Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de 2007 et 2008.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas. 

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Frédéric Lenoir : « Guérir le monde »

Pour le philosophe Frédéric Lenoir, les crises sociales, politiques, environnementales et les crises de valeurs des dernières décennies sont toutes reliées entre elles. La vision cartésienne du monde et l’ultralibéralisme adopté par l’élite mondiale a mené à une vision dénaturalisée de l’être humain.

Nos sociétés semblent avoir oublié que nous pouvons ressentir au fond de nous même le sentiment de bonheur autrement que par la consommation, apportant un plaisir immédiat, mais qui nous envahit guère longtemps.

Pour acquérir ce sentiment de bonheur, l’être humain doit être solidaire envers autrui, mais il est bien difficile d’agir ainsi dans un monde aussi individualiste que le nôtre. Les problèmes qui nous paraissaient autrefois bien éloignés sont maintenant près de notre réalité due à l’accélération du temps et au rétrécissement de l’espace.

Les médias nous bombardent d’évènements négatifs se déroulant partout sur le globe et nous y assistons de manière passive, apportant un grand sentiment d’insatisfaction. Il devient donc plus difficile de cultiver notre bonheur personnel.
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Le ventre : Notre deuxième cerveau (Docu)

C’est un étrange voyage au cœur de nos entrailles que propose ce documentaire parfois complexe mais passionnant. Notre ventre abrite plus de 200 millions de neurones connectés qui transmettent des ordres. Ce « cerveau du bas », qui règne sur une impressionnante colonie de bactéries, décide-t-il de nos humeurs ?

« Les scientifiques se sont aperçus qu’il existait quantité de neurones dans notre ventre, à peu près autant que dans le cortex d’un chat ou d’un chien. Ils s’occupent, entre autres, de notre digestion. S’il n’avait disposé que d’un seul cerveau, celui “du haut”, l’être humain aurait été absorbé en permanence par ce processus très complexe et n’aurait pas pu développer d’autres activités intellectuelles. Le fait d’avoir deux cerveaux a joué un rôle majeur dans notre évolution », souligne Cécile Denjean, l’auteur du documentaire.

Outre des images de synthèse impressionnantes et des animations réussies, les explications délivrées par une quinzaine d’intervenants de haut niveau, travaillant souvent dans des universités ou des services hospitaliers de pointe en France, aux États-Unis, en Allemagne, en Chine, en Belgique ou au Canada, permettent de mieux comprendre l’impact de notre ventre sur nos comportements.

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L’UE travaille sur une directive qui limitera les retraits à 100 ou 200 euros par jour

Les gouvernements européens travaillent à un compromis sur la directive de l’UE pour le paiement de la garantie des dépôts des clients lors de faillites bancaires. Un document de travail de la présidence de l’UE, qui est assurée depuis le 1er Juillet par la Lituanie, montre que la directive pourrait être prête dès cette année.

Le Parlement européen veut que les épargnants puissent retirer leurs dépôts jusqu’à concurrence de 100.000 euros dans les cinq jours ouvrables qui font suite au dépôt de bilan d’une banque. Cependant, à l’origine, le Conseil de l’Europe avait réclamé un délai de 20 jours. Les États membres cherchent maintenant un compromis. Grâce aux progrès technologiques auxquels on peut s’attendre pour l’avenir, il est probable que le délai qui sera finalement adopté.

Dans tous les cas, les dépôts supérieurs à 100.000 resteront bloqués. A Chypre, il aura même fallu trois mois complets avant que les détenteurs de dépôts supérieurs à ce montant connaissent combien ils pourront finalement récupérer sur la somme qui excède ce seuil. 47,5% de ce montant ont été convertis en actions de la Bank of Cyprus.

Le journal allemand Börsen-Zeitung rapporte que l’Europe examine maintenant aussi la possibilité de qualifier cette période de «circonstances exceptionnelles». Pendant cette période, les citoyens pourraient effectuer quotidiennement des retraits d’argent de 100 à 200 euros maximum, comme ce fut le cas à Chypre.

Express.be

Économie mondiale : Les aveux troublants de l’économiste en chef du FMI

Rencontre avec l’économiste en chef du FMI. Olivier Blanchard est l’un des économistes les plus reconnus au monde, mais il est plongé dans le doute. La macroéconomie est cassée. Il n’y a pas d’autre choix que de la rebâtir.

Les aveux émergent au fil de la conversation : «  Nous avions sous-estimé le rôle de la finance » ; « Les économistes avaient oublié les leçons de l’histoire ».

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Michel Drac : Enjeux géopolitiques pour l’avenir (Màj Vidéo)

Michel Drac analyse les principales tendances géopolitiques pour les prochaines années : l’impasse politique de la zone Euro, la montée en puissance de la Chine et de la Russie, et le nécessaire redressement industriel des États-Unis. Il nous expose également les problématiques énergétiques à venir, et les solutions possibles pour s’en émanciper.

(La même vidéo, hébergée sur Vimeo en cas de nouvelle censure sur Youtube) :
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Marx et les crises

Marx considérait que les crises sont l’expression des contradictions 
internes au capitalisme, et qu’elles doivent conduire à son effondrement. Mais il a laissé sa théorie des crises inachevée. 
Dans quelle mesure peut-il donc éclairer la crise d’aujourd’hui ?

« Un spectre hante l’Europe – le spectre du communisme. » Ainsi commence le Manifeste du parti communiste. Curieuse formule ! Ne faut-il pas être mort pour revenir à l’état spectral, fantomatique ? À la manière de Jean Baudrillard, faut-il penser un retour spectral du communisme ? Ou ce revenant est-il enterré, un pieu enfoncé dans le cœur ? Dans Spectres de Marx, Jacques Derrida fait de Karl Marx lui-même un perpétuel revenant. Après sa mort, sa pensée est revenue hanter l’Europe et l’Amérique à la fin du XIXe siècle, lors de la grande dépression, et encore dans les premières années après la Première Guerre mondiale ; elle est revenue en force au cours des années 1930, pendant la grande crise. Il y aurait donc un lien entre les grandes crises qui, elles aussi, sont des « revenants », et les retours de Marx. Ce n’est pas si simple.

À la fin des années 1960, le spectre de Marx revient nous visiter, pas seulement dans les rues de Paris et dans les campus du monde entier. Or le monde est en expansion, dans la phase active des trente glorieuses. Marx hante les esprits et pourtant « même les tables ne tournent pas », comme il l’analysait. Le capitalisme triomphe un siècle après ses prédictions apocalyptiques : mieux, il produit un énorme accroissement de richesses dont jouissent aussi les masses populaires, la société de consommation explose, les inégalités ont régressé, « l’armée de réserve industrielle » (Marx nomme ainsi les chômeurs) a disparu ainsi que les crises périodiques avec leur cortège de misère, de chômage. À l’époque, de doctes et pourtant jeunes experts en marxisme se posaient sérieusement la question de la paupérisation en Europe, aux États-Unis, l’une des grandes prédictions de Marx. Était-elle absolue, alors que les PIB croissaient à des taux records, ou seulement relative, alors que la hausse des revenus des salariés n’avait jamais été aussi forte, que les inégalités régressaient ?

Chômage, paupérisation 
et inégalités

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Le sentiment de l’inéluctable : la crise rupturielle s’avance

Les dernières statistiques du département du travail, aux USA, sont catastrophiques pour ce qui concerne la création d’emploi. Les chiffres ont été donnés vendredi, clairement inférieurs à ceux qu’attendaient les économistes habituellement en embuscade avec leurs prévisions.

On attend une nouvelle phase de planche à billets (Quantitative Easing 3, ou QE3), comme piètre mesure d’urgence de Bernanke, le président de la Federal Reserve. (Joseph Trevisani, stratégiste en chef chez Worldwide Markets a déclaré à l’agence Reuters, “Ce rapport sur les emplois, les salaires, les heures travaillées et le taux de participation est sans doute le dernier élément dont la Fed avait besoin avant d’annoncer de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif cette semaine.”)

Russia Today rapporte la chose, le 7 septembre 2012, observant que le pourcentage de la population impliqué dans l’économie active aux USA est tombé à son plus bas niveau depuis septembre 1981, à 63,5%. C’est un autre facteur renforçant le constat d’une évolution de déstructuration de l’économie.

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Vers le chaos ? Perspectives et alternatives à la crise

Michel Drac et Piero San Giorgio évoquent la crise et ses possibles évolutions lors d’une conférence à Bordeaux.

Partie 1. Intervention de Michel Drac :

http://www.dailymotion.com/video/xryyvd

Partie 2. Intervention de Piero San Giorgio :

http://www.dailymotion.com/video/xs2h9u

Partie 3. Questions – réponses avec le public :

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Delamarche-Herlin, la crise de la finance sur Radio courtoisie

Radio courtoisie, émission du 9 juin 2012, Le Libre Journal des Lycéens présenté par Hugues Sérapion qui recevait Olivier Delamarche, analyste financier, président de Platinium Gestion et Philippe Herlin, chercheur en finances, professeur au CNAM.

Partie 1

http://www.dailymotion.com/video/xrfj8v

Partie 2

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La France est-elle en train de s’allier à Wall Street et à la City pour isoler l’Allemagne ?

Au XIXème siècle, l’Allemagne avait pris la tête de la Triplice, dont l’objectif était d’isoler la France. Deux siècles plus tard, la France semble vouloir se venger en menant les opposants à l’Allemagne. Et si les socialistes étaient les “idiots utiles” pour faire progresser l’agenda des Anglo-saxons ?

Pour remplir un agenda électoral, la France rejoint le camp des opposants à son alliée, l’Allemagne, et signe un texte étonnant qui prône la productivité à tous crins, c’est à dire les licenciements, les réformes structurelles c’est à dire la flexibilité et la précarité, les changements des lois sur le travail.

Les paragraphes 7 et 8 du communiqué publié à l’issue du G8 sont un modèle de reniement de ce pourquoi les électeurs de gauche ont voté : on met l’accent sur la productivité, les réformes structurelles, la poursuite de l’intégration du marché international, l’ouverture des marchés, le refus du protectionnisme, l’insistance sur le rôle de l’OMC, les dérégulations etc etc

Plus que jamais il faut décoder, déconstruire, revenir aux faits et aux fondamentales.

Pourquoi ? Parce que :

  • La crise grecque est à un tournant
  • L’Espagne a rejoint l’enfer
  • L’offensive, la pression  anglo-saxonne est à son comble
  • La France est à nouveau en période électorale
  • Merkel est aux abois.
  • La droite française est dans les cordes
  • La situation iranienne est instable
  • Les marchés sont fragiles, au bord du précipice.

Commençons par les marchés…

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Menacée par la crise de la dette, l’Otan joue sa survie

L’Otan qui, depuis 1949, lie les deux rives de l’Atlantique au sein d’une alliance militaire, doit affronter une nouvelle tempête qui pourrait l’obliger à réduire ses ambitions et à se replier sur sa mission initiale de défense du territoire des alliés. Cette question sera au centre des discussions des chefs d’Etat ou de gouvernement des 28 pays membres qui se retrouvent dimanche 20 et lundi 21 mai à Chicago pour un sommet qui devra se pencher sur l’avenir de l’organisation après le départ en 2014 de toutes les troupes de combat d’Afghanistan.

Certes, depuis la chute du mur de Berlin, l’Otan, créée pour défendre l’Europe de l’Ouest et l’Amérique face à toute velléité d’expansion voire d’invasion du « bloc soviétique », a réussi à se réinventer et à survivre à la fin de la division du monde en deux blocs antagonistes.

Et pourtant, les défis qu’elle doit affronter aujourd’hui font peser des menaces sur sa propre survie. Le premier, c’est d’organiser le retrait d’Afghanistan du gros des troupes de combat pour qu’il ne tourne pas au fiasco comme ce fut le cas de l’Armée rouge en février 1989, quelques années avant l’implosion de l’URSS.

Le deuxième grand défi est le plus menaçant pour la sécurité - et la survie -de l’Otan : la crise de l’endettement public en Europe et en Amérique. Cette crise oblige les Etats à réduire encore plus rapidement que prévu leurs dépenses de défense.

Avant même les derniers soubresauts de la crise grecque, les dépenses des pays européens membres de l’Otan avaient chuté de 20 % par rapport à 1991, à la fin de la guerre froide.

Selon le secrétaire général de l’Organisation, le Danois Anders Fogh Rasmussen, en 1991, les Européens prenaient encore en charge 34 % des dépenses de défense des alliés laissant alors 66 % à la charge des Etats-Unis et du Canada. Une part européenne qui a chuté aujourd’hui à 21 % et qui devrait encore se réduire au moment où les Etats-Unis vont devoir aussi mettre leur défense à la diète après les folies financières en Irak et en Afghanistan.

Lire l’intégralité de l’article sur Les Echos

L’AF et le Cercle Jacques Bainville reçoivent Michel Drac

Michel Drac était, le 13 avril 2012, l’invité du cercle Jacques Bainville dans les locaux de l’Action Française, à Paris. Quelques extraits, judicieusement sélectionnés par les organisateurs…

Partie 1 :

Partie 2 :

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Un brûlot vient d’être lancé !

« Les pressions sur les banques européennes restent élevées. Elles font face aux risques de la dette publique, à une croissance économique faible, à une hausse des exigences lors du renouvellement de leurs emprunts arrivant à maturité et à la nécessité de renforcer leurs réserves pour regagner la confiance des investisseurs. » A les lire attentivement, les auteurs de ce constat ne sauraient être plus clairs, mais qui sont-ils donc pour se le permettre ?

Ce sont les rédacteurs du rapport semestriel du FMI, qui tirent la conclusion de leur analyse que les 58 plus importantes banques européennes vont devoir pratiquer un gigantesque désendettement d’ici fin 2013. La valeur médiane de la fourchette de leur estimation est de 2.600 milliards de dollars (soit 7% de leurs actifs), ce qui va se traduire par un reflux du crédit chiffré à -1,7%, ainsi qu’un par recul de -1,4% du PIB de la région. Il va aussi en résulter une baisse de la valeur des actifs, vu la quantité qui va être vendue dans la précipitation, atteignant celle des actifs conservés et créant ainsi un phénomène de boule de neige. L’image qui s’impose est celle d’un bateau dont les membres de l’équipage jettent dans l’urgence tout ce qu’ils peuvent par dessus bord afin de l’alléger et l’empêcher de sombrer.

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La crise est aussi la fille de Thatcher et Reagan

La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence des excès des “subprimes” ou du comportement individuel de quelques “traders ”. Elle est la conséquence directe des excès de la déréglementation.

Aux racines du mal : une triple déréglementation

À partir des années 70, les structures économiques relativement rigides issues de l’après-guerre ont été démantelées par les tenants d’une liberté économique sans limite. Ils sont parvenus à mettre en place une triple déréglementation, monétaire, commerciale et financière, liée par l’idéologie et des intérêts croisés. La libéralisation financière pousse ainsi celle du commerce puisque les multinationales qui investissent à l’étranger cherchent ensuite à exporter. La libéralisation monétaire pousse la libéralisation financière pour permettre aux entreprises de se couvrir contres les évolutions erratiques du cours des monnaies.
On oublie aujourd’hui le rôle fondamental de la fin de la convertibilité du dollar en 1971, qui a accéléré la financiarisation de l’économie (le marché des devises est le premier au monde). Puis, les accords commerciaux se sont multipliés pour démanteler les barrières douanières et assurer une circulation la plus libre possible des biens. Enfin, les années 80 ont vu une accélération de la déréglementation financière jusqu’à ce que les échanges financiers soient 50 fois plus importants que ceux de marchandises.

Une crise issue de l’hégémonie américaine

« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. » L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.

Philip Pilkington : Dans votre livre, « Le Minotaure mondial : l’Amérique, les véritables origines de la crise financière et l’avenir de l’économie mondiale », vous affirmez que cette crise économique actuelle a des racines très profondes. Vous estimez que si de nombreuses thèses très répandues – une cupidité sans borne, une soumission des régulateurs – expliquent certaines caractéristiques de la crise actuelle, elles ne traitent pas la question sous-jacente réelle, qui est celle de la structure actuelle de l’économie mondiale. Pourriez-vous expliquer brièvement pourquoi vous considérez que ces thèses sont insuffisantes ?

Yanis Varoufakis : Il est vrai que, durant les décennies qui ont précédé le krach de 2008, la cupidité est devenue le nouveau credo ; que les banques et les hedge funds ont fait plier les autorités réglementaires à leurs volontés ; que les financiers croyaient en leurs discours, et étaient donc convaincus que leurs produits financiers étaient un « risque sans risque ». Cependant, ce passage en revue des phénomènes de l’époque pré-2008 nous laisse le sentiment tenace que nous manquons quelque chose d’important, que, toutes ces vérités isolées étaient de simples symptômes, plutôt que des causes, du monstre qui nous propulsait vers le krach de 2008. La cupidité existe depuis des temps immémoriaux. Les banquiers ont toujours essayé de contourner les règles. Les financiers sont à l’affût de nouvelles formules trompeuses de crédit depuis l’époque des Pharaons. Pourquoi la période post-1971 a-t-elle permis que la cupidité domine et que le secteur financier dicte ses conditions sur le reste de l’économie sociale mondiale ? Mon livre veut insister sur une cause plus profonde, derrière tous ces phénomènes distincts mais étroitement liés.

PP : Oui, ces tendances doivent être contextalisées. Quelles sont donc les racines de la crise que vous avez mises au jour ?

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50 chiffres incroyables sur l’économie des États-Unis en 2011

Bien que la plupart des américains se sentent frustrés par l’économie actuelle, la vaste majorité d’entre eux  n’ont toujours aucune idée de la gravité de notre déclin économique ou des difficultés à venir si nous ne prenons pas immédiatement des décisions radicales. Si nous n’informons pas les américains que l’économie des USA est atteinte d’une maladie mortelle, alors ils continueront à croire tous les mensonges que les politiciens leur servent depuis des lustres. Quelques ajustements ici et là ne suffiront pas à réparer notre économie. Nous avons vraiment besoin de changer fondamentalement de direction. L’Amérique consomme bien plus de richesses qu’elle n’en produit et notre dette explose littéralement. Si nous restons sur le chemin actuel, un effondrement économique est inévitable. Espérons que les données économiques de 2011 que j’ai inclus dans cet article seront assez choquantes pour réveiller quelques personnes.

À cette période de l’année, beaucoup de familles se retrouvent, et la plupart du temps on en vient à discuter de politique. J’espère que beaucoup d’entre vous utiliseront la liste ci-dessous comme un outil pour vous aider à diffuser la réalité sur la crise économique aux USA auprès de votre famille et de vos amis. Si nous travaillons tous ensemble, peut-être que nous réveillerons des millions de personnes  qui prendront conscience que le « business as usual » provoquera un effondrement de l’économie nationale.

Les 50 chiffres économiques de l’année 2011 presque trop gros pour y croire sont :

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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Crise systémique mondiale

De la bulle financière, du krach obligataire et de l’inévitable crise systémique globale. Extraits d’un ouvrage intitulé “La grande crise monétaire du XXIe siècle a déjà commencé !” de Pierre Leconte édité… en novembre 2007.

La crise systémique générale provenant de l’implosion de la machine américaine à produire de la dette est en bonne voie. Tant sur les marchés des taux d’intérêts à court, et surtout long terme, que sur les pertes déjà enregistrées et à venir des grandes institutions financières.

Le ralentissement économique américain ne pourra pas être évité par les manipulations de la Federal Reserve, dont l’injonction de liquidités et/ou la baisse des taux d’intérêt à court terme supplémentaires n’auront désormais comme seuls effets que d’augmenter l’inflation interne aux États-Unis, de faire monter les taux à long terme américains et d’accélérer la chute du dollar sur les marchés des changes.

La Fed s’est fait ravir les instruments avec lesquels elle parvenait jusqu’ici, avec plus ou moins de succès, à manipuler les marchés.

C’est donc dorénavant le reste du monde, en particulier les pays aux balances commerciale et des paiements fortement excédentaires, qui va décider du niveau des taux d’intérêt américains et de l’avenir économique de la « République impériale ».

Pour caricaturer, le destin du plus grand pays capitaliste du monde est maintenant dans les mains du plus grand pays communiste ! Les pères du « Rêve américain », là où ils sont, doivent en frémir… Lire la suite

Crise : gagner du temps n’est pas suffisant – 1

L’économiste Jacques Sapir nous le dit : «avec ce plan nous n’avons acheté que du temps.» Au delà des problèmes de déficit et d’endettement, la crise traduit surtout un phénomène d’euro-divergence entre l’économie allemande et la plupart des autres économies européennes.

photo; Abadie -Flickr - CC
Il faut se rendre à l’évidence. À peine calmée le lundi 10 mai par l’annonce d’une plan qualifié de « massif, » la spéculation contre l’Euro a repris dès la nuit de lundi à mardi. Elle s’est amplifiée durant toute la journée du 11 mai. Le plan dit “massif” n’aura apporté que 24h de répit. Nous sommes à nouveau devant la perspective d’une crise systémique de la zone Euro.(1)

Les deux crises de la zone Euro

La crise de l’Euro qui s’est déclenchée dans les derniers jours d’avril 2010 combine une dimension conjoncturelle (la crise de l’endettement de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie) et une crise bien plus structurelle. Cette dernière est caractérisée par la divergence des logiques entre les principaux pays de la zone Euro, ce que l’on a appelé le phénomène d’Eurodivergence. Elle se manifeste par un accroissement depuis 2000 des différences dans le domaine de l’emploi, de l’épargne et de l’investissement entre les pays de la zone Euro.
Alimenté par les différences de dynamiques économiques et accentué par la politique allemande qui a cherché à profiter de sa position dans la zone Euro en transférant une partie des charges de ses entreprises vers les ménages, ce phénomène a induit des distorsions de productivité importantes.

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Crise systémique, vers une dette européenne !

Par Gilles Bonafi

On entend ici où là des voix affirmant que l’Europe va imploser et que la Grèce, malgré l’adoption du plan d’austérité, sera la première à tomber, suivie de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie.

Cela ne se fera pas, car tous les pays européens sont interconnectés au sein d’un immense jeu de domino financier, de dettes.

En effet, la défaillance de l’un entraînerait obligatoirement les autres dans leurs chutes.

Pour prouver ceci, rien ne vaut un bon graphique qui démontre l’interconnexion européenne des dettes :

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Ce graphique a été publié le 1er mai par le New York Times. Il met en évidence le caractère inextricable des finances publiques des PIIGS. Un simple coup d’oeil suffit pour comprendre “l’effet domino.” Plus la flèche est épaisse, plus la dette est importante.

De plus, de grandes banques européennes sont directement exposées en Grèce, comme le Crédit Agricole qui est, d’après le Wall Street Job Report, la banque la plus touchée par la crise ! En août 2006, le Crédit Agricole avait en effet pris le contrôle de 72% de la banque Emporiki (troisième en nombre d’agences et cinquième par les actifs en Grèce) pour 2 milliards d’euros. Emporiki avait ainsi généré une perte nette de 582,6 Millions d’Euros en 2009, de gros soucis à venir donc !

Selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux, en ajoutant l’Espagne et le Portugal, l’exposition des banques françaises grimperait à 306 milliards de dollars, du suicide si l’on abandonnait ces pays !

La seule solution réside donc dans la création d’une « structure de défaisance », nous permettant de racheter les créances douteuses ; une Agence Européenne du Trésor, empruntant au nom de l’Europe.
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Bienvenue au bal des vampires

Par Denissto. Article intégral, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

C’est sans vergogne que les banquiers, tout juste sauvés de la faillite par les deniers publics, ont réussi à transférer leurs mauvaises dettes privées, en dettes d’États. Forts de cet incroyable privilège, ils spéculent maintenant sur les dettes de ces mêmes nations. Leurs discrètes succursales, plus connues sous le nom de hedge funds (1), cachées aux Îles Caïmans, mènent la curée.

La ruine des particuliers étant consommée, ce sont dorénavant sur les nations et autour de leurs dettes souveraines que ces vautours se rassemblent. La piétaille a droit à un mea culpa savamment orchestré par la déesse aux cent bouches, histoire de patienter quelques heures dans les files d’attente de la Soupe Populaire (2). Les débats au Sénat américain affichent complet, c’eût été une faute de goût électorale de ne pas participer à une telle pantomime ! On aurait aimé voir ces élus un peu plus assidus à l’audition de l’inspecteur général de la Réserve fédérale américaine (3), incapable d’expliquer la disparition de 9000 milliards de dollars.

Quand les médias braquent leur objectif sur un scandale financier, quand un sénateur accuse une banque d’avoir vendu « des produits de merde », ne vous imaginez pas informés, mais juste anesthésiés. Ce qui se joue en coulisse, vous le comprendrez encore une fois trop tard. Mieux encore, Goldman Sachs s’est déjà entendu avec la police financière pour payer une amende et fermer toutes enquêtes.

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La crise est finie ? Parlons-en alors ! (3)

(Troisième et dernier volet de la série sur la crise. Où l’on comprend qu’espérer de la Chine qu’elle devienne la locomotive de la crise est un illusion : tout entier tourné vers l’exportation, le modèle chinois n’entraine qu’une augmentation faible de la consommation intérieure et des importations.)

La Chine peut-elle tirer la croissance mondiale ? C’est le credo des journalistes économiques et des experts qu’ils nous ont seriné depuis presque un an.

Aujourd’hui, ils font mine de triompher : la croissance chinoise frôle les 15% sur le dernier trimestre (sur une base annuelle). Et ce rebond est censé rejaillir en pluies fécondes pour les pays occidentaux. Le raisonnement fonctionne parfaitement avec l’Allemagne, qui a retrouvé une croissance de 0,7% au dernier trimestre. Une performance qui ne doit rien à la consommation intérieure allemande, atone, mais tout à la demande des pays émergents, et notamment de la Chine.

La croissance française (0,3% au dernier trimestre) plus faible que celle annoncée par l’INSEE, a le même profil, en apparence : une stagnation inquiétante de la consommation intérieure et un rebond à 5,7% des exportations. mais ce rebond se partage entre les ventes d’automobiles stimulées par les plans de relance (on fait de la prime à la voiture achetée un peu partout) et aussi de 22 Airbus.

La Chine, comme le Brésil ou la Russie et les pays producteurs de matières premières, peuvent donc tout à fait tirer les économies extérieures, mais à condition qu’elles soient orientées vers la fourniture d’équipements de production ou d’infrastructure.

L’Allemagne et le Japon, et la France dans une faible mesure (Airbus, centrales nucléaires, Rafale peut-être un jour) peuvent en profiter, mais de façoin transitoire, au fur et à mesure que s’opèrent les transferts de technologie. Ainsi la Chine fabrique-t-elle aujourd’hui ses propres Airbus. Lire la suite

La crise pourrait dégénérer en guerre civile (Archives)

Lu dans le quotidien suisse Le Matin :

2010, 2013 ou 2015, quand finira la crise? Les instituts de conjoncture font ce qu’ils peuvent pour prévoir la date de la reprise – malheureusement, en ce moment, ils revoient leurs projections à la baisse. Le plus pessimiste prévoit en plus une aggravation des conflits sociaux et politiques. Les pays à faible couverture sociale comme les Etats-Unis risqueraient même la dislocation.

(…) Que s’est-il passé en si peu de temps? Bruno Parnisari, chef du secteur Conjoncture à la Direction de la politique économique du SECO, ne cache pas avoir été surpris de voir «avec quelle vitesse tous les indicateurs ont plongé entre l’automne 2008 et le printemps 2009, et comment ce que l’on pensait être des phénomènes isolés – la bulle immobilière aux USA ou les problèmes de certaines banques comme Lehman Brothers – ont créé un effet domino. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : la crise est systémique. On est très largement en dehors des variations normales – un peu comme un médecin qui voit arriver un patient grippé avec une température de 45».

C’est précisément ce que clame depuis un certain temps le Leap, qui s’est projeté au-delà et qui met en garde : si la crise économique dure trop longtemps et frappe des pays qui ont peu de protection sociale pour aider les plus démunis, on peut craindre des tensions sociales et politiques… voire des conflits armés. «En Europe, on n’en arrivera certainement pas à cette extrémité, en tout cas dans les pays qui ont les moyens de financer durant trois ans les assurances sociales – on risque par contre de voir des manifestations et des pressions politiques, mais certainement pas de violence systématisée», explique Franck Biancheri.

Aux USA par contre, le LEAP n’exclut pas cette éventualité. Le pays compte déjà 8% de chômeurs, et voit ce pourcentage grossir de jour en jour: «Ils ont généralement perdu à la fois leur job, leur assurance-maladie, leur maison, et leur retraite, investie en actions. Et ils savent que l’Etat ne les aidera pas». De quoi rendre un peu nerveux en effet, ce qui n’est jamais bon dans un pays où les armes sont en libre-service. Plus fondamentalement, Franck Biancheri craint une «dislocation» du pays : basée sur la prospérité, la cohésion nationale, vieille d’un peu plus d’une centaine d’années seulement, pourrait éclater, certains Etats se rebellant – sur le plan fiscal par exemple – contre Washington et se lançant dans la sécession.

Un scénario catastrophe? Des experts reprochent au Leap une petite tendance à la paranoïa – disant en substance que si leur hypothèse n’est pas impossible, elle est peu probable. Ce à quoi Franck Biancheri a beau jeu de répondre que c’est aussi ce qu’on lui disait en 2006 quand il annonçait une crise systémique pour 2008… (Le Matin)

(Merci à Boreas)

(FDS)