“Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes”

Marc Roche, journaliste financier, correspondant du Monde à Londres, est l’auteur de “Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes” (2014).

Qu’est-ce que la City de Londres ?

Le mea culpa d’un libéral qui n’a pas vu venir la crise
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Comment les banques centrales provoquent les crises financières

Nous disons et écrivons très souvent que l’économie est largement financiarisée depuis plus de 15 ans. Nous vivons dans une économie de bulles d’actifs financiers. En fait, lorsqu’une bulle éclate sur un actif, on assiste généralement à la naissance d’une nouvelle bulle sur un autre actif car l’argent abondamment créé par les banques centrales ne peut, en général, être repris sous peine de provoquer d’énormes pertes en patrimoine chez les investisseurs privés ou de créer une crise bancaire.

Nous sommes donc en plein aléa moral puisque certains acteurs financiers ne sont pas assez rigoureux dans l’analyse du risque de leurs investissements ; ils se reposent sur le fait qu’ils ont une capacité de nuisance systémique et qu’en conséquence il y aura toujours un prêteur/sauveur en dernier ressort (en l’occurrence la banque centrale de sa zone monétaire).

C’est l’une des principales origines des crises financières que nous connaissons depuis les années 2000 : des politiques monétaires trop accommodantes pour ne pas dire laxistes avec un environnement de taux “anormalement” bas et donc de coûts de financement très avantageux (taux emprunts d’Etat de plus en plus ridicules, écarts de taux vis-à-vis des taux de swap ne rémunérant que très peu ou même pas du tout le risque bancaire ou d’entreprise).

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Croissance : Nous sommes proches de l’effondrement !

Quarante ans après sa publication, les prévisions de The Limits to Growth (Les Limites de la Croissance) ont été validées par une toute nouvelle étude australienne. Attendez-vous à l’apparition prochaine des premiers signes de l’effondrement mondial…

Le livre The Limits to Growth, qui prédisait que notre civilisation s’effondrerait probablement au cours de ce siècle, a été critiqué, depuis sa publication en 1972, comme relevant d’un fantasme apocalyptique. Il y a 12 ans, en 2002, le soi-disant expert en environnement, Bjorn Lomborg, l’a relégué dans les « poubelles de l’Histoire ».

Pourtant, là n’est pas sa place. Une recherche menée par l’université de Melbourne indique que les prévisions de ce livre étaient exactes, depuis 40 ans. Si nous continuons à suivre le scénario de ce livre, nous devons nous attendre à voir apparaître prochainement les premiers signes d’un effondrement mondial.

The Limit to Growth avait été commandé par un groupe de réflexion appelé le Club de Rome. Les chercheurs, dont les époux Donella et Dennis Meadows, travaillant en marge du M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology), ont construit un modèle informatique pour suivre la trajectoire de l’économie mondiale et de l’environnement de la planète. Nommé « World3 », ce modèle informatique était à la pointe du progrès technologique.
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Grèce : les installations des J.O. de 2004 tombent en ruine

Les Jeux d’Athènes ont eu lieu il y a 10 ans. Entre 2004 et 2014, la Grèce s’est enfoncée dans une crise financière grave, et les installations olympiques tombent en ruine.

Athènes est pourtant le berceau des Jeux olympiques, et l’organisation des Jeux dans ce pays revêtait une signification particulière. Mais les problèmes économiques ont vite pris toute la place. L’organisation de l’événement a coûté 8,5 milliards d’euros (12,4 G$CA), chiffre fourni par le gouvernement grec, soit deux fois le budget initial.

Évidemment, ce n’est rien comparé à la dette de ce pays d’Europe qui s’élève à 320 milliards d’euros.
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Évasion fiscale, le hold-up du siècle (Rediff)

De la Suisse aux îles Caïmans en passant par Jersey, un tour du monde très pédagogique des paradis fiscaux où sont dissimulés des milliards de dollars, détournés de la richesse publique.

Imaginez un monde dans lequel vous pourriez choisir de payer ou non des impôts tout en continuant de bénéficier de services publics de qualité (santé, éducation, sécurité, transport…) payés par les autres. Ce monde existe : c’est le nôtre. Aujourd’hui, les multinationales peuvent dégager des milliards d’euros de bénéfice et ne pas payer un euro d’impôt. De même que des riches contribuables ont tout loisir de dissimuler leurs fortunes à l’abri du secret bancaire suisse ou dans des trusts domiciliés à Jersey. L’évasion fiscale a pris de telle proportion qu’elle menace aujourd’hui la stabilité de nos États.

Documentaire réalisé par Xavier Harel (2012)

(Merci à NOP)

Le Dessous des cartes : Japon, monde flottant

Trois ans après le tsunami, comment va le Japon ? Quels défis doit relever cet État insulaire ? Le Dessous des cartes revient sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima et étudie les fragilités de la troisième puissance économique mondiale.

Le Dessous des cartes (Arte France 2013)

Revue de presse économique de Pierre Jovanovic du 25/06/2014

Revue de presse économique du 25 juin 2014. Pierre Jovanovic reçoit Claude Reichman, président du Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale et spécialiste du RSI.

Format audio (télécharger l’émission au format mp3) :

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Master of the Universe, confessions d’un banquier

Après une vie au service de banques d’investissement allemandes, Rainer Voss, la cinquantaine, a décidé de parler. Depuis des locaux désaffectés du quartier des affaires de Francfort, il décrit par le menu le monde qu’il a fini par quitter.

Son ascension dans les années 1980, la libéralisation à outrance, la dérégulation et les “innovations financières” qui ont pu offrir à ceux qui en maîtrisaient les arcanes la sensation d’être les maîtres de l’univers. Les acteurs du secteur, brassant quotidiennement des millions d’euros, se sont peu à peu éloignés du monde réel, tandis que la finance se déconnectait des réalités économiques et sociales.

Réalisé par Marc Bauder (Allemagne 2013)

(Merci à Noway)

L’Argentine de nouveau au bord du défaut de paiement

Une décision de justice américaine somme Buenos Aires de rembourser des fonds spéculatifs.

«La crise, chez vous, c’est la panique. En Argentine, c’est un peu une maladie chronique…», ironise Marcelo, 46 ans, à la tête d’une entreprise de bâtiment à Buenos Aires. Un humour noir habituel dans ce pays abonné aux tempêtes économiques qui n’efface pas une certaine inquiétude alors que le pays se trouve au bord du défaut de paiement.

En ce mois de Mondial de foot qui a tendance à éclipser toute autre actualité, l’affaire a fait la Une de la presse toute la semaine. Et vendredi, jour de fête de nationale, les traditionnels défilés se sont teintés de manifestations contre ceux qu’on surnomme ici les «fonds vautours». «Ces fonds représentent 1 % des créanciers du pays et ils sont en train de ruiner nos efforts pour solder notre dette», déplore Angela, maîtresse d’école.

Exclue des marchés
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Mamie Fait de la Résistance (Docu)

Deux grands-mères traversent les États-Unis pour comprendre les tenants et les aboutissants de la crise financière. Les chercheurs hétérodoxes comme le physicien Albert Allen Bartlett ou l’économiste écologiste Joshua Farley sont plus disposés à leur répondre que les décideurs de Wall Street.

Les nonagénaires Shirley et Hinda ont vu la crise de 1929 à travers leurs yeux d’enfants. Quatre-vingts ans et une nouvelle récession plus tard, elles n’ont rien perdu de leur impertinence et de leur curiosité. Elles ne comprennent pas les discours qu’on leur assène : consommer, relancer la croissance… Mais pourquoi, au juste ? À quoi mène cette obsession du PIB dans un monde aux ressources limitées ?

Réalisé par Havard Bustnes (Norvège 2014)

Emmanuel Todd : « Non, je n’irai pas voter ! »

Dans un entretien exclusif avec Herodote.net, l’historien Emmanuel Todd analyse l’évolution de l’Union européenne et dit son intention de ne pas aller voter le 25 mai, pour la première fois de sa vie. Un choix raisonné et, de son point de vue, civique…

Par ses travaux sur les structures familiales, Emmanuel Todd est l’un des principaux historiens de sa génération. C’est aussi un témoin engagé de son époque qui peut se flatter de n’avoir jamais été pris en défaut dans ses nombreux essais. Volontiers provocateur, il s’est attiré quelques inimitiés par ses interventions dans la presse et à la télévision mais rares sont les contradicteurs qui s’estiment assez armés pour lui faire front.

Herodote.net : À vous lire, on peut se demander si vous avez le don de prophétie. En 1976, à 25 ans, votre coup d’essai fut un coup de maître car vous avez annoncé dans La Chute finale l’effondrement à moyen terme du système soviétique sans connaître pour autant l’URSS.

Emmanuel Todd : Je vais vous l’avouer, il n’y a rien de miraculeux là-dedans ! Je fais simplement un peu plus attention que d’autres aux chiffres qui traînent partout. Par exemple, mon intuition sur La Chute finale est venue de ce que la mortalité infantile en URSS était en train de fortement remonter. C’est un phénomène exceptionnel et j’y ai vu l’effritement du système. J’en ai conclu que le pouvoir soviétique était condamné à brève échéance.

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Israël : Le prophète économique de Forbes prédit l’apocalypse

Le boom économique d’Israël est en fait une bulle spéculative destinée à éclater, affirme mardi le prophète économique du magazine Forbes, Jesse Colombo, connu pour avoir prédit entre autre la crise financière mondiale.

Dans une analyse détaillée, graphiques et chiffres à l’appui, l’analyste économique estime que l’économie israélienne est la plus susceptible d’éclater dans les années à venir.

Malheureusement, le boom économique d’Israël n’est pas le miracle qu’il semble, mais est en fait une bulle semblable à celle qui a provoqué la crise financière”, prévient-il, soulignant que l’éclatement de la bulle spéculative immobilière israélienne va avoir des répercussions économiques désastreuses.

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic du 30/04/2014

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 30 avril 2014 (NB : il manque les 10 dernières minutes de l’émission)

Format audio (Télécharger le fichier mp3 ici)

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États-Unis : La plus importante faillite dans le domaine de l’énergie

Un petit « Enron » par l’ampleur. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier la faillite de l’électricien texan Energy Future Holdings (EFH), qui détient 41 milliards de dollars (29,7 milliards d’euros) d’actifs.

Le groupe, qui dispose de plusieurs centrales thermiques et d’une centrale nucléaire dans le Texas, a demandé, mardi 29 avril, sa mise sous protection de la loi américaine sur les faillites (chapitre 11) à un tribunal du Delaware (côte est des États-Unis).

Il s’agit de la deuxième plus grosse faillite dans le secteur de l’énergie (derrière Enron, donc) et de la huitième tous secteurs confondus aux États-Unis, selon le cabinet spécialisé BankruptcyData.com.

EFH tombe, victime de son endettement et des gaz de schiste. Il s’agit, en effet, de la plus grosse acquisition par effet de levier (leveraged buy-out, LBO) de l’histoire, devant le rachat de RJR Nabisco en 1989 par le fonds KKR.

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L’or à prix d’or

Alors que la crise financière fait rage, le monde redécouvre la valeur de l’or. Et son appétit pour cette valeur refuge fait des ravages dans les régions du monde où il se trouve.

Comme les Célèbes, en Indonésie. En plein cœur d’un des plus grands parcs naturels du monde, un site aurifère va être mis en exploitation. Il va à l’encontre de tous les principes d’un modèle de développement équitable et respectueux des normes environnementales mais aussi sociales.

L’or suscite un tel intérêt qu’en France même, on parle de rouvrir d’anciens sites, qu’en Belgique comme en Indonésie, on récupère soigneusement les moindres particules d’or nécessaires à la fabrication d’appareils électroniques.

La Grèce, crise et châtiments (Docu)

« Pour nous balancer des gaz lacrymogènes, s’insurge une femme, ils trouvent toujours l’argent, mais pour nourrir et loger les trois millions de pauvres en Grèce, il n’y a en jamais. » Depuis que la crise de sa dette publique a éclaté en 2008, la Grèce, mise au régime sec par la « troïka » Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne, s’enfonce dans une crise sans précédent.

Coupes budgétaires drastiques dans les services publics, salaires divisés par deux, salaire minimum fixé à 476 euros, augmentation de la TVA, baisse des retraites… la cure d’austérité, avalisée par un gouvernement libéral, devait aider le pays à regagner la confiance des marchés. Elle n’a pourtant pas permis de diminuer la dette, passée de 124 % du PIB en 2008 à 174 % aujourd’hui. Avec un taux de chômage avoisinant les 30 % de la population active, la misère s’est installée partout.

Réalisé par Angelos Abazoglou (France 5 – 22/04/2014)

Pays émergents : La nouvelle classe moyenne menacée de pauvreté

Près d’un milliard de personnes dans les pays en voie de développement courent à nouveau le risque d’être exclus de la classe moyenne naissante. Cela ressort d’une analyse du journal britannique Financial Times.

Cette constatation fait naître des questions sur le caractère durable de la diminution de la pauvreté ces 30 dernières années.L’inégalité croissante et le ralentissement mondial de la croissance économique créent en outre des problèmes pour des entreprises qui ont lourdement investi dans des marchés émergents.

On craint surtout l’impact d’une croissance ralentie sur la disparition d’une grande classe moyenne dans des pays comme la Chine et l’Inde qui ont dû supporter l’économie mondiale du 21e siècle.

Le Fonds Monétaire International a mis en garde auparavant contre une longue période de développement économique limité, alors que la Banque Mondiale a aussi annoncé que la croissance des économies émergentes pourrait retomber vu les évolutions avant l’éclatement de la crise financière mondiale il y a 6 ans.

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Union Européenne : Comment le lobby financier condamne Bruxelles à l’impuissance politique

1700 lobbyistes, 120 millions d’euros par an, c’est ce que mobilise l’industrie financière pour “influencer” les institutions européennes et parfois dicter les directives. Une étude de l’ONG montre l’étendue d’un système toléré en toute opacité.

Au moment où chacun put prendre conscience de l’ampleur de la crise financière et de ses conséquences tragiques pour les économies européennes, l’évidence s’imposa qu’il fallait imposer des moyens de régulation et de contrôle afin d’éviter que pareil désastre ne se reproduise. Les gouvernants se multiplièrent alors en déclarations d’intentions affirmant leur volonté de se saisir de la question, et divers plans furent envisagés. Mais, comme le constate Kenneth Haar de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO),

« la puissance de feu du lobby financier pour résister à toute réforme a été manifeste sur chacune des batailles sur la régulation financière depuis la faillite de Lehman Brothers ».

Banques, fonds d’investissement, compagnies d’assurance et autres sociétés du secteur ont agi pour neutraliser la volonté politique en mobilisant des moyens aussi massifs que mal connus, par exemple contre la taxation des transactions financières et toute tentative d’encadrer les produits financiers dérivés, les agences de notation et les activités bancaires en général.

La société civile marginalisée
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