Australie: les aborigènes refusent les déchets nucléaires sur leurs terres

L’Australie a définitivement abandonné jeudi, sous la pression des aborigènes, un projet d’enfouissement de déchets radioactifs près d’un sanctuaire aborigène dans le nord du pays.

Muckaty Station, localité du Territoire du Nord, avait été choisie en 2007 pour accueillir des déchets nucléaires de faible et moyenne activité.

En concertation avec le Northern Land Council (NLC), organisation aborigène chargée de l’administration de la partie septentrionale du Territoire du Nord, le gouvernement avait reçu l’accord de la tribu des Ngapa.

Mais quatre autres clans s’opposaient au projet, arguant de la proximité d’un site sacré, et avaient saisi la justice fédérale.

Après des années de bataille, les responsables du NLC ont décidé de renoncer et le gouvernement l’a aussitôt suivi. Le dossier a été formellement rejeté jeudi.

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Déchets radioactifs : 100.000 ans sous nos pieds?

Creusé dans la glaise meusienne, près de Bure, le laboratoire de recherche de l’ANDRA est le prélude du futur site de stockage de déchets radioactifs à vie longue qui accueillera ses premiers «colis» à partir de 2025.

En 2013, un «débat public» est officiellement organisé. Promoteurs et opposants au projet s’affrontent à nouveau, lors d’un ultime combat avant la décision finale, prévue en 2015.

Dans les secrets du nucléaire (Archive)

Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI, l’organisme chargé de la sécurité nucléaire, a intenté un procès en diffamation aux auteurs de l’ouvrage «Nucléaire, ce qu’on nous cache», qui l’accusent d’avoir dissimulé des informations essentielles lors du passage du nuage radioactif de Tchernobyl.

A l’époque, les pouvoirs publics avaient assuré que la France n’avait pas souffert de retombées. Les auteurs de ce document ont enquêté en Corse, où l’on a relevé des quantités inquiétantes de césium et de strontium, mais également à Papeete, pour mesurer l’impact des essais nucléaires français dans le Pacifique. Cette enquête se conclut à Bure, un village de Meuse qui, en 2000, était pressenti pour accueillir un laboratoire d’enfouissement des déchets.

Réalisé par Jacques Cotta et Pascal Martin (1999)

Finlande : Stockage des déchets nucléaires… “pour l’éternité” ?

Le chantier d’un sanctuaire conçu pour durer cent mille ans, 500 mètres sous terre. Creusée dans le nord de la Finlande, à Onkalo (la grotte en finnois), cette gigantesque grotte abritera des déchets nucléaires, impliquant une responsabilité millénaire.

C’est dans cette cachette que pénètre la caméra du Danois Michael Madsen, pour un objet presque hybride entre documentaire et science-fiction. Into Eternity s’intéresse à un projet aussi pensé qu’insensé, concret que vertigineux, avec la construction d’un sanctuaire où seraient déposés des déchets nucléaires, un souterrain qui serait scellé pour les 100.000 ans à venir, soit la durée de vie des particules radioactives contenues dans ces résidus.

Au-delà des questions immédiates sur le nucléaire, sur la meilleure façon de stocker les déchets, c’est l’utopie du projet qui fascine. La mise en place d’un coffre-fort qui ne devrait pas être rouvert avant 100.000 ans, un laps de temps inimaginable et qui pose des dilemmes improbables. Faut-il indiquer le danger que représente cette grotte? Faut-il au contraire l’enfouir et l’oublier, espérer qu’elle soit oubliée? Comment communiquer avec une population à 100.000 ans de distance?

Into Eternity confronte jusqu’à en donner le tournis l’idée de permanence, d’éternité scientifiquement testée, de dessein pour un futur invisible, et d’impermanence, de bouteille à la mer, de secret mythologique en marche, d’évaporation envisagée de l’homme.

Évaporation dont rend compte la mise en scène de Madsen, avec ses ouvriers transparents dans le cadre, jusqu’à disparaître, et ces plans impressionnants de machines creusant leur trou, fondation d’un monde sans homme, fait de galeries hantées et de robots que la caméra observe en de lents travellings, alors que la neige semble avoir déjà figé le temps à la surface de la Terre. Comme une hésitation irréelle qui trouble les habitudes du documentaire dit écologique, volontiers pontifiant et didactique.

États-Unis : Dépôt de déchets radioactifs… au fond percé

Le sénateur américain Ron Wyden a annoncé qu’il exigerait une inspection du dépôt de déchets radioactifs de Hanford (État de Washington) où l’on vient de constater une fuite de radioactivité.

Ron Wyden est bien placé pour le faire en sa qualité de président nouvellement élu du comité de l’énergie et des ressources naturelles du Sénat américain. L’enquête sera confiée à la Direction du Congrès chargé du contrôle des dépenses budgétaires (équivalent de la Cour des comptes de Russie).

La fuite s’est d’abord produite dans un réservoir mais il s’est avéré le samedi 23 février que six réservoirs étaient endommagés. Les rythmes de fuite de « saumure radioactive » sont évalués à 1300 litres annuellement. Le stock total contient plus de 220 millions de litres et relève, comme toute la production des matériaux radioactifs destinés à la fabrication d’armes nucléaires, du ministère américain de l’Energie.

Les experts américains disent que la dernière fuite n’est qu’une goutte d’eau dans la mer et estiment qu’au moins 4 millions de litres de mélange radioactif ont migré depuis 40 ans dans le sol et la nappe phréatique.

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Les nanotechnologies, mal connues du grand public, au coeur d’un débat houleux

Le débat public sur les nanotechnologies a mis en lumière un “consensus sur la nécessité” de recenser ces substances et de fournir “une information large, précise et continue”, relève dans un bilan rendu public mardi la commission chargée d’organiser ce débat.

Les matières et déchets radioactifs font l’objet d’un large inventaire national rendu public. Pourquoi ne pas procéder de la même manière pour les nanotechnologies, note la Commission nationale du débat public (CNDP) en résumant dans ce bilan et dans un compte-rendu les propositions avancées lors du débat.

Organisé du 15 octobre au 23 février dans 17 villes en France, il a été “particulièrement perturbé” à Lille, Grenoble, Rennes, Lyon et Marseille et les trois dernières réunions (Orsay, Montpellier, Nantes) ont été annulées et remplacées par des débats sur internet, rappelle la CNDP.

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