L’Europe réclame l’ouverture de grands travaux d’infrastructure pour relancer son économie

Les réformes structurelles sont indispensables, mais ne suffisent pas. Les ministres européens des Finances réclament un plan d’investissement dans un délai d’un mois.

Aux Etats-Unis, pendant le New Deal, Eleanor Roosevelt visite un chantier de la WPA (Works Progress Administration) à Des Moines, dans l’Iowa, en 1936

Les ministres européens des Finances (Ecofin) ont chargé la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) de préparer un plan d’investissement dans un délai de un mois. «Il est désormais urgent de prendre des mesures supplémentaires pour donner une impulsion à la croissance et à la création d’emplois, a déclaré Carlo Padoan, ministre italien des Finances, à l’issue de la réunion de l’Ecofin samedi à Milan. La Commission et la BEI devront également identifier les sources de financements.»

Un premier document de travail sera présenté le 14 octobre lors de la prochaine réunion d’Ecofin. Pour le ministre italien, le manque d’investissements est la cause et la conséquence de la faible croissance qui paralyse l’économie européenne. Il y a désormais urgence à agir.
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Quels sont les enseignements de la Grande Dépression pour la zone euro

Par Simon-Wren Lewis

Il est plus facile de considérer les problèmes de la zone euro en considérant tout d’abord la zone euro dans son ensemble et en observant ensuite les différents pays. Dans les deux cas, la zone euro est en train de faire exactement les mêmes erreurs que celles qui ont été commises lors de la Grande Dépression des années vingt et des années trente.

La zone euro subit actuellement un manque chronique de demande agrégée. L’OCDE estime un écart de production (output gap) de presque -3,5 % en 2013. La banque centrale ne peut ou ne désire en faire beaucoup pour accroître la demande, donc la relance budgétaire apparaît nécessaire. C’est la première leçon de la Grande Dépression qui est ignorée. Mais au lieu d’avoir une relance budgétaire, le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) nous impose d’embrasser l’austérité.

Dans la zone euro, nous avons un problème provoqué par une Allemagne cherchant à vendre moins cher que les autres pays-membres sur la période 2000-2007. Je ne suis pas en train de suggérer que ce fut une politique délibérée, mais les conséquences ne furent pas saisies par les gouvernements des autres pays-membres à cette époque.

Une certaine correction a été à l’œuvre en 2007, mais elle fut inachevée. Or, quelle est la seconde leçon de la Grande Dépression et de l’étalon-or ? Chercher à corriger via la déflation et la réduction des salaires s’avère non seulement difficile, mais aussi inutilement douloureux.
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Philippe Herlin : La zone euro sur la voie de la récession ?

Les États-Unis viennent d’annoncer une croissance (annualisée) de 4% pour le deuxième trimestre, après le très mauvais résultat du premier (finalement révisé, pour la troisième fois, à-2,1%, au lieu de -2,9%). Une bonne nouvelle, mais attendons les prochaines révisions officielles de ce chiffre, tant il paraît miraculeux… Nous y reviendrons.

En Europe par contre, la tendance est bien plus claire : elle passe progressivement d’un espoir déçu de faible croissance à la stagnation, puis aux premiers signes de récession. En Italie, le “miracle” Matteo Renzi a l’air de faire long feu : le pays connaît son deuxième trimestre de récession de suite, -0,2 après -0,1%.

Réagissant à ces chiffres, le ministre de l’économie, Pier Carlo Padoan, a reconnu, dans une interview au quotidien Il Sole 24 Ore du 6 août, que le pays se trouve “dans une phase de sortie de la récession très pénible, car la récession est vraiment profonde. ‘’

La France n’est pas officiellement en récession, mais l’horizon de la croissance reste désespérément plat. François Hollande a déclaré attendre de l’Allemagne “un soutien plus ferme à la croissance“, notamment en investissant plus. Berlin renvoie Paris dans ses buts :”Les déclarations très générales en provenance de Paris ne fournissent aucune raison pour de quelconques corrections dans la politique économique du gouvernement allemand“, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Christiane Wirtz.

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Pour sauver l’économie, faut-il brûler les billets de banque ?

Les billets de banque sont-ils un héritage encombrant du passé? Non seulement ils facilitent tous les trafics, mais en plus, selon certains économistes, ils seraient un obstacle à la politique monétaire des banques centrales. Il serait temps de les abandonner pour passer à la monnaie électronique.

Le premier argument n’est pas neuf, mais ne concerne pas tous les billets. Régulièrement, les banques centrales sont accusées de mettre sur le marché des grosses coupures dont la principale utilité serait de pouvoir circuler facilement dans des mallettes et de permettre le financement de toutes sortes d’activités illégales.

A la naissance de la monnaie unique, la création du billet mauve de 500 euros a fait l’objet de vives controverses; il a été expliqué à l’époque qu’il était nécessaire de prévoir une aussi grosse coupure pour faire oublier aux Allemands la perte du billet de 1.000 marks. Plus récemment encore, les députés européens ont remis en cause l’existence de ce  billet de 500 euros –parfois surnommé billet Ben Laden– et celle du billet jaune de 200 euros, les deux étant censés faciliter la fraude.

291 milliards en coupures de 500 euros
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Marc Faber prédit une nouvelle crise

Rencontré à Tokyo, le financier suisse présente à Bilan son diagnostic sur les économies japonaise et mondiale. Pour lui, les marchés ne sont actuellement pas très sains.

Célèbre pour sa lettre financière mensuelle intitulée Gloom, Boom & Doom Report, Marc Faber avait prédit le krach boursier de 1987, la chute des actions japonaises deux années plus tard et la crise des subprimes. Bilan a profité de sa venue à Tokyo, où il participait à une séance du conseil d’administration d’Indochina Capital, afin de l’interroger sur sa vision des économies japonaise et mondiale.

L’an dernier, le premier ministre japonais Shinzo Abe a lancé son programme économique baptisé Abenomics. L’assouplissement monétaire et la politique de relance fiscale ont été facilement implémentés, mais les réformes structurelles sont maigres. Pensez-vous que Shinzo Abe soit capable de réformer le Japon ?

C’est une grande question de savoir dans quelle mesure un gouvernement peut changer une société. Que peut-on modifier au Japon ? La population est vieillissante, les infrastructures ont en grande partie été réalisées. Pour moi, la seule réforme qui pourrait être entreprise ici serait de botter les fesses des Japonais pour qu’ils deviennent plus entreprenants.
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Pourquoi les planches à billets ne créent plus d’inflation

L’explosion du bilan des banques centrales avait fait craindre, à tort, une surchauffe générale. Tant que l’argent ne circule pas, le risque est insignifiant. Aujourd’hui, ce sont les monnaies qui donnent le rythme.

Le contrôle de la crise, dessin de Jos Collignon (Pays-Bas)
BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES

C’est à en faire replonger certains dans leurs premiers manuels d’économie. Pourquoi, malgré l’explosion du bilan des banques centrales dans les pays développés, l’inflation y reste-t-elle aussi insignifiante ? Après la crise financière de 2008, lorsque, pour soutenir la relance, les planches à billets ont commencé à tourner à plein régime, nombreux sont ceux qui prédisaient pourtant une inflation galopante et destructrice de richesse. Comme dans les années 1970.

Cinq ans plus tard, en Suisse, où la Banque nationale suisse (BNS) a émis 290 milliards de nouveaux francs, l’indice des prix à la consommation a passé l’essentiel de ces deux dernières années en territoire négatif. En Europe, alors que la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) se fait de plus en plus accommodante, et qu’elle pourrait l’être davantage encore – jeudi dernier, son président, Mario Draghi, a évoqué un éventuel « large programme de rachats d’actifs » – c’est plutôt le spectre déflationniste qui plane actuellement au-dessus de la zone euro. Tandis qu’aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) imprime chaque mois des dizaines de milliards de dollars pour racheter des actifs obligataires. Résultat ? L’inflation y reste cantonnée entre 1 et 1,5%.
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La BCE et la Bank of England appellent à relancer la titrisation bancaire

La BCE et la BoE (Bank of England) ont soumis un document joint pour remédier à la déprime sur le marché européen de la titrisation bancaire. Les outils correspondants, les« ABS », sont jugés utiles pour financer l’économie. Mais ayant été très critiqués pour leur contribution à la crise financière, ils souffrent toujours d’une réglementation peu adaptée.

Deux grandes banques centrales souhaitent voir le marché de la titrisation d’actifs, comme les prêts bancaires, repartir de l’avant. Ainsi, l’incitation des banques sera plus grande à distribuer du crédit, ce dont l’économie européenne doit profiter.

La Banque Centrale Européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont remis ce vendredi un document conjoint lors de la réunion du FMI à Washington, lançant un appel aux autorités européennes et internationales pour légiférer en faveur des ABS (Asset backed securities). Ces instruments financiers souffrent d’une mauvaise réputation car les plus complexes d’entre eux ont contribué à l’éclatement de la crise financière. Les émissions se tarissent depuis sur le marché et aucun rebond n’est en vue.

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La dette des pays riches reste à des niveaux “historiques”

La dette des pays riches montre des signes de stabilisation mais se maintient à des “niveaux historiquement hauts” nécessitant de réduire les dépenses publiques, a affirmé mercredi le Fonds monétaire international (FMI).

Dans les économies développées, les récentes mesures politiques ont généralement permis de stabiliser les ratios de dette mais les perspectives à moyen terme restent incertaines et la dette se maintient à des niveaux historiques“, souligne l’institution dans son rapport semestriel de surveillance budgétaire.

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Olivier Delamarche : « Yellen n’avait pas vu la crise et là on pense qu’elle anticipe 2015. »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Pascale Auclair, directeur général de la Française AM, le 31 mars 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

Partie 1:

Partie 2:

“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

Olivier Delamarche : « Reset sur les patrimoines »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Pierre Sabatier du cabinet Primeview, le 03 février 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Probabilité et mode de gestion d’une prochaine crise financière

Une prochaine crise financière peut connaitre son épicentre en dehors de la zone euro, mais sa force dévastatrice aura pour théâtre principal la zone euro. La raison en est qu’il s’agit de la zone la plus fragile du globe. Ses conséquences seront évidemment planétaires.

Face à la crise potentielle, des outils insuffisants ou improbables.

Les instruments mis en place pour protéger la zone euro aggravent la situation (politiques budgétaires)[1], ou ne permettent pas le réaménagement institutionnel, par ailleurs souhaité (MES, LTRO, OMT, Union bancaire, etc..).

Les transformations imaginées sont elles-mêmes irréalistes (émission de titres publics à l’échelle de la zone) ou fondées sur des hypothèses insuffisamment robustes.

Parmi ces dernières, on pourra citer celle imaginée par des proches des milieux bancaires[2] lesquels proposent des transferts vers le sud par des fonds d’épargne souscrits par des investisseurs du nord, essentiellement allemands, avec garantie du gouvernement allemand. Il s’agit d’un moyen d’échapper à des transferts directement publics et donc inacceptables du point de vue allemand[3].

Ce schéma est peu convaincant. Il suppose qu’effectivement les dettes soient converties en capital productif permettant l’alignement progressif de la productivité du sud sur celle du nord (privatisations dans de meilleures conditions que celles prévues par les structures de cantonnement).

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Inflation et déflation coexistent désormais

Par Myret Zaki

Suivant les opinions, vous trouverez ceux qui vous diront qu’on évolue dans un environnement d’hyperinflation rampante. Ou ceux qui vous assureront qu’au contraire, on est en déflation, seul danger qu’ils identifient dans un monde qui serait devenu «zéro inflation». Ce que peu vous diront, c’est que nous avons aujourd’hui une inflation et une déflation qui coexistent dans les économies développées.

Janus (pas le nôtre, mais le dieu grec)

Là où se cache l’inflation

L’inflation se cache dans les marchés financiers. La déflation se loge dans l’économie réelle. Configuration déplaisante, mais aisément démontrable.

Depuis que les banques centrales ont recouru à leurs outils non conventionnels pour injecter des liquidités illimitées dans les marchés, ce phénomène inédit de l’inflation financière couplé à la déflation économique s’est installé, sans que les théories économiques conventionnelles ne parviennent à l’identifier.

Ce qui a enfanté cette situation, ce sont les remèdes choisis pour sortir de la crise de 2008 : aux Etats-Unis, l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed), au départ destiné à relancer l’économie réelle, a prouvé qu’il n’avait d’influence que sur les marchés financiers.

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Philippe Béchade VS Serge Négrier: La France est en récession et en déflation

Le 8 janvier, les mouvements des marchés en ce début d’année a été le thème abordé par Philippe Béchade, rédacteur en chef à la-chronique-agora.com et Serge Négrier, responsable de la Gestion OPCVM Actions chez Marignan, dans Intégrale Placements, avec Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur, sur BFM Business.

La déflation, ennemi public numéro un ?

La formidable révolution en cours est déflationniste par essence et nous en avons eu jusqu’à présent la meilleure part puisqu’elle a provoqué la désinflation bienvenue que l’on sait.

Grâce à une politique de taux d’intérêt très élevés, ­l’inflation a été jugulée au début des années 1980 aux Etats-Unis. Plus d’une génération a passé mais l’inconscient collectif des investisseurs continue à craindre ce mal, estimant en revanche que la déflation n’est qu’un faux problème, les banques centrales pouvant toujours la maîtriser en imprimant de la monnaie sans limites. Mais les risques considérables que cette fausse certitude va finir par occasionner se confirment tous les jours.

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«Des pillages de Brétigny à la faillite de la France !»

par Charles Sannat

Avertissement politiquement incorrect et contrarien : je me fiche de savoir quelle est la composition socio-ethnico-culturelo-CSP-religieuso-originelle de ce que l’on nomme pudiquement dans notre pays en novlangue « les bandes de jeunes ». Je n’ai qu’un seul point de vue sur la question. Un voyou est un voyou. Un brigand est un brigand. Ils doivent être traités comme tels. Rien de plus et rien de moins.

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Étant tombé vendredi sur un excellent article consacré à la future crise de la dette de la France, notre pays ayant perdu son dernier triple A je voulais revenir sur ce sujet qui nous intéresse forcément et à plusieurs titres. Comme parents pour le futur de nos enfants ou petits-enfants, comme contribuables, comme retraités, ou encore comme épargnants.

Avant de revenir sur ce thème, et actualité oblige, je souhaitais faire un petit arrêt sur l’histoire de Brétigny et du déraillement du train Paris-Limoges. Quel est le rapport avec l’économie ? Vous allez très vite le voir et il est très important d’en parler, d’en être conscient, et de s’y préparer…

Scène de pillage à Brétigny

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Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

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Souveraineté monétaire : Les grandes puissances à armes inégales

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Contrairement à l’Union européenne.

C’est l’histoire de l’amateur de vin qui demande à un ami de l’enfermer pour l’empêcher de boire à l’excès. Mais, lorsque l’épicurien trop généreux avec lui-même se sent à nouveau capable de tempérance, l’ami refuse de lui rendre sa liberté. Le buveur, c’est l’Europe, et le copain qui décide à sa place de ce qui est bien ou pas, c’est la BCE.

Le parallèle est osé, mais il fonctionne en ce qui concerne la souveraineté politique européenne en matière de création monétaire : les Etats de la communauté ont bel et bien confié leur “planche à billets” à un acteur non politique, la BCE qui, d’un côté, ne dispose pas de la faculté de financer directement le budget des Etats membres et, de l’autre, délègue la création monétaire au bon vouloir du système bancaire privé.

C’est une différence fondamentale avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon qui, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Evidemment, ce n’est pas une pratique anodine : il y a, en jeu, le risque inflationniste si l’injection de monnaie supplémentaire ne crée pas de richesses dans les mêmes proportions, et des conséquences sur les équilibres de change. Cela explique que, grâce au statut du dollar tout-puissant, les Etats-Unis puissent en user beaucoup plus facilement que d’autres.

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