France : La plus importante usine de cigarettes bientôt délocalisée en Pologne

Addendum: “Ces actionnaires sont des vrais requins“, “c’est un coup de massue“, peut-on entendre de la part des salariés. Le projet de fermeture entre dans le cadre d’un plan d’économies de 385 millions d’euros d’ici 2018 pour Imperial Tobacco. La production pourrait être délocalisée en Pologne et en Angleterre

La plus importante usine de cigarettes de France, située à Nantes, qui produit des Gauloises et des Gitanes pour la filiale d’Imperial Tobacco devrait fermer. Sa production sera délocalisée en Pologne. 327 emplois sont en jeu.

Tout un symbole. Le fabricant de cigarettes Seita, filiale du groupe britannique Imperial Tobacco, devrait annoncer son projet de fermer son usine de Nantes, qui emploie 327 salariés, dans le cadre d’un plan de restructuration, révèle Le Figaro ce lundi. L’entreprise a convoqué un comité central d’entreprise extraordinaire pour mardi, selon les informations du quotidien.

La plus importante des deux dernières usines de France

Située à Carquefou, dans la banlieue de Nantes, l’usine est la plus importante des deux derniers sites de production de cigarettes en France. L’année dernière, elle a produit 12,2 milliards de cigarettes blondes : principalement des Gauloises et des Gitanes. Selon les informations du Figaro, la production nantaise sera délocalisée en Pologne, mais une partie pourrait aussi être transférée au Royaume-Uni, sur le site de Nottingham.

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Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… », peut-on lire sur le site internet de New Era Windows, une entreprise pas comme les autres. Récit d’une reprise en main par les salariés de leur outil de travail.

Fin 2008, la crise financière et bancaire fait de nombreuses victimes. Les 250 salariés de l’entreprise Republic Windows and Doors, qui produit des portes coulissantes et des fenêtres à Goose Island, près de Chicago, ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Ils sont licenciés, du jour au lendemain, sans préavis et au mépris des lois sociales, sans indemnités ni paiement de leur salaire. À ce moment de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, on estime à 500 000 le nombre de licenciements mensuels qui frappent les salariés américains.

La direction de l’entreprise prétexte que la Bank of America lui a coupé le robinet des crédits. Mais les salariés soupçonnent très vite une faillite organisée pour cacher une délocalisation.

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Made in France, l’année où j’ai vécu 100% français

Peut-on vivre en consommant exclusivement des produits fabriqués en France ? C’est la question qui a poussé un jeune journaliste à vivre pendant neuf mois une expérience unique.

Benjamin Carle, totalement assujetti à une consommation et à une culture mondialisée, a décidé de remplacer chacun de ses biens par un équivalent conçu et fabriqué majoritairement dans l’Hexagone.

Documentaire réalisé par Benjamin Carle (France – 2014)

A la recherche du peuple disparu : La France des « invisibles », majoritaire et délaissée

Il y a peu de livres qui renouvellent notre vision de la politique, des territoires, des catégories populaires. Fractures françaises de Christophe Guilluy en fait partie. Géographe, l’auteur a redessiné la carte des fragilités sociales à rebours des représentations toutes faites. C’est la France des « invisibles », majoritaire et délaissée. A la recherche du peuple disparu.

François Bousquet : Vous avez mis à jour une nouvelle géographie du territoire, deux France qui se font vis-à-vis : une France métropolitaine et une France périphérique. Qu’est-ce qui les caractérise ?

Pour comprendre la société française, il faut s’affranchir de la carte de l’Insee, qui est celle des aires urbaines : 80 % d’urbains et 20 % de ruraux. Cette carte impose l’idée que la société française se structure autour des grandes métropoles mondialisées sans rien nous dire de la recomposition sociale des territoires. On voit par là combien sont déterminantes les représentations dans la conception que l’on se fait de la réalité. Une mauvaise représentation, c’est une mauvaise politique derrière. Or, les représentations territoriales et sociologiques des élites sont obsolètes et nous interdisent de penser le social.

Je préfère parler de « France métropolitaine » et de « France périphérique ». La France métropolitaine, c’est celle des grandes villes, soit 40 % de la population, pas plus. C’est une France totalement intégrée dans les nouvelles logiques économiques, dans la mondialisation et le multiculturalisme. Elle produit l’essentiel du PIB français. C’est ce qui me fait dire que la mondialisation fonctionne, mais seulement dans les grandes villes.

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UDC, la grande illusion de la souveraineté

Par Myret Zaki

Lorsque les Suisses ont voté le 9 février contre «l’immigration de masse», contre l’avis du Conseil fédéral et du Parlement, était-ce vraiment la souveraineté d’un peuple qui s’imposait ? On pourrait le croire, mais il n’en est rien.

Les victoires de l’UDC, et le vaillant récit du rejet de l’Union européenne par la petite Suisse, se rangeraient fort bien dans le répertoire romantique allant de «Guillaume Tell» à «David contre Goliath», si ce n’était pure illusion.

En réalité, les Helvètes, tentés comme partout ailleurs par le repli identitaire, n’ont fait que réagir, plutôt que d’agir. Le fantasme d’une Suisse pure, peuplée de Heidis, propre, sûre, prospère (a-t-elle jamais existé, cette Suisse-là ?), c’est notre islamisme à nous. Au Moyen-Orient, le réflexe identitaire s’exprime par un retour compulsif à la religion – elle aussi fantasmée – qui veut se distinguer autant que possible de l’envahisseur lointain.

En Europe, les rêves de démantèlement de l’UE, d’un retour aux nations, aux régions et aux anciennes monnaies visent à lutter contre le même ennemi : la globalisation, à marche forcée, non seulement économique mais surtout politique.

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Paris : Les Identitaires investissent un magasin H&M

Samedi 14 décembre à 18h, une vingtaine de militants identitaires ont occupé pacifiquement un magasin H&M près du forum des Halles. Répartis dans les rayons en brandissant des pancartes aux slogans variés (“Noël pas cher grâce aux esclaves éthiopiens” etc.) et distribuant des tracts aux clients face à une sécurité totalement débordée, il ont ainsi relayé la campagne “H&M esclavagistes”.

En effet, trouvant les “employés” chinois trop chers à leur goût, H&M a décidé de délocaliser une partie de sa production… en Éthiopie! Moins coûteux et corvéables à merci, ces Africains pourront ainsi fabriquer des vêtements bon marché destinés à des chômeurs ou des travailleurs pauvres en Europe.

C’est pour dénoncer cette économie mondialisée totalement absurde, organisée pour le seul profit financier en dépit de tout bon sens, que les Identitaires ont envahi ce magasin H&M.

Juste avant Noël, cette action symbolique n’est pas sans rappeler le happening récemment organisé contre Mattel avec la “Barbie ouvrière” : elle amène les Français et les Européens à mieux réfléchir à leur consommation et à favoriser les produits locaux au détriment des objets “low cost” fabriqués en grande série par des nouveaux esclaves.

BI

Renault Trucks, Habitat ou Rossignol : Le mirage de la relocalisation

Il paraîtrait que la relocalisation est en marche. C’est du moins ce qu’affirme le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui martèle l’expression « made in France » à qui veut l’entendre. Pourtant, il s’agit d’un phénomène encore très limité. Rue89Lyon passe au crible les sociétés qui ont relocalisé en Rhône-Alpes depuis le début de l’année 2013.

Renault Trucks est le dernier en date. Mais avant lui, les médias rhônalpins ont parlé du fabricant de skis Rossignol, de Photowatt, un fabricant de panneaux solaires, de l’éditeur de mode Garella, ou encore de la chaîne d’ameublement Habitat. Ces sociétés ont relocalisé une partie de leur production dans la région.

Pour le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui annonçait des mesures pour inciter à la relocalisation le 14 juin dernier, un mouvement de relocalisation s’amorce en France. Et il va même plus loin : selon lui, les consommateurs manifesteraient un « amour » envers le « made in France ».

Pour étayer son propos, Arnaud Montebourg avance un chiffre quelques jours plus tard : ces quatre dernières années, 107 entreprises ont relocalisé tout ou partie de leur activité en France. Pour le ministre, c’est clair, un phénomène de relocalisation se met en marche… Ou du moins c’est ce qu’il aime à croire :

« Un mouvement tangible de relocalisation a commencé: il est minoritaire mais prometteur. Il n’est pas massif mais pionnier. »

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Entre relocalisation et délocalisation en Afrique, l’âge d’or de l’Asie est-il terminé ?

L’entreprise suédoise H&M vient d’annoncer la délocalisation de plusieurs unités de production de la Chine vers l’Éthiopie. Dans le même temps, un mouvement de relocalisation en Occident d’entreprises déçues par leur transfert en Asie semble s’amorcer, annonçant peut-être la fin de l’attractivité industrielle asiatique.

Ouvriers éthiopiens sous la supervision de contremaîtres chinois

Le troisième renouvellement de l’accord AGOA – African Growty and Opportunity Act – entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, qui autorise l’entrée hors taxe d’exportations africaines sous certaines conditions, suscitera de nouvelles délocalisations vers l’Afrique, et en particulier l’Éthiopie où un fabriquant chinois de chaussures avait déjà décidé d’investir l’année dernière.

Publiée en 2011 une étude de la Banque mondiale comparant plusieurs pays africains à la Chine et au Vietnam, a montré que l’Éthiopie était d’ailleurs le seul pays capable de concurrencer les pays asiatiques pour des productions à haute intensité de main d’œuvre (comme l’habillement ou la fabrique de meubles).

Ces projets montrent que des pays africains peuvent s’engager à leur tour dans le “vol des oies sauvages” qui a débuté avec le Japon, qu’ont suivi ensuite les Nouveaux Pays industriels d’Asie et ensuite les pays du Sud-Est asiatique et la Chine. Mais cette conjoncture ne doit pas faire oublier le contexte. La Chine est devenue depuis 2010 la première puissance manufacturière mondiale (avec 17% de la production par la valeur ajoutée manufacturière mondiale), devant les États-Unis qui avaient ravi cette place au Royaume-Uni à la fin du XIXème siècle.
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Mondialisation : Alerte dans nos assiettes

En moins de vingt ans, la mondialisation a aussi bouleversé ce que nous mangeons : les pizzas et les plats surgelés ont rejoint les portables et les écrans plats dans la liste des produits low cost importés, souvent made in China. Une tendance méconnue, tant les géants de l’agroalimentaire entretiennent l’opacité. Et inquiétante, car la traçabilité est un leurre. Engagés dans une course au profit, les industriels du secteur agroalimentaire draguent les tradeurs et les cadors du marketing.

Ce 24 juillet est une journée comme les autres aux portes de l’Europe. Les douanes françaises interceptent une cargaison d’aubergines de République dominicaine, avec des doses très élevées d’un insecticide toxique, le méthomyl. Aux Pays-Bas, les autorités sanitaires découvrent que des carcasses de bovins roumains n’ont pas été soumises aux tests obligatoires de dépistage de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la maladie de la vache folle. En Italie, des lots d’ustensiles de cuisine toxiques made in China sont saisis juste avant leur mise sur le marché, tandis qu’en France une alerte est lancée sur des filets d’espadon gavés de mercure en provenance d’Équateur…

Longtemps, nous avons été heureux sans le savoir. La volaille s’élevait à Bresse, les pommes normandes avaient du goût et le poisson se ramassait dans les filets bretons. Aujourd’hui, des conteneurs de nourriture affluent du monde entier, pour le meilleur – toujours plus de variété, en toute saison -, mais aussi pour le pire. Pressés par la concurrence, par leurs actionnaires et par une grande distribution sans pitié, les groupes agroalimentaires vont chercher toujours plus loin, et toujours moins cher, des produits qu’ils trouvaient autrefois à leur porte.

Au nom de la productivité, ils délocalisent à l’autre bout du monde, au risque de surveiller davantage leur assiette fiscale que celle du consommateur. Dans l’alimentation comme dans tant d’autres secteurs, la planète est devenue une gigantesque usine. Les langoustines pêchées en mer d’Écosse coûtent trop cher à produire sur place? On les envoie en Thaïlande pour les faire décortiquer par des “petites mains”, avant de les renvoyer en Europe pour les cuire. Soit un joli voyage de 27.000 kilomètres.
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Roberto Fiorini : “Capitalisme et immigration”

Interview réalisée avec Roberto Fiorini en juin dernier par le magazine “Le Harfang” (organe de la fédération des québécois de souche) et publiée dans son numéro 5.

Vous avez noté à plusieurs reprises qu’économiquement, l’immigration était nuisible aux peuples qui la subissent. Pourtant, la plupart des gouvernements occidentaux nous présente l’immigration comme la panacée. D’où vient cette volonté étatique d’imposer l’immigration à un peuple qui n’en retire rien ?


Pourquoi l’immigration ?

L’immigration est une arme du capital contre les peuples. Les salariés la subissent par la concurrence économique déloyale que l’immigration fait peser sur les salaires. En permettant des salaires moins disant, l’immigration pèse sur les salariés autochtones, et servent ainsi les entreprises, qui voient leur masse salariale baisser, et ainsi leurs profits augmenter.

Le rôle de l’état est ici de permettre que tout ceci soit possible par l’élaboration de lois qui permettent que ce scénario puisse voir le jour. Les juges rendent ces lois pérennes et la police les fait respecter au quotidien : au final c’est tout un appareil qui collabore à notre remplacement sur notre propre sol. Le degré de conscience de chacun des acteurs de notre auto suicide est différent, mais le résultat est le même.

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Quand le luxe délocalise : La main dans le sac, Vuitton

Première marque de luxe au monde, Louis Vuitton est le fleuron du groupe LVMH. Le monogramme «LV» fait rêver les rappeurs américains comme les mères de famille chinoises. La marque met en avant le savoir-faire de ses artisans français. Mais elle ne communique guère sur sa pratique des délocalisations : en Chine, en Roumanie, on fabrique des pièces pour les fameux sacs qui sont ensuite assemblés ici avec le label « Made in France ».

A Naples, d’excellents artisans fabriquent des sacs à moindre coût. En plus d’être contraires à l’image qui donne à la marque sa légitimité, ces pratiques de sous-traitance facilitent le développement de la contrefaçon. Une enquête en association avec Mediapart.

Délocalisations : Comment l’auto a mis le cap à l’Est

L’Europe de l’Est et la Turquie représentent 25 % de la production auto européenne.C’est un cap symbolique. Au premier trimestre, les pays d’Europe de l’Est (hors Russie) et la Turquie ont concentré plus du quart (25,6 %) de la production européenne automobile (voitures et utilitaires), une proportion jamais atteinte.

La République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Turquie et autres Pologne ou Hongrie ont ainsi assemblé quelque 1,086 million de véhicules, contre 3,58 millions produits en Europe de l’Ouest, indiquent les données du cabinet IHS. Certes, la production dans les pays de l’Est n’est pas épargnée par la crise et a baissé de 5 % sur les trois premiers mois de l’année. Mais la chute est bien moindre que celle des pays de l’Europe de l’Ouest (- 12 %). Un record qui est l’aboutissement d’une montée en puissance régulière depuis le début des années 2000. « La crise actuelle n’a pas forcément accéléré le mouvement, mais l’a plutôt accompagné », indique Denis Schemoul, analyste chez IHS.

Le coup d’oeil dans le rétroviseur est en tout cas impressionnant : il y a dix ans, en 2002, les pays d’Europe de l’Est et la Turquie pesaient environ 8,9 % de la production automobile européenne. Aujourd’hui, une voiture sur quatre en Europe sort d’usines implantées à l’Est.

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Un bébé en kit, ça coûte combien ?

Doron, un entrepreneur Israélien high tech, a lancé une nouvelle offre de service: la production de grossesse.

- La grossesse se fait en Inde (c’est moins cher).
- Le matériau génétique est sélectionné  par les clients via une interface web.
- Le sperme et les ovules s’achètent en ligne.
- Les embryons fabriqués sont congelés et expédiés par avion en Inde.
- Ils seront implantés dans l’utérus de mères porteuses locales (Inde).
- Les clients se présentent à la fin des 9 mois de grossesse pour récupérer leur bébé.
-  Il suffit d’une carte de crédit pour acheter bébé.

Note du producteur du film :

Il m’a fallu 3 ans pour concevoir ce film. Au fur et à mesure de son avancement j’ai compris que très peu de gens comprennent que les bébés sont en train de devenir un bien de consommation et qu’à ce titre, la mondialisation de l’économie, avait un profond impact sur cette industrie naissante.

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La fin de la croissance : le pétrole montré du doigt

Non seulement la croissance économique des années 2000 est chose du passé, mais la fin du pétrole à rabais aura un impact significatif sur l’économie en général et la mondialisation en particulier. C’est la thèse soutenue par l’économiste Jeff Rubin, lors de son passage jeudi [16 mai 2013] à Montréal.

La statistique est probante : en l’an 2000, la facture d’essence mondiale était de 800 milliards de dollars par année. Aujourd’hui, elle avoisine les 3.000 milliards de dollars, calcule Jeff Rubin, qui était de passage à Fintech Montréal jeudi [16 mai 2013] pour livrer les conclusions de son deuxième essai The End of Growth (La Fin de la croissance).

Jeff Rubin a quitté la CIBC en 2009 après qu’on lui eût refusé la permission d’écrire son premier best-seller, Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller : Oil and the End of Globalization.

Dans ses deux bouquins, il analyse les mutations profondes que subiront les économies du monde dont la croissance a été portée, pour l’essentiel, par le pétrole à rabais.
Qu’on en juge : « en moyenne, dans les quatre dernières décennies, une augmentation de 1 % de la consommation de pétrole a engendré une croissance de 2 % du PIB mondial », écrit Jeff Rubin dans son dernier essai.

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Déchets : Comment nous en débarrasser?

Zoom sur un secteur économique méconnu mais qui possède un réel avenir: celui du recyclage. Comment favoriser son développement à l’heure où nous croulons sous les déchets?


1-Les poubelles au quotidien

Une rue étroite à sens unique, un lundi matin tôt, à Marseille, je roule derrière un camion d’éboueurs. Il s’arrête devant une résidence d’une cinquantaine de logements. Il va y rester une petite dizaine de minutes. Les trois gros conteneurs sont plein à craquer. Des sacs poubelles recouvrent le sol. Il faut vider les conteneurs puis les re-remplir. Au milieu des sacs, on trouve une glacière en bon état en apparence, des emballages cartons, des déchets verts, des pièces métalliques, … L’ensemble est impitoyablement broyé et mélangé dans le camion-benne. Un vrai gâchis !

Chaque Français produit plus de 500 kilogrammes de déchets par an. 30% sont recyclés, alors que les Allemands, les Néerlandais ou les Belges en recyclent plus de 60%!

Pour régler ce problème, le Grenelle de l’environnement a prévu une augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), -une des plus faibles d’Europe-, et l’affectation de ces augmentations aux investissements nécessaires pour les filières de recyclage.
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Ceci est une révolution

La phrase culte que les Guignols de Canal+ mettent dans la bouche de Steve Jobs est bien adaptée pour décrire le phénomène des imprimantes 3D. Cette technologie est en train de franchir le Rubicon qui sépare le petit marché des passionnés du gigantesque marché de masse. Même Barack Obama s’y est mis, évoquant une révolution industrielle. En permettant de créer un objet à partir d’un fichier informatique, l’imprimante 3D serait dotée du pouvoir d’inverser les flux de la globalisation pour rapatrier l’industrie de Chine. Vu le caractère populiste de l’argument mais aussi ses conséquences économiques, il n’est pas superflu d’en examiner les bases.

Il ne fait aucun doute que les imprimantes 3D connaissent une baisse de prix fulgurante qui les met à portée des consommateurs. Reste que ces machines bon marché produisent essentiellement à base de plastique. Ce qui en limite encore l’usage à la reproduction d’une figurine de jouet ou d’une tasse de café. Les géants du copyright comme Disney s’en inquiètent. Ils se demandent si des fichiers de figurines Mickey imprimables en 3D ne vont pas se mettre à circuler, éliminant les lucratifs profits des produits dérivés. La menace n’est plus théorique maintenant que le site The pirate bay propose le téléchargement de tels «physibles».

Reste que la relocalisation de la production de jouets ou de gobelets en plastique n’est pas de nature à bouleverser la géographie de l’industrie. Elle a besoin d’autres matériaux, intégrables dans des processus compliqués par une infinité de contraintes et économiquement rentables. De ce point de vue, notre enquête (dans le numéro du 1er mai) montre que l’impression 3D avec des métaux annonce une véritable révolution industrielle. Mais pas au point de faire sortir les machines des usines pour les installer dans nos garages.

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Grande-Bretagne : Les frontières poreuses de la politique avec la City

Un simple entrefilet découvert dans le Financial News, l’hebdomadaire financier faisant autorité dans la City, et nous voilà bien intrigué ! Andrew Mitchell, ex-ministre chargé de la discipline des parlementaires conservateurs, poste-clé au sein du gouvernement britannique, a rejoint l’équipe de Montrose Associates.

Les armoiries de la City de Londres. Deux dragons ont saisi le bouclier de Saint Georges. Quant à la devise “Dieu nous guide”, elle est fortement suspectée de faire référence à Mammon.

C’est une société de renseignements économiques fondée par des anciens de la banque d’affaires Lazard. Et à force de pianoter, on découvre que celui qui fut un brillant ministre du développement international a aussi travaillé chez Lazard à deux reprises, entre 1975 et 1987 et entre 1997 et 2009.

Ce nouvel exemple de l’entrisme institutionnel “à la trotskiste” pratiqué par le monde financier est d’autant plus significatif que David Cameron pourrait nommer M. Mitchell au poste de commissaire européen britannique en 2014.

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Bernard Stiegler : “Télécratie et captation du désir”

Bernard Stiegler est un penseur original et ses opinions politiques personnelles sont parfois un peu déroutantes. Il a pour but de montrer comment et pourquoi la relation politique elle-même est devenue un marché parce que l’appareil télécratique a « développé un populisme industriel qui engendre, à droite comme à gauche, une politique pulsionnelle qui a détruit le désir. »

En Europe, entre un tiers et deux tiers des enfants ont désormais la télévision dans leur chambre (les trois-quarts dans les milieux défavorisés en Angleterre). Aux États-Unis, dès l’âge de trois mois, 40% des bébés regardent régulièrement la télévision.

Les consommateurs de la télécratie sont ainsi, et se sentent, irrémédiablement tirés vers le bas, ce qui provoque une réelle souffrance. Ils souffrent d’être seuls devant leur télé, tout en ayant le sentiment d’appartenir à une « foule artificielle d’où surgissent des processus d’identification régressive. »

En 2004, Patrick Le Lay, ancien directeur de TF1 expliquait que le populisme industriel était devenu la loi de notre époque, les citoyens s’étant effacés devant « le temps de cerveau disponible ».
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