Ethiopie : Le retour du lion d’Abyssinie

Le Far East du continent bat des records de croissance. Les entreprises étrangères, chinoises en tête, s’y pressent pour profiter du faible coût de la main d’œuvre. À vingt-trois euros le salaire mensuel d’un ouvrier, l’Éthiopie devient le nouvel atelier du monde.

Les investisseurs étrangers se bousculent au portillon, alléchés par les conditions avantageuses d’installation. Au détriment de la population locale, chassée des terres. Mais les autorités du pays veulent aussi attirer les investisseurs étrangers dans les campagnes pour développer l’agriculture, que les paysans soient d’accord ou non.

Louis Schweitzer : “La dette perpetuelle, c’est mieux que de laisser crever la Grèce !”

Louis Schweitzer, commissaire général à l’Investissement, est favorable à la proposition grecque de transformer une partie de sa dette en “dette perpétuelle”. C’est à dire que le débiteur paye les intérêts, comme pour toute dette, mais ne rembourse à priori jamais le capital.

Quand une entreprise a des difficultés, les créanciers se réunissent, et ils voient à quelles conditions l’entreprise peut survivre. La dette perpétuelle, c’est toujours mieux que de laisser crever !“, déclare Louis Schweitzer.

Joseph Stiglitz : « La crise, une occasion manquée »

L’Europe est confrontée aux problèmes particuliers posés par l’euro. Mais il existe certains problèmes communs à long terme auxquels sont confrontés tous les pays avancés. En lieu et place de ces politiques d’austérité erronées, la récession aurait pu devenir le bon moment pour consacrer plus de ressources pour prendre ces problèmes à bras-le-corps.

Nous verrions alors des économies plus fortes, à la fois aujourd’hui et pour l’avenir. Au lieu de cela, des deux côtés de l’Atlantique, nous avons laissé ces problèmes s’envenimer.

Il existe quatre problèmes sur lesquels je souhaiterais attirer l’attention. Tout d’abord, dans tous les pays avancés, des transformations structurelles sont nécessaires, à mesure que nous passons d’une économie manufacturière à une économie de services, et que nous nous adaptons aux nouvelles réalités géopolitiques et aux changements associés en matière d’avantage comparatif.

Globalement, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier continuera à baisser, la croissance de la productivité dépassant celle de la demande ; et la part des emplois globaux situés dans les pays avancés sera également en baisse. Il restera certains marchés de niches importants, et il faut les cultiver.

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La planète endettée à 286% de son PIB

L’endettement des gouvernements, des ménages, des entreprises et des institutions financières dans le monde augmente plus rapidement que la croissance depuis la crise financière.

C’est la conclusion de la dernière étude menée par le cabinet McKinsey Global Institute (MGI). L’étude publiée hier révèle que la dette pesait 286% du PIB mondial l’an dernier, contre 269% en 2007, rapporte l’Agence France presse (AFP). En volume, l’endettement a progressé de 57.000 milliards de dollars entre 2007 et 2014 pour frôler les 200.000 milliards de dollars. À elle seule, la dette publique a progressé de 25.000 milliards de dollars. Pour McKinsey, cette dette va continuer à croître dans de nombreux pays, au vu des fondamentaux économiques actuels.

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La croissance, un modèle qui arrive à ses limites

La croissance économique vigoureuse est chose du passé dans les pays industrialisés. Les sociétés devront apprendre à vivre avec des taux de croissance anémiques qui les forceront à faire des choix. La croissance du PIB à tout prix a-t-elle fait son temps? Et si la décroissance était une voie d’avenir ?

C’est fou tout ce qu’on peut faire pour soutenir la croissance économique! On l’encourage à coups de subventions et de baisses d’impôt. On la stimule par le marketing et la publicité. Et on la dope avec le crédit facile et l’endettement. Avec bien peu de résultats, est-on forcés de constater depuis 30 ans.

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Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
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Peut-il y avoir durablement de la croissance si le salaire réel par tête n’augmente pas ?

On observe, par exemple aux États-Unis et au Japon depuis le début des années 2000, au Royaume-Uni depuis 2008, l’absence de hausse (ou même la baisse) du salaire réel par tête alors que l’économie est en croissance et que le taux de chômage devient très faible.

Ce nouveau fonctionnement du marché du travail, dû à la perte de pouvoir de négociation des salariés, conduit à une inflation très faible même au plein emploi. Mais est-ce un modèle économique durable ?

Peut-il y avoir durablement de la croissance si le salaire réel par tête n’augmente pas ? A priori, la réponse peut être positive si : – la stagnation des salaires réels conduit à une forte hausse de l’emploi, puis, quand le plein emploi est atteint, de l’immigration ; le revenu des ménages est alors alimenté par l’emploi et non par le salaire réel par tête.

Ceci s’observe aux États-Unis et au Royaume-Uni ; – la faiblesse de la demande des ménages est compensée par une croissance rapide des exportations, avec l’amélioration de la compétitivité, entraînant aussi une croissance rapide de l’investissement des entreprises, avec aussi l’amélioration de la profitabilité.
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Pollution : Principale cause de mortalité dans les pays en voie de développement

Par Richard Fuller, président de Pure Earth (anciennement Blacksmith Institute) et membre fondateur de Alliance Globale sur la Santé et la Pollution.

Une autre statistique vaut la peine d’être mentionnée: 9 millions de personnes dans le monde sont mortes à cause expositions de la pollution des sols, de l’eau et de l’air (domestique et ambiante) en 2012, dont 8,4 millions dans les pays les plus pauvres. Ce n’est donc pas un problème de “pays riche”. C’est un problème qui touche les pays en voie de développement.

Pour illustrer ces chiffres, les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé font état de 56 millions de personnes mortes en 2012 — il s’agit de toutes les personnes décédées sur la planète, que ce soit des suites d’accidents de voitures, de suicides, de vieillesse, de cancer, d’erreurs médicales, par la foudre, de maladies infectieuses, en parachute, à cause des guerres, ou pour toute autre raison. Ce qui signifie que la pollution a tué près d’1 personne sur 7.

La pollution de l’air extérieur a fait 3,7 millions de morts. 4,2 millions de personnes sont mortes des suites d’exposition à des particules, en intérieur, provenant de cuisinières. Environ 1 million de personnes sont mortes en raison de sols et d’eaux contaminées par des produits chimiques. Et 840.00 sont mortes des suites d’un manque d’hygiène.

Tous ces chiffres proviennent des sites et bases de données de l’Organisation Mondiale de la Santé, sauf les statistiques concernant les sols, qui sont plus récentes (et vraisemblablement sous-estimées) et sont données par l’Alliance Globale pour la Santé et la Pollution.
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6 millions de chômeurs : L’échec de Hollande

Le nombre des chômeurs continue de progresser à une allure vertigineuse : toutes catégories confondues, on dénombrait presque 5,9 millions de demandeurs d’emploi fin 2014, soit +312.900 depuis un an et +919.000 depuis mai 2012. La clameur populaire qui vient d’Athènes fait donc forcément écho jusqu’en France : et si on changeait de politique ?

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale. La situation du marché du travail en atteste.

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale.

La situation du marché du travail en atteste. Il faut certes manier la comparaison avec précaution, car la France ne connaît pas, loin s’en faut la situation sociale désespérée dans laquelle la Grèce s’est enlisée.
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Chine : Pour le PDG de Schneider Electric, “7,4%, c’est un taux de croissance dont on rêverait !”

Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric et président du comité France – Chine, est l’un des dirigeants réunis au Forum Économique de Davos. Surnommé “le Chinois du CAC 40“, il est à la tête d’un groupe qui réalise une grande partie de son chiffre d’affaire dans l’Empire du Milieu. Jean-Pascal Tricoire revient sur les prévisions de croissance en Chine pour 2014, qui viennent d’être révisées à la baisse par le FMI.

Il relativise le ralentissement de la croissance chinoise, estimant que “cela correspond à l’application d’une politique qui avait été exprimée de vouloir une croissance plus modérée, plus sociale, plus inclusive, plus environnementaliste“.

Chine : “L’usine du monde” se robotise

De plus en plus chère, de plus en plus rare, la main-d’œuvre chinoise est peu à peu remplacée par des robots. Dans les bassins industriels, ce sont les autorités qui subventionnent cette mutation.

Tous les ans, dès le mois de novembre, les usines du delta de la rivière des Perles [près de Canton] et du delta du Yangtsé se mettent à rechercher frénétiquement des ouvriers. D’année en année, alors que le manque d’ouvriers s’accentue, les entreprises de ces centres industriels multiplient les annonces, et les plus grandes vont recruter jusque dans le centre du pays, dans les régions intérieures.

Mais les usines chinoises accueillent désormais en leur sein la société d’électronique Jiateng, de la ville de Shunde, décrit le sort des ouvriers non qualifiés : “Ce sont les manutentionnaires qui exercent le travail le plus pénible. Beaucoup ne restent pas plus d’une semaine. On a un taux très important de renouvellement du personnel. Dans le temps, on avait de meilleurs ouvriers, mais maintenant il y a des jeunes qui ne tiennent même pas une journée!

Les ouvriers de la nouvelle génération ont suivi au moins neuf années de scolarité obligatoire ; ce sont des enfants uniques, qui préfèrent aller travailler dans des bureaux pour 3.000 yuans plutôt qu’en usine pour un salaire de 4.000 yuans, renchérit M. Nong. De plus, les cotisations sociales et le salaire moyen ne cessent d’augmenter au fil des ans [sous la pression des revendications ouvrières et du manque de main-d’œuvre], et, robot ou pas, on manque de personnel !

Depuis 2013, la quantité de main-d’œuvre disponible est en baisse
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Irlande : “C’est la reprise” pour Christine Lagarde

Christine Lagarde est l’une des femmes les plus influentes au monde. Elle dirige le Fonds monétaire international (FMI), une institution chargée de garantir la stabilité financière dans le monde.

Clairement, le rétablissement irlandais est tout à fait extraordinaire, parce que quand vous regardez la croissance, elle est la plus haute de l’eurozone, et si vous regardez le chômage, il a baissé de presque 3%. Si vous regardez la dette, elle est en baisse. Si vous regardez le déficit, il a presque été réduit de moitié. Donc la plupart de ces chiffres sont vraiment solides et montrent la voie d’une bonne reprise.

Toutefois, le chômage dépasse toujours les 10%, et le chômage des jeunes est supérieur à 20%. Donc, on n’est pas encore au bout du chemin. Donc, bien que l’Irlande a pris un bon départ, elle doit encore continuer à travailler sur la baisse du chômage et sur la création d’emplois. Ce seront les clefs d’un réel succès de la reprise irlandaise.”

Suisse : Le franc flambe, les marchés paniquent

Addendum du 19/01/2015 : Les collectivités locales rattrapées par le franc suisse fort

Le vice-président du conseil général en charge des finances, Christophe Greffet, estime que la suppression du cours plancher du franc suisse aura de lourdes conséquences pour les finances départementales. Elles pourraient être de 1,8 à 2, 8 millions d’euros. En effet, trois emprunts structurés (autrement appelés “emprunts toxiques”) sont indexés sur la parité entre l’euro et franc suisse.

Même chose à Lyon, où les emprunts du même type contractés par le conseil général du Rhône (environ 238 millions d’euros). Avec la hausse du franc suisse à parité avec l’euro, les intérêts remboursables pourraient être doublés voire triplés.

France TV Info

En décidant de laisser le franc flotter, la Banque centrale suisse a affolé les Bourses et les marchés monétaires. Les exportateurs helvétiques s’inquiètent, notamment dans le secteur de l’horlogerie.

Le cours de 1,20 franc suisse par euro, c’est fini. “La décision, jeudi 15 janvier, de la Banque nationale suisse (BNS) d’abandonner son taux plancher a pris tout le monde de court“, constate Le Temps, à Genève. Cette annonce a provoqué une onde de choc sur les marchés. Jeudi, la Bourse de Zurich a connu un krach historique, s’effondrant de 13,75 % avant de clôturer en baisse de 8,67 %.

La panique s’est aussi emparée des Bourses d’Europe de l’Est, notamment en Croatie et en Pologne. Dans ces pays, “de nombreux ménages ont souscrit des emprunts immobiliers en francs suisses et se trouvent pris au piège par la décision de la BNS de laisser le franc s’apprécier“, ajoute le quotidien de Lausanne 24 heures.

En Pologne, cela concerne 700 000 familles qui ont fait face au décrochage de 20 % du zloty face au franc.Dans ce pays, près de 40 % des crédits immobiliers sont libellés en francs.” L’euro est tombé à 0,8517 franc suisse jeudi dans la matinée – son niveau le plus faible depuis l’introduction de la monnaie unique, en 1999, avant de se redresser un peu. Vendredi midi, 1 euro valait 1 franc suisse.
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Cameroun : Le retour des diplômés de la diaspora

Retour des cerveaux. Chaque année, un millier de jeunes camerounais formés à l’étranger reviennent s’installer dans leur pays d’origine. Une aventure loin d’être facile car 1/3 d’entre eux abandonnent leurs projets au bout de quelques mois, déstabilisés par un environnement des affaires trop éloigné de leurs habitudes.

Le bonheur : Nouveau moteur de la croissance européenne ?

Les indicateurs traditionnels – PIB en tête -, s’ils sont efficaces pour évaluer les hauts et les bas de l‘économie à court terme, peinent en revanche à mesurer le degré de bonheur d’une société. Le moment semble donc venu de diversifier les instruments de mesure.

En plus des indices objectifs, comme le revenu disponible, un nombre croissant d‘économistes préconise l’utilisation d’indices subjectifs comme notre niveau de satisfaction dans la vie, notre espérance de vie en bonne santé, le lien social ou encore notre faculté à pouvoir choisir librement.

Selon l’économiste Jean-Paul Fitoussi, le bonheur est vendeur, il suffit d’y croire. Prenez par exemple, l‘économie verte. Si vous investissez dans les nouvelles technologies liées à l’environnement et à l‘énergie, vous allez générer des revenus, explique-t-il. Et dans la mesure où ces revenus sont redistribués équitablement, la preuve est faite que la recherche de la croissance et les besoins du plus grand nombre ne sont pas nécessairement contradictoires.

Faut-il craindre l’effondrement du système bancaire mondial ?

Depuis la crise des subprimes en 2008 et le renflouement des larges banques par la réserve fédérale (FED), rien ne permet d’affirmer que la situation économique mondiale a été assainie. Tout au contraire, un ensemble d’indicateurs laissent penser que le monde bancaire est au bord de l’abîme, « the edge of chaos» selon l’expression du spécialiste des systèmes Christopher Langton[1].

Certains se veulent rassurants, cependant que la chute des cours du brut fait craindre un choc pétrolier à l’envers qui mettrait en faillite une section importante du secteur énergétique, celle du « fracking » ainsi que les états américains dépendant de ses revenus[2]. D’autres, Steve Forbes et Elizabeth Ames en tête, mettent en garde contre l’effondrement du système économique mondial et suggèrent un retour au Gold Standard[3]. Y’a-t-il des raisons de faire confiance aux uns plutôt qu’aux autres ?

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La contestation de la croissance s’amplifie

Par Jean Gadrey

Avant-propos de la troisième édition augmentée du livre « Adieu à la croissance », qui sort dans quelques jours en librairie.

Pour la deuxième édition de ce livre, j’avais rédigé, fin 2011, un avant-propos en forme de « questions à nos élu(e)s actuels et futurs ». Trois ans ont passé. Le culte de la croissance reste largement pratiqué et, en apparence, surtout du côté des acteurs économiques et politiques dominants, tout se passe comme si les idées de ce livre n’avaient pas avancé d’un pouce, comme si la panne de croissance, qui dure depuis 2008, avait encore ravivé l’expression d’un manque. Comme si des fumeurs invétérés privés de tabac pendant des années continuaient à attendre fébrilement le moment d’une première bouffée après sevrage.

Qu’on en juge. Au sommet de l’Etat, le Président de la République ne cesse de déclarer sa flamme à une croissance qui l’a abandonné. Au cours de la campagne présidentielle du printemps 2012, il déclarait déjà : « Sans croissance, pas de redressement économique, pas de création d’emploi… Ensuite, deuxième temps du quinquennat, quand nous aurons retrouvé la croissance, redressé notre pays, redressé ses finances, redressé son industrie, alors nous pourrons aller plus loin dans la redistribution ».

En octobre 2013, son gouvernement transmettait à prévision des prévisions de croissance de 0,1 % pour 2013, 0,9 % en 2014, 1,7 % en 2015 et 2 % à partir de 2016. Or l’année 2014 devrait se terminer avec un maigre 0,4 % et ce ne sera probablement guère mieux en 2015, à moins que ce soit pire.

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Nicolas Doze : “La Grèce inquiète les marchés et le pétrole continue sa chute”

Nicolas Doze s’est penché sur l’inquiétude des marchés parisiens suite aux incertitudes sur l’avenir de la Grèce dans la zone euro et aux cours du pétrole qui ne cessent de plonger. Cependant, il a précisé que la chute du pétrole et la baisse de l’euro sont des bons signes pour l’économie française.

(Merci à Pierre)

Conjoncture. Elie Cohen : « 2015 sera une année de crise politique » (Rediff)

La croissance est en panne. Que faire ? Suite de notre série d’entretiens avec des économistes. Aujourd’hui, Élie Cohen, pour qui le gouvernement prend un risque en ne respectant pas ses engagements européens.

Recueilli par Marc PENNEC.

 

Croissance qui stagne, chômage persistant… Pourquoi notre économie patine-t-elle ?

Il y a un an, on tablait sur une reprise économique mondiale pour nous entraîner. Or le premier trimestre a été calamiteux aux États-Unis où la croissance en 2014 n’excédera pas 2 %. Même tendance dans les pays émergents et au Japon. Dans la zone euro, la bonne dynamique allemande marque un certain essoufflement. Enfin, il y a les problèmes propres à la France : effondrement de la construction immobilière, faiblesse des investissements des ménages et de la demande globale, manque d’incitation des entreprises à investir.

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Le TAFTA aurait un effet nuisible sur l’économie européenne, démontrent deux études

Destructions d’emplois, baisse des salaires, pertes nettes en terme de PIB… Autant de répercussions négatives du TAFTA/TTIP sur l’économie européenne, pointées par deux nouvelles études qui contredisent l’optimisme affiché par la Commission européenne. En ce vendredi 19 (décembre), une manifestation se déroule à Bruxelles contre le traité de libre échange, visant à encercler le Sommet européen qui se déroule ce jour.

Le TAFTA/TTIP, l’accord commercial secret négocié par Bruxelles et Washington, coûterait à l’Europe 600 000 emplois. En France, l’accord entraînerait aussi une baisse des salaires de 5 500 euros par travailleur et le transfert de 8 % du produit intérieur brut (PIB) du travail vers le capital.

Publiée en octobre 2014, l’étude de Jeronim Capaldo, de l’Institut mondial du développement et de l’environnement à l’Université Tufts aux États-Unis, décrit les conséquences graves qu’aurait le Tafa/TTIP pour l’Union et ses États membres.

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Finance : sommes-nous encore en démocratie ?

Six ans après une crise sans précédent, et malgré les appels de la presse et des citoyens, le monde politique n’a pas réussi à réduire le déséquilibre entre la sphère financière et l’économie réelle.

Pendant une trentaine d’années, le monde occidental a considéré que la déréglementation de la finance était le plus sûr moyen de doper la croissance. Cette conviction nous a conduits non pas au bord du gouffre mais dans le gouffre.

Ceux qui observent la progression fulgurante des marchés financiers depuis 2008 et concluent que nous avons échappé à la catastrophe, que nous sommes dans un nouveau cycle, se trompent lourdement. Six ans après cet automne 2008 qui a été marqué par l’effondrement du système financier, nous sommes toujours dans la crise et rien, ou presque, n’a été résolu. Nos concitoyens qui souffrent de cette crise, dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité, attendaient pourtant de leurs dirigeants qu’ils fassent tout pour que la finance – toute la finance – soit remise à sa place, celle du financement de l’économie.

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Et si on pouvait vivre sans croissance économique?

La journaliste Marie-Monique Robin publie «Sacrée croissance!», un livre qui pourrait nous faire revoir nos certitudes économiques…

Marie-Monique Robin

Tout commence avec cette phrase, prononcée le 15 mai 2012 par François Hollande: «L’Europe a besoin de projets, elle a besoin de solidarité, elle a besoin de croissance.» Le mot-clé est lâché: depuis des décennies, la croissance économique apparaît comme le Graal des dirigeants politiques du monde entier. Pourtant, de plus en plus de voix dénoncent cette obsession et assurent que le monde se porterait beaucoup mieux s’il arrêtait de courir après des points de PIB. Parmi elles, Marie-Monique Robin, journaliste auteur du Monde selon Monsanto,  publie ce jeudi 11 décembre un livre intitulé Sacrée croissance! dans lequel elle imagine François Hollande prenant la tête de la «Grande transition» mondiale.

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Sortir de la dette par la croissance : impossible

Janet Yellen a fait les gros titres il y a quelques jours. Elle a dit qu’elle se montrerait patiente au sujet de la “normalisation” des taux d’intérêt.

Les investisseurs n’ont pas su quoi en penser. La moitié s’est dit que ce serait bon pour les actions — faisant grimper les cours. L’autre moitié en a déduit que cela signifiait une hausse des taux anticipée — et s’est débarrassée des obligations.

Les investisseurs attribuent à Mme Yellen bien trop de crédit. Va-t-elle augmenter les taux à Pâques… ou à la Trinité ? Elle ne le sait probablement pas elle-même. Elle lit les journaux tout comme nous, et se demande comment elle va pouvoir s’en sortir. Elle se regarde dans le miroir le matin et reste le souffle coupé par la manière dont les gens la surestiment.


Elle sait… du moins avant de se maquiller… que toute cette histoire n’est rien que cosmétiques et fausse comptabilité. Simplement, elle ne veut pas être la présidente de la Fed qui l’admettra… celle qui fera finalement éclater la bulle et provoquera une dépression…

En attendant, les nouvelles de ces derniers jours ont été dominées par une chose improbable et une chose inévitable. Les États-Unis lâchent enfin du lest. Après un demi-siècle, il était temps que les États-Unis abandonnent leur rancune durable envers le régime de Castro. A la lumière de l’histoire, il ne semble pas si épouvantable. Après tout, beaucoup de films ont été tournés qui comptaient un personnage à la Fidel; jamais, pourtant, il n’a menacé de faire exploser des cinémas.
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Jean-Marc Jancovici : Une croissance bridée par la question énergétique ?

Jean-Marc Jancovici, président de The Shift Project et associé de Carbone 4, a été reçu sur Xerfi Canal dans le cadre de l’une des conférences de l’évènement “Journées de l’économie 2014 (JECO)” : “La croissance bridée par le manque d’énergie ?”.

Et si l’action locale pouvait changer le monde ?

A Bristol, à Fukushima, en France, des héros ordinaires se battent pour rendre la vie meilleure. Et inventer une autre ère énergétique et économique.

Ils sont français, brésiliens, allemands ou canadiens. Ils créent des monnaies locales, des jardins communautaires, des parcs éoliens citoyens, des entreprises coopératives. Ces « lanceurs d’avenir », comme les appelle Marie-Monique Robin dans son dernier documentaire, Sacrée Croissance !, s’aventurent dans de nouvelles façons de vivre, consommer ou produire, à l’heure où les promesses de l’abondance capitaliste s’évanouissent.

Ils préfèrent le « mieux » au « plus », sèment les graines de ce que pourrait être une société « post-croissance », et revitalisent les questions de l’écologie, de la démocratie et de la politique. Avec un point commun, par-delà la diversité des expériences : ces « héros » ont tous choisi l’action locale.

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Comment la France est devenue moche (Rediff.)

Échangeurs, lotissements, zones commerciales, alignements de ronds-points… Depuis les années 60, la ville s’est mise à dévorer la campagne. Une fatalité ? Non : le résultat de choix politiques et économiques. Historique illustré de ces métastases périurbaines.

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L’urbanisme raconte ce que nous sommes. Le Moyen Age a eu ses villes fortifiées et ses cathédrales, le XIXe siècle ses boulevards et ses lycées. Nous avons nos hangars commerciaux et nos lotissements. Les pare-brise de nos voitures sont des écrans de télévision, et nos villes ressemblent à une soirée sur TF1 : un long tunnel de publicité (la zone commerciale et ses pancartes) suivi d’une émission guimauve (le centre muséifié).

Avec un formidable coup d’accélérateur depuis les années 1982-1983 et les lois de décentralisation Defferre. Partout, la même trilogie – infrastructures routières, zones commerciales, lotissements – concourt à l’étalement urbain le plus spectaculaire d’Europe : tous les dix ans, l’équivalent d’un département français disparaît sous le béton, le bitume, les panneaux, la tôle.

Cette périurbanisation vorace s’opère en silence – les revues d’architecture l’ignorent. Elle a été peu visitée par le roman, le documentaire ou la fiction.

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Le nombre d’embauches en CDD a explosé en 2013

Dans le tertiaire, la part des embauches sous CDD s’est élevée à 85,3% en 2013, en hausse de 2,3 point par rapport à 2012. Et la durée moyenne des contrats était de… 10 jours contre 14 jours en 2012. Un quart des CDD se limite même à 2 jours. Ces contrats deviennent par ailleurs systématiques.

Avec une croissance morose et une absence de visibilité à moyen terme, les chefs d’entreprise se montrent extrêmement prudents dans leurs politiques de recrutement. Quand on ne sait pas ce que sera le carnet de commandes à six mois ou un an, on évite de recruter en contrat à durée indéterminée (CDI).

Alors, pour faire face à un surcroît exceptionnel d’activité ou pour jouer la prudence, on embauche sous contrat à durée déterminée… Conséquence sociale de la crise. C’est exactement ce qui est arrivé en 2013, selon une étude de la Dares (service des statistiques du ministère du Travail) qui montre que le nombre des embauches sous CDD a littéralement explosé cette année-là. Et notamment, les CDD courts.

En 2013, dans le secteur concurrentiel, 83,6% des embauches ont été réalisées en CDD, soit une progression de 2,3 points par rapport à 2012. Dans le tertiaire, principal pourvoyeur de ce type de contrat, la part des CDD dans les recrutements atteint même 85,3%, en hausse également de 2,3 points sur un an.
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Paul Ariès : « Il faut penser des solutions en dehors du mythe de la croissance »

Paul Ariès, 55 ans, est politologue, essayiste et rédacteur en chef du mensuel les « Z’indignés » après avoir été celui du « Sarkophage ». Il est un militant actif de l’objection de croissance, de la lutte contre la publicité et de la malbouffe.

Fermement convaincu que la décroissance est synonyme de partage des richesses, il fustige les décroissants austéritaires et est adepte du « buen vivir » qu’il traduit par « décroissance gourmande ». Il co-organise en juillet 2012 le forum mondial sur la pauvreté avec la communauté Emmaüs et aime à rappeler que « sa décroissance n’est pas de droite ». En 2014, il signe l’appel du Mouvement pour la sixième République initié par Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche.

La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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L’influence américaine dans le dispositif européen du TTIP

Depuis juillet 2013, l’Union Européenne (UE) a entamé des négociations avec les Etats-Unis (USA) afin de conclure un accord commercial de libre-échange entre l’UE et les USA en 2015. Cet accord, baptisé « Transatlantic Trade and Investment Partnership »  (TTIP soit « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ») a donc pour objectifs de réduire, voire supprimer les droits de douane, d’uniformiser les réglementations de part et d’autres de l’Océan atlantique, d’ouvrir les marchés pour les services, l’investissement et les marchés publics et de mettre en place un mécanisme de règlements des différents entre entreprises et Etats.

Les différents éléments du mandat de négociations n’ont été diffusés que tardivement (9 octobre 2014) et partiellement. De façon générale, ces négociations restent opaques pour la plupart des élus des États membres et du grand public, contrairement à ce qui a été affirmé récemment par la Commission européenne, alors même que ce Traité engagera la vie économique et sociale de millions d’européens à long terme.

Les enjeux de ce traité pour les Etats membres de l’UE nécessite débat démocratique et transparence à tous les niveaux. Or le constat est que ni l’un ni l’autre n’existent. Une réelle démarche de transparence serait en premier lieu de permettre au grand public de savoir qui sont les négociateurs mandatés par l’UE pour mener les négociations.

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Inde : Les pôles de développement économique

L’économie de l’Inde pourrait bien se remettre en branle sous peu. Le nouveau gouvernement est en train de rétablir la rigueur budgétaire et de dynamiser l’appareil d’État, faisant tant renaître l’optimisme que le regain de confiance des entreprises dans l’économie a ranimé l’investissement, particulièrement dans les infrastructures.

Mais les perspectives générales de croissance de l’Inde masquent un ensemble disparate de potentiels économiques qui existent au sein des États, des districts, de villes et même des quartiers – des occasions que les entreprises ne peuvent repérer qu’après des analyses détaillées.

Les données économiques de l’Inde sont prometteuses. La croissance annuelle moyenne du PIB devrait osciller entre 6,4 % et 7,7 % jusqu’en 2025. Ceci se compare favorablement avec le taux de 4,7 % de l’an dernier et se rapproche de la moyenne de 7,7 % enregistrée dans la décennie avant 2012. Elle se démarque notamment des prévisions de stagnation à long terme du monde développé.

Cette accélération placerait l’Inde parmi les grandes économies du monde qui croissent le plus et où le nombre de consommateurs indiens qui peuvent se payer des biens de consommation discrétionnaires passerait de 27 millions en 2012 à 89 millions en 2025. Mais le potentiel est loin d’être uniforme.
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Les entreprises : complices de la récession ?

En apparence, l’histoire de la grande patronne d’IBM Virginia Rometty, désignée par Forbes femme d’affaires la plus puissante au monde, a tout d’une « success story ». Voilà en effet plusieurs années que, sous son règne, les profits d’IBM ne cessent de grimper et que les actionnaires la bénissent.

Virginia sait effectivement se montrer très persuasive et fort généreuse envers eux à la faveur de dividendes en constante augmentation et, ce, quasiment depuis son accession à la tête de l’entreprise. Cette ascension dans la rémunération de l’actionnariat, et cette progression constante du prix de l’action masquent cependant une réalité prosaïque – voire un secret malsain-, à savoir qu’elles sont entièrement redevables aux rachats massifs des actions IBM … par IBM!

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