Emballages, le grand déballage

Les Français jettent cinq millions de tonnes d’emballages chaque année. Dans les rayons des supermarchés, l’emballage est une arme de séduction. Les marques investissent massivement dans leur look, car il donne une identité au produit et fait acheter.

Mais les conséquences sur l’environnement sont désastreuses. Le plastique et le carton contiennent des produits toxiques. Les molécules nocives contenues dans les emballages se diffusent aussi dans l’alimentation qu’ils sont censés protéger. Certains consommateurs choisissent d’acheter en vrac. Des supermarchés «100% vrac» ouvrent en France. Cette manière alternative de consommer est-elle viable ? Existe-t-il d’autres solutions pour échapper à la frénésie des emballages ?

Palestine : Les ordures de la survie

Des familles palestiniennes du village de Yatta, en Cisjordanie, doivent écumer les ordures provenant des villages israéliens voisins pour en tirer les métaux, le plastique et les vêtements qu’ils peuvent revaloriser pour survivre.

Réalisé par (Les Grands reportages – mars 2015)

Des poules pour réduire les déchets ménagers

Des œufs et moins de déchets, voilà ce que permet l’initiative du syndicat de traitement des déchets de Boufferé (Vendée) qui a offert des poules aux habitants. L’objectif est de désengorger les poubelles. Une idée qui a séduit de nombreuses familles, comme la famille Merlet.

L’adoption de ces oiseaux leur a par exemple permis de réduire leurs ordures ménagères de huit kilos par mois en moyenne, ce qui entraîne du coup une baisse de la fréquence du ramassage des poubelles, qui ne passent plus qu’une fois par mois.

Le fléau dramatique des déchets plastiques dans les océans

Sacs, bouteilles, flacons… Les océans sont remplis de déchets plastiques. Chaque seconde, 412 kilos de plastiques sont déversés dans les mers. On parle aussi de 7e continent. Il faut moins de deux ans pour que les courants marins réunissent les particules de plastiques au centre de chaque océan.

On appelle cela un gyre“, rapporte Christophe de Vallambras. Celui du Pacifique Nord est le plus important.

(Merci à Pierre)

États-Unis : Zéro déchets à San Francisco

Zéro déchets en 2020 ! C’est le pari ambitieux de la ville de San Francisco, en Californie, qui a décidé de faire de l’élimination des déchets une de ses mesures phares.

Tri obligatoire depuis 2009, puces intégrées au fond des poubelles, taxes sur les débris non-recyclables, interdiction des sacs plastiques: à San Francisco, la guerre aux déchets est déclarée !

Une invention permet d’obtenir de l’eau pure et de l’énergie directement à partir des égouts

Le manque d’eau potable est un problème sanitaire de plus en plus présent dans certaines régions du monde. Pour lutter contre ce fléau qui touche au moins 2,5 milliards de personnes sur Terre, la Fondation Gates a mis au point une machine révolutionnaire.

Le Janicki Omniprocessor transforme en effet la vase venue de vos égouts (qui contient les excréments, les eaux usées… et pire encore) en eau potable, tout en produisant de l’énergie. Une innovation qui pourrait sauver des millions de vies.

Un tiers de la population souffrant actuellement du manque d’eau potable, les implications sanitaires d’un tel appareil sont immenses. Grâce au Janicki Omniprocessor, l’organisation humanitaire pense avoir trouvé le meilleur moyen d’y arriver, en convertissant la boue venant des égouts non seulement en eau potable mais aussi en électricité et en cendres pouvant servir de fertilisant.

Ce système permet d’acheter les déchets et de revendre l’électricité pour rentrer dans ses frais. C’est un plan très ambitieux mais la Fondation Gates possède toutes les ressources pour mener son projet à bien. Un seul modèle de Janicki Omniprocessor peut produire environ 10.800 litres d’eau par jour et la première installation sera implantée à Dakar à la mi-février 2015. Pour nous prouver que tout fonctionne bien, Bill Gates lui-même boit un verre d’eau sortie de la machine alors que ce n’était que de la vase toxique 5 minutes plus tôt.

Salsigne (11) : Un siècle d’extraction d’or, dix millénaires de pollution ?

Salsigne, dans l’Aude, fut la principale mine d’or de France et la première mine d’arsenic du monde. Un siècle d’exploitation intense qui a bouleversé les paysages et affecté la santé des ouvriers et des habitants. Aujourd’hui, malgré la mise en sécurité réalisée par l’État, la pollution est toujours présente. Il y en aurait même pour plusieurs milliers d’années. Une histoire minière qui n’est peut être pas révolue: les dernières richesses du sous-sol attirent la convoitise de nouveaux industriels.
Des collines escarpées, des châteaux cathares, des bois et des vignes, une rivière qui s’écoule dans la vallée : un paysage presque idyllique, situé à quelques kilomètres au nord de Carcassonne, dans l’Aude. A première vue, dans cette partie de la Montagne noire, on ne remarque pas l’ancien chevalement qui servait autrefois à transporter les mineurs vers les galeries.

Encore moins que les immenses collines qui nous entourent sont en fait artificielles. On n’imagine pas non plus que se cachent, sous les arbustes qui les recouvrent, des milliers de tonnes de résidus de la mine qui contiennent des particules d’arsenic et d’autres produits chimiques.

Le passé de Salsigne est tapi dans son sous-sol, sous ses collines, au bord de la rivière qui serpente la vallée. La région a longtemps été un gigantesque terrain de jeux pour les entreprises minières. On y a extrait de l’or, de l’arsenic, du plomb. Salsigne fut la première mine d’or d’Europe occidentale et la dernière mine d’or de France. C’était un autre monde, achevé en 2004. Il ne reste aujourd’hui qu’une ou deux cheminées, des trous béants, une mémoire commune… et un cimetière de déchets polluants.

De l’or…et de l’arsenic
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Super Trash

Martin Esposito revient sur les lieux de son enfance. Ces lieux sont maintenant ensevelis par une gigantesque décharge à ciel ouvert, la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet. Seule sa cabane est toujours là, un ancien abri pour les ouvriers agricoles de l’époque, maintenant à la lisière de la décharge.

Il décide de s’y installer et de vivre dans ce monde fait d’ordures et rythmé par le ballet, le va-et-vient incessant des camions et bulldozers qui déchargent et nivellent les déchets.

Petit à petit les employés de la décharge se familiarisent avec sa présence et lui révèlent les secrets de cette “zone“ : l’endroit de l’enfouissement des fûts d’arsenic, le trajet du lixiviat, ce jus de décharge, ce poison mortel qui s’écoule à travers une rivière sauvage et foisonnante jusqu’à la mer.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Martin Esposito (France – 2012)

États-Unis : Portraits d’un pays couvert de déchets

L’Américain Gregg Segal est l’auteur de la série de photos 7 Days of Garbage, qui met en scène des gens ordinaires allongés dans les déchets qu’ils produisent pendant une semaine. Il entend ainsi montrer l’impact des ordures ménagères sur la planète.

« Le problème est trop abstrait », explique Gregg Segal, qui tente justement de le rendre plus concret et de montrer en images la masse de déchets que produit un Américain moyen.

Une idée pour nettoyer les villes (et lutter contre les rats): embaucher des fourmis

Une équipe d’entomologistes a trouvé une solution pour nettoyer les rues et freiner la prolifération des rats: faire venir des fourmis.


Selon un article publié dans la revue Global Change Biology, les fourmis peuvent fournir des services de nettoyage urbain efficaces. Et plus elles mangent, moins il restera de nourriture pour les rats.

En une année, les auteurs de l’étude estiment que les fourmis qui vivent sur un seul terre-plein en gazon au milieu d’une rue de New York peuvent consommer entre 300 et 500 hot-dogs (soit 5 kg de nourriture). L’ensemble des fourmis qui vivent sur les terre-pleins d’une rue longue de 12 km sont capables de manger l’équivalent de 60.000 hot-dogs en une année, résume le New York Times.

Pour parvenir à ces chiffres, le groupe d’entomologistes de la North Carolina State University a tout simplement laissé traîné de la nourriture dans les rues et les parcs de New York. Ils ont placé des déchets alimentaires américains typiques (chips, hot-dogs, cookies) dans deux types de récipients: l’un grillagé pour n’accueillir que les insectes, l’autre ouvert et accessible à tous les animaux urbains.
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La seconde vie des déchets

Alors que quatre milliards de tonnes de déchets polluent la Terre chaque année, certains les recyclent pour leur redonner vie. Bouteilles vides, rebuts alimentaires, vieux vêtements, de plus en plus de déchets ont une seconde vie.

Chez Stefan De Doncker, en Normandie, rien ne se perd, tout se recycle. Ici, les fondations de sa maison sont construites en pneus remplis de terre. Les murs ont été réalisés avec des bouteilles de verre, récupérées dans des décharges. Par ailleurs, grâce à des panneaux solaires et à un système de récupération d’eau, le bâtiment est autonome en énergie. À la clé : une économie de 2.000 euros par an, par rapport à son ancienne maison, en Belgique.

Pourtant, ces maisons en matériaux de récupération ne sont pas assez généralisées. Pour l’architecte Julien Choppin, “le principal frein au réemploi des matériaux c’est la réglementation du monde du bâtiment où il y a des normes extrêmement précises. Ensuite, c’est l’approvisionnement en matériaux : c’est plus difficile de trouver des matériaux de seconde main que des matériaux neufs“.

Il était une fois la Terre (1978)

« Il était une fois la Terre » est le dernier épisode de « Il était une fois l’Homme », sortant du contexte purement historique en présentant une vision prospective sur le futur de l’humanité, cet épisode met l’accent sur les conséquences de la pollution, de l’amoncellement des déchets toxiques, de l’épuisement des ressources naturelles et de l’augmentation de la population humaine.

Partie 1:

Partie 2:

La façon dont ces sujets sont traités est très représentative des préoccupations accentuées par les années 1970, durant lesquelles les pionniers de l’écologie politique s’inquiétaient de l’explosion démographique et de l’explosion de la consommation, s’appuyant sur le rapport du Club de Rome ou les écrits de René Dumont, de Paul Ehrlich et d’autres.

La croissance de la société industrielle, qui tend à s’étendre dans le monde entier pour conquérir de nouveaux marchés, y est résumée de façon cinglante : « Il faut former des consommateurs par centaines… par milliers… par centaines de milliers… et tout ça pour que les usines tournent. »

Le narrateur s’inquiète des conséquences environnementales de la croissance industrielle et souligne la dangerosité des conflits sociaux qui pourraient rendre cette situation explosive. Il se prononce donc pour un arrêt de la croissance industrielle, évoquant le rapport du Club de Rome de 1972, et pour un arrêt de la croissance démographique : les personnages plaident pour une limitation des naissances à la hauteur du nombre de décès de manière à stabiliser la population humaine.
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Être ou avoir ? Pour une économie de services

Par Didier Schmitt (Conseiller scientifique auprès du Président de la Commission européenne)

Une bonne partie de notre économie est fondée sur le cercle vicieux qu’est l’acquisition, l’obsolescence et la réacquisition d’objets. Pour contrebalancer le besoin inné de posséder, un cercle plus vertueux devient impératif, avec des services moins délétères pour l’environnement, les ressources et le climat.

Axer une société sur la possession fait que la responsabilité du devenir des produits de consommation passe du producteur à l’acheteur. Ce dernier n’aura pas d’autre choix que de s’en défaire comme il peut, après usage ; d’où un gaspillage et une accumulation de déchets.

Une économie fondée sur les services aurait l’avantage de la durabilité et de la « réparabilité » des produits. En effet, un prestataire de service a tout intérêt à allonger la durée de vie d’une marchandise, surtout s’il a la responsabilité de son recyclage.

En séparant la possession de l’utilisation, on peut également rechercher un gain d’efficacité : rappelons que la voiture d’un particulier, par exemple, n’est utilisée que 5 % de son temps ; le parc automobile est donc démesuré par rapport à son utilité réelle. Se déplacer peut parfaitement se concevoir au travers d’un service.

Disposer de l’usage des choses sans devoir les posséder
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Indonésie : La pollution d’un fleuve est une aubaine pour ses habitants (Addendum vidéo)

Addendum du 13/10/2014 : Le fleuve poubelle

En Indonésie, le Citarum est un fleuve long de 300 kilomètres. Aussi connu sous le nom de “rivière indigo” et autrefois réputé pour sa pureté, il est aujourd’hui recouvert d’un tapis d’ordures en putréfaction. Pourtant certains villageois semblent en tirer parti, mais le commerce des déchets laisse peu de place à l’écologie.
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Piège de plastique (Docu)

«L’Emmerdeuse» enquête sur la consommation de plastique et ses conséquences. Près de 260 millions de tonnes de plastique sont produits chaque année dans le monde. Une production et une consommation qui deviennent problématiques, notamment lorsqu’il s’agit de s’en débarrasser.

La première victime de cette surconsommation est la mer, où le plastique représente 80% des déchets qui y sont retrouvés. Mais le plastique est partout, dans les rivières, les fleuves, et les airs. Il empoisonne les animaux et pollue l’environnement. D’où viennent ces déchets qui finissent leur voyage dans le milieu naturel ?

Réalisé par Olivia Mokiejewski – Infrarouge (07/10/14)

Thaïlande : Une décharge géante à ciel ouvert pollue Bangkok

Poubelle la vie en Thaïlande. La décharge de Praeksa, une ville située à 20 km de Bangkok, est une véritable bombe à retardement. Le site est géré par un groupe de BTP, qui a creusé une fosse de 50 m de profondeur et qui propose aux camions de décharger leurs stocks d’ordures contre de l’argent. Résultats : six millions de tonnes de déchets s’y sont accumulés. 

Depuis l’année dernière, des incendies se déclenchent régulièrement à cause de la chaleur et des émanations de gaz. Chaque fois, ils plongent tout le secteur dans une épaisse fumée toxique.

“En Thaïlande, la croissance industrielle s’étend aux zones agricoles et résidentielles. Les gens qui vivent avec ce problème n’ont pas voix au chapitre. Et ceux qui restent sont les plus pauvres. Ils ne peuvent pas déménager”, explique Nicha Rakpanichmanee de l’ONG Ecological Alert and Recovery Thailand (Earth).

La junte militaire, arrivée au pouvoir après un coup d’État en mai, a annoncé que la gestion des ordures fait partie de ses priorités.

Les canibals envahissent la France ! (Màj vidéo)

Canibal, c’est le nom des machines à recycler qui s’installent petit à petit sur le territoire français. Automatiques et ludiques, elles permettent de sensibiliser le public au tri sélectif et au recyclage.

Elles ont exactement le même aspect que les distributeurs automatiques mais elles sont de couleur vert pomme. Au lieu de distribuer des cafés ou des sandwichs, les machines “Canibal” récupèrent les déchets et donnent, en échange, des bons de réductions.

L’objectif, sensibiliser, de manière ludique, le public au tric sélectif et au recyclage. Car, pour une tonne de déchets ingurgités, plus de deux tonnes de CO2 sont économisées.

Dans les gares, les écoles, sur les aires d’autoroute, ou dans les entreprises, les machines “Canibal” attirent le regard des passants. On les trouve dans plusieurs grandes villes de France. A Paris, les machines ont investi les gares de Montparnasse et St Lazare mais également le parvis de la défense.

Au choix : gagner un bon de réduction ou faire un geste écologique

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Océans poubelles et cimetières atomiques

Près des côtes d’Europe reposent plus de 100.000 tonnes de déchets radioactifs oubliés. Des fûts remplis de ces déchets ont longtemps été jetés par-dessus bord. Le déversement en mer de déchets radioactifs est une pratique qui a été interdite mondialement en 1993.

Cependant après cela, l’industrie nucléaire a fait construire des canalisations sous-marines pour évacuer ces mêmes déchets, toujours au large mais cette fois à l’abri des regards, ou presque. L’arctique quant à lui abrite en son fond nombre d’épaves abandonnées (issues de l’activité militaire) qui pourraient bien libérer de fortes doses de radioactivité.

« Des milliers de caissons métalliques, dix-neuf navires chargés de déchets radioactifs, quatorze réacteurs, et, surtout, trois sous-marins nucléaires… : tous reposent au fond de l’océan Arctique – première zone de pêche au cabillaud du globe. Les parties métalliques rouillent, l’eau salée ronge le béton et des particules radioactives s’échappent des épaves. »

Zéro déchet : de l’utopie à la réalité !

Vivre sans produire de déchets ménagers ou presque, c’est possible. Ce concept est né en Californie dans les années 1980. C’est en tout cas le défi que Béa Johnson a relevé avec succès. Cette Américaine d’adoption, produit seulement 1 litre de déchet par an !

A Bon Entendeur – RTS (08/07/14)

En seconde partie de reportage : Quand le bœuf à des airs de cheval

En octobre 2013, A Bon Entendeur réalisait un test sur les steaks tartares. À la recherche de bactéries, l’émission avait eu une drôle de surprise. Deux établissements annonçaient des tartares de bœuf, en réalité confectionnés avec de la viande de cheval. Il faut dire que la différence de prix entre ces deux viandes est de 40 %. Une erreur qui peut donc permettre de faire de belles marges.

Quel est le coût de la pollution publicitaire ?

Vous pestez à chaque fois que vous ramassez des liasses de prospectus publicitaires au milieu de votre courrier ? Certains d’entre vous, verts de rage, ont apposé l’autocollant “Stop pub” mais en vain ? L’UFC-Que choisir publie, mardi 24 juin, une étude quantifiant le volume de cette pollution publicitaire aux coûts écologiques et économiques loin d’être négligeables.

Au cours du mois d’avril, 748 bénévoles de l’ONG répartis dans 59 départements ont comptabilisé le nombre de publicités non adressées qu’ils ont reçues dans leurs boîtes aux lettres. Parmi eux, 236, soit 32 % des participants, avaient préalablement apposé un autocollant “Stop pub”.

Résultat: les ménages n’ayant pas d’autocollant ont reçu en moyenne 72 prospectus dans le mois, soit 2,7 kilos par boîte aux lettres. Cela représente une augmentation de 35 % en dix ans et ce, malgré le développement de la publicité sur Internet et un marché publicitaire globalement en récession.

Les foyers équipés de “Stop pub” ont, eux, récolté “seulement“ 12 prospectus (371 grammes). Le constat est alors sans appel selon l’ONG : si quelques distributeurs ne le respectent pas, l’autocollant “Stop pub” a malgré tout permis de réduire la pollution publicitaire de 83 % en volume et 86 % en poids.

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Janez Potočnik : « Les subventions à l’eau et l’énergie entravent l’économie circulaire »

Janez Potocnik, le commissaire européen Slovène en charge de l’environnement, affirme que le modèle de l’économie circulaire va inévitablement s’imposer. Un des enjeux centraux sera le découplage de la croissance économique et de la consommation, pour ne pas épuiser les ressources de la planète.

L’économie circulaire est-elle juste une idée séduisante ou une évolution véritable de l’économie européenne ?

C’est en fait inévitable. Premièrement, car nous sommes dans un continent densément peuplé et nous consommons énormément de ressources. 16 tonnes de ressources par personne et par an. Dont trois tonnes terminent dans des décharges à ciel ouvert. Nous sommes enfermés dans de vieux modèles de production et de consommation industrielles.

Deuxièmement, parce que nos ressources et nos sources d’énergie deviennent de plus en plus chères. Après un siècle marqué par un recul des prix, les prix des ressources ont commencé à exploser au tournant du siècle. Le prix réel des ressources a progressé de 300 % entre 1998 et 2011. 87 % des sociétés européennes anticipent une poursuite de cette tendance ces cinq prochaines années.

Troisièmement, déjà aujourd’hui, les ressources représentent la première dépense structurelle. Par exemple, dans l’industrie allemande, 43 % du total des coûts peuvent être attribués à l’exploitation de ressources. Seulement 18 % incombent à la masse salariale.

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Roms : « Un bel exemple d’européanité vraie »

Compagnon de route de familles roms et manouches dans le Val d’Oise et ailleurs, Jean-Pierre Dacheux revient ici sur les fondamentaux des cultures Roms et dégomme les stéréotypes associés à une culture complexe, en mouvement.

Les moments de rencontres, de frictions et de tensions entre Roms et gadjé (1) sont multiples. Les premiers questionnent en effet nombre de nos certitudes. Sur nos façons d’habiter et de nous déplacer, sur le concept de propriété, sur les normes qui nous encadrent et sur l’économie capitaliste qui régit nos vies. Les Roms nous invitent ainsi à repenser la cohabitation avec tous ceux dont les modes de vie bousculent l’ordre et les règles établis. Et qui, de fait, se trouvent violemment exclus et marginalisés.

À travers les cadres géopolitiques traditionnels

L’exemple des Roms en France révèle toutes les contradictions européennes. Au fond, ils posent cette question: qu’est-ce que l’Europe? Eux vivent à plein l’élargissement politique d’une Europe dans l’Europe, puisqu’ils sont partout. Ils posent la question de l’européanité autrement qu’en terme de fédération d’États-nations.

C’est pourquoi ils constituent un hiatus pour les politiques. Parce qu’ils s’affirment comme nation sans territoire, même si la plupart n’envisagent pas le problème en termes théoriques. Certains intellectuels roms affirment ainsi : « Nous sommes des Européens parce que nous vivons en Europe et nous ne sommes pas des Européens parce que nous n’appartenons pas à un État de l’Union européenne. » Ça met en chantier nos concepts politiques traditionnels.

À l’inverse, les Roms de France rencontrent une difficulté particulière. Ils ont revendiqué le droit d’être considérés français comme les autres. Or, en devenant français comme les autres, tu deviens peu ou prou « nationaliste ». D’ailleurs, certains Roms de France protestent parfois contre les Roms d’Europe de l’Est : « Ils viennent chez nous ! » De telles réflexions n’ont généralement pas cours ailleurs en Europe. Elles résultent en bonne part de la différence de niveau de vie.

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« Repair Cafés » : Apprendre à réparer pour moins consommer

« Apprendre à réparer plutôt que jeter », cette phrase résonne comme un slogan militant dans la bouche de Benoit Engelbach, l’un des fondateurs des « Repair Cafés » français, une initiative venue des Pays-Bas, lancée en 2009 par la journaliste Martine Postma.

Le principe est simple : des bénévoles, professionnels du bricolage ou simples amateurs, se portent volontaires pour tenir le rôle de réparateurs tandis que les participants amènent un objet leur paraissant hors d’usage qu’ils souhaitent réutiliser plutôt que remplacer, le tout gratuitement.

Depuis septembre 2013, le centre social Espace 19 Riquet réserve une fois par mois ses locaux pour l’association Repair Café Paris. « Réduire les déchets et sensibiliser les personnes à leur impact sur l’environnement correspond aux valeurs que l’on défend », explique Valérie Hamidi, responsable du centre social.

Au-delà de la mise à disposition du local, certains employés du centre se portent volontaires pour s’occuper de l’accueil en servant thés et cafés. Ils ne seront pas de trop devant la centaine de personnes qui attendent, ticket en main, de faire réparer leur bouilloire, leur sac à main ou tout autre objet qu’ils ne peuvent remplacer, faute d’envie ou de moyens. L’afflux de matériel défectueux est tel que tout le monde ne peut repartir satisfait, la quinzaine de bénévoles étant en sous-effectif face au succès de l’opération.
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Tri sélectif : A quoi bon ?

Les Allemands sont les champions du monde du tri sélectif. Mais cela sert-il vraiment à quelque chose? Qu’arrive-t-il au journal une fois lu, à la bouteille de vin ou au pot de yaourt une fois vidés? Visite d’une centrale d’incinération des déchets. Ce procédé ne serait-il pas une alternative valable au recyclage?

La corvée du tri sélectif peut susciter des réserves. Surtout quand il faut traîner son verre usé jusqu’à un conteneur. Nombreux sont ceux qui se demandent si, au final, tous les déchets minutieusement triés ne finissent pas brûlés dans le même incinérateur!

A priori non, mais pour en avoir le cœur net, ” X:enius ” a suivi les divers circuits qu’empruntent nos déchets et constaté que le taux d’efficacité du recyclage peut être très variable.

Des maisons en déchets

Imaginez un instant que nos déchets servent de matériaux de construction. Il y a aujourd’hui, dans différents pays, une nouvelle génération d’architectes qui réfléchit à utiliser nos déchets pour en faire des maisons.

L’architecte américain Mike Reynolds habite avec sa femme, depuis 20 ans, une maison construite à base de matériaux de récupération comme des pneus usagés, des bouteilles en verre, du plastique, … C’est étonnant, elle tient toujours !

Encore faut-il savoir qu’elle a été construite dans le désert de Taos au Nouveau Mexique, USA, avec des températures extérieures allant de moins 3°C à plus 50°C ! La maison, elle, reste à température constante. Il faut la chauffer au bois durant le mois de décembre c’est tout, pas besoin d’autre chauffage ni de climatisation.

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Italie : Les déchets de la mafia

Il y a une semaine la France découvrait une décharge illégale de déchets toxiques en banlieue parisienne. A l’origine, le clan Hornec. Contre quelques milliers d’euros, un agriculteur avait accepté d’enterrer ces ordures dans son champ. Un système bien connu en Italie.

Depuis 20 ans la mafia a enterré des millions de tonnes de déchets toxiques dans une région proche de Naples baptisée ”la terre des feux”… aujourd’hui les champs sont pollués, l’agriculture est exsangue et un nombre anormalement élevé de cancers sont diagnostiqués chez les enfants de la région.

Comment la mafia a-t-elle pu empoisonner ces terres durant 20 ans? Tout le monde savait mais rien a été fait… L’État italien, déliquescent, dépassé, a laissé faire.

Métamorphoses

29 septembre 1957: un réservoir de déchets explose dans le complexe militaire nucléaire de Maïak, situé non loin d’un lac et de la rivière Tetcha. C’est la toute première catastrophe nucléaire de l’URSS et elle sera soigneusement tenue secrète jusqu’à la Perestroïka.

À l’époque, le nuage contamine une zone de plus de 1 000 kilomètres carrés et touche 300.000 habitants. Certains sont évacués, d’autres pas. Les villageois de Mouslioumovo, riverains de la Tetcha, ont ainsi été déplacés à seulement 2 kilomètres du site hautement radioactif. Aujourd’hui, Sebastian Mez donne la parole à ceux qui vivent dans ce bout du monde éminemment dangereux.

Tourné en noir et blanc, le film tente de rendre visible un danger qui ne l’est pas. Que ce soit dans les paysages ou sur les visages des hommes et des femmes qui racontent en voix off qu’ils sont ici chez eux.

Partie 1:

Partie 2:
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Armes chimiques sous la mer (Docu)

Plus d’un million et demi de tonnes d’armes chimiques non utilisées gisent sur les fonds marins de la planète. Encore s’agit-il d’une estimation, puisque le secret défense qui les entoure à travers le monde empêche toute évaluation précise. Les poisons qu’elles contiennent (gaz moutarde, gaz sarin, arsenic…) s’échappent lentement, inexorablement, des fûts corrodés par des décennies d’immersion.

Ces armes sont l’un des terribles héritages des deux guerres mondiales. Jusqu’au début des années 1970, avec un pic entre 1917 et 1945, les armées des grandes puissances ont systématiquement déversé leur arsenal chimique quasi indestructible au fond des mers, dans les lacs ou l’ont enterré.

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Réalisé par Nicolas Koutsikas, Eric Nadler, Bob Coen (France – 2013)

Le Peuple des ordures

Tour du Monde inédit à la rencontre de ces hommes et ces femmes vivant sur les décharges du monde entier. Ils creusent des montagnes de déchets en espérant trouver quelque chose à vendre ou à récupérer.

Le film nous emmène en France mais aussi en Inde avec Ali, un jeune glaneur qui vit au pied d’une montagne d’ordures. Au Ghana, nous rencontrons Idrissou qui malgré les risques pour sa santé récupère le cuivre sur une décharge de déchets électroniques. Et puis en Colombie, nous faisons la connaissance de Nohra, elle se bat au quotidien pour sauver le métier de recycleur, qui fait vivre des milliers de familles dans ce pays.

Ce film démontre à quel point la récupération des déchets est devenue un véritable enjeu économique pour des millions de personnes à travers le monde et un business de plus en plus florissant pour des entreprises privées.

Partie 1:

Partie 2:
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Québec : La pou-belle province (Docu)

Ce documentaire déterre un scandale auquel tous les Québécois et tout payeur de taxes devrait s’intéresser: le modèle québécois de gestion des matières résiduelles est un désastre écologique doublé d’un échec économique.


Le Québec se classe parmi les plus grands producteurs de matières résiduelles de la planète, devançant honteusement les États-Unis et le reste du Canada. En dépit des efforts des citoyens,  l’industrie de la récupération et du recyclage bat de l’aile et la moitié des centres de tri sont menacés de fermeture.

Pendant ce temps, les propriétaires des plus grands dépotoirs du Québec font des affaires d’or et nous continuons d’enfouir des tonnes de matières, dont 80 % sont pourtant recyclables ou compostables.

Des États et des provinces qui ont mis en place une gestion durable de leurs matières résiduelles ont généré des économies. Certains en tirent même des revenus. Qu’attendons-nous pour prendre ce virage qui profiterait à tous?

Argentine : De l’art de recycler la débrouille

Alors que la récupération des déchets fait aujourd’hui l’objet d’un business « vert » orchestré par le gouverneur Macri, plusieurs circuits de recyclage cohabitent à Buenos Aires. Figures emblématiques de la crise économique de 2001, les « cartoneros » ne sont plus seuls à se ruer sur les ordures de la capitale. Les entreprises privées et les coopératives de recycleurs traquent désormais le même butin.

« Ta poubelle est mon trésor », clame un graffiti sur un mur longeant la Plaza Congreso. De l’autre côté du parc, une immense affiche de promotion municipale lui donne la réplique, étalant en toutes lettres son slogan au goût rance : « Zéro déchet ». En guise d’éradication, la métropole argentine a en réalité produit 38 % d’ordures supplémentaires ces quatre dernières années.

Des milliers de tonnes de détritus, parmi lesquels sommeillent d’insoupçonnables pépites. Carton, métal, verre ou papier blanc: la revente de ces matières premières aux usines de recyclage, pour peu qu’elles soient livrées en grande quantité, s’avère lucrative.

Les premiers à l’avoir compris sont les cartoneros. Ces recycleurs de fortune, dont la présence diffuse hante la plupart des métropoles sud-américaines, fouillent dans les ordures des riches en quête de nourriture ou de déchets susceptibles de se convertir en espèces sonnantes et trébuchantes.

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Europe : Ils naviguent dans des maisons flottantes faites de déchets

A mi-chemin entre l’exploration pure et le projet artistique, un collectif s’est fabriqué des radeaux sophistiqués naviguant sur les fleuves et mers d’Europe pour vivre une folle aventure au milieu de l’eau. Découvrez cette colocation flottante originale.

Ces radeaux pas comme les autres ont été fabriqués à partir de débris d’objets retrouvés sur terre ou au fond des mers et des rivières: des carcasses de voiture, des meubles vétustes, etc. La croisière a été considérée surtout comme une expérience et un projet artistique plutôt que comme un acte de prise de conscience politique et écologique par son équipage, une vingtaine de personnes.

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Déchets : Comment nous en débarrasser?

Zoom sur un secteur économique méconnu mais qui possède un réel avenir: celui du recyclage. Comment favoriser son développement à l’heure où nous croulons sous les déchets?


1-Les poubelles au quotidien

Une rue étroite à sens unique, un lundi matin tôt, à Marseille, je roule derrière un camion d’éboueurs. Il s’arrête devant une résidence d’une cinquantaine de logements. Il va y rester une petite dizaine de minutes. Les trois gros conteneurs sont plein à craquer. Des sacs poubelles recouvrent le sol. Il faut vider les conteneurs puis les re-remplir. Au milieu des sacs, on trouve une glacière en bon état en apparence, des emballages cartons, des déchets verts, des pièces métalliques, … L’ensemble est impitoyablement broyé et mélangé dans le camion-benne. Un vrai gâchis !

Chaque Français produit plus de 500 kilogrammes de déchets par an. 30% sont recyclés, alors que les Allemands, les Néerlandais ou les Belges en recyclent plus de 60%!

Pour régler ce problème, le Grenelle de l’environnement a prévu une augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), -une des plus faibles d’Europe-, et l’affectation de ces augmentations aux investissements nécessaires pour les filières de recyclage.
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Nos poubelles passent à table

La moitié de la nourriture part dans les poubelles. Que ce soit chez les producteurs, au sein des réseaux de distribution ou directement chez le consommateur, les déchets de nourriture représentent aujourd’hui des enjeux environnementaux, économiques et de solidarité majeurs.

Pourquoi les boulangers produisent-ils systématiquement 10 à 20 % de plus que ce qu’ils vont vendre ? Pourquoi une orange fait-elle 2000 km pour atterrir à la poubelle ? Pourquoi les poubelles créent-elles de la faim dans le monde ?

Face à toutes ces questions dérangeantes, des individus, dans le monde entier, expérimentent des solutions variées, de New York au Cameroun, en passant par l’Autriche, l’Allemagne ou la France.

Norvège : Pénurie de déchets à Oslo

Près de la moitié de la ville d’Oslo, dont la plupart de ses écoles, est chauffée grâce à la combustion des déchets. Seulement, les Norvégiens pratiquent aussi le tri des déchets et ceux-ci sont à ce point disciplinés que la capitale – qui compte pourtant 1,4 million d’habitants – doit faire face à une pénurie de détritus!

Les pays d’Europe du Nord ont adopté depuis plusieurs décennies cette pratique de combustion des ordures pour produire de la chaleur et de l’électricité, mais c’est la première fois que la demande dépasse largement l’offre. C’est que l’éco-consommation est une institution dans le pays. Les Norvégiens, tout comme leurs voisins Suédois et Finlandais, sont soucieux de limiter leurs déchets, au point que la population norvégienne ne produit qu’environ 150 millions de tonnes de déchets par an, beaucoup trop peu pour fournir suffisamment les usines.

Il faut dire que la “guerre” des déchets fait rage et chacun veut grappiller les ordures des autres. Ainsi, Stockholm est devenu un concurrent de taille puisque la ville suédoise a réussi à convaincre certaines municipalités norvégiennes de déposer leurs déchets chez elle. Par bateau et par camion, d’innombrables tonnes de déchets font donc leur chemin de l’autre côté de la frontière.

Il y a un marché européen des déchets qui sont désormais considérés comme une véritable marchandise et c’est un marché en pleine croissance“, explique Hege Rooth Olbergsveen, conseiller du programme de valorisation des déchets d’Oslo. L’Europe envoie donc ses déchets vers les pays nordiques.
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Océans poubelles

Immerger des fûts de matières irradiées en pleine mer semble aujourd’hui scandaleux, mais cette technique a été par le passé considérée comme une forme de stockage scientifiquement justifiée : la radioactivité des déchets déposés à plus de 4.500 mètres de profondeur était censée s’éliminer par dilution.

Il est désormais admis qu’elle ne fait que se répandre de manière incontrôlée. Dans quel état sont aujourd’hui ces barils, dont même les autorités ne connaissent pas la localisation exacte ?

L’océan sert de poubelle à l’industrie atomique depuis des dizaines d’années. Alors même que le stockage en mer est interdit depuis 1993, il est toujours légal d’y rejeter des eaux contenant des radionucléides.

Arctique, cimetière atomique

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