Chine : L’inquiétude monte autour de l’endettement

La dette est supérieure à celle des autres pays émergents.

Attention au dérapage ! Les inquiétudes se font de plus en plus palpables au sujet de l’endettement de l’économie chinoise. En mars, la banque Nomura mettait en garde contre un risque de crise financière. En avril, l’agence de notation Fitch dégradait la note de la dette chinoise en monnaie locale en raison de l’explosion du crédit. Et hier [14 mai 2013], ce sont simultanément deux institutions, CLSA et Moody’s, qui ont tiré la sonnette d’alarme.

Le courtier CLSA, régulièrement optimiste au sujet de la Chine, a en effet présenté, à Pékin, une étude qui fait état d’un risque en nette hausse en matière d’endettement. Son auteur, Francis Cheung, qui dirige la stratégie de CLSA pour la Chine, a ainsi dressé le tableau d’une économie «droguée» à la dette, comme en témoigne la hausse du crédit de 58% constatée lors du premier trimestre de cette année.

Efficacité remise en cause
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Jacques Attali: “Alors la révolution pourra commencer en France…”

En primeur, L’Express publie des extraits du prochain livre de son éditorialiste, Jacques Attali, intitulé Urgences françaises. Ou ce qui pourrait arriver à la France si elle choisit la politique du pire.

“Nul besoin d’être grand clerc pour percevoir qu’aujourd’hui le pays se trouve, à nouveau, au bord de grandes secousses. D’innombrables frustrations, des peurs diverses, des colères multiples et contradictoires, des réformes manquées, des besoins non satisfaits, des frustrations se font partout sentir. Les Français remâchent leur mécontentement. Pour l’instant, chacun dans son coin, chacun à sa manière. Les uns n’en pouvant plus de n’avoir ni emploi valorisant ni logement décent, voire ni logement ni emploi. Les autres, furieux, de risquer de perdre petits ou grands privilèges. Beaucoup s’estiment victimes de la mondialisation et certains sont désormais prêts à se battre, jugeant qu’ils n’ont plus rien à perdre. Tous sont angoissés à l’idée de n’avoir peut-être plus, un jour, les moyens de financer leur santé, leur retraite, leur logement, leur nourriture ou la scolarité de leurs enfants. [...]

Parmi ceux qui ont le plus de raisons d’être déçus et en colère, il y a les jeunes: ils commencent à comprendre qu’ils auront à payer la triple dette que leur laisse la génération triomphante des baby-boomers: la dette publique qu’il faudra rembourser; leurs retraites qu’il faudra financer; et le dérèglement climatique qu’il faudra supporter. Quand ils prendront vraiment conscience que les hommes politiques de tous les partis ont servi, et servent encore, avant tout, les intérêts de ces générations bénies des cieux, quand ils réaliseront que les syndicats servent d’abord les intérêts de ceux qui ont un emploi, les jeunes ne se contenteront pas d’un vote de protestation: ils quitteront le pays ou descendront dans la rue. La révolution commencera. [...]

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Souveraineté monétaire : Les grandes puissances à armes inégales

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Contrairement à l’Union européenne.

C’est l’histoire de l’amateur de vin qui demande à un ami de l’enfermer pour l’empêcher de boire à l’excès. Mais, lorsque l’épicurien trop généreux avec lui-même se sent à nouveau capable de tempérance, l’ami refuse de lui rendre sa liberté. Le buveur, c’est l’Europe, et le copain qui décide à sa place de ce qui est bien ou pas, c’est la BCE.

Le parallèle est osé, mais il fonctionne en ce qui concerne la souveraineté politique européenne en matière de création monétaire : les Etats de la communauté ont bel et bien confié leur “planche à billets” à un acteur non politique, la BCE qui, d’un côté, ne dispose pas de la faculté de financer directement le budget des Etats membres et, de l’autre, délègue la création monétaire au bon vouloir du système bancaire privé.

C’est une différence fondamentale avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon qui, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Evidemment, ce n’est pas une pratique anodine : il y a, en jeu, le risque inflationniste si l’injection de monnaie supplémentaire ne crée pas de richesses dans les mêmes proportions, et des conséquences sur les équilibres de change. Cela explique que, grâce au statut du dollar tout-puissant, les Etats-Unis puissent en user beaucoup plus facilement que d’autres.

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Olivier Delamarche : « On assiste en direct à la mort du Japon »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 21 mai 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« On assiste en direct au décès du Japon et tout le monde se réjouit. Ça se paiera dans un bain de sang. Ça va se traduire par un effondrement total de la monnaie, la République de Weimar au Japon. Bernanke est obligé de continuer les QE, s’il arrête ça sera un effondrement économique. »

Le budget de l’UE à court d’argent en novembre

Le Parlement européen a jugé mercredi “inacceptables” les conditions posées par les Etats de l’UE pour une augmentation du budget 2013 et a averti qu’il n’y aura plus d’argent disponible en novembre pour financer des actions en faveur de l’emploi des jeunes.

“Dès novembre, il manquera 2,5 milliards d’euros pour financer les actions du Fonds Social Européen”, a affirmé à l’AFP l’eurodéputé conservateur français Alain Lamassoure, président de la Commission des Budgets du Parlement européen.

Le budget européen pour la période 2014-2020 approuvé en février par les dirigeants européens prévoit 960 milliards d’euros en crédits d’engagements et 913 milliards en crédits de paiements. Une enveloppe de 6 milliards d’euros doit financer des actions en faveur de l’emploi des jeunes.

Mais le compromis trouvé par les dirigeants de l’UE doit encore être approuvé par le Parlement européen, qui juge les montants insuffisants.

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Vive la banqueroute ! – Entretien avec Frédéric Lordon

Les éditions Fakir publient un livre collectif « Vive la banqueroute ! ». En dix brefs récits, cet ouvrage raconte comment nos grands hommes (Sully, Colbert, Talleyrand, Poincaré, etc.) furent plus radicaux dans leurs actes que ne le sont aujourd’hui ATTAC ou Jean-Luc Mélenchon dans leurs discours. Suivi de « L’irréalisme, c’est eux ! », entretien avec l’économiste Frédéric Lordon.

État cherche créancier national

Suivant les pays, le rôle des investisseurs étrangers est prédominant et ajoute à l’instabilité. Certaines banques centrales, dont la Banque d’Angleterre, sont devenues incontournables.

Les bureaux de l’Agence France Trésor

Les Italiens ne s’y étaient pas trompés. En lançant la Journée des bons du Trésor en 2011, ils avaient voulu inciter les particuliers de la Péninsule à placer leurs économies dans la dette publique afin de contenir la flambée des taux d’intérêt. Comme pour d’autres pays en difficulté dans la zone euro, l’Italie a pu ainsi augmenter la proportion des résidents dans les détenteurs de dette publique, comme le révèlent les statistiques sur les porteurs d’emprunts souverains que la Banque centrale européenne vient de mettre à jour.

Désormais, en Italie, les investisseurs étrangers ne détiennent plus que 35% de la dette. Ils en [finançaient] environ 45% juste avant que la crise de la dette éclate en Europe.

«La part des investisseurs non résidents est essentielle», explique Audrey Gasteuil-Rougier, économiste à la Société Générale, auteur d’une étude sur les détenteurs des dettes d’Etat publiée il y a quelques jours. «Ce sont souvent les premiers à vendre leurs titres d’Etat dès qu’il y a des inquiétudes sur le pays, ce qui constitue une source de financement plus instable. La crise des dettes publiques dans la périphérie de la zone euro nous l’a rappelé». L’économiste Jean-Pierre Béguelin voit lui une autre conséquence dans sa dernière chronique sur le site du Temps : «Plus la dette de l’Etat est détenue à l’étranger, plus ces sacrifices [les programmes d’austérité, ndlr] sont douloureux pour les résidents et plus la tentation du défaut grandit».

Alors que la dette des pays européens était en moyenne détenue à 80% par des résidents jusqu’au milieu des années 1990, la création de la monnaie unique a changé la donne. Ainsi, juste avant l’éclatement de la crise de la dette en Europe, des pays comme la Grèce ou le Portugal avaient vu cette proportion pratiquement s’inverser.

Renationalisation des dettes
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Olivier Delamarche : « Il va falloir qu’on paie l’addition »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 14 mai 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« La conclusion du G7 : on continue à inonder et à créer des bulles et on verra bien ce qui se passera. Au Japon on ne voit pas d’impact de la baisse du yen sur l’économie. Si Mr Bernanke arrête de donner sa dose aux marchés de 4 milliards par jour, le marché s’écroule. Il va falloir qu’on paie l’addition. Ce n’est pas ceux qui ont créé l’addition qui vont la payer, c’est nous. Les marchés n’anticipent rien depuis des années. »

Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme

Par Irnerio Seminatore, président de l’Institut européen des relations internationales et directeur de l’Academia diplomatica europaea

Trois minirévolutions sont aujourd’hui en cours à Londres, Pékin et Tokyo.

Le référendum sur le “Brixit” (mot-valise composé de Britain et exit) pour décider de la sortie ou du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne marque une mutation dans l’équilibre des pouvoirs entre le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

Le rééquilibrage de l’économie chinoise, qui aura d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, vise à passer d’un développement à forte croissance tiré par l’investissement et les exportations à une économie à faible croissance tirée par la consommation.

L’émission massive de liquidités par la Banque du Japon, avec pour objectif d’atteindre une inflation de 2 % en deux ans, est un virage économique majeur, consistant à inverser les priorités entre croissance et désendettement, et la logique de résorption de la dette aujourd’hui à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Nous assistons, dans les trois cas, à l’abandon de la croyance en un multilatéralisme efficace, et à un retour aux étalons décisionnels de l’unilatéralisme national.

ÉCHEC D’UN SYSTÈME MONDIAL
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Jean Claude Werrebrouck sur Radio Ici et Maintenant

Jean Claude Werrebrouck était l’invité de Lisandre sur la radio Ici et Maintenant afin d’évoquer son livre Banques Centrales : Independance Ou Soumission ? A l’occasion de cet entretien Jean-Claude Werrebrouck s’exprime sur la monnaie, la dette publique, les banques centrales, sur le pourquoi et comment la dette publique est volontairement maintenue et non pas combattue, sur pourquoi les banques centrales financent le système bancaire et pas directement les états, sur la planche à billets (et singulièrement sur le cas à part de la planche à billets américaine) et sur le cas du Japon.

Pierre-Yves Rougeyron : “La victoire de la rente”

Pierre-Yves Rougeyron, auteur de “Enquête sur la loi du 3 janvier 1973″, nous explique quel était le contexte économique et politique des années 1960 en France, et comment la loi de 1973 et la construction européenne permirent progressivement de soumettre la France à des intérêts privés. Il nous montre la victoire éclatante depuis du monde de la rente sur le monde du travail, ainsi que la perte de l’indépendance de la politique française.

“Peut-on s’assoir sur la dette ?”

Émission “C Dans l’air” du mercredi 8 mai 2013 avec les invités suivants: Philippe Dessertine – Agnès Bénassy-Quéré – Bernard Maris – Philippe Frémeaux.

En ces temps de crise économique et de chômage record sur fond de croissance nulle, le débat sur l’austérité budgétaire fait rage dans la classe politique. Et certains appellent à un moratoire sur la dette publique, qui représente désormais 90 % de la richesse nationale…

Au lendemain de l’octroi par Bruxelles d’un sursis de deux ans à la France pour atteindre ses objectifs budgétaires, ce qui a suscité quelques grincements de dents en Allemagne, la problématique du remboursement de la dette publique est au centre des débats dans l’Hexagone. Si le ministre du Budget, Pierre Moscovici, s’est félicité de la décision de Bruxelles, tout en assurant qu’« il n’y aura pas de laxisme » côté français et qu’« il n’est pas question de relâcher en quoi que ce soit l’effort de réduction des dépenses ». Des voix s’élèvent dans la classe politique contre l’austérité budgétaire, ou vont plus loin, comme Jean-Luc Mélenchon qui a affirmé, il y a quelques jours dans l’émission Des paroles et des actes sur France 2, que « la dette ne serait jamais remboursée ».

Alors, peut-on « s’asseoir » sur la dette ? Et de quoi parle-t-on exactement ? Qui achète et qui possède la dette publique de la France ? Si la réponse à cette question semble simple, elle est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et éminemment stratégique, alors que notre pays atteint un nouveau record d’endettement, à hauteur de 90,2 % de son produit intérieur brut (PIB), soit 1 834 milliards d’euros.

Dans les faits, la dette publique française est triple : il y a celle de l’État proprement dit, mais aussi celle des collectivités locales et celle des administrations publiques.

Partie 1 :


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La dette et les économistes

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Une erreur de calcul vient d’affaiblir une étude, souvent citée par les austériens, qui concluait que la croissance s’effondre dès que la dette publique dépasse les 90% du PIB. Une telle limite n’a toutefois pas trop de sens car il y a dette publique et dette publique.

On a souvent besoin d’un plus savant que soi, c’est bien connu. Sauf évidemment lorsque le professeur, distrait comme Tryphon Tournesol, se trompe et c’est ce qui vient d’arriver aux austériens, pour utiliser ce néologisme à la mode fort commode. Récemment encore, politiciens allemands, commissaires bruxellois et soi-disant experts nord-européens justifiaient l’austérité en brandissant un article publié en janvier 2010 par deux professeurs de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, par ailleurs ancien chef économiste du FMI, qui, après avoir collecté et disséqué 3.700 données sur 44 pays, concluaient que la prospérité économique s’effondrait dès que l’endettement public dépassait les 90% du PIB. Entre 1946 et 2009, en effet, la croissance annuelle avait été proche de 3% pour les années et les pays développés où la dette publique relative se trouvait en deçà de cette limite, alors qu’au-delà de celle-ci l’économie stagnait, voire reculait de 0,1% par an, une chute de croissance du même ordre de grandeur étant observée pour les économies émergentes.

Or, ces moyennes étaient erronées puisqu’elles n’englobaient pas les observations pour les cinq premiers – rangés alphabétiquement – des pays étudiés, à la suite sans doute d’une mauvaise définition du champ des cellules dont on voulait prendre la moyenne, une bévue que tout utilisateur d’un tableur type Excel a sans doute commise ou évitée de justesse une, si ce n’est plusieurs fois.

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Chine : Entre accident de croissance et visée hégémonique

Vont-ils y arriver ? C’est la question qui devrait aujourd’hui obséder les grands dirigeants internationaux au sujet du nouveau président chinois Xi Jinping et de son équipe. Car le paquebot dont ils ont récemment pris la tête semble se diriger vers des eaux de plus en plus troubles, que ce soient en termes économiques, sociétaux, environnementaux mais aussi, chose nouvelle, géopolitiques.

Dans La Chine, une bombe à retardement (Eyrolles, 2012), nous décrivions les mécanismes à l’œuvre poussant l’Empire du Milieu vers un accident de croissance inévitable dans les trois ans à venir.

Notre dernier voyage au cœur du pays n’a fait que renforcer le constat dressé l’année dernière. La Chine semble avoir délaissé sa base industrielle, inspirée du modèle allemand, au profit du modèle espagnol, reposant quasi exclusivement sur la dette, l’immobilier et le secteur de la construction.

Mais à cette donnée purement économique traduisant la grande cyclicité du modèle de développement chinois est venue s’ajouter une dimension jusque-là difficilement palpable : une croyance quasi religieuse dans leur supériorité intrinsèque, une arrogance nouvelle traduisant une visée hégémonique à peine dissimulée.

Au regard de ces nouveaux éléments, la France et l’Europe en général doivent perdre de toute urgence leur angélisme dans leur vision des relations internationales et adopter des comportements adaptés à un monde dans lequel les tensions ne cessent de croître.

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Olivier Delamarche : « Entre les déclarations et les faits, il y a une grosse différence »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 30 avril 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

« La BCE va rabaisser son taux de 0,75% à 0,5%, est-ce que vous pensez que ça va changer la face du monde ? En Italie, Enrico Letta annonce qu’il va continuer les mesures d’austérité et en même temps diminuer les impôts, il a trouvé le truc que tout le monde cherchait. Au Japon il n’y a pas plus d’exportation malgré la baisse de la devise de 30%, le Japon, c’est mort. Les chiffres qui sortent des États-Unis depuis deux mois sont excessivement mauvais. »

États-Unis : « Strike debt », un plan de sauvetage du peuple par le peuple

Par Agnes Rousseaux

Trois ménages sur quatre sont endettés aux États-Unis. Si l’État fédéral est venu en aide aux financiers de Wall Street au bord de la faillite, il n’a pas porté secours aux familles plombées par des frais de santé, un prêt étudiant ou un emprunt immobilier. Le mouvement « Strike debt » a imaginé une solution : retourner les pratiques bancaires aux bénéfices des personnes endettées, en rachetant leurs créances dépréciées pour tout simplement les annuler. Explications.

Le mouvement Strike Debt – « grève de la dette » – vient de réduire à néant plus d’un million de dollars de dettes médicales dans les États du Kentucky et de l’Indiana. Un millier de personnes choisies au hasard, ayant contracté une créance de 900 dollars en moyenne à cause d’une hospitalisation ou d’une opération chirurgicale, ont vu leur dette effacée. Tout simplement.

Et ce n’est pas un miracle : c’est grâce au collectif Strike Debt, issu du mouvement Occupy Wall Street, qui a secoué les États-Unis il y a un an et demi. Ce collectif a décidé de retourner à son avantage, et aux bénéfices des personnes lourdement endettées, une pratique bancaire courante.

Quand les emprunteurs n’arrivent plus à rembourser, englués dans un prêt immobilier à taux variable ou un crédit étudiant à payer alors qu’on est au chômage, les banques cherchent à se débarrasser de cette créance devenue toxique. Pour récupérer une partie de leurs avoirs, elles « vendent » ces crédit à moindre coût à des organismes de recouvrement ou à des marchés spéculatifs.
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LEAP : La guerre est déclarée entre le monde économico-politique et la sphère financiaro-bancaire

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 avril 2013

Commentaire de dernière minute !

Depuis le bouclage du contenu de ce numéro [...] avant-hier soir, notre équipe observe de près l’inhabituelle coïncidence de l’effondrement de tous les indicateurs : bourses européennes, américaines et asiatiques, matières premières… et même et surtout or. Nous n’avons malheureusement pas le temps de nous étendre sur ce phénomène. Nous l’interprétons de toutes manières dans la droite ligne de tout ce que nous décrivons dans le présent numéro.

Mais là où ce numéro décrit les choses encore assez calmement, comme encore à venir, nous nous demandons si ces prémisses ne sont pas celles de l’effondrement que nous anticipions pour la période de mars à juin 2013. L’austérité occidentale (séquestre américain + cure d’austérité européenne) dont la croissance chinoise finit par se ressentir avec ces mauvais chiffres annoncés aujourd’hui provoque un effondrement du prix des matières premières et des bourses qui entraîne une chute des actifs bancaires, obligeant les banques à liquider en urgence leurs positions pour obtenir des liquidités.

L’or-papier est bradé et se retrouve menant la danse. Le phénomène est d’autant plus remarquable que, si nous étions dans un processus spéculatif normal, les baisses d’un marché profiteraient à un autre. Nous sommes peut-être au début d’un mouvement de panique dans lequel toutes les positions spéculatives sont abandonnées. Si un effondrement du type de celui de 2008 est bien en train de se mettre en place, la question est : d’où viendront les milliers de milliards qui ont rattrapé in-extremis le système financier en 2009 ?

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