La banque centrale russe frappe fort face aux nouvelles sanctions occidentales

La banque centrale russe a frappé fort vendredi pour éviter une nouvelle fuite des investisseurs face au durcissement des sanctions occidentales contre Moscou, avec une hausse drastique de taux qui risque de fragiliser davantage son économie.

Le siège de la Banque de Russie, à Moscou

A la surprise générale, la Banque de Russie a décidé lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire de relever son taux directeur à 8%, contre 7,5% depuis avril. Elle s’est dite prête à aller plus loin “si les risques pesant sur l’inflation persistent“.

Il s’agit de la troisième fois qu’elle resserre le robinet du crédit depuis mars, sur fond de crise dans l’est de l’Ukraine, où les forces gouvernementales affrontent des rebelles prorusses, et de sanctions occidentales croissantes.

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Jean-Marc Jancovici : « Croissance forever ? »

Urgences énergétique, climatique, environnementale, économique, sociale : si le diagnostic est sans appel, les sphères politiques et économiques ne semblent pas près d’amorcer une sortie des crises. Les discours s’affrontent, certains invoquant la croissance quand d’autres la révoquent.

Le retour à un niveau important de croissance du PIB est-il possible et souhaitable ? Ou faut-il s’adapter, faire avec une croissance nulle ; plus avant, la bonne stratégie est-elle de poser le problème dans un autre référentiel, celui d’un projet de société post-croissance à définir et édifier ensemble ?

Conférence donnée lors de la table ronde “Société “post-croissance”, Contraintes énergie-climat & Indicateurs alternatifs : comment repenser l’économie ?” en Juin 2014.

(Merci à MadeinFrance)

Effondrement de la croissance américaine au premier trimestre: -2,9%

Le chiffre officiel de la croissance du PIB aux Etats-Unis est calculé par le Département du commerce, et il est progressivement affiné au fur et à mesure que les données sont collectées. Pour le premier trimestre 2014, la première estimation s’affichait à +0,1% (en rythme annualisé), ce qui indiquait déjà une économie à l’arrêt et un sérieux ralentissement par rapport aux trimestres précédents.

Ce chiffre a été révisé une première fois à -1,0%. Il restait encore la troisième et dernière publication, le chiffre définitif. Le consensus des analystes prévoyait -1,8%, mais la réalité sera bien pire avec -2,9% ! Une vraie récession, le pire résultat depuis 5 ans (le premier trimestre 2009), alors que l’économie américaine était touchée de plein fouet par la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers. En janvier 2014, les économistes prévoyaient une croissance de 2,6%, pour résultat final de -2,9% : on mesure l’ampleur de la dégringolade.

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La jeunesse n’a pas de travail mais elle a des idées pour l’Europe

Quelle sera l’Europe de demain? Près de 5.400 jeunes européens de 16 à 30 ans se sont réunis à Strasbourg en mai dernier pour en débattre et ont rendu un rapport à ce sujet il y a quelques jours. Tour d’horizon de leurs idées pour une meilleure Europe.

Chômage des jeunes par pays, dans l’Union européenne, en pourcentage des moins de 25 ans, juillet-août 2013

Pendant trois jours la moyenne d’âge du Parlement européen à Strasbourg a fortement baissé. Et pour cause, des milliers de jeunes venus de tout le Vieux Continent ont investi les lieux afin de réfléchir à l’avenir de l’Europe.

Ils ont pu donner leur avis, partager leurs craintes et leurs espoirs autour de cinq grands thèmes: le chômage des jeunes, la révolution numérique, le futur de l’Europe, le développement durable et les valeurs européennes. Ces “rencontres de la jeunesse européenne” (European Youth Event) ont permis de dégager quelques idées pour l’avenir.

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TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations

Réunis à Paris mardi 8 juillet pour préparer le prochain volet de la régulation financière européenne, les représentants du monde financier ne semblent pas être particulièrement au fait des négociations secrètes qui pourraient demain bloquer toute volonté régulatoire de 50 des plus grandes économies mondiales. Une perspective nommée TiSA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.

WikiLeaks a fait fuiter le mois dernier un document de travail datant d’avril 2014, portant sur le chapitre des services financiers. S’il ne s’agit pas du texte définitif, puisque les négociations sont encore en cours, il permet de se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler cet accord de libéralisation déjà tant décrié.

C’est quoi l’idée ?

TiSA est une négociation commerciale lancée début 2013 entre 23 Etats, qui se baptisent eux-même les « très bons amis des services », à l’initiative des Américains et des Australiens. Leur objectif est de poursuivre la libéralisation des services engagée par l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, GATS en anglais) de 1994, qui combattait le protectionnisme et ouvrait certains secteurs à la concurrence.

50 pays négocient TiSA
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La dette totale des États-Unis atteint un nouveau record de près de soixante mille milliards de dollars

Que diriez-vous si je vous disais que les étasuniens avaient une dette de près de 60.000 milliards de dollars ? Eh bien c’est vrai. Lorsque vous cumulez toutes formes de dettes, incluant la dette du gouvernement, du commerce, la dette des crédits immobiliers et la dette-consommateurs, nous atteignons 59.400 milliards de dollars de dettes [43.676 milliards d'euros]. C’est une somme d’argent tellement énorme qu’il est difficile de la décrire avec des mots.

Par exemple, si vous viviez à l’époque de la naissance de Jésus-Christ, et que vous aviez dépensé 80 millions de dollars [environ 59 millions d'euros] chaque jour depuis, vous n’auriez toujours pas dépensé aujourd’hui 59.400 milliards de dollars [43.676 milliards d'euros].

Et la majeure partie de cette dette a été cumulée dans les récentes décennies. Si vous retournez quarante ans en arrière, la dette totale des États-Unis se situait aux environs de 2.200 milliards de dollars [1.618 milliards d'euros]. D’une façon ou d’une autre, durant les quatre dernières décennies, nous avons permis que la dette étasunienne devienne approximativement vingt-sept fois plus grande.

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L’OCDE prévoit un tarissement de l’immigration d’ici 2060

Déjà cinq mois depuis la votation contre l’immigration de masse. Mais le choix des Suisse validé par les urnes le 9 février dernier pourrait être dépassé par les évolutions économiques et démographiques de fond à long terme: c’est pas seulement l’immigration de masse mais l’immigration en général (vers les pays d’Europe) qui devrait se tarir d’ici 2060. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude publiée voici quelques jours par l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

Pour expliquer ce tarissement progressif des flux migratoires vers les pays développés actuels de la part des pays émergents, les auteurs de l’étude avancent plusieurs raisons. En premier lieu un nivellement économique avec une croissance atone dans les pays du Nord et un rattrape progressif par les pays du Sud. Ensuite, et cela découle du premier argument, une demande croissante en main d’oeuvre qualifiée, dans tous les pays, qui va augmenter l’offre de places de travail attractives dans les pays en développement et restreindre les places proposées pour des postes peu qualifiés dans les pays riches.

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Yves Marie Abraham “Décolonisons notre imaginaire!”

Professeur agrégé au Service de l’enseignement du management à HEC Montréal, Yves-Marie Abraham enseigne et mène des recherches dans le domaine de la sociologie de l’économie. Ses travaux sur les fondements sociaux de la réalité économique l’ont amené à s’intéresser de près à l’“objection de croissance”, dont il est devenu un partisan convaincu.

Cinéma : “The take”

En décembre 2001, l’Argentine implosait. Arrivée au terme du processus de « réforme » néolibérale, le pays entra tout simplement en faillite. Plus d’argent, plus de salaires, plus d’économies.

La conclusion logique d’une décennie durant laquelle l’Argentine avait été considérée comme le meilleur élève du Fond Monétaire International et avait « modernisé » son économie en effectuant les « réformes structurelles » devant lui permettre d’assurer sa « croissance ».

30 ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter. Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.

Freddy Espinosa, président de la nouvelle coopérative des ouvriers de La Forja, et Lalo Paret, activiste du Mouvement National des Entreprises Récupérées, vont faire face, avec leurs camarades, à leurs anciens patrons, aux banquiers et au système tout entier…

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Économie : Vers un monde de violences

Les années 1990 ont permis à Francis Fukuyama d’annoncer la fin de l’histoire. Les années 2000 ont montré combien il était illusoire d’imaginer un monde pacifié, sans conflits, sans forces obscures dont on ne mesure jamais, avant qu’elles n’apparaissent, les terribles conséquences.

À vrai dire, la troisième mondialisation a dessiné les contours de ce qui est tout sauf un « village global », en réalité un monde privé de mode d’emploi, qui court éteindre un incendie après l’autre sans jamais en voir la fin. Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des économistes, publiera son nouveau livre “Un monde de violences, l’économie mondiale 2015-2030″, la semaine prochaine.

Nicholas Georgescu-Roegen et la bioéconomie

Nicholas Georgescu-Roegen, 1906-1994, est probablement l’un des plus grands économiste de cette discipline. Dans cette interview, Jacques Grinewald, philosophe et historien français qui a bien connu Nicholas Georgescu-Roegen de son vivant, nous parle de la vie, de la carrière – brillante – et des travaux de cet économiste mathématicien encore en marge de la pensée économique dominante.

Partie 1:

Georgescu-Roegen a fondé sa pensée sur la thermodynamique, notamment sur sa seconde loi, l’entropie, ou loi de dissipation. Il s’est beaucoup inspiré de la théorie de l’évolution de Darwin, décrivant le développement de la technologie comme le prolongement de l’évolution biologique de l’espèce humaine.

Ceci l’amènera à créer le concept de bioéconomie. La prise en compte de l’entropie implique que l’économie doit être vue comme un système biologique, avec les contraintes qui affectent tout système vivant.

Georgescu-Roegen démontre avec la rigueur du mathématicien que la recherche d’un état stationnaire pour l’économie actuelle n’est pas soutenable. La seule issue – conclusion qui n’est pas facile à entendre – est la décroissance. Georgescu-Roegen est sans appel: le système économique du XIXè siècle dans lequel nous vivons aujourd’hui est une fiction qui est vouée à s’écrouler.

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Les millionnaires sont de plus en plus nombreux et de plus en plus riches

Le nombre de personnes disposant d’au moins un million de dollars à investir a augmenté de 15% pour atteindre 13,7 millions, selon le dernier rapport sur la fortune dans le monde réalisé par Capgemini et RBC Wealth Management.

Près de deux millions de personnes ont rejoint l’an dernier le groupe des millionnaires en dollars dans le monde, ceux dont la fortune globale a grimpé de près de 14% grâce aux bonnes performances des marchés boursiers et à l’amélioration du climat économique global, montre le dernier rapport sur le sujet de Capgemini et RBC Wealth Management.

Une fortune cumulée de 52.620 milliards de dollars

Selon cette enquête, qui s’appuie sur une étude réalisée auprès de plus de 4.500 personnes fortunées dans 23 pays, le nombre de personnes disposant d’au moins un million de dollars à investir a augmenté de 15% pour atteindre 13,7 millions. Et la fortune cumulée de ces millionnaires, qui n’a cessé de croître depuis 2008 malgré la crise financière, atteint désormais 52.620 milliards de dollars (38.770 milliards d’euros).

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Tous prolétaires demain ? Peut-être pas

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Dans un livre fort commenté, le professeur Piketty explique la montée continue des fortunes privées par un rendement du capital supérieur à la croissance économique. Il voit cette situation perdurer, ce qui me semble trop pessimiste.

Comparé au Capital de Marx, Le Capital au XXIe siècle du professeur Piketty a l’avantage d’être, en apparence tout au moins, clair et compréhensible. Parmi les récents « blockbusters » soi-disant économiques, quasi tous superficiels et convenus, ce livre est le plus plaisant et le plus intéressant avec ses allusions littéraires bien choisies, ses perspectives historiques chiffrées et ses référence à des modèles théoriques bien vulgarisés sans oublier la compilation d’une impressionnante somme de données nouvellement disponibles.

Sa thèse, bien connue maintenant, interroge car l’auteur craint que le siècle qui débute ne voie les riches continuer à s’enrichir automatiquement, mettant finalement nos sociétés à mal, d’où la nécessité de modifier leur environnement réglementaire et fiscal.

Pour l’économiste français, la rapide montée des fortunes privées ces 25 dernières années s’explique avant tout par un rendement du capital nettement plus élevé que la croissance économique générale, un phénomène qu’il pense devoir perdurer longtemps vu la stagnation, voire le déclin attendu des populations actives dans le monde. Cette vision me semble toutefois par trop pessimiste.

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États-Unis : Le FMI abaisse sa prévision de croissance pour 2014

Le Fonds monétaire international a revu en baisse sa prévision de croissance de l‘économie américaine pour cette année et déclaré que les États-Unis ne devrait pas être en situation de plein emploi avant la fin 2017.

L’institution prévoit une croissance du PIB américain de 2% en 2014, contre 2,8% anticipés en avril, en raison du ralentissement du premier trimestre.

Notre révision de croissance en baisse est largement due au mauvais résultat du premier trimestre qui est majoritairement mais pas uniquement en relation avec la météo, a souligné Christine Lagarde, la directrice générale du FMI. Nous pensons que ce ralentissement est temporaire et qu’il cache de meilleures perspectives”.

L’institution appelle les États-Unis à investir massivement dans les infrastructures et l‘éducation mais surtout à renforcer son marché du travail dont l’amélioration progressive ne serait qu’un trompe l’œil selon le FMI.

Ce constat suggère que la Réserve fédérale, la Fed peut prendre son temps avant de relever ses taux d’intérêt.

Euronews

La fin du travail, la faim de travail

La vraie crise, pour Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, n’est pas à chercher dans les chiffres mais dans l’intensification, au-delà du supportable, du travail des actifs. Un travail de plus en plus «productif», vidé de son sens.

C’est un titre, à vrai dire, un peu sibyllin: «Le travail invisible», enquête sur une disparition. Le livre de Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, est pourtant une plongée passionnante dans les rouages de la crise. Une crise imputable aux excès de la finance, certes. Mais qui, en réalité, nous confronte surtout à nos vains espoirs et vraies contradictions.

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Pétrole : Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise ?

Selon le nouveau rapport « World Investment Outlook » de l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) il faut trouver 48.000 milliards de dollars jusqu’en 2035 pour maintenir la production pétrolière au niveau actuel.

Pour rentabiliser les nouvelles techniques de forages, il est nécessaire de mettre le curseur du prix du baril au-delà de 120 dollars. Mais à ce niveau, c’est l’économie qui s’écroule! C’est un vrai casse-tête et un cercle vicieux insoluble.

Le peak oil d’or noir conventionnel a été atteint en 2007 et le pétrole de schiste, off-shore, sable bitumineux ou dans les glaces de l’Arctique devaient prendre le relais pour assurer la stabilité et la croissance mondiale des économies.

Tous les signaux d’alarmes sont au rouge vif

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C’est maintenant une crise sociale qui menace l’Europe

Par Guntram B. Wolff et Zsolt Darvas

Cet article est basé sur une note de synthèse rédigée conjointement par les deux auteurs, présentée aux ministres des Finances de l’UE lors de leur entrevue informelle de l’Ecofin à Athènes.

Image du film L’arroseur arrosé, de Louis Lumière, 1895

Au cours de ces dernières années, la politique économique européenne s’est concentrée sur la crise des dettes souveraines et sur la fragmentation du système financier. Mais une menace encore plus dangereuse pèse sur l’Europe : le risque de la fragmentation sociale qui pourrait bien se transformer en une révolte contre les élites politiques, contre l’intégration européenne, les marchés ouverts et mondiaux, et finalement contre l’euro.

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Les Etats-Unis, nouvelle frontière du luxe

Le Tiffany Diamond, l’un des plus beaux diamants jaunes du monde, découvert dans la mine de Kimberley en Afrique du Sud en 1877, et habituellement exposé dans la boutique Tiffany de la Ve Avenue à New York, sera transporté sous haute garde, en jet privé, pour être exposé mardi 10 juin dans la toute nouvelle boutique Tiffany des Champs-Elysées, à Paris. Une pierre d’exception au prix stratosphérique que l’exquise Audrey Hepburn a été l’une des deux seules femmes à avoir porté, en 1961, pour le film Breakfast at Tiffany’s, de Blake Edwards.

« Tiffany, c’est mon baromètre du luxe aux Etats-Unis », explique Milton Pedraza, PDG de Luxury Institute, un institut spécialisé indépendant. Après être tombée au plus bas, la côte d’amour de Tiffany, symbole du luxe à l’américaine, est remontée en flèche auprès des analystes. Ses ventes au premier trimestre lui ont permis de relever ses prévisions de bénéfice annuel.

D’une façon générale, les nouvelles du luxe outre-Atlantique sont bonnes depuis deux ans. Meilleures qu’elles ne l’ont été depuis longtemps. Après le creux de la vague et la crise économique de 2008, le marché du luxe américain a rebondi avec vigueur. Et connaît une croissance supérieure à celle que l’on observe en Chine. Le cabinet Boston Consulting Group prévoit « une croissance pour ce secteur de 7 % à 8 % aux Etats-Unis cette année, légèrement supérieure à la hausse prévue au niveau mondial [6 % à 7 %] ».

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