Les pays qui préoccupent les investisseurs

A plus ou moins brève échéance, ces pays pourraient se retrouver en défaut de paiement. Tour d’horizon.

Les pays proches du défaut

Le Venezuela se retrouve complètement asphyxié. Entre la baisse du prix du pétrole qui représente la principale source de devises étrangères du pays, et le fait qu’il doit importer la quasi-intégralité de ses besoins en produits manufacturés, les réserves de changes ont fondu.

Elles ont atteint en juin 16,3 milliards de dollars, leur plus bas niveau en douze ans. La crainte est donc importante que le Venezuela manque de cash pour faire face à sa prochaine échéance de dette. D’autant qu’il ne peut faire appel aux marchés de dette, sauf à un prix exorbitant, ni au FMI qu’il a quitté en 2007.
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Les détenteurs de bons municipaux inquiets après la faillite de Détroit

La faillite retentissante de la ville de Détroit a assombri les perspectives du marché des obligations municipales aux Etats-Unis, faisant craindre aux créanciers de perdre un investissement, traditionnellement considéré comme sûr.

Les détenteurs de bons municipaux attendaient avec nervosité la décision du juge fédéral de placer ou non la ville sous la protection du chapitre 9 de la loi sur les faillites, ce qui permettrait à Détroit de suspendre le remboursement de ses dettes.

Le pays n’a pas été totalement surpris par la chute de Détroit, la plus grande faillite municipale de l’histoire américaine, après plusieurs décennies de déclin des finances de ce qui était autrefois la capitale de l’automobile.

Mais en demandant à un tribunal fédéral de superviser désormais le poumon de l’économie de l’Etat du Michigan, l’expert en charge de gérer la crise, Kevin Orr, a donné au juge le pouvoir de négocier une réduction de la dette et des engagements de la ville évalués à plus de 18,5 milliards de dollars.

La plus grande faillite municipale de l’histoire américaine

Faisons-nous face à une nouvelle ère dans le domaine des finances municipales ? Les dettes de beaucoup de municipalités sont suffisamment importantes pour justifier une faillite. Tout dépend du montant de la dette qui peut être effacé“, estime Robert Brusca, de FAO Economics.

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Détroit, ex-joyau de l’industrie américaine, se déclare en faillite

Un temps cité prospère, Détroit a perdu la moitié de sa population en 60 ans et les grands groupes ont progressivement abandonné la ville.

Étendard de l’automobile triomphante au début du XXe siècle, Détroit est devenue jeudi la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite, dernier acte en date de la lente agonie de “Motor City”. “Je prends cette décision difficile afin que les habitants de Détroit aient accès aux services publics les plus élémentaires et pour que Détroit reparte sur de solides bases financières qui lui permettront de croître à l’avenir”, a expliqué Rick Snyder, le gouverneur de l’État du Michigan, dans un communiqué.

La mise en faillite est l’unique solution qui permettra à Détroit de redevenir stable et viable“, avait-il au préalable écrit dans une lettre qui accompagnait l’acte déposé au tribunal.

La dette accumulée par Détroit est vertigineuse : 18,5 milliards de dollars.

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États-Unis : Detroit fait défaut sur une partie de sa dette

La ville de Detroit, au nord des États-Unis, a été contrainte vendredi de faire défaut sur une partie de sa colossale dette de 18,5 milliards de dollars en raison de ses grandes difficultés financières.

En mal de liquidités, la municipalité a décidé d’imposer un moratoire sur des paiements qui étaient dus vendredi et a proposé un plan de restructuration de sa dette à certains créanciers qui devraient se prononcer dans les 30 jours.

Le plan prévoit d’isoler 7 milliards de paiements dus par la ville, notamment à des fonds de retraites, qui ne seraient plus entièrement garantis. En cas de rejet de la restructuration, la ville pourrait connaître la plus grande faillite de l’histoire des États-Unis.

C’est du «50/50», a évalué Kevyn Orr, un expert nommé par le gouverneur de l’État du Michigan pour gérer les problèmes de la ville, ancien berceau américain de l’automobile.

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Vive la banqueroute ! – Entretien avec Frédéric Lordon

Les éditions Fakir publient un livre collectif « Vive la banqueroute ! ». En dix brefs récits, cet ouvrage raconte comment nos grands hommes (Sully, Colbert, Talleyrand, Poincaré, etc.) furent plus radicaux dans leurs actes que ne le sont aujourd’hui ATTAC ou Jean-Luc Mélenchon dans leurs discours. Suivi de « L’irréalisme, c’est eux ! », entretien avec l’économiste Frédéric Lordon.

Merkel : “La Grèce doit quitter la zone euro maintenant !”

Dans un article paru dans le quotidien allemand Die Welt datant du 28 mars dernier, la chancelière a fait part de sa lassitude vis à vis de la situation grecque ; exprimant son désir que la Grèce fasse enfin défaut et quitte la zone euro craignant que la situation de ce pays n’occasionne “des dommages plus importants“.

Elle a par ailleurs comparé la situation de la Grèce actuelle à celle de la fin de la République Démocratique d’Allemagne.

“Le sauvetage de la Grèce a échoué. La situation actuelle de ce pays ressemble à la fin de la RDA. Athènes doit quitter la zone euro avant que des dommages plus importants ne surviennent !”

Les sorties de l’euro coûteraient 2.900 milliards à la France

La France aurait à supporter le coût le plus important si la Grèce venait à sortir de la zone euro, et à entraîner dans sa chute le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Une étude menée pour la fondation Bertelsmann tire la sonnette d’alarme en avançant des coûts faramineux.

Encore un scénario catastrophe qui donne des sueurs froides. Celui-ci provient d’une étude produite par Prognos AG, un cabinet d’études économiques allemand pour la fondation Bertelsmann. Ses auteurs affirment que, si la Grèce devait abandonner l’euro et si elle était suivie dans ce mouvement par les trois autres pays de l’union monétaire dont la situation budgétaire est la plus préoccupante -le Portugal, l’Espagne et l’Italie-, ce serait la France qui paierait le prix le plus fort. En valeur absolue, elle perdrait 2.900 milliards d’euros de produit intérieur brut. Soit plus que les Etats-Unis qui perdraient 2.845 milliards d’euros et que la Chine (-1.922 milliards d’euros), d’après des calculs réalisés par la fondation allemande Bertelsmann.

Quatre scénarios

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Le piège de la répudiation

De temps à autre, des voix s’élèvent pour proposer la répudiation partielle ou totale de la dette souveraine. Certains invoquent l’impossibilité pour un pays d’augmenter encore la fiscalité – comme s’il s’agissait de la seule façon de réduire les déficits publics. D’autres considèrent illégitime la dette publique elle-même.


La répudiation d’Hagar – Giovanni Battista Tiepolo, 1719.

Peu importent ces positions in fine car  une répudiation de la dette n’est pas une mince affaire, ni pour la population ni pour les créanciers d’un pays. Ces deux groupes de personnes sont d’ailleurs souvent difficiles à distinguer l’un de l’autre.

Ayant déjà traité des conséquences des défauts sur la réputation d’un pays sur les marchés financiers, je me concentrerai ici sur les effets qu’aurait une répudiation de la dette française sur le public concerné. Ma position n’est pas de me faire l’avocat du paiement de la dette. Il est plutôt question de montrer que loin de nuire uniquement aux banques et aux riches, une répudiation de la dette affectera aussi la classe moyenne – plus spécifiquement les épargnants français et étrangers.

La dette publique est avant tout le symptôme d’un déséquilibre  structurel des comptes publics. A un moment donné, les déficits publics se sont enchaînés et les intérêts accumulés ont renforcé l’accumulation de la dette. En France, ce tournant a été atteint au début des années 1980[1] lorsque les timides réformes de libéralisation de l’économie, initiées à la fin des années 1970, ont été arrêtées. Depuis 1981, l’État français n’a plus jamais cessé d’accroître ses largesses, en particulier sociales à tel point que les dépenses sociales sont aujourd’hui le principal poste des dépenses publiques.

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Saisies immobilières et SDF aux USA

La descente aux enfers des USA se poursuit. Le 29 décembre 2010, l’Office of the Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques aux USA, a publié son rapport sur la situation des crédits immobiliers au troisième trimestre 2010.

Ce rapport concerne 33,3 millions de prêts immobiliers (non commerciaux) totalisant 5.907 milliards de dollars. Il nous éclaire en particulier sur les saisies immobilières et, contrairement à ce que l’on martèle quotidiennement, la situation économique s’aggrave de jour en jour, dans une Amérique qui sombre dans le chaos.

Village de tentes à Sacramento (Californie), en 2009

Les procédures de saisies immobilières ont ainsi progressé de 4,5 % depuis le début de l’année 2010, passant de 1.149.461 à 1.201.622 (page 9/65 du rapport) et les saisies effectives ont explosé, avec 57,5% d’augmentation par rapport à 2009 (page 42/65 et 45/65 du rapport).

Le cap des 13.000 procédures de saisies par jour a été franchi !

Plus grave encore, les catégories les moins risquées de ces prêts (prime) sont sévèrement touchées avec 67,7% d’augmentation par rapport à 2009 (page 45/65).

Heureusement que la crise est terminée !

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Etat-Unis : ne pas relever le plafond de la dette serait «catastrophique»

Un conseiller de Barack Obama a averti dimanche que ne pas relever le plafond de la dette des Etats-Unis serait une «folie» aux conséquences «catastrophiques», telles que le défaut de paiement des obligations américaines, une première dans l’histoire de ce pays.

L'Oncle Sam devant la corne d'abondance de la dette (caricature américaine, 2010)

«Ce n’est pas un jeu. Il ne faut pas s’amuser avec le plafond de la dette», a dit sur la chaîne ABC Austan Goolsbee, qui dirige la commission des conseillers économiques de la Maison Blanche.

Il ne reste plus que 400 milliards de dollars aux Etats-Unis avant d’atteindre le plafond actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars. Mais l’opposition républicaine au Congrès s’oppose à augmenter cette limite, la jugeant déjà suffisamment élevée.

Pour M. Goolsbee, refuser d’augmenter le plafond résulterait «essentiellement à être en défaut de paiement de nos obligations, ce qui est totalement sans précédent dans l’histoire américaine».

«L’impact sur l’économie serait catastrophique. Ce serait une crise économique et financière bien pire que tout ce nous avons vu en 2008», a-t-il ajouté.

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USA : les inégalités sont-elles responsables de la crise ?

La montée des inégalités aux Etats-Unis expliquerait aussi bien la crise de 2007 que celle de 1929, selon une étude publiée par le FMI. Pourtant, rien n’est fait pour inverser la tendance. Explications.

Caricature américaine, 2009. Sur l'affiche : "Les saisies immobilières se poursuivent". Les clochards chantent : "Je serai SDF pour Noël" (jeu de mots sur "Je serai à la maison pour Noël" - "I'll be home for Christmas", chanson traditionnelle de Noël).

Les Etats-Unis sont-ils condamnés à plonger dans une nouvelle crise ? Le compromis fiscal conclu entre Obama et ses adversaires républicains a été approuvé jeudi par le Congrès américain. Il s’agit du dernier avatar de l’échec du gouvernement à résorber des inégalités sociales qui ne cessent de se creuser depuis des décennies. Inégalités qui seraient pourtant à l’origine aussi bien de la crise de 1929 que de celle de 2007.

Les inégalités sont-elles à l’origine des crises ?

C’est la thèse des économistes Michael Kumhof et Romain Rancière. Dans un article publié fin novembre pour le FMI, ils rapprochent la montée des inégalités de celle de l’endettement des ménages. Pour eux, c’est le point commun entre les décennies précédant la crise économique actuelle et celles d’avant la Grande dépression de 1929. Entre 1910 et 1929 comme entre 1989 et 2008, la part des revenus de la fraction de 1% des ménages les plus riches est en effet passée de 15% à 25%.

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Emprunts européens : le grand chassé-croisé

Le regard du responsable des emprunts européens chez BNP Paribas AM.

Supervisant l’investissement obligataire du plus gros fonds institutionnel de la zone euro – 106 milliards d’euros lui sont confiés –, Patrick Barbe décrypte qui sont ces «financiers» auxquels font face les pays européens.

Le Temps : Les responsables européens ont conspué les «spéculations» à l’origine de la crise les affectant depuis un an…

Patrick Barbe : En réalité, la spéculation sur les emprunts des Etats européens – celle des « hedge funds » – est aujour­d’hui limitée. Pour une raison simple : la liquidité sur ces marchés s’est totalement asséchée. Il est cependant vrai que ce sont les flux financiers sur ces obligations – tout autant que l’inquiétude sur la situation financière de chaque pays – qui font maintenant la loi sur les taux d’intérêt de ces Etats. Depuis un an, on a en effet assisté à un véritable basculement de l’équi­libre entre les détenteurs de ces titres.

– Au profit de qui a eu lieu ce mouvement de balancier ?

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La Grèce et l’Irlande doivent faire défaut

Réunis la semaine prochaine à Bruxelles, les responsables européens cesseront-ils de se disputer pour faire face aux vrais enjeux de la crise de la dette ?

En réalité, la Grèce et l’Irlande ont déjà fait défaut. Pas officiellement. Cependant, à écouter les opérateurs financiers, plus personne ne veut prêter un centime à ces deux Etats qui croulent sous les dettes. La situation du Portugal et de l’Espagne n’est guère plus confortable.

Lundi passé, des chiffres publiés par la Banque centrale européenne ont démontré comment elle tient les Etats de la zone euro à bout de bras. Entre le 25 novembre et le 1er décembre, la BCE a acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques ; le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet alors que l’on sortait à peine de la crise grecque. Les opérateurs estiment que l’institution dirigée par Jean-Claude Trichet a nettement accéléré ses achats de dette publique irlandaise et portugaise. Car, en face, les grands investisseurs s’en détournent.

Pimco, le géant américain des obligations, a déjà annoncé avoir vendu la majorité de ses titres grecs, irlandais, portugais et espagnols. JPMorgan, un des poids lourds du marché de la dette gouvernementale européenne, a indiqué que beaucoup de ses clients veulent se débarrasser des titres des Etats «périphériques» de la zone euro.

D’ailleurs, Goldman Sachs a calculé que 17% de la dette cumulée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal se trouvent désormais dans les coffres de la BCE. Au rythme actuel, cette part pourrait monter à 50% sans tarder.

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« La Grèce et l’Irlande ne rembourseront pas la totalité de leur dette »

L’Expansion.com a reçu Jacques Delpla, membre du Conseil d’Analyse Economique, et Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l’Economie, pour débattre de la crise de la dette en Europe. Pour les deux économistes, la restructuration de la dette des pays fragiles de la zone euro est inéluctable.

Pourquoi la zone euro est-elle aujourd’hui dans la tourmente des marchés financiers ?

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Crise systémique : l’heure de vérité approche !

Par Gilles Bonafi

Le 8 novembre 2010 a eu lieu un événement d’une importance capitale, qui a fait deux lignes dans la plupart des grands quotidiens. En effet, lundi 8 novembre, Ambac Financial, l’assureur obligataire américain, s’est inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis.

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Monnaie, recherche désespérement souverain sérieux

Par Jean-Claude Werrebrouck

Les images du bateau, et des passagers clandestins, évoquées dans « l’euro : sursaut ou implosion » se voulaient révélatrices de la réalité de la monnaie unique. Les passagers clandestins étaient les Etats eux-mêmes, et des Etats – puisque passagers clandestins – peu soucieux d’une stratégie de coopération.

Le bateau était lui-même le symbole de la monnaie, et une monnaie sans autre pilote qu’un fonctionnaire indépendant, voire en état d’apesanteur, et surtout dépourvu de gouvernail : la banque centrale est en effet indépendante et son rôle n’est que de maintenir le navire à flot, et ce, sans même lui assigner une direction.

Jadis, le pilote était l’Etat lui-même, et les passagers avaient le statut d’usagers d’un service monétaire largement soumis au caprice du prince. Bref la monnaie avait un maître, et il est vrai, souvent autoritaire, et peu scrupuleux, appelé souverain.

En sorte qu’il était exact que « battre monnaie était un attribut de la souveraineté ». Et souvent avec la violence du souverain : seigneuriage, dilution, assignats, « banqueroute des deux-tiers », inflation, etc. (cf. : « la crise : scénario pour 2010 »)

Le fonctionnement des marchés politiques en Europe, et leur histoire, devait pourtant aboutir à une « grande transformation » à la Polanyi : puisque « l’extériorité » qui tient les hommes ensemble peut devenir le marché, lequel rend faussement et magiquement obsolète l’Etat, alors il est possible d’engendrer une monnaie sans Etat et donc sans souverain : l’Euro était né.

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Dans les quartiers fantômes de l’Irlande ruinée

Addendum vidéo

C’est l’une des faces les plus stupéfiantes de la crise irlandaise : l’île est jonchée de lotissements vides et de bureaux laissés déserts, symboles de la bulle immobilière qui vient d’éclater.

Sur les cartes les plus récentes de Dublin, Clongriffin n’existe pas encore. Construit dans une banlieue cossue du nord de la capitale irlandaise, ce «centre-ville» flambant neuf est pourtant déjà mort. A l’entrée, une palissade noire court le long de main street, la «rue principale», et dissimule un grand terrain vague. Des panneaux promettent depuis 2007 l’ouverture d’un centre commercial, qui ne verra jamais le jour.

Un rapport publié en octobre a recensé plus de 2800 de ces cadavres sur l’île. En tout, ce sont 23.000 maisons ou appartements qui sont terminés, et vides pour la plupart. Quelque 20.000 autres sont jugés «presque achevés» ou «restés au stade de chantier». Autant de cicatrices d’une redoutable crise partie, comme aux États-Unis ou en Espagne, des folies l’immobilier. Si Dublin n’est pas épargné, l’intérieur de l’île (les comtés de Longford et Leitrim, en particulier, dans le nord-ouest) est encore plus touché par ce phénomène.

Au bout de la rue, la place centrale est entourée de bâtiments modernes, de béton et de verre, tous déserts: aucun de ces bureaux n’a trouvé preneur.

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A quel prix un pays peut-il répudier sa dette ?

Par Loïc Abadie (N.B. : comme quoi, encore une fois, ne sont pas publiés que des auteurs partageant toutes les vues de fortune.fdesouche.com…)

La nouvelle poussée en cours de hausse des taux sur les pays les plus fragiles de l’Union Européenne (Grèce, Irlande et Portugal… pour l’instant) nous montre qu’à terme, il devient de plus en plus probable de voir plusieurs Etats européens incapables de faire face au remboursement de leur dette.

Quelles sont les conséquences pratiques du défaut d’un état sur l’économie d’un pays ?

La conséquence immédiate est bien entendu une forte dévaluation de la monnaie du pays touché, associée à une situation d’hyperinflation, et à une perte de confiance générale de la population conduisant à une chute de la consommation et à une récession profonde.

Mais si on va plus loin, on pourra distinguer trois grands cas de figure :

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« Le contexte est épouvantable ! »

Jean-Michel Aphatie commente et analyse l’interview en direct de Nicolas Sarkozy, peu avant qu’elle ait lieu (le 16 novembre 2010).

« C’est l’artificialité de la vie politique Française : on fait comme si ce problème majeur du risque de faillite de la France, n’existait pas ».

(Merci à UltimaThom & à Blueman)

Dette souveraine : vers la création d’un mécanisme européen de défaut maîtrisé

Le think tank Bruegel appuie Berlin et propose de faire endosser aux banques leur part du risque de défaut des membres de la zone euro. Objectif : permettre des restructurations ordonnées des dettes souveraines.

Les déclarations du gouvernement d’Angela Merkel et de la banque centrale allemande, pour que les établissements financiers endossent eux [aussi] leur part du risque de défaut de dette souveraine de tel ou tel pays de la zone euro, se succèdent à un rythme soutenu. Dernières en date, celles de la Chancelière Angela Merkel.

L’avis des autorités d’outre-Rhin est partagé par certains représentants de la BCE et vient de recevoir un soutien de taille, celui du think tank européen Bruegel. Cinq économistes de renom, dont le directeur de l’institut et Professeur de Paris-Dauphine, Jean Pisani-Ferry, et Anne Krueger qui avait théorisé en 2001 le principe d’une restructuration ordonnée des dettes publiques, ont publié mercredi un texte sur le sujet.

Bruegel y dessine les contours d’un mécanisme européen permanent de résolution des crises de la dette souveraine des pays de la zone euro. Le dispositif d’aide se mettrait en branle après le feu vert donné par la Commission européenne à la demande de secours [dé]posée par un Etat. Bruxelles aurait le dernier mot parmi les institutions politiques européennes.

La deuxième étape serait gérée par la Cour européenne de justice, qui réunirait créanciers et débiteurs pour négocier une restructuration ordonnée et concertée de la dette en position de défaut.

Une fois les deux parties parvenues à une entente sur le montant et la décote de la dette, l’Etat en difficulté obtiendrait des fonds conditionnés au respect d’un échéancier de consolidation budgétaire. L’objectif prioritaire d’un tel mécanisme étant de ne pas se montrer « trop laxistes » vis-à-vis des créanciers privés.

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Banques US : vers un gigantesque «foreclosure-gate» ?

N.B. : à travers notre ligne éditoriale dédiée à la réinformation, nous n’avons jamais fait la promotion des pseudo-solutions marxistes. De même, cet article est certes signé du président de l’Institut Hayek, également affilié à l’Institut Turgot, mais vous noterez qu’il n’y figure quasiment aucune publicité pour les soi-disant remèdes proposés par lesdits Instituts. La rédaction de Fortune

Par Vincent Bénard

Les derniers développements juridiques de la crise financière atteignent les sommets de la quatrième dimension de l’incompétence, la négligence, la bêtise, et maintenant, de la fraude la plus inimaginable. Entre rire et consternation, je vais tenter de vous narrer les aventures de Dupond et Dupont au pays des milliards.

Taux des procédures de saisie immobilière aux USA en août 2010. Couleur la plus foncée : saisie d'une maison sur 54. Couleur la plus claire : saisie d'une maison sur 66,263. Source : Realty Trac (cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Des gros couacs dans les procédures de saisie-liquidation ?

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Banques : état des lieux, deux ans après le choc Lehman

Deux ans après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, comment se porte le système bancaire ? Au lendemain d’une crise sans précédent, la question préoccupe gouvernements, économistes et investisseurs, tant la bonne santé des banques constitue un élément essentiel de la reprise économique. C’est particulièrement le cas en Europe, où l’économie est financée aux deux tiers par les crédits bancaires, contre un tiers aux Etats-Unis.

Si, d’un bout à l’autre de la planète, le système bancaire semble stabilisé, il subsiste d’importantes poches de fragilité. Bon nombre d’établissements ne sauraient encore se passer de la béquille des Etats. Surtout, le paysage a été profondément remanié, et les réglementations adoptées aux Etats-Unis et en Europe préfigurent de nouveaux bouleversements.
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Mesures d’austérité : «Les Etats feront face à la résistance sociale»

Philippe Bacchetta, professeur d’économie à l’Université de Lausanne, affirme que la crise de la dette des pays de l’OCDE n’est pas soutenable.

Emeutes en Grèce, décembre 2008

Le Temps : L’endettement des Etats de l’OCDE est-il alarmant ?

Philippe Bacchetta : Il n’est pas dramatique. Dans le passé, nous avons déjà vu des niveaux comparables. Par contre, il est insoutenable, ce qui veut dire qu’on ne peut pas continuer sur la même voie. Les Etats ne peuvent pas vivre éternellement au-dessus de leurs moyens. Le service de la dette peut peser lourd dans le budget national.

– Quel est le vrai problème ?
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Le virus mutant de la crise

Entretien avec Jacques Sapir

1.- Vous affirmez que l’on ne doit pas confondre le capitalisme et le marché. Quelle est la différence entre l’économie capitaliste et l’économie de marché ?

On a en effet souvent tendance à confondre ces deux notions. Or elles ne sont pas synonymes. Le marché, pris au sens théorique du terme, est un mode de coordination, mais il n’est pas le seul. On constate que, partout où l’on trouve des marchés, on trouve aussi d’autres modes de coordination, comme les réseaux et les hiérarchies, et surtout des institutions sans lesquelles les marchés ne sauraient fonctionner.

Au sens strict du terme, une économie de marché utiliserait uniquement le « marché » comme mode de coordination. Les entreprises n’y existeraient pas. Dans un sens moins strict, on utilise souvent le terme en opposition à « économie mixte » ou encore à « économie planifiée » en oubliant que, dans ces économies, les marchés sont aussi présents. Le problème, avec ceux qui parlent d’économie de marché, est qu’ils ne savent pas à quels marchés ils font référence, et qu’ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que certains marchés sont des institutions et parfois même, comme dans le cas des Bourses du monde entier, des entreprises. L’économie de marché, au sens d’une économie entièrement régie par le principe du marché, me semble une impossibilité théorique. Elle relève d’une utopie libérale, au même titre que la société sans classes et sans État.

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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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L’euro et ses prochaines aventures

Par Jean-Claude Werrebrouck

Note au lecteur : la bonne compréhension de ce texte suppose la lecture des articles du 28/01/2010 (L’euro : implosion ou sursaut ?) et du 16/02/2010 (Pour mieux comprendre la crise : déchiffrer l’essence de l’Etat).

La crise grecque et ses prolongements confirment que ce prêt à porter qu’est la monnaie unique est porteur de méfiance chez les passagers clandestins du bateau euro.

Tous veulent conserver les avantages qu’ils se sont progressivement créés dans le bateau : faibles taux d’intérêt, « monnaie de réserve à l’américaine », terrain de jeu plus vaste au profit des entrepreneurs politiques pour certains, exportations « à la chinoise » pour d’autres.

Aucun ne voulant en payer le prix, c’est-à-dire le coût de l’entretien du bateau pour le maintenir à flots : création d’une zone monétaire optimale par vaste édification d’un Etat européen à l’instar de l’Etat fédéral américain, politique de change, contrôle de la banque centrale, etc.

La grande crise des années 2010 devant inéluctablement connaître des développements monétaires, il était logique qu’elle développe d’abord une métastase dans le bateau le plus sensible : l’euro zone.

La solution toute temporaire à la crise grecque et à ses prolongements immédiats, confirme le refus de payer le prix d’une bonne maintenance du bateau.

Avec le temps, il se confirmera que les entrepreneurs politiques français ont préféré une nouvelle fuite en avant, plutôt que d’affronter leurs collègues allemands et d’exiger des solutions plus radicales : quel entrepreneur politique français au pouvoir pourrait aujourd’hui, sans risque, oser vendre sur le marché des idées, outre le « quantitative easing » semble-t-il acquis de haute lutte, la fin de l’indépendance de la BCE, ou la fin de la libre circulation des capitaux ?

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La dette publique des Etats-Unis est pire que celle de la Grèce

En 2009, aux Etats-Unis, le déficit primaire structurel atteint 7,3% du PIB et, au Royaume-Uni, 6,8% du PIB. Cela paraît incroyable, mais il est pire que les 6% de la Grèce.

Quiconque aimerait savoir qui créera des emplois ces prochaines années peut exclure le secteur public. La dette des Etats est telle que les dépenses publiques devront baisser. Certains crieront au diktat des marchés, mais les Etats ne pourront se soustraire à l’arithmétique la plus élémentaire. Même la France, qui depuis 1974 n’a pas connu un seul budget en équilibre. Les décisions de ce week-end n’y changeront rien. Elles ne permettent que de gagner du temps.

D’une façon générale, la situation a tendance à empirer. Dans cinq ans, il n’y aura plus aucun pays muni d’un rating de AAA, selon une admirable étude de Willem Buiter, chef économiste de Citigroup. Cet ancien membre du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre est une personnalité réputée et s’exprimait aussi mardi lors de la conférence de la BNS et du FMI, à Zurich.

Nous sommes presque au point où il n’existe plus d’obligation sans risque, selon Willem Buiter. Le kilo d’or n’est pas par hasard à 42 000 francs [suisses]. Même les Etats-Unis et l’Allemagne ne sont plus sûrs : le CDS spread (mesure du coût de la protection) de l’Etat américain s’élève à 40 points de base. En clair, cela signifie que la probabilité des Etats-Unis d’être en défaut sur leur dette atteint 3,5% à 5 ans. Pour l’Allemagne, la probabilité est de 2,8%.

Le pire se trouve-t-il d’ailleurs à Athènes ? Si l’attention se porte avec raison sur le sud de l’Europe, les finances publiques britanniques et américaines sont dans une position aussi catastrophique.

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« Une bataille est gagnée, la crise n’est pas terminée »

Yannick Roudaut, anime une cellule de veille et de prospective sur l’économie durable et la finance responsable au sein d’Alternité. Chroniqueur économique, auteur de « L’Alter Entreprise » (Dunod), il analyse le plan de défense de la zone Euro et les effets de la crise financière.

- Le méga-plan de secours des pays de l’Union européenne et l’action concertée des banques centrales seront-ils suffisants pour endiguer la crise ?

A court terme, oui. La réaction des investisseurs est d’ailleurs unanime.

En débloquant potentiellement 750 milliards d’euros, l’Europe apporte une réponse à la crise de liquidités. Les pays en difficultés devraient désormais pouvoir se financer dans de meilleures conditions de taux d’intérêt.

A moyen terme, le plan, ne résout pas la crise budgétaire. L’un des points soulevés ces dernières semaines, est celui de la capacité des états comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à réduire sensiblement leur déficit budgétaire. On leur donne certes les moyens de ne pas faire défaut sur leurs dettes, mais le problème du retour à la croissance économique et de la réduction des déficits pour revenir aux exigences de Maastricht demeure. Une bataille est gagnée, mais la crise n’est malheureusement pas terminée.

- D’autres actions sont-elles nécessaires ?

Les pays les plus fragiles vont peut-être devoir commencer à restructurer leur dette rapidement. Cela veut dire que leurs créanciers (banques, compagnies d’assurances, États) vont peut-être devoir provisionner une partie des pertes. Au-delà de ces mesures financières, il faut que nos responsables européens poursuivent leurs efforts politiques pour faire évoluer l’Europe vers le fédéralisme ou une forme équivalente. Cette crise nécessite une réponse politique forte. Le cas échéant, de nouvelles attaques financières sont prévisibles au cours des prochains mois.
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Un plan d’aide de 750 milliards d’euros : quel coût pour les populations?

Le plan de stabilisation de la zone euro pourrait coûter cher à la France et le risque d’un endettement supplémentaire n’est pas exclu… La contribution de l’Hexagone se chiffre à 88 milliards d’euros, selon Christine Lagarde. Soit 20% des 440 milliards qui serviront de garantie afin de constituer une nouvelle entité capable de lever des fonds sur les marchés financiers pour ensuite aider un État membre en difficulté.

Après avoir adopté un plan d’aide à la Grèce d’un montant de 110 milliards d’euros, l’Union européenne et le Fonds monétaire international ont créé un fonds d’urgence d’un montant de 750 milliards d’euros. Un plan d’une ampleur historique. S’il vise à éviter une contagion de la crise, de plus en plus probable en raison de la défiance des marchés, il n’est pas sans risque pour les économies des pays concernés. Et donc pour leur population.

La part de la France représente «à peu près 20%» de ces 440 milliards d’euros, soit un peu plus de 88 milliards d’euros, a indiqué Christine Lagarde ce lundi. Cette somme viendra-t-elle s’ajouter aux 6,3 milliards d’euros prêtés à la Grèce, dont 3,9 dès 2010?

«Une garantie», pas «un prêt»
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Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

Jusqu’où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l’euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.

- Vite ! Donnez-moi le liquide !

L’euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d’aide à Athènes.

Ce plan, plus personne n’y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d’explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l’Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

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Europe/USA : le « miracle » japonais ne se répétera sans doute pas

Un scénario alternatif à un retour à une situation de forte récession, pouvait être envisagé avant les récents problèmes de dette souveraine de la Grèce : qu’il y ait une période longue (10 à 20 ans) de déflation douce et de stagnation économique, associée à une hausse régulière des dettes publiques, jusqu’à atteindre par exemple le niveau japonais (plus de 200% du PIB d’endettement public brut *), sans que cela ne pose de problème au marché obligataire (maintien de taux bas).

* Ce chiffre doit être fortement relativisé, puisque la dette gouvernementale japonaise détenue par le secteur privé ne s’élève en fait qu’à 52% du PIB (voir cet article sur la dette japonaise).

Les récents développements intervenus en Europe, avec des hausses importantes sur les taux à 10 ans de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande, et dans une moindre mesure de l’Espagne, sont un signal très clair envoyé par le marché : ce scénario à très peu de chances de se réaliser chez nous, puisque plusieurs pays commencent déjà à inquiéter le marché (la Grèce ayant largement franchi la ligne rouge).

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Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

Un pays se juge à sa productivité du travail. Mais, cette dernière dépend aussi des activités qui dominent dans ce pays. Ainsi, les services non financiers ont-ils une productivité plutôt basse, tandis que l’industrie a une productivité qui, toutes choses étant égales par ailleurs, est plus élevée. Les services financiers aujourd’hui sont l’activité dont la productivité est la plus forte, sans d’ailleurs que cela ne préjuge de leur contribution réelle à la richesse du pays ou de leur utilité. La Grèce est plutôt une économie de services (le tourisme et les services associés), avec aussi un secteur agricole qui – pour des raisons géographiques – est plutôt intensif en travail qu’en capital. Or la productivité de la Grèce, en dépit de tous ces facteurs, est loin d’être ridicule (graphique 1).

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Crise grecque : le grand concours de mensonges européen

On se focalise sur les déficits grecs, on refuse de considérer la possibilité d’une sortie de l’euro pour le pays, on fait comme si l’aide à la Grèce était une oeuvre caritative… Foutaises, selon Roland Hureaux.


Les Grecs sont accusés d’avoir menti pour entrer dans l’euro. Peut-être. Encore qu’ils ne doivent pas avoir été les seuls.

Ce qui est sûr, c’est que, de langue de bois en optimisme de commande, d’ignorance des problèmes économiques en volontarisme politique, presque tout le monde, dans le suivi de la crise grecque, ment ou, en tous les cas, parle à tort et à travers.

Premier mensonge : se focaliser sur les déficits publics grecs. Ils sont assurément un problème, un peu plus grave en Grèce que dans d’autres pays – un peu plus seulement- mais ce n’est pas le problème principal.

Le problème principal de la Grèce, c’est le différentiel d’inflation entre elle et les autres pays de la zone euro, singulièrement l’Allemagne, qui s’est creusé depuis dix ans, à hauteur de 30 à 40 %, et qui fait qu’aucun produit grec, même les olives, n’est plus compétitif. Si ce problème n’est pas résolu, les prêts du FMI ou de l’Europe n’alimenteront que le tonneau des Danaïdes. Ce n’est pas de 5 ou 10% que les Grecs devraient se serrer la ceinture pour retrouver leur compétitivité, c’est de 30 à 40%. Aucun pays ne l’a jamais fait, ils ne le feront pas.

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Crise de la zone euro : après la Grèce, à qui le tour ?

Pour l’économiste Jacques Sapir, la crise grecque remet en cause le principe même de la monnaie unique. Dans ces conditions, le pire est à venir. Y compris pour la France, qui risque de devenir une simple spectatrice du marasme économique, à moins d’une vraie politique volontariste.

Cette fois, nous y sommes ; la crise grecque déborde des frontières comme c’était prévisible, et avait été prévu depuis septembre 2009.

Les problèmes de la Grèce sont en effet connus depuis septembre 2009 (et même avant) par le grand public. Il était évident qu’un effet de contagion se manifesterait. Tout ceci a été indiqué à plusieurs reprises (…). Désormais, on peut craindre qu’il ne soit trop tard pour réagir et sauver l’Euro.

La zone Euro est bien entrée en crise avec le transfert de la spéculation sur le Portugal (en raison de la baisse de sa note), et les problèmes qui commencent à monter sur l’Espagne et l’Italie en raison des difficultés que ces pays rencontrent pour placer leur dette à moyen et long terme. Ce ne sont pas ici les articles lénifiants, comme celui de Mme Nathalie van Ypersele dans Trends, ou les ronflantes déclarations de M. Barroso (la dernière en date est du 28 avril depuis Tokyo…), qui y changeront quelque chose.

Les difficultés (pour ne pas dire plus) des pays de la Zone Euro à réagir à ce qui aurait pu n’être au départ qu’une crise localisée, la mauvaise volonté allemande à jouer le jeu de la solidarité ont été des éléments clefs dans le déclenchement de cette crise. Mais, sur le fond, c’est bien le principe même de la zone Euro qui est en cause, soit la tentative d’imposer une règle monétaire unique à des pays dont les économies sont profondément différentes et le tout sans mécanisme institutionnel de solidarité.

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Il ne fait pas bon être vieux en Lituanie

Gravement touché par la crise économique, aucun autre pays – à l’exception de l’Irlande – n’a adopté de mesures d’économie plus strictes que la Lituanie. Si ce plan de rigueur n’a pas encore suscité autant d’agitation dans l’opinion publique qu’en Grèce ou en Espagne, son impact sur les Lituaniens sur les plans social et individuel est considérable.

Si les dirigeants de ce monde, largement endetté, se demandent à quoi ressemble la véritable austérité, la réponse est probablement à chercher du côté de cette république de 3,3 millions d’habitants.

Confronté à des déficits croissants menaçant le pays de faillite, cet État balte a réduit ses dépenses publiques de 30%, avec des coupes claires de 20% à 30% dans les salaires des fonctionnaires et une réduction de 11% des pensions de retraite. Même le Premier ministre, Andrius Kubilius, a vu son salaire réduit de 45%.

Et ce n’est pas tout. Dans le même temps, le gouvernement lituanien a augmenté les taxes sur toute une série de biens, notamment l’alcool et les produits pharmaceutiques. Les impôts sur les bénéfices des entreprises sont passés de 15% à 20% et la TVA de 18% à 21%. Le résultat sur les finances publiques s’est traduit par une économie équivalant à 9% du PIB, ce qui représente le deuxième plus grand rééquilibrage budgétaire d’un pays développé – après l’Estonie – depuis le début de la crise du crédit.

Les retraités à la soupe populaire
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Tragédie grecque : vers l’acte final ?

Début de panique hier sur les marchés et dans les capitales européennes : L’Office européen des statistiques ayant révélé que le déficit grec était plus important encore que prévu, les taux longs sont montés à un niveau jamais atteint : 8,802%, presque 3 fois celui des bons du Trésor allemands ! La Grèce est aujourd’hui le pays le plus risqué financièrement après le Pakistan, l’Argentine et le Vénézuela…

Pour les marchés, la probabilité que la Grèce fasse défaut est de 50%. L’agence Moody’s a logiquement dégradé d’un cran la note de sa dette.

Du coup, George Papandréou vient de demander l’activation du plan d’aide de l’Union européenne et du FMI. Coincé entre des taux d’intérêt prohibitifs et une croissance anémiée, le pays ne pourra pas s’en sortir seul. La France avait d’ailleurs inscrit mercredi 3,9 milliards d’euros dans son projet de loi de finances rectificative pour 2010, au titre de sa participation au plan d’aide à la Grèce (6,3 milliards au total). Des milliards “jetés par les fenêtres”, comme le note justement Philippe Herlin. Mais ces mauvaises nouvelles, qui accroissent le risque de contamination à d’autres pays de la zone, ont fait plonger l’euro, au plus bas depuis un an. La Grèce pourra-t-elle éviter le défaut de paiement, et la zone euro la contagion générale ? On voit mal comment.

http://www.dailymotion.com/video/xd1te0

Olivier Demeulenaere

Comment éviter une catastrophe chinoise ?

Par Michel Santi

Le modèle de croissance chinois construit sur du crédit outrancier a vécu. Les autorités chinoises ont aujourd’hui la hantise d’un ralentissement brutal de leur économie, qui ne sera atténué que par la grâce d’un (très lourd) endettement d’entreprises et de collectivités territoriales, détenu par des intérêts chinois.

Le naguère miracle chinois tourne aujourd’hui à la calamité, car le crédit produit de moins en moins de croissance.

Ainsi, alors que 1,5 Renminbi de crédit résultait en 1 Renminbi de croissance en 2000, ce rapport est actuellement à 6 contre 1 !

Alors qu’il a été de bon ton de dénoncer la propension plus qu’excessive au crédit des consommateurs américains, l’effondrement spectaculaire de la productivité (ou de l’efficience) du crédit en Chine atteint des proportions inégalées et ouvre des perspectives effrayantes.

Permettant et stimulant la spéculation sur les terrains et sur l’immobilier haut de gamme, ainsi que la surproduction de marchandises destinées à être stockées, les crédits consentis par les banques chinoises atteignent 130% du P.I.B. du pays !

Sur la seule année 2009, les montants prêtés par les établissements financiers chinois ont ainsi été équivalents à 40% du P.I.B. de leur pays et, à cet égard, les collectivités locales et régionales se retrouvent – du fait d’un endettement de l’ordre de 11.000 milliards de Renminbi, ou 1.600 milliards de dollars – en pleine tourmente.

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