014, ce sont les licenciements à Wall Street qui avaient fait la Une.

S’il est trop tôt pour un bilan, les réductions d’effectifs dévoilées par HSBC, mardi 9 juin (25.000 emplois supprimés d’ici à 2017, auxquels devraient s’ajouter 25.000 autres déjà annoncés, liés à la vente de filiales au Brésil et en Turquie), et celles escomptées à la Deutsche Bank, qui promet un plan d’économies de 4,7 milliards d’euros, viennent alourdir une addition déjà spectaculaire.

Ensemble, selon des données compilées par l’agence Reuters, les plus grandes banques d’Europe et des États-Unis (18 européennes et 6 Américaines) ont supprimé 59.000 emplois en 2014 : 21.500 emplois pour les premières et 37.500 pour les secondes. Si l’on y ajoute les coupes claires de 2013, le chiffre grimpe à 160.000… Ce qui représente, pour marquer les esprits, l’équivalent, en France, de la population de la ville d’Annecy.
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Fossiles : dix raisons de sevrer la planète

La dépendance au pétrole, au charbon et au gaz a atteint des niveaux inégalés, menaçant l’environnement et l’économie mondiale. Pourtant, les alternatives existent et sont désormais rentables.

Nous sommes tous junkies. Dépendants au charbon, au pétrole et au gaz. Produits de la décomposition de forêts et micro-organismes voilà des millions d’années, les combustibles fossiles ont dormi sous terre jusqu’à ce qu’Homo Sapiens se mette à les extraire à marche forcée à partir du milieu du XIXe siècle. Grâce à ce shoot énergétique, tout est devenu possible : le drapeau sur la Lune, les fraises en hiver, la pâte à prout fluo. Plus que jamais, les hydrocarbures irriguent nos vies.

Et nos dealers sont bichonnés. Le Fonds monétaire international (FMI) estimait en 2013 que les gouvernements de 176 pays ont subventionné – allégements fiscaux, incitations ou financements directs – à hauteur de 1 900 milliards de dollars le secteur des énergies fossiles en 2011, soit 2,5% du PIB mondial.

Accros ou pas, il va falloir trouver notre bonheur ailleurs. La baisse du prix du pétrole pendant quelques mois nous a maintenus dans l’illusion de la défonce, mais il est déjà remonté. Les gisements facilement accessibles et peu chers à exploiter se tarissent. Surtout, si nous voulons avoir une chance de vivre dans un monde à peu près stable ces prochaines décennies, nous ne pourrons pas extraire jusqu’au dernier atome de carbone du sous-sol.

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Mathématique pétrolière

La réalité pétrolière glisse vers une nouvelle mathématique. Les énergies fossiles sont devenues des facteurs de décroissance dans les modèles économétriques, des facteurs de risque dans les équations financières.

Une autre étude confirme le nouvel éclairage désormais dévolu à l’univers des énergies fossiles au sens large, et à l’industrie pétrolière en particulier. Les expressions « retombées positives » et « rendement » sont désormais remplacées par « externalités négatives » et « risques financiers », changement climatique étant. Dans son rapport, la Banque HSBC va même jusqu’à prévenir les investisseurs et gestionnaires de portefeuille du danger de se retrouver avec, en mains, des « actifs échoués ».

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Pétrole : Le prochain krach pourrait jaillir de la chute des cours

La baisse des taux et l’abondance des liquidités provoquées par les actions massives des banques centrales à travers le monde ont poussé les investisseurs, à la recherche de rendement, à prendre des risques. Ils ont notamment financé la frénésie de forage de pétrole de schiste aux États-Unis.La chute des cours du pétrole pourrait bien provoquer le prochain krach boursier, s’inquiètent des opérateurs de marché, abasourdis par la dégringolade de 45% du prix du baril de brut en six mois, passé sous 61 dollars pour le Brent (référence de la Mer du Nord) et sous 58 dollars pour le WTI (brut léger américain), au plus bas depuis cinq ans et demi.

La chute des cours de l’or noir oblige les hedge funds à vendre leurs actifs les plus liquides pour rembourser les sommes empruntées pour spéculer sur le boom énergétique américain.

« Pour le moment, ce n’est qu’une simple correction emmenée par la chute des actions des compagnies pétrolières, mais ça pourrait bien vite se transformer en krach », craint un trader suisse. Un krach qui trouverait son origine dans la faiblesse des taux, l’abondance de liquidités et un ratio risque/récompense progressivement de moins en moins attractif sur les actions.
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La banque allemande Commerzbank introduit un taux négatif pour les gros dépôts de ses clients

La banque allemande Commerzbank va appliquer un taux négatif sur certains dépôts de grandes entreprises et investisseurs institutionnels, répercutant une décision de la Banque centrale européenne (BCE) envers les instituts de crédit européens.

Mario Draghi, président de la BCE


« Pour certaines grandes entreprises clientes qui détiennent des avoirs importants, tout comme pour les grands groupes et les investisseurs institutionnels, nous nous réservons le droit d’appliquer des frais sur certains montants élevés de liquidités mis en dépôt chez nous », a déclaré Commerzbank dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP.

La deuxième banque allemande précise qu’elle va inciter ses gros clients à placer leurs liquidités en surplus dans des formes d’investissement alternatifs.

« Pour les clients privés, les petites et moyennes entreprises, aucun taux négatif n’est en principe prévu », ajoute Commerzbank. Cette décision découle directement de celle de la BCE, fin juin d’appliquer un taux négatif sur les dépôts que les établissements bancaires placent à court terme dans ses coffres, est-il précisé dans ce communiqué. En juin l’institution a amené ce taux de dépôt marginal en territoire négatif pour la première fois de son histoire, à -0,10%, avant de l’abaisser encore à -0,20% en septembre. Cette décision, qui revient à faire payer les banques qui placent des liquidités au sein de la banque centrale, doit inciter les instituts de crédit à laisser l’argent circuler au lieu de le stocker, en prêtant à entreprises et particuliers.

D’autres banques pourraient suivre
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Le Trading Haute Fréquence : La guerre 2.0

Le développement constant des systèmes informatiques couplé à l’évolution de la structure des marchés de capitaux ont permis à un tout nouveau style de trading d’émerger : le Trading Haute Fréquence, où les décisions ne sont plus prises par des hommes mais par des algorithmes.

Plusieurs récents changements juridiques ont permis au Trading Haute Fréquence (THF) de se développer :

  • l’autorisation des plateformes alternatives de trading à la fin des années 90 aux Etats-Unis
  • le développement par chaque grande banque de « dark pools » (on y reviendra plus tard)
  • l’introduction de la cotation décimale en 2001
  • la réglementation « RegNMS » (Regulation National Market System) de 2007, obligeant les Brokers à répondre aux ordres en moins de 2 secondes et ce au meilleur prix disponible sur toute les plateformes

Le trading algorithmique sert bien sûr à faire des plus-values en traduisant des stratégies de trading en algorithmes automatisés, mais il a aussi d’autres applications. Il est utilisé pour permettre aux très gros investisseurs d’effectuer des ordres masqués et ainsi de ne pas être repérés par d’autres algorithmes.

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Le montant des produits dérivés dans le monde : 710.000 milliards de dollars

La Banque des Règlements Internationaux (BRI) vient de publier une étude statistique sur le montant des produits dérivés dans le monde à la fin 2013, et ceux-ci atteignent le montant incroyable de 710.000 milliards de dollars (710.000.000.000.000 dollars). Pour prendre un élément de comparaison, le PIB des Etats-Unis en 2013 se monte à 16.000 milliards de dollars, soit 44 fois moins. Et cette masse de produits dérivés est supérieure de 20% au record précédent, qui date de juste avant la crise de 2008… On parle beaucoup de bulles en ce moment, sur les actions, les obligations ou les matières premières, voici incontestablement la plus gigantesque.

Qu’est ce qu’un produit dérivé ? C’est un contrat entre deux parties dont la valeur est déterminée par les variations de prix d’un actif sous-jacent (obligations, actions, matières premières, devises). Il sert à se protéger contre des variations de prix ou de taux d’intérêt, ou à spéculer. Autre type de produit dérivé, le CDS (Credit default swap), qui sert à se protéger d’un événement de crédit (un emprunteur, Etat ou entreprise, qui fait défaut). La majorité des contrats sont négociés de gré à gré, et non sur un marché, c’est-à-dire dans l’opacité la plus complète.

Raison de plus de s’inquiéter : aux Etats-Unis, la plus grande partie de ces produits est détenue par seulement quatre banques (JP Morgan, CitiBank, Goldman Sachs, Bank of America). La concentration est également très élevée en Europe, avec notamment la Deutsche Bank (nous en avions parlé) et les banques françaises. Le volume est énorme mais les transactions ont lieu entre un petit nombre d’acteurs.

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Deutsche Bank transfère 100 milliards de dollars hors des Etats-Unis pour obéir à la Fed

La banque allemande aurait décidé de réduire le bilan de ses opérations outre-Atlantique pour répondre aux nouvelles exigences de la Réserve fédérale américaine avec les banques étrangères.

Pendant que Bruxelles temporise, la Deutsche Bank a décidé d’agir. Face à la décision de la Fed de mettre en place des règles plus strictes pour les banques étrangères, l’établissement allemand a décidé de réduire le bilan de ses opérations aux Etats-Unis d’une centaine de milliards de dollars, écrit le Financial Times.

Le montant total des opérations de la banque aux Etats-Unis serait ainsi ramené à 300 milliards de dollars alors que certaines d’entre elles seraient relocalisées en Europe ou en Asie.

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Le travail contre la finance apatride

par Charles de Meyer

« Et pour qu’elle le soit véritablement, pour que ce capital immobilisé dans les banques ne soit pas immobilisé chez les particuliers, pour qu’il travaille et crée à son tour du travail, il faut qu’il veuille travailler ; pour qu’il le veuille, il faut le mettre en appétit et lui proposer un grand but rémunérateur. Ce but en temps de guerre ne peut être que de conquête. Dans la guerre actuelle, il ne peut-être que la conquête de l’empire commercial allemand, Empire autrement riche que ces plaines de Lombardie que tous les conquérants de l’histoire ont offertes à la convoitise de leurs soldats ! » Charles Maurras, éditorial du 21 août 1914, Les Conditions de la victoire.

« Un peuple a le devoir de demeurer une individualité libre, pour que soit conservée la pluralité des nations libres, sans laquelle est perdue la liberté commune du genre humain. » Henri Hude

Dans un silence médiatique digne des plus grandes heures de l’autocensure politique, deux nouvelles impliquant les argentiers cosmopolites passés maîtres des décisions économiques mondiales ont été révélées cette semaine. La première concerne l’assouplissement des règles dites de Bâle III qui visaient à une meilleure réglementation des couvertures de risques par les grandes banques cosmopolites, la seconde mettait en cause les traders de la Deutsche Bank accusés d’avoir manipulé certains cours à Wall Street.

Ce  retour d’une finance cannibale alors que la commission européenne a du se résoudre à infliger 1,7 milliards d’euros d’amende aux grands groupes ayant manipulés les cours entre l’euro et le yen montre combien les argentiers de l’oligarchie sont devenus la clef de voute des systèmes de domination internationaux qui régissent les lois de production de l’élite et les contraintes assignées aux Peuples réduits à l’Etat de multitude afin d’empêcher toute reprise en main des détenteurs de la légitimité politique.

Dans une société liquéfiée par la dictature des rapports marchands érigés en modèle de l’organisation sociale restaurer ce pouvoir sur ses propres choix implique de trouver un médiat d’expression de sa résistance: le travail en tant que lieu mais aussi en tant qu’investissement de soi dans les limites de sa Nature peut devenir un ressort de l’opposition à la dégradation oligarchique du pouvoir.

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Les produits dérivés dépassent leur niveau d’avant-crise

« Les produits dérivés sont une arme de destruction massive », a coutume de dire l’investisseur et milliardaire américain Warren Buffett. L’étude publiée mardi 17 décembre par le cabinet d’analyse financière indépendante AlphaValue, intitulée « Quelles banques sont des Fukushima en puissance ? », montre que ce n’est pas près de changer. Celle-ci révèle en effet que la valeur notionnelle des dérivés (c’est-à-dire la valeur faciale qui apparaît sur les contrats de ces produits) dépasse désormais son niveau d’avant la crise des subprimes.

Au premier semestre 2013, elle s’élevait en effet à 693.000 milliards de dollars, contre 684 000 milliards au premier semestre 2008, selon les chiffres que le cabinet a tirés des rapports de la Banque des règlements internationaux (BRI). L’équivalent de dix fois le PIB mondial, contre trois fois le PIB mondial il y a quinze ans. « C’est un risque potentiel énorme, et la crise n’a pas changé les pratiques des banques en la matière », explique Christophe Nijdam, qui a piloté l’étude.

CDS, dérivés de taux, swaps… Les produits dérivés sont des instruments financiers dont la valeur varie en fonction du prix d’un actif appelé sous-jacent, qui peut être une action, une obligation, une monnaie, un taux, un indice ou encore une matière première. Ils ont été créés à l’origine par les agriculteurs afin de se couvrir contre les risques financiers, comme par exemple la flambée, ou au contraire l’effondrement, du prix du blé ou du café. Mais dès les années 1980, ils ont été progressivement détournés par les banques à des fins de spéculation.

Selon la BRI, sur les 5.300 milliards de dollars échangés tous les jours sur le seul marché des changes, seuls 7 à 8 % seraient utilisés par des opérateurs finaux non financiers souhaitant réellement se prémunir contre les risques. Or, la crise des subprimes l’a rappelé, les produits dérivés sont loin d’être sans danger. « La plupart s’échangent de gré à gré, c’est-à-dire d’un établissement à l’autre, sans règle de sécurité et dans l’opacité totale », explique-t-on à Finance Watch, une association qui milite pour une meilleure régulation de la finance.
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Les banques se retirent du négoce des matières premières physiques

Par Marc Roche

« L’univers secret et fermé du négoce physique a mis à mal l’image policée des enseignes financières. ». L’amende de 410 millions de dollars (309,1 millions d’euros) versée le 30 juillet par la banque JP Morgan Chase pour solder les poursuites de manipulation des prix de l’électricité aux États-Unis devrait accélérer le retrait annoncé de l’établissement américain du négoce des matières premières.

A l’image de JPMorgan, les principaux intermédiaires financiers présents dans le trading de matières premières physiques se séparent aujourd’hui de cette activité à la fois risquée et trop consommatrice en fonds propres.

En 2006, la banquière Blythe Masters avait reçu comme mission de son PDG, Jamie Dimon, de bâtir de toutes pièces une organisation destinée à faire de JPMorgan la banque leader du négoce des matières premières. Le défi était énorme: chasser du pinacle le leader Goldman Sachs et son challenger, Morgan Stanley.

Pour ce faire, la responsable avait racheté les opérations de trading de Bear Stearns et une partie de celles d’UBS et de Royal Bank of Scotland, ainsi qu’une société britannique d’entrepôts. En investissant des milliards de dollars dans des hangars, oléoducs, mines ou usines, JPMorgan était devenu numéro deux mondial. Si, dans le pétrole, Goldman Sachs avait conservé son leadership, JPMorgan s’est imposé dans l’industrie des métaux et du gaz naturel.
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Les banques européennes rattrapées par la faillite de Détroit

Les établissements du Vieux ­Continent ont acquis 1 milliard ­de dollars de dette de Détroit. Ils relativisent l’impact ­sur leurs comptes du défaut de la ville.

Bagley-Clifford Office of the National Bank of Detroit

Un problème chasse l’autre chez UBS. Le jour même de l’annonce d’un « accord de principe » avec l’Agence fédérale américaine de financement immobilier (FHFA) pour le règlement du litige concernant les actifs douteux vendus aux organismes de crédit hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, la banque suisse se retrouvait embourbée hier dans la faillite de Détroit. Selon le « Wall Street Journal », UBS s’est chargé en 2005 de vendre pour la ville déjà très endettée plus de 1,4 milliard de dollars d’obligations municipales afin de lui permettre de financer son fonds de pension. Plusieurs autres banques européennes, notamment les plus fragilisées déjà, auraient souscrit l’équivalent de 1 milliard de ­dollars de ces « certificats de participation » susceptibles de perdre toute valeur.

Une souscription qui ­promettait d’être lucrative

En Allemagne, la « bad bank » de Hypo Real Estate, répondant du nom de FMS Wertmanagement, est ainsi la plus exposée. Celle-ci reste en effet assise sur une obligation de 200 millions de dollars émise par la ville américaine. Mais les titres ont déjà été dépréciés dans les comptes, a tempéré un porte-parole. Il s’agit en outre d’une infime portion d’un total de 176 milliards d’euros d’actifs toxiques hérités en 2010, dont la banque bavaroise se débarrasse au fil de l’eau.
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Ils jonglent avec 88 trillions de produits dérivés

Dans le monde des produits dérivés, la valse des zéros donne le tournis. Les traders d’UBS et du Credit Suisse y parient sur des dizaines de milliers de milliards de francs.

Les deux grandes banques suisses tenaient des paris sur 88 000 000 000 000 de francs en produits dérivés en 2012. Vous avez bien lu: le montant se chiffre en dizaine de milliers de milliards. C’est 993 fois le PIB Suisse. Les experts sont divisés: les uns assurent que les risques sont contrôlés, d’autres pensent que ces montants «effarants» menacent tout le système financier. Seule certitude: les deux banques suisses sont les plus grandes joueuses au monde. Les volumes de leurs paris conjugués sur des produits dérivés dépassent ceux des deux leaders mondiaux, JPMorgan et Deutsche Bank. Bienvenue dans la finance des ténèbres, où même la Banque nationale suisse a renoncé à compter tous les trillions.

Le Matin

Deutsche Bank : La banque la plus exposée aux produits dérivés dans le monde

C’est la petite info de la semaine, qui est passée sous les radars, mais sur laquelle il faut revenir : la banque qui possède la plus forte exposition aux produits dérivés dans le monde n’est pas la JP Morgan, comme on le pensait, mais la Deutsche Bank. Comme l’indique son rapport annuel 2012, la banque est exposée à hauteur de, attention retour à la ligne :

55.605.039.000.000 euros, autrement dit 55.605 milliards d’euros, 55 mille milliards d’euros, ou 55,6 trillions d’euros, ouf.

Par comparaison, le PIB de l’Allemagne s’élevait à 2012 à 2.644 milliards d’euros, ce qui signifie que les engagements de la première banque du pays dans les produits dérivés sont vingt fois plus élevés que toute la richesse crée en un an dans la première puissance économique européenne. Converti en dollars, cela représente 72,8 trillions de dollars, soit un peu plus que la JP Morgan. L’Europe détient le record, la première banque au cœur du pays le plus solide, bravo !

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Banques : Des bonus qui ne passent plus

Les aides astronomiques consenties aux banques européennes n’ayant pas permis de relancer la croissance, le climat change en Europe. La grogne monte contre les abus du secteur privé. L’opinion a soif de vengeance et les banquiers ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, écrit un chroniqueur britannique.

Les paysans se soulèvent dans toute l’Europe. C’est après les banquiers qu’ils en ont, et ils ne plaisantent pas. Jusqu’à présent, la crise du crédit a suscité réprobation et perplexité. Les banques ont réussi à persuader le monde entier qu’il s’agissait d’un coup du sort. De fait, elles étaient “too big to fail” et leurs dirigeants trop irréprochables pour expier leurs fautes. En quatre ans, les banques britanniques ont reçu près de 500 milliards d’euros en fonds publics et en papier-monnaie. Elles ont remonté la pente, comme de bien entendu, et sont restées riches, tandis que tout le monde s’appauvrissait.

La colère gronde. Ni le secteur bancaire, ni le gouvernement n’ont été capables de redresser la situation. Les gens ont soif de vengeance, et contre toute attente, c’est le Parlement européen qui leur permet de l’assouvir en déclarant que les banquiers européens ne pourront pas percevoir de bonus supérieurs à leur salaire – ou deux fois supérieurs à celui-ci s’ils obtiennent le feu vert des actionnaires. Une disposition valable partout et pour tout banquier étranger travaillant au sein de l’UE.

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Courtes considérations sur le fil du temps historique…

… des dis-simulations et impostures policières de la marchandise
et sur ce qui a conduit à l’étrange renonciation spectaculaire de Benoit XVI.

Par Francis Cousin

Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups.
Première homélie dominicale de Benoit XVI

« La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise en valeur du monde des choses. »
K.Marx, Manuscrits de 1844

Ce n’est certes pas un hasard si Marx écrivit sa célèbre Question juive en 1843 comme une sorte de préambule nécessaire à toute la Critique de l’économie politique qui allait suivre puisqu’il lui fallait éclaircir pour quelles raisons le prêt à intérêt de l’Ancien Testament a été si longtemps interdit dans l’Occident intimement agrarien de la chrétienté catholique et pour quel motif cela n’a pu changer qu’avec le mouvement historique de la Réforme urbaine qui a tout à la fois édulcoré le caractère propre des indisciplines du Nouveau testament et porté ce principe que l’argent doit circuler au profit de l’ensemble des hommes puisque le gain est la besogne et le bon-heur de l’homme dépouillé de lui-même…

Les êtres humains qui craignent la dynamite subversive de la vraie pensée communarde ne redoutent finalement que peu de textes aujourd’hui en circulation puisque la foire éditoriale courtisane n’offre décidément en son infinité quantitative nul risque d’interrogation dérangeante sur le marché des librairies normalisées.

Aujourd’hui, c’est exclusivement dans les espaces désobéissants qui échappent aux pollutions courantes de l’abrutissement universitaire et médiatique de la marchandise que les esprits de lucidité trouvent ce qu’ils cherchent en recherchant ce qu’ils dé-chiffrent.

Le développement modernisateur de la dictature spectaculaire de la marchandise, éclairé par le jansénisme de la comptabilité et par les lumières maçonniques des architectures du profit, n’a pas seulement produit la révolution judéo-protestante qui a conduit aux novations théologiques de Vatican II, il a surtout marqué que le règne autocratique de l’argent qui avait désormais atteint un seuil d’omnipotence absolu faisait aussi de la banque vaticane un lieu majeur de l’outrance financière mondiale, de ses manoeuvres, ténèbres et étrangetés.

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Banques et blanchiment, dernières nouvelles de la piraterie financière

Il ne s’agit pas d’une dérive solitaire et de pratiques extravagantes de HSBC, nombre des méga-banques mondiales étant convaincues d’activités tout aussi illicites.

Dans les grands aéroports du monde, les passerelles d’accès aux avions affichent, sous forme de publicités gentillettes, le roman-photo de la mondialisation heureuse. Issues (bien sûr) “de la diversité”, les demoiselles des affiches sont les souriantes vestales de ce temple de l’imminent bonheur.

L’avenir globalisé ? tonique, positif – que du bon. Sauf que. Passons outre le décor. Outre le conte de fées des lendemains (mondialisés) qui chantent. Là, on dégringole sec de Mary Poppins au Cartel du Golfe et autres machines à tuer ravageant divers continents.

Car le promoteur du radieux roman-photo mondial, c’est la super-banque HSBC dont voici, preuves à l’appui, les crimes les plus récents. Précision : ci-après, nulle minime filouterie ou entourloupe mais de graves crimes, passibles pour le vulgum pecus d’années en prison. Loin du vague tuyau ou de l’info douteuse, nos preuves proviennent d’institutions renommées : Sénat des États-Unis, agences majeures de régulation et de contrôle, etc.

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Scandales à la Deutsche Bank

Cinq cents policiers armés prenant d’assaut un bâtiment avec l’aide d’un hélicoptère. On croyait ce genre de scènes réservées à la lutte antimafia. A tort. C’est à Francfort (Hesse), au siège de la puissante Deutsche Bank, que s’est déroulée, le 12 décembre 2012, cette perquisition hors normes. Faut-il que les charges soient lourdes pour que les autorités allemandes mettent volontairement à mal la réputation de ce fleuron de la finance germanique.

Par Frédéric Lemaître, Berlin, lemonde.fr

Car, comme BNP Paribas en France, Deutsche Bank est la banque pivot du capitalisme allemand.

Celle dont la bonne santé financière permet de jeter un voile pudique sur les difficultés de ses concurrentes régionales. Celle qui a repris en 2010 le réseau de la banque postale allemande et ses 14 millions de clients.

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Allemagne : La justice fait trembler les grands patrons

Les mises en cause de dirigeants d’entreprise se multiplient outre-Rhin. La justice doit faire face à une hausse de la délinquance économique.

Wendelin Wiedeking, ex-patron de Porsche

La justice allemande remet en cause la probité des dirigeants d’entreprise. Fraude fiscale, abus de confiance, manipulation de cours, information financière trompeuse… Les griefs ne manquent pas ces mois-ci pour les procureurs de Francfort, Munich ou Stuttgart, décidés à partir à la « chasse au gros gibier », comme le quotidien « Handelsblatt » en faisait récemment sa manchette.

“Chasse au gros gibier”

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Ces banques au-dessus des lois

Dans le récent scandale impliquant les activités criminelles des grandes banques, le Département de la Justice américain a annoncé mardi 11 décembre avoir conclu un arrangement s’élevant à 1,9 milliards de dollars (1,5 milliards d’euros) avec la banque HSBC basée en Grande-Bretagne et accusée de blanchiment d’argent sale à une vaste échelle pour les cartels de la drogue mexicains et colombiens.

L’accord a été spécialement conçu pour éviter des poursuites criminelles soit à la banque, la plus grande d’Europe et la troisième du monde, soit à ses hauts dirigeants. Alors même que la banque a reconnu avoir blanchi des milliards de dollars pour les barons de la drogue, ainsi que d’avoir violé les sanctions financières américaines imposées à l’Iran, à la Libye, à Burma et à Cuba, le gouvernement Obama a empêché une condamnation au moyen d’un « accord de poursuite différée. »

L’accord s’inscrit dans la politique du gouvernement américain de protéger les banquiers au sommet de la hiérarchie de toute responsabilité pour des activités illégales qui ont entraîné l’effondrement du système financier en 2008 et introduit une récession mondiale. Pas un seul directeur de grande banque n’a été poursuivi et encore moins emprisonné pour les activités frauduleuses qui ont provoqué la crise actuelle et résulté dans la destruction de millions d’emplois et la destruction des conditions de vie de la classe ouvrière aux Etats-Unis et de par le monde.

Grâce à la protection de l’Etat, la frénésie spéculative et l’escroquerie se poursuivent de manière inchangée, garantissant des profits record aux banques et des rémunérations toujours plus grandes, à sept chiffres, pour les banquiers.

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Allemagne : Les banques préparent leurs “testaments”

Le gendarme financier allemand BaFin a demandé vendredi aux banques du pays, dont la Deutsche Bank, jugées systémiques de préparer leurs “testaments”, soit les documents détaillant la façon dont elles souhaiteraient être réorganisées ou démantelées en cas de crise menaçant leur survie.

Le premier institut de crédit d’Allemagne, Deutsche Bank, devra remettre en priorité son “testament” d’ici la fin de l’année. Deutsche Bank est en effet la seule banque allemande à faire encore partie d’une liste de 28 banques systémiques de rang mondial actualisée jeudi par le Conseil de stabilité financière (FSB). Cet organe a été mandaté par les pays du G20 pour renforcer la législation bancaire au niveau international.

De par leur taille et la diversité de leurs activités, plus d’une quinzaine de banques allemandes représentent une menace pour l’ensemble de l’économie du pays voire au-delà en cas de faillite, selon le BaFin.

Commerzbank, la deuxième banque du pays, a été sortie de la liste du FSB car elle a considérablement réduit sa taille depuis la crise financière. Le BaFin prévoit que le groupe remettra son “testament” dans le courant de l’année prochaine.
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Le boom du marché secondaire des hedge funds se poursuit

par Myret Zaki

Les fonds alternatifs peuvent, depuis la crise de 2008, revendre leurs parts à la liquidité restreinte. Explications.

Quatre ans après la crise qui l’a fait naître, le marché secondaire des hedge funds continue d’avoir du succès. «Au moment de la faillite de Lehman Brothers, il y avait 200 milliards de dollars pris dans des sidepockets, et en face de tous ces vendeurs il n’existait pas de marché», explique Florian de Sigy, fondateur de Gamma Finance à Londres. En d’autres termes, les gérants de hedge funds ne trouvaient pas facilement d’acheteurs pour ces parts détenues par des investisseurs souhaitant les vendre, et suspendues dans des poches séparées du reste du fonds. «Pour éviter de vendre au pire moment, les managers avaient activé les gates (gels des remboursements, ndlr), stoppant les rédemptions de parts pour protéger leurs fonds.»

Florian de Sigy, Parisien, avait auparavant travaillé chez Deutsche Bank où il s’était spécialisé dans les produits structurés sur actions et les dérivés sur hedge funds. En 2009, identifiant le potentiel pour la revente de parts de hedge funds, il a cofondé Gamma Finance. «Nous avions identifié 2 milliards de dollars de demande, soit une quinzaine de gros acheteurs, pour une offre de 3 milliards», explique-t-il. La boutique londonienne emploie aujourd’hui sept spécialistes. La crise a en effet agi comme un révélateur par rapport à une faiblesse structurelle du monde des hedge funds: il n’existait pas, jusque-là, de marché secondaire pour écouler des parts de hedge funds à la liquidité restreinte, avec une décote liée à leur risque. Seul existait avant la crise un marché secondaire pour les fonds fermés qui avaient beaucoup de succès, et dont on s’échangeait les parts à des primes. C’était un marché d’acheteurs. Mais il n’existait pas de marché de vendeurs, sorte de marché d’occasion permettant aux investisseurs bloqués dans leur placement et cherchant à en sortir, même au rabais, de rencontrer des acheteurs intéressés d’acquérir ces parts. «Dans le private equity, il y a toujours eu un marché secondaire, explique Florian de Sigy. Alors pourquoi n’y en avait-il pas dans le monde des hedge funds?» C’est ainsi que ce nouveau marché, qui permet à des investisseurs de vendre leurs parts directement sans attendre les remboursements de cash de leur hedge funds, a pris son essor.

Un potentiel de 3 à 5 milliards de transactions par an

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La SEC couvre-t-elle les délinquants de Wall Street ?

Par Matt Taibbi

L’autorité boursière américaine aurait systématiquement détruit des milliers de dossiers d’enquête, selon l’un de ses salariés. Une alerte qui lève le voile sur les liens étroits entre les dirigeants de la SEC et les barons de la finance.

Imaginez un monde où un homme qui a fait l’objet de plusieurs enquêtes pour une série de crimes graves se retrouve blanchi chaque fois que les flics ne parviennent pas à boucler le dossier d’accusation. Finies les reconstitutions de procès de la chaîne Lifetime, où le criminel est démasqué lorsqu’un enquêteur tombe par hasard sur une ancienne affaire en épluchant un vieux dossier : “Dites donc, chef, vous saviez que les deux femmes de ce type sont mortes d’une chute dans un escalier ?” Finies les affaires de cambriolages en série résolues grâce à un fin limier qui voit revenir un peu trop souvent le même nom dans les dépositions de témoins. Dans cet autre univers, bien plus favorable aux délinquants, même les présomptions de malversations disparaissent des archives.

Il semble aujourd’hui que ce soit précisément de cette façon que la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité boursière américaine, a traité les criminels de Wall Street qui ont fait exploser l’économie mondiale il y a quelques années.

Selon un employé de la SEC qui a récemment alerté le Congrès, depuis vingt ans l’organisme détruit systématiquement les archives de ses enquêtes préliminaires dès qu’elles sont classées sans suite. En faisant ainsi disparaître les dossiers de certains des plus grands délinquants financiers du pays, la SEC a privé toute une génération d’inspecteurs fédéraux d’informations relatives à des enquêtes sur des délits d’initié, des fraudes et des manipulations de marché.

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Moody’s place sous surveillance plusieurs institutions financières

Moody’s a prévenu, jeudi 16 février, qu’elle pourrait abaisser les notes de crédit de 17 grandes banques mondiales et de 114 institutions financières européennes, témoignant de l’impact de la crise de la dette souveraine européenne sur le système financier. L’agence dit examiner les notes de crédit à long terme d’une série de banques ainsi que leur solidité.

“Les groupes qui opèrent sur les marchés de capitaux sont confrontés à des défis changeants, avec des conditions de financement plus fragiles, des spreads de crédit plus larges, un durcissement de la régulation et des conditions d’activité plus difficiles”, a écrit Moody’s dans un communiqué.

Parmi les établissements concernés, et qui pourraient voir leur note abaissée de deux crans, figurent BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis, Deutsche Bank, HSBC, Barclays ou encore Goldman Sachs. D’autres banques pourraient même voir leur note de crédit réduite de trois crans, en particulier UBS, Credit Suisse et Morgan Stanley. Bank of America et Nomura pourraient voir la leur reculer d’un cran.

Moody’s explique que son action sur 114 institutions financières de 16 pays européens reflète l’impact de la crise de la dette et la détérioration des notes de crédit de leurs gouvernements. Moody’s a également dégradé jeudi les notes de plusieurs compagnies d’assurance, évoquant leurs exposition à l’Espagne et à l’Italie. Parmi les compagnies déclassées figurent Generali et Allianz. Moody’s a confirmé les notes d’Axa, Aviva et leurs filiales, tout en abaissant leur perspective de stable à négative.

COLLECTIVITÉS LOCALES DÉGRADÉES

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Allemagne : Parier sur la mort avec la Deutsche Bank peut rapporter gros

Âgés de 72 à 85 ans, des Américains ont un contrat sur la tête. S’ils meurent prématurément, les investisseurs du fonds Kompass Life 3 de la Deutsche Bank touchent le jackpot. Mais s’ils font de vieux os, les épargnants perdent la moitié de leur mise. Un cadavre de plus dans le placard de la grande banque allemande.

Les requins de la finance ne sont pas connus pour être rongés par les scrupules, mais de là à espérer la mort rapide de son prochain, il y a un pas que la Deutsche Bank (DB) n’a pas hésité à franchir.

Son produit financier, baptisé Kompass Life 3, n’est rien d’autre qu’une police d’assurance-vie imaginée par un esprit morbide. Au lieu de bénéficier aux proches du petit épargnant une fois sa dernière heure venue, ce placement peut faire gagner de confortables bénéfices à son propriétaire quand les “cobayes” choisis par la banque allemande décèdent plus rapidement que prévu.

Un rien macabre et malsain, pensez-vous ? En effet…
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Le mal portugais va faire des victimes en Europe

Le Portugal ne demandera pas l’aide internationale a affirmé le Premier ministre portugais José Socrates. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? L’Irlande il y a un mois peut-être. Ou un peu plus loin de nous, la Grèce.

Le principal problème de la zone euro, pour le commentateur, c’est qu’elle est composée de nombreux pays. Quand les États-Unis feront faillite, certes, cela fera des remous, mais cela devrait être réglé en une fois. Mais en Europe… c’est sans fin : l’Islande, la Grèce, le Portugal, l’Espagne… Et à chaque fois, c’est la même chose.

Les taux grimpent, une agence de notation passe par là et dégrade la note souveraine, les taux grimpent encore plus. Les gouvernements, cherchant désespérément à éviter la panique, jurent que tout va bien, qu’ils n’auront pas besoin de l’aide de l’UE, de la BCE, du FMI… et peu de temps après, ils finissent par accepter. Les taux soufflent pendant quelques jours… et puis, rebelote, ils regrimpent.

Il faudra bien que tout cela prenne fin un jour ou l’autre. Et la crise de l’euro n’a que peu de chances de connaître une issue positive. L’UE et le FMI ne pourront pas éternellement renflouer les économies défaillantes. Il faut bien qu’ils trouvent l’argent de l’aide quelque part. Et ce quelque part, c’est sur le marché de la dette. Qui voudra encore nous prêter de l’argent si nous continuons sur cette voie ?

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Vers l’intégration transatlantique ?

Les Etats-Unis cherchent à intégrer l’Union Européenne dans un espace économique et juridique sous leur entière hégémonie.


Les Etats-Unis planifient l’intégration de l’Union Européenne dans leur propre espace économique et juridique, en accord avec les législateurs de Bruxelles et de Strasbourg. Washington espère ainsi construire un marché puissant de 800 millions de citoyens sous le régime normatif et hégémonique du seul droit américain.

Lors d’une réunion commune entre Américains et Européens dans le cadre du « Conseil Economique Transatlantique » (CET), les Etats-Unis et l’UE ont mis au point un projet pour élaborer des critères communs dans de nouveaux secteurs comme le développement de la production technologique, la nanotechnologie et les automobiles électriques. Réunion qui a suscité un grand enthousiasme chez les fonctionnaires américains…

Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont décidé de développer un « système d’alerte précoce », grâce auquel tant Bruxelles que Washington s’échangeront des connaissances sur les nouveaux systèmes de régulation en chantier, en particulier pour tout ce qui concerne les produits de haute technologie.

Les règles ne seront pas d’emblée les mêmes pour les deux parties concernées, mais celles-ci ont néanmoins décidé d’arriver à « une coopération accrue sur le plan normatif ». Au cours de la réunion, les parties se sont mises d’accord sur une série de principes communs qui devront encadrer la réglementation future : cette série comprend la transparence, la participation publique et la réduction au minimum des charges pour les entreprises.

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USA : l’Anti-Defamation League couvre les malversations de l’« élite » financière

À cause de sa dernière page éditoriale, intitulée « Virtuous Bankers ? Really ?!! » (Vertueux banquiers ? Vraiment ?!!) l’Anti-Defamation League accuse d’antisémitisme Maureen Dowd du New York Times.

Cet article concernait la corruption à Wall Street et plus spécifiquement, l’implication de Goldman Sachs.

“Aucun lieu pour la haine”

Dans une lettre à l’éditeur du New York Times, Robert G. Sugarman, président national de l’ADL, a déclaré : « Bien que l’on puisse être d’accord ou en désaccord avec Maureen Dowd sur sa description de Goldman Sachs et d’autres banquiers (chronique du 11 novembre), en écrivant, ‘’les banquiers qui ont pris l’argent du gouvernement et ont ensuite distribué des bonus scandaleux sont les mêmes sortes de gens intéressés que Jésus jeta hors du temple’’, elle soulève potentiellement l’un des thèmes classiques de l’antisémitisme, liant les Juifs aux odieuses pratiques du prêt d’argent. Quelle qu’en soit l’intention, l’évocation de l’histoire du Nouveau Testament par Mme Dowd, pour illustrer la pagaille financière actuelle, rappelle les vieux préjugés contre les Juifs. »

Dans The Jewish News du New Jersey, Menachem Rosensaft et Jason H. Dolinsky ont aussi suggéré que l’article de Mme Dowd est antisémite : « Nous avons entendu ces paroles bien trop souvent pour les laisser passer. Les tracts antisémites et les sites Internet sont pleins de références aux ‘’suceurs de sang Juifs’’. Et Mme Dowd est trop intelligente pour ne pas avoir compris que décrire les Juifs comme des prêteurs d’argent avides, a produit les persécutions et les pogroms des deux derniers millénaires. Mme Dowd a ravivé la lutte contre ces anciennes incitations antisémites. Nous appréhendons la perspective de croix gammées barbouillées à l’extérieur des bureaux de Goldman Sachs, ou d’apprendre que quelque truand des rues, inspiré par la chronique de Mme Dowd, ne brise la jambe d’un Juif respectueux des règles, en criant ‘’Goldman Sachs, t’achèteras une autre guibolle !’’ À une époque où monte la judéophobie virulente, notamment en Europe et dans une grande partie du monde musulman, les hommes politiques, journalistes et chroniqueurs ont le devoir de s’abstenir d’utiliser des paroles incendiaires du jargon antisémite. Notre liberté d’expression, garantie par la Constitution, n’accorde à personne d’entre nous le permis d’inciter à l’intolérance ou à la violence. » Lire la suite

Les banques européennes se préparent au choc de liquidité

Le 1er juillet, les banques devront rembourser 442 milliards d’euros d’aide exceptionnelle accordée par la BCE, il y a un an. Les établissements financiers ont pris de l’avance dans leur programme de refinancement, mais tous ne sont pas dans la même position. A l’accès à la liquidité s’ajoutent les tensions sur le coût et ses répercussions sur le crédit.

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Absorber le choc de liquidité. Dans à peine plus de deux semaines, le 1er juillet, les établissements financiers du Vieux Continent devront rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) 442 milliards d’euros pour sortir de la facilité de financement exceptionnelle qu’elle leur a accordée un an plus tôt. Et ce, alors que l’accès à la liquidité reste tendu, en dépit des quelques émissions obligataires réalisées la semaine dernière.

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Le « malade de l’Europe » ne va pas si mal

Dans les années fastes du “miracle économique,” l’image de l’Espagne était excessivement étincelante. Aujourd’hui, les attaques des marchés sur la dette espagnole l’ont ternie bien plus qu’elle ne le méritait, estime El País.

Les Allemands ne se distinguent pas précisément pour leur sens de l’humour, et les banques moins encore, mais si l’on en croit la très grande et très sérieuse Deutsche Bank — première banque allemande — l’Espagne incarnait en 2007 “la variante heureuse du capitalisme” et “l’une des réussites les plus impressionnantes de ces dernières décennies”. Telle était, en quelques mots, l’image de la marque Espagne (si tant est que le concept même existe), à quelques mois de l’entrée dans le tunnel de la crise.

Une récession est une façon un peu étrange de remettre les choses à leur place, et elle crée de surcroît d’énormes distorsions. Il se peut que le parallèle soit injuste, mais une photographie résume bien l’image actuelle de l’économie espagnole dans le contexte international : celle du président Zapatero au Forum de Davos, assis entre le Premier ministre de la Grèce (épicentre de la crise budgétaire européenne) et le président de la Lettonie (le pays européen qui a subi une crise encore plus grave).

Du point de vue espagnol, ces trois dernières années ont été une façon de se réveiller d’un rêve, du nombrilisme qui a permis un long voyage de quinze années de prospérité alimentées par des montagnes de dettes — publiques, mais surtout privées —, par une bulle immobilière, et par une époque dorée qui touche à sa fin.
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Crise grecque: la Bundesbank évoque un «complot français»

La Banque centrale allemande reproche à la Banque centrale européenne, sous influence française, d’avoir racheté un trop grand nombre de dettes grecques.

Les relations entre la France et l’Allemagne n’ont pas fini d’être tendues. Et ce en dépit des déclarations de Nicolas Sarkozy, qui avaient martelé il y a une semaine qu’il n’y avait pas de désaccord avec l’Allemagne sur la réforme de l’euro.

Il y a deux semaines, la Banque centrale européenne annonçait le rachat d’obligations souveraines et privées, et notamment des dettes grecques, et ce, pour accompagner le plan d’aide de 750 milliards d’euros, crée par les États membres de la zone euro.

Une mesure que n’a pas du tout apprécié la Bundesbank, la banque centrale allemande d’émission qui n’hésite pas à parler de «complot français» qui porte atteinte aux intérêts de l’Allemagne.

Les banques françaises les plus exposées à la crise grecque
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La BCE menacée, selon l’économiste en chef de la Deutsche Bank

La Banque centrale européenne (BCE) menace de se transformer en «mauvaise banque» («bad bank») en poursuivant ses achats d’obligations de pays de la zone euro à la situation budgétaire critique, estime Thomas Mayer, l’économiste en chef de la Deutsche Bank, dans un entretien publié mardi dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Sur fond de crise de la zone euro, la BCE s’est engagée la semaine dernière à acheter sur le marché des obligations des pays les plus endettés, et qui se refinancent difficilement sur les marchés. Pour neutraliser l’effet potentiellement inflationniste de cette mesure, la banque va éponger des liquidités sur le marché.

«Le marché craint que la BCE ne soit utilisée comme bassin de décantation et que son bilan ne se détériore, selon M. Mayer, car certains des États dont la BCE achète actuellement des obligations peuvent faire faillite, malgré le soutien qu’on leur apporte.»

L’expression “bad bank” désigne les structures de défaisance créées par les banques pour y transférer leurs actifs toxiques ou non stratégiques.

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La Dette Noire

Par Bill Bonner

Henry Paulson. Marco Draghi. Ces noms vous disent-ils quelque chose ? Ils devraient. Parce qu’à eux deux, ils vont vous coûter beaucoup d’argent. Dont une bonne partie de ce que vous espériez garder pour votre retraite. Comment est-ce possible ?

Commençons par Henry Paulson. Vous savez sans doute qu’il était Secrétaire au Trésor US du 3 juillet 2006 au 20 janvier 2009. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’il a également été président de Goldman Sachs entre 1999 et 2006.

Pratique, non ? Pendant qu’il était à la tête de Goldman, il a contribué à créer la bulle de dette hypothécaire subprime. Excellent pour les affaires de Goldman. Au plus haut de la bulle, en 2005, les employés de Goldman Sachs ont gagné en moyenne 521 000 $ par an — secrétaires comprises — soit 58 fois le salaire minimum européen. Paulson lui-même a gagné 38 millions de dollars cette année-là. Puis la dette des subprime a explosé… causant une réaction en chaîne dans le monde de la finance, qui a effacé l’équivalent de 30 000 milliards de dollars d’actifs.

Mais chez Goldman Sachs, on s’en est sorti comme… eh bien, comme des bandits. Tout en vendant de la dette subprime à ses clients — dont des hôpitaux, des universités et des fonds de pension — Goldman a utilisé son propre argent pour parier contre cette dette. Autant vendre une voiture pleine de défauts dangereux à une vieille dame… pour ensuite prendre une assurance-vie dessus.

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Le krach obligataire passe aussi par la France

Un scandale financier ! Un de plus. Non, je ne vous parle pas de Goldman Sachs et de ses démêlés avec la SEC et deux banques mais d’un scandale qui a éclaté à côté de chez nous, à Saint-Etienne et qui fait mal. Très mal même. La crise financière mondiale vient de poser ses valises dans la municipalité du centre de la France, si bien que Saint-Étienne est, de fait, au bord du défaut de paiement.

Il y a quelques années, les dirigeants de Saint-Étienne ont décidé de réduire le poids de l’endettement de la municipalité en utilisant les produits dérivés. Tout cela en jouant avec l’argent des contribuables. Et dès octobre 2008, Alexandra Voinchet vous mettait en garde contre les pratiques dangereuses de nos édiles locaux.

Saint-Etienne a joué avec le feu… et s’est sérieusement brûlé

Au départ, il faut bien avouer que cela semblait une excellente idée. Pour financier plusieurs projets municipaux, la ville de Saint-Étienne a emprunté 22 millions d’euros à un taux de 4,9%. Un classique de l’endettement : taux fixe et durée connue.

Mais entre 2005 et 2008, la municipalité a décidé d’alléger le poids de sa dette et donc de réduire les coûts de son emprunt. Pour cela, elle a contracté différents swap – complexes et non-régulés évidemment.

Dans un premier temps, le choix de Saint-Étienne s’est avéré payant : en 2009, l’économie ainsi réalisée atteignait les 126 000 euros et le taux d’intérêt était tombé à 4,3%. Tout allait très bien donc… sauf qu’avec la crise, la machine des produits dérivés s’est emballée. Et Saint-Étienne a découvert le revers de la médaille…

Pas de chance pour la ville, les paris pris se sont avérés exécrables. Saint-Étienne avait par exemple parié sur la livre sterling contre le franc suisse. Malheureusement, depuis que l’accord de swap a été passé il y a deux ans, la livre sterling a perdu 21% face au franc suisse.

Le 1er avril dernier, un des accords de swap est arrivé à terme. Saint-Etienne devait donc payer des intérêts à hauteur de 1,18 million d’euros à la Deutsche Bank. Ce qu’elle a refusé de faire.
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Sauver l’Europe, mode d’emploi

La crise grecque engendre espoir et inquiétude. Espoir de ceux qui rêvent de voir imploser l’Europe, inquiétude de ceux qui ne peuvent l’imaginer. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que l’Europe est un maillon essentiel du Nouvel Ordre Mondial qui a nécessité tant d’énergie qu’il est « impensable » qu’elle disparaisse. D’ailleurs, des solutions sont déjà prêtes, élaborées depuis très longtemps. Comme d’habitude les réformes seront d’ordre technocratique en mettant en place des structures échappant au contrôle des nations et donc des citoyens.

Bien cerner le problème nécessite quelques rappels.

Tout d’abord, il ne faut pas perdre de vue que le traité de Maastricht a divisé l’Europe en deux : d’un côté, l’Union Européenne, de l’autre, la zone euro. Or, la zone euro est extrêmement fragile, du fait que les pays qui la composent ont des économies différentes. Par exemple, l’Allemagne n’est pas du tout au même niveau que la Grèce, et pourtant, ces deux pays ont une monnaie commune.

Cela n’est pas viable ! En effet, nous étions quelques-uns à expliquer que l’euro, dans l’état actuel des choses ne pourrait pas survivre à une crise majeure.

L’économiste Jean-Claude Werrebrouck avait d’ailleurs, le 4 février 2009, donné une excellente synthèse de la situation : « La solution serait, en Europe, de contourner la très dangereuse divergence croissante des taux d’intérêt sur la dette souveraine, en mutualisant les risques. Ce contournement suppose la création d’une agence commune d’émission, faisant disparaître les « spreads ». Mais cela suppose des stratégies de coopération interétatiques, aboutissant à des règles contraignantes pour les Etats menacés de dépôt de bilan. »

En effet, les écarts des taux d’intérêts sur la dette (les spreads), en raison des divergences économiques, sont inconcevables au sein d’une monnaie commune. On peut comparer cela à un bateau dont aucun des rameurs ne rame à la même vitesse et, de plus, sans gouvernail.

Pour éviter ce problème et sauver l’euro, il faut mettre en place une structure « interétatique », un Trésor européen.

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La France va emprunter sur 50 ans

L’Agence France Trésor vise une levée de capitaux comprise entre 3 et 5 milliards d’euros.

Système bancaire - Gouvernement - Peuple

À l’heure où les marchés s’inquiètent pour la dette des États, la France se paye le luxe d’emprunter sur… 50 ans !

L’Agence France Trésor (AFT) a annoncé mardi son intention de créer une nouvelle OAT qui arrivera à échéance en 2060. Cette obligation sera vendue par un syndicat de banques, dont les chefs de file sont Barclays Capital, BNP Paribas, Deutsche Bank, JPMorgan et Société Générale.

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L’économie souterraine, un excellent rempart à la crise

La corruption et la malhonnêteté sont peut-être les remparts les plus efficaces à la crise. C’est ce que révèle une note de recherche rédigée par Sebastian Kubsch, l’un des experts de la très sérieuse Deutsche Bank. Chiffres à l’appui.

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Le document dévoilé par le Financial Times le 28 décembre et intitulé “L’économie parallèle défie la crise” explique que les pays ayant une économie souterraine conséquente – elle inclut le travail au noir, l’évasion fiscale, le trafic de drogue etc. – ont globalement mieux résisté à la tempête en 2009.

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Le jeu toujours gagnant de Goldman Sachs

Quatre jours avant la date donnée par le journal Le Monde pour la pseudo-découverte, par le New York Times, des secrets de la réussite de la banque Goldman Sachs en pleine crise des subprimes, l’économiste suisse Michel Santi en donnait déjà la clé.

Voici leurs articles respectifs.

I – Le Monde :

Goldman Sachs est une des rares banques américaines à avoir très peu souffert de la crise des subprimes.

Le New York Times a peut-être découvert pourquoi, mercredi 23 décembre. Selon le quotidien, Goldman Sachs et quelques autres banques – Deutsche Bank et Morgan Stanley – auraient vendu à dessein des produits à risque à des clients tout en pariant sur leur chute.

Ces titres étaient des obligations adossées à des actifs (collateralized debt obligation, CDO), constituées en grande partie de crédits immobiliers à risque, créées par les banques.

Conscientes du risque élevé de ces CDO qu’elles avaient pourtant elles-même créées, les banques ont misé parallèlement sur leur chute.

Quand la crise des subprimes a explosé en septembre 2007, les investisseurs qui avaient souscrit à ces titres ont tout perdu. Mais pas les banques, qui ont pu récupérer des sommes considérables auprès des assureurs.

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