Les meilleurs moyens de combattre l’extrême pauvreté

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En 1950, le revenu annuel des citoyens de la Corée du Sud et du Pakistan était sensiblement le même. Aujourd’hui, il est difficile de comparer les deux pays. Le revenu par habitant des Sud-Coréens a été multiplié par 23 depuis cette date, et celui des Pakistanais par 3 seulement.

Comment aider les pays les plus pauvres à reproduire le succès sud-coréen est l’une des plus importantes questions posée à l’heure actuelle à la communauté internationale. Améliorer les perspectives économiques permettra à des pans entiers de la population mondiale de bénéficier d’une meilleure santé, d’une éducation plus poussée, d’une vie plus longue et d’une vulnérabilité moindre face à de nombreux défis, dont les catastrophes naturelles.

Une grande partie des 169 cibles de développement proposées par les Nations unies pour les 15 prochaines années ont fondamentalement trait à une réduction de la pauvreté. Mais ces cibles ne sont pas toutes de valeur égale. Le Centre du Consensus de Copenhague, dont je suis le directeur, a récemment demandé à 60 équipes d’économistes d’évaluer les coûts et bénéfices de chacun des objectifs proposés, qui remplaceront en septembre prochain les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

A première vue, l’un des objectifs qui semble le plus louable – le plein emploi pour tous – est en fait l’un des moins souhaitables. Malheureusement, ce n’est pas un objectif, mais un rêve. Les économies ont besoin d’un certain taux de chômage pour permettre aux salariés de changer d’emploi et la plupart des gouvernements mettent déjà l’accent sur la création d’emplois.

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TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations

Réunis à Paris mardi 8 juillet pour préparer le prochain volet de la régulation financière européenne, les représentants du monde financier ne semblent pas être particulièrement au fait des négociations secrètes qui pourraient demain bloquer toute volonté régulatoire de 50 des plus grandes économies mondiales. Une perspective nommée TiSA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.

WikiLeaks a fait fuiter le mois dernier un document de travail datant d’avril 2014, portant sur le chapitre des services financiers. S’il ne s’agit pas du texte définitif, puisque les négociations sont encore en cours, il permet de se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler cet accord de libéralisation déjà tant décrié.

C’est quoi l’idée ?

TiSA est une négociation commerciale lancée début 2013 entre 23 Etats, qui se baptisent eux-même les « très bons amis des services », à l’initiative des Américains et des Australiens. Leur objectif est de poursuivre la libéralisation des services engagée par l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, GATS en anglais) de 1994, qui combattait le protectionnisme et ouvrait certains secteurs à la concurrence.

50 pays négocient TiSA
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La Havane : La Charte, retour sur un monument oublié

En 1944, la communauté internationale avait élaboré un accord de commerce prenant réellement en compte la nécessité de sauvegarder l’agriculture et les ressources naturelles. C’était un “développement durable” avant l’heure. Mais en raison du décès de Roosevelt, cette Charte de La Havane ne fut pas mise en oeuvre, et l’OMC allait s’imposer.

Les négociations des États membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) se sont achevées le 7 décembre dernier par un accord appelé « le paquet Bali ». Cet accord a été salué par les responsables de l’OMC comme « un pas important vers l’achèvement du cycle de Doha ». Il aurait pour mérite de conserver un multilatéralisme plus favorable aux pays en développement que la multiplication d’accords bilatéraux. Pour autant, les questions de développement, d’emploi, de gestion des crises alimentaires et de préservation des ressources naturelles n’y sont introduites que par petites touches.

Ces petites touches sont insuffisantes si l’on veut véritablement mettre le commerce international au service du développement durable. Mais comment faire ? La solution se trouve peut être dans une charte élaborée juste après la Seconde guerre mondiale, signée mais jamais ratifiée : la Charte de la Havane, initiée lors de la conférence de Hot Springs de 1943.

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L’accord de libre-échange USA-Europe est peu probable

Alors que les négociations ont débuté entre Etats-Unis et Europe sur un accord de libre-échange, l’économiste Jean-Pierre Lehmann reste très prudent sur les chances d’aboutir et sur les opportunités pour la Suisse.

Quelques heures après la signature de l’accord de libre-échange entre Chine et Suisse, Européens et Américains viennent de se mettre à table pour discuter d’un accord du même type entre eux.

Plombé ces dernières semaines par les débats sur l’exception culturelle française, les enjeux des politiques agricoles américaines ou l’affaire Snowden, ces négociations auraient, selon l’économiste Jean-Pierre Lehmann, professeur à l’IMD Lausanne, très peu de chances d’aboutir à un accord ayant du sens.

Mais ces discussions bilatérales marquent surtout pour lui un nouveau constat d’échec et de renoncement à la voie des négociations multilatérales. Près de douze ans après la conférence interministérielle de Doha sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les négociations régionales ou de bloc à bloc semblent les seules à faire avancer la cause des échanges commerciaux.

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L’Afrique du Sud rejoint les pays émergents du groupe BRIC


L’Afrique du Sud a été formellement invitée à rejoindre le groupe BRIC des grands pays émergents (Brésil, Russie, Inde et Chine), a annoncé vendredi 24 décembre la ministre sud-africaine des affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane.

« La Chine, qui assure la présidence tournante du groupe BRIC, conformément à un accord des Etats membres, invite l’Afrique du Sud à devenir membre à part entière de ce groupe qui s’appellera à l’avenir les BRICS », a déclaré Mme Nkoana-Mashabane à la presse à Pretoria. Le nouveau sigle correspond à l’orthographe anglaise de l’Afrique du Sud (South Africa). Ce pays a la plus forte économie du continent africain, équivalent à un quart du PIB de l’Inde.

Brésil, Russie, Inde et Chine, groupe informel qui tient des sommets réguliers, devraient représenter 61 % de la croissance mondiale en 2014, selon le Fonds monétaire international (FMI). Ils ont pris des mesures pour renforcer leur coopération financière et les investissements mutuels.

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Sortie de crise : on a tout faux

Par Olivier Pastré, professeur à l’université de Paris VIII.

La crise ne fait que commencer. A ceux qui croient qu’une hirondelle budgétaire fait le printemps économique, il convient de rappeler que la méthode Coué ne fonctionne jamais très longtemps dans l’univers de la croissance. Ce n’est pas en montant en épingle quelques indicateurs de consommation glanés ça et là que l’on bâtit un scénario de retour au plein emploi.

Certes, le scénario catastrophe de la déflation a été évité (de peu) grâce à la réactivité des banques centrales et des gouvernements. Mais ce sauvetage in extremis s’est opéré au prix d’une création monétaire porteuse de nouvelles bulles et de déficits budgétaires abyssaux qui ne pourront pas être creusés indéfiniment. Certes, les Bourses se tiennent bien mais elles ne reflètent que la capacité des très grandes entreprises à se redéployer là où la croissance mondiale a perduré, en l’occurrence certains pays émergents.
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Commerce : l’UE accuse Obama de promouvoir le protectionnisme

Le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht a accusé jeudi de “protectionnisme” le président Barack Obama, imputant aux États-Unis le blocage actuel des négociations du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce mondial.

La bataille de Fort Alamo (1836)

“Un des problèmes, c’est que nous ne savons pas ce que veulent exactement les États-Unis. Ils ne veulent pas d’avancées pour le moment, c’est clair”, concernant les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a-t-il déclaré dans un entretien accordé au journal économique belge De Tijd. L’ancien ministre belge des Affaires étrangères, qui a pris ses fonctions à l’UE en février, a fait du cycle de Doha une de ses priorités majeures.

Les États-Unis, a-t-il dénoncé, réclament une plus grande ouverture des frontières des pays en développement aux produits américains mais ne proposent aucune compensation. “L’idée qu’on puisse obtenir des avancées sans faire de concessions est une erreur. Et j’ai l’impression que le processus décisionnel est plutôt à l’arrêt aux États-Unis”, a poursuivi Karel De Gucht, qui représente l’ensemble de l’Union européenne sur les dossiers commerciaux.

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L’illusion de la “mondialisation heureuse” (redif.)

En juin 2009 est paru “Les théories de la mondialité”, dont l’auteur est Gérard Dussouy, professeur de géopolitique à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV.

Un ouvrage iconoclaste, d’un grand intérêt, dont nous reproduisons ici la recension par Jean-Yves Le Gallou.

Ce livre est une mine d’informations et de réflexions sur la mondialisation.

Le point de vue dominant libéral-mondialiste y est clairement exposé : le libre échange mondial, la dérégulation des économies nationales et la globalisation des grandes firmes et des services (Elie Cohen) déboucherait sur « la mondialisation heureuse » (Dominique Strauss-Kahn).

Selon ces théories, le libre échange mondial présenterait deux caractéristiques :

1-Il s’agirait d’un jeu à somme positive ;

2-Tout le monde y gagnerait !

Le premier point mérite discussion : il est possible qu’en termes de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial, la mondialisation ait des effets positifs. Reste à savoir si le PIB est à lui seul une bonne mesure du bien-être des individus et du fonctionnement harmonieux des nations.

Quant au deuxième point selon lequel « tout le monde gagnerait à la mondialisation », il relève clairement de l’illusion : « il n’est pas possible que tous soient gagnants » (p. 17) ; « contrairement à la doctrine officielle, la globalisation a ses gagnants et ses perdants » (p. 78).

Alors qui sont les gagnants et les perdants du « sans frontiérisme » ? Lire la suite

“Sauvons nos emplois : délocalisons Pascal Lamy !”

L’hebdomadaire Marianne de cette semaine (n° 659 du 5 au 11 décembre 2009) nous offre un article décapant du prix Nobel d’économie Maurice Allais qui, dans cette « Lettre aux Français, » lance un cri d’alarme « contre les tabous indiscutés. »

Alors que nous traversons une crise importante, le seul Français Prix Nobel d’économie, écarté de la plupart des médias comme un éternel casse-pieds inclassable, n’est jamais sollicité pour donner à ses concitoyens ses explications des phénomènes dramatiques que nous vivons.

Quand, lors du dernier sommet du G-20, nos dirigeants appellent à conclure au plus vite le cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en faveur d’une dérégulation accrue, Allais évoque leur « ignorance criminelle ».

Car pour lui, « les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. »

Lamy, affirme Allais, « ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage ! »

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