Costa Rica : Démocratie Verte

Le Costa Rica mène une politique environnementale forte, couronnée de succès. De plus, le pays a trouvé un modèle économique rentable sans exploiter les ressources pétrolières se trouvant dans son sous-sol. Alors, quels enseignements pouvons-nous tirer de ce pays laboratoire? Le modèle costaricain est-il reproductible ailleurs.

Les causes psychosociologiques de l’addiction dans une société capitaliste

Le grand mérite de certains auteurs tels Cornélius Castoriadis, des freudo-marxistes tels Marcuse et d’autres psychosociologues est d’avoir introduit l’approche individuelle et psychologique dans l’analyse économique et politique, afin d’éviter une dichotomie trop manichéenne, entre le collectif et l’individu, le déterminisme et la liberté, la sociologie et la psychologie.

À travers ce texte, nous allons chercher à parcourir différentes analyses psychosociologiques des mécanismes de l’addiction. Nous explorerons différentes dimensions. Tout d’abord, nous analyserons l’addiction à la consommation comme compensation d’une insécurité et de carences psychiques, puis l’addiction psychologique au pouvoir comme obstacle à la démocratie dans les organisations. Nous verrons ensuite que le détachement des addictions individuelles et collectives suppose aussi une mutation anthropologique, car la culture techno-capitaliste renforce notamment l’addiction à la reconnaissance sociale, à la croissance infinie. Enfin, nous verrons en quoi l’autolimitation, la « simplicité volontaire » peuvent être des remèdes contre l’addiction à la consommation, à la violence et à la démesure.

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Le règne du cygne noir achève celui de l’Occident

« Les grandes luttes du XXe siècle entre la liberté et le totalitarisme se sont terminées par une victoire décisive des forces de la liberté et du seul modèle possible de succès : liberté, démocratie et libre entreprise. Au XXIe siècle, seules les nations qui s’engageront à protéger les droits de l’homme et garantir la liberté économique seront capables d’assurer leur prospérité. » Prononcé en 2002 par George W. Bush, cet autosatisfecit appartient à des temps révolus.

C’est en effet de justesse que le capitalisme occidental a survécu à la crise des années 2007 à 2014. Ses plaies infectées crachent désormais l’inégalité, le mécontentement social et les endettements colossaux. Qu’il est loin le sacre du standard capitaliste érigé en valeur morale suprême !

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Jacques Attali : « Éviter le Grexit qui menace »

La Grèce n’a pas payé le milliard et demi qu’elle devait au FMI et se retrouve en défaut de paiement ou plutôt en arriéré de paiement comme le dit le Fonds Monétaire International (FMI). Pour l’économiste Jacques Attali,la Grèce ne sera en défaut de paiement que dans trois mois”.

Pour Jacques Attali, il y a urgence : “la lâcheté des dirigeants européens et la démagogie des dirigeants grecs mises l’une à côté de l’autre, font que l’on se dit que l’on a encore du temps. Au-delà de la semaine prochaine en principe, il n’y a pas d’échappatoire au remboursement de ce qui est dû à la BCE, et là, il faudra un tout petit plus d’imagination pour penser qu’on peut éviter le Grexit qui menace, car il est là”.

“Ce serait très mauvais que la Grèce sorte de la zone euro et très compliqué. On est dans cette situation où non seulement la Grèce peut sortir, mais l’ensemble des acteurs du monde qui sont en train de regarder l’Europe avec méfiance et se disent ‘qu’est-ce que c’est que ce truc ?’ Ils ne sont même pas foutus de régler un problème, tout cela peut avoir des conséquences sur la croissance et la reprise”.

Pour Jacques Attali, “il n’est pas urgent de régler le problème grec, il peut l’être en 3 minutes. Le miracle grec n’est possible que si les Allemands, en particulier, acceptent de réduire la dette grecque à moins de 100% du PIB, le seul niveau soutenable”.

Le futur de la politique en 2050: gouvernance ouverte, féminisation et paranoïa orwellienne

PROSPECTIVE – “Rue de Rivoli à Paris, 25 mars 2050. Un soleil éclatant fait miroiter les boucliers solaires photovoltaïques qui surplombent désormais le Jardin des Tuileries. En contrebas, les jardins potagers greffés sur les façades néo-haussmaniennes adoucissent le thermostat qui culmine à 25 degrés à l’ombre. Plus à l’Est, le débit de la Seine alimente les hydroliennes amarrées aux deux tours géantes qui dominent le pont habité reliant les 12e et 13e arrondissement. Au Nord, les plants de tomate made in Paris dans les fermes verticales de la porte d’Aubervilliers rougissent encore avant leur livraison sur les étales de la capitale…”

Ce scénario fantasmé d’un Paris doublement réconcilié avec l’innovation architecturale et le développement durable nous en dit beaucoup sur l’avenir possible de la capitale francilienne. Il nous renseigne peu en revanche sur la manière dont ces bouleversements auront été pensés, décidés et mis en oeuvre au cours des trois prochaines décennies.

Ici ou ailleurs, ces métamorphoses souhaitables ou cauchemardesques (c’est selon) seront-elles imposées d’en haut, par le fait du prince d’une élite dirigeante plus ou moins éclairée? Ou seront-elles au contraire coélaborées par une agora de citoyens associés à chaque étape du processus décisionnel? Une révolution démocratique rendue aujourd’hui possible par les nouveaux outils numériques, dont beaucoup, certes embryonnaires, sont déjà à l’essai.

A l’heure où la crise démocratique éloigne sans cesse les décideurs de leurs administrés, comment serons-nous gouvernés d’ici 2050 ? Ou plutôt: comment nous gouvernerons-nous ?

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Frédéric Lordon : Les taches aveugles de « l’autre euro possible »

Le texte qui suit est issu de l’intervention, quelque peu augmentée, faite aux Rencontres du « Monde Diplomatique » organisées sur le thème « Europe, des choix existentiels », à l’École normale supérieure les 22 et 23 mai 2015.

Un de ces lieux communs que l’éditorialisme prend pour de la pensée profonde se plaît à répéter que nous vivons une époque de constante accélération et que tout va toujours plus vite… Qu’on se rassure, il reste des domaines où l’on procède encore avec une sage lenteur, par exemple à propos de l’euro quand il s’agit de mettre l’une derrière l’autre deux idées conséquentes.

Une ironie qui n’est sans doute pas inadvertante nous soumet la question de savoir si une autre Europe est possible dix ans après un référendum constitutionnel qui nous promettait déjà à sa manière une autre Europe possible — et dont on mettra difficilement au compte du « non » que la promesse n’en ait pas été tenue, puisque ce texte nous est revenu à l’identique sous la forme du Traité de Lisbonne (à quelques déclarations ronflantes près qui n’engageaient que de l’encre sur du papier).

Moyennant quoi, il nous a été permis d’expérimenter en vraie grandeur en quoi consistait cette version-là de « l’autre Europe possible ». Il est vrai que les mêmes annoncent la bonne nouvelle de l’Europe sociale depuis 1992 — où l’on aperçoit tout de même que certaines choses continuent de bien prendre leur temps, et que l’autre Europe possible est une longue patience.

Comme toujours avec les patiences, il y a ceux qui ont les moyens d’attendre et ceux qui ne les ont pas. Bourdieu rappelait combien la skholé, le loisir, la position scolastique, et plus généralement la distance d’avec les nécessités matérielles, donnent en partie leur principe caché à la hauteur de vue, à la pensée globale, qui s’admirent elles-mêmes de se voir si capables d’embrasser l’histoire longue, et de se projeter à cent ans — il est bien certain qu’on peut se payer le luxe de contempler des horizons séculaires quand soi-même on ignore tout de l’idée de fin de mois.
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Les romans envisagent très bien la possibilité d’une vie sans croissance

Parce qu’elle donne libre cours à l’imagination, la fiction constitue une ressource précieuse pour le débat sur l’incidence que pourrait avoir l’absence de croissance économique sur la démocratie.

Lors du prochain congrès de l’Association Française de Science Politique (AFSP) en juin à Aix-en-Provence aura lieu une «section thématique» intitulée «Démocratie sans croissance: théories, institutions et pratiques». Rares sont effectivement les occasions de réfléchir aux implications qu’une absence de «croissance économique» peut avoir sur la démocratie et son fonctionnement.

Question dérangeante ? De fait, elle n’apparaît posée que dans une littérature très réduite[1], et lorsque l’est, de manière souvent marginale. Que la «croissance» puisse ne pas revenir dans les pays industrialisés ou qu’elle puisse être considérée comme une lubie dépassée, voilà des idées qui défient encore majoritairement l’imagination… Mais pas forcément dans la fiction, qui permet de faire fonctionner ce type d’hypothèse et de tester comment une société peut malgré tout tenir.

Pour des raisons multiples, cette absence de «croissance» peut être subie ou souhaitée (ou alors la question finit par ne plus faire sens, sous l’effet d’une inattention ou d’un délaissement progressif et plus ou moins conscient). Évidemment, on peut prendre le sujet classiquement par la théorie politique (en étudiant par exemple des courants comme ceux de la décroissance, de l’écosocialisme, du convivialisme, etc.), mais il peut être intéressant de compléter en explorant d’autres voies.
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Rabbitland

Les lapins sans cerveau ont de la chance. Il ne peut rien leur arriver, car ils se situent tout en haut de l’échelle de l’évolution. Ils vivent dans les ruines de Rabbitland, une démocratie parfaite.

Chaque jour, ses habitants vont voter. Et chaque jour, ils élisent les mêmes représentants. Après avoir voté, ils rentrent chez eux et regardent les résultats du scrutin à la télévision et sont heureux.

Réalisé par Ana Nedeljkovic et Nikola Majdak (Serbie 2013)

(Merci à BA)

Méridien Zéro : « La Grèce… et puis après ? » (Audio)

Le vendredi 27 février 2015, consacre son rendez-vous hebdomadaire à la situation économique européenne, par le prisme de la Grèce. Ce sera l’occasion avec nos invités, Michel Drac et Pierre Stadere, d’élargir le point de vue à la finance mondiale, aux questions monétaires et à la “crise” comme moyen de gouvernement.

A la barre Wilsdorf et JLR, à la technique JLR.

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NB : l’émission a été préenregistrée dans une pièce très sonore, d’où une certaine résonance acoustique. Vous voudrez bien nous en excuser.

Une démocratie pour notre siècle

Affaiblissement du politique, sécession des élites, émergence d’une culture participative… Le consensus qui existait jusqu’alors autour du régime représentatif est en train de voler en éclats sous nos yeux. Une démocratie est à réinventer pour le siècle qui s’ouvre.

Scène de tirage au sort en Grèce vers 480 av J-C (Kuntshistorisches Museum)

Inutile de tourner autour du pot : notre démocratie représentative – ce système où une minorité élue gouverne – est à bout de souffle.

Dès le départ, le concept était plutôt fragile : si un Athénien du Ve siècle av. J.-C. se retrouvait à notre époque, il s’étonnerait qu’on puisse appeler notre régime démocratie. A Athènes, le pouvoir était aux mains des citoyens eux-mêmes, qui prenaient une part active aux décisions : la démocratie est alors directe et participative.

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TV Libertés – Politique et Eco n°30 : Critique de la mondialisation

Olivier Pichon et Jean-Christophe Mounicq reçoivent Gérard Pince. Auteur de l’ouvrage “Les Français ruinés par l’immigration”, il travaille sur une critique de la mondialisation.

Dans cette émission, il traite de l’échec des convergences démographique, économique et politique.

Repenser le droit des communs avec Béatrice Parance

Devenons Citoyens vous emmène à la conférence du Mouvement Utopia, “Les communs, pour quoi faire et jusqu’où?” Ici, Béatrice Parance (professeure de droit à l’université Paris 8) nous propose un bref historique du droit des communs et des biens communs avant de faire un état des lieux du droit des communs.

Repenser les biens communs- Jacques DE SAINT VICTOR , Béatrice PARANCE

CNRS EDITIONS

Art contemporain : Les élites contre le peuple (Rediff)

L’art contemporain revendique volontiers l’héritage des « maudits » et des scandales du passé. Et cependant, « artistes » et laudateurs d’aujourd’hui ne réalisent pas que leurs scandales ne combattent plus les tenants de l’ordre dominant, mais ne constituent en fait qu’un outil de plus de la domination bourgeoise.

“La Vénus aux chiffons”, œuvre de Michelangelo Pistoletto (artiste italien contemporain co-fondateur de “l’Arte Povera”), actuellement exposée dans l’aile Denon du musée du Louvre.

Par ce qu’il prétend dénoncer, l’« art » dit « dérangeant » participe de la domination libérale, capitaliste, oligarchique et ploutocratique, à la destruction du sens collectif au profit de sa privatisation, à cette démophobie qui a remplacé dans le cœur d’une certaine gauche la haine des puissants et des possédants. Cet « art » dit « dérangeant » est en parfaite harmonie avec ces derniers.

Épargnons-nous un discours qui, trop abstrait, serait rejeté par les concernés, les défenseurs de cette pitrerie libérale-libertaire nommée « art contemporain ». Prenons donc quelques exemples, quelques « scandales » ou actions représentatives de ces dix dernières années.

En 2002, l’Espagnol Santiago Sierra fait creuser 3000 trous (3000 huecos, en castillan) à des ouvriers africains pour un salaire dérisoire afin de, nous apprend-on, dénoncer l’exploitation capitaliste, revendiquant une « inspiration contestataire axée sur la critique de la mondialisation, de l’exploitation de l’homme par l’homme, de l’inégalité des rapports Nord-Sud et de la corruption capitaliste.

Il n’hésite pas à faire intervenir dans ses performances des sans-papiers, des prostituées, des drogués et à les rémunérer pour leur présence », apprend-on en effet, par exemple sur le site d’Arte TV [1]. Exploiter pour dénoncer l’exploitation : à ce titre, on pourrait bien aller jusqu’à voir un artiste supérieur en Lakshmi Mittal, par exemple.

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Finance : sommes-nous encore en démocratie ?

Six ans après une crise sans précédent, et malgré les appels de la presse et des citoyens, le monde politique n’a pas réussi à réduire le déséquilibre entre la sphère financière et l’économie réelle.

Pendant une trentaine d’années, le monde occidental a considéré que la déréglementation de la finance était le plus sûr moyen de doper la croissance. Cette conviction nous a conduits non pas au bord du gouffre mais dans le gouffre.

Ceux qui observent la progression fulgurante des marchés financiers depuis 2008 et concluent que nous avons échappé à la catastrophe, que nous sommes dans un nouveau cycle, se trompent lourdement. Six ans après cet automne 2008 qui a été marqué par l’effondrement du système financier, nous sommes toujours dans la crise et rien, ou presque, n’a été résolu. Nos concitoyens qui souffrent de cette crise, dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité, attendaient pourtant de leurs dirigeants qu’ils fassent tout pour que la finance – toute la finance – soit remise à sa place, celle du financement de l’économie.

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Susan George : « Le pouvoir des transnationales, illégitime et non élu, veut en finir avec la démocratie »

« Nous sommes cernés. » Ainsi débute le nouvel ouvrage de Susan George, les Usurpateurs. Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir. Fidèle à la méthode du dévoilement qu’elle éprouve depuis son premier livre, Comment meurt l’autre moitié du monde, ce 17e opus pose la question de la légitimité des détenteurs du pouvoir dans la mondialisation, en montrant les rouages de l’émergence d’une « autorité illégitime » qui s’ingère dans les affaires internationales grâce à des moyens impressionnants.

Présidente d’honneur d’ATTAC France et présidente du conseil du Transnational Institute, poursuivant son combat contre la mondialisation capitaliste, elle met au jour la cohorte d’individus et d’entreprises mus par leurs seuls intérêts, et qui, s’immisçant dans les traités de libre-échange, se substituent à l’autorité issue du fonctionnement démocratique. Entretien.

Dans votre ouvrage Les Usurpateurs, vous vous qualifiez de « chercheur militant », quel sens cela a-t-il pour vous ?
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Étienne Chouard : « Les 99% doivent chercher les complots et les dénoncer »

Étienne Chouard revient sur différents thèmes notamment son récent passage dans l’émission “Ce soir ou jamais”, le prix Nobel d’économie Jean Tirole, le ministre de l’économie Emmanuel Macron, sur l’imposture économique et politique, sur le tirage au sort, et sur Nouvelle Donne (nouveau parti) et de Mélenchon.

La démocratie des crédules

Pourquoi les mythes du complot envahissent-ils l’esprit de nos contemporains ? Pourquoi le traitement de la politique tend-il à se «peopoliser» ? Pourquoi se méfie-t-on toujours des hommes de sciences? Comment un jeune homme prétendant être le fils de Mickael Jackson et avoir été violé par Nicolas Sarkozy a-t-il pu être interviewé à un grand journal de 20 heures?

Comment, d’une façon générale, des faits imaginaires ou inventés, voire franchement mensongers, arrivent-ils à se diffuser, à emporter l’adhésion des publics, à infléchir les décisions des politiques, en bref, à façonner une partie du monde dans lequel nous vivons?

N’était-il pourtant pas raisonnable d’espérer qu’avec la libre circulation de l’information et l’augmentation du niveau d’étude, les sociétés démocratiques tendraient vers une forme de sagesse collective? Ce sont toutes ces considérations auxquelles nous invite à réfléchir Gérald Bronner.

Algérie : 5 leçons à tirer du soulèvement policier

Au-delà de la gravité du précédent et des images-chocs de policiers assiégeant un Palais présidentiel abandonné par son locataire, les manifestations des policiers antiémeute marqueront durablement le pays, la politique, les institutions et la société et mettent à nu la fragilité d’un Etat otage de luttes de clans.

Par Adlène Meddi

1-L’appareil répressif s’est enrayé

«La gestion démocratique des foules», concept cher au général-major Abdelghani Hamel, vient de se casser les dents sur les pavés d’Alger, Ghardaïa, Khenchela et Oran. La projection massive de troupes antiémeute pour contenir la foule avec installation durable des policiers de l’URS sur place avait un coût exorbitant, selon les témoignages des policiers frondeurs : l’épuisement et les conditions d’hébergement. Aussi en cause : les règles d’engagement. La police a reçu l’ordre de ne pas employer la force ou les balles réelles, même en cas d’agression, comme ce fut le cas à Ghardaïa. D’un point de vue technique, la logique militaire de Hamel, qui s’appuie sur une endurance spartiate des forces de police, a vite épuisé ses ressources.

D’un point de vue politique, l’engagement systématique des forces antiémeute pour pallier le déficit de gouvernance est décrié par les policiers eux-mêmes.

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Chine : À Hong-Kong, les manifestations pro-démocratie prennent de l’ampleur

Occupy Central, l’organisation pro-démocratie la plus en vue, a rejoint la campagne de désobéissance civile, fer de lance depuis plusieurs semaine des étudiants.

La situation se tend à Hong Kong. Les manifestants pro-démocratie étaient massés dimanche devant le siège du gouvernement local, déterminés comme jamais à obtenir de Pékin davantage de libertés politiques grâce à une campagne de désobéissance civile de plus en plus tendue.

Après une semaine de manifestations animées par les étudiants en grève pour dénoncer la décision de Pékin de limiter la portée du suffrage universel, Occupy Central, l’organisation pro-démocratie la plus en vue, a décidé de se jeter officiellement dans la bataille.

Environ 1500 personnes étaient rassemblées dimanche devant les bâtiments qui abritent le siège du gouvernement et du conseil législatif de Hong Kong. Samedi soir, ils étaient d’après les estimations de l’AFP plus de 10.000. Nombre de manifestants avaient quitté les lieux en promettant de revenir après une douche et quelques heures de sommeil, mais la police a empêché des centaines de personnes de gagner la zone dimanche, suscitant la colère des participants.
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« J’ai pas voté »

Comme le confirment les élections européennes et municipales de 2014, l’abstention est le plus grand “Parti de France”. C’est l’expression d’une fracture entre la représentation nationale et les citoyens.

J’ai pas voté” est un film documentaire réalisé par Moise Courilleau et Morgan Zahnd. Analyse politique, décryptage et questions de fond sur les causes d’une abstention en constante augmentation. Ce film propose un bilan de cette crise politique et met aussi en avant des solutions possibles.

Les Français ne se reconnaissent plus dans leurs hommes politiques. Notre système démocratique est en panne. Il est urgent de réfléchir à notre modèle politique et à son avenir, de repenser la place du citoyen dans notre système démocratique.

Jacques Attali : “Nous ne sommes pas loin de la Révolution”

Extraits de l’émission Ce Soir ou Jamais du 05/09/14 avec Jacques Attali et Étienne Chouard.

“La France n’a plus de direction depuis 20 ans, les dirigeants politiques passent leur temps à essayer de durer. Ça peut tenir un certain temps parce que la France est un pays riche mais là on arrive au bout. [...] Je pense que nous ne sommes pas loin de la Révolution, il y a un sentiment de rage contre la politique, gauche et droite confondues.” – Jacques Attali

Les chiffres qui vont sortir vont montrer que l’Allemagne va très mal, qu’elle est menacée.” – Jacques Attali

L’État a de moins en moins de pouvoir et ça sera comme cela dans l’avenir. Sauf si nous sommes capables, comme je le prône, de faire un État à la taille du Monde, c’est-à-dire un État européen. Ça viendra dans un siècle ou ça ne viendra jamais et si ça ne vient jamais on reviendra à un État type Corée du Nord comme certains peuvent le rêver.” – Jacques Attali

L’UE débloque 415 millions d’euros pour l’intégration continentale en Afrique

La Commission européenne vient d’annoncer le lancement de la première phase d’un programme à visée panafricaine doté d’une enveloppe de 845 millions d’euros. Les premiers projets, qui s’étendent sur la période 2014-2017 pour un budget de 415 millions d’euros, couvrent notamment la sécurité alimentaire, le commerce interrégional et le renforcement des institutions régionales.

Par Margaux Subra-Gomez

Alors que le continent africain regarde cette semaine vers Washington où se tient le sommet États-Unis-Afrique, c’est un autre programme de coopération internationale qui est lancé aujourd’hui… avec l’Union européenne.

845 millions d’euros

La Commission européenne a annoncé ce mercredi 6 août le lancement de la première phase de son “programme panafricain”, présenté en avril 2014 lors du 4e sommet UE-Afrique, à Bruxelles. Doté d’une enveloppe globale de 845 millions d’euros, ce plan, qui s’étend de 2014 à 2020, vise à favoriser le processus d’intégration de l’Afrique au niveau continental et constitue le premier programme européen couvrant l’ensemble du continent. Sa mise en œuvre, assure la Commission européenne dans un communiqué, se fera en parallèle et en complément aux autres programme de coopération européen, notamment le Fonds européen de développement.

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Lewis Mumford, Techniques autoritaires et démocratiques

« Démocratie » est un mot dont le sens est désormais confus et compliqué par l’usage abusif qu’on en fait, souvent avec un mépris condescendant. Quelles que soient nos divergences par la suite, pouvons-nous convenir que le principe qui sous-tend la démocratie est de placer ce qui est commun à tous les hommes au-dessus de ce que peuvent revendiquer une organisation, une institution ou un groupe ?

Benedetta Cappa

Ceci ne remet pas en cause les droits de ceux qui bénéficient de talents naturels supérieurs, d’un savoir spécialisé, d’une compétence technique, ou ceux des organisations institutionnelles : tous peuvent, sous contrôle démocratique, jouer un rôle utile dans l’économie humaine. Mais la démocratie consiste à conférer l’autorité au tout plutôt qu’à la partie ; et seuls des êtres humains vivants sont, en tant que tels, une expression authentique du tout, qu’ils agissent seuls ou en s’entraidant.

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Raymond Aron : Penseur machiavélien

A l’occasion du trentième anniversaire de la disparition de Raymond Aron (1905-1983) les éloges pompeux, grandiloquents, voire dithyrambiques, n’ont pas manqué. « Modèle d’intégrité intellectuelle », « héros d’intelligence », « immense talent », « figure majeure de la pensée française du XXe siècle », tels sont les qualificatifs flatteurs qu’on a pu lire sous les plumes des nombreux « spécialistes » et disciples patentés du célèbre philosophe, sociologue et journaliste.

Cette emphase, digne des intellectuels des régimes totalitaires (et donc fort peu aronienne), prête à sourire lorsqu’on sait que l’auteur de « L’Opium des intellectuels » se voyait affublé, il n’y a pas si longtemps, des épithètes les plus insultantes. On se souvient de ces légions d’intellectuels dogmatiques (parfois les mêmes), qui imposaient avec fruition l’adage : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron ». Mais oublions la désagréable compagnie de ces courtisans et opportunistes et félicitons-nous de ces éloges somme toute sans barguigner.

Raymond Aron mérite d’être honoré à double titre : d’une part, parce qu’il nous a offert une interprétation magistrale de son époque et cela en pleine période de terrorisme intellectuel et d’intoxication freudo-marxiste et, d’autre part, parce qu’il nous a légué une méthode de recherche et d’analyse de la réalité historique particulièrement utile pour comprendre notre époque.

On déplorera cependant qu’une grande partie de la bibliographie aronienne soit aujourd’hui tombée dans une vision consensuelle, adaptative, neutraliste et finalement déformatrice de sa pensée. L’objectif de la manœuvre est évidemment clair : présenter un Raymond Aron parfaitement lisse, « politiquement correct », une image acceptable par tous, ou presque, du héraut de la communauté spirituelle internationale de la pensée libérale et sociale-démocrate

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Danemark : “Votez aux élections européennes ou l’on vous zigouille”

Avec son look de biker déjanté, Voteman n’a pas digéré de ne pas avoir d’influence sur certains choix européens, notamment celui concernant la quantité de cannelle sur ses gâteaux préférés. Il a donc décidé de se venger et d’aller chercher tous les récalcitrants par la force et de les conduire à l’isoloir.

Quand le trash se met au service de la démocratie

Le président du FolketingMogens Lykketoft, a déclaré: “nous tentons de faire réagir les très jeunes en les invitant à aller voter. [...] Nous devons pour cela utiliser toutes sortes de méthodes“.

Des méthodes qui n’ont visiblement pas plus aux Danois. Sur la page Facebook du Parlement danois, les réactions étaient sans appel : une vidéo “embarrassante“, “gênante“, “sexiste” et “violente”, qui n’est pas “digne“. 

Devant une telle avalanche de critiques, le Parlement a décidé de retirer la vidéo qui a coûté environ 27.000 euros indique le Copenhagen Post. Le lien disponible sur le réseau social n’était effectivement plus actif mardi matin. Le Parlement a également publié sur sa page une sorte de mea culpa dans lequel Morgen Lykketoft a fini par reconnaître que le Parlement en tant qu’institution devait faire attention à l’utilisation de son image.

Cliquer sur sous-titre pour obtenir la traduction en français

Étienne Chouard : « Démocratie fatiguée, quelles solutions ? »

Les associations constituante.be et grappe ont organisé le vendredi 18 avril 2014 au sein de l’Université Libre de Bruxelles une rencontre-débat entre le Français Étienne Chouard et le Belge David Van Reybrouck.

La conférence a connu un très grand succès avec un peu plus de 300 personnes venus écouter, mais aussi participer à ce débat. Les deux invités – qui se connaissaient mais se voyaient pour la première fois -, nous ont fait partager un savoureux moment où chacun questionnait l’autre tout en faisant avancer le débat sur la démocratie participative et le tirage au sort.

Zones grises : Quand les Etats perdent le contrôle

la notion de « zone grise » se définit comme un « espace de dérégulation sociale, de nature politique ou socio-économique, (…) où les institutions centrales ne parviennent pas à affirmer leur domination, laquelle est assurée par des micro-autorités alternatives ». L’auteur confronte cette notion avec des cas concrets comme par exemple Gaza, la mer de Chine, certaines régions du Pakistan ou encore la Seine-Saint-Denis…


Gaïdz Minassian, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), auteur de “Zones grises – Quand les Etats perdent le contrôle”, Ed. Autrement, 2011. (7 minutes).

Frédéric Lordon : « Pourquoi faut-il sortir de l’euro »

L’économiste Frédéric Lordon publie le 26 mars prochain “La Malfaçon“, réflexion sur la manière dont la monnaie unique européenne a détruit les souverainetés populaires. Le livre le plus important avant les élections européennes.

Fut un temps où il était impossible d’émettre la moindre critique sur l’euro. La pensée économique était aussi unique que la monnaie et endormait les 324 millions de citoyens peuplant ladite zone euro. La crise de 2008, la plus longue et profonde depuis 1930, il balayé les certitudes au point que l’euro bashing serait presque devenu tendance.

Raison de plus pour être sélectif dans la critique. Celle que nous propose aujourd’hui sort justement du commun. Plutôt que de nous démontrer par a + b qu’on peut sortir de la monnaie unique, que cela ne nous coûtera pas trop cher, que les problèmes économiques du pays en seraient magiquement résolus et que cela ne tirerait pas à conséquences, il affirme au contraire, à raison, Qu’il ne s’agira pas d’un dîner de gala.

« Il faut en finir avec ces imprécations mi-débiles, mi-hallucinées qui nous promettent renfermement façon forteresse en cas d’abandon de l’euro. »

Absence de démocratie
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États-Unis : “Il n’y a plus de démocratie”

Professeur de droit à l’université de Harvard, Lawrence Lessig est spécialisé dans la propriété intellectuelle. Il vient de recevoir le titre de docteur honoris causa de l’UCL. Grand défenseur de la liberté sur Internet, il s’est lancé dans un combat contre la corruption de la politique américaine. Pour se faire entendre, le professeur a organisé une marche traversant le New Hampshire, un Etat très attaché aux principes démocratiques. Son but, réformer le système de financement des campagnes électorales pour diminuer l’emprise des lobbies sur le Congrès. Si rien ne change d’ici aux prochaines élections, en 2016, il estime que la démocratie américaine sera perdue pour les trente prochaines années.

En quoi la démocratie est-elle menacée aux Etats-Unis ?

Il n’y a pas de véritable démocratie aux Etats-Unis. Bien sûr, chaque voix a la même valeur lors des élections, mais une infime partie de la population participe au financement des campagnes électorales.

Une étude a démontré que les membres du Congrès passent 30 à 70 % de leur temps à lever des fonds auprès des cent cinquante grandes entreprises ou institutions donatrices. Une fois élus, députés et sénateurs sont particulièrement attentifs à ce que désire cette minorité. Ils ont beaucoup d’influence, c’est une violation du principe de démocratie. Ils ne représentent même pas la frange riche de la population américaine.

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Aymeric Chauprade : “L’Ukraine, nouvelle étape dans la stratégie de domination américaine”

Au moment où l’Ukraine est traversée par des troubles importants, il convient de se poser la question de leur origine. Sont-ils le fait de l’absence de démocratie ? N’y a-t-il pas d’autres raisons bien plus géopolitiques ?

Jacques Sapir : « La France est en pleine guerre civile froide »

Les dernières péripéties, pour ne pas dire les galipettes, de François Hollande ont eu tendance à masquer un instant le sérieux de la situation dans le pays en ce début d’année. Il est vrai que notre Président casqué se rendant à la nuit dans le lit de sa blonde rejoue, mais sur le mode dérisoire et un peu ridicule, les grands mythes de l’Antiquité. Le fait que ce lit soit dans un appartement d’une personne liée au gang de la Brise de Mer ajoute ici ce qu’il faut de sordide à la parodie. L’important n’est cependant pas là ; mais l’important existe bien.

On peut se demander si, en France, nous ne vivons pas actuellement les prémices d’une guerre civile. Cette question, en apparence absurde, mérite cependant d’être posée à la vue des événements que l’on a connus ces dernières années. Dans une note datant de l’automne 2012, j’évoquais la possibilité de la crise de légitimité du pouvoir. Nous y sommes désormais.

L’année 2014 risque fort d’être marquée par une accumulation de mouvement sociaux dont la convergence mettrait directement en cause le pouvoir. Or, la crise de légitimité a ceci de particulier qu’elle pose directement la question non pas de la politique suivie, que l’on peut en fonction de ces opinions considérer comme bonne ou mauvaise, mais du fait que le pouvoir soit habilité à mener une politique. C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que la contestation du pouvoir puisse prendre un tour violent dans le cours de cette année.

En fait, l’exercice du pouvoir, la Potestas, dépend de sa légitimité que lui confère l’Auctoritas. Ces notions, habituelles sous la plume des juristes d’inspiration chrétienne, ne sont pourtant nullement liées obligatoirement à cette sphère. On comprend bien, même intuitivement, la nécessité de séparer la capacité à exercer un pouvoir politique de la légitimité, ou de la justesse, qu’il y a à le faire. Il n’est donc pas nécessaire d’être chrétien, ni même de croire en Dieu, pour remarquer la pertinence de la distinction entre Auctoritas et Potestas.

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NSA : Comment échapper à Big Brother ?

Si l’agence américaine semble avoir la capacité de déchiffrer la plupart des échanges cryptés, il est possible de lui compliquer la vie…

Chaque semaine amène son lot de révélations sur les capacités de surveillance de la NSA. La réaction du grand public est inlassablement la même, mi-cynique, mi-blasé : «On s’en doutait». La dernière en date : l’agence américaine serait capable de déchiffrer une grande partie du trafic Internet crypté, grâce à des standards qu’elle a affaiblis et des portes dérobées qu’elle force les équipementiers à installer.

Ce dont est capable la NSA
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Le goulag électronique

Par Jean-Paul Baquiast

Nous avions signalé précédemment la pertinence de l’analyse d’un représentant de l’Église orthodoxe russe, assimilant à un goulag électronique le système global de saisie, d’espionnage et de contrôle que les services de renseignements américains, sous l’égide de la NSA et du gouvernement fédéral, imposent à toutes les formes d’expressions empruntant le support de l’Internet et des réseaux numériques. (1)

Comment ce personnage définit-il le goulag électronique américain ?

« Un camp de prisonniers électronique global…D’abord on habitue les gens à utiliser de façon systématique des outils de communication commodes avec les autorités, les entreprises et entre eux. Très rapidement chacun s’habitue de façon addictive à de tels services. Ceci donne à ceux qui possèdent économiquement et politiquement ces outils un pouvoir à la fois considérable et terrifiant. Ils ne peuvent pas repousser la tentation de s’en servir pour contrôler les personnalités. Ce contrôle peut devenir beaucoup plus complet qu’aucun de ceux exercés par les systèmes totalitaires connus au vingtième siècle ».

Le terme de goulag, rendu célèbre par le romancier Alexandre Soljenitsyne, désigne classiquement le système pénitentiaire russe. Celui-ci, encore en activité sous une forme à peine “améliorée”, est constitué de camps de travail et de détention répartis aux frontières de la Russie. Ils enferment des centaines de milliers de condamnés, dans des conditions précaires sinon indignes.
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L’énigme de la servitude volontaire

Posée pour la première fois par Étienne de La Boétie, 
la question de la servitude volontaire demeure un mystère que 
maintes théories politiques ont tenté en vain d’élucider. Aujourd’hui, 
le texte initial continue de susciter l’intérêt des philosophes politiques.

« Je désirerais seulement qu’on me fît comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui, que de le contredire (1). »

Lorsqu’il écrivit ses lignes, Étienne de La Boétie n’aurait eu que 16 ans. Une précocité qui ne manque pas de forcer l’admiration tant l’œuvre dont il est question, Discours de la servitude volontaire, a su traverser les siècles, préservant en elle l’actualité toujours intacte d’une interrogation, d’une énigme politique qu’aucune époque n’a su résoudre jusqu’alors : comment est-il possible qu’un ensemble d’individus aussi vaste qu’une nation puisse se soumettre à la volonté d’un seul et perdurer sous sa domination ?

Formulée et reformulée à de multiples reprises auprès de divers penseurs, la réponse à cette question semble presque fondamentalement échapper à celui qui la pose, à tel point qu’elle apparaît souvent comme l’énigme par excellence de la politique, celle qui se trouve au cœur même de sa définition. Pourquoi les sociétés humaines se construisent-elles sous le joug d’un État qui les gouverne ? Longtemps perçu comme un pamphlet politique en faveur de la république contre la monarchie, le Discours de la servitude volontaire ouvre, cependant, une voie de réflexion qui dépasse la simple lecture militante pour trouver un écho universel qui n’épargnerait aucun régime politique.

La question de la servitude volontaire, en effet, semble indépendante de toute appartenance historique. Elle ne pose pas seulement la question de la domination mais celle de sa persévérance et de son apparente acceptation par le peuple. Elle cherche à débusquer ces mystérieuses forces spirituelles et matérielles qui poussent l’homme à accepter la soumission et à aller, parfois, jusqu’à la souhaiter.

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