La Grèce, crise et châtiments (Docu)

« Pour nous balancer des gaz lacrymogènes, s’insurge une femme, ils trouvent toujours l’argent, mais pour nourrir et loger les trois millions de pauvres en Grèce, il n’y a en jamais. » Depuis que la crise de sa dette publique a éclaté en 2008, la Grèce, mise au régime sec par la « troïka » Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne, s’enfonce dans une crise sans précédent.

Coupes budgétaires drastiques dans les services publics, salaires divisés par deux, salaire minimum fixé à 476 euros, augmentation de la TVA, baisse des retraites… la cure d’austérité, avalisée par un gouvernement libéral, devait aider le pays à regagner la confiance des marchés. Elle n’a pourtant pas permis de diminuer la dette, passée de 124 % du PIB en 2008 à 174 % aujourd’hui. Avec un taux de chômage avoisinant les 30 % de la population active, la misère s’est installée partout.

Réalisé par Angelos Abazoglou (France 5 – 22/04/2014)

Pays émergents : La nouvelle classe moyenne menacée de pauvreté

Près d’un milliard de personnes dans les pays en voie de développement courent à nouveau le risque d’être exclus de la classe moyenne naissante. Cela ressort d’une analyse du journal britannique Financial Times.

Cette constatation fait naître des questions sur le caractère durable de la diminution de la pauvreté ces 30 dernières années.L’inégalité croissante et le ralentissement mondial de la croissance économique créent en outre des problèmes pour des entreprises qui ont lourdement investi dans des marchés émergents.

On craint surtout l’impact d’une croissance ralentie sur la disparition d’une grande classe moyenne dans des pays comme la Chine et l’Inde qui ont dû supporter l’économie mondiale du 21e siècle.

Le Fonds Monétaire International a mis en garde auparavant contre une longue période de développement économique limité, alors que la Banque Mondiale a aussi annoncé que la croissance des économies émergentes pourrait retomber vu les évolutions avant l’éclatement de la crise financière mondiale il y a 6 ans.

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Union Européenne : Comment le lobby financier condamne Bruxelles à l’impuissance politique

1700 lobbyistes, 120 millions d’euros par an, c’est ce que mobilise l’industrie financière pour “influencer” les institutions européennes et parfois dicter les directives. Une étude de l’ONG montre l’étendue d’un système toléré en toute opacité.

Au moment où chacun put prendre conscience de l’ampleur de la crise financière et de ses conséquences tragiques pour les économies européennes, l’évidence s’imposa qu’il fallait imposer des moyens de régulation et de contrôle afin d’éviter que pareil désastre ne se reproduise. Les gouvernants se multiplièrent alors en déclarations d’intentions affirmant leur volonté de se saisir de la question, et divers plans furent envisagés. Mais, comme le constate Kenneth Haar de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO),

« la puissance de feu du lobby financier pour résister à toute réforme a été manifeste sur chacune des batailles sur la régulation financière depuis la faillite de Lehman Brothers ».

Banques, fonds d’investissement, compagnies d’assurance et autres sociétés du secteur ont agi pour neutraliser la volonté politique en mobilisant des moyens aussi massifs que mal connus, par exemple contre la taxation des transactions financières et toute tentative d’encadrer les produits financiers dérivés, les agences de notation et les activités bancaires en général.

La société civile marginalisée
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Radio Courtoisie : « La crise qui arrive… pour les nuls »

Dans le Libre Journal de la promesse de Radio Courtoisie, Rémi Fontaine et François-Xavier du Besset recevaient le 9 mars 2014 : Philippe Herlin, chercheur en finance, écrivain, Olivier Delamarche, gérant de Platinium gestion, Pierre Jovanovic, journaliste, essayiste, éditeur, et Hélène Feron-Poloni, avocate au barreau de Paris, pour une émission intitulée : «La crise pour les nuls».

L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

Par Harold James, professeur d’histoire à l’Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Les illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic du 26/03/2014

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 26 mars 2014

Format audio (Télécharger le fichier mp3 ici)

Partie 1/3 :

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Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… », peut-on lire sur le site internet de New Era Windows, une entreprise pas comme les autres. Récit d’une reprise en main par les salariés de leur outil de travail.

Fin 2008, la crise financière et bancaire fait de nombreuses victimes. Les 250 salariés de l’entreprise Republic Windows and Doors, qui produit des portes coulissantes et des fenêtres à Goose Island, près de Chicago, ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Ils sont licenciés, du jour au lendemain, sans préavis et au mépris des lois sociales, sans indemnités ni paiement de leur salaire. À ce moment de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, on estime à 500 000 le nombre de licenciements mensuels qui frappent les salariés américains.

La direction de l’entreprise prétexte que la Bank of America lui a coupé le robinet des crédits. Mais les salariés soupçonnent très vite une faillite organisée pour cacher une délocalisation.

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États-Unis : Les (forts) bonus sont de retour à Wall Street

Les bonus à Wall Street sont repartis à la hausse, comme au bon vieux temps d’avant la crise. Ils ont atteint 164 530 dollars en moyenne, soit une hausse de 15 % par rapport à 2012, selon les estimations du contrôleur de l’Etat de New York, Thomas P. DiNapoli, publiées mardi 12 mars. Il s’agit du plus fort montant depuis 2007.

Au total, ce sont 26,7 milliards de dollars que les salariés de Wall Street se sont partagés en 2013. Cette évaluation est établie à partir des données sur l’impôt sur le revenu. Les chiffres ne tiennent donc pas compte des éventuelles stock options, qui ne sont pas prises en compte de la même façon sur le plan fiscal.

Tous les salariés n’ont pas été logés à la même enseigne. Si dans le « fixed income » (les placements obligataires), les bonus ont connu une baisse de 5 % à 15%, selon le cabinet Johnson Associates, les traders sur le marché des actions ont vu leur rémunération progresser de 5 % à 20%.

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Frédéric Lordon : Du capitalisme, faisons table rase (vidéo)

Conférence organisée par l’ESSEC le 24/09/2013 avec Les économistes atterrés : Frédéric Lordon, Christophe Ramaux, Frédéric Boccara et Henri Sterdyniak. Sujet de la conférence : Du capitalisme faisons table rase.

Voir la conférence dans son intégralité.

Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (26/02/2014)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 26 février 2014

Format audio

(le fichier mp3 est disponible ici)

Partie 1/3 :

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Myret Zaki épingle les rois de l’évasion fiscale

Entretien diffusé le 30/01/2014 avec Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan, bimensuel économique suisse et Noël Pons, ancien inspecteur des impôts, spécialiste de la fraude fiscale.

Depuis 2008, l’Union des Banques Suisses est accusée d’avoir joué un rôle non négligeable dans la crise financière. Et les nuages continuent de s’accumuler. Myret Zaki précise que les attaques sur les banques suisses sont très nombreuses, alors qu’on estime à 400 milliards d’euros les avoirs offshore des banques françaises. Mais pas un mot de la part des autorités françaises à ce sujet…

Myret Zaki indique également que les structures anglo-saxonnes sont aujourd’hui beaucoup plus efficaces que le secret bancaire suisse pour s’évader fiscalement, via des trusts anglo-saxons, des sociétés offshore, des paradis fiscaux de droit anglo-saxon, etc.

Aujourd’hui 15 000 milliards de dollars de fortune sont cachés dans des trusts et des structures offshore. Si des banques se retrouvent devant la justice, “le montant des amendes est insignifiant” si on le compare avec les bénéfices d’une banque comme UBS, qui peuvent avoisiner les 20 milliards de dollars…

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Probabilité et mode de gestion d’une prochaine crise financière

Une prochaine crise financière peut connaitre son épicentre en dehors de la zone euro, mais sa force dévastatrice aura pour théâtre principal la zone euro. La raison en est qu’il s’agit de la zone la plus fragile du globe. Ses conséquences seront évidemment planétaires.

Face à la crise potentielle, des outils insuffisants ou improbables.

Les instruments mis en place pour protéger la zone euro aggravent la situation (politiques budgétaires)[1], ou ne permettent pas le réaménagement institutionnel, par ailleurs souhaité (MES, LTRO, OMT, Union bancaire, etc..).

Les transformations imaginées sont elles-mêmes irréalistes (émission de titres publics à l’échelle de la zone) ou fondées sur des hypothèses insuffisamment robustes.

Parmi ces dernières, on pourra citer celle imaginée par des proches des milieux bancaires[2] lesquels proposent des transferts vers le sud par des fonds d’épargne souscrits par des investisseurs du nord, essentiellement allemands, avec garantie du gouvernement allemand. Il s’agit d’un moyen d’échapper à des transferts directement publics et donc inacceptables du point de vue allemand[3].

Ce schéma est peu convaincant. Il suppose qu’effectivement les dettes soient converties en capital productif permettant l’alignement progressif de la productivité du sud sur celle du nord (privatisations dans de meilleures conditions que celles prévues par les structures de cantonnement).

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Money, Power & Wall Street (docu)

Partie 1/4 :

Ce premier épisode de la série ambitieuse Money, Power & Wall Street nous dévoile l’origine de la crise financière américaine. En 1994, de jeunes analystes financiers de la banque JP Morgan ont l’idée de créer un nouveau produit financier, le CDS ou couverture de défaillance.

A l’époque, ils pensaient améliorer la gestion du risque et stabiliser le système financier mondial. Or quelques années plus tard, ces produits dérivés engendreront une crise financière sans précédent…

Partie 2/4 :

En 2008, Wall Street doit affronter l’explosion de la bulle immobilière. Un système opaque entraîne la faillite de nombreuses banques d’investissement.
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Marc Faber : “La crise financière n’était pas un accident”

Observateur éloigné mais néanmoins intéressé par l’histoire et les marchés d’investissement, je suis fasciné par la façon dont les grands événements qui trouvent leur origine dans des tendances long terme sont souvent expliqués par des causes court terme.

On explique ainsi la Première Guerre mondiale comme étant une conséquence de l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois ; on explique la Crise de 1929 comme étant le résultat de la rigueur des politiques monétaires de la Fed ; on explique que Hitler est la cause de la Seconde Guerre mondiale ; et que la guerre du Vietnam est le résultat de la menace communiste.

De même, on attribue la désinflation qui a suivi l’année 1980 aux politiques monétaires restrictives de Paul Volcker. Le krach boursier de 1987 est de la faute des assurances de portefeuilles. Et la crise asiatique et le krach boursier de 1997 sont attribués aux étrangers ayant attaqué le baht (la monnaie thaïlandaise). Toutefois, si l’on regarde de plus près tous ces événements, on voit que leur cause était bien plus complexe et qu’un caractère inévitable entrait toujours en jeu.

Complexe et inévitable
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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (11/09/2013)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 11 septembre 2013

Format mp3

(le fichier mp3 est disponible ici)

Partie 1/4 :

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Évasion fiscale, le hold-up du siècle

De la Suisse aux îles Caïmans en passant par Jersey, un tour du monde très pédagogique des paradis fiscaux où sont dissimulés des milliards de dollars, détournés de la richesse publique.

Imaginez un monde dans lequel vous pourriez choisir de payer ou non des impôts tout en continuant de bénéficier de services publics de qualité (santé, éducation, sécurité, transport…) payés par les autres. Ce monde existe : c’est le nôtre. Aujourd’hui, les multinationales peuvent dégager des milliards d’euros de bénéfice et ne pas payer un euro d’impôt. De même que des riches contribuables ont tout loisir de dissimuler leurs fortunes à l’abri du secret bancaire suisse ou dans des trusts domiciliés à Jersey. L’évasion fiscale a pris de telle proportion qu’elle menace aujourd’hui la stabilité de nos États.

Partie 1 sur 2 :


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La France : Pays immergent

« L’émergence est irréversible » comme l’a justement dit Lionel Zinsou. L’immergence est possible. Les pays immergents sont à l’Ouest.

Hubert Robert, “Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruine” (1796)

Un pays immergent est caractérisé par cinq caractéristiques symétriquement inverses à la définition d’un pays émergent:

1) Une perspective de croissance faible ou molle.
2) Une cohésion sociale menacée
3) L’incapacité des élites gouvernantes, largement héréditaires à opérer des choix forts pour les générations futures.
4) La peur de la compétition engendrant la perte de compétitivité, et potentiellement le repli sur soi.
5) Une vision classique des relations internationales.

Voici dix ans encore, les membres du G8 pouvaient s’interroger tranquillement sur la place qu’ils entendaient laisser au G20 dans le concert mondial et s’efforcer de coordonner, avec plus ou moins de succès, leurs positions dans un forum confrontant le bloc des pays développés et celui des émergents.
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