Grèce : comment les créanciers utilisent le Bank Run dans la négociation

La BCE a ce vendredi décidé de relever le plafond de l’ELA de 1,8 milliard d’euros selon d’autres. La Banque de Grèce demandait 3,5 milliards d’euros. Autrement dit, la BCE n’a même pas accepté de ne donner le strict nécessaire. Assez pour faire face pendant quelques jours, mais le scénario chypriote reste d’actualité pour la Grèce. Tout au long de la semaine, les créanciers et la BCE ont tout fait pour déstabiliser les déposants grecs. Et placer le gouvernement grec devant un choix impossible.

Le plan des créanciers se déroule-t-il comme prévu en Grèce ? Confronté à une résistance opiniâtre des autorités helléniques sur leurs « lignes rouges », autrement dit principalement sur le refus de réduire les pensions de retraites et d’alourdir fortement la TVA, l’Eurogroupe et le FMI ont tenté une nouvelle offensive durant cette semaine pour « briser les lignes » grecques.

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Pétrole : Le prochain krach pourrait jaillir de la chute des cours

La baisse des taux et l’abondance des liquidités provoquées par les actions massives des banques centrales à travers le monde ont poussé les investisseurs, à la recherche de rendement, à prendre des risques. Ils ont notamment financé la frénésie de forage de pétrole de schiste aux États-Unis.La chute des cours du pétrole pourrait bien provoquer le prochain krach boursier, s’inquiètent des opérateurs de marché, abasourdis par la dégringolade de 45% du prix du baril de brut en six mois, passé sous 61 dollars pour le Brent (référence de la Mer du Nord) et sous 58 dollars pour le WTI (brut léger américain), au plus bas depuis cinq ans et demi.

La chute des cours de l’or noir oblige les hedge funds à vendre leurs actifs les plus liquides pour rembourser les sommes empruntées pour spéculer sur le boom énergétique américain.

« Pour le moment, ce n’est qu’une simple correction emmenée par la chute des actions des compagnies pétrolières, mais ça pourrait bien vite se transformer en krach », craint un trader suisse. Un krach qui trouverait son origine dans la faiblesse des taux, l’abondance de liquidités et un ratio risque/récompense progressivement de moins en moins attractif sur les actions.
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Grèce : Vers un échelonnement de la dette fiscale des particuliers face aux impayés, de Charybde en Scylla ?

La politique de la troïka (BCE/FMI et UE), une aubaine pour les banquiers ? Mais au détriment des particuliers et des petites entreprises ? Cela y ressemble …

“Charybde et Scylla” par Alessandro Allori

Alors que les impôts ne cessent de s’envoler en Grèce, Athènes est désormais à un double problème : l’appauvrissement de sa population pour ne pas dire la descente aux enfers des plus pauvres … et la montée des impayés concernant ses revenus fiscaux.

Les citoyens grecs doivent en effet faire face à une situation tellement exsangue qu’ils ne peuvent s’acquitter de leurs dettes fiscales. Mettant en péril le respect des objectifs fixés par la troïka. Laquelle dicte inexorablement sa loi ….

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Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

En visite à Bruxelles la (sic) premier ministre slovène s’est voulue rassurante sur l’état de son pays. Les marchés redoutent un nouveau plan de sauvetage à 8 milliards d’euros.

La Slovénie ne sera pas la prochaine Chypre. C’est le message qu’ont martelé mardi la premier ministre slovène et le patron de la Commission européenne alors que les marchés financiers sont braqués sur le petit pays alpin. Nombre d’experts désignent en ­effet Ljubljana, plongée dans une nouvelle récession doublée d’une crise bancaire, comme la pro­chaine capitale à sauver de la faillite.

La Slovénie deviendrait, alors le sixième État membre de la zone euro à bénéficier d’une aide internationale après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre.

Le pétrole de schiste américain ne changera pas la face du monde

Le regain de la production pétrolière américaine risque de s’essouffler d’ici cinq ans, affirme Olivier Rech, directeur de la recherche chez Energy Funds Advisors. La facture énergétique, qui pèse lourd dans l’endettement des pays importateurs, risque de s’alourdir.

Les Etats-Unis pourraient stopper leurs importations de pétrole à moyen terme, les pays de l’OCDE consomment moins de pétrole, affirme l’Agence internationale de l’énergie. Va-t-on vers une détente du marché pétrolier mondial ?

On assiste effectivement à un renouveau de la production d’hydrocarbures aux Etats-Unis, liée à l’association de l’ancienne technique de la fracturation hydraulique, utilisée là-bas depuis 60 ans, et de la nouvelle pratique du forage horizontal. Mais ce regain est-il durable ? La question fait débat. Les uns tablent sur une redistribution massive des cartes, bien au delà des Etats-Unis, dans l’ensemble du monde. Pour d’autres, dont je fais partie, cette évolution est certes importante aux Etats-Unis mais restera locale.

Je ne pense pas qu’un tel regain puisse avoir un effet important au delà de l’Amérique du Nord après 2015/2017. A moyen terme, la production pétrolière américaine restera inférieure à ce qu’anticipent la plupart des analystes du secteur énergétique. Le pays ne devrait pas retrouver ses niveaux records de production qui datent des années 70. Le potentiel de croissance provient en effet essentiellement des huiles de schistes et de réservoirs compacts, dont la production va rapidement être sous contrainte.

Pour la maintenir durablement, la multiplication du nombre de puits sera nécessaire, ce qui va être d’abord difficile puis insuffisant.

Quant à l’extraction de pétrole conventionnel, elle est en déclin depuis 40 ans à terre, et dans le Golfe du Mexique, elle est proche d’un plateau. Elle va commencer à décliner d’ici cinq ans. La production nord américaine contribuera de façon positive à l’économie régionale mais ne changera pas la face du monde. Ce dynamisme risque de s’essouffler d’ici 5 ans.

Mais quelle sera la conséquence de la baisse de la demande des pays de l’OCDE ?

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Jean-Michel Quatrepoint : Quand la BCE récompense l’incompétence

“On s’aperçoit qu’il s’agit une fois de plus de sauver le système financier. Plus la BCE rachètera de la dette souveraine, moins elle financera le reste de l’économie. Mario Draghi aura peut-être sauvé le système financier mais au pris de la ruine des contribuables et des citoyens européens.” – Jean-Michel Quatrepoint – Xerfi Canal

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Sapir : “Il est urgent de dissoudre la zone euro” (Màj Vidéo)

Addendum du 07/09/2011 - Intervention de Jacques Sapir sur BFMTV, le 03/09/2012.

Addendum du 05/09/2011 - Émission “Les Enjeux internationaux” diffusée sur France Culture le 04/09/2012, présentée par Thierry Garcin et Eric Laurent avec Jacques Sapir, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Les gouvernements européens n’abordent pas un des problèmes essentiels, pourtant à l’origine de la crise : le coût du travail trop élevé, qui impliquerait dans certains pays des réductions de salaires pouvant aller de 20 à 30%…

La crise de la zone euro a atteint un point critique. Quelles que soient les solutions envisagées, qu’il s’agisse de la mutualisation de la dette ou des mesures dites “non conventionnelles” que la Banque centrale européenne pourraient prendre, elles ne peuvent apporter de solution durable. A cela une bonne raison : cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine mais une crise de compétitivité aggravée par l’effet pervers de l’euro sur la croissance.
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Perspectives sur notre société : réflexions d’Ivan Illich et Hannah Arendt

Ivan Illich est une personnalité sans doute assez peu connue, mais dont la pensée est importante pour comprendre les crises d’aujourd’hui. Prêtre de l’Église catholique, il est aussi un penseur du XXème siècle. À travers ses écrits, il propose une critique radicale de notre société à partir des années 1960. Il développa ainsi la notion de “contre-productivité”, élément important de ces réflexions, qui aujourd’hui encore semble être d’actualité.

Pour commencer simplement, nous pouvons reprendre un exemple que proposait Ivan Illich. Il s’agit de la vitesse d’une bicyclette et d’une voiture. Une voiture se déplace naturellement plus vite qu’une bicyclette si nous ne prenons en compte que le temps de trajet. Cependant, sur le modèle du coût total en économie, Illich propose un « temps total ». La voiture est un moyen de transport, mais comme chacun le perçoit, et de plus en plus d’ailleurs, c’est aussi un gouffre financier. Or, pour gagner de l’argent, nous passons du temps à travailler. Ce temps passer à gagner l’argent nécessaire au bon fonctionnement de la voiture peut être alors inclus dans un temps total. Et le temps total est alors très largement supérieur au temps de trajet seul. La bicyclette au contraire ne demande que peu de frais – que ce soit l’entretien du vélo ou la nourriture du cycliste – ce qui fait que le temps total n’est que peu supérieur au temps de trajet. L’un dans l’autre, une voiture et une bicyclette mettent approximativement le même temps total pour faire un trajet, d’après les calculs d’Illich. Il pourrait être intéressant de refaire le calcul à notre époque. En effet, les prix de l’énergie s’envole ces dernières années ; et s’ajoute maintenant le coût des conséquences sur l’environnement la voiture – qui est bien supporté in fine par le contribuable et le consommateur. La conclusion n’en serait alors que plus saillante.

Une voiture n’avance pas plus vite qu’un vélo.

À partir de cet exemple, nous arrivons à une des idées principales d’Illich qui est la contre-productivité. Arrivé à un seuil critique, les systèmes finissent par être contre-productifs. Les moyens de communication détruisent l’information, les moyens de transports font perdre du temps, le système de santé aliène et tue. Et pour reprendre une phrase d’Illich : “Les écoles sont des usines à chômeurs”.

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« La crise de la dette souveraine ! Quelle crise ? »

Par Valentijn van Nieuwenhuijzen, directeur de la stratégie d’ING Investment Management

Ces deux dernières années, les discussions autour de la crise de la dette souveraine se sont intensifiées. Souvent, on avance qu’une austérité budgétaire est nécessaire aujourd’hui afin d’éviter une nouvelle crise systémique dans le futur, la hausse de l’endettement des États souverains étant à l’origine de la crise actuelle de l’euro. Un diagnostic correct de la crise suggère pourtant que cette justification manque de perspicacité. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les prix sur le marché ou de se pencher sur les développements empiriques de la crise de l’euro.

La crise de la dette européenne, par Luojie pour China Daily, Chine, 14 juillet 2011

Dans la zone euro, la dette publique exprimée en pourcentage du PIB a en réalité été orientée à la baisse jusqu’en 2008, passant de 72% en 2000 à 67% en 2007. Ce n’est qu’après la grande crise financière de 2008 et la sévère récession qui en a résulté que les rapports dette/PIB ont commencé à croître substantiellement. Ceci vaut également dans les grandes lignes pour les pays périphériques de la zone euro, quoique les évolutions diffèrent largement d’un pays à l’autre.

Par conséquent, suggérer que la crise actuelle du système de l’euro est imputable à une gestion irresponsable généralisée des finances publiques ne semble pas compatible avec les développements empiriques. C’est en effet la combinaison du choc de la grande crise financière, de la récession mondiale qui a suivi et des déséquilibres au sein de l’économie de la zone euro ayant entraîné une nette détérioration des finances publiques après 2008 qui est à l’origine de la crise.

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Jeunes et fébriles : les nouveaux maîtres de l’Europe

D’un clic, les jeunes traders de la City peuvent faire tomber des gouvernements ou menacer la survie de l’euro. Mais, de leur propre aveu, ils ont du mal à interpréter les signaux confus en provenance des dirigeants européens et jouent la prudence, dans un cercle vicieux qui alimente la crise de la dette.

James Konrad, un jeune homme de 27 ans appliqué et bien élevé, a un temps gagné sa vie dans une société de paris sportifs, à mesurer l’influence d’une piste boueuse sur le galop des chevaux de course. Mais aujourd’hui, c’est sur les sables mouvants de la politique européenne qu’il parie.

Chaque jour, James Konrad peut négocier jusqu’à trois milliards de livres [3,8 milliards d'euros] d’obligations de la zone euro pour le compte de la Royal Bank of Scotland. En sport comme en finance, les paris sont incertains, mais la différence tient aux sommes largement supérieures qu’il manipule aujourd’hui – et qui semblent le stupéfier lui-même. “Comment faire comprendre à quelqu’un qu’on a réalisé des transactions à hauteur d’un milliard ? s’interroge James Konrad. Un milliard… On se perd facilement dans les zéros.”

Le marché des obligations s’est imposé comme un acteur formidable de la crise économique européenne, incarnant ce remarquable transfert de pouvoir qui s’est opéré au détriment des politiques et au profit des investisseurs et d’une cohorte relativement obscure de banquiers. Par le verdict qu’ils rendent collectivement tous les jours, ils ont le pouvoir de renverser des gouvernements et ont droit de vie et de mort sur l’euro.

Parole d’évangile

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L’Espagne appelle l’Europe à l’aide pour ses banques

Le premier ministre espagnol demande à l’Europe «d’aider les pays en difficulté». L’Espagne n’a plus accès aux marchés. L’appel à un sauvetage bancaire semble imminent.

L’Espagne est au bord du plan de sauvetage. Si Madrid n’a pas encore officiellement appelé à l’aide européenne, celle-ci devient inéluctable, tant la pression des marchés est forte.

«L’Espagne va devoir manger son chapeau»

Refusant d’être assimilée à des petits pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Irlande, l’Espagne, quatrième économie de la zone euro, refuse un sauvetage souverain.

Elle juge cette solution non seulement inutile mais hors de portée de l’Europe. «Mettre l’Espagne à l’abri des marchés financiers pendant trois ans nécessiterait 600 milliards d’euros et l’Europe ne les a pas», rappelle un proche du gouvernement à Madrid. L’Europe ne dispose, il est vrai, que de 750 milliards d’euros de capacité de prêts, à travers le Mécanisme européen de stabilité (MES).

En revanche, Madrid s’accommoderait d’un sauvetage strictement bancaire, évalué à 100 milliards d’euros d’après les experts.

Il passerait par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) doté de 450 milliards d’euros, qui peut recapitaliser les banques en émettant des obligations, comme il l’a fait en Grèce le mois dernier.

Impossible dit Berlin.

D’après les traités, ni le FESF ni le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne sont autorisés à recapitaliser directement les banques. Le passage par une entité publique garante de l’utilisation des fonds européens est obligatoire.

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La dette américaine émise pourrait atteindre le double du PIB d’ici 25 ans (rapport)

La dette américaine émise sur les marchés pourrait atteindre le double du niveau du produit intérieur brut en 2037 si l’Etat fédéral conserve les politiques fiscales actuellement en place, selon un rapport du bureau du Budget du Congrès (CBO) publié mardi.

Dans son document, le CBO, une entité non partisane du Congrès, souligne que la dette émise sur les marchés –de près de 70% du PIB des Etats-Unis actuellement– doit atteindre les 109% d’ici 2026 et se rapprocherait des 200% en 2037.

Le rapport précise que si les allègements fiscaux actuels sont reconduits et si les dépenses publiques ne sont pas réduites, le coût de cette dette continuera de grimper.

L’augmentation de la dette est liée en partie au vieillissement de la génération du “baby-boom” qui arrive à l’âge de la retraite, avec les conséquences que cela implique sur les programmes sociaux tels que le Medicare (assurance santé des personnes âgées) et la Social Security (retraites et prestations handicapés).

Selon un autre scénario impliquant notamment des augmentations d’impôts, la dette émise sur les marchés pourrait baisser à 53% du PIB au cours des 25 prochaines années.

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Plombés par le poids de la dette

Selon le Fonds Monétaire International, l’économie mondiale devrait s’être développée de 4,4% en 2011, et devrait se développer de 4,5% en 2012. En fait, les derniers chiffres de la Banque mondiale indiquent que la croissance a tout juste atteint 2,7% en 2011 et ralentira cette année à 2,5% – un chiffre qu’il faudra peut-être revoir à la baisse.

En fait, on a rapidement compris la gravité de la crise bancaire. Des mesures de stimulation énormes ont été mises en application en 2008-09, menées par les États-Unis et la Chine, coordonnées par la Grande-Bretagne, avec l’appui réticent de l’Allemagne. Il y a eu des réductions des taux d’intérêt, des sauvetages des banques insolvables, une remise en service des planches à billets, des réductions d’impôts et des augmentations des dépenses publiques. Quelques pays ont dévalué leur devise.

En conséquence, le dérapage a été stoppé et la relance a été plus rapide que celle à laquelle les prévisionnistes s’attendaient. Mais les mesures de stimulation ont transformé une crise bancaire en crise financière de la dette souveraine. À partir de 2010 et au-delà, les gouvernements ont commencé à augmenter les impôts et à diminuer les dépenses en réponse aux craintes croissantes de défaillance de l’emprunteur souverain. À ce point, la reprise s’est inversée.

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L’Espagne est en récession

Le ministre espagnol de l’Economie a admis lundi que le pays était retombé en récession, pour la deuxième fois depuis 2009, alors que les investisseurs exigeaient un rendement plus élevé pour acheter les titres de dette du pays.

Les chiffres officiels sur le produit intérieur brut (PIB) espagnol du premier trimestre 2012 ne seront pas publiés avant le 30 avril. Le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, a cependant déclaré que l’économie espagnole devrait avoir enregistré au premier trimestre une contraction similaire à celle du dernier trimestre 2011, qui était de 0,3% par rapport au troisième trimestre.

Deux trimestres successifs de PIB en baisse correspondent à la définition technique de la récession, laquelle a été largement anticipée en Espagne.

“On est revenu en mode pleine crise”, commente Lyn Graham-Taylor, spécialiste des taux à la Rabobank. “Il semble de plus en plus probable que l’Espagne devra recourir à une certaine forme de sauvetage. S’il n’y a pas d’intervention (de la BCE), il n’y aura pas de plafond aux rendements espagnols. Ils vont tout simplement continuer à grimper.”

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La zone euro accorde un répit à l’Espagne

La zone euro a accordé sa mansuétude à l’Espagne lundi soir en acceptant qu’elle affiche un déficit plus élevé que prévu cette année, mais en maintenant l’objectif d’un retour dans les clous européens l’année prochaine.

Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances de l’Union monétaire ont donné un peu d’air au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy en lui demandant de réduire à la fin de cette année son déficit public à 5,3% du produit intérieur brut contre un objectif de 4,4% prévu à l’origine.

Ce nouvel objectif est néanmoins un peu inférieur à celui qu’avait annoncé M. Rajoy le 2 mars à l’issue d’un sommet européen, lorsqu’il avait parlé d’un chiffre de 5,8%, suite à un déficit en 2011 beaucoup plus important que ce qui était escompté, supérieur à 8%.

Pour cette année, «l’Eurogroupe (forum des ministres) estime que la correction du déficit excessif devrait être garantie par un effort supplémentaire de l’ordre de 0,5 point de pourcentage du produit intérieur brut», soit 5,3%, a déclaré à la presse le chef de file de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker à l’issue de la réunion à Bruxelles.

Dans le même temps, la zone euro a insisté pour que Madrid respecte son engagement à ramener l’année prochaine son déficit public à 3% du PIB, soit le maximum toléré par le Pacte de stabilité et de croissance. Et elle a salué un engagement en ce sens du gouvernement espagnol.

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« Le problème n’est pas la Grèce mais la finance spéculative qui l’a rendu possible »

La finance sans visage, voilà l’ennemi.” Depuis que François Hollande s’est lancé sur ce thème au Bourget, la formule – volontairement floue – a fait florès. Jerôme Cazes, spécialiste des risques financiers – il a été directeur général de l’assureur-crédit Coface – se montre doublement plus précis que le candidat socialiste. S’il cible d’abord la finance spéculative et non la finance en général, c’est pour mettre dans son collimateur plus particulièrement les activités pour compte propre des banques.

En délaissant le crédit pour une quête forcenée de rentabilité, le système bancaire est devenu intrinsèquement un facteur de risque ; danger qui n’a d’ailleurs pas manqué de se concrétiser”, analyse l’expert qui met radicalement en cause les états-majors financiers de l’Hexagone pour leur défense obtue – et intéressée – de la banque universelle. Pour éclairer l’opinion sur ces enjeux essentiels et mettre en scène les acteurs de façon vivante et accessible, Jerôme Cazes a emprunté une voie originale, celle d’une fiction qui prend la forme d’un thriller” financier haletant – forcément haletant.

Pourquoi un thriller ? Cette forme m’a paru adaptée pour décrire un monde – celui de la finance – réputé compliqué et ennuyeux qui place avec tous ces acronymes l’opinion dans un rapport d’infériorité. La finance fonctionne pourtant avec des invariants à la portée de la compréhension de tout le monde. Les motivations des acteurs relèvent de la même logique que celles d’un détective privé dans un thriller. La complexité du sujet est bien réelle.

Si elle permet d’écarter les curieux, elle dépasse bien souvent l’entendement même des opérateurs, ce qui la rend dangereuse. Il est temps de revenir à des mécanismes simples et compréhensibles. Cette conviction que je me suis forgée après une expérience professionnelle de plusieurs années dans une grande banque, j’ai voulu la faire partager à mes lecteurs en faisant preuve de pédagogie. J’y décris la prochaine crise de crédit, encore pire que la crise actuelle, dont le point de départ est situé dans les fonds municipaux américains, impliquant des investisseurs internationaux dont chinois et français. J’y décris aussi des milieux financiers qui sont à des années lumière des enjeux collectifs et de l’intérêt général.

La finance spéculative

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Le devenir du dollar : Une perspective

La dépression mondiale semble accélérer les reclassements de puissance et annoncer la figure d’un ordre Mondial profondément transformé. La guerre du Golfe avait été l’occasion pour les USA de porter sur les fonds baptismaux un ordre américain ressemblant fortement à celui de la guerre froide, l’URSS en moins. Il ne se sera agi que d’un intermède dont nous vivons le terme.

La clef de voûte de cet ordre, le dollar, est en train de s’affaisser sous nos yeux. L’abandon de la convertibilité du dollar en or par le président Nixon le 15 août 1971 signait déjà l’affaiblissement de l’économie américaine : les déficits de la balance commerciale des années 60 rendaient inévitable l’adoption d’un système de parités monétaires flottantes, l’or détenu par les USA ne pouvait durablement garantir la valeur de la monnaie américaine sans fuir à l’étranger.  Mais le dollar restait la monnaie dominante des échanges mondiaux et l’instrument privilégié des banques centrales désireuses de disposer de réserves de change.

Il semble bien que la dépression mondiale actuelle – à l’issue toujours aussi incertaine – ouvre un nouveau chapitre de l’histoire monétaire mondiale. Mais faute de disposer de données sur les évolutions du commerce international en dollar, il n’est pas possible de déterminer si le dollar est en train de perdre son Hégémonie avec pour conséquence ultime la perte de son rôle de base du crédit international.

Les informations partielles et la rumeur ne pouvant se substituer aux chiffres exacts, il existe toutefois un biais pour envisager le problème du dollar. Il ne s’agit pas de poser la question des quantités d’échanges commerciaux réalisés en dollar, il faut plutôt s’interroger sur les mécanismes réels qui permettent aux USA d’irriguer le marché mondial de $ et de fournir via leur système financier les bases du crédit international libellé en $ à l’extérieur des USA.

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Faillite des États (anticipation et gestion)

Peut-on simplement imaginer “anticiper” les risques de défaut de paiement d’un pays et organiser une défense “préventive ”? Les exemples du passé sont fragmentaires et incomplets. Les propositions d’avenir, incertaines et contestées.

Lors des discussions relatives à la mise en place du mécanisme européen de stabilité (MES) les mots « dictature », « stalinisme néo-libéral ” ( ?!) et autres noms d’oiseau ont failli étre utilisés avec le dessein très clair de jeter ledit mécanisme aux orties. On a décrit le MES et les généralités sur les faillites des États dans deux entrées. Un des aspects très controversé de sa création est son lien avec le fameux traité de la « règle d’or » ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union (TSCG). En effet, parmi les missions attribuées au MES (qui fonctionnera sous la houlette de la BCE), sont celles qui consisteraient à faire des enquêtes, études et toutes recherches sur les grands équilibres financiers, bancaires et monétaires des pays adhérents aux traités qui instituent une forme de solidarité européenne (Zone euro). Dans le cas où on trouverait des « anomalies », les autorités européennes ad-hoc pourraient être saisies pour qu’une enquête d’infraction soit menée.

Les traités européens partagent avec la loi française un goût immodéré pour la sanction de type pénal ! Sauf qu’évidemment les États même européens ne peuvent pas être mis en prison et que la saisie des biens et valeurs leur appartenant n’est pas encore inscrite dans le droit positif. La prévention, même lorsqu’elle est organisée, incidemment comme ci-dessus, n’est pas vraiment prise au sérieux. Allons, disons-les choses simplement, il n’y a pas de droit de la faillite des États Européens. Au fait, qu’en est-il au niveau mondial ?

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Grèce : une facture de 13 milliards pour les banques

La crise grecque aura coûté plus de 12 milliards d’euros aux banques françaises. BNP Paribas et Dexia ont été les plus touchées, mais aucune n’a été épargnée. Globalement, les expositions résiduelles sur la Grèce sont désormais limitées pour les banques françaises.

La facture totale est colossale. Les principales banques de l’Hexagone et la franco-belge Dexia ont finalement provisionné près de 13 milliards d’euros dans leurs comptes 2011 du fait de la Grèce. La plupart des établissements sont seulement concernés par leur exposition à la dette souveraine de ce pays, en tête desquels Dexia (4,6 milliards en incluant la dépréciation sur neuf mois de Dexia Bank Belgique, cédée en octobre à l’Etat belge) et BNP Paribas (3,4 milliards).

Pour Crédit Agricole SA, en revanche, une bonne part de la charge sur la Grèce provient de sa filiale grecque. Sur un impact total de la crise grecque de 2,4 milliards d’euros sur son résultat net, 943 millions proviennent en fait du plan européen de soutien au pays, le reste ayant trait aux difficultés rencontrées par Emporiki. En coût du risque, la dépréciation des titres souverains grecs a coûté 1,3 milliard d’euros à la Banque verte l’an dernier.

La plupart des banques françaises ont provisionné in fine leurs dettes souveraines helléniques à hauteur de 75 %. C’est le cas de BNP Paribas, de Dexia ou encore de la Société Générale. Crédit Agricole l’a fait à hauteur de 74 %. Ces décotes sont en ligne avec l’accord trouvé en début de semaine sur le plan d’aide européen, qui prévoit un effacement de 73 % de la valeur actualisée de leur dette grecque par les créanciers privés.

Des expositions résiduelles désormais limitées

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Le noble Nobel et les CDS grecs

Les CDS sur la dette grecque ne vont pas se déclencher. Faut-il y déceler une sorte de complot? Joseph Stiglitz ne se fait pas que des amis…

Joseph Stiglitz n’a pas sa langue en poche. Dans une tribune publiée sur L’Echo du 8 février, le prix Nobel d’économie égratigne la Banque centrale européenne et son manque de transparence.

Dans le dossier grec, Stiglitz estime que la position de l’institution de Francfort a été pour le moins curieuse. Elle s’est ainsi toujours opposée à ce fameux “événement de crédit ”, lié à un défaut de paiement de la Grèce, qui déclencherait les contrats de CDS.

Que n’a-t-on écrit sur ces “credit default swaps ”, ces contrats qui permettent de s’assurer contre un défaut de paiement? Un produit qui a enfoncé des firmes comme AIG et Fortis en pleine tourmente financière en 2008, et qui a ensuite mis à mal des pays, comme la Grèce.

A la base, un CDS peut s’avérer utile. Il permet à un détenteur d’une obligation de se couvrir contre le défaut de paiement de l’émetteur. Comme un “bon père de famille” assure sa maison contre un incendie. Mais quand ce sont majoritairement des non-détenteurs de l’obligation qui se ruent sur les CDS, cela se corse. Il s’agit alors d’acteurs qui s’assurent contre un risque financier qu’ils ne courent pas. Ou comme l’indiquait Peter Praet, “c’est un peu comme si j’achetais une assurance contre le risque d’incendie de la maison d’une tierce personne ”. En d’autres mots, ce serait presqu’une incitation à mettre le feu à la maison du voisin.

Mais revenons à Athènes. Les banques européennes détiennent quelque 40 milliards d’euros de dette grecque. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banquiers, en gestionnaires avisés, achètent une assurance sous forme de CDS.

Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité financière du système veille en principe à ce que l’assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques ne soient pas dédommagées en cas de perte sur les obligations qu’elles détiennent ”, s’étonne Stiglitz.

Juges et parties?

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La grande braderie européenne

Dans toute l’Europe, les Etats cherchent des moyens rapides de trouver des fonds. Apparemment, tous ont eu la même idée : vendre le patrimoine national.

Qu’ont en commun le mardi gras portugais, le soleil grec, les pur-sang irlandais et la loterie nationale espagnole ? Réponse : ils sont tous soit mis en vente, soit supprimés par des gouvernements européens qui ne savent plus quoi inventer pour ressusciter leurs finances après avoir vécu pendant dix ans au-dessus de leurs moyens. Les Etats du continent sont de plus en plus nombreux à vendre leur argenterie, braderie du patrimoine européen sans aucun précédent.

La Grèce est sans doute celle qui a mis le plus aux enchères, pour près de 50 milliards d’euros de trésors nationaux, mais d’autres ont eu la même idée. Sous des cieux plus cléments, ces solutions désespérées paraîtraient au mieux ambitieuses. Sauf que les cieux en question n’ont en ce moment rien de clément.

Et, si tout le monde débarque sur le marché en même temps, les prix ne vont pas manquer de dégringoler. La Grèce, par exemple, n’a pour l’heure récolté que 180 millions d’euros sur son objectif annoncé de 50 milliards.

Logiquement, les acheteurs ne devraient pas manquer. La Chine veut investir ses richesses dans les moindres coins et recoins de la planète, tandis que les pays du Moyen-Orient sont toujours prêts à dépenser l’argent que leur rapporte le pétrole.

Il est difficile de savoir s’il faut s’en réjouir ou non. D’un côté, tout ce qui peut nous permettre d’échapper à la dette est bienvenu. De l’autre, une fois vendue, l’argenterie de la famille n’est plus à nous. Alors que nos économies sont de plus en plus dépassées par la Chine et l’Inde, on court le risque grave de voir la situation ne jamais redevenir ce qu’elle était.

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La classe moyenne, cette grande perdante de la financiarisation du monde

Depuis la crise de 2007-2008, la classe moyenne apparaît comme la grande perdante sans qu’aucun débat de société n’ait eu lieu. S’appauvrissant peu à peu, elle est seule à payer les errements de la financiarisation du monde. Extraits de “Tondus comme des moutons” d’Alain Germain et Edmond-Henri Supernak (1/2).

Dès qu’une firme de notation financière cible un pays, le même processus se met invariablement en marche : programme d’austérité, coupes budgétaires, augmentations d’impôts, etc.

Si l’on examine les pays directement visés par ces firmes de notation financière tels que la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et si l’on y ajoute même un pays hors zone Euro tel que l’Islande par exemple, que constate-t-on ?

Le politique change ; le financier reste

Portugal. 23 mars 2011. Démission du gouvernement du socialiste José Socrates. Élections en juin 2011. Irlande. 25 février 2011. Défaite cuisante du Premier ministre Brian Cowen, remplacé par le chef du principal parti d’opposition, le Fine Gael, élu sur la base de nouvelles renégociations des conditions du plan de sauvetage. Dans les deux cas, les bases de négociations en cours demeurent les mêmes que celles qui ont fait tomber les gouvernements précédents. Preuve si nécessaire que le politique change alors que le financier reste. Il est probable que certains amendements seront ajoutés pour que chacun sauve la face, mais l’essentiel des conditions imposées demeurera en place.

Faire payer le public pour rembourser les banques

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Ces baby-boomers qui cultivent leur confort sur le dos des plus jeunes

La génération des “Baby-boomers” a-t-elle soigneusement organisé son ascension puis la défense de ses intérêts contre celles qui lui succédaient ? Peu importe, si on convient que les générations qui suivent sont dans une situation inégale, infériorisée par rapport à leurs prédécesseurs. Le livre : “Les Génération déshéritées” décrit la situation et propose explications et solutions. Sans concession.

C’est un thème montant que celui de la crise intergénérationnelle où on montre que les « baby-boomers » ont tiré une large couverture à eux laissant, dans le froid et la nuit, les générations suivantes, celles de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Cronos, de retour, dévorerait sa progéniture en toute tranquillité.

Il est utile cet ouvrage que livre Mickaël Mangot car, par quelque bout qu’on le prenne, le sujet est bien là et s’installe dans un débat qui ne concerne pas uniquement, comme on le pense trop souvent, la question du financement des besoins des générations par les ressources des autres, mais des questions de civilisation et de prise de conscience qui tournent autour de ce qu’on nomme “progrès et acquits“.

« L’éducation, la productivité des actifs et l’espérance de vie de la population … Sur ces trois critères, il est clair que la situation n’a cessé de s’améliorer de génération en génération ». Ce petit livre fourmille d’informations chiffrées sur le niveau de vie des générations d’après la Seconde Guerre mondiale, insistant sur des données essentielles « Aujourd’hui 40% des jeunes générations ont un niveau d’études supérieures au baccalauréat, contre moins de 20% pour les générations au sortir de la guerre…. Les jeunes d’aujourd’hui devraient vivre plus longtemps. Ils auront plus de temps à leur disposition pour éponger la dette… ».

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Moody’s place sous surveillance plusieurs institutions financières

Moody’s a prévenu, jeudi 16 février, qu’elle pourrait abaisser les notes de crédit de 17 grandes banques mondiales et de 114 institutions financières européennes, témoignant de l’impact de la crise de la dette souveraine européenne sur le système financier. L’agence dit examiner les notes de crédit à long terme d’une série de banques ainsi que leur solidité.

“Les groupes qui opèrent sur les marchés de capitaux sont confrontés à des défis changeants, avec des conditions de financement plus fragiles, des spreads de crédit plus larges, un durcissement de la régulation et des conditions d’activité plus difficiles”, a écrit Moody’s dans un communiqué.

Parmi les établissements concernés, et qui pourraient voir leur note abaissée de deux crans, figurent BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis, Deutsche Bank, HSBC, Barclays ou encore Goldman Sachs. D’autres banques pourraient même voir leur note de crédit réduite de trois crans, en particulier UBS, Credit Suisse et Morgan Stanley. Bank of America et Nomura pourraient voir la leur reculer d’un cran.

Moody’s explique que son action sur 114 institutions financières de 16 pays européens reflète l’impact de la crise de la dette et la détérioration des notes de crédit de leurs gouvernements. Moody’s a également dégradé jeudi les notes de plusieurs compagnies d’assurance, évoquant leurs exposition à l’Espagne et à l’Italie. Parmi les compagnies déclassées figurent Generali et Allianz. Moody’s a confirmé les notes d’Axa, Aviva et leurs filiales, tout en abaissant leur perspective de stable à négative.

COLLECTIVITÉS LOCALES DÉGRADÉES

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“Dans la zone euro, c’est le marché qui gouverne”

La politique ne se fait pas à la corbeille”, lançait le général de Gaulle le 28 octobre 1966 quand la Bourse plongeait, après avoir exagérément monté, en 1962. L’économiste André Orléan, directeur de recherche au CNRS, rappelle cette formule pour montrer, dans un entretien au Monde, que le pouvoir politique est aujourd’hui assujetti aux décisions des marchés financiers. De la même façon, il trouve “disproportionné” l’affolement qui a suivi la dégradation de la note de la France par l’agence de notation Standard & Poor’s.

André Orléan, 61 ans, vient de recevoir le prestigieux prix Paul-Ricoeur pour son ouvrage L’Empire de la valeur. Refonder l’économie (Seuil, 2011). Il déploie dans ce livre une critique de fond des économistes “néoclassiques, qui veulent faire croire à l’“objectivité” des valeurs financières, quand lui décrit un système subjectif. Pour éviter les fausses évaluations, les crises et les krachs cycliques, mais aussi les politiques de rigueur imposées aux populations, André Orléan affirme qu’il faut repenser la notion de valeur, en comprendre les limites, redonner sa force au pouvoir politique.

C’est pour s’atteler à cette réflexion qu’André Orléan préside l’Association française d’économie politique (AFEP), qui milite pour le pluralisme dans l’enseignement et la recherche en économie. Il est aussi un des quatre signataires du Manifeste d’économistes atterrés (éd. Les liens qui libèrent, 2010), qui remettent en cause la politique de l’Union européenne dans le traitement de la dette souveraine. Le quatuor vient de publier aussi Changer d’économie ! Nos propositions pour 2012 (éd. Les liens qui libèrent).

Qui gouverne en Europe ?

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La Banque d’Angleterre fait marcher la planche à billets

Pour tenter de relancer l’économie atone, la Banque d’Angleterre a annoncé jeudi 9 février une nouvelle injection de liquidités dans l’économie britannique de 50 milliards de livres (59,6 milliards d’euros). Cette troisième opération  de “quantitative easing” depuis 2009 était attendue des marchés alors que la croissance patine et que  le pays pourrait retomber en récession  au premier trimestre 2012.

L’assouplissement quantitatif consiste pour une banque centrale à acquérir des titres de dette d’entreprises ou d’Etats pour les aider à se refinancer et apporter ainsi une bouffée d’oxygène à l’économie. Cela revient à faire marcher la planche à billets. Si la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre sont des adeptes de cette stratégie, la banque centrale européenne y est réticente au nom de sa mission de maintien de la stabilité des prix.

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Les fonds “vautours” sont-il immoraux ?

Ces fonds se présentent comme des récupérateurs de dette qui, à l’instar des passagers clandestins, semblent profiter des remises de dette accordées aux pays pauvres très endettés pour faire des bénéfices juteux. On les décrit, en outre, comme des fonds spéculatifs, généralement basés dans des paradis fiscaux qui rachètent à des créanciers des titres de dette de pays débiteurs pauvres sur le marché secondaire à un très bas coût.

Ils entament ensuite des actions en justice pour exiger le remboursement de l’intégralité de la dette initiale, en plus des frais de justice et des intérêts moratoires.

Ils doivent le qualificatif de “vautours” au fait qu’ils s’attaquent à des débiteurs dont la capacité de rembourser est pratiquement nulle. Si ces fonds sont légaux, sont-ils nécessairement justes pour autant ?

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La dette souveraine des USA au 31-12-2011 : les manipulations du couple FED-Trésor.

L’examen de la dette souveraine des USA n’avait pas été fait sur notre blog depuis la rentrée. Au moment où la question de la dette souveraine se pose en Europe avec une acuité particulière, il est bon d’examiner les évolutions de la dette fédérale. Nous fixerons notre attention sur l’année 2011 qui vient de se terminer. Les déboires financiers de l’Europe ne doivent pas faire oublier les difficultés grandissantes d’une Amérique traversant une dépression.

Notre exposé d’abord technique examinera les chiffres les plus récents. Nous traiterons des modalités de consolidation de la dette en nous penchant tout particulièrement sur les exigences et les modalités de financement de la dette américaine où la FED joue un rôle grandissant. Nous monterons que l’examen serré des données indique à quel point la situation est grave aux USA, l’analyse des problèmes de la consolidation de la dette sur la base des données récentes permettra de montrer que la gestion de la dette est administrée par le couple FED-Trésor. Nous approfondirons et préciserons un certain nombre d’analyses antérieures qui avaient le défaut de ne reposer que sur des séries pas encore suffisamment significatives.

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Eurocrise : vers l’heure de vérité

Par Jacques Sapir

« [l’]incapacité des pays européens à trouver des solutions viables n’est pas une nouveauté. La gestion de la crise, depuis l’automne 2009, a été en effet marquée par des solutions partielles et temporaires, des bricolages ad-hoc et des effets d’annonce de dégonflant rapidement. Avec une constance digne d’une meilleure cause on a toujours refusé de prendre au sérieux cette crise et de lui apporter les solutions qui s’imposent, soit une avancée vers le fédéralisme européen soit une dissolution ordonnée de la zone euro, » écrit Jacques Sapir, qui avertit que les échéances ne pourrant plus être repoussées bien longtemps.
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Faut-il vraiment rembourser la dette souveraine ?

Par Olivier Chazoule, avocat international spécialisé dans la finance, professeur de droit financier et de finance.

Les notes se dégradent. La situation aussi. Faut-il rembourser la dette souveraine ou bien s’en abstenir ? Un moyen terme est-il possible ? Et à quel prix ?

A l’heure de la dégradation de la situation financière internationale et de la dégradation de la notation continue des principaux pays industrialisés (États-Unis, Japon, France, Italie, Espagne, etc.) se pose avec acuité la problématique du remboursement de la dette souveraine.

Certains se demandent s’il est nécessaire de rembourser. D’autres affirment que non. Et les troisièmes disent que cela n’a pas d’importance car ils proposent une autre solution.
En premier lieu donc, certains se demandent s’il est nécessaire de rembourser.

Ne pas rembourser c’est paraît-il s’exposer à ce que l’on ne vous prête plus dans le futur. La France ne pourrait donc plus emprunter si elle ne remboursait pas sa dette.

Mais est-ce bien vrai ?
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Après la Grèce et le Portugal, la Chine prête à voler au secours de l’Espagne

Après la Grèce et le Portugal, la Chine affirme vouloir soutenir l’Espagne.

Pékin continuera à participer aux futures émissions de dette souveraine de l’Espagne, écrivait hier [dimanche 02 janvier 2011] le vice-Premier ministre Li Keqiang dans un éditorial publié par le quotidien espagnol « El Pais », intitulé « Trabajemos de la mano » (Travaillons main dans la main). « La Chine est un investisseur responsable et durable sur le marché financier européen et en particulier en Espagne », affirme-t-il. « Nous faisons confiance au marché financier espagnol et avons en conséquence investi dans sa dette publique ».

Celui qui est pressenti pour succéder au Premier ministre chinois Wen Jiabao en 2013 entame aujourd’hui [lundi 03 janvier 2011] une visite de trois jours dans le pays, avant de s’envoler pour le Royaume-Uni et l’Allemagne. Il doit notamment rencontrer le Premier ministre José Luis Zapatero et le ministre des Finances Elena Salgado. La Chine est prête à faire « des efforts » pour aider l’Espagne à sortir de la crise économique et financière, renchérit l’ambassadeur de Chine à Madrid, Zhu Bangzao, cité par l’agence Chine nouvelle.

Les discussions qui s’ouvrent aujourd’hui avec le Premier ministre espagnol et son ministre des Finances devraient selon lui « jouer un rôle-clé » dans la stabilisation financière de l’Espagne et permettre de « restaurer la confiance des marchés ».

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Les deux capitalismes : Productivité, croissance et dépression

Nous nous penchons sur une question nouvelle qui devrait mobiliser notre attention pendant toute l’année 2011. Si la croissance américaine est à crédit, si les variations de la dépense publique l’impactent fortement faute d’une véritable croissance endogène, comment expliquer cette situation. Bref, au delà du constat d’une dépendance de la croissance au crédit public, il reste à expliquer pourquoi la croissance ne reprend pas véritablement pas aux USA.

Nous avons souvent répété que l’absence de redémarrage de la croissance tenait au fait que la crise était une dépression, et que dans le cas d’une dépression des mesures contra-cycliques sont peu efficaces. On peut avancer deux séries d’explications à ce phénomène.

1° – Chômage de masse, crise du crédit, fragilité des emprunteurs, stagnation des sources de revenu et baisse de valeur des patrimoines, reformation d’une épargne nationale pénalisant la demande, investissement mou, dégradation des comptes extérieurs et de la monnaie sont des facteurs suffisamment puissants pour peser négativement sur la croissance de l’économie réelle.

2° – L’allocation des ressources publiques ne peut que très difficilement inverser les effets délétères de la crise. Elle a de plus le défaut d’allouer des ressources en fonction de nouvelles formes de crédits ou de dépenses qui rendent la croissance artificielle. On qualifie alors de reprise, ce qui n’est que l’effet d’un crédit public maladroitement  substituer aux mécanismes ordinaires de la croissance américaine.

Ces deux explications ont une indéniable valeur, mais on peut leur adresser ce reproche : vous dites que la crise est une dépression, prouvez le ! Et si vous ne pouvez le prouver alors, vos analyses dérivent d’une pétition de principe.  L’argument n’est pas faux, il est simplement trop radical. Il nous invite toutefois à tenter d’expliquer pourquoi la crise est une dépression. Une dépression n’est pas simplement une contraction plus forte et plus longue de l’économie, elle est causée par une crise d’un modèle de croissance qui explique sa violence.

Nous allons essayer de montrer  que la crise est une dépression en considérant les évolutions de la productivité  du secteur privé aux États-Unis. Cette évolution permet d’articuler une explication montrant que la crise a entraîné une rupture dans la logique d’investissement depuis 2007, rupture qui peut être regardée comme annonçant un changement de mode de croissance. Cette approche permet d’esquisser une explication du porte-à-faux que constitue la politique de l’administration Obama et des raisons de la montée inexorable du risque sur la dette souveraine des USA.

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Crise : La Chine prête à aider l’Europe

La Chine est prête à soutenir les mesures de l’Union européenne et du FMI pour assurer la stabilité financière de l’Europe, a déclaré mardi le vice-Premier ministre chinois Wang Qishan, à l’ouverture d’entretiens économiques bilatéraux. M. Wang a indiqué que Pékin aiderait certains pays membres de l’UE à combattre la crise de leur dette souveraine, ont rapporté les agences Chine nouvelle et Dow Jones.

Les entretiens, qui se déroulent dans le cadre d’un dialogue sino-européen sur les questions économiques et commerciales, sont conduits côté européen par le commissaire à la Concurrence Joaquin Almunia, le commissaire au Commerce Karel de Gucht et le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn.

Il est dans l’intérêt fondamental de la Chine et de l’UE de renforcer encore leur coopération,“a déclaré le vice-Premier ministre. La semaine dernière, les dirigeants de l’UE ont décidé la mise en place d’un mécanisme d’entraide financière durable pour permettre à la zone euro de mieux résister aux crises, qui sera effectif à partir de 2013.

La Grèce et l’Irlande ont déjà bénéficié de plans de sauvetage de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI), tandis que le Portugal, l’Espagne, la Belgique et l’Italie pourraient voir en 2011 augmenter les taux d’intérêt du remboursement de leurs dettes publiques, selon les experts.

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Qui veut la peau de l’Euro ?

Moody’s vient de dégrader violemment la note de l’Irlande. Motif : c’est un pays malade, la cure qu’il a entreprise va le tuer. Il faut se rendre à l’évidence : l’Europe gêne. Il y a de l’acharnement dans ces notes, dans ce jeu contre l’Euro. L’Euro n’est-il pas « l’homme à abattre » ?

Qui veut la peau de l’Euro ? Quand on regarde le champ de bataille alentour, il y a bien une méthode de combat, une sorte de battue à l’Euro. Une stratégie mise en œuvre contre l’Euro. On peut hésiter entre Cantona et Staline.

L’échec de Cantona à secouer les colonnes du temple des banques Euro malgré les craintes de la Commission Européenne, malgré les craintes de Christine Lagarde, malgré toutes les craintes de tous les gens raisonnables, laisse penser que ce n’est pas lui, ni même ses amis, qui veulent la peau de l’Euro le plus ardemment.

Reste la stratégie « Staline ». On a dit de la stratégie déployée par Staline et Joukov à partir de 1943 que c’était une stratégie « en tiroir ». Idéalement, il faut commencer par la partie du front la plus faible, puis monter progressivement jusqu’à ce que l’ensemble du front se soit embrasé. Dans le cas de Staline, le résultat a été probant.

Les agences de notation dans une stratégie stalinienne

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L’horrible vérité commence à se faire jour sur les dirigeants européens

Par Ambrose Evans-Pritchard

C’est désormais le projet européen en entier qui risque de se désintégrer, avec des conséquences stratégiques et économiques qui sont très difficiles à prévoir.

L'article du Daily Telegraph

Dans un discours prononcé le 16 novembre, le Président de l’Union européenne Hermann Van Rompuy (par ailleurs poète et versificateur de japonais et de latin) a mis en garde : si les dirigeants européens ne traitent pas correctement la crise actuelle et laissent la zone euro se fracturer, ils détruiront l’Union européenne elle-même.

« Nous sommes dans une crise de survie. Nous devons tous travailler ensemble pour faire survivre la zone euro, parce que si nous n’arrivons pas à faire survivre la zone euro, nous n’arriverons pas non plus à faire survivre l’Union européenne » a-t-il lancé.

Bien, bien. Quoi qu’il s’agisse d’un thème on ne peut plus familier aux lecteurs du Daily Telegraph, cela n’en fait pas moins un choc que d’entendre une telle confession, après toutes ces années, dans la bouche du président même de l’Europe.

Il admet que le pari d’avoir lancé une monnaie prématurée et dysfonctionnelle, ne disposant ni d’un Trésor centralisé, ni d’une fusion des dettes nationales, ni d’un gouvernement économique pour la soutenir, – et d’avoir, qui plus est, opéré ce lancement avant que les économies, les systèmes légaux, les pratiques de négociation salariales, la croissance de la productivité, et l’élasticité des économies aux taux d’intérêt, soient parvenus à un degré de convergence suffisant du nord au sud de l’Europe – eh bien ce pari est maintenant susceptible de provoquer un horrible retour de flammes.

Jacques Delors et ses compères fondateurs de l’Union économique et monétaire avaient pourtant été mis en garde par des économistes de la Commission, au début des années 90, que cette aventure insouciante ne pourrait pas fonctionner et qu’elle mènerait à une crise traumatisante.

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L’Irlande, la Grèce et le Portugal ne paieront pas leurs dettes

L’Allemagne est-elle en train de pousser les pays européens les plus fragiles financièrement et économiquement, les fameux PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Spain (Espagne)) à faire défaut sur leurs dettes. Un scénario catastrophe qui effraye toute la planète financière.

C’est en tout cas la thèse exposée par deux experts parmi les plus réputés sur le site project-syndicate: Simon Johnson, ancien économiste en chef du FMI et professeur au MIT, et Peter Boone de la London School of Economics.

Ils ironisent sur le fait que le gouvernement allemand a beaucoup critiqué les pays considérés comme laxistes et irresponsables dans la gestion de leurs finances publiques et de leur dette, mais que son attitude mène ces mêmes pays au bord du gouffre. Berlin demande aujourd’hui la mise en place d’un mécanisme strict de financement des pays en difficulté de la zone euro et instaurant un nouveau système en 2013 leur permettant de restructurer leur dette.

Le coté pervers de ce mécanisme est qu’il peut conduire les pays en difficulté à choisir de faire défaut comme la moins mauvaise solution.

Il s’agit de gagner du temps, de rassurer le contribuable allemand et de faire partager la charge des mauvaises dettes en y associant notamment les prêteurs, à savoir le système bancaire et financier.
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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Crash Course – 12

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 12: Dette

Maintenant nous entrons dans la deuxième partie du Crash Course. Ici vous verrez les informations qui m’ont réellement conduit moi et ma famille à changer profondément notre vie, où nous vivons, ma ligne de conduite, et même où nous obtenons notre nourriture.

Avec ce que vous avez déjà appris à ce stade, vous êtes maintenant en mesure de comprendre comment les trois “E”, l’Économie, l’Énergie et l’Environnement, se croisent et semblent converger vers une issue très étroite pour l’avenir : La décennie 2010. Les données dans les chapitres suivants m’amènent à conclure que les vingt prochaines années seront complètement différentes des vingt dernières années. Une petite mise en garde, ce document peut être choquant et certains ou vous-même pourriez être ébranlés psychologiquement.

Nous commençons donc la deuxième partie par la “dette.” Nous allons voir deux autres concepts clés dans ce chapitre, et l’un d’eux est tout à fait essentiel. C’est le suivant : Un endettement sans cesse croissant suppose implicitement que l’avenir sera plus grand que le présent. Nous allons examiner cette déclaration en détail dans ce chapitre.

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