Misère de l’humanité numérique

La compréhension du monde et sa transformation peuvent-elles se réduire à de simples questions de programmation ? Alors que vient de paraître son deuxième ouvrage, Who Owns the Future ?, il n’est pas inutile de discuter les intuitions du geek humaniste Jaron Lanier qui dénonce la standardisation des consciences et la démonétisation croissante de l’économie.

Deux milliards de personnes sont aujourd’hui connectées à internet. D’ici quelques années, la majeure partie de l’humanité vivra enveloppée dans un flux constant d’informations. Les différents éléments de notre quotidien sont en train de devenir smart (les voitures, les frigos, les compteurs électriques, les lunettes, les montres, etc.), et nos organes ne tarderont pas à être eux aussi branchés uns à uns sur le réseau global.

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La pornographie c’est ce à quoi ressemble la fin du monde

par Chris Hedges*

« Cinquante nuances de Grey », le livre comme le film, est une glorification du sadisme qui domine quasiment tous les aspects de la culture américaine et qui repose au coeur de la pornographie et du capitalisme mondial. Il célèbre la déshumanisation des femmes. Il se fait le champion d’un monde dépourvu de compassion, d’empathie et d’amour.

Il érotise le pouvoir hypermasculin à l’origine de l’abus, de la dégradation, de l’humiliation et de la torture des femmes dont les personnalités ont été supprimées, dont le seul désir est de s’avilir au service de la luxure mâle. Le film, tout comme « American Sniper », accepte inconditionnellement un monde prédateur où le faible et le vulnérable sont les objets de l’exploitation tandis que les puissants sont des demi-dieu violents et narcissiques. Il bénit l’enfer capitaliste comme naturel et bon.

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À Perpignan, des bancs publics sont supprimés pour mettre fin aux «nuisances»

Parce qu’ils créaient des «nuisances» en étant occupés par des groupes de jeunes et des sans-abri, plusieurs bancs de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, ont été supprimés depuis quelques semaines. Un phénomène dénoncé par une association écologiste locale.

Mais où sont donc passés les bancs publics de Perpignan ? Dix jours après le tollé soulevé par les bancs grillagés d’Angoulême, en Charente, censés empêcher l’installation des SDF, c’est au tour de la municipalité de la préfecture des Pyrénées-Orientales d’être pointée du doigt.

Car, après avoir reçu des plaintes des riverains pour des nuisances, la ville a supprimé ces dernières semaines des bancs publics où se réunissaient des sans-abri ou des groupes de jeunes.

Président de l’association écologiste Frene 66, Marc Paillet est le premier à avoir attiré l’attention sur ce phénomène.

Interrogé par France Bleu Roussillon, il dénonce la «déshumanisation» de Perpignan «parce qu’on ne cherche qu’à faire du business». Il déplore également le nombre de plus en plus faible de lieux gratuits pour se reposer, les piétons étant désormais obligés de se rendre dans des «cafés payants».

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