« J’ai choisi la décroissance »

Frédéric a 45 ans, un métier, une compagne, une maison. Une vie normale en soi, à ceci près qu’il a construit sa maison et que cette dernière n’a pas l’eau courante, ni l’électricité. Frédéric est décroissant, un mode de vie qu’il a choisi parce qu’il refuse le monde de la surconsommation et de relations virtuelles. Témoignage.

J’ai 45 ans et j’habite depuis juillet 2013 dans une maison que j’ai construite moi-même. Je n’ai ni l’eau courante, ni l’électricité. Ma démarche s’inscrit dans la décroissance, ou la “sobriété heureuse“, comme dirait Pierre Rabhi.

Contrairement aux idées reçues, la décroissance n’est pas un concept de bobos ou de hippies. J’ai un métier, je suis bénévole en soins palliatifs et par ailleurs marathonien. Cette décroissance, pour moi, est une manière de vivre simplement. Une façon de privilégier l’être au paraître, les contacts humains aux contacts virtuels et le partage avant tout.

Je n’ai donc pas de télé, pas de frigo, pas d’ordinateur, pas de lave-linge ni de lave-vaisselle. Je me passe très bien de la télé. Le temps que je ne perds pas à la regarder me permet de m’investir dans d’autres activités. Je la trouve abrutissante, débilitante.
Lire la suite

Pétrole : L’effondrement des cours est-il une question d’offre ou de demande ?

Les cours du pétrole ont diminué de moitié entre juin et décembre 2014. Les retombées de ce recul sur l’économie mondiale dépendent de manière cruciale des facteurs sous-jacents. Si elle tient à une augmentation de l’offre, la baisse aurait dû stimuler la croissance mondiale de diverses façons, notamment en relevant les revenus réels des consommateurs de pétrole. En revanche, si elle est imputable à une contraction de l’activité, elle serait purement et simplement le symptôme d’une faiblesse de la demande mondiale.

Il est difficile d’identifier les chocs à l’origine du recul. Le pétrole brut est un bien stockable et, à ce titre, un actif réel : son cours dépend non seulement de la situation de l’offre et de la demande, mais aussi des anticipations sur l’évolution du marché. Ces anticipations dépendent elles-mêmes de nombreux facteurs, dont les perspectives de l’économie mondiale, mais elles influent aussi sur ces perspectives (par exemple, une vision pessimiste de l’offre de pétrole devrait entraîner une hausse des cours et, en conséquence, un recul de l’activité).

Le présent encadré examine deux approches efficaces pour dissocier les chocs sur l’offre et sur la demande qui ont provoqué l’effondrement des cours en 2014. L’identification des chocs dépendant du modèle sous-jacent, les deux séries de résultats ne donnent pas une évaluation chiffrée précise, mais présentent une vision d’ensemble des facteurs susceptibles d’avoir causé cet effondrement.

La première approche dissocie les chocs sur l’offre de ceux sur la demande en examinant les variations parallèles des cours du pétrole et des valeurs mobilières. Plus précisément, un modèle d’auto-régression vectorielle (ARV) est estimé avec des données quotidiennes sur les cours du pétrole (brut Brent) et les cours mondiaux des valeurs mobilières (Morgan Stanley Capital International All Country World Index) entre le 2 janvier 1991 et le 5 janvier 2015.
Lire la suite

Et si l’on se refaisait une crise financière?

De l’argent qui coule à flots tandis que la montagne de la dette grandit: la croissance mondiale dont la zone euro commence à bénéficier elle aussi ne repose-t-elle pas sur des bases très fragiles ?

Si l’on en croit le Fond monétaire international, la croissance mondiale devrait accélérer doucement pour passer de 3,3% en 2013 et 2014 à 3,5% cette année et à 3,7% en 2016.  La baisse du prix du pétrole explique une partie de ce regain de vigueur, mais l’essentiel vient de la politique extrêmement stimulante menée par les grandes banques centrales. Aux Etats-Unis, cela fait près de sept ans que la Réserve fédérale mène une politique de taux zéro et la croissance semble solidement établie à plus de 2,5% l’an.

Ne serait-il pas temps de revenir à une politique plus tempérée? Déjà, la banque centrale a arrêté ses injections massives de liquidités; elle s’apprête maintenant à remonter ses taux directeurs, mais elle avance avec beaucoup de précautions. Au point d’inquiéter des économistes qui craignent une action trop tardive. Ainsi que le rappelle Philippe Weber, responsable étude et stratégie de CPR AM«il faut entre six et huit trimestres pour qu’une hausse des taux fasse de l’effet». Mieux vaudrait donc ne pas trop attendre.

Lire la suite

États-Unis : Militantisme et alimentation alternative

Les mouvements pour une alimentation alternative sont-ils une panacée contre l’obésité, les problèmes de santé d’origine alimentaire et la mauvaise alimentation ? Nul besoin d’être réactionnaire pour voir les limites de cette proposition ; difficile pourtant de renoncer à cette croyance. Julie Guthman, dont le travail a presque à lui seul inauguré la recherche scientifique sur ces questions, nous aide à comprendre pourquoi.

Vous êtes principalement connue comme spécialiste de l’obésité et des produits biologiques. Mais plus généralement, on pourrait vous décrire comme chercheuse en études sur l’alimentation, un domaine à la fois assez récent et spécifique au monde anglophone. De quoi s’agit-il et comment y êtes-vous venue ?

Julie Guthman : Un nombre important de travaux tombent sous la catégorie des études sur l’alimentation, y compris dans les sciences dures. Mais dans les sciences humaines et sociales, trois courants différents peuvent être observés. Premièrement, il y a des travaux assez descriptifs qui se rapprochent de la littérature populaire et qui décrivent, souvent en des termes admiratifs, une expérience alimentaire, un restaurant, ou des produits alimentaires.
Lire la suite

Le casse-tête de la croissance

Le monde est confronté à un dilemme majeur. Si une croissance économique rapide, comme celle des 50 dernières années, est essentielle au développement, nous savons aussi aujourd’hui qu’elle peut avoir des conséquences néfastes, en particulier pour l’environnement. Comment pouvons-nous équilibrer les impératifs de la croissance et du développement avec la nécessité de garantir la durabilité ?

La croissance sans précédent du revenu par habitant au cours des vingt dernières années a sorti plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté. Dans les pays en développement, l’espérance de vie a augmenté de 20 ans depuis le milieu des années 1970 et le taux d’analphabétisme des adultes a été réduit de moitié environ ces 30 dernières années.

Mais cette croissance économique rapide a exercé d’énormes pressions sur l’environnement. Elle a de plus été accompagnée d’inégalités croissantes des revenus qui ont aujourd’hui atteint des niveaux historiques dans plusieurs pays (même si entre les pays mêmes, ces inégalités se sont atténuées). Dans ce contexte, l’on pourrait défendre l’idée qu’une croissance plus lente serait bénéfique pour le monde.

Dans ce cas, la solution est en vue. Selon un nouveau rapport publié par le McKinsey Global Institute (MGI), le vieillissement démographique et la baisse du taux de fertilité dans plusieurs régions du monde pourraient considérablement freiner la croissance mondiale au cours du prochain demi siècle.
Lire la suite

L’OCDE redoute une nouvelle crise financière

L’organisation prévoit néanmoins en zone euro une croissance de 1,4 % en 2015 et 2 % en 2016, soit davantage que dans ses précédentes estimations.

L’OCDE se montre nettement plus optimiste pour la zone euro dans ses prévisions de croissance publiées mercredi (18 mars), mais s’inquiète fort de la très faible inflation dans la région, et de la surchauffe financière partout dans le monde.

Lire la suite

Modernité et modération (Audio)

Émission “Répliques” d’Alain Finkielkraut  avec Rémi Brague, professeur émérite de philosophie à Paris I et à l’université de Munich et Olivier Rey, chercheur au CNRS, enseignant à l’École polytechnique et à l’université Panthéon-Sorbonne, philosophe, diffusée sur France Culture le 17/01/2015.

Jacob Peter Gowi, la Chute d’Icare, XVIIè siècle

Modérer la modernité reviendrait à imposer une limite, une mesure, à l’hybris technicienne qui, dans son fantasme progressiste, ne peut se penser que dans l’illimitation et la transgression permanente. Cela est-il seulement possible ?

Nous ne pouvons apparemment plus compter sur la philosophie pour nous y aider, car elle a perdu le sens du proportionnel en confiant le domaine du mesurable, du quantitatif, aux scientifiques pour se réserver le domaine du qualitatif : les concepts créés n’ont alors plus aucun lien avec le réel. D’où pourrait venir la solution ?

« La position du Royaume-Uni est-elle si enviable ? »

En apparence, le pays va bien, porté par le rebond de la croissance et le recul du chômage sous la barre des 6%. Mais la réalité est tout autre : c’est l’endettement des ménages, le recul du taux d’épargne et un déficit public très élevé qui soutiennent cette croissance alors que les forces structurelles du pays n’ont cessé de décliner estime Jean-Luc Buchalet, PDG de Pythagore Consult et membre du Cercle des analystes indépendants.

Les bonnes performances réalisées par l’économie britannique poussent un certain nombre d’observateurs à extrapoler cette croissance pour les années à venir. Durement frappée pendant la crise entre 2008 et 2012, la Grande Bretagne a depuis renoué avec une croissance forte de 2.6% en 2014, la plus forte des pays du G7. Ce retour vers une croissance soutenue a été récemment salué par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le taux de chômage est repassé sous la barre des 6% de la population active, rapprochant inexorablement le pays du plein emploi. Ces bons chiffres ne cachent-ils pas une situation beaucoup moins favorable qu’il n’y parait a priori ?

Lire la suite

Europe : La transformation numérique du continent

Par, Directeur de Cisco

L’Europe est à l’aube d’une transformation technologique sans précédent. C’est ce que j’appelle l’ « Internet of Everything », à savoir cette pénétration de l’Internet mondial dans tous les aspects de notre vie quotidienne. Bientôt les technologies portables nous informerons sur la qualité de notre sommeil et sur la nécessité ou non de pratiquer un exercice physique.
Les capteurs présents dans nos rues nous permettront d’éviter les embouteillages et de trouver où nous garer. Les applications de télémédecine permettront également aux médecins de traiter des patients situés à des centaines de kilomètres.

Cette transition majeure est vouée à refaçonner la manière dont les citoyens interagissent avec leur gouvernement, à révolutionner des industries tout entières, et à transformer la manière dont nous communiquons les uns avec les autres.

En Europe, l’Internet of Everything émerge comme la plus forte promesse de redynamisation d’une économie en berne, et de lutte contre ce chômage persistant qui affecte le continent, à mesure que les entreprises, les villes et même les États se positionnent en tant que leaders de l’innovation, de la croissance et de la création d’emplois.
Lire la suite

Terra incognita : La reprise mondiale, à quel prix ?

Emboîtant le pas aux Etats-Unis, la croissance en Europe accélère enfin. Mais le poids de l’endettement et le risque accru de guerre des changes fragilisent l’embelli.

Les faits – Une économie américaine qui reste encore très dynamique, une Europe qui repart et des pays émergents qui résistent : le paysage conjoncturel mondial, porté par un effondrement du prix du pétrole, a rarement été aussi positif. Salué par les marchés boursiers, ces faits dissimulent pourtant la montée de phénomènes incontrôlés et imprévisibles rendant l’avenir toujours aussi incertain.

Lire la suite

Brésil : Le pays est en passe d’entrer en récession

L’économie brésilienne a enregistré en 2014 une croissance de 0,1 %, sa plus mauvaise performance depuis 2009, et la faiblesse de l’investissement, l’inflation élevée et la montée du chômage augurent d’une récession douloureuse cette année.

Le Brésil a stagné en 2014 avec un PIB en hausse d’à peine 0,1 %, alors que la septième économie mondiale affronte des vents adverses et s’apprête à entrer en récession en 2015. Le chiffre annoncé le 27/03/2015 par l’Institut brésilien de géographie et statistique (IBGE) dépasse légèrement les prévisions : la Banque centrale tablait sur une contraction de 0,1 % et la majorité des analystes prévoyait une croissance zéro.

Au 4e trimestre 2014, l’économie brésilienne a reculé de 0,2 % par rapport aux trois derniers mois de 2013. L’industrie, secteur le plus affecté, s’est contractée de 1,2 % en 2014, tandis que le secteur agro-industriel a progressé de 0,4 % et celui des services de 0,7 %, a précisé l’IBGE.

Le Brésil se prépare à entrer en récession sous le double effet de la crise et de l’ajustement budgétaire que tente de mettre en œuvre le gouvernement, pour enrayer la dérive des comptes publics et éviter une dégradation de la note souveraine du pays par les agences internationales.
Lire la suite

Le PIB et la croissance en questions

Quelle a été la croissance l’année dernière ? De combien sera-t-elle cette année ? Ces questions sont récurrentes dans le débat public. Mais qu’est-ce exactement que la croissance ? Comment l’Insee la calcule-t-il ? Et à quoi cela sert-il ?

Cette vidéo donne la parole à des économistes pour expliquer la mesure du PIB et l’intérêt économique du calcul de la croissance.

Alerte aux “too big to fail” chinoises

La Chine est probablement encore le meilleur foyer de croissance mondiale. Même si l’économie ralentit, la croissance y est encore de 7 % par an. Dans le même temps, les grandes banques chinoises devancent leurs concurrents mondiaux. ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) a maintenant trois trillions de dollars d’actifs. Et en termes de valeur de marché, ICBC et trois autres banques chinoise figurent parmi les dix premières mondiales.

Et pourtant, ces banques en expansion rapide se voient accorder un traitement spécial de la part des régulateurs internationaux, en étant exemptées des limitations sur les fonds propres auxquelles sont soumises leurs rivales occidentales “too big to fail”.

Lire la suite

Le vieillissement de la population, un problème pour les émergents, aussi

Le vieillissement de la population ne concerne pas que les pays riches. Les émergents vont être rapidement touchés. Comment y faire face? En augmentant la productivité de l’économie, notamment. Par Martin Neil Baily, président du groupe de développement de la politique économique à la Brookings Institution et Jaana Remes partner au McKinsey Global Institute, San Francisco.

Le vieillissement de la population est souvent cité comme un enjeu économique majeur pour le monde développé. Mais un nouveau rapport du McKinsey Global Institute (MGI) montre que les changements démographiques constituent une menace encore plus grande pour les perspectives de croissance de nombreuses économies émergentes.

Lire la suite

Zone euro : 2017 sera une année catastrophique (Natixis)

Dans une étude publiée le 17 mars dernier, le groupe bancaire, né de la fusion des groupes Caisse d’Épargne et Banque populaire, fait part de son pessimisme à moyen terme. Le pôle de recherche économique de Natixis craint en effet que plusieurs facteurs qui se cumulent conduisent à ce que 2017 soit une très mauvaise année pour la zone euro.

• Le rééquilibrage du marché du pétrole après la baisse du prix du pétrole en 2014 devrait conduire à une remontée de ce prix, d’où une perte de demande et de croissance, et le retour de l’inflation à un niveau voisin de l’objectif de la BCE

• La BCE devrait donc arrêter le Quantitative Easing, d’où remontée des taux d’intérêt à long terme, normalisation des primes de risque, ré-appréciation de l’euro; en conséquence des difficultés pour les investisseurs (qui ont accumulé des actifs avec des rendements et des primes de risque faibles); des difficultés pour les emprunteurs publics et privés, un recul de la demande;

• Dans certains pays (France, Espagne, Italie), la nécessité de réaliser un ajustement budgétaire important dans un environnement plus défavorable: croissance plus faible, taux d’intérêt plus élevés.
Lire la suite

Le dossier du plafond de la dette américaine va refaire surface

Le CBO estime que si le cadre actuel du plafonnement expire dimanche prochain, l’Etat dispose de réserves suffisantes pour tenir jusqu’en octobre.

Le relèvement du plafond de la dette aux Etats-Unis menacera à nouveau cette année l’économie américaine. Dans un rapport publié mardi dernier, le Congressional Budget Office (CBO) estime que si le cadre actuel du plafonnement de la dette expire dimanche, le gouvernement dispose de réserves suffisantes pour tenir jusqu’en octobre ou novembre.
Courant avril, l’Etat devrait collecter l’impôt sur les revenus des particuliers qui lui avait rapporté 230 milliards de dollars l’an dernier, auquel s’ajoutera l’impôt sur les sociétés versé mi-mars et mi-septembre qui avait rapporté plus de 100 milliards en 2014.

Chine : Mauvaises nouvelles économiques en série

Après des chiffres moroses de croissance et le creusement du déficit budgétaire pour relancer l’activité, la production industrielle, les ventes au détail et les investissements en capital fixe chinois chutent brutalement. Les yeux sont tournés vers la banque centrale qui devrait à nouveau baisser ses taux d’intérêt.

Les jours se suivent et les mauvaises nouvelles économiques s’amoncellent pour Pékin. Et les statistiques publiées mardi 10 mars marquent particulièrement ce refroidissement de l’activité. Selon les chiffres officiels, la production industrielle a ralenti brutalement en janvier et février, enregistrant son plus bas taux de progression depuis six ans.

La production industrielle a grimpé de 6,8%, sur janvier et février cumulés, par rapport à la période comparable de 2014, a indiqué le Bureau national des statistiques (BNS). C’est très en-deçà de la hausse de 7,9% sur un an constatée en décembre, et c’est sa plus faible progression depuis décembre 2008.

Lire la suite

Chine : Le pays veut tirer les leçons des erreurs passées du Japon

La Chine veut prendre des leçons d’histoire économique auprès du Japon pour éviter qu’il ne lui arrive la même chose qu’à ce dernier : 20 années de récession et de déflation.

Pékin estime que c’est dans la manière dont Tokyo a géré la libéralisation des flux de capitaux et du yen pendant 30 ans qu’est la source de la création puis de l’éclatement de la bulle spéculative du début des années 90, selon des sources du gouvernement japonais et d’ailleurs qui sont en contact direct avec les régulateurs chinois.

«Ils ne sont pas le moins du monde intéressés par les réussites du Japon, ce sont ses erreurs qui les intéressent», déclare une source basée en Chine. «Les économies japonaise et chinoise partagent bien des points communs et je suppose donc qu’il y a beaucoup à apprendre de nos expériences».

Responsables et analystes des cercles de réflexion chinois ont déjà une bonne connaissance des expériences du Japon et d’autres pays et les sources soulignent que les échanges bilatéraux, publics et privés, n’ont jamais cessé en dépit d’un différend territorial en 2012.
Lire la suite

La tyrannie de la vitesse

Nos sociétés ont accéléré la cadence. Accélération technique, accélération des rythmes de vie, accélération des changements sociaux. Comment en sommes-nous arrivés là ? Et si on prenait le temps de penser nos vies…

Des journées trop chargées, à se dépêcher, à courir, pour tenter d’effectuer ce qui, en se couchant, restera à faire. À terminer demain. « Il faudrait allonger les journées ! », dit une collègue. « Le temps passe trop vite ! », se plaint l’autre. « On vit comme des dingues », renchérit la troisième.

« Vous les Occidentaux, vous courez vers la mort ou quoi ? », m’a un jour demandé un Sénégalais. Avant de me conseiller, en wolof : « Danke, danke »(« doucement, doucement »). « Être affamé de temps ne provoque pas la mort, rassurent John Robinson et Geoffrey Godbey, mais, comme l’avaient observé les philosophes antiques, empêche de commencer à vivre (1). » L’existence pleine a besoin de temps pour se déployer.

Lire la suite

Les romans envisagent très bien la possibilité d’une vie sans croissance

Parce qu’elle donne libre cours à l’imagination, la fiction constitue une ressource précieuse pour le débat sur l’incidence que pourrait avoir l’absence de croissance économique sur la démocratie.

Lors du prochain congrès de l’Association Française de Science Politique (AFSP) en juin à Aix-en-Provence aura lieu une «section thématique» intitulée «Démocratie sans croissance: théories, institutions et pratiques». Rares sont effectivement les occasions de réfléchir aux implications qu’une absence de «croissance économique» peut avoir sur la démocratie et son fonctionnement.

Question dérangeante ? De fait, elle n’apparaît posée que dans une littérature très réduite[1], et lorsque l’est, de manière souvent marginale. Que la «croissance» puisse ne pas revenir dans les pays industrialisés ou qu’elle puisse être considérée comme une lubie dépassée, voilà des idées qui défient encore majoritairement l’imagination… Mais pas forcément dans la fiction, qui permet de faire fonctionner ce type d’hypothèse et de tester comment une société peut malgré tout tenir.

Pour des raisons multiples, cette absence de «croissance» peut être subie ou souhaitée (ou alors la question finit par ne plus faire sens, sous l’effet d’une inattention ou d’un délaissement progressif et plus ou moins conscient). Évidemment, on peut prendre le sujet classiquement par la théorie politique (en étudiant par exemple des courants comme ceux de la décroissance, de l’écosocialisme, du convivialisme, etc.), mais il peut être intéressant de compléter en explorant d’autres voies.
Lire la suite

Zone euro : Mario Draghi voit la vie en rose

Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu aussi optimiste. Au moment de dévoiler ses perspectives de croissance pour la zone euro, Mario Draghi a dévoilé des chiffres bien meilleurs que prévus. la France reste à la traîne, malgré plusieurs signes encourageants.

Des chrétiens s’engagent dans le combat contre le réchauffement climatique

De plus en plus d’initiatives invitent les chrétiens à se saisir de l’enjeu climatique et de la question écologique. Partout dans le monde, les organisations appellent à la mobilisation… et en France aussi. 

30 novembre : ouverture de la conférence de Paris sur les changements climatiques, dite COP 21. La date est depuis longtemps à l’agenda des militants environnementaux, mais aussi des Églises et organisations chrétiennes.

Cette année, le carême est écologique

Campagne de carême du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement des peuples), invitation à participer à la journée de jeûne de carême pour la justice climatique le 7 mars 2015… Les propositions ne manquent pas pour inciter les chrétiens à se saisir de la question climatique et faire de la crise écologique le thème sur lequel axer le carême 2015 qui a débuté mercredi 18 février – période de quarante jours durant laquelle les chrétiens tentent de vivre plus sobrement dans l’attente de Pâques.

Lire la suite

Ethiopie : Le retour du lion d’Abyssinie

Le Far East du continent bat des records de croissance. Les entreprises étrangères, chinoises en tête, s’y pressent pour profiter du faible coût de la main d’œuvre. À vingt-trois euros le salaire mensuel d’un ouvrier, l’Éthiopie devient le nouvel atelier du monde.

Les investisseurs étrangers se bousculent au portillon, alléchés par les conditions avantageuses d’installation. Au détriment de la population locale, chassée des terres. Mais les autorités du pays veulent aussi attirer les investisseurs étrangers dans les campagnes pour développer l’agriculture, que les paysans soient d’accord ou non.

Louis Schweitzer : “La dette perpetuelle, c’est mieux que de laisser crever la Grèce !”

Louis Schweitzer, commissaire général à l’Investissement, est favorable à la proposition grecque de transformer une partie de sa dette en “dette perpétuelle”. C’est à dire que le débiteur paye les intérêts, comme pour toute dette, mais ne rembourse à priori jamais le capital.

Quand une entreprise a des difficultés, les créanciers se réunissent, et ils voient à quelles conditions l’entreprise peut survivre. La dette perpétuelle, c’est toujours mieux que de laisser crever !“, déclare Louis Schweitzer.

Joseph Stiglitz : « La crise, une occasion manquée »

L’Europe est confrontée aux problèmes particuliers posés par l’euro. Mais il existe certains problèmes communs à long terme auxquels sont confrontés tous les pays avancés. En lieu et place de ces politiques d’austérité erronées, la récession aurait pu devenir le bon moment pour consacrer plus de ressources pour prendre ces problèmes à bras-le-corps.

Nous verrions alors des économies plus fortes, à la fois aujourd’hui et pour l’avenir. Au lieu de cela, des deux côtés de l’Atlantique, nous avons laissé ces problèmes s’envenimer.

Il existe quatre problèmes sur lesquels je souhaiterais attirer l’attention. Tout d’abord, dans tous les pays avancés, des transformations structurelles sont nécessaires, à mesure que nous passons d’une économie manufacturière à une économie de services, et que nous nous adaptons aux nouvelles réalités géopolitiques et aux changements associés en matière d’avantage comparatif.

Globalement, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier continuera à baisser, la croissance de la productivité dépassant celle de la demande ; et la part des emplois globaux situés dans les pays avancés sera également en baisse. Il restera certains marchés de niches importants, et il faut les cultiver.

Lire la suite

La planète endettée à 286% de son PIB

L’endettement des gouvernements, des ménages, des entreprises et des institutions financières dans le monde augmente plus rapidement que la croissance depuis la crise financière.

C’est la conclusion de la dernière étude menée par le cabinet McKinsey Global Institute (MGI). L’étude publiée hier révèle que la dette pesait 286% du PIB mondial l’an dernier, contre 269% en 2007, rapporte l’Agence France presse (AFP). En volume, l’endettement a progressé de 57.000 milliards de dollars entre 2007 et 2014 pour frôler les 200.000 milliards de dollars. À elle seule, la dette publique a progressé de 25.000 milliards de dollars. Pour McKinsey, cette dette va continuer à croître dans de nombreux pays, au vu des fondamentaux économiques actuels.

Lire la suite

La croissance, un modèle qui arrive à ses limites

La croissance économique vigoureuse est chose du passé dans les pays industrialisés. Les sociétés devront apprendre à vivre avec des taux de croissance anémiques qui les forceront à faire des choix. La croissance du PIB à tout prix a-t-elle fait son temps? Et si la décroissance était une voie d’avenir ?

C’est fou tout ce qu’on peut faire pour soutenir la croissance économique! On l’encourage à coups de subventions et de baisses d’impôt. On la stimule par le marketing et la publicité. Et on la dope avec le crédit facile et l’endettement. Avec bien peu de résultats, est-on forcés de constater depuis 30 ans.

Lire la suite

Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
Lire la suite

Peut-il y avoir durablement de la croissance si le salaire réel par tête n’augmente pas ?

On observe, par exemple aux États-Unis et au Japon depuis le début des années 2000, au Royaume-Uni depuis 2008, l’absence de hausse (ou même la baisse) du salaire réel par tête alors que l’économie est en croissance et que le taux de chômage devient très faible.

Ce nouveau fonctionnement du marché du travail, dû à la perte de pouvoir de négociation des salariés, conduit à une inflation très faible même au plein emploi. Mais est-ce un modèle économique durable ?

Peut-il y avoir durablement de la croissance si le salaire réel par tête n’augmente pas ? A priori, la réponse peut être positive si : – la stagnation des salaires réels conduit à une forte hausse de l’emploi, puis, quand le plein emploi est atteint, de l’immigration ; le revenu des ménages est alors alimenté par l’emploi et non par le salaire réel par tête.

Ceci s’observe aux États-Unis et au Royaume-Uni ; – la faiblesse de la demande des ménages est compensée par une croissance rapide des exportations, avec l’amélioration de la compétitivité, entraînant aussi une croissance rapide de l’investissement des entreprises, avec aussi l’amélioration de la profitabilité.
Lire la suite

Pollution : Principale cause de mortalité dans les pays en voie de développement

Par Richard Fuller, président de Pure Earth (anciennement Blacksmith Institute) et membre fondateur de Alliance Globale sur la Santé et la Pollution.

Une autre statistique vaut la peine d’être mentionnée: 9 millions de personnes dans le monde sont mortes à cause expositions de la pollution des sols, de l’eau et de l’air (domestique et ambiante) en 2012, dont 8,4 millions dans les pays les plus pauvres. Ce n’est donc pas un problème de “pays riche”. C’est un problème qui touche les pays en voie de développement.

Pour illustrer ces chiffres, les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé font état de 56 millions de personnes mortes en 2012 — il s’agit de toutes les personnes décédées sur la planète, que ce soit des suites d’accidents de voitures, de suicides, de vieillesse, de cancer, d’erreurs médicales, par la foudre, de maladies infectieuses, en parachute, à cause des guerres, ou pour toute autre raison. Ce qui signifie que la pollution a tué près d’1 personne sur 7.

La pollution de l’air extérieur a fait 3,7 millions de morts. 4,2 millions de personnes sont mortes des suites d’exposition à des particules, en intérieur, provenant de cuisinières. Environ 1 million de personnes sont mortes en raison de sols et d’eaux contaminées par des produits chimiques. Et 840.00 sont mortes des suites d’un manque d’hygiène.

Tous ces chiffres proviennent des sites et bases de données de l’Organisation Mondiale de la Santé, sauf les statistiques concernant les sols, qui sont plus récentes (et vraisemblablement sous-estimées) et sont données par l’Alliance Globale pour la Santé et la Pollution.
Lire la suite

6 millions de chômeurs : L’échec de Hollande

Le nombre des chômeurs continue de progresser à une allure vertigineuse : toutes catégories confondues, on dénombrait presque 5,9 millions de demandeurs d’emploi fin 2014, soit +312.900 depuis un an et +919.000 depuis mai 2012. La clameur populaire qui vient d’Athènes fait donc forcément écho jusqu’en France : et si on changeait de politique ?

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale. La situation du marché du travail en atteste.

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale.

La situation du marché du travail en atteste. Il faut certes manier la comparaison avec précaution, car la France ne connaît pas, loin s’en faut la situation sociale désespérée dans laquelle la Grèce s’est enlisée.
Lire la suite

Chine : Pour le PDG de Schneider Electric, “7,4%, c’est un taux de croissance dont on rêverait !”

Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric et président du comité France – Chine, est l’un des dirigeants réunis au Forum Économique de Davos. Surnommé “le Chinois du CAC 40“, il est à la tête d’un groupe qui réalise une grande partie de son chiffre d’affaire dans l’Empire du Milieu. Jean-Pascal Tricoire revient sur les prévisions de croissance en Chine pour 2014, qui viennent d’être révisées à la baisse par le FMI.

Il relativise le ralentissement de la croissance chinoise, estimant que “cela correspond à l’application d’une politique qui avait été exprimée de vouloir une croissance plus modérée, plus sociale, plus inclusive, plus environnementaliste“.

Chine : “L’usine du monde” se robotise

De plus en plus chère, de plus en plus rare, la main-d’œuvre chinoise est peu à peu remplacée par des robots. Dans les bassins industriels, ce sont les autorités qui subventionnent cette mutation.

Tous les ans, dès le mois de novembre, les usines du delta de la rivière des Perles [près de Canton] et du delta du Yangtsé se mettent à rechercher frénétiquement des ouvriers. D’année en année, alors que le manque d’ouvriers s’accentue, les entreprises de ces centres industriels multiplient les annonces, et les plus grandes vont recruter jusque dans le centre du pays, dans les régions intérieures.

Mais les usines chinoises accueillent désormais en leur sein la société d’électronique Jiateng, de la ville de Shunde, décrit le sort des ouvriers non qualifiés : “Ce sont les manutentionnaires qui exercent le travail le plus pénible. Beaucoup ne restent pas plus d’une semaine. On a un taux très important de renouvellement du personnel. Dans le temps, on avait de meilleurs ouvriers, mais maintenant il y a des jeunes qui ne tiennent même pas une journée!

Les ouvriers de la nouvelle génération ont suivi au moins neuf années de scolarité obligatoire ; ce sont des enfants uniques, qui préfèrent aller travailler dans des bureaux pour 3.000 yuans plutôt qu’en usine pour un salaire de 4.000 yuans, renchérit M. Nong. De plus, les cotisations sociales et le salaire moyen ne cessent d’augmenter au fil des ans [sous la pression des revendications ouvrières et du manque de main-d’œuvre], et, robot ou pas, on manque de personnel !

Depuis 2013, la quantité de main-d’œuvre disponible est en baisse
Lire la suite

Irlande : “C’est la reprise” pour Christine Lagarde

Christine Lagarde est l’une des femmes les plus influentes au monde. Elle dirige le Fonds monétaire international (FMI), une institution chargée de garantir la stabilité financière dans le monde.

Clairement, le rétablissement irlandais est tout à fait extraordinaire, parce que quand vous regardez la croissance, elle est la plus haute de l’eurozone, et si vous regardez le chômage, il a baissé de presque 3%. Si vous regardez la dette, elle est en baisse. Si vous regardez le déficit, il a presque été réduit de moitié. Donc la plupart de ces chiffres sont vraiment solides et montrent la voie d’une bonne reprise.

Toutefois, le chômage dépasse toujours les 10%, et le chômage des jeunes est supérieur à 20%. Donc, on n’est pas encore au bout du chemin. Donc, bien que l’Irlande a pris un bon départ, elle doit encore continuer à travailler sur la baisse du chômage et sur la création d’emplois. Ce seront les clefs d’un réel succès de la reprise irlandaise.”