Reprise ou re-crise

La reprise est-elle là ou bien vivons-nous une nouvelle crise ? Que disent les chiffres ? Ils sont les baromètres de l’activité économique. Leur évolution est souvent vue comme un signe avant-coureur du redémarrage de l’activité. Que disent-ils aujourd’hui de la reprise française, promise et confirmée par le gouvernement ?

L’Angle Eco – France 2 05/10/2015

Misère de l’humanité numérique

La compréhension du monde et sa transformation peuvent-elles se réduire à de simples questions de programmation ? Alors que vient de paraître son deuxième ouvrage, Who Owns the Future ?, il n’est pas inutile de discuter les intuitions du geek humaniste Jaron Lanier qui dénonce la standardisation des consciences et la démonétisation croissante de l’économie.

Deux milliards de personnes sont aujourd’hui connectées à internet. D’ici quelques années, la majeure partie de l’humanité vivra enveloppée dans un flux constant d’informations. Les différents éléments de notre quotidien sont en train de devenir smart (les voitures, les frigos, les compteurs électriques, les lunettes, les montres, etc.), et nos organes ne tarderont pas à être eux aussi branchés uns à uns sur le réseau global.

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Baril à 50 dollars : risque de récession majeur pour le secteur pétrolier

Il y a des courses de fond. Celle-ci est une course vers le fond. Les cours du baril dégringolent à 50 dollars cette semaine, du jamais vu depuis le lendemain de la crise de 2008. Aussi vertigineuse qu’inattendue, la chute du prix de l’or noir atteint désormais 55 % depuis le début du mois de juin.

Est-ce la preuve d’un retour durable à l’abondance pétrolière ? Pas si vite.

Conséquence à la fois du boom du pétrole “de schiste” aux Etats-Unis et de la fragilité de la croissance économique mondiale, ce contre-choc pétrolier est en passe de mettre à nu bien des rois du pétrole.

D’ouest en est et du nord au sud, tous les producteurs pétroliers du monde, grands et petits, pompent aujourd’hui le brut à tombeau ouvert afin de sauvegarder un tant soit peu leurs chiffres d’affaires, en espérant que le concurrent d’à côté calanchera le premier.

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« Les nouveaux indicateurs de richesse doivent redonner du sens à l’action politique »

Mettre en visibilité, au même niveau que le PIB, de nouveaux indicateurs de qualité de vie et de développement durable, et en faire de véritables outils de pilotage des politiques publiques : tels sont les objectifs de la proposition de loi qu’Eva Sas, député écologiste, a déposé à l’Assemblée nationale. Proposition qui sera débattue au mois de janvier.

Quelle est la teneur de votre proposition de loi sur les nouveaux indicateurs de richesse ?

Nous demandons que le gouvernement remette au Parlement, le premier mardi d’octobre de chaque année, lors de la publication de la loi de finance, un rapport présentant « l’évolution, à moyen terme, des indicateurs de qualité de vie et de développement durable, ainsi qu’une évaluation qualitative ou quantitative de l’impact des principales réformes engagées l’année précédente ou envisagées pour l’année suivante ».

Il ne s’agit pas de faire un nouveau tableau de bord que personne ne consulte, mais de mettre en visibilité des indicateurs déjà existants, comme l’indice synthétique de santé sociale ou l’empreinte écologique, et de leur offrir un même niveau de communication que le PIB.

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Mondialisation : fin du début ou début de la fin ?

Si vous l’achetez aujourd’hui, un téléphone portable neuf transitera par plus de vingt pays avant d’atteindre le fond de votre poche. Prises dans une course folle à la compétitivité, les multinationales mondiales se sont imposées, de gré ou de force, aux quatre coins de la planète. Mais à quel prix, et pour combien de temps encore ?

Si vous l’achetez aujourd’hui, un téléphone portable neuf transitera par plus de vingt pays avant d’atteindre le fond de votre poche.

Démondialisation ?

Coup d’arrêt de la progression de la mondialisation financière, États de plus en plus réticents face aux investissements étrangers, recentrage de la Chine sur son marché intérieur… : autant de signes qui laissent présager ce retrait.

Réalisé par Jacques Goldstein et Gualberto Ferrari (France – Décembre 2014)

(Merci à Jump124)

Jacques Attali : “Les (hyper) métropoles vont supplanter les nations”

Les métropoles de demain seront altermodernes, c’est-à-dire à la fois durables et attractives, plus soucieuses de l’environnement, de l’humain et du « vivre-ensemble ». Une métropole durable n’est pas seulement une métropole verte, elle se définit par de multiples facettes : économiques, sociales, politiques, culturelles et écologiques. Les nouvelles technologies y dessinent un nouvel avenir.

La concurrence accrue au sein d’un archipel mondial nécessitera une constante adaptation de la part des métropoles pour pouvoir rester attrayantes sur tous les plans. Elles devront miser sur des technologies nouvelles, interconnectées, qui tirent profit de la densité de population offerte par les aires urbaines.

Les métropoles devront savoir attirer une classe moyenne grandissante, mais aussi composer avec une élite hypernomade et sans attache, et avec des populations de travailleurs toujours plus itinérantes, déménageant au gré de la demande de main d’œuvre.

L’adaptation aux besoins de ces trois groupes devra se faire dans une logique intégrée, impliquant l’ensemble des populations urbaines ainsi que les territoires à proximité directe, dans le but de bâtir un projet métropolitain cohérent qui apportera une nouvelle façon de vivre et de penser les métropoles.

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L’indicateur de progrès véritable : est-ce lui qui va remplacer ou compléter le PIB ?

La carrière des indicateurs est une chose intéressante. Certains semblent installés pour des lustres pendant que d’autres aspirent à les détrôner ou à les compléter. Leur carrière future dépend des « réseaux d’intéressement » (termes de sociologues de l’innovation) qui se forment pour les défendre, et de l’influence de ces réseaux sur les décisions politiques, lesquelles sont seules en mesure de décider que tel ou tel indicateur sera désormais placé en haut de l’agenda politique et donc statistique.

Vue sous cet angle, la carrière publique de l’indicateur de progrès véritable ou IPV (en anglais, GPI, Genuine Progress Indicator) est curieuse. Après avoir été assez en vogue jusqu’au milieu des années 2000, il est plus ou moins tombé dans l’oubli, y compris du côté des écolos qui ont été à l’origine de sa mise au point.

Mais il est réapparu en 2013 parce que de très grands noms de l’économie écologique ont décidé de l’utiliser dans des articles et livres qui ont fait le tour du monde (de l’écologie politique). C’est en particulier le cas du livre « Vivement 2050 ! Programme pour une économie soutenable et désirable », coordonné par Robert Costanza, et surtout de l’article collectif sur l’IPV dans la revue Ecological Economics (n° 93, 2013).

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L’essor sans précédent de l’Indice de Développement Humain du Sud

L’essor du Sud est en train de modifier radicalement l’aspect du monde du XXIème siècle, grâce aux nations en développement qui mènent la croissance économique, extirpant des centaines de millions de personnes de la pauvreté et propulsant des milliards de personnes supplémentaires dans une nouvelle classe moyenne mondiale. C’est ce que révèle le Rapport sur le développement humain 2013 du Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD).

Le Rapport sur le développement humain 2013 – L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié – dresse le tableau du développement des pays via l’actualisation du célèbre Indice de Développement Humain (IDH).

Ces nouveaux chiffres montrent une amélioration constante du développement humain dans la plupart des pays. D’après le Rapport 2013, « Tous les groupes et régions ont connu des améliorations significatives dans tous les composants de l’IDH, avec des progrès plus rapides dans les pays à IDH faible et moyen. Dans ce contexte, le monde devient peu à peu moins inégalitaire. »

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La Chine pulvérise les États-Unis sur la scène économique mondiale

Avez-vous déjà regardé un match de football ou un match de basket où une équipe domine tellement l’autre que dire que c’est une “tuerie” est un euphémisme? Eh bien, c’est ce que fait la Chine aux États-Unis. La Chine a complètement pulvérisé l’Amérique sur la scène économique mondiale.

Il était une fois une économie chinoise qui était une plaisanterie et l’économie des États-Unis qui était la plus puissante que le monde ait jamais vue. Mais au cours des deux dernières décennies l’économie américaine a décliné et dépéri, alors que l’économie chinoise s’est épanouie et envolée. Aujourd’hui, la Chine produit plus d’acier, plus d’automobiles, plus de bière, plus de coton, plus de charbon et plus de panneaux solaires que nous. La Chine possède le train le plus rapide du monde, l’ordinateur le plus rapide du monde et exporte deux fois plus de produits high-tech que nous le faisons.

En 2011, le déficit commercial américain avec la Chine était le plus grand déficit commercial qu’une nation ait eu avec une autre nation de toute l’histoire ; aujourd’hui la Chine a maintenant accumulé plus de 3 trillions de dollars en réserves de change. Chaque jour, nous abandonnons plus d’emplois, plus d’entreprises et plus de notre richesse nationale à la Chine. En termes techniques économiques, la Chine “nous a mené derrière le hangar à bois” – dans un recoin de la scène internationale – et nous a battu à plate couture.

Malheureusement, la plupart des Américains sont tellement accros à l’amusement qu’ils ne réalisent même pas ce qui se passe.

Si vous ne croyez pas que la Chine est en train de savonner la planche de l’Amérique au nez et à la barbe du reste du monde, continuez votre lecture. À suivre, les 47 signes prouvant que la Chine a complètement pulvérisé  l’Amérique sur la scène économique mondiale…

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La fin de la croissance

L’idée attaque une prémisse au coeur de notre pensée économique. Certains prêtres de cette pensée osent pourtant l’envisager très sérieusement.

On pourrait mettre toute cette histoire sur le compte de la déprime collective qui frappe les économies développées depuis leur spectaculaire dégringolade que l’on sait. Y voir des idées noires qui seront rapidement dissipées aussitôt qu’une vraie reprise se fera enfin sentir. Mais les arguments mis de l’avant et leurs conséquences sur notre future qualité de vie sont suffisamment sérieux pour qu’on y prête attention.

Ce que nous disent ces économistes et ces historiens, c’est que ceux qui attendent que le Congrès américain trouve une façon de passer son mur budgétaire ou que la crise de la zone euro soit réglée pour que les pays développés retrouvent enfin le rythme de croissance économique qu’ils ont connu depuis presque un siècle risquent d’être déçus.

L’un des derniers en date à se pencher sérieusement sur cette question de « la fin de la croissance » est Robert Gordon. Dans un article remarqué publié à la fin de l’été sous l’égide du National Bureau of Economic Research américain, l’économiste de l’Université Northwestern commence par rappeler qu’il avait fallu cinq siècles pour que le niveau de vie double, dans les pays occidentaux les plus avancés, des années 1300 et 1800. Ce rythme a commencé ensuite à s’accélérer, ce niveau de vie doublant une nouvelle fois durant le siècle suivant, puis doublant à nouveau en l’espace de seulement 28 ans, entre 1929 et 1957, et doublant encore durant les 31 années qui ont suivi.

Mais cette période faste est terminée, prévient l’expert. Le délai nécessaire pour le prochain doublement sera de nouveau de l’ordre du siècle.

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La création monétaire, œuvre du diable

Jens Weidmann, président de la Bundesbank s’est opposé à la récente opération OMT[1] de Mario Draghi,président de la BCE. Dans un de ses discours[2], il cite le Faust II de Goethe,  génie littéraire allemand né… à Francfort, siège de la BCE et de la BUBA. Et rappelle cette scène : l’Empereur est à court d’argent. Il se lasse des propositions mesurées qui lui sont faites et proclame : « J’en ai assez de ces éternels « Mais » et « Si » ; Je manque d’argent, alors qu’on en crée donc ! » Et le Diable, Mephisto, d’abonder dans le sens du Souverain : « Je crée ce que vous voulez, et j’en fais même bien plus. » L’histoire finit évidemment mal….

Cette allusion pourrait passer pour une simple preuve de culture littéraire, si le Faust II n’était en fait présent sur les murs de la Banque Centrale Allemande ! Impossible de rentrer dans ce temple moderne sans penser à Faust. Nous sommes là au cœur du dogmatisme. En fait en pleine religion.  Il est en effet bien connu, et enseigné dans tous les livres d’économie[3],  que les banques secondaires créent de l’argent par un simple jeu d’écritures. Les « prêts » font les « dépôts », dit-on en résumé. Si la banque me prête 1000 euros, elle les inscrit ex nihilo sur mon compte bancaire, inscrit en contrepartie à son actif la créance qu’elle a sur moi. Créance éteinte et monnaie détruite quand je rembourse ma dette.  Tout cela, si l’on en croit Goethe et avec lui Jens Weidmann, serait diabolique ?

La monnaie satanique si elle publique angélique si elle est privée ?

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Pour une Révolution du Système Monétaire

Le présent texte constitue une contribution à la journée du 24 mars, organisée par les économistes atterrés, à l’université de Paris 1 Panthéon, et consacrée à la création monétaire. Il est  une synthèse revue et corrigée d’articles déjà publiés sur le blog de Jean-Claude Werrebrouck .

La monnaie : une structure de réseau  bien problématique                    

La monnaie est l’équivalent d’une infrastructure, telle un réseau ferroviaire assurant la circulation des personnes et des biens, ou un réseau électrique assurant la circulation des kilowattheures.

Les particularités du  réseau monétaire parmi les réseaux en général

L’industrie bancaire assure la circulation des marchandises en assurant la circulation de la monnaie entre ces ports que sont des comptes abrités dans des banques. Les banques, sont comme la SNCF ou EDF d’avant la libéralisation, et il est impossible de séparer le réseau de ses véhicules : le paiement, largement électronique, est à la fois réseau et véhicule. Comme la SNCF où il apparaissait impensable, avant la libéralisation, de séparer le réseau ferré du matériel roulant.

Mais il est des différences : le réseau bancaire n’est pas monolithique et se trouve peuplé de banques en concurrence. Qui plus est, cette concurrence peut entrainer des modifications de parts de marché entre les ports. Ce qui n’était pas le cas du chemin de fer ou des compagnies d’électricité d’avant les nationalisations de 1945 : les acteurs restaient des monopoles sur les parts de réseau qu’ils contrôlaient. Le caractère non monolithique du réseau bancaire est peu gênant pour la circulation de la monnaie. Outre qu’il existe une norme monétaire commune au dessus de chaque monnaie de banque (une unité de compte), il existe un marché monétaire assurant la cohérence continue du réseau : la monnaie Société Générale se transforme en tous points de l’espace couvert par le réseau, en monnaie BNP , en monnaie Crédit Agricole, etc.

Une autre différence est le fait que la monnaie comme infrastructure de type réseau, est propriété d’agents nombreux et divers, qui peuvent agir sur lui, en le rendant plus ou moins actif. Derrière cette idée, il y a la plus ou moins grande vitesse de circulation de la monnaie, voire son blocage éventuel. Et cette dernière circonstance, résulte du fait que la monnaie n’est pas seulement infrastructure de la circulation : elle est aussi instrument de l’accumulation. Les économistes diront qu’elle n’est pas qu’instrument de paiement, mais aussi réserve de valeur. Les conséquences en sont considérables. Cela revient à dire – en poursuivant la comparaison avec la SNCF ou EDF- que par exemple des trains s’accumulent dans des gares. Et la comparaison est intéressante, car dans l’un et l’autre cas les marchandises cessent de circuler. Et c’est précisément parce que la monnaie est elle-même marchandise (instrument de stockage de richesse) plus ou moins convoitée qu’elle peut gêner/faciliter la circulation de toutes les autres marchandises : l’infrastructure réseau est plus ou moins stable.

Et parce que marchandise, elle peut être fabriquée comme toutes les autres marchandises. En se désaliénant de la « contrainte métallique » les hommes ont, en la matière, généré des gains de productivité infinis : le coût de fabrication de la monnaie est proche de zéro, et pour les banques centrales, et pour les banques privées, qui depuis un grand nombre d’années se partagent le monopole de la création monétaire. De fait, il s’agit d’un coût marginal, puisque bien des coûts fixes demeurent, spécificité qui rappelle là aussi  ces « monopoles naturels » que sont les réseaux classiques.

Le réseau monétaire est un bien public créateur d’ordre social

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L’Europe en route vers la dépression

En mai 2010, le gouvernement de la Grèce a été confronté à un problème sur le service de sa dette. Dans le contexte de la zone euro dans son ensemble, les difficultés grecques étaient mineures, équivalant par exemple à un État américain incapable d’équilibrer son budget, comparativement aux USA. La solution évidente était que la Banque centrale européenne acquiert tout ou partie de la dette grecque, mettant ainsi fin au problème d’un trait de plume. Une fois cette difficulté purement financière éliminée, les discussions politiques auraient pu débuter.

La mission d’une banque centrale est double : 1) Assurer la liquidité du système financier structurellement fragile en raison du désappariement des maturités et de l’effet de levier sur la monnaie centrale qui sont à la base de l’activité des banques. 2) Soutenir l’activité et prévenir la surchauffe en pilotant les taux directeurs, ce qui inclut le taux appliqué à la dette d’Etat, qui définit un plancher au dessus duquel viennent s’étager les autres compartiments de risque. Ces objectifs impliquent que l’institut d’émission intervienne en soutien aux banques, mais aussi au Trésor, comme c’est massivement le cas aux USA, au Japon, en Grande Bretagne, et même au Canada, où la banque centrale acquiert 15% des émissions souveraines.

Par construction, l’Union européenne, en interdisant le soutien de la dette publique, a créé les conditions de sa faiblesse, acceptant de facto de s’exposer aux effets déstabilisateurs et déstructurants des mouvements browniens spéculatifs, voyant sans doute dans la menace de sanction des marchés un garde fou souhaitable. Ce faisant, elle impose aux États des règles qui ont depuis longtemps été abandonnées concernant les banques. On sauve les unes, on sanctionne les autres, les acculant à l’austérité et bientôt à la faillite. Tout cela parce que les marchés, n’est-ce pas, ont toujours raison.

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Croissance économique : dures limites

Rencontre avec le Pr Dennis Meadows, auteur d’un célèbre rapport consacré aux limites de la croissance. Si nous ne nous fixons pas de limites, celles-ci s’imposeront à nous.

Nous vivons aujourd’hui une crise économique doublée d’une crise écologique et énergétique. Y voyez-vous les premiers signaux d’une “crise de croissance” ?

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Quelques prévisions économiques, financières et monétaires

A notre avis, le déclin accéléré de l’Occident – Union européenne (à l’exception de l’Allemagne et de quelques petits États), Grande Bretagne mais aussi USA – vis-à-vis des pays émergents (BRIC) se poursuivra en 2011. Tant aux plans de leur influence géopolitique (ils ne sont plus en mesure de contrôler la plupart des institutions internationales, leurs cultures ne sont plus dominantes et leur modèle de développement à l’heure de la mondialisation généralisée est devenu obsolète) qu’économique (étant de moins en moins compétitifs, ils accumulent des déficits croissants de commerce extérieur ce qui diminue le pouvoir d’achat de leurs consommateurs atteints, en outre, par un chômage de masse et la diminution des prestations sociales du fait du démantèlement de l’État-providence) que financière et monétaire.

Leurs dettes étatiques et privées, déjà à leur plus haut niveau historique, continuent de s’accroître de façon exponentielle sans que leurs programmes de monétisation – dits de Quantitative Easing – et la dévaluation compétitive de leurs monnaies apportent de solution à moyen et long termes puisqu’ils ne créent que des bulles artificielles des marchés d’actions ou d’autres actifs destinées à exploser, tout en repoussant à plus tard l’ajustement drastique auquel ils devront finir par se résoudre).

Quant à pratiquer au pire moment de vraies politiques de rigueur en Occident, pour autant que cela ne déclenche pas une révolte sociale et politique des populations, cela ne pourra qu’accroître sa récession (à l’exemple de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne, du Portugal, etc.). On va vers une diminution globale de la croissance économique qui devrait progressivement se transformer en dépression.

De leur côté, les pays émergents ne sont pas encore en mesure de substituer rapidement la croissance de leur consommation intérieure à leur modèle économique basé sur l’exportation qui va s’épuiser du fait de la moindre consommation dans les pays occidentaux, d’autant que la richesse étant très inégalement répartie dans lesdits pays il n’y aura pas à court terme chez eux le “boom” de leur économie domestique que beaucoup d’analystes anticipent à tort.

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En Europe, la rigueur frappera les aides sociales et la fonction publique

Les caisses de l’État sonnant vide presque partout en Europe, le déficit public est devenu la cible de tous les budgets présentés ces dernières semaines devant les Assemblées des États-membres. Les mesures tournent autour de trois grands axes : réduction des aides sociales, coupes dans la fonction publique et recours à l’arme fiscale.

* Une réduction généralisée des aides sociales

Sans surprise, c’est au Royaume-Uni que les coupes sont les plus franches : le budget de l’assurance sociale y atteint 194 milliards de livres (222 milliards d’euros), de quoi en faire une cible privilégiée du plan d’austérité présenté par la coalition au pouvoir.

Au risque de susciter de vives polémiques, le chancelier de l’échiquier, George Osborne, a annoncé lundi 4 octobre que les aides sociales seront désormais plafonnées et ne pourront plus dépasser le revenu moyen britannique, soit environ 500 livres par semaine (580 euros). M. Osborne a également sonné le glas des allocations familiales “pour tous” : les ménages les plus aisés ne pourront plus y prétendre. 1,2 million de familles britanniques seraient concernées, pour une économie d’environ un milliard de livres.

Les allocations logement seront également révisées à la baisse, ce qui pourrait entraîner, selon les détracteurs du projet, un exode massif des familles vers les banlieues, les centres-villes, qui comptent parmi les plus chers d’Europe, étant devenus inabordables pour les familles de la classe moyenne.

Présentée comme une réforme “juste” par le premier ministre, David Cameron, cette mesure est très critiquée par l’opposition, mais aussi dans les rangs du Parti conservateur.

Au Portugal, le projet de budget pour l’année 2011 prévoit une baisse du montant du revenu minimum d’insertion ainsi que la suppression des allocations familiales pour les revenus les plus élevés. Déjà très affectée par une réforme du travail controversée, qui facilite les licenciements économiques et diminue les indemnités, l’Espagne a dû de son côté mettre fin à un certain nombre de prestations sociales, tel le “chèque bébé” et l’aide aux chômeurs de longue durée.

* La fonction publique au régime sec

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La zone euro en soins intensifs. En attendant une nouvelle crise ?

Pendant plus de six mois, depuis novembre 2009, Bruxelles a observé avec un vif intérêt comment la Grèce, au bord de défaut de paiement, a couru à la vitesse de celui qui va « rater son train » vers la Gare centrale de l’euro en menaçant de la détruire. Enfin, le 10 mai, l’Union européenne a décidé de créer un « mécanisme de stabilité financière. » Il s’avère cependant qu’il faut sauver déjà non pas l’Hellade, pas même la zone euro, mais l’UE dans son ensemble.

Les sommes citées coupent le souffle aux simples mortels. Il s’agit d’une « caisse de secours mutuel » de plus de mille milliards de dollars (750 milliards d’euros). Cette action a déjà apaisé la panique mais on est encore loin des changements structurels attendus au sein de l’Eurogroupe (16 pays de la zone euro). Le fait est que le développement économique de ces pays, leur niveau d’endettement et leur capacité à régénérer l’économie (base de tous les problèmes des États membres de l’UE) sont très différents.

Pour évaluer l’ampleur du désastre qui approchait, on peut rappeler que l’administration des États-Unis avait été contrainte d’allouer 545 milliards d’euros en 2008 afin de couvrir les « mauvais prêts » des banques américaines. L’UE alloue 750 milliards d’euros pour les « mauvais prêts » de pays entiers.

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« Une bataille est gagnée, la crise n’est pas terminée »

Yannick Roudaut, anime une cellule de veille et de prospective sur l’économie durable et la finance responsable au sein d’Alternité. Chroniqueur économique, auteur de « L’Alter Entreprise » (Dunod), il analyse le plan de défense de la zone Euro et les effets de la crise financière.

- Le méga-plan de secours des pays de l’Union européenne et l’action concertée des banques centrales seront-ils suffisants pour endiguer la crise ?

A court terme, oui. La réaction des investisseurs est d’ailleurs unanime.

En débloquant potentiellement 750 milliards d’euros, l’Europe apporte une réponse à la crise de liquidités. Les pays en difficultés devraient désormais pouvoir se financer dans de meilleures conditions de taux d’intérêt.

A moyen terme, le plan, ne résout pas la crise budgétaire. L’un des points soulevés ces dernières semaines, est celui de la capacité des états comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à réduire sensiblement leur déficit budgétaire. On leur donne certes les moyens de ne pas faire défaut sur leurs dettes, mais le problème du retour à la croissance économique et de la réduction des déficits pour revenir aux exigences de Maastricht demeure. Une bataille est gagnée, mais la crise n’est malheureusement pas terminée.

- D’autres actions sont-elles nécessaires ?

Les pays les plus fragiles vont peut-être devoir commencer à restructurer leur dette rapidement. Cela veut dire que leurs créanciers (banques, compagnies d’assurances, États) vont peut-être devoir provisionner une partie des pertes. Au-delà de ces mesures financières, il faut que nos responsables européens poursuivent leurs efforts politiques pour faire évoluer l’Europe vers le fédéralisme ou une forme équivalente. Cette crise nécessite une réponse politique forte. Le cas échéant, de nouvelles attaques financières sont prévisibles au cours des prochains mois.
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Afrique : près de 715 milliards de dollars évadés en 38 ans !

Le montant de l’argent volé par les dirigeants africains est faramineux, astronomique, intersidéral !

Un rapport publié le 26 mars 2010 par l’organisme financier euro-américain Global Financial integrity tend à démontrer que, durant 39 ans, les six pays d’Afrique centrale ont émis 40,366 milliards de dollars américains (à peu près 161.500 milliards de FCFA) de capitaux frauduleux sur un total d’un peu plus de 715 milliards de dollar (environ 331.000 milliards de FCFA) en Afrique. Sur la base actuelle du cours du dollar qui est de 463 FCFA pour 1 dollars américains.

Les sommes sont astronomiques.

En 38 ans, 715,026 milliards de dollars américains (plus de 331,5 millions de milliards de FCFA) de capitaux illégaux ont été émis par le continent africain. C’est ce que révèle une étude publiée le 26 mars 2010 par l’organisme financier américain Global Financial Integrity (Gfi).

Ladite étude (Illicit financial flows from Africa: hidden resource for development [Flux de capitaux illicites à partir de l’Afrique: ressource cachée pour le développement]) couvre la période de 1970 à 2008. La seule sous-région de l’Afrique centrale a produit un flux de 40,366 milliards de dollars US (à peu près 18 mille milliards de FCFA) d’argent illégal.
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