Petite coloscopie des derniers attentats de Paris

Ils sont donc passés, finalement, après toutes ces années de tentatives parfois brouillonnes et ces sauvetages parfois in extremis. Ils sont donc passés, et la France découvre que ses services de contre-terrorisme ne sont pas infaillibles, que la cuirasse a cédé et nous a cruellement exposés.

Par Abou Djaffar

Le drame est terrible, le choc frontal, et nombre de commentaires lus ou entendus ont manifestement été proférés sous le coup de l’émotion.

Laissons donc Michel Onfray, l’homme qui a tout lu sans rien comprendre, délirer sur son blog. Il n’est, après tout, pas le seul à se tromper avec assurance. M. Kepel n’annonçait-il pas, au mois de juin 2001, le déclin de l’islamisme ?

D’autres invoquaient, à tort, le jihad syrien, et d’autres encore, faisant peu de cas des faits, en sont encore à accabler la pauvreté ou des pathologies mentales.

Laissons-les, car il n’y a plus rien à attendre de commentateurs qui ne font que se commenter eux-mêmes sans plus jamais observer le monde.

Lire la suite

Escrocs, abus de confiance, seniors en danger

Des milliers de personnes du troisième âge sont victimes d’arnaques chaque année. Démarchages, loteries, concours, jeux, les escroqueries se multiplient. Ces délits ont augmenté depuis une dizaine d’années de plus de 20%.

D’après l’Office Central de la Lutte contre la Délinquance Itinérante (OCLDI), les escroqueries ont surtout lieu en ville, et plus particulièrement pendant les vacances, quand l’entourage est absent.

Quelles sont les techniques utilisées par ces escrocs spécialistes du troisième âge ? Qui sont-ils ? Comment sensibiliser les victimes potentielles et leur apprendre à se défendre ?

Réalisé par Manuel Laigre et Nicos Argillet (France – 2011)

Pierre Lascoumes : « Les élites se donnent de bonnes raisons pour frauder »

Pierre Lascoumes est directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes (CEE) de Sciences Po. Auteur notamment, avec Carla Nagels, de « Sociologie des élites délinquantes. De la criminalité en col blanc à la corruption politique », ed. Armand Colin, septembre 2014.

Les riches fraudent tout autant que les pauvres. Mais ils se donnent de bonnes raisons de le faire. Entretien avec Pierre Lascoumes, directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes (CEE) de Sciences Po.

Pourquoi les riches fraudent-ils ?

Pourquoi ne frauderaient-ils pas ! Le sociologue Émile Durkheim (1858-1917) expliquait déjà que chaque groupe social, les riches comme les autres, entretient un rapport particulier aux normes. Et le Hollandais Willem Adriaan Bonger (1876-1940) ajoutait que les transgressions s’expliquent par la compétition entre catégories sociales et le besoin de reconnaissance.

Même les mieux dotés se sentent dans un climat de concurrence qui incite certains d’entre eux à recourir à tous les moyens pour assurer leur place. Le besoin de puissance est sans fin.

Les élites économiques qui fraudent développent tout un ensemble de « techniques de neutralisation », dites-vous, pour justifier leurs actes. De quoi s’agit-il ?
Lire la suite

Les fonctions positives de la pauvreté

Dans cet article classique paru en 1972 dans l’American Journal of Sociology, inédit en français et précédé d’une introduction de Hadrien Clouet, Herbert Gans renverse la perspective et cherche à identifier l’intérêt qu’ont certains acteurs au maintien ou à l’extension de la pauvreté. Au lieu de pointer les problèmes issus de la pauvreté, il en recherche les avantages: si elle survit aux politiques publiques, c’est que la pauvreté profite selon lui à certains groupes sociaux.

La pauvreté est ordinairement étudiée par le biais des difficultés qu’elle provoque, des coûts qu’elle engendre, des politiques publiques ou privées qui la causent, ou bien des conséquences qu’elle produit sur les populations concernées.

Résumé

L’analyse fonctionnelle à la Merton est employée afin d’expliquer la persistance de la pauvreté, et quinze fonctions que remplissent la pauvreté et les pauvres pour le reste de la société américaine – notamment les plus aisés – sont identifiées et décrites. Des alternatives fonctionnelles sont suggérées, qui se substitueraient à ces fonctions et rendraient la pauvreté superflue.
Lire la suite

L’Albanie attend sur le pas de la porte de l’Union européenne

L’UE a décidé en juin 2014 d’accorder à l’Albanie le statut de candidat à l’adhésion à l’Union. Mais le chemin risque d’être encore long pour ce petit pays balkanique de 2,8 millions d’habitants, l’un des plus pauvres du continent européen. Un pays qui souffre aussi de corruption et de nombreux trafics.

Le Dessous des Cartes, 05/04/2007

L’Albanie frappe à la porte de l’UE… depuis cinq ans. Et s’il va à son terme, son processus d’adhésion risque d’être très long. Surtout que la Bosnie, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro et la Turquie sont eux aussi candidats. Laquelle Turquie négocie son entrée… depuis 2004.

Dans le même temps, plusieurs pays membres de l’UE ont d’ores et déjà exprimé leurs réticences sur les perspectives d’une adhésion de l’Albanie. En décembre 2013, le parlement néerlandais a voté une résolution hostile alors que l’unanimité est nécessaire au sein des 28 sur les questions liées à l’élargissement.

En acceptant sa candidature, Bruxelles entend encourager Tirana dans sa lutte pour l’établissement d’un État de droit. «Ce processus doit se poursuivre et un mécanisme de suivi est prévu», explique-t-on dans les instances européennes. Dans un rapport en date du 4 juin, la Commission de l’UE estime que les autorités ont mené des «actions concrètes» et fait preuve de «volonté politique renouvelée» en matière de réformes. Notamment pour combattre la corruption dans de nombreux services publics.
Lire la suite

Québec : Des voleurs prolifiques et audacieux

Pauvres, vulnérables et pressés par la nécessité d’envoyer des fonds dans leur contrée, certains Roms réfugiés au Québec sont enrôlés dans de petits clans de voleurs. Leurs cibles favorites: les personnes âgées et les petits commerces comptant peu d’employés. Regard sur ce phénomène qui mobilise de plus en plus d’enquêteurs.

Par Vincent Larouche

Vous sortez du centre commercial et chargez vos emplettes dans le coffre de la voiture. Une dame s’approche doucement, avec son bébé. Elle est perdue. Gentiment, vous la renseignez. En signe de gratitude, elle vous offre un joli foulard et vous le noue autour du cou.

Vous ne vous en êtes pas rendu compte, mais vous venez peut-être de perdre le précieux collier de perles que vous a légué votre mère…

Voilà l’un des innombrables modus operandi des clans Roms qui s’adonnent au vol à la tire.

Pris individuellement, ces petits larcins sans violence ne font jamais l’objet de reportages. Mais mis ensemble, ils représentent un véritable fléau. Les autorités n’hésitent pas à utiliser le terme «crime organisé» pour décrire les bandes roms.

Lire la suite

Québec : La filière rom, des criminels parmi les réfugiés

Il existe une route secrète entre la Roumanie et le Québec. Contrôlée de l’étranger par trois ex Montréalais liés à des clans de voleurs, la filière a permis l’entrée au Canada de centaines de membres de la minorité rom, ceux qu’on appelle parfois les «gitans» ou les «Tziganes».

Parmi eux, de vrais réfugiés, mais aussi des imposteurs. À travers des dizaines d’entrevues au Canada et sur le terrain en Roumanie, enquête sur les traces de ce réseau lié à une vague de criminalité méconnue aux quatre coins du Québec.


138 demandes d’asile par des Roms de Roumanie présents au Québec en 2012, contre 84 en 2011 et 50 en 2010. 29% taux d’acceptation des demandes d’asile de Roms de Roumanie traitées au Québec en 2012.

Source : Commission de l’immigration et du statut de réfugié. Les statistiques sont par pays d’origine et non par ethnie, mais le gouvernement canadien estime que 100 % des demandes issues de la Roumanie proviennent de la minorité rom.
Lire la suite

French Connections : Au coeur des nouvelles mafias

Cambrioleurs géorgiens, arnaqueurs à la carte bancaire originaires de Roumanie, mafieux italiens, proxénètes nigérians, les réseaux se sont spécialisés – et professionnalisés. Chaque filière a atteint un degré d’efficacité qui complique beaucoup la tâche des policiers français.

D’autant que l’internationalisation de la criminalité rend difficile les enquêtes. Les donneurs d’ordre se trouvent souvent à plusieurs milliers de kilomètres de l’hexagone et les grands parrains mafieux sont quasiment intouchables.

Jérôme Pierrat (auteur du déjà culte « Caïds des cités » -diffusé en janvier 2011, et de « Marseille gangsters » -diffusé le 5 février 2014) avec Barbara Conforti (grand reporter connaissant parfaitement les mécanismes de la mafia) explorent une nouvelle facette de la criminalité organisée.

Un an de travail en duo, pour parvenir à approcher ces réseaux délinquants puissants – et très secrets.

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

Prêts à tout pour voler nos voitures

Chaque année, des milliers de voitures sont volées en France. Parmi les véhicules les plus dérobés figurent la Twingo, la Smart ou encore la BMW X6. Depuis quelques années, les techniques des voleurs ont évolué.

Si le car-jacking reste répandu, les malfaiteurs s’orientent désormais vers le vol électronique. Grâce à un boîtier, ils peuvent s’emparer d’un véhicule sans violence et sans effraction.

Pour lutter contre le vol, certaines sociétés affirment pouvoir retrouver le véhicule grâce à la géolocalisation. Mais ce système est-il efficace ?

Reportage: Règlements de comptes, braquages : sur la route du trafic d’armes

Pour braquer une supérette ou «sécuriser» un convoi de cannabis, la Kalashnikov, le célèbre fusil d’assaut d’origine russe, est devenue l’arme indispensable des malfrats. La quasi-totalité de ces armes qui circulent en France viennent des Balkans, dont les énormes stocks ont été dispersés lors des guerres des années 90. Une équipe de journalistes a suivi le piste de trafiquants qui importent ces armes.

France Reportage

Trafiquants sans limites

La criminalité prend différents visages. À Mayotte, immigration clandestine, délinquance et misère forment un cocktail détonant. Samira Ibrahim invite à embarquer avec les douanes françaises en première ligne pour faire barrage aux nouvelles routes de la drogue.

Pays-Bas : Amsterdam va placer ses marginaux dans des camps

Le maire d’Amsterdam a annoncé son projet de construire des camps pour personnes violentes et antisociales, où on leur apprendra à « se comporter ». Le programme doit commencer en janvier.

Les Pays-Bas ont toujours été à la pointe de l’innovation, souvent avec succès : dépénalisation de la marijuana, de l’avortement et de l’euthanasie… Nos voisins du nord se sont construits une réputation de société libérale.

Aujourd’hui, l’innovation perdure, le côté libéral beaucoup moins.

Le maire d’Amsterdam a ainsi annoncé son projet de construire des camps pour personnes antisociales et/ou violentes.

Des « scum villages » (« villages pour marginaux ») comme les ont baptisé les opposants à ce projet.

Lire la suite

Des « fractures françaises » à la guerre civile ? (Rediff.)

Étudiant les Fractures françaises et leurs conséquences, le géographe Christophe Guilluy écrit dans son dernier livre : « La “guerre civile” n’est pas l’horizon le plus probable, en revanche le retour du “conflit” paraît, lui, assuré. » Une thèse qui a suscité une levée de boucliers.

C’est un réflexe pavlovien : chaque fois qu’un chercheur aborde sans oeillères la question de l’immigration, les bons esprits l’accusent de « faire le lit du Front national ». Ce fut hier le cas avec le sociologue Sébastien Roché, puis la démographe Michèle Tribalat coupable d’avoir fustigé dans un livre paru en mars dernier [2010] chez Denoël ceux qui veulent garder Les yeux grands fermés devant la substitution de population (la France abriterait 15 millions d’allogènes selon l’ancien ministre chiraquien Azouz Begag) et ses conséquences. C’est donc aujourd’hui Christophe Guilluy qui se trouve sous les feux du lobby antiraciste.

La mondialisation, matrice de l’insécurité sociale et … du populisme

Il est vrai que dans son nouveau livre, Fractures françaises (1), ce géographe né en 1964 et déjà coauteur avec Christophe Noyé d’un édifiant Atlas des nouvelles fractures sociales françaises en France / Les classes moyennes oubliées et précarisées, ne mâche pas ses mots. Appuyé sur une solide documentation, il accuse de manipulation ceux qu’il nomme les « prescripteurs d’opinion », et de « gâtisme » les prétendues élites qui « chaussent les lunettes des années 1970 » pour analyser la situation des banlieues.

Lesquelles ne relèvent plus de la question sociale comme ce fut longtemps le cas pour la « ceinture rouge ». Leur « fonction principale » est au contraire d’être devenues « des sas entre le Nord et le Sud », un « constat que les politiques répugnent à assumer ».

Lire la suite

Les Européens se préparent à boucler les frontières avec la Grèce

Crise grecque : l’UE prépare la fermeture des frontières”, titre le Standard. Le quotidien de Vienne a appris ce mardi d’une source au Conseil européen que plusieurs pays prépareraient la réintroduction des contrôles aux frontières dans le cas d’une situation d’urgence en Grèce, sans en préciser les détails.

Ces préparatifs sont justifiés par la crainte d’une fuite illégale de capitaux à l’étranger et d’une criminalité grandissante.

Surtout, les Etats européens s’inquiètent des flux migratoires illégaux, le pays étant un point de passage pour les clandestins en provenance de Turquie et de Méditerranée orientale. On estime le nombre d’immigrés illégaux vivant actuellement en Grèce à un million. Rappelant le cadre juridique des accords de Schengen, le Standard précise:

Contrairement à la très débattue sortie de la zone euro [...],la fermeture des frontières avec la Grèce par ses partenaires ne poserait pas de problèmes.

Lire la suite de l’article.


Les pauvres ne sont plus ce qu’ils étaient

Un nouvel article consacré à l’ouvrage de Christophe Guilluy vient de sortir, dépeignant l’analyse originale du géographe sur la situation de la pauvreté réelle en France.

On y apprend, notamment, que 85% des pauvres ne se trouvent pas dans les banlieues sensibles, chose que l’on peut facilement remarquer en regardant une simple carte du territoire, avec le PIB par habitant suivant les départements. Ou même, en remarquant que le taux de chômage n’est pas forcément proportionnel au nombre d’immigrés présents dans tel ou tel département.

Lire la suite

Les banlieues masquent les vraies fractures françaises

Addendum vidéo (Merci à Waza80)

Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de « Fractures françaises ». France Culture – Les Matins – 27.10.2010

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture sociale », où en sont les inégalités ? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l’incapacité de nos dirigeants à pallier les inégalités territoriales.

Cliquer sur l'image pour commander le livre via la boutique FDS

Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ».

Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase.

Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits ci-dessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques.

Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce «vieux pays». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations.

Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’œuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.

La banlieue occulte tous les autres territoires

Lire la suite

Sur la violence économique illégitime

Par Michel Drac

Sauf dans les cas pathologiques, la violence est un moyen, pas un but en soi. En règle générale, on use de la violence pour obtenir, par la contrainte, quelque chose que la victime de la violence a refusé de donner, de transférer, d’exécuter ou de faire connaître.

Parler de violence économique, c’est donc, hors les cas pathologiques, énoncer qu’il existe, dans la sphère économique, un usage de la violence en vue d’obtenir d’un acteur économique donné quelque chose qu’il refuserait sinon : une coopération, un service, etc.

Encore faut-il savoir si cette violence est légitime ou pas.

Lire la suite

La crise va aggraver la délinquance

La politique d’austérité liée à la crise économique entraînera une hausse quasi automatique de la délinquance en France et le gouvernement aurait tort de réduire les moyens et les effectifs des forces de l’ordre: tel est le message de Nicolas Comte, réélu mardi à la tête du premier syndicat de police de France, Unité/SGP/Police.

Les plans de rigueur auront pour conséquence une hausse irrémédiable de la délinquance, il ne faut pas baisser la garde,” a-t-il dit mercredi. “Quand vous avez des taux de chômage extrêmement élevés, notamment dans des classes d’âge, chez les jeunes, cela a des conséquences sur le front de la sécurité,” ajoute-t-il.

Les policiers s’inquiètent à la fois du gel des dépenses annoncé par le Premier ministre François Fillon face à la crise de l’euro et de la poursuite de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Celle-ci doit entraîner la suppression d’environ 10.000 postes entre 2007 et 2012 en prenant en compte les recrutements prévus qui n’ont pas été réalisés, selon le syndicat. La police emploie environ 120.000 fonctionnaires.

Pour Nicolas Comte, il est clair que le métier de policier “va traverser une zone de tempête liée à la crise économique. On nous dit: ‘Nous ne pouvons pas toucher à la RGPP’. Mais la crise impose que l’ordre règne en France,” explique-t-il.

Lire la suite

La délinquance coûte 115 milliards à la France

Selon une étude demandée à un économiste par l’association Institut pour la justice, le crime et la délinquance ont “coûté” 115 milliards d’euros à la France, de juillet 2008 à juin 2009 soit autant que l’Éducation nationale ou le système hospitalier.

Dans un contexte de contrainte budgétaire aiguë, la lutte contre l’insécurité est parfois critiquée pour son coût,” relève l’association de défense des victimes “Institut pour la justice,” estimant que “le débat gagnerait à être éclairé par ce que coûte l’insécurité elle-même.”

C’est la première fois en France que ce travail d’évaluation est réalisé. D’autres pays européens s’appuient déjà dessus. Seules les infractions au code de la route n’ont pas été comptabilisées par l’économiste. Les coûts directs (préjudice financier et moral pour la victime) comme indirects (sentiment d’insécurité, dépenses de sécurité publiques et privées). La période retenue court de juillet 2008 à juin 2009.

Entre les fraudes fiscales, les violences, les meurtres, les trafics divers et les contrefaçons, la délinquance sous ses diverses formes coûterait 115 milliards d’euros à la France chaque année. C’est le chiffre choc qu’avance l’économiste Jacques Bichot, professeur à l’université Lyon III, dans une étude que lui a commandé une association, l’Institut pour la justice. Soit 5,6% du PIB du pays.

« Un chiffre prudent et crédible »

Reste à savoir si certains critères sont quantifiables, comme la vie humaine, sont quantifiables. L’association affirme avoir conscience de ces obstacles, mais elle affirme que l’estimation est prudente, et que d’autres critères permettent de se prononcer. De plus, cette évaluation de 115 milliards d’euros correspond à celle de certains autres pays européens.
Lire la suite

La crise n’est pas la cause de la criminalité

Par Xavier Raufer

Depuis des décennies, une certaine sociologie soixante-huitarde, dominante dans les médias, assène sans relâche que les causes profondes de la criminalité sont le chômage et la pauvreté. Et que la délinquance juvénile n’est qu’une révolte sociale, une réponse rationnelle à l’injustice et à la misère.

Cela, on ne l’entend pas qu’en France, puisqu’aux États-Unis la presse progressiste chante la même chanson. « La crise économique a clairement créé les conditions pour qu’il y ait plus de crimes et plus de gangs », écrivait ainsi fin 2008 le New York Times.

Or cette théorie est fausse de part en part. Elle l’était dès l’origine puisqu’aux États-Unis, où émergea dans les années 1960 cette “culture de l’excuse”, l’économie était alors en forte croissance, l’emploi, au beau fixe – et le nombre d’homicides y a bondi de 43 %.

Et cette théorie s’effondre aujourd’hui sous les coups du réel – mais la presse d’information nationale, sans doute gênée dans ses convictions et ses copinages, garde sur cette formidable révélation scientifique un silence de cathédrale.

Les faits maintenant. En 2008, éclate aux États-Unis la pire crise économique et sociale depuis 1929. En un an les chômeurs y sont 7 millions de plus. Or en Amérique la criminalité constatée s’écroule et retombe à ses taux les plus bas depuis les années 1964-1965.

À New York, où elle a baissé de 77 % en seize ans, le nombre d’homicides (–19 % cette année) est au plus bas depuis que les statistiques existent (1962) !

Et plus la misère est grave, plus la criminalité connue baisse : dans le comté de Los Angeles, où le chômage a bondi de 12,3% en un an, bien plus que la moyenne nationale, les homicides s’effondrent de 25 % et les vols de voiture de 20 %.

Au premier semestre de 2009, et à l’échelle nationale américaine, le FBI signale une baisse de 4,4 % pour les crimes visant les personnes et de 6,1% pour ceux visant les biens. Pis encore pour les sociologues gauchistes, la criminalité baisse plus dans les zones urbaines (– 7%, justement là où sont les chômeurs) que dans les campagnes (– 3,8 %).

Une singularité américaine ? Non : en Europe, prenons la Grande-Bretagne et la France.
Lire la suite

Crise et mutation (suite et fin)

Il y a quelques jours, nous avons publié deux extraits d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un troisième et dernier passage, dû à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

« L’individu ayant abandonné sa liberté au profit du social, peut, en cas de retournement, se déchaîner contre ce qu’il adulait jusque-là. » (Charles Antoni)

Certes, mais depuis la chute des idéologies, Charles, je pense que les insurrections auxquelles nous aurons droit seront d’un autre ordre ou plutôt le prolongement de celui-ci.

Nous sommes devenus les sous-produits d’un mode de vie érigé en tant que culture : le consumérisme et la culture des Marques devenus philosophie de vie.

Les émeutes de la Gare du Nord avaient donné lieu à des commentaires, où il s’agissait de déterminer si nous étions en présence d’une révolte sociale, ou d’actes de délinquance. Un syndicat de police nous certifiant que nous étions en présence de délinquants, puisqu’il y avait eu pillage d’un magasin de chaussures.
Lire la suite

Avec la crise, les vols alimentaires explosent

La fauche dans les rayons a explosé cette année. L’un des motifs : l’augmentation des vols de nécessité. Coût du phénomène pour les distributeurs : 4,9 milliards d’euros.

Délinquance organisée, chapardage opportuniste ou vol de nécessité, la rapine dans les magasins a fortement augmenté cette année en France. Par rapport à 2008, la « démarque inconnue » a progressé de 3,6 %. Une hausse significative que révèle le neuvième Baromètre mondial du vol publié aujourd’hui par Checkpoint Systems, un cabinet spécialisé dans la sécurité.

Autre fait marquant : selon cette étude, la récession économique a joué un rôle important dans l’explosion des vols alimentaires. « En temps de crise, les besoins et la frustration augmentent. Il y a cinq ans, le lait maternisé ou la viande ne figuraient pas parmi les articles fréquemment volés en France. Je suis très frappé par la percée des produits alimentaires l’an dernier », reconnaît Matthieu Le Taillandier, directeur général de Checkpoint Systems France.

Lire la suite