Et si l’on se refaisait une crise financière?

De l’argent qui coule à flots tandis que la montagne de la dette grandit: la croissance mondiale dont la zone euro commence à bénéficier elle aussi ne repose-t-elle pas sur des bases très fragiles ?

Si l’on en croit le Fond monétaire international, la croissance mondiale devrait accélérer doucement pour passer de 3,3% en 2013 et 2014 à 3,5% cette année et à 3,7% en 2016.  La baisse du prix du pétrole explique une partie de ce regain de vigueur, mais l’essentiel vient de la politique extrêmement stimulante menée par les grandes banques centrales. Aux Etats-Unis, cela fait près de sept ans que la Réserve fédérale mène une politique de taux zéro et la croissance semble solidement établie à plus de 2,5% l’an.

Ne serait-il pas temps de revenir à une politique plus tempérée? Déjà, la banque centrale a arrêté ses injections massives de liquidités; elle s’apprête maintenant à remonter ses taux directeurs, mais elle avance avec beaucoup de précautions. Au point d’inquiéter des économistes qui craignent une action trop tardive. Ainsi que le rappelle Philippe Weber, responsable étude et stratégie de CPR AM«il faut entre six et huit trimestres pour qu’une hausse des taux fasse de l’effet». Mieux vaudrait donc ne pas trop attendre.

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Comment la Chine est, elle aussi, devenue dépendante à la dette

C’est la plus grande leçon à tirer des crises financières que l’économie mondiale a traversées. Les changements des bilans façonnent la performance des économies, le crédit suivant des cycles complets d’optimisme et de pessimisme.

L’économie mondiale est devenue dépendante au crédit. La Chine pourrait bien être la prochaine victime.

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La planète endettée à 286% de son PIB

L’endettement des gouvernements, des ménages, des entreprises et des institutions financières dans le monde augmente plus rapidement que la croissance depuis la crise financière.

C’est la conclusion de la dernière étude menée par le cabinet McKinsey Global Institute (MGI). L’étude publiée hier révèle que la dette pesait 286% du PIB mondial l’an dernier, contre 269% en 2007, rapporte l’Agence France presse (AFP). En volume, l’endettement a progressé de 57.000 milliards de dollars entre 2007 et 2014 pour frôler les 200.000 milliards de dollars. À elle seule, la dette publique a progressé de 25.000 milliards de dollars. Pour McKinsey, cette dette va continuer à croître dans de nombreux pays, au vu des fondamentaux économiques actuels.

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Il n’y a pas que le « coût du travail »… Coût du capital, la question qui change tout

Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias et gouvernants se prévalent de leur disposition à bousculer les « archaïsmes » et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et prestations sociales. Il existe pourtant bien un tabou pénalisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’emploi : le coût prohibitif du capital.

Il serait sans doute passionnant de refaire le trajet d’ivrogne, tortueux et chaloupant, parcourant toute l’Europe, qui a finalement abouti à ramener tous nos maux à des questions de compétitivité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés la crise des subprime, la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciations d’actifs, l’effondrement du crédit, la tétanie de la demande, la transformation des dettes privées en dettes publiques, les politiques d’austérité. Comme nous l’avait bien expliqué dès 2010 M. Ulrich Wilhelm, alors porte-parole du gouvernement allemand, « la solution pour corriger les déséquilibres [commerciaux] dans la zone euro et stabiliser les finances publiques réside dans l’augmentation de la compétitivité de l’Europe dans son entier (1) ».

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Grèce : 77 milliards d’euros de créances impayées dans le privé

La hausse des créances impayées est un phénomène qui frappe les économies du sud de l’Europe. Dans le secteur privé, en Italie, la dette des entreprises et des particuliers se montait à plus de 170 milliards d’euros en juillet 2014. Elle était de 140 milliards un an plus tôt.

Au Portugal, les impayés se montent à 18 milliards d’euros.
En Espagne la dette privée est de 185 milliards d’euros actuellement, soit 13% du total des crédits accordés.

En Grèce, “le profil type [du mauvais payeur], c’est tous les gens qui appartiennent à la classe moyenne, explique Eleni Charalabidou, consultante auprès des syndicats de salariés en Grèce. C’est à dire les gens qui ont perdu leur travail et les employés qui voient leurs revenus se réduire et qui ne peuvent plus rembourser. Et c’est un coup dur pour la classe moyenne grecque”.

L’économie mondiale accro à une drogue dure, la dette

100 000 milliards de dollars, c’est le cap symbolique qu’a franchi la dette mondiale mi-2013, selon la BRI, la banque centrale des banques centrales. Une charge colossale qu’il va bien falloir résorber d’une manière ou d’une autre.

Pendant la crise, la maison continue de faire crédit. Malgré les explosions de la bulle des supprimes et de celle des dettes publiques en Europe, rien n’a changé. L’économie mondiale continue de carburer à l’endettement. +40% depuis 2007 nous dit la BRI. Alors, la dette n’est pas un mal en soi. S’endetter c’est se donner les moyens d’accélérer la croissance. De donner un coup de fouet à l’économie.

Le problème c’est l’excès de dette. Il offre l’illusion de la prospérité comme la cortisone masque l’état de santé réel du patient, jusqu’au jour où le traitement s’arrête. Et ce que nous dit ce rapport, c’est que nous absorbons toujours des doses massives de dette. Elle représente désormais l’équivalent de 4 fois la richesse cumulée des États-Unis et de la Chine, les deux premières puissances mondiales.

Une telle inflation a de quoi surprendre, alors que la plupart des États et des entreprises ont adopté ces dernières années des politiques visant justement à se désendetter. C’est en fait avant tout un problème d’endettement public. C’est le prix que les États ont dû payer pour endiguer la crise. D’abord, ils ont dû reprendre à leur compte les engagements des acteurs privés défaillants. C’est ce qui explique l’explosion de la dette publique espagnole par exemple rattrapée par la faillite du système bancaire. Depuis 2006, elle a plus que doublé.
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Probabilité et mode de gestion d’une prochaine crise financière

Une prochaine crise financière peut connaitre son épicentre en dehors de la zone euro, mais sa force dévastatrice aura pour théâtre principal la zone euro. La raison en est qu’il s’agit de la zone la plus fragile du globe. Ses conséquences seront évidemment planétaires.

Face à la crise potentielle, des outils insuffisants ou improbables.

Les instruments mis en place pour protéger la zone euro aggravent la situation (politiques budgétaires)[1], ou ne permettent pas le réaménagement institutionnel, par ailleurs souhaité (MES, LTRO, OMT, Union bancaire, etc..).

Les transformations imaginées sont elles-mêmes irréalistes (émission de titres publics à l’échelle de la zone) ou fondées sur des hypothèses insuffisamment robustes.

Parmi ces dernières, on pourra citer celle imaginée par des proches des milieux bancaires[2] lesquels proposent des transferts vers le sud par des fonds d’épargne souscrits par des investisseurs du nord, essentiellement allemands, avec garantie du gouvernement allemand. Il s’agit d’un moyen d’échapper à des transferts directement publics et donc inacceptables du point de vue allemand[3].

Ce schéma est peu convaincant. Il suppose qu’effectivement les dettes soient converties en capital productif permettant l’alignement progressif de la productivité du sud sur celle du nord (privatisations dans de meilleures conditions que celles prévues par les structures de cantonnement).

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Jacques Attali: Et maintenant, l’Amérique…

A moins de progrès technologique miraculeux, ou d’une économie de guerre, un effondrement de la société américaine s’annonce. Nul, en Europe, n’aurait rien à y gagner.

Depuis trois ans, les Américains ont réussi à faire croire qu’il n’y avait plus de crise qu’en Europe. Et mieux, même, que l’Europe en était la seule cause, sans vouloir admettre que les désordres financiers ont commencé avec l’endettement excessif des ménages américains, et avec la titrisation de ces emprunts, sans vouloir aussi reconnaître que, alors que l’Europe mettait en place, à grand peine, les premiers éléments d’une gouvernance adaptée à la mondialisation, et commençait à maîtriser ses dettes publiques, la faiblesse de la démocratie américaine laissait augmenter les dépenses et diminuer les recettes, dans des proportions inconnues dans l’Histoire. Et la situation qu’affrontera le prochain Président, quel qu’il soit, sera proprement effrayante.

En apparence, tout semble pourtant aller très bien, outre-Atlantique: la Silicon Valley reste le premier lieu de la créativité mondiale. New York reste la ville la plus fascinante de la planète. Le cinéma américain continue de faire rêver le monde. Les armées américaines sont encore déployées partout dans le monde, et d’elles dépend la sécurité des démocraties. De nouvelles sources d’énergie vont assurer son autonomie. Enfermée dans son optimisme, l’Amérique croit encore qu’il lui suffira d’emprunter pour un temps, en attendant le retour de la croissance, qui avalera la dette.

Mais la dette croît beaucoup plus vite que jamais dans l’Histoire américaine (de plus d’un trillion*de plus chaque année), et même plus vite que celle d’aucun pays européen; elle dépassera dans deux ans les 80% du PIB, soit un niveau double de celui 2008.

Pour la financer, le budget fédéral emprunte 4 trillions cette année et le service de la dette dépasse le total du budget de la défense, de la sécurité sociale, et du système de santé.

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Le coup d’après

L’inflation, pour se débarrasser de la dette.

Assignats révolutionnaires

Après cinq ans de crise non résolue, le retour de l’inflation ne va-t-il pas apparaître bientôt comme le seul moyen d’alléger le fardeau de la dette, les autres solutions tentées jusqu’ici n’ayant donné aucun résultat ? La voie frontale de l’hyper-austérité ressemble à une impasse économique butant sur le social et la politique. Quant au retour de la croissance, il apparaît plus qu’hypothétique dans nos sociétés vieillissantes. Or pour certains experts, les politiques menées par les banques centrales – “mesures non conventionnelles” –, en injectant massivement des liquidités, nous prépareraient un retour de l’inflation. Fuite en avant ou voie de salut ? En perdant son combat pour la stabilité des prix et la non-monétisation de la dette – accusations que récuse évidemment Mario Draghi, le patron de la BCE -, qui faisait il n’y a pas si longtemps la pluie et le beau temps sur la monnaie a probablement ouvert la boite de Pandore.

De toute façon, croyez-moi, cette dette ne sera jamais remboursée !” Que vaut cette surprenante mise en garde – lapidaire – lancée publiquement cet été par le banquier Michel Cicurel à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ? Ce pronostic relayé par quelques officines de placements en mal de publicité n’est partagé pour l’instant que par une minorité d’économistes. Son enjeu est pourtant crucial puisqu’il revient à savoir qui – des créanciers ou des débiteurs – paieront in fine les pots cassés d’une crise qui trouve sa source dans un surendettement – d’abord privé puis public – accumulé comme jamais ces quinze dernières années dans les pays industrialisés.

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La crise de 2008 a commencé il y a quarante ans

Par Wolfgang Streeck, Directeur de l’Institut Max-Planck pour l’étude des sociétés, Cologne

Utilisée sans relâche pour décrire l’aggravation de la situation économique et financière depuis 2008, la notion de crise sous-entend le dérèglement intempestif d’un système pérenne. Il suffirait alors de corriger les excès pour que les affaires reprennent. Et si le capitalisme démocratique mis en place dans les pays occidentaux après la seconde guerre mondiale comportait un déséquilibre indépassable ?

Edward Hopper : “Nighthawks” (1942)

Jour après jour, les événements qui jalonnent la crise nous enseignent que les marchés dictent désormais leur loi aux Etats. Prétendument démocratiques et souverains, ceux-ci se voient prescrire les limites de ce qu’ils peuvent faire pour leurs citoyens et souffler les concessions qu’ils doivent exiger d’eux. Pour les populations, un constat s’impose : les dirigeants politiques ne serviraient pas les intérêts de leurs concitoyens mais ceux d’autres Etats ou bien d’organisations internationales — tels le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Union européenne (UE) — à l’abri des contraintes du jeu démocratique. Le plus souvent, cette situation est décrite comme la conséquence d’une anicroche sur fond de stabilité générale : une crise. Mais est-ce vraiment le cas ?

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Et si la dette espagnole était illégitime?

Les marchés mettent l’Espagne à genoux. Des citoyens, inspirés par une initiative grecque, demandent un audit des créances publiques et, le cas échéant, leur annulation.

Dans le ménage de l’Etat, l’intérêt de la dette a remplacé les services publics. Plus les marchés financiers renâclent à acheter les titres de la dette espagnole, plus le coût du remboursement de ses intérêts augmente. A la suite de l’annonce de l’injection de 23,5 milliards d’euros pour sauver sa quatrième banque – Bankia – de la faillite, les taux à dix ans de l’obligation espagnole de référence ont dépassé les 6,45% le 29 mai. Ce qui devrait encore accroître le coût du remboursement annuel des intérêts de la dette, déjà chiffré à 28,8 milliards d’euros lors de la présentation du budget 2012 début avril. Dans le même budget, on apprenait une coupe de 27,3 milliards d’euros dans les services publics.

La dette espagnole mérite-t-elle une telle phobie? La part publique de la dette ne représentait «que» 68% du PIB en 2011, alors que celle de la France dépasse les 85%. Avec le sauvetage de Bankia, elle pourrait augmenter jusqu’à 79,8% du PIB, prévoit le gouvernement. Un chiffre encore inférieur à celui de l’Allemagne, qui cumule 2080 milliards d’euros de dette publique, soit 81,2% de son PIB.

Privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes

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Etats-Unis : Les étudiants surendettés, un enjeu électoral

L’endettement moyen d’un jeune diplômé américain débarquant sur le marché de travail était de 27.500 dollars en 2011.

Lorsqu’elle est sortie de la prestigieuse université NYU de New York en mai 2011, master de développement immobilier en poche, Natalie Wright avait accumulé 133.000 dollars de dettes. À 29 ans, cette jeune fille originaire du Minnesota, à l’ouest des grands lacs, ferait pourtant figure de modèle. Elle a tout de suite décroché un job au Regional Catastrophic Planning Team (RCPT), une agence fédérale de gestion des catastrophes naturelles, mais ses émoluments ne suffisent pas, et de loin, à éponger le solde. «À raison de 900 dollars d’intérêts mensuels, je devrais avoir fini de rembourser d’ici trente ans, lorsque j’aurai à peu près 60 ans», sourit-elle tristement.

Son parcours universitaire n’a rien d’un accident: Natalie pensait sincèrement réussir un beau début de carrière, en se spécialisant dans le développement immobilier en situation d’ur­gence. Mais la crise économique est passée par là. Les Bourses se sont effondrées, et le marché immobilier avec. «Il ne s’est toujours pas redressé», ajoute-t-elle, soulagée d’avoir pu néanmoins décrocher ce poste public, alors qu’elle se destinait au secteur privé, forcément plus rémunérateur. Pour arrondir les fins de mois, elle a dû prendre un job du soir, tutrice pour lycéens désireux de passer les examens d’entrée des universités. Tout en sachant qu’il lui faudra plusieurs décennies pour rembourser ce qu’elle doit, Natalie s’astreint à une discipline de vie irréprochable: «J’ai renoncé, confie-t-elle après une hésitation, aux grands voyages, j’évite le shopping, et j’essaie de ne pas trop sortir le soir.»

Exercer plusieurs petits boulots

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Un nouveau plan pour la Grèce probable d’ici deux à trois ans

Après l’effacement de dette historique avec ses créanciers privés, Athènes risque d’être obligée de demander aux créanciers publics d’alléger son fardeau.

La diffusion d’un document confidentiel du FMI montre l’étendue du problème : pour que la trajectoire de dette grecque revienne à un niveau soutenable, fixé à 120 % du PIB d’ici 2020, il aurait fallu qu’au moins 95 % des investisseurs participent à l’opération d’échange bouclée jeudi 8 mars. Dès lors, pour un certain nombre de spécialistes, la restructuration historique qui est en cours n’empêchera pas un nouvel effort des créanciers dans quelques années.

« Les estimations de croissance retenues pour la Grèce à moyen terme sont trop optimistes », souligne Jacques Cailloux, chez RBS. Il rappelle que la Troïka, dans son premier rapport, avait par exemple anticipé une contraction de l’activité de 2,6 % en 2011, alors que la réalité risque d’être plus proche de 6 %. « Pour l’avenir, nous prévoyons une croissance de 2,5 % à partir de 2015, alors que la Troïka table sur 4 %. » Autre hypothèse irréaliste selon l’économiste de RBS : la balance primaire (balance budgétaire hors intérêts de la dette). « Le scénario d’un excédent primaire moyen de 4,5 % sur la période 2014-2020 ne tient pas. » Dès lors, pour Jacques Cailloux, sans un nouveau plan d’aide, le niveau d’endettement par rapport au PIB risque d’atteindre 160 % en 2020.

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Le plus dur de la crise est peut-être encore à venir

Il a fallu 5.000 milliards de dollars et une coalition sans précédent des pays du G20 pour redresser l’économie après la faillite de Lehman Brothers en 2008. Avec les problèmes de dette souveraine de la zone euro, s’ouvre une nouvelle phase de la crise qui pourrait s’avérer encore plus difficile à régler.

Pour enrayer la panique qui s’est emparée des marchés financiers il y a près de deux ans, les gouvernements ont transféré une quantité gigantesque de dette privée sur les comptes publics. Aujourd’hui, la dette de ces États inquiète les investisseurs et aucune échappatoire n’est cette fois envisageable.

La réponse maladroite des Européens à la crise de la dette grecque a montré les difficultés économiques et politiques qui attendent les pays endettés et ceux qui les financent.

Les pays considérés comme les maillons faibles de la zone euro – la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne – ne représentent que 4,0% de l’économie mondiale et pourtant leurs problèmes suscitent des craintes pour l’ensemble de l’économie. Les banques qui détiennent de la dette européenne pourraient en effet resserrer les vannes du crédit dans la perspective de lourdes pertes.

Les dirigeants européens n’ont pas encore convaincu les investisseurs qu’ils disposaient d’un plan crédible pour réduire les déficits à court terme et trouver une solution de long terme à la mollesse de la croissance dans la région. En attendant, les marchés restent versatiles et la reprise qui avait été si difficile à obtenir est menacée.

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Crise : gagner du temps n’est pas suffisant – 1

L’économiste Jacques Sapir nous le dit : «avec ce plan nous n’avons acheté que du temps.» Au delà des problèmes de déficit et d’endettement, la crise traduit surtout un phénomène d’euro-divergence entre l’économie allemande et la plupart des autres économies européennes.

photo; Abadie -Flickr - CC
Il faut se rendre à l’évidence. À peine calmée le lundi 10 mai par l’annonce d’une plan qualifié de « massif, » la spéculation contre l’Euro a repris dès la nuit de lundi à mardi. Elle s’est amplifiée durant toute la journée du 11 mai. Le plan dit “massif” n’aura apporté que 24h de répit. Nous sommes à nouveau devant la perspective d’une crise systémique de la zone Euro.(1)

Les deux crises de la zone Euro

La crise de l’Euro qui s’est déclenchée dans les derniers jours d’avril 2010 combine une dimension conjoncturelle (la crise de l’endettement de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie) et une crise bien plus structurelle. Cette dernière est caractérisée par la divergence des logiques entre les principaux pays de la zone Euro, ce que l’on a appelé le phénomène d’Eurodivergence. Elle se manifeste par un accroissement depuis 2000 des différences dans le domaine de l’emploi, de l’épargne et de l’investissement entre les pays de la zone Euro.
Alimenté par les différences de dynamiques économiques et accentué par la politique allemande qui a cherché à profiter de sa position dans la zone Euro en transférant une partie des charges de ses entreprises vers les ménages, ce phénomène a induit des distorsions de productivité importantes.

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Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite

Nouveaux “subprimes” : on efface tout, et on recommence!

Il y a quelques jours, nous signalions le danger de récidive d’une crise des prêts hypothécaires “subprimes” aux Etats-Unis.

Marianne2 nous emboîte le pas, en s’inquiétant du peu d’intérêt éveillé en France par l’avertissement qu’a lancé un économiste de la Fed.
Presque sans écho en France, une étude de la réserve fédérale américaine révèle que le taux de prêts hypothécaires subprimes a retrouvé son niveau de 2006. Sauf que cette fois-ci, pas de banque à mettre en faillite en cas de crise : les Etats vont trinquer direct !

Londres, Washington, Pittsburgh… La réforme du capitalisme a failli marcher ! Quelques semaines durant, le grand public en aurait presque oublié la fâcheuse affaire des subprimes et de ces prolétaires américains dont les prêts hypothécaires, impossibles à rembourser, avaient plongé la finance et l’économie mondiale dans le chaos. Raté !

« La part des emprunteurs avec un score de crédit de moins de 660 est revenue juste au-dessus de 20% », annonçait il y a une semaine John Krainer, économiste de la réserve fédérale de San Francisco, « la même que lors du pic de la titrisation subprime en 2006. » Le score FICO de 660, c’est la barrière entre l’emprunteur solvable et le subprime. Le pic de 2006, c’est celui qui a causé, un an plus tard, l’effondrement du système financier américain. Et nous y revoilà ! Lire la suite

(30.09.2009)

  • Les investissements vont baisser de 30% dans le monde cette année, selon la CNUCED

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, les investissements directs à l’étranger vont tomber de 1 700 milliards de dollars dans le monde en 2008 à moins de 1 200 milliards cette année. Ils ne dépasseront pas 1 400 milliards de dollars l’an prochain et il faudra attendre 2011 pour qu’ils remontent à 1 800 milliards de dollars. États-Unis, Europe, Asie, qu’il s’agisse d’entrées ou de sorties de capitaux, personne n’est épargné par la crise. «En 2008, les flux à destination des pays développés dans leur ensemble sont tombés de 29 % (…), le mouvement s’accélérant encore au premier trimestre de 2009». La Chine, avec 108 milliards de dollars d’entrées de capitaux en 2008, est désormais la troisième destination des fonds étrangers derrière les États-Unis et la France. Le Figaro

  • L’Algérie a 29.000 tonnes d’uranium en réserves

C’est ce qu’a indiqué le ministre algérien de l’Energie et des Mines, précisant que ces quantités sont « insuffisantes » pour développer le programme national de production de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. « Actuellement, nous disposons d’environ 29.000 tonnes de réserves prouvées d’uranium qui peuvent être exploitées » dans la production de l’énergie nucléaire, a-t-il déclaré. « Ces quantités permettront de faire fonctionner seulement deux centrales nucléaires d’une capacité de 1.000 Mégawats chacune et pour une durée de 60 ans », a-t-il précisé. D’où la nécessité « d’augmenter ces réserves en lançant un programme de prospection afin de découvrir et de développer d’autres réserves ». Algérie 360

  • Nouveau plan de soutien à l’immobilier aux États-Unis

35 milliards de dollars (24 milliards d’euros) seraient alloués par le gouvernement au soutien du secteur, selon le Wall Street Journal et le Washington Post. Une somme qui viendrait aider principalement les agences qui sont sous contrôle des collectivités locales et qui fournissent ou garantissent des prêts aux ménages les plus modestes. Ce plan de soutien fait suite à celui, bien plus massif, qui avait été lancé en février dernier par l’administration Obama, d’un montant global de 275 milliards de dollars (220 milliards d’euros), visant à aider sept à neuf millions de foyers directement frappés ou menacés par la crise du crédit. Selon des données publiées par l’Association nationale des promoteurs immobiliers (NAR), les ventes de logements anciens ont reculé de 2,7% sur un mois en août. Le Figaro

  • Côte d’Ivoire : annulation de plus de 400 millions d’euros de la dette privée

La Côte d’Ivoire a bénéficié d’une réduction de 268 milliards de FCFA (408 M EUR) de sa dette privée sur un stock total évalué à 1.380 milliards (2,1 milliards EUR) au 31 décembre 2008, soit 20% du stock de ses créances contractées auprès du Club de Londres, constitué de créanciers privés. L’accord prévoit également un allègement des 80% restant de la dette sur une période de 23 ans dont 6 ans de différé. Les Etats-Unis, quant à eux, ont annulé pour 208,7 millions de dollars (98,403 milliards de Francs CFA) la dette extérieure de la Côte d’Ivoire. L’accord a prévu un effacement de près de 123,23 milliards de Francs CFA (188 millions d’euros) du stock de la dette sur la période allant d’avril 2009 à mars 2012. La Côte d’Ivoire s’est qualifiée fin mars pour l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), qui lui donne droit à un allègement “temporaire” de sa dette extérieure, estimée à 6.700 milliards de francs CFA (10,22 milliards d’euros). Une réduction plus conséquente est conditionnée à la mise en oeuvre de réformes économiques et sociales convenues avec la Banque mondiale et le FMI. L’initiative PPTE permettra à la Côte d’Ivoire, selon le président Laurent Gbagbo, de réduire le service de sa dette de 1,06 milliard à 305 millions d’euros par an.
AFP (via Les Échos)