Creil (60) : L’ancien cadre, devenu SDF, raconte sa descente aux enfers

Plusieurs habitants l’ont remarqué, à Creil, surpris quand cet homme, tiré à quatre épingles, leur a demandé de l’aide dans la rue. « Cela peut arriver à tout le monde », lâche-t-il. Il n’aurait jamais imaginé que ça tomberait sur lui. Alors, il veut expliquer. Après avoir passé deux mois dehors, Christophe, 48 ans, raconte comment, alors qu’il avait tout, il s’est retrouvé à faire la manche en centre-ville.

Il a connu une autre vie « avant ». « En 1986, j’ai 20 ans, j’obtiens mon BTS action commerciale au lycée Jules-Uhry de Creil. A peine un mois plus tard, je suis embauché chez Nestlé, au sein de sa filiale Davifrais/Davigel, comme commercial à Saint-Brice-sous-Forêt (Val-d’Oise). Très vite, je gagne bien ma vie… Au bout de 5 ans, je deviens cadre commercial et au bout de 13, le groupe me propose un poste d’inspecteur commercial à Nantes. Mais je n’arrive pas à convaincre ma famille de déménager, je dois dire non. » Le point de bascule.

« Après ce refus, j’ai peur d’être un peu bloqué dans ma carrière. Mais au même moment, une autre boite, DLG Loiseau-Regnault à Orly (Val-de-Marne), tente de me débaucher… Je leur dis oui. A l’époque, c’est le spécialiste des viandes cuites sous vide, toutes les restaurations collectives en veulent, la société est en plein boom. »

Trois ans plus tard, il sera licencié économique. « Mon mariage explose après 19 ans de vie commune et 3 enfants. » Cela aussi, « ça peut arriver à tout le monde… Et je pense me relever, j’ai toujours réussi dans la vie, j’ai 35 ans et de l’argent. Je me donne 3 mois pour retrouver un job mais ça ne marche pas, mes entretiens se passent mal, je dois revoir mes exigences à la baisse. »
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Afrique : Le défi des classes moyennes

L’émergence de l’Afrique passe par l’essor des classes moyennes.
 Pourtant, elles sont bien différentes en Afrique de celles du reste du monde. 
La grande pauvreté persiste. Et les frustrations menacent.

Il se compte 350 millions de personnes dans la classe moyenne africaine, autant qu’en Inde ou en Chine ! La nouvelle réjouit tous ceux qui sont persuadés qu’enfin l’Afrique émerge. Le boom des matières depuis le début des années 2000 et la nouvelle attractivité du continent sur la scène internationale ont permis ce changement essentiel pour le continent, dont le moteur économique repose sur les exportations de produits bruts (pour un tiers), sur la construction d’infrastructures (un tiers) mais aussi, désormais, sur la consommation interne, pour le dernier tiers.

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Classes moyennes, un rêve français

Elles représentent près de deux Français sur trois, ce sont les classes moyennes. Elles se sont imposées depuis les années 1950 sur fond d’expansion économique.

1950-1970 : propriété d’un logement, départs en vacances, acquisition d’une automobile, accès aux études supérieures, etc. tous ces progrès semblent aujourd’hui remis en question.

La vidéo est disponible ici.

Réalisation Bertrand Delais (2012)

(Merci à NOP)

Espagne : les enfants victimes de la crise

En Espagne, les familles et le monde enseignant sont en colère. Les classes sont surchargées, plusieurs centaines de milliers d’élèves sont privés d’aides pour leurs livres ou la cantine. Dans plusieurs villes du pays les Espagnols sont descendus dans la rue pour protester contre les coupes budgétaires. De nombreuses familles sont passées du chômage à la pauvreté, et ce sont les enfants qui en font les frais. L’Unicef tire la sonnette d’alarme : en Espagne plus de deux millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Le reportage à Madrid de Sandrine Mercier et Joseph Gordillo.

“Avec le plus fort taux de chômage en Europe, la pauvreté s’est largement répandue dans les familles espagnoles. 27% de la population est en situation de pauvreté et d’exclusion.”

Triple «A» et 12 millions de pauvres: l’Allemagne, un pays modèle?

Même si Sarkozy vante le modèle germanique, l’Allemagne paye pour sa compétitivité retrouvée, son chômage en baisse et ses records à l’exportation. Résultat: des millions de pauvres et une fracture sociale qui grandit.

A Berlin, Rolf-Bernd Pelikan s’explique mal comment son quartier bien-aimé de Spandau est devenu l’une des zones à risques de la capitale allemande, qui accumule des taux de chômage, de criminalité, de suicides ou encore de faillites privées parmi les plus élevés du Land. Mais lui et sa femme Jutta le constatent chaque jour: «Les zones commerciales ont été colonisées par des baraques à frites et à kebab, des magasins discount qui vendent tout à 1 euro et des coiffeurs qui coupent les cheveux pour 5 euros», raconte Jutta, assistante sociale dans un hôpital qui a été privatisé il y a peu: «Les rapports sociaux se sont durcis, les gens se renferment. Les ménages plus aisés sont allés vivre dans le centre de Berlin», ajoute Rolf-Bernd qui sort lui-même de 15 mois de chômage.

«Spandau a toujours été un lieu de vie pour les classes moyennes industrieuses qui vont travailler à l’usine, comme l’ont fait mes parents», raconte-t-il. Avec la présence des usines Siemens et BMW et de nombreux sous-traitants, Spandau a toujours été un des principaux quartiers industriels de Berlin. Le reste du territoire se partage entre d’agréables étendues boisées et des zones d’habitations très présentables. Et le centre-ville, avec ses rues piétonnes pavées de neuf, n’a rien d’un ghetto.

Petites annonces

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Ces baby-boomers qui cultivent leur confort sur le dos des plus jeunes

La génération des “Baby-boomers” a-t-elle soigneusement organisé son ascension puis la défense de ses intérêts contre celles qui lui succédaient ? Peu importe, si on convient que les générations qui suivent sont dans une situation inégale, infériorisée par rapport à leurs prédécesseurs. Le livre : “Les Génération déshéritées” décrit la situation et propose explications et solutions. Sans concession.

C’est un thème montant que celui de la crise intergénérationnelle où on montre que les « baby-boomers » ont tiré une large couverture à eux laissant, dans le froid et la nuit, les générations suivantes, celles de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Cronos, de retour, dévorerait sa progéniture en toute tranquillité.

Il est utile cet ouvrage que livre Mickaël Mangot car, par quelque bout qu’on le prenne, le sujet est bien là et s’installe dans un débat qui ne concerne pas uniquement, comme on le pense trop souvent, la question du financement des besoins des générations par les ressources des autres, mais des questions de civilisation et de prise de conscience qui tournent autour de ce qu’on nomme “progrès et acquits“.

« L’éducation, la productivité des actifs et l’espérance de vie de la population … Sur ces trois critères, il est clair que la situation n’a cessé de s’améliorer de génération en génération ». Ce petit livre fourmille d’informations chiffrées sur le niveau de vie des générations d’après la Seconde Guerre mondiale, insistant sur des données essentielles « Aujourd’hui 40% des jeunes générations ont un niveau d’études supérieures au baccalauréat, contre moins de 20% pour les générations au sortir de la guerre…. Les jeunes d’aujourd’hui devraient vivre plus longtemps. Ils auront plus de temps à leur disposition pour éponger la dette… ».

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La peur du déclassement, une sociologie des récessions

Déclassement : le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres et sous toutes les plumes, c’est la crainte ultime des classes moyennes. Cette angoisse sourde, qui taraude un nombre croissant de Français, repose sur la conviction que personne n’est « à l’abri », que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses prérogatives, en un mot son statut. En rendant la menace plus tangible, les crises portent cette anxiété à son paroxysme.

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“La crise économique accélère le déclassement social”

Dans le contexte de flambée du chômage, jeunes et moins jeunes sont souvent obligés d’accepter des postes sous valorisés par rapport à leurs diplômes, leur formations ou leurs fonctions précédentes. Le problème c’est qu’une fois ce phénomène enclenché, il est très difficile d’y remédier, souligne le sociologue Louis Chauvel. Professeur à Sciences Po, il explique comment la spirale du déclassement se met en place, quelles sont les populations les plus menacées, le rôle joué par les entreprises. Il prévient enfin que le déclassement n’alimente pas seulement un pessimisme ambiant, il engendre une défiance vis-à-vis des élites et provoque des difficultés sociales majeures.

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