Irlande : Le pays où il n’est pas nécessaire de rembourser son crédit immobilier

L’économie irlandaise semble sortir du marasme, et après un quatrième trimestre de contraction, le PIB a progressé de 2,7% au cours du premier trimestre de cette année, le chômage continue de baisser, tandis que les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse.

Mais un problème demeure : le nombre de propriétaires en retard de plus de 2 ans sur le paiement de leurs échéances de crédit immobilier continue de progresser.

Au cours du second trimestre, ils étaient encore 37.066, un nombre en progression de 5% par rapport au trimestre précédent. Leurs emprunts représentent 5% de l’ensemble des crédits immobiliers sur des résidences principales.

Même si le chiffre baisse régulièrement, l’ensemble des arriérés de crédit demeure astronomique en Irlande. Au second trimestre, la proportion des crédits connaissant des arriérés de crédit de plus de 90 jours atteignait encore 19% de l’ensemble des emprunts sur les résidences principales. En Espagne, pays qui a aussi été aux prises avec les suites de l’éclatement d’une bulle immobilière, elle ne se monte qu’à 3,4%.
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L’argent gratuit inonde les marchés et fait chuter les coûts d’emprunt

La France et l’Allemagne empruntent à des taux négatifs sur les marchés obligataires. Rarement l’argent aura été d’un accès aussi facile pour les Etats, mais aussi pour certaines entreprises.

Les investisseurs se traînent aux pieds des banques centrales

Bienvenue dans un monde où, pour prêter de l’argent, il faut payer. Ce monde s’appelle l’Allemagne… et la France. [Le 1er septembre 2014], le taux des obligations françaises à échéance novembre 2016 (environ 2 ans) est passé en territoire négatif. L’Etat a aussi placé des titres de court terme à taux négatifs, pour la deuxième semaine d’affilée.

Outre-Rhin, les emprunts d’Etat à 1, 2 et 3 ans offrent déjà des rendements négatifs et l’Allemagne a émis des titres à 2 ans avec un coupon de 0 % cet été.
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De l’utopie numérique au choc social

Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley. Objets connectés, humains chômeurs…

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

La prise de conscience soudaine que les données personnelles enregistrées par le plus banal des appareils ménagers — de la brosse à dents aux toilettes « intelligentes » en passant par le réfrigérateur — pouvaient se transformer en or a soulevé une certaine réprobation vis-à-vis de la logique promue par les mastodontes de la Silicon Valley.

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré. cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ».
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Grèce : Les plages de la discorde

La Grèce a mis en vente ses îles et ses plages pour rembourser une partie de sa dette, au grand dam des habitants. Associations environnementales, partis d’opposition, artistes… La contestation enfle.

La plage “Sahara” à Nea Iraklia

Son sac à dos déborde de plans. Des vues aériennes, des plans cadastraux, des cartes griffonnées à la main… Nikolaos Grigoriadis les sort et inspecte dans son dossier ce que tout le monde appelle ici le “Sahara”. Une longue étendue de sable blanc quasi vierge, courant sur un kilomètre dans la localité de Nea Iraklia, à 40 km de Thessalonique. Le chercheur, attaché à l’institut de recherche forestière, laisse courir son regard vers la mer avant de se retourner : des parpaings sont entreposés le long d’un parking, prélude à de nouvelles constructions entre la plage et les champs.

Le “Sahara” a été vendu en mai à un entrepreneur grec pour la coquette somme de 2 millions d’euros. “Le nouveau propriétaire rêve de construire des hôtels, se désole le scientifique. La plage est appréhendée comme un bien immobilier, alors que c’est une zone archéologique où l’environnement est très sensible. Ce site regorge sans doute de vestiges non découverts… C’est un désastre !

Contribuer à la reprise de l’économie grecque

Pour résorber sa dette de 300 milliards d’euros, la Grèce a décidé de céder ce qu’elle a de plus précieux : ses îles et ses plages. Cent dix terrains ont été mis en vente par le fonds grec chargé de l’exploitation des biens d’État (Taiped), créé en 2011. Au total, 22 milliards d’euros sont attendus de ces trésors naturels, alors que plusieurs dizaines de parcelles sont déjà parties pour 1,8 milliard d’euros.

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Ces étudiants qui s’endettent pour payer leurs études

Pour financer leurs études, les jeunes Français sont de plus en plus nombreux à emprunter auprès des banques. Les parents viennent souvent à la rescousse, mais dans certaines filières, notamment les études médicales et les écoles de commerce, le prêt reste un passage obligé.

“Le prêt était indispensable, je ne pouvais pas faire autrement”, confie Amélie. Cette étudiante de 22 ans termine sa formation de kinésithérapeute. Coût total de ses trois années d’études : 24.900 euros. La banque lui a prêté 15.000 euros, qu’elle devra rembourser essentiellement après l’obtention de son diplôme.

En France, 12% des étudiants font un emprunt pour payer leurs études, soit 300.000 personnes. La Fage, qui réunit des associations estudiantines, s’inquiète des conséquences que peuvent avoir ces prêts sur la vie future de ces jeunes. Notamment s’ils ne trouvent pas rapidement du travail après l’obtention de leur diplôme.

Russie : Sanctions économiques, le numéro 1 du pétrole réclame 31 milliards à Poutine

Igor Setchine, le PDG du groupe pétrolier Rosneft visé par des sanctions économiques des États-Unis, a demandé de l’aide au gouvernement russe, rapporte jeudi le journal Vedomosti.

Vladimir Poutine et Igor Setchine

Le géant russe du pétrole Rosneft a appelé à l’aide le gouvernement russe. Il lui a demandé un soutien financier, qui pourrait atteindre 30 milliards d’euros, rapporte jeudi le journal Vedomosti. Le groupe est visé par des sanctions économiques des États-Unis liées à la crise ukrainienne qui réduisent depuis juillet son accès aux financements sur les marchés américains.

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L’Argentine porte plainte contre les États-Unis devant la Cour Internationale de Justice

Buenos Aires accuse les États-Unis de violer sa souveraineté et son immunité judiciaire. En cause des fonds spéculatifs américains qui ont refusé de participer à la restructuration de la dette argentine. Comment en est-on arrivé là ? Cette procédure a-t-elle des chances d’aboutir? En défaut, que risque l’Argentine?

Non pas LE mais LES pics pétroliers

Quand on parle du pic pétrolier, on fait référence au déclin de la production globale, comptée en nombre de barils. C’est une mauvaise manière, ou du moins une façon grossière, de “compter” qui masque bien des problèmes. Nous n’avons pas UN mais DES pic pétroliers.

Le pic des exportations / importations : pour un pays exportateur les soucis commencent bien avant qu’il n’atteigne son pic “local” car sa consommation interne grandi. Quand il exporte moins, sa rente diminue et la vie se complique. Le pic des importations est similaire mais pour un pays qui importe: même si les exportations globalement augmentent, si un pays voisin paye plus que vous, vos importations peuvent diminuer.

C’est le cas notamment pour l’occident qui importe de moins en moins car le surplus qui reste part en Asie. Donc même si en volume le pétrole augmente, il en reste moins pour nous de toute manière. Notez que pour l’instant on s’en accommode relativement bien.

Le pic pétrolier “local”. Que le reste du monde continue de produire ou pas, si votre pays à passé son pic pétrolier ça a des conséquences. Surtout quand ce pays est les USA. Leur propre pic (1971) à changé la géopolitique mondiale et les a obligé à se mêler des plus des plus des affaires des autres. Autre exemple l’Égypte qui a passé son pic pétrolier, n’exporte plus, et sombre dans le chaos car ils n’ont plus de ressources pour nourrir leur peuple.

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Chine : Le risque subprime

Il est désormais largement admis que la crise financière mondiale récente était en réalité une crise des bilans. De longues périodes de taux d’intérêt négatifs ont encouragé un financement insoutenable d’achats d’actifs et des prêts hypothécaires à haut risque ont affaibli les bilans nationaux. Lorsque la liquidité sur les principaux marchés interbancaires s’est asséchée, les fragilités ont été exposées – avec des conséquences dévastatrices.

Aujourd’hui, l’expansion rapide des bilans des institutions financières chinoises – qui ont augmenté de 92% entre 2007 et 2011, parallèlement à la croissance de 78% du PIB nominal – fait naître des prédictions d’une prochaine crise des subprimes chinoise. De telles prévisions sont-elles fondées ?

La première chose à faire pour évaluer la vulnérabilité financière de la Chine est de distinguer entre crise de solvabilité, qui peut se produire lorsque les entreprises n’ont pas un capital suffisant pour résister à un effondrement des prix des actifs, et crise de liquidité.

Pendant la crise financière asiatique des années 1990, certains pays ont connu des crises de change, au cours desquelles les dévaluations et les taux d’intérêt réels élevés ont décapitalisé les banques et les entreprises, en raison de l’absence de réserves suffisantes pour rembourser les dettes en devises.

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Emprunts toxiques : Un sale été pour les communes touchées

Les banques peuvent souffler : le Conseil constitutionnel, qui avait été saisi par le groupe UMP de l’Assemblée nationale, a, la semaine dernière, jugé conforme la loi sur les emprunts dits « toxiques » contractés par des collectivités locales. La validation rétroactive de ces emprunts à risque est définitivement actée, et les intérêts de l’État sont donc saufs.

En résumé, le gouvernement a préservé ses intérêts, en refusant aux communes la possibilité de se retourner contre les banques qui leur avaient conseillé de souscrire ces prêts à risque. Et les communes, telles des spéculateurs piégés par des produits financiers indomptables, restent de ce fait très endettées.

Cette confirmation de la sécurisation des emprunts atterre les collectivités « victimes » : le texte validé par les « sages » vise à mettre ces emprunts pourris à l’abri d’une annulation par le juge civil qui pourrait, comme cela a déjà été le cas à Nanterre et Paris, les remplacer par des emprunts au taux d’intérêt légal, quasi nul. 

Ce qui n’arrangerait ni les banques, ni Bercy, qui a assumé avec la Belgique le sauvetage de Dexia et transféré dans la SFIL (société de financement local) le stock de prêts sensibles.

Des taux à 15 %

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Argentine : Compte à rebours avant la faillite du pays

La présidente argentine, Cristina Kirchner, est sous la menace du fonds vautour Elliott. Paul Singer, son fondateur, réclame le remboursement de la totalité de la dette de l’Argentine.

Paul Singer, fondateur et président du fonds Elliott Management

Le compte à rebours est terrible. Au moment où nous écrivons ces lignes, il ne reste que quelques heures au gouvernement de Cristina Kirchner pour négocier un accord avec NML (filiale du fonds Elliott) et Aurelius, les deux fonds vautours qui réclament le remboursement des 1,33 milliard de dollars que leur doit le pays.

Sans cela, l’Argentine sera en défaut de paiement technique passé le 30 juillet. « Tout le monde y perdrait, mais les deux parties s’enferment dans des comportements jusqu’au-boutistes », résume Juan Carlos Rodado, économiste chez Natixis. Un tragique dilemme du prisonnier, où chacun tente de faire plier l’autre en espérant qu’il craque en premier.

Comment Buenos Aires en est arrivé là ?

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La dette totale des États-Unis atteint un nouveau record de près de soixante mille milliards de dollars

Que diriez-vous si je vous disais que les étasuniens avaient une dette de près de 60.000 milliards de dollars ? Eh bien c’est vrai. Lorsque vous cumulez toutes formes de dettes, incluant la dette du gouvernement, du commerce, la dette des crédits immobiliers et la dette-consommateurs, nous atteignons 59.400 milliards de dollars de dettes [43.676 milliards d'euros]. C’est une somme d’argent tellement énorme qu’il est difficile de la décrire avec des mots.

Par exemple, si vous viviez à l’époque de la naissance de Jésus-Christ, et que vous aviez dépensé 80 millions de dollars [environ 59 millions d'euros] chaque jour depuis, vous n’auriez toujours pas dépensé aujourd’hui 59.400 milliards de dollars [43.676 milliards d'euros].

Et la majeure partie de cette dette a été cumulée dans les récentes décennies. Si vous retournez quarante ans en arrière, la dette totale des États-Unis se situait aux environs de 2.200 milliards de dollars [1.618 milliards d'euros]. D’une façon ou d’une autre, durant les quatre dernières décennies, nous avons permis que la dette étasunienne devienne approximativement vingt-sept fois plus grande.

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Dette argentine : les fonds vautours, maîtres-chanteurs des Etats, au nom du droit

Par Xavier Boucobza, professeur agrégé des Facultés de droit

La récente décision de la Cour suprême américaine rejetant le recours de l’Argentine contre les décisions new-yorkaises ayant ordonné le paiement d’une partie de la dette due à des fonds d’investissements, manifeste certainement une certaine impuissance des Etats à faire valoir leurs intérêts face à des investisseurs privés rompus aux stratégies judiciaires internationales.

“La patrie, oui ! Les vautours, non !” – Manifestation pro-gouvernementale en Argentine, juin 2014

Deux fonds d’investissements, assez justement qualifiés de vautours, l’un américain l’autre bahamien, avaient acquis des obligations émises par l’Etat argentin. Compte tenu de ses difficultés récurrentes, l’Argentine a entamé une renégociation de sa dette avec ses créanciers, qui a abouti à une diminution du montant dû et à la mise en place d’un nouvel échéancier. Par des accords passés en 2005 et 2010, 93% des créanciers ont alors accepté ces nouvelles conditions.

Les deux fonds d’investissements qui avaient racheté les obligations à un prix très décoté en raison des risques connus qui pesaient déjà, ont, quant à eux, refusé cette renégociation et préféré entamer des procédures judiciaires, afin de se faire régler la totalité de la créance obligataire acquise.

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La Russie annule 90% de la dette de Cuba

La chambre basse du Parlement russe a ratifié vendredi un accord entre la Russie et Cuba prévoyant l’annulation de 90 % de la dette de La Havane vis-à-vis de l’ex-URSS, une semaine avant une visite de Vladimir Poutine dans l’île.

Affiche cubaine datant de la visite officielle de Vladimir Poutine à Cuba en 2000

Cette visite du président russe est destinée notamment à intensifier les relations commerciales entre les deux pays. Vladimir Poutine doit y rencontrer Fidel Castro – retiré du pouvoir pour des raisons de santé depuis 2006 au profit de son frère Raul – selon le Kremlin.

L’accord sur l’effacement de la dette, signé entre Moscou et La Havane le 25 octobre 2013, prévoit l’annulation de cet endettement évalué à 35,2 milliards de dollars et le remboursement du reste (environ 3,5 milliards de dollars) sur dix ans. Les fonds remboursés seront placés dans des comptes dédiés et seront intégralement réinvestis par la Russie dans l’économie cubaine, selon le texte.

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Coup de projecteur sur les requins qui rôdent dans les “dark pools”

Les marchés de crédit et de dérivés tendent à plus de transparence. Les marchés de capitaux prennent le chemin diamétralement opposé.

Lorsque la crise financière a éclaté il y a six ans, le mot “transparence” est devenu très à la mode. Pas étonnant. Alors que les banques implosaient, politiques et électeurs découvraient avec effroi les pratiques sordides, dissimulées derrière une culture de l’opacité, qui proliféraient dans le monde des produits dérivés et de la dette.

Ironiquement, depuis 2008, les régulateurs se sont battus pour que les marchés soient plus transparents. Bien que des progrès aient été inégaux, les investisseurs ne peuvent plus avancer longtemps masqués, alors qu’ils étaient autrefois inaccessibles, notamment sur les marchés des dérivés du crédit ou lorsqu’ils intervenaient sur les prix des obligations. Depuis peu, même le marais des swaps est de moins en moins opaque.

En revanche, dans le secteur du capital, qui était plus transparent que le marché du crédit, la tendance s’est inversée. Il y a dix ans, une quantité considérable d’informations était disponible sur le prix des actions et les volumes des transactions, car la plupart des activités se tenaient sur les marchés d’échanges centralisés. Maintenant, aux États-Unis et en Europe, plus du tiers des négociations se font hors des principales bourses. Il y a eu une explosion de l’activité de ce qu’on appelle les “dark pools“, où des plateformes privées de négociation, gérées par des banques ou par d’autres institutions, mettent directement en contact acheteurs et vendeurs.

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La Russie et la Chine déclarent une guerre financière totale à l’Occident

Moscou et Pékin développent de nouvelles armes dans le domaine de la finance pour mener leur guerre froide contre l’Occident. Les deux superpuissances prévoient de travailler ensemble et de se concentrer sur l’affaiblissement de la suprématie du dollar comme monnaie internationale, la création de leur propre agence de notation, d’une banque de développement, et de systèmes de paiement concurrents de MasterCard et Visa.

Les pays occidentaux ont longtemps dominé les autres marchés financiers. Le dollar demeure (pour l’instant) la monnaie de réserve mondiale, les agences de notation américaines, S & P, Moody et Fitch sont les seules à réellement faire autorité pour évaluer la solvabilité des entreprises et des gouvernements, et le FMI est encore dominé par des Occidentaux.

Mais avec les initiatives récentes de la Chine et de la Russie, tout cela pourrait bientôt changer. Les deux pays sont relativement mal cotés (La Chine est cotée AA- et la Russie BBB) par les trois grandes agences de notation (alors qu’elles décernent encore la meilleure note aux États-Unis, AAA…), ce qui a pour conséquence d’augmenter les taux d’intérêt qu’ils doivent payer sur leurs obligations, et dissuade les investisseurs de leur prêter de l’argent.

En particulier, la cote de la Russie a été dégradée par S & P et Moody après l’annexion de la Crimée en raison des graves difficultés économiques dont elle a fait l‘expérience. La nouvelle cote qu’elles ont attribué au pays, « BBB » (Qualité moyenne Inférieure), n’est plus qu’un grade au dessus de la cote réservée à la pacotille.

Les Chinois avaient déjà exprimé leur mécontentement de cette situation, en créant leur propre agence de notation, Dagong. Mais ils viennent de signer un accord avec le gouvernement russe pour créer une nouvelle agence de notation russo-chinoise à partir de cette institution. (En Europe aussi, on évoque de temps à autre la création d’une agence de rating spécifique, mais aucun plan concret n’a été élaboré dans ce sens).

Dagong attribue la note AAA à la Chine actuellement, et la note A à la Russie. En revanche, les Etats-Unis n’obtiennent qu’un A- . Ces cotes se fondent sur des données fondamentales telles que le ratio dette-PIB, qui sont plus favorables en Russie et en Chine. La nouvelle agence conjointe devrait émettre des cotes comparables.

Une autre mesure prise par la Russie et la Chine pour saper la puissance financière de l’Ouest est la mise en place d’une banque de développement privée en concurrence directe avec le FMI. Le manque de représentativité du FMI, où les pays émergents n’ont qu’un pouvoir de décision très faible, est une critique récurrente de l’Institution.

Le géant économique qu’est la Chine, la seconde puissance économique qui pourrait même passer première cette année, y détient toujours moins de droits de vote que la Grande-Bretagne, par exemple.

La Russie envisage également a création d’une « Union économique eurasienne » dans laquelle le rouble servirait de monnaie d’échange centrale. De son côté, la Chine souhaite développer l’usage du renminbi dans les transactions internationales.

En outre, le président russe, Vladimir Poutine, a émis le souhait de concevoir un système national de paiement pour concurrencer les géants américains de paiement Visa et Mastercard. Après l’annexion de la Crimée, ces deux institutions de crédit avaient boycotté Rossiya, et d’autres institutions financières russes.

Le journal allemand Die Welt compare ces initiatives pour concurrencer la domination financière de l’Occident à la course aux armements pendant la Guerre Froide, et il évoque « une guerre financière avec l’Occident ».

Express.be

(Merci à Gérard le Savoyard)

Gérard Foucher : « Combat contre la finance »

Gérard Foucher s’est transformé en résistant contre la finance en cherchant à comprendre le fonctionnement de la monnaie et du système économique. Une entrevue dans la bonne humeur pour comprendre la finance et son système de prédation de la richesse des peuples.

Auteur du livre “Les secrets de la monnaie – Changer la monnaie pour changer le monde“, il était invité à Toulouse le 17 septembre 2013 par le groupe local pour le revenu de base, dans le cadre de la semaine internationale du revenu de base, à présenter la conférence gesticulée qu’il a créé sur la base de son livre.