Alena : Les mirages du libre-échange

La résistance contre la déferlante du commerce sans limites commence à trouver un écho chez les parlementaires américains, qui ont rechigné devant la ratification accélérée du traité de partenariat trans-pacifique voulue par le président Barack Obama. Après deux décennies, le bilan accablant de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) ne devrait guère les inciter à persévérer dans cette voie.

Conclu entre le Mexique, les États-Unis et le Canada, l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) est entré en vigueur, le 1er janvier 1994, au milieu d’un flot de promesses. Ses promoteurs l’avaient répété: il allait permettre de développer les échanges commerciaux, doper la croissance, créer des emplois, réduire l’immigration clandestine.

Loin d’avoir offert de nouveaux débouchés aux entreprises américaines et de les avoir poussées à embaucher, l’Alena a favorisé les délocalisations industrielles et l’ouverture de succursales à l’étranger, en particulier au Mexique, où la main-d’œuvre est bon marché. Dans le secteur agricole, une multitude d’entreprises américaines spécialisées dans la transformation de produits alimentaires se sont également installées au Sud.

Tandis que le Washington Post s’émerveillait devant la « liste des nouvelles chances et des avantages » qu’il offrait (14 septembre 1993), le Wall Street Journal se réjouissait à l’idée que les consommateurs puissent bientôt bénéficier « de prix plus bas sur une vaste gamme de produits » (7 août 1992). Quant au Los Angeles Times, il assurait : « L’Alena générera beaucoup plus d’emplois qu’il n’en détruira » (29 mai 1993).
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Quand le “made in” Vendée combat l’import chinois

C’est peut être la prochaine icône du “Made In France”. Une voiture sans permis assemblée en Vendée. Auparavant l’entreprise faisait produire les véhicules en Chine, mais cette année, elle a décidé de relocaliser près des Sables-d’Olonne.

Les Français s’attaquent à un marché de niche mais le carnet de commande est déjà plein. Le succès reste modeste : les vendéens assemblent 25 voitures par mois et voudraient en produire le double.

BFMTV 02/06/2015

Merci à Julian DXB

PSA et Renault ouvrent leurs portes aux équipementiers chinois et indiens

Dans les pays émergents, les fournisseurs locaux sont sollicités pour réduire les coûts.

Les terrains de jeux sont différents, mais la logique est la même. Qu’il s’agisse de Renault en Inde, cœur du développement de la future gamme de véhicules à très bas coûts du groupe(« Les Echos » du 21 mai), ou de PSA en Chine, les deux constructeurs français ouvrent leurs portes aux fournisseurs indiens et chinois. Deux terrains de jeux stratégiques du moment. L’objectif : accéder à des coûts quasi-imbattables.

Chez DPCA, la joint-venture chinoise entre PSA et Dongfeng, on compte désormais plus d’une centaine de fournisseurs chinois parmi les 450 fournisseurs de rang 1, aux noms souvent inconnus (Hubei ZhengAo, Inteva Zhenjiang, Jingzhou Henglong…). « L’un d’eux a par exemple remporté un contrat important de réservoirs jusqu’ici tenu par un fournisseur traditionnel, ce qui nous a permis d’abaisser nos coûts de 20 %. De même, 100 % de nos pièces d’emboutissage sont désormais réalisées par des équipementiers chinois.  » indique Jean Mouro, directeur général adjoint exécutif de DPCA.

Tarifs agressifs

Grâce à leurs tarifs très agressifs, obtenus via des réseaux de sous-traitants complexes à maîtriser pour des groupes étrangers, ces acteurs obligent les filiales des grands équipementiers mondiaux (Bosch, Valeo, Faurecia, Continental, ZF…), à se battre pour garder leurs contrats.

« On crée un cercle vertueux de compétitivité puisque DPCA dispose désormais d’un taux d’intégration locale de plus de 95 % contre 40 % il y a dix ans. Nous parvenons à réaliser 4 à 5 % de gains annuels pour les véhicules déjà en circulation, et jusqu’à 30 % pour les programmes futurs », poursuit Jean Mouro. Le groupe s’appuie pour cela sur son partenaire chinois Dongfeng, qui lui donne accès à davantage de fournisseurs locaux.
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Textile, la colère des petites mains

À Dacca, la capitale du Bangladesh, le Rana Plaza n’est aujourd’hui plus qu’un champ de ruines. Cet immeuble, haut de neuf étages, s’est effondré le 24 avril 2013, ensevelissant plus de 1 100 ouvriers qui travaillaient pour des grandes marques de prêt-à-porter. Les journalistes d’Envoyé spécial Sophie Bonnet et Vincent Reynaud sont retournés sur place, pour savoir si l’industrie textile avait tiré les leçons de ce drame.

Deux ans jour pour jour après la catastrophe, 2 000 rescapés de l’effondrement du Rana Plaza se sont réunis à Dacca. Ils protestaient contre les indemnisations dérisoires reçues par les familles de victimes, environ 25 millions d’euros sur les 40 millions promis.

Si les ouvriers bangladais du textile ont obtenu une revalorisation de leurs salaires, passés de 30 à 53 euros par mois, leurs conditions de travail ne se sont pas améliorées. La plupart des usines restent vétustes et dépourvues des normes élémentaires de sécurité.

Papy et Mamie vivent maintenant en Slovaquie [Rediff.]

L’Allemagne vieillit. Or, le pays manque de personnels qualifiés pour s’occuper de ses retraités, et les maisons spécialisées coûtent cher. Désormais, les familles envoient leurs aînés dans des pays où leur prise en charge est moins onéreuse.

Par Anette Dowideit

Le “dernier voyage” conduit de plus en plus d’Allemands vers une maison de soins située à l’étranger.

Dans des pays comme la Slovaquie, la République tchèque ou la Hongrie, mais aussi l’Espagne ou la Thaïlande, le nombre de structures spécialisées dans la prise en charge de clients d’Europe de l’Ouest est en augmentation, et il arrive même qu’elles soient administrées par des Allemands.

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Les dessous du soutien-gorge

Les Françaises sont les premières consommatrices de lingerie en Europe. Elles y consacrent en effet un budget d’environ cent euros annuels. Des dessous bon marché aux produits high-tech, l’offre ne cesse de se diversifier.

Face à cette concurrence accrue, les fabricants de lingerie se sont lancés dans une course aux moindres coûts. Les soutien-gorge ne sont presque plus jamais confectionnés en France. Ils viennent en grande majorité de Chine, où la production textile n’est pas soumise aux mêmes normes sur les produits toxiques. Comment les Françaises choisissent-elles leurs sous-vêtements ? Dans quelles conditions sont-ils fabriqués ? Les étiquettes disent-elles vraiment tout ? Des rayons des enseignes les plus populaires aux usines chinoises, gros plan sur les dessous de la lingerie.

Réalisé par Nolwenn Le Fustec

TV Libertés – Politique et Eco n°30 : Critique de la mondialisation

Olivier Pichon et Jean-Christophe Mounicq reçoivent Gérard Pince. Auteur de l’ouvrage “Les Français ruinés par l’immigration”, il travaille sur une critique de la mondialisation.

Dans cette émission, il traite de l’échec des convergences démographique, économique et politique.

Les Atelières : Une aventure « made in France »

En janvier 2012, le dernier atelier de lingerie industriel haut de gamme de France, Lejaby, délocalise la quasi-totalité de sa production en Tunisie. Nicole Mendez, syndicaliste dans l’entreprise, et Muriel Pernin, patronne d’une petite société de communication, réagissent en fondant les Atelières, une entreprise participative.

Elles cherchent ainsi à préserver le savoir-faire des ouvrières de la marque et sortir du schéma productiviste.

C’est le début d’une expérience et d’un combat contre les sceptiques, les banquiers et la disparition annoncée de compétences qui faisaient la richesse de la lingerie française.

Un film écrit par Jean-Marc Grefferat et Fabienne Teftsian

Un documentaire de la BBC dénonce les conditions de travail chez un sous-traitant d’Apple

Addendum du 23/12/2014 : Le documentaire en anglais

« Apple n’est pas parvenu à protéger les ouvriers chinois », dénonce la BBC. Au cours d’une enquête en caméra cachée réalisée sur les chaînes de montage de l’iPhone 6 pour l’émission d’actualités Panorama, la chaîne a pu observer de « graves manquements » au code de conduite mis au point par la firme de Cupertino.

Certains employés seraient mineurs, d’autres auraient été privés de leurs papiers, et tous travailleraient bien plus longtemps que prévu. « À chaque fois que je retournais aux dortoirs », explique un journaliste embauché sous couverture, « je ne voulais plus en bouger. Même si j’avais faim, je ne me levais pas pour aller manger. Je voulais juste m’allonger et me reposer. J’étais incapable de dormir à cause du stress. »

Si la méthodologie de l’émission peut poser problème, il n’en demeure pas moins que des faits similaires ont déjà été constatés par des ONG comme le China Labor Group. Apple avait nié à l’époque, et nie encore aujourd’hui : selon ses observations, son code de conduite serait bien respecté, les salariés de Pegatron travailleraient 55 heures par semaine en moyenne, et les heures supplémentaires seraient totalement volontaires.
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En dix ans, PSA et Renault ont perdu 70.000 postes en France

45.000 postes ont disparu chez PSA sous l’effet des plans sociaux successifs. Faute de recrutement, les constructeurs affichent des effectifs vieillissants.

Le tour de vis se poursuit chez PSA. Comme attendu , la direction a présenté hier ses projections d’emploi pour 2015. Dans le cadre du contrat social négocié avec ses syndicats, la direction table sur 1.500 congés seniors – le salarié peut partir deux ans avant sa retraite, reste inscrit dans les effectifs, mais ne touche que 70 % de son salaire –, ainsi que sur 1.400  mobilités internes, 550  mobilités externes sécurisées (le salarié peut réintégrer le groupe s’il le souhaite). Des mouvements destinés à faire des économies, qui seront compensées par 550 recrutements en CDI, ainsi que l’embauche de 2.000 jeunes en alternance.


Derrière cette réorganisation, c’est le bilan social dressé par PSA qui est particulièrement marquant. Il reflète, tout comme chez Renault, la saignée qu’ont connu les deux constructeurs sur les dix dernières années.

« Maintenant, on a une vision claire et très précise des effectifs », indique Christian Lafaye, délégué Force ouvrière. Selon les documents transmis aux syndicats, Peugeot Citroën Automobile (PCA), qui regroupe les usines et les centres d’ingénierie de l’Hexagone, ne compte plus que 58.100 salariés à fin septembre. Ce qui devrait situer les effectifs 2014 de la division automobile (PCA, réseaux de distribution…) entre 65.000 et 67.000 salariés, bien loin des 100.000 salariés employés il y a dix ans encore, en 2004.

Au global, les effectifs du groupe (en intégrant Faurecia, PSA Finances…) s’élèveront à moins de 83.000 salariés, soit une chute de 45.000 postes en dix ans, à la fois du fait des restructurations (plan de départ en 2011, fermeture d’Aulnay…), mais aussi de diverses cessions (Citer, Gefco…).
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Georges Bernanos : La France contre les robots

Premier chapitre d’un essai visionnaire accouché par Georges Bernanos en pleine Seconde guerre mondiale. Il y condamne, avec une lucidité et une clairvoyance unique pour l’époque, les dérives des cultures qui vont se laisser broyer dans l’engrenage de la modernité et des États qui donneront à cette Technique leurs blancs-seings aveugles en les signant avec les sangs de leurs peuples.

La France contre les robots est un essai de Georges Bernanos publié en 1947. Il s’agit d’un recueil de différents textes formant une violente critique de la société industrielle. Bernanos y estime que le machinisme limite la liberté des hommes, et perturbe jusqu’à leur mode de pensée. Pour lui, la civilisation française est incompatible avec une certaine idolâtrie anglo-saxonne pour le monde de la technique.

Il y conteste l’idée selon laquelle la libre entreprise conduirait automatiquement au bonheur de l’humanité, car, selon lui « il y aura toujours plus à gagner à satisfaire les vices de l’homme que ses besoins ». D’autre part, il explique qu’« un jour, on plongera dans la ruine du jour au lendemain des familles entières parce qu’à des milliers de kilomètres pourra être produite la même chose pour deux centimes de moins à la tonne », préfiguration étonnante de ce que seront les délocalisations quarante ans plus tard.

Il y prédit aussi une révolte des élans généreux de la jeunesse contre une société trop matérialiste où ceux-ci ne peuvent s’exprimer.

Chapitre 1:
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Ils ont choisi de ne plus travailler

Un jour, ils se sont dit : “C’est fini, j’arrête ! Le métro, le boulot et la vie qui va avec. ils ont tout quitté pour se réinventer“. Ni retraités ni chômeurs, sont-ils vraiment plus heureux qu’avant? Quels obstacles ont-ils rencontrés, à quoi ont-ils dû renoncer? Ils racontent.

Décider de ne plus travailler, alors que règnent le chômage, la peur de perdre son poste, la course à la recherche d’emploi ? Pour nombre d’entre nous, ce serait impensable. Certains, pourtant, ont fait ce choix.

Ils n’ont pas pris cette décision sur un coup de tête ni par dégoût de leur métier, mais pour adopter un autre mode de vie, se consacrer à d’autres activités parfois plus prenantes : élever des enfants, pratiquer un art, construire une maison, vivre autrement, hors du système…

Combien sont-ils? Allez savoir! Ils se retrouvent classés, dans les statistiques françaises, parmi les quatre millions six cent mille « inactifs en âge de travailler » – femmes au foyer en grande majorité. Ni étudiants, ni retraités, ni chômeurs, ils sont définis comme « ne travaillant pas et ne cherchant pas de travail (In De moins en moins d’inactifs entre la fin des études et l’âge de la retraite, Insee première, décembre 2002) ».

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PSA Aulnay, les mots de la fin (Vidéo)

En juillet 2012, les salariés du site PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois apprennent abasourdis la fermeture de leur usine. Les 3000 salariés du site se sentent trahis par leur direction et lâchés par les politiques.

Un bras de fer commence : pendant des mois, ils vont lutter pour tenter d’améliorer leurs conditions de départ allant jusqu’à bloquer l’usine. Depuis l’annonce de cette fermeture, Francine Raymond et Ludovic Fossard, les auteurs du documentaire, ont suivi ce conflit social hors du commun.

Réalisé par Francine Raymond et Ludovic Fossard

France : 60% des films publicitaires sont délocalisés

Une étude réalisée par la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia alerte sur la délocalisation des films publicitaires. Certaines publicités sont produites hors de France par intérêt économique.

Les films publicitaires français sont majoritairement tournés à l’étranger. Alors que certaines publicités ne nécessiteraient pas d’être tournées hors du territoire il semblerait que les publicitaires préfèreraient réaliser leurs pubs au-delà de nos frontières, d’après une étude réalisée par la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (Ficam).

60% des films publicitaires sont délocalisés

C’est à l’occasion du Festival international de la publicité à Cannes que la Ficam s’est penchée sur la localisation des productions des films publicitaires commandés en 2013 par des sociétés publiques, parapubliques françaises ou ayant reçu un soutien de l’État.
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L’Union européenne contre nos salaires

Par Roberto Fiorini

L’Europe libérale qui s’est construite à Bruxelles n’avait pas de prérogatives particulières pour agir directement sur les questions salariales, qui restaient du ressort de chaque pays, et de ses partenaires sociaux. Pourtant grâce aux différentes politiques économiques dictées aux gouvernements, qui ont accepté d’abandonner leurs prérogatives économiques, elle n’a cessé d’attaquer l’emploi et les salaires pour installer le libéralisme économique et ensuite permettre à l’euro d’exister.

Le projet européen, portait, sur ses fonds baptismaux (avec le traité de Rome), l’idée d’amélioration des conditions de vie. Il est temps de faire un bilan de ces promesses, et de voir quelle a été l’action réelle de cette Europe des marchands et des financiers, qui a sacralisé le règne de la mondialisation et des systèmes économiques ouverts, au détriment de la qualité de vie des peuples.

Consciente des coups portés aux salaires et au pouvoir d’achat, l’UE n’ambitionne plus d’améliorer nos conditions de vie ; sa stratégie « UE 2020 » (* 1 p 99) envisage seulement de réduire la pauvreté ! Que de promesses trahies, que d’ambitions remisées ! Nous allons le détailler, par de nombreux moyens l’UE n’a cessé d’attaquer les salaires et de limiter leur progression.

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Triche industrielle (Docu)

A Florange, les deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine se sont éteints. C’était l’ultime bastion d’une activité séculaire, d’un savoir-faire et d’un esprit de classe. La ville est devenue l’emblème d’un pays qui se désindustrialise.

Ce qui s’est joué ici dépasse les frontières de la Lorraine : c’est le résultat de trente années de privatisations, d’endettements et de soumissions aux lois du marché.

Réalisé par Tristan Thil (France – Avril 2014)

France : La plus importante usine de cigarettes bientôt délocalisée en Pologne

Addendum: “Ces actionnaires sont des vrais requins“, “c’est un coup de massue“, peut-on entendre de la part des salariés. Le projet de fermeture entre dans le cadre d’un plan d’économies de 385 millions d’euros d’ici 2018 pour Imperial Tobacco. La production pourrait être délocalisée en Pologne et en Angleterre

La plus importante usine de cigarettes de France, située à Nantes, qui produit des Gauloises et des Gitanes pour la filiale d’Imperial Tobacco devrait fermer. Sa production sera délocalisée en Pologne. 327 emplois sont en jeu.

Tout un symbole. Le fabricant de cigarettes Seita, filiale du groupe britannique Imperial Tobacco, devrait annoncer son projet de fermer son usine de Nantes, qui emploie 327 salariés, dans le cadre d’un plan de restructuration, révèle Le Figaro ce lundi. L’entreprise a convoqué un comité central d’entreprise extraordinaire pour mardi, selon les informations du quotidien.

La plus importante des deux dernières usines de France

Située à Carquefou, dans la banlieue de Nantes, l’usine est la plus importante des deux derniers sites de production de cigarettes en France. L’année dernière, elle a produit 12,2 milliards de cigarettes blondes : principalement des Gauloises et des Gitanes. Selon les informations du Figaro, la production nantaise sera délocalisée en Pologne, mais une partie pourrait aussi être transférée au Royaume-Uni, sur le site de Nottingham.

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Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… », peut-on lire sur le site internet de New Era Windows, une entreprise pas comme les autres. Récit d’une reprise en main par les salariés de leur outil de travail.

Fin 2008, la crise financière et bancaire fait de nombreuses victimes. Les 250 salariés de l’entreprise Republic Windows and Doors, qui produit des portes coulissantes et des fenêtres à Goose Island, près de Chicago, ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Ils sont licenciés, du jour au lendemain, sans préavis et au mépris des lois sociales, sans indemnités ni paiement de leur salaire. À ce moment de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, on estime à 500 000 le nombre de licenciements mensuels qui frappent les salariés américains.

La direction de l’entreprise prétexte que la Bank of America lui a coupé le robinet des crédits. Mais les salariés soupçonnent très vite une faillite organisée pour cacher une délocalisation.

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Made in France, l’année où j’ai vécu 100% français

Peut-on vivre en consommant exclusivement des produits fabriqués en France ? C’est la question qui a poussé un jeune journaliste à vivre pendant neuf mois une expérience unique.

Benjamin Carle, totalement assujetti à une consommation et à une culture mondialisée, a décidé de remplacer chacun de ses biens par un équivalent conçu et fabriqué majoritairement dans l’Hexagone.

Documentaire réalisé par Benjamin Carle (France – 2014)

A la recherche du peuple disparu : La France des « invisibles », majoritaire et délaissée

Il y a peu de livres qui renouvellent notre vision de la politique, des territoires, des catégories populaires. Fractures françaises de Christophe Guilluy en fait partie. Géographe, l’auteur a redessiné la carte des fragilités sociales à rebours des représentations toutes faites. C’est la France des « invisibles », majoritaire et délaissée. A la recherche du peuple disparu.

François Bousquet : Vous avez mis à jour une nouvelle géographie du territoire, deux France qui se font vis-à-vis : une France métropolitaine et une France périphérique. Qu’est-ce qui les caractérise ?

Pour comprendre la société française, il faut s’affranchir de la carte de l’Insee, qui est celle des aires urbaines : 80 % d’urbains et 20 % de ruraux. Cette carte impose l’idée que la société française se structure autour des grandes métropoles mondialisées sans rien nous dire de la recomposition sociale des territoires. On voit par là combien sont déterminantes les représentations dans la conception que l’on se fait de la réalité. Une mauvaise représentation, c’est une mauvaise politique derrière. Or, les représentations territoriales et sociologiques des élites sont obsolètes et nous interdisent de penser le social.

Je préfère parler de « France métropolitaine » et de « France périphérique ». La France métropolitaine, c’est celle des grandes villes, soit 40 % de la population, pas plus. C’est une France totalement intégrée dans les nouvelles logiques économiques, dans la mondialisation et le multiculturalisme. Elle produit l’essentiel du PIB français. C’est ce qui me fait dire que la mondialisation fonctionne, mais seulement dans les grandes villes.

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Paris : Les Identitaires investissent un magasin H&M

Samedi 14 décembre à 18h, une vingtaine de militants identitaires ont occupé pacifiquement un magasin H&M près du forum des Halles. Répartis dans les rayons en brandissant des pancartes aux slogans variés (“Noël pas cher grâce aux esclaves éthiopiens” etc.) et distribuant des tracts aux clients face à une sécurité totalement débordée, il ont ainsi relayé la campagne “H&M esclavagistes”.

En effet, trouvant les “employés” chinois trop chers à leur goût, H&M a décidé de délocaliser une partie de sa production… en Éthiopie! Moins coûteux et corvéables à merci, ces Africains pourront ainsi fabriquer des vêtements bon marché destinés à des chômeurs ou des travailleurs pauvres en Europe.

C’est pour dénoncer cette économie mondialisée totalement absurde, organisée pour le seul profit financier en dépit de tout bon sens, que les Identitaires ont envahi ce magasin H&M.

Juste avant Noël, cette action symbolique n’est pas sans rappeler le happening récemment organisé contre Mattel avec la “Barbie ouvrière” : elle amène les Français et les Européens à mieux réfléchir à leur consommation et à favoriser les produits locaux au détriment des objets “low cost” fabriqués en grande série par des nouveaux esclaves.

BI

Renault Trucks, Habitat ou Rossignol : Le mirage de la relocalisation

Il paraîtrait que la relocalisation est en marche. C’est du moins ce qu’affirme le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui martèle l’expression « made in France » à qui veut l’entendre. Pourtant, il s’agit d’un phénomène encore très limité. Rue89Lyon passe au crible les sociétés qui ont relocalisé en Rhône-Alpes depuis le début de l’année 2013.

Renault Trucks est le dernier en date. Mais avant lui, les médias rhônalpins ont parlé du fabricant de skis Rossignol, de Photowatt, un fabricant de panneaux solaires, de l’éditeur de mode Garella, ou encore de la chaîne d’ameublement Habitat. Ces sociétés ont relocalisé une partie de leur production dans la région.

Pour le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui annonçait des mesures pour inciter à la relocalisation le 14 juin dernier, un mouvement de relocalisation s’amorce en France. Et il va même plus loin : selon lui, les consommateurs manifesteraient un « amour » envers le « made in France ».

Pour étayer son propos, Arnaud Montebourg avance un chiffre quelques jours plus tard : ces quatre dernières années, 107 entreprises ont relocalisé tout ou partie de leur activité en France. Pour le ministre, c’est clair, un phénomène de relocalisation se met en marche… Ou du moins c’est ce qu’il aime à croire :

« Un mouvement tangible de relocalisation a commencé: il est minoritaire mais prometteur. Il n’est pas massif mais pionnier. »

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Entre relocalisation et délocalisation en Afrique, l’âge d’or de l’Asie est-il terminé ?

L’entreprise suédoise H&M vient d’annoncer la délocalisation de plusieurs unités de production de la Chine vers l’Éthiopie. Dans le même temps, un mouvement de relocalisation en Occident d’entreprises déçues par leur transfert en Asie semble s’amorcer, annonçant peut-être la fin de l’attractivité industrielle asiatique.

Ouvriers éthiopiens sous la supervision de contremaîtres chinois

Le troisième renouvellement de l’accord AGOA – African Growty and Opportunity Act – entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, qui autorise l’entrée hors taxe d’exportations africaines sous certaines conditions, suscitera de nouvelles délocalisations vers l’Afrique, et en particulier l’Éthiopie où un fabriquant chinois de chaussures avait déjà décidé d’investir l’année dernière.

Publiée en 2011 une étude de la Banque mondiale comparant plusieurs pays africains à la Chine et au Vietnam, a montré que l’Éthiopie était d’ailleurs le seul pays capable de concurrencer les pays asiatiques pour des productions à haute intensité de main d’œuvre (comme l’habillement ou la fabrique de meubles).

Ces projets montrent que des pays africains peuvent s’engager à leur tour dans le “vol des oies sauvages” qui a débuté avec le Japon, qu’ont suivi ensuite les Nouveaux Pays industriels d’Asie et ensuite les pays du Sud-Est asiatique et la Chine. Mais cette conjoncture ne doit pas faire oublier le contexte. La Chine est devenue depuis 2010 la première puissance manufacturière mondiale (avec 17% de la production par la valeur ajoutée manufacturière mondiale), devant les États-Unis qui avaient ravi cette place au Royaume-Uni à la fin du XIXème siècle.
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Mondialisation : Alerte dans nos assiettes

En moins de vingt ans, la mondialisation a aussi bouleversé ce que nous mangeons : les pizzas et les plats surgelés ont rejoint les portables et les écrans plats dans la liste des produits low cost importés, souvent made in China. Une tendance méconnue, tant les géants de l’agroalimentaire entretiennent l’opacité. Et inquiétante, car la traçabilité est un leurre. Engagés dans une course au profit, les industriels du secteur agroalimentaire draguent les tradeurs et les cadors du marketing.

Ce 24 juillet est une journée comme les autres aux portes de l’Europe. Les douanes françaises interceptent une cargaison d’aubergines de République dominicaine, avec des doses très élevées d’un insecticide toxique, le méthomyl. Aux Pays-Bas, les autorités sanitaires découvrent que des carcasses de bovins roumains n’ont pas été soumises aux tests obligatoires de dépistage de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la maladie de la vache folle. En Italie, des lots d’ustensiles de cuisine toxiques made in China sont saisis juste avant leur mise sur le marché, tandis qu’en France une alerte est lancée sur des filets d’espadon gavés de mercure en provenance d’Équateur…

Longtemps, nous avons été heureux sans le savoir. La volaille s’élevait à Bresse, les pommes normandes avaient du goût et le poisson se ramassait dans les filets bretons. Aujourd’hui, des conteneurs de nourriture affluent du monde entier, pour le meilleur – toujours plus de variété, en toute saison -, mais aussi pour le pire. Pressés par la concurrence, par leurs actionnaires et par une grande distribution sans pitié, les groupes agroalimentaires vont chercher toujours plus loin, et toujours moins cher, des produits qu’ils trouvaient autrefois à leur porte.

Au nom de la productivité, ils délocalisent à l’autre bout du monde, au risque de surveiller davantage leur assiette fiscale que celle du consommateur. Dans l’alimentation comme dans tant d’autres secteurs, la planète est devenue une gigantesque usine. Les langoustines pêchées en mer d’Écosse coûtent trop cher à produire sur place? On les envoie en Thaïlande pour les faire décortiquer par des “petites mains”, avant de les renvoyer en Europe pour les cuire. Soit un joli voyage de 27.000 kilomètres.
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Roberto Fiorini : “Capitalisme et immigration”

Interview réalisée avec Roberto Fiorini en juin dernier par le magazine “Le Harfang” (organe de la fédération des québécois de souche) et publiée dans son numéro 5.

Vous avez noté à plusieurs reprises qu’économiquement, l’immigration était nuisible aux peuples qui la subissent. Pourtant, la plupart des gouvernements occidentaux nous présente l’immigration comme la panacée. D’où vient cette volonté étatique d’imposer l’immigration à un peuple qui n’en retire rien ?


Pourquoi l’immigration ?

L’immigration est une arme du capital contre les peuples. Les salariés la subissent par la concurrence économique déloyale que l’immigration fait peser sur les salaires. En permettant des salaires moins disant, l’immigration pèse sur les salariés autochtones, et servent ainsi les entreprises, qui voient leur masse salariale baisser, et ainsi leurs profits augmenter.

Le rôle de l’état est ici de permettre que tout ceci soit possible par l’élaboration de lois qui permettent que ce scénario puisse voir le jour. Les juges rendent ces lois pérennes et la police les fait respecter au quotidien : au final c’est tout un appareil qui collabore à notre remplacement sur notre propre sol. Le degré de conscience de chacun des acteurs de notre auto suicide est différent, mais le résultat est le même.

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Quand le luxe délocalise : La main dans le sac, Vuitton

Première marque de luxe au monde, Louis Vuitton est le fleuron du groupe LVMH. Le monogramme «LV» fait rêver les rappeurs américains comme les mères de famille chinoises. La marque met en avant le savoir-faire de ses artisans français. Mais elle ne communique guère sur sa pratique des délocalisations : en Chine, en Roumanie, on fabrique des pièces pour les fameux sacs qui sont ensuite assemblés ici avec le label « Made in France ».

A Naples, d’excellents artisans fabriquent des sacs à moindre coût. En plus d’être contraires à l’image qui donne à la marque sa légitimité, ces pratiques de sous-traitance facilitent le développement de la contrefaçon. Une enquête en association avec Mediapart.

Délocalisations : Comment l’auto a mis le cap à l’Est

L’Europe de l’Est et la Turquie représentent 25 % de la production auto européenne.C’est un cap symbolique. Au premier trimestre, les pays d’Europe de l’Est (hors Russie) et la Turquie ont concentré plus du quart (25,6 %) de la production européenne automobile (voitures et utilitaires), une proportion jamais atteinte.

La République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Turquie et autres Pologne ou Hongrie ont ainsi assemblé quelque 1,086 million de véhicules, contre 3,58 millions produits en Europe de l’Ouest, indiquent les données du cabinet IHS. Certes, la production dans les pays de l’Est n’est pas épargnée par la crise et a baissé de 5 % sur les trois premiers mois de l’année. Mais la chute est bien moindre que celle des pays de l’Europe de l’Ouest (- 12 %). Un record qui est l’aboutissement d’une montée en puissance régulière depuis le début des années 2000. « La crise actuelle n’a pas forcément accéléré le mouvement, mais l’a plutôt accompagné », indique Denis Schemoul, analyste chez IHS.

Le coup d’oeil dans le rétroviseur est en tout cas impressionnant : il y a dix ans, en 2002, les pays d’Europe de l’Est et la Turquie pesaient environ 8,9 % de la production automobile européenne. Aujourd’hui, une voiture sur quatre en Europe sort d’usines implantées à l’Est.

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Un bébé en kit, ça coûte combien ?

Doron, un entrepreneur Israélien high tech, a lancé une nouvelle offre de service: la production de grossesse.

- La grossesse se fait en Inde (c’est moins cher).
- Le matériau génétique est sélectionné  par les clients via une interface web.
- Le sperme et les ovules s’achètent en ligne.
- Les embryons fabriqués sont congelés et expédiés par avion en Inde.
- Ils seront implantés dans l’utérus de mères porteuses locales (Inde).
- Les clients se présentent à la fin des 9 mois de grossesse pour récupérer leur bébé.
-  Il suffit d’une carte de crédit pour acheter bébé.

Note du producteur du film :

Il m’a fallu 3 ans pour concevoir ce film. Au fur et à mesure de son avancement j’ai compris que très peu de gens comprennent que les bébés sont en train de devenir un bien de consommation et qu’à ce titre, la mondialisation de l’économie, avait un profond impact sur cette industrie naissante.

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La fin de la croissance : le pétrole montré du doigt

Non seulement la croissance économique des années 2000 est chose du passé, mais la fin du pétrole à rabais aura un impact significatif sur l’économie en général et la mondialisation en particulier. C’est la thèse soutenue par l’économiste Jeff Rubin, lors de son passage jeudi [16 mai 2013] à Montréal.

La statistique est probante : en l’an 2000, la facture d’essence mondiale était de 800 milliards de dollars par année. Aujourd’hui, elle avoisine les 3.000 milliards de dollars, calcule Jeff Rubin, qui était de passage à Fintech Montréal jeudi [16 mai 2013] pour livrer les conclusions de son deuxième essai The End of Growth (La Fin de la croissance).

Jeff Rubin a quitté la CIBC en 2009 après qu’on lui eût refusé la permission d’écrire son premier best-seller, Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller : Oil and the End of Globalization.

Dans ses deux bouquins, il analyse les mutations profondes que subiront les économies du monde dont la croissance a été portée, pour l’essentiel, par le pétrole à rabais.
Qu’on en juge : « en moyenne, dans les quatre dernières décennies, une augmentation de 1 % de la consommation de pétrole a engendré une croissance de 2 % du PIB mondial », écrit Jeff Rubin dans son dernier essai.

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Déchets : Comment nous en débarrasser?

Zoom sur un secteur économique méconnu mais qui possède un réel avenir: celui du recyclage. Comment favoriser son développement à l’heure où nous croulons sous les déchets?


1-Les poubelles au quotidien

Une rue étroite à sens unique, un lundi matin tôt, à Marseille, je roule derrière un camion d’éboueurs. Il s’arrête devant une résidence d’une cinquantaine de logements. Il va y rester une petite dizaine de minutes. Les trois gros conteneurs sont plein à craquer. Des sacs poubelles recouvrent le sol. Il faut vider les conteneurs puis les re-remplir. Au milieu des sacs, on trouve une glacière en bon état en apparence, des emballages cartons, des déchets verts, des pièces métalliques, … L’ensemble est impitoyablement broyé et mélangé dans le camion-benne. Un vrai gâchis !

Chaque Français produit plus de 500 kilogrammes de déchets par an. 30% sont recyclés, alors que les Allemands, les Néerlandais ou les Belges en recyclent plus de 60%!

Pour régler ce problème, le Grenelle de l’environnement a prévu une augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), -une des plus faibles d’Europe-, et l’affectation de ces augmentations aux investissements nécessaires pour les filières de recyclage.
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Ceci est une révolution

La phrase culte que les Guignols de Canal+ mettent dans la bouche de Steve Jobs est bien adaptée pour décrire le phénomène des imprimantes 3D. Cette technologie est en train de franchir le Rubicon qui sépare le petit marché des passionnés du gigantesque marché de masse. Même Barack Obama s’y est mis, évoquant une révolution industrielle. En permettant de créer un objet à partir d’un fichier informatique, l’imprimante 3D serait dotée du pouvoir d’inverser les flux de la globalisation pour rapatrier l’industrie de Chine. Vu le caractère populiste de l’argument mais aussi ses conséquences économiques, il n’est pas superflu d’en examiner les bases.

Il ne fait aucun doute que les imprimantes 3D connaissent une baisse de prix fulgurante qui les met à portée des consommateurs. Reste que ces machines bon marché produisent essentiellement à base de plastique. Ce qui en limite encore l’usage à la reproduction d’une figurine de jouet ou d’une tasse de café. Les géants du copyright comme Disney s’en inquiètent. Ils se demandent si des fichiers de figurines Mickey imprimables en 3D ne vont pas se mettre à circuler, éliminant les lucratifs profits des produits dérivés. La menace n’est plus théorique maintenant que le site The pirate bay propose le téléchargement de tels «physibles».

Reste que la relocalisation de la production de jouets ou de gobelets en plastique n’est pas de nature à bouleverser la géographie de l’industrie. Elle a besoin d’autres matériaux, intégrables dans des processus compliqués par une infinité de contraintes et économiquement rentables. De ce point de vue, notre enquête (dans le numéro du 1er mai) montre que l’impression 3D avec des métaux annonce une véritable révolution industrielle. Mais pas au point de faire sortir les machines des usines pour les installer dans nos garages.

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Bernard Stiegler : “Télécratie et captation du désir”

Bernard Stiegler est un penseur original et ses opinions politiques personnelles sont parfois un peu déroutantes. Il a pour but de montrer comment et pourquoi la relation politique elle-même est devenue un marché parce que l’appareil télécratique a « développé un populisme industriel qui engendre, à droite comme à gauche, une politique pulsionnelle qui a détruit le désir. »

En Europe, entre un tiers et deux tiers des enfants ont désormais la télévision dans leur chambre (les trois-quarts dans les milieux défavorisés en Angleterre). Aux États-Unis, dès l’âge de trois mois, 40% des bébés regardent régulièrement la télévision.

Les consommateurs de la télécratie sont ainsi, et se sentent, irrémédiablement tirés vers le bas, ce qui provoque une réelle souffrance. Ils souffrent d’être seuls devant leur télé, tout en ayant le sentiment d’appartenir à une « foule artificielle d’où surgissent des processus d’identification régressive. »

En 2004, Patrick Le Lay, ancien directeur de TF1 expliquait que le populisme industriel était devenu la loi de notre époque, les citoyens s’étant effacés devant « le temps de cerveau disponible ».
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France : Journalisme au rabais “Made in Tunisie”

Plateforme d’assistance téléphonique, construction automobile, usines textile, etc. A l’heure d’internet, c’est maintenant l’info qui se délocalise. Plusieurs sites d’information locale en France sont en réalité écrits depuis… la Tunisie.

Alerté par des annonces d’emploi publiées par la société Hi-Content, le site Arrêt sur Image a mené l’enquête. “Une agence basée à Tunis travaille en réalité pour plusieurs médias d’information locale en France: Bordeaux.actu.fr, Lyon.actu.fr, et Toulouse.actu.fr“.

Les conditions de travail, elles, relèvent de l’exploitation. “L’agence emploie 25 personnes, qui n’ont pas le statut de journalistes. Ce sont tous des diplômés bac+5 ou +6, diplômés d’économie, de finance, de langues. Aucun d’entre eux n’a jamais travaillé dans la presse“. Les salariés sont payés environ 300 euros par mois, et doivent produire entre 10 et 15 articles par jour.

Un salarié évoque “de l’esclavage moderne. Nous sommes même soumis à des tests de rapidité, et devons écrire 50 mots par minute”. Leur statut est très précaire : “pas de contrat de travail, et on est payés en cash. Si on arrive dix minutes en retard, on est immédiatement virés“.
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Lorraine : La dernière coulée, 21 ans après…

Plus de vingt ans après la fermeture des hauts fourneaux d’Uckange, en Moselle, que sont devenus les métallos qui ont brutalement perdu leur emploi ?

A quoi ressemble cette bourgade depuis la destruction de son poumon industriel et quel lien doit on faire entre le destin de ces ouvriers et celui des hommes de Florange, à quelques kilomètres de là, qui se battent depuis des mois contre la fermeture de leurs hauts fourneaux par Arcelor Mittal?

“Envoyé spécial” diffusé sur France 2 le samedi 17 novembre 2012.

Combattez pour ne pas être remplacés !

Il y a seulement 50 ans, Roubaix était peuplée d’ouvriers européens. Aujourd’hui, la ville est occupée à plus de 60% par des maghrébins. Il y a seulement 50 ans, Belleville était encore un quartier populaire parisien. Aujourd’hui, c’est un quartier africain.

Des exemples comme ceux-là, on en compte des milliers en France : chacun a vu, en l’espace de quelques années seulement, son cadre de vie se métamorphoser.

Nous ne vivons pas de simples “changements sociaux”, des “évolutions” qui seraient “dans l’air du temps” et que nous devrions “accepter” sans broncher. Mais on nous impose une véritable et profonde mutation ethno-culturelle, ce qu’on est en droit d’appeler une substitution de population.

Côté départ, les sites de production sont délocalisés et ferment un par un, les cerveaux quittent un pays où la liberté d’entreprise s’éteint à petit feu, les familles d’autochtones fuient d’invivables zones urbaines.
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Suisse : Licenciés et invités à former leurs remplaçants… en Roumanie

Délocalisation – Ericsson, un sous-traitant de l’opérateur Orange a licencié 29 personnes en Suisse depuis le début de l’année. Une partie est invitée à se rendre en Roumanie pour «achever un transfert de compétences».

Au 1er janvier 2013, 94 personnes ont été transférées d’Alcatel-Lucent chez Ericsson suite à la décision d’Orange de changer de partenaire pour la maintenance de son réseau de téléphonie mobile.

Deux mois plus tard, près d’un tiers a été licencié. «29 collaborateurs ont vu leur contrat résilié, confirme Lars Bayer, porte-parole d’Ericsson. Les activités de six d’entre eux seront transférées en Roumanie.» Et rien n’indique que l’hécatombe s’arrête là: «Nous sommes encore en train d’évaluer comment nous pouvons gérer le réseau d’Orange le plus efficacement possible.»

«Alcatel avait déjà délocalisé une partie des tâches, mais Ericsson va plus loin», constate amèrement l’un des employés concernés. Transférés, remplacés par des travailleurs de l’Est puis licenciés, les ex-employés d’Alcatel-Lucent pensaient avoir tout vu. Mais le coup de grâce était encore à venir…
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Dupont-Aignan : Il faut que les peuples se rebellent

Nicolas Dupont-Aignan était l’invité de “Politiques” : le magazine politique hebdomadaire de france 24 réalisé en partenariat avec le magazine L’EXPRESS et RFI qui passe au crible tous les dossiers brûlants de l’actualité en France et à travers le monde.

Japon : Les bombes à retardement de la démographie et du surendettement

Depuis 22 ans, le Japon s’est engagé dans un déclin tranquille. La population diminue et vieillit rapidement, avec un âge médian de 45 ans, sans pour autant que soit accepté le recours à l’immigration.

L’interminable déflation par la dette déclenchée par l’éclatement des bulles boursières et immobilières en 1990 a fait reculer le produit intérieur brut (PIB) de 10 % en termes réels, la richesse par habitant n’étant stabilisée que par la baisse de la population. Les dépenses de l’État sont couvertes pour plus de la moitié par la dette publique qui culmine à 240 % du PIB.

Des pans entiers de l’appareil productif ont été délocalisés vers la Chine et les pays émergents d’Asie, tandis que les grands groupes, de Toyota et Nissan à Sony, Toshiba ou Panasonic, sont pris en étau entre le renouveau industriel des États-Unis et les nouveaux champions chinois ou coréens – tels Huawei, Hyundaï ou Samsung. Avec pour conséquence la relégation depuis 2010 au troisième rang des économies mondiales, loin derrière la Chine.

Pourtant, le Japon montre une étonnante résistance aux crises et présente peu de signes d’instabilité sociale ou politique. L’espérance de vie atteint 86 ans pour les femmes et 83 ans pour les hommes. Le chômage reste contenu à 4,1 % de la population active. La cohésion de la société survit à la paralysie et à la corruption du système politique comme aux catastrophes du tsunami du 11 mars 2011 ou de la centrale nucléaire de Fukushima.

Les risques de rupture s’accumulent
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