Les banques se retirent du négoce des matières premières physiques

Par Marc Roche

« L’univers secret et fermé du négoce physique a mis à mal l’image policée des enseignes financières. ». L’amende de 410 millions de dollars (309,1 millions d’euros) versée le 30 juillet par la banque JP Morgan Chase pour solder les poursuites de manipulation des prix de l’électricité aux États-Unis devrait accélérer le retrait annoncé de l’établissement américain du négoce des matières premières.

A l’image de JPMorgan, les principaux intermédiaires financiers présents dans le trading de matières premières physiques se séparent aujourd’hui de cette activité à la fois risquée et trop consommatrice en fonds propres.

En 2006, la banquière Blythe Masters avait reçu comme mission de son PDG, Jamie Dimon, de bâtir de toutes pièces une organisation destinée à faire de JPMorgan la banque leader du négoce des matières premières. Le défi était énorme: chasser du pinacle le leader Goldman Sachs et son challenger, Morgan Stanley.

Pour ce faire, la responsable avait racheté les opérations de trading de Bear Stearns et une partie de celles d’UBS et de Royal Bank of Scotland, ainsi qu’une société britannique d’entrepôts. En investissant des milliards de dollars dans des hangars, oléoducs, mines ou usines, JPMorgan était devenu numéro deux mondial. Si, dans le pétrole, Goldman Sachs avait conservé son leadership, JPMorgan s’est imposé dans l’industrie des métaux et du gaz naturel.
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Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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États-Unis : La culture de la cupidité tient bon à Wall Street

Les codes d’éthique établis par les grandes banques américaines ne seraient-ils que de la poudre aux yeux ? Selon une enquête réalisée auprès de professionnels du secteur, une personne sur quatre serait prête à commettre un délit d’initié si elle était sûre de ne pas se faire prendre.

Éthique. Valeurs. Intégrité. Les patrons de Wall Street ont sans cesse ces mots à la bouche. Toutes les banques ont soigneusement élaboré un code de conduite. “Notre intégrité et notre réputation dépendent de notre capacité à faire ce qui est juste même quand ce n’est pas facile”, proclame le dirigeant de JPMorgan Chase. “Aucune incitation ou perspective financières – quel que soit le résultat financier – ne justifie que nous nous éloignions de nos valeurs”, déclare Goldman Sachs.

Mais un nouveau rapport laisse entendre que ces nobles propos ne sont que des paroles en l’air. Il vient d’être publié par le cabinet d’avocats Labaton Sucharow à la demande de Jordan A. Thomas, l’un de ses associés, qui a naguère été directeur assistant de la Securities and Exchange Commission [SEC, l'équivalent américain de l'Autorité des marchés financiers].

Sur les 250 personnes travaillant pour des sociétés financières qui ont répondu au questionnaire – courtiers, gestionnaires de portefeuille, banquiers, gestionnaires de fonds alternatifs, analystes financiers, conseillers en investissement, etc. –, 23 % déclarent avoir “observé ou avoir eu connaissance directement d’actes condamnables sur le lieu de travail”. Si cela ne suffit pas à attirer votre attention, en voilà encore : 24 % des personnes interrogées se disent prêtes à “commettre un délit d’initié pour gagner 10 millions de dollars si elles étaient sûres de ne pas se faire prendre”.

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Les jeunes loups de la finance représentent la pire des menaces

Selon une étude américaine, Wall Street n’a pas tiré de leçon de la crise financière. Un quart des sondés seraient prêts à commettre des délits d’initié.

“Le Loup de Wall Street” de Martin Scorsese (2013)

« Beaucoup d’acteurs dans le secteur financier semblent avoir perdu leur boussole morale. Les professionnels les plus jeunes constituent la plus grande menace pour les investisseurs. »

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, le constat est amer pour Labaton Sucharow, un cabinet d’avocats américain spécialisé dans la défense des « lanceurs d’alerte » qui a publié son second rapport annuel mardi dernier.

De façon confidentielle, cette enquête a sondé la vision de professionnels américains de la finance – traders, analystes, banquiers d’investissement – concernant l’éthique des affaires, les méfaits au sein de leur employeur actuel et le rôle des régulateurs sur les marchés.

Plus de la moitié des interrogés considèrent que leurs concurrents ont commis des malversations. Ils ne sont plus « que » 24% à penser que leurs propres collègues se sont livré à des activités frauduleuses. Plus préoccupant, près d’un tiers parmi eux jugent qu’il peut être nécessaire de violer la loi pour réussir.

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (03/04/2013)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 03 avril 2013

Nouveau : écouter l’émission au format mp3

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