La France a peur, la France épargne

Les relations internationales sont essentielles, bien sûr, tout est naturellement politique, tout est probablement écologique, mais, sûrement et définitivement, tout est économique. A commencer par les préoccupations des citoyens. Américains, Chinois, Russes, Espagnols, Allemands, Grecs, Islandais, Dubaïotes, pour tous, c’est ça aussi la mondialisation, le podium des tracas est le même. En un l’économie, en deux l’économie et en trois l’économie.

Les Français ne font pas exception. Leur première inquiétude, pour 2010, selon un sondage Harris Interactive pour RTL : la dégradation du marché de l’emploi (69 %), contre 33 % pour les conséquences du réchauffement climatique et 18 % pour la menace terroriste. Leurs raisons d’espérer ? La reprise économique (64 %) – pauvres Français, qui n’ont pas encore été touchés par la grâce de la décroissance -, puis la hausse du pouvoir d’achat (57 %) – , pauvres Français, qui n’ont toujours pas compris que consommer c’est pécher. Loin, loin derrière, la prise de conscience des enjeux écologiques, avant une hypothétique victoire de la France à la Coupe du monde de football.

On peut voir dans cette hiérarchie la confirmation déprimante que l’intérêt personnel l’emporte sur l’intérêt collectif ou au contraire le signe encourageant, comme diraient les Anglais, que l’église est remise au milieu du village.

Au final, les Français se disent en majorité optimistes (60 %) pour 2010. Optimistes, mais précautionneux. En 2009, le taux d’épargne des ménages a progressé de 2 points, pour atteindre 17 % des revenus, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis 1983. Preuve supplémentaire de cette prudence, ce sont des placements extrêmement sûrs que les Français plébiscitent (Livret A et assurance-vie).

Première explication, la peur du chômage, qui incite à mettre de l’argent de côté en prévision d’un éventuel coup dur. Deuxième piste – plus polémique -, l’envolée de la dette publique, qui pourrait être à l’origine de cette épargne de précaution, phénomène connu, en science économique, sous le nom d’effet Ricardo-Barro.

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