Quand un éditorialiste demande la suppression du défilé militaire du 14 juillet avec de mauvais arguments…

La modestie n’est pas la qualité la plus souvent partagée. Surtout chez ceux qui ont des avis sur tout comme s’ils avaient la science infuse… Ainsi, comme souvent  à l’approche du 14 Juillet, il se trouve quelques voix pour remettre en cause le défilé militaire sur les Champs-Elysées et balancer (il n’y a pas d’autre mots) des idées reçues sur la politique de défense. Il n’y aurait pas de mal à cela si de tels propos tenus étaient le fruit d’une réflexion, basée sur des faits et des réalités. Et cela ne serait pas si important s’il n’y avait de grands médias pour les relayer (étonnant qu’aucun d’entre eux n’ait eu encore l’idée de placer un micro dans un bistro…).

Les déclarations d’Hervé Gattegno, sur les ondes de RMC/BFM TV, le 11 juillet, entrent dans cette catégories. Pour son dernier « coup de gueule » avant les vacances (c’est dire si elles seront les bienvenues), le rédacteur en chef de la cellule investigation au Point, n’a pas été très inspiré, au point que ces propos sont teintés de démagogie.

Qu’a-t-il dit ? Selon lui, il faut « supprimer le défilé militaire du 14 Juillet » car c’est une « une idée qui irait dans le sens d’une meilleure défense de la patrie puisque notre bataille principale, elle se mène sur le front des déficits publics et de la dette extérieure ». Or, « à côté de cette menace-là, la parade annuelle de nos armées est inutile et anachronique – il n’y a plus que les dictatures qui le font. C’est un déplacement de force déplacé. Et une démonstration de force gratuite qui est plutôt coûteuse (en argent, en temps et en carburant – sans parler de l’empreinte carbone). Donc on pourrait s’en dispenser sans transformer la fête nationale en défaite nationale ».

Lire la suite

Georges Berthu : « La fin de l’euro est inéluctable »

La monnaie unique, la majorité n’en voulait pas. Et de grandes voix autorisées comme celles de Maurice Allais ou Robert Mundell (tous deux Prix Nobel d’économie) prévenaient qu’une monnaie multinationale ne serait pas viable. L’euro a néanmoins réussi à démarrer grâce à l’alliance contre-nature des deux grands ennemis des frontières nationales : les eurocrates fédéralistes et la finance mondiale qui s’enrichit en jouant sur les différences de conditions salariales. L’échec de l’euro, prévisible, est aujourd’hui cuisant et ce sont peuples qui paient et paieront.

Le constat de Georges Berthu, ancien député européen, et auteur de nombreux ouvrages visionnaires sur le sujet, est sans concession :

« La fin de l’euro est inéluctable » et ce en raison des « caractères fondamentaux de cet étrange système européen : l’ouverture des frontières aux échanges inéquitables et aux flux humains déracinés, joue le rôle d’un choc asymétrique qui fait diverger les États les uns des autres ; la divergence s’inscrit sur l’appauvrissement des populations, les déficits publics et les endettements qui ne sont pas maîtrisables. »

L’auteur de « A chaque peuple sa monnaie » (1998) propose que l’Europe sorte du piège « diabolique » euro + libre-échangisme, que les gouvernements resserrent leurs dépenses publiques, révisent leurs politiques publiques, reprennent en main leurs frontières et renégocient entièrement les accords commerciaux européens. [...]

Dans “A chaque peuple sa monnaie” paru en 1998, vous annonciez l’échec de l’euro, machine à fabriquer du chômage en l’absence de zone monétaire optimale. Comment l’euro a attaqué et continue d’attaquer la compétitivité française ?
Lire la suite

Le piège de la répudiation

De temps à autre, des voix s’élèvent pour proposer la répudiation partielle ou totale de la dette souveraine. Certains invoquent l’impossibilité pour un pays d’augmenter encore la fiscalité – comme s’il s’agissait de la seule façon de réduire les déficits publics. D’autres considèrent illégitime la dette publique elle-même.


La répudiation d’Hagar – Giovanni Battista Tiepolo, 1719.

Peu importent ces positions in fine car  une répudiation de la dette n’est pas une mince affaire, ni pour la population ni pour les créanciers d’un pays. Ces deux groupes de personnes sont d’ailleurs souvent difficiles à distinguer l’un de l’autre.

Ayant déjà traité des conséquences des défauts sur la réputation d’un pays sur les marchés financiers, je me concentrerai ici sur les effets qu’aurait une répudiation de la dette française sur le public concerné. Ma position n’est pas de me faire l’avocat du paiement de la dette. Il est plutôt question de montrer que loin de nuire uniquement aux banques et aux riches, une répudiation de la dette affectera aussi la classe moyenne – plus spécifiquement les épargnants français et étrangers.

La dette publique est avant tout le symptôme d’un déséquilibre  structurel des comptes publics. A un moment donné, les déficits publics se sont enchaînés et les intérêts accumulés ont renforcé l’accumulation de la dette. En France, ce tournant a été atteint au début des années 1980[1] lorsque les timides réformes de libéralisation de l’économie, initiées à la fin des années 1970, ont été arrêtées. Depuis 1981, l’État français n’a plus jamais cessé d’accroître ses largesses, en particulier sociales à tel point que les dépenses sociales sont aujourd’hui le principal poste des dépenses publiques.

Lire la suite

Une crise qui nous vient de si loin…..

On a souvent tendance à penser que l’actuelle grande crise remonte à l’été 2007, avec le début de l’effondrement du marché des crédits hypothécaires américains. Et ce dernier viendrait – est-il souvent assuré- mettre un terme à trente années d’une formidable croissance mondiale qui aurait arraché de la misère plus d’un milliard d’individus. Cette façon de voir les choses n’est sans doute pas inexacte, mais ne permet pas de repérer la dynamique du long terme qui seule nous amène à nous situer clairement  dans le présent.

Nous chercherons ici à expliquer, que la présente situation est le résultat de la déformation progressive d’un régime de croissance, qui a abouti à une dislocation planétaire, laquelle s’évalue en termes de soldes extérieurs nationaux de plus en plus déséquilibrés, et probablement non durables, car socialement beaucoup trop douloureux. Ce régime de croissance s’appelle régime Fordien ou régime d’accumulation intensive, et les toutes premières manifestations de son dérèglement remontent au beau milieu des années 60, et ce dans la plupart des pays développés.

La cohérence Fordienne, version particulière d’un « ordre organisé »

Lire la suite

Le chômage, première préoccupation des Français

Le chômage est la première priorité des Français selon un sondage Harris Interactive pour RTL publié dimanche 2 janvier (*).

81% d’entre eux estiment ainsi que ce dossier devrait être traité prioritairement, devant le système social (73%) et le pouvoir d’achat (68%), et loin devant l’insécurité (49%) qui n’arrive qu’en 7e position.

Lire la suite

La guerre des monnaies, dernière étape de la crise

La crise n’est pas finie – 2007-2010: voici trois ans que notre économie est en crise. Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes étudie la période récente et nous livre son diagnostic: pour en sortir, il va falloir régler des problèmes structurels graves.

Les débats économiques sont parfois simplistes et décalés par rapport à la réalité. C’est ainsi que nous avons passé les six derniers mois à écouter des débats stériles pour savoir si nous étions confrontés à une reprise franche, à une reprise molle, ou à une rechute (le fameux «double-dip»). Les analystes, en début d’année, regardaient avec optimisme la forte croissance aux États-Unis et les signes d’accélération de l’Allemagne, et évoquaient le risque d’inflation; aujourd’hui ils se concentrent sur le freinage de la croissance américaine et le risque de déflation. Ceci illustre la confusion qui est faite entre un cycle économique normal et la crise que nous vivons, c’est-à-dire un certain nombre de dérèglements fondamentaux de l’économie mondiale.

L’économie est toujours déréglée

En réalité, un certain nombre d’évolutions sont du domaine du prévisible. La crise est loin d’être finie, comme le montrent l’insolvabilité croissante des ménages aux États-Unis ou en Espagne, la taille des déficits publics, le niveau du chômage, etc., et ceci implique que le scénario le plus probable est celui d’une croissance molle et durable dans les pays de l’OCDE.

Lire la suite

La Grèce fera faillite quoiqu’il arrive…

Le Premier ministre grec George Papandréou a exclu dimanche toute nouvelle réduction de la dépense publique ou hausse d’impôts “quoi qu’il arrive», alors que les Grecs sont appelés aux urnes pour les municipales dans deux semaines.

Selon les derniers sondages, les socialistes, dont la popularité a été entamée par les mesures d’austérité décidées cette année, ont peu de chances de remporter les deux principales villes — Athènes et Salonique — aux municipales du 7 novembre.

Quoi qu’il arrive, il n’y aura pas de charge supplémentaire pour les salariés et les retraités, et pas de hausses d’impôts au-delà de ce à quoi nous nous sommes engagés. Tout le monde, en Grèce comme ailleurs, doit comprendre que les sacrifices faits par le peuple grec sont sans précédent.”

L’issue du scrutin est incertaine dans de nombreuses régions, du fait d’une réorganisation administrative controversée destinée à faire des économies et entraînant la fusion des municipalités et des préfectures. La semaine dernière, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a estimé qu’Athènes pourrait devoir recourir à des mesures d’austérité supplémentaires pour tenir ses objectifs de déficit en 2011, alors que se profile une révision à la hausse des chiffres du déficit public du pays.

Lire la suite

Manifeste d’économistes atterrés

Crise et dette en Europe : 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l’impasse.

La reprise économique mondiale, permise par une injection colossale de dépenses publiques dans le circuit économique (des États-Unis à la Chine), est fragile mais réelle. Un seul continent reste en retrait, l’Europe. Retrouver le chemin de la croissance n’est plus sa priorité politique. Elle s’est engagée dans une autre voie : celle de la lutte contre les déficits publics.

Dans l’Union Européenne, ces déficits sont certes élevés – 7% en moyenne en 2010 – mais bien moins que les 11% affichés par les États-Unis . Alors que des États nord-américains au poids économique plus important que la Grèce, la Californie par exemple, sont en quasi-faillite, les marchés financiers ont décidé de spéculer sur les dettes souveraines de pays européens, tout particulièrement ceux du Sud.

L’Europe est de fait prise dans son propre piège institutionnel : les États doivent emprunter auprès d’institutions financières privées qui obtiennent, elles, des liquidités à bas prix de la Banque Centrale Européenne. Les marchés ont donc la clé du financement des États. Dans ce cadre, l’absence de solidarité européenne suscite la spéculation, d’autant que les agences de notation jouent à accentuer la défiance.

Il a fallu la dégradation, le 15 juin, de la note de la Grèce par l’agence Moody’s, pour que les dirigeants européens retrouvent le terme d’ « irrationalité » qu’ils avaient tant employé au début de la crise des subprimes. De même, on découvre maintenant que l’Espagne est bien plus menacée par la fragilité de son modèle de croissance et de son système bancaire que par son endettement public.

Pour « rassurer les marchés », un Fonds de stabilisation de l’euro a été improvisé, et des plans drastiques et bien souvent aveugles de réduction des dépenses publiques ont été lancés à travers l’Europe. Les fonctionnaires sont les premiers touchés, y compris en France, où la hausse des cotisations retraites sera une baisse déguisée de leur salaire. Le nombre de fonctionnaires diminue partout, menaçant les services publics. Les prestations sociales, des Pays-Bas au Portugal en passant par la France avec l’actuelle réforme des retraites, sont en voie d’être gravement amputées. Le chômage et la précarité de l’emploi se développeront nécessairement dans les années à venir. Ces mesures sont irresponsables d’un point de vue politique et social, et même au strict plan économique.

Lire la suite

La crise des années 2010, en dix épisodes

Par Olivier Demeulenaere

Une nouvelle décennie vient de s’ouvrir, avec son lot d’incertitudes et de menaces. J’en ai retenu dix, un choix évidemment subjectif et restrictif, tant nous nous avançons aujourd’hui en terre inconnue.

La « crise des années 2010″ (Jean-Claude Werrebrouck) nous frappe déjà de plein fouet, mais bien malin qui pourrait dire ce que l’avenir nous réserve. Ce qui suit est donc une fiction, un simple exercice d’anticipation. Chacun des épisodes successifs évoqués ci-dessous n’est qu’une projection poussée à l’extrême. La probabilité que l’ensemble du scénario se réalise dépend d’une multitude de paramètres et d’un enchaînement – ou emballement – des faits a priori peu vraisemblable. Comme dit le vieil adage, le pire n’est jamais sûr. Ce qui ne dispense pas de s’y préparer. Lire la suite

“Comment la Presse-Pravda prend des vessies pour des lanternes”

Une tribune libre de Patrick Reymond

Il y a une définition de base en économie, c’est celle du patrimoine : l’ensemble des biens et créances possédés, diminués des dettes. Jusque-là, tout va bien, mais il faut affiner le réglage.

En effet, un bien possédé n’a de valeur qu’au moment de sa réalisation, une créance a toujours un caractère incertain.

Y compris la monnaie, dans certains cas extrêmes.

Par contre, la dette a une autre caractéristique : elle est certaine.

Une monnaie peut perdre une bonne partie de sa valeur en un clin d’oeil, si la dette est libellée dans une autre monnaie qui, elle, se maintient et augmente : on a alors un effet de ciseau, provoquant l’insolvabilité.

C’était pour parler d’un article bien comme il faut et propre sur lui, paru dans Le Figaro : “Le patrimoine des français augmente [accrochez-vous] de 0,6 % à 10.200 milliards d’euros”.

Il est composé aux 2/3 d’immobilier, soit 6.800 milliards.

En réalité, cette valeur est largement fictive et d’un renouvellement très lent.

Elle est fictive, car même en période de bulle immobilière, on n’a pas atteint les 900.000 ventes en France, pour 30 millions de logements. On atteindra sans doute à peine les 600.000 cette année et moins encore l’année prochaine.

Le taux de rotation des biens, avec le recul des transactions, est passé de 35 à 50 ans.

Le reste, 3.400 milliards d’euros, ce sont des placements financiers, en grande partie en assurance-vie.

Les épargnants ont mis au pot, cette année, 70 milliards dans l’immobilier et 120 dans les placements financiers, et c’est là que le “hic” apparaît.

61 milliards de progression seulement (+0,6 % pour arriver à 10.200 milliards) pour 190 milliards d’épargne. Il existe un hiatus.

En outre, l’élément “passif” – les dettes -, augmente, lui, de 3 %.

La conclusion est simple : les dettes augmentent plus vite que le patrimoine, et celui-ci augmente moins que l’épargne. On a donc une situation de bilan pourri.

Lire la suite

« La France n’a plus de raison d’être notée AAA »

L’économiste Christian Saint-Etienne, membre du Conseil d’analyse économique, tire le signal d’alarme. Selon lui, la notation de la France pourrait être abaissée à terme de deux à trois crans. Il évalue à 40% la probabilité qu’une agence de notation mette la dette publique française sous surveillance d’ici 3 mois .

Mettre fin au déclin de l’Europe prendra une génération

Pour comprendre que la prospérité ne viendra pas des plans de relance de l’État mais des entrepreneurs et de leur prise de risque, cela prendra une génération

L’Union européenne dit sauver la Grèce, ou plutôt l’État grec, mais chacun comprend qu’elle sauve ses propres banques. Un mensonge de plus qui renforce la perte de confiance envers les autorités. L’Europe poursuivra son déclin si elle ne change pas complètement d’état d’esprit. «Aujourd’hui, si l’on réinventait l’automobile, elle serait interdite par les autorités parce que quelqu’un montrerait que la voiture peut tuer,» déclarait récemment Jürgen Hambrecht, président du conseil d’administration de BASF, lors de l’ISC Symposium de Saint-Gall. La prise de risque semble interdite en Europe. Pourtant la prospérité ne viendra pas des plans de relance d’États tous plus ou moins gravement endettés ni d’une politique monétaire créatrice de fausses incitations. Mieux vaut replacer l’entrepreneur dans le rôle de pilote, même si cela prendra une génération.

L’OCDE vient en effet de publier une étude fort intéressante * sur les impôts sur les salaires. Ceux-ci englobent les charges patronales et salariales de sécurité sociale et ce que l’on nomme le coin fiscal (tax wedge), c’est-à-dire l’écart entre le coût total de la main-d’œuvre pour l’employeur et ce que le salarié reçoit.

Pourquoi un entrepreneur aurait-il intérêt à investir en Europe si la moitié du coût du travail part en cotisations sociales?

Le pire coin fiscal se trouve en Belgique (55,2%), Hongrie (53,4%), Allemagne (49,2%) et France (49,2%).
La Grèce n’est pas loin (41,5%). Les bons élèves, ceux qui tentent d’attirer l’initiative privée, sont la Nouvelle-Zélande (0,6%), l’Islande (8,6%), le Luxembourg (11,2%), l’Irlande (11,7%).

Lire la suite

L’économie française au bord de la récession

Avec 0,1% de croissance seulement au premier trimestre, l’économie française va mal. Tout comme celle de l’Europe. Et la situation risque d’empirer avec la rigueur généralisée…

Comme on pouvait s’y attendre les nouvelles ne sont pas bonnes sur le front de l’activité économique au premier trimestre 2010 avec seulement 0,1% de croissance (0,4% en rythme annuel). S’engager dans ce contexte dans une politique d’austérité, risque de faire retomber l’économie française (et européenne) dans la récession. Aggravant du coup au final les déficits publics au lieu de les réduire…

Selon les premiers résultats communiqués par l’Insee, le PIB a quasiment stagné au premier trimestre 2010 avec une hausse du PIB de 0,1% seulement contre 0,5% au dernier trimestre 2009.
Facteur particulièrement inquiétant, la demande intérieure a reculé de 0,1%, alors que c’est elle qui jusque-là tirait la reprise. La consommation des ménages a stagné, en effet, tandis que les investissements, tant des ménages que des entreprises ont continué de baisser de façon sensible. Il faut dire que le pouvoir d’achat des ménages a commencé à reculer fin 2009, tandis que la rentabilité des entreprises continue de se dégrader…
A noter en particulier un recul très violent, (-1,2% sur un seul trimestre, -4,8% en rythme annuel) des investissements publics.

Lire la suite

L’interventionnisme des Etats dans l’économie : éclairage sur les aides d’Etat et impact sur les monnaies

Interview audio (avril 2010) de Pascal Roussel, analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement, qui s’exprime ici en son nom propre.

  • Certaines grandes personnalités des milieux économiques se montrent à nouveau optimistes quant à l’évolution de l’économie mondiale. Comment peut-on lire cette indication ?
  • De même, l’évolution des économies nationales a de facto un impact sur les équilibres monétaires. Comment ceux-ci évolueront-ils durant la crise ?

Cliquez sur le lien pour accéder à l’interview audio :

Les Editions Romaines

Les pays d’Europe vont emprunter des sommes record en 2010

Les gouvernements d’Europe occidentale devront emprunter cette année sur les marchés quelque 2.200 milliards d’euros, soit un nouveau record, pour financer leurs déficits publics qui ont explosé avec la crise, affirme l’agence de notation Fitch dans un rapport publié mardi.

Ce montant représente 19% du produit intérieur brut (PIB) cumulé des États concernés (les 15 membres de l’Union européenne d’avant l’élargissement à l’Est, ainsi que la Suisse). En volume, c’est la France qui aura le plus recours à la dette en 2010 (454 milliards d’euros), suivie de l’Italie (393 milliards), de l’Allemagne (386 milliards) et du Royaume Uni (279 milliards).

Si l’on rapporte la dette à la richesse nationale, les plus gros emprunteurs seront l’Italie, la Belgique, la France et l’Irlande (autour de 25% du PIB).

L’augmentation par rapport à 2009 est “marginale,” mais le montant emprunté par ces pays l’an dernier (2.120 milliards, soit 17% du PIB) était déjà “le plus important constaté depuis des décennies.

Selon Fitch, “2010 devrait être caractérisé par une plus grande volatilité sur les marchés européens des obligations d’État,” après une année 2009 “favorable” grâce à des taux d’intérêt bas et une demande accrue de la part du secteur privé.

Cette année, “les taux des obligations d’État pourraient croître, potentiellement assez fortement,” prévient l’agence de notation. Or, “plusieurs pays européens ont considérablement augmenté leur stock de dette à court terme en 2009,” ajoute-t-elle, évoquant son “inquiétude” au sujet de cette exposition accrue aux éventuelles variations de taux d’intérêt.

Les déficits publics de la plupart des pays ont explosé avec la crise, qui a asséché les recettes fiscales des Selon Fitch, “2010 devrait être caractérisé par une plus grande volatilité sur les marchés européens des obligations d’État,” après une année 2009 “favorable” grâce à des taux d’intérêt bas et une demande accrue de la part du secteur privé.

Boursorama

Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite

Les bilans des banques explosent et inquiètent

C’est un paradoxe, mais la crise financière a eu pour conséquence de faire grossir le poids des banques européennes dans l’économie… de quoi inquiéter certains experts.

Certaines grandes banques européennes se retrouvent, après la crise, plus grosses et plus importantes sur le plan économique, qu’avant. Cette situation est aujourd’hui considérée par certains experts comme une source de risques pour les prochaines années.

Sur 353 banques, BNP Paribas, Barclays et Banco Santander ont vu la taille de leur bilan augmenter par rapport au début de 2007, selon les informations compilées par l’agence Bloomberg. 15 d’entre elles sont aujourd’hui plus grosses que leur économie domestique, alors qu’elles n’étaient que 10 dans ce cas 3 ans plus tôt.

La croissance des établissements de crédit européens a en outre été plus rapide qu’aux Etats-Unis, selon les informations de Bloomberg. Pour David Lascelles, du centre d’étude sur l’innovation financière, basé à Londres et cité par l’agence, “nous plantons les graines de la prochaine crise”.

Avec le rachat de Fortis, BNP Paribas est aujourd’hui la plus grosse banque au monde par la taille de son bilan, qui a augmenté de 59% à 2.290 milliards d’euros depuis le début de 2007 et représente aujourd’hui 117% du PIB de la France. Le bilan de Barclays atteint 1.550 milliards de livres sterling (108% du PIB du Royaume-Uni). Santander, avec 1.080 milliards d’euros d’actifs, a quasiment le même poids que l’économie espagnole. Lire la suite

(10.11.2009)

► USA : Fannie Mae a perdu 18,9 milliards de dollars au 3ème trimestre

Fannie Mae, premier organisme de refinancement immobilier aux États-Unis, a fait état jeudi d’une perte de 18,9 milliards de dollars alors que perdurent les mauvaises créances liées à la crise immobilière, ce qui l’a contraint à nouveau faire appel au Trésor. La perte nette de Fannie Mae se montait à 15,2 milliards au deuxième trimestre. La Federal Housing Finance Agency, le régulateur de Fannie Mae, a demandé 15 milliards au Trésor, ce qui portera le soutien total de la puissance publique à 60,9 milliards de dollars. Reuters

► USA : Freddie Mac a perdu 5 milliards de dollars au 3ème trimestre

Freddie Mac, numéro deux américain de refinancement de crédits immobiliers, a fait état vendredi d’une perte de cinq milliards de dollars au troisième trimestre, tout en disant qu’il aurait besoin d’aides publiques supplémentaires dans un contexte de “détérioration prolongée” du marché immobilier. Reuters

► Canada : situation économique catastrophique

ll existe une bulle immobilière très importante dans les grandes villes, favorisée par la politique du crédit et la titrisation des prêts hypothécaires. Les exportations vers les USA, principal partenaire commercial du pays, sont en baisse de près de 50%. Le total des déficits des gouvernements fédéral et provinciaux explose et va dépasser les 100 milliards de dollars canadiens pour la seule année 2009. Et la situation empire. America Canada

► Grande-Bretagne : nouveau record du nombre de faillites personnelles au 3ème trimestre

Plus de personnes que jamais auparavant ont été déclarées en faillite en Angleterre et au Pays de Galles au cours du troisième trimestre. Les chiffres publiés par le Service de l’insolvabilité vendredi révèlent qu’il y a eu 35.242 faillites personnelles sur trois mois à la fin septembre, en hausse de 28% par rapport à la même période de 2008, et de 6% par rapport au trimestre précédent. The Independent

La bulle financière inquiète Nouriel Roubini

Elle n’en finit pas de susciter des interrogations chez les économistes et dans la Presse. Après Le Monde, c’est L’Expansion qui évoque le spectre de cette fameuse bulle et cite, cette fois, l’augure américain Nouriel Roubini.

Deux ans après l’effondrement des subprimes, de nouvelles “bulles” financières se forment à nouveau. Avec un mot magique : “carry trade”. Dollar faible et liquidités abondantes facilitent en effet cette lucrative opération spéculative. Décryptage.

Depuis quelques mois, tout monte ! Aussi bien les marchés boursiers asiatiques, que les marchés obligataires et les matières premières. Le dollar australien a pris 35% par rapport au billet vert depuis janvier. Les places financières de Brésil et de Hong Kong ont respectivement flambé de 72 et 51%. Et de l’aveu même des autorités de Pékin, le secteur immobilier chinois connaît lui un début de surchauffe.

A l’image de Nouriel Roubini, aka Docteur Catastrophe, certains experts n’hésitent pas à qualifier le phénomène de bulle. Explications. Lire la suite

Le traité de Lisbonne fauteur de crise

Nous y sommes. Après la signature du Président tchèque Vaclav Klaus le 3 novembre 2009, le traité de Lisbonne entrera en vigueur le 1er décembre prochain, mettant un terme à dix ans de démêlés institutionnels, à contre-courant de la plupart des opinions publiques européennes.

Pourquoi ne pas l’avouer ? Nous avons cherché longuement une analyse économique un peu détaillée des conséquences de ce traité, et ne l’avons trouvée que dans… un article de L’Humanité, vieux d’un an. La qualité de ce texte justifie néanmoins que nous le reprenions.

Les dirigeants européens ont rivalisé de sévérité, ces dernières semaines, pour fustiger les « dérives du capitalisme financier » et « l’idée folle » de la liberté totale du marché. En pleine crise, ces postures peinent à faire oublier l’activisme de l’Union européenne en faveur de la dérégulation, de la déréglementation et d’une politique économique et monétaire tout entière tournée vers le soutien aux marchés financiers, au détriment de l’emploi, de la croissance, du développement humain.

Cette politique ultralibérale, au fondement de la crise actuelle, comme de celles qui l’ont précédée, fut inspirée, dans le sillage des années Reagan aux États-Unis, par les cercles prêchant la « modernisation » de la finance, le soutien à « l’innovation » et à la prise de risques dans ce secteur, la libre circulation des capitaux, l’ouverture des marchés et la confiance dans les vertus « autorégulatrices » de ces derniers. Un catéchisme popularisé, entre autres, par le fameux groupe des Trente rassemblant financiers privés et banquiers centraux parmi lesquels Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne.

Ces dogmes sont inscrits au coeur même des traités européens, et singulièrement du traité de Lisbonne que Nicolas Sarkozy et ses homologues européens espèrent toujours faire adopter en dépit de l’échec manifeste des politiques économiques et monétaires qu’il codifie. Retour sur un traité au service du capitalisme financier.

La libre circulation des capitaux sanctifiée Lire la suite