États-Unis : Zéro déchets à San Francisco

Zéro déchets en 2020 ! C’est le pari ambitieux de la ville de San Francisco, en Californie, qui a décidé de faire de l’élimination des déchets une de ses mesures phares.

Tri obligatoire depuis 2009, puces intégrées au fond des poubelles, taxes sur les débris non-recyclables, interdiction des sacs plastiques: à San Francisco, la guerre aux déchets est déclarée !

Une invention permet d’obtenir de l’eau pure et de l’énergie directement à partir des égouts

Le manque d’eau potable est un problème sanitaire de plus en plus présent dans certaines régions du monde. Pour lutter contre ce fléau qui touche au moins 2,5 milliards de personnes sur Terre, la Fondation Gates a mis au point une machine révolutionnaire.

Le Janicki Omniprocessor transforme en effet la vase venue de vos égouts (qui contient les excréments, les eaux usées… et pire encore) en eau potable, tout en produisant de l’énergie. Une innovation qui pourrait sauver des millions de vies.

Un tiers de la population souffrant actuellement du manque d’eau potable, les implications sanitaires d’un tel appareil sont immenses. Grâce au Janicki Omniprocessor, l’organisation humanitaire pense avoir trouvé le meilleur moyen d’y arriver, en convertissant la boue venant des égouts non seulement en eau potable mais aussi en électricité et en cendres pouvant servir de fertilisant.

Ce système permet d’acheter les déchets et de revendre l’électricité pour rentrer dans ses frais. C’est un plan très ambitieux mais la Fondation Gates possède toutes les ressources pour mener son projet à bien. Un seul modèle de Janicki Omniprocessor peut produire environ 10.800 litres d’eau par jour et la première installation sera implantée à Dakar à la mi-février 2015. Pour nous prouver que tout fonctionne bien, Bill Gates lui-même boit un verre d’eau sortie de la machine alors que ce n’était que de la vase toxique 5 minutes plus tôt.

Salsigne (11) : Un siècle d’extraction d’or, dix millénaires de pollution ?

Salsigne, dans l’Aude, fut la principale mine d’or de France et la première mine d’arsenic du monde. Un siècle d’exploitation intense qui a bouleversé les paysages et affecté la santé des ouvriers et des habitants. Aujourd’hui, malgré la mise en sécurité réalisée par l’État, la pollution est toujours présente. Il y en aurait même pour plusieurs milliers d’années. Une histoire minière qui n’est peut être pas révolue: les dernières richesses du sous-sol attirent la convoitise de nouveaux industriels.
Des collines escarpées, des châteaux cathares, des bois et des vignes, une rivière qui s’écoule dans la vallée : un paysage presque idyllique, situé à quelques kilomètres au nord de Carcassonne, dans l’Aude. A première vue, dans cette partie de la Montagne noire, on ne remarque pas l’ancien chevalement qui servait autrefois à transporter les mineurs vers les galeries.

Encore moins que les immenses collines qui nous entourent sont en fait artificielles. On n’imagine pas non plus que se cachent, sous les arbustes qui les recouvrent, des milliers de tonnes de résidus de la mine qui contiennent des particules d’arsenic et d’autres produits chimiques.

Le passé de Salsigne est tapi dans son sous-sol, sous ses collines, au bord de la rivière qui serpente la vallée. La région a longtemps été un gigantesque terrain de jeux pour les entreprises minières. On y a extrait de l’or, de l’arsenic, du plomb. Salsigne fut la première mine d’or d’Europe occidentale et la dernière mine d’or de France. C’était un autre monde, achevé en 2004. Il ne reste aujourd’hui qu’une ou deux cheminées, des trous béants, une mémoire commune… et un cimetière de déchets polluants.

De l’or…et de l’arsenic
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Super Trash

Martin Esposito revient sur les lieux de son enfance. Ces lieux sont maintenant ensevelis par une gigantesque décharge à ciel ouvert, la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet. Seule sa cabane est toujours là, un ancien abri pour les ouvriers agricoles de l’époque, maintenant à la lisière de la décharge.

Il décide de s’y installer et de vivre dans ce monde fait d’ordures et rythmé par le ballet, le va-et-vient incessant des camions et bulldozers qui déchargent et nivellent les déchets.

Petit à petit les employés de la décharge se familiarisent avec sa présence et lui révèlent les secrets de cette “zone“ : l’endroit de l’enfouissement des fûts d’arsenic, le trajet du lixiviat, ce jus de décharge, ce poison mortel qui s’écoule à travers une rivière sauvage et foisonnante jusqu’à la mer.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Martin Esposito (France – 2012)

États-Unis : Portraits d’un pays couvert de déchets

L’Américain Gregg Segal est l’auteur de la série de photos 7 Days of Garbage, qui met en scène des gens ordinaires allongés dans les déchets qu’ils produisent pendant une semaine. Il entend ainsi montrer l’impact des ordures ménagères sur la planète.

« Le problème est trop abstrait », explique Gregg Segal, qui tente justement de le rendre plus concret et de montrer en images la masse de déchets que produit un Américain moyen.

Une idée pour nettoyer les villes (et lutter contre les rats): embaucher des fourmis

Une équipe d’entomologistes a trouvé une solution pour nettoyer les rues et freiner la prolifération des rats: faire venir des fourmis.


Selon un article publié dans la revue Global Change Biology, les fourmis peuvent fournir des services de nettoyage urbain efficaces. Et plus elles mangent, moins il restera de nourriture pour les rats.

En une année, les auteurs de l’étude estiment que les fourmis qui vivent sur un seul terre-plein en gazon au milieu d’une rue de New York peuvent consommer entre 300 et 500 hot-dogs (soit 5 kg de nourriture). L’ensemble des fourmis qui vivent sur les terre-pleins d’une rue longue de 12 km sont capables de manger l’équivalent de 60.000 hot-dogs en une année, résume le New York Times.

Pour parvenir à ces chiffres, le groupe d’entomologistes de la North Carolina State University a tout simplement laissé traîné de la nourriture dans les rues et les parcs de New York. Ils ont placé des déchets alimentaires américains typiques (chips, hot-dogs, cookies) dans deux types de récipients: l’un grillagé pour n’accueillir que les insectes, l’autre ouvert et accessible à tous les animaux urbains.
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La seconde vie des déchets

Alors que quatre milliards de tonnes de déchets polluent la Terre chaque année, certains les recyclent pour leur redonner vie. Bouteilles vides, rebuts alimentaires, vieux vêtements, de plus en plus de déchets ont une seconde vie.

Chez Stefan De Doncker, en Normandie, rien ne se perd, tout se recycle. Ici, les fondations de sa maison sont construites en pneus remplis de terre. Les murs ont été réalisés avec des bouteilles de verre, récupérées dans des décharges. Par ailleurs, grâce à des panneaux solaires et à un système de récupération d’eau, le bâtiment est autonome en énergie. À la clé : une économie de 2.000 euros par an, par rapport à son ancienne maison, en Belgique.

Pourtant, ces maisons en matériaux de récupération ne sont pas assez généralisées. Pour l’architecte Julien Choppin, “le principal frein au réemploi des matériaux c’est la réglementation du monde du bâtiment où il y a des normes extrêmement précises. Ensuite, c’est l’approvisionnement en matériaux : c’est plus difficile de trouver des matériaux de seconde main que des matériaux neufs“.

Il était une fois la Terre (1978)

« Il était une fois la Terre » est le dernier épisode de « Il était une fois l’Homme », sortant du contexte purement historique en présentant une vision prospective sur le futur de l’humanité, cet épisode met l’accent sur les conséquences de la pollution, de l’amoncellement des déchets toxiques, de l’épuisement des ressources naturelles et de l’augmentation de la population humaine.

Partie 1:

Partie 2:

La façon dont ces sujets sont traités est très représentative des préoccupations accentuées par les années 1970, durant lesquelles les pionniers de l’écologie politique s’inquiétaient de l’explosion démographique et de l’explosion de la consommation, s’appuyant sur le rapport du Club de Rome ou les écrits de René Dumont, de Paul Ehrlich et d’autres.

La croissance de la société industrielle, qui tend à s’étendre dans le monde entier pour conquérir de nouveaux marchés, y est résumée de façon cinglante : « Il faut former des consommateurs par centaines… par milliers… par centaines de milliers… et tout ça pour que les usines tournent. »

Le narrateur s’inquiète des conséquences environnementales de la croissance industrielle et souligne la dangerosité des conflits sociaux qui pourraient rendre cette situation explosive. Il se prononce donc pour un arrêt de la croissance industrielle, évoquant le rapport du Club de Rome de 1972, et pour un arrêt de la croissance démographique : les personnages plaident pour une limitation des naissances à la hauteur du nombre de décès de manière à stabiliser la population humaine.
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Être ou avoir ? Pour une économie de services

Par Didier Schmitt (Conseiller scientifique auprès du Président de la Commission européenne)

Une bonne partie de notre économie est fondée sur le cercle vicieux qu’est l’acquisition, l’obsolescence et la réacquisition d’objets. Pour contrebalancer le besoin inné de posséder, un cercle plus vertueux devient impératif, avec des services moins délétères pour l’environnement, les ressources et le climat.

Axer une société sur la possession fait que la responsabilité du devenir des produits de consommation passe du producteur à l’acheteur. Ce dernier n’aura pas d’autre choix que de s’en défaire comme il peut, après usage ; d’où un gaspillage et une accumulation de déchets.

Une économie fondée sur les services aurait l’avantage de la durabilité et de la « réparabilité » des produits. En effet, un prestataire de service a tout intérêt à allonger la durée de vie d’une marchandise, surtout s’il a la responsabilité de son recyclage.

En séparant la possession de l’utilisation, on peut également rechercher un gain d’efficacité : rappelons que la voiture d’un particulier, par exemple, n’est utilisée que 5 % de son temps ; le parc automobile est donc démesuré par rapport à son utilité réelle. Se déplacer peut parfaitement se concevoir au travers d’un service.

Disposer de l’usage des choses sans devoir les posséder
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Indonésie : La pollution d’un fleuve est une aubaine pour ses habitants (Addendum vidéo)

Addendum du 13/10/2014 : Le fleuve poubelle

En Indonésie, le Citarum est un fleuve long de 300 kilomètres. Aussi connu sous le nom de “rivière indigo” et autrefois réputé pour sa pureté, il est aujourd’hui recouvert d’un tapis d’ordures en putréfaction. Pourtant certains villageois semblent en tirer parti, mais le commerce des déchets laisse peu de place à l’écologie.
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Piège de plastique (Docu)

«L’Emmerdeuse» enquête sur la consommation de plastique et ses conséquences. Près de 260 millions de tonnes de plastique sont produits chaque année dans le monde. Une production et une consommation qui deviennent problématiques, notamment lorsqu’il s’agit de s’en débarrasser.

La première victime de cette surconsommation est la mer, où le plastique représente 80% des déchets qui y sont retrouvés. Mais le plastique est partout, dans les rivières, les fleuves, et les airs. Il empoisonne les animaux et pollue l’environnement. D’où viennent ces déchets qui finissent leur voyage dans le milieu naturel ?

Réalisé par Olivia Mokiejewski – Infrarouge (07/10/14)

Thaïlande : Une décharge géante à ciel ouvert pollue Bangkok

Poubelle la vie en Thaïlande. La décharge de Praeksa, une ville située à 20 km de Bangkok, est une véritable bombe à retardement. Le site est géré par un groupe de BTP, qui a creusé une fosse de 50 m de profondeur et qui propose aux camions de décharger leurs stocks d’ordures contre de l’argent. Résultats : six millions de tonnes de déchets s’y sont accumulés. 

Depuis l’année dernière, des incendies se déclenchent régulièrement à cause de la chaleur et des émanations de gaz. Chaque fois, ils plongent tout le secteur dans une épaisse fumée toxique.

“En Thaïlande, la croissance industrielle s’étend aux zones agricoles et résidentielles. Les gens qui vivent avec ce problème n’ont pas voix au chapitre. Et ceux qui restent sont les plus pauvres. Ils ne peuvent pas déménager”, explique Nicha Rakpanichmanee de l’ONG Ecological Alert and Recovery Thailand (Earth).

La junte militaire, arrivée au pouvoir après un coup d’État en mai, a annoncé que la gestion des ordures fait partie de ses priorités.

Les canibals envahissent la France ! (Màj vidéo)

Canibal, c’est le nom des machines à recycler qui s’installent petit à petit sur le territoire français. Automatiques et ludiques, elles permettent de sensibiliser le public au tri sélectif et au recyclage.

Elles ont exactement le même aspect que les distributeurs automatiques mais elles sont de couleur vert pomme. Au lieu de distribuer des cafés ou des sandwichs, les machines “Canibal” récupèrent les déchets et donnent, en échange, des bons de réductions.

L’objectif, sensibiliser, de manière ludique, le public au tric sélectif et au recyclage. Car, pour une tonne de déchets ingurgités, plus de deux tonnes de CO2 sont économisées.

Dans les gares, les écoles, sur les aires d’autoroute, ou dans les entreprises, les machines “Canibal” attirent le regard des passants. On les trouve dans plusieurs grandes villes de France. A Paris, les machines ont investi les gares de Montparnasse et St Lazare mais également le parvis de la défense.

Au choix : gagner un bon de réduction ou faire un geste écologique

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Océans poubelles et cimetières atomiques

Près des côtes d’Europe reposent plus de 100.000 tonnes de déchets radioactifs oubliés. Des fûts remplis de ces déchets ont longtemps été jetés par-dessus bord. Le déversement en mer de déchets radioactifs est une pratique qui a été interdite mondialement en 1993.

Cependant après cela, l’industrie nucléaire a fait construire des canalisations sous-marines pour évacuer ces mêmes déchets, toujours au large mais cette fois à l’abri des regards, ou presque. L’arctique quant à lui abrite en son fond nombre d’épaves abandonnées (issues de l’activité militaire) qui pourraient bien libérer de fortes doses de radioactivité.

« Des milliers de caissons métalliques, dix-neuf navires chargés de déchets radioactifs, quatorze réacteurs, et, surtout, trois sous-marins nucléaires… : tous reposent au fond de l’océan Arctique – première zone de pêche au cabillaud du globe. Les parties métalliques rouillent, l’eau salée ronge le béton et des particules radioactives s’échappent des épaves. »

Zéro déchet : de l’utopie à la réalité !

Vivre sans produire de déchets ménagers ou presque, c’est possible. Ce concept est né en Californie dans les années 1980. C’est en tout cas le défi que Béa Johnson a relevé avec succès. Cette Américaine d’adoption, produit seulement 1 litre de déchet par an !

A Bon Entendeur – RTS (08/07/14)

En seconde partie de reportage : Quand le bœuf à des airs de cheval

En octobre 2013, A Bon Entendeur réalisait un test sur les steaks tartares. À la recherche de bactéries, l’émission avait eu une drôle de surprise. Deux établissements annonçaient des tartares de bœuf, en réalité confectionnés avec de la viande de cheval. Il faut dire que la différence de prix entre ces deux viandes est de 40 %. Une erreur qui peut donc permettre de faire de belles marges.

Quel est le coût de la pollution publicitaire ?

Vous pestez à chaque fois que vous ramassez des liasses de prospectus publicitaires au milieu de votre courrier ? Certains d’entre vous, verts de rage, ont apposé l’autocollant “Stop pub” mais en vain ? L’UFC-Que choisir publie, mardi 24 juin, une étude quantifiant le volume de cette pollution publicitaire aux coûts écologiques et économiques loin d’être négligeables.

Au cours du mois d’avril, 748 bénévoles de l’ONG répartis dans 59 départements ont comptabilisé le nombre de publicités non adressées qu’ils ont reçues dans leurs boîtes aux lettres. Parmi eux, 236, soit 32 % des participants, avaient préalablement apposé un autocollant “Stop pub”.

Résultat: les ménages n’ayant pas d’autocollant ont reçu en moyenne 72 prospectus dans le mois, soit 2,7 kilos par boîte aux lettres. Cela représente une augmentation de 35 % en dix ans et ce, malgré le développement de la publicité sur Internet et un marché publicitaire globalement en récession.

Les foyers équipés de “Stop pub” ont, eux, récolté “seulement“ 12 prospectus (371 grammes). Le constat est alors sans appel selon l’ONG : si quelques distributeurs ne le respectent pas, l’autocollant “Stop pub” a malgré tout permis de réduire la pollution publicitaire de 83 % en volume et 86 % en poids.

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Janez Potočnik : « Les subventions à l’eau et l’énergie entravent l’économie circulaire »

Janez Potocnik, le commissaire européen Slovène en charge de l’environnement, affirme que le modèle de l’économie circulaire va inévitablement s’imposer. Un des enjeux centraux sera le découplage de la croissance économique et de la consommation, pour ne pas épuiser les ressources de la planète.

L’économie circulaire est-elle juste une idée séduisante ou une évolution véritable de l’économie européenne ?

C’est en fait inévitable. Premièrement, car nous sommes dans un continent densément peuplé et nous consommons énormément de ressources. 16 tonnes de ressources par personne et par an. Dont trois tonnes terminent dans des décharges à ciel ouvert. Nous sommes enfermés dans de vieux modèles de production et de consommation industrielles.

Deuxièmement, parce que nos ressources et nos sources d’énergie deviennent de plus en plus chères. Après un siècle marqué par un recul des prix, les prix des ressources ont commencé à exploser au tournant du siècle. Le prix réel des ressources a progressé de 300 % entre 1998 et 2011. 87 % des sociétés européennes anticipent une poursuite de cette tendance ces cinq prochaines années.

Troisièmement, déjà aujourd’hui, les ressources représentent la première dépense structurelle. Par exemple, dans l’industrie allemande, 43 % du total des coûts peuvent être attribués à l’exploitation de ressources. Seulement 18 % incombent à la masse salariale.

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Roms : « Un bel exemple d’européanité vraie »

Compagnon de route de familles roms et manouches dans le Val d’Oise et ailleurs, Jean-Pierre Dacheux revient ici sur les fondamentaux des cultures Roms et dégomme les stéréotypes associés à une culture complexe, en mouvement.

Les moments de rencontres, de frictions et de tensions entre Roms et gadjé (1) sont multiples. Les premiers questionnent en effet nombre de nos certitudes. Sur nos façons d’habiter et de nous déplacer, sur le concept de propriété, sur les normes qui nous encadrent et sur l’économie capitaliste qui régit nos vies. Les Roms nous invitent ainsi à repenser la cohabitation avec tous ceux dont les modes de vie bousculent l’ordre et les règles établis. Et qui, de fait, se trouvent violemment exclus et marginalisés.

À travers les cadres géopolitiques traditionnels

L’exemple des Roms en France révèle toutes les contradictions européennes. Au fond, ils posent cette question: qu’est-ce que l’Europe? Eux vivent à plein l’élargissement politique d’une Europe dans l’Europe, puisqu’ils sont partout. Ils posent la question de l’européanité autrement qu’en terme de fédération d’États-nations.

C’est pourquoi ils constituent un hiatus pour les politiques. Parce qu’ils s’affirment comme nation sans territoire, même si la plupart n’envisagent pas le problème en termes théoriques. Certains intellectuels roms affirment ainsi : « Nous sommes des Européens parce que nous vivons en Europe et nous ne sommes pas des Européens parce que nous n’appartenons pas à un État de l’Union européenne. » Ça met en chantier nos concepts politiques traditionnels.

À l’inverse, les Roms de France rencontrent une difficulté particulière. Ils ont revendiqué le droit d’être considérés français comme les autres. Or, en devenant français comme les autres, tu deviens peu ou prou « nationaliste ». D’ailleurs, certains Roms de France protestent parfois contre les Roms d’Europe de l’Est : « Ils viennent chez nous ! » De telles réflexions n’ont généralement pas cours ailleurs en Europe. Elles résultent en bonne part de la différence de niveau de vie.

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