Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 15 mai 2013
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Partie 1/2
Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 15 mai 2013
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Partie 1/2
Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 24 avril 2013
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Partie 1/2

Les mesures drastiques d’austérité imposées en Grèce pour assainir les finances publiques du pays se sont accompagnées d’une explosion des suicides, des meurtres et d’une détérioration de la santé publique, selon une étude américano-grecque publiée jeudi soir.
Le taux de mortalité résultant de suicides et d’homicides a augmenté de 22,7 % et de 27,6 % respectivement de 2007 à 2009 surtout parmi les hommes, précisent les auteurs de ce rapport publié dans l’American Journal of Public Health, en se basant sur les statistiques du gouvernement.
Ils ont aussi constaté un accroissement du nombre de cas de troubles mentaux, d’abus de drogue et même de maladies infectieuses provoquées par le virus du Nil occidental et du sida.
Le Portugal, ravagé par l’austérité, s’est lancé dans une vague de privatisations sans précédent. Aéroports, réseau électrique, mais aussi le fleuron de son industrie les chantiers navals de Viana do Castelo, au nord du pays. Tout est à vendre.
Arte Journal (03/04/2013)
Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 03 avril 2013
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Depuis le début de la récession, les Espagnols vivent dans la peur constante de l’expulsion.
Le marché immobilier s’est effondré et il ne suffit pas de rendre les clés pour s’affranchir de sa dette. Dans le cadre de la loi actuelle, un propriétaire qui ne peut rembourser son crédit immobilier perd non seulement sa maison, mais il est condamné à rembourser le reste du prêt accordé par la banque.
Arte – 23 mars 2013
Le Colisée est le second monument le plus valorisé d’Europe. Il est estimé à 91 milliards d’euros. Fort de ce constat, Giuseppe Piero Grillo propose sa vente afin d’éponger une grande partie de la dette nationale italienne. La France et différents États de l’Union Européenne semblent inspirés par cet exemple qui, selon les experts, permettrait de “régler une fois pour toute la crise de la dette“.
Pragmatique, Bebe Grillo, le désormais célèbre candidat du “Mouvement 5 étoiles” en Italie, s’est appuyé sur les travaux de la chambre du Commerce de Monza et Brianza, qui a estimé la “valeur touristique” des plus célèbres monuments européens en fonction de plusieurs critères, économiques, socio-culturels, ou encore touristiques.

Surprise : la France devrait suivre l’exemple italien
Interrogé à ce sujet par notre rédaction, Pierre Moscovici a affirmé “se pencher sur des solutions de ce type depuis déjà plusieurs semaines“. Les services du Ministère de l’Économie et des Finances rappelant judicieusement qu’un portfolio a déjà été consacré à cette étude et…
Cocorico ! C’est la tour Eiffel, monument le plus fréquenté au monde (7 millions de visiteurs par an), qui arrive largement en tête de ce classement avec une valeur estimée à 434 milliards d’euros. Elle vaudrait ainsi cinq fois plus que son dauphin le Colisée.
À ce prix, la Dame de fer équivaut à un cinquième du PIB de la France, ou environ dix fois les intérêts annuels de notre dette nationale. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, la valeur attribuée par cette étude, qui compile des données d’Eurostat, Istat (équivalent de l’Insee en Italie) ou encore Urban Audit, concerne uniquement l’image de marque de l’édifice, et non pas son véritable prix matériel.
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Olivier Delamarche du groupe Platinium Gestion et Olivier Berruyer , animateur du blog les-crises.fr, étaient invités de 27ruejacob le 19/03/2013 pour débattre de la question : États-Unis, Japon, Union Européenne, qui va payer la dette ?
Tribune libre de Paysan Savoyard
Depuis une vingtaine d’années, l’économie mondiale s’est financiarisée. Cette financiarisation a de très importantes conséquences. Nous nous efforcerons de répondre à ces trois questions. Qu’est-ce-que la financiarisation ? Quelles en sont les causes ? Quelles sont ses conséquences ?

NB : Avec ce cinquième article, nous poursuivons la série de tribunes consacrées aux évolutions intervenues ces dernières décennies dans le domaine de l’économie (les précédents articles ont été consacrés à une présentation d’ensemble, au bilan des trente glorieuses, à la libéralisation initiée dans les années quatre-vingt, à la mondialisation ; la série se conclura avec un article consacré à la construction européenne et un article de synthèse).
1. Qu’est-ce que la financiarisation ?
La financiarisation signifie que l’économie mondiale est désormais dominée par la sphère financière et non plus par la sphère de l’économie « réelle ».
1.1 : Le rôle de la sphère financière
Lors d’une conférence à la Chambre de commerce belgo-suisse à Bruxelles, le commandant de corps suisse André Blattmann, chef de l’Armée, a déclaré que la crise de la dette en Europe et le chômage élevé qui l’accompagne constituaient, pour la Suisse, la plus grande menace en matière de politique de sécurité.

[...] Agacée, la porte-parole de la Commission européenne, Pia Ahrenkilde, a déclaré vendredi passé que Bruxelles ne comprenait pas les peurs de la Suisse. Que la Commission européenne n’avait aucune intention de commenter de pareils «scénario-catastrophe». Selon elle, l’Union européenne est et demeure un projet de paix. «C’est en tant que telle qu’elle a récemment aussi été honorée du prix Nobel de la paix». [...]
Le chef de l’Armée regrette la «colère de Bruxelles», mais il affirme qu’il maintient son point de vue. Il dit que le but de n’importe quelle organisation de sécurité était de se préparer à des cas difficiles. Qu’il avait parlé des risques pour la sécurité en relation avec la crise de la dette. Si des cohortes de réfugiés débordaient sur la Suisse, l’armée devait protéger l’infrastructure nationale sensible, même s’il ne désirait pas voir ce scénario. L’armée a exercé ce cas en septembre, au cours de l’exercice «Stabilo Due».
C’est ce qu’on peut dire de l’énervement provoqué par André Blattmann à Bruxelles. Il n’y a pas eu d’énervement semblable causé par la déclaration de Helmut Schmid, le mercredi 7 novembre, lors du forum économique de l’hebdomadaire de Hambourg Die Zeit. Il a parlé de la «veille de la révolution en Europe», formulant ainsi les choses de façon beaucoup plus nette en disant pressentir que “dans toute l’Europe la confiance dans les institutions européennes a diminué.“
Mais il faut analyser plus en détail les raisonnements de Bruxelles. La circonstance curieuse que «l’UE a reçu un prix Nobel de la paix» (lequel a été remis au cours des dernières années à plusieurs criminels de guerre), est interprétée par la porte-parole de la Commission européenne comme s’il était impossible qu’il y ait des troubles. Nous nous souvenons encore parfaitement du politicien grec qui a déclaré, il y a quelques semaines, que la Grèce se trouvait dans une situation comparable à celle de la République de Weimar à son époque.
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A Tokyo, la zone euro a été la région la plus montrée du doigt pour l’effet dépressif mondial que provoque son incapacité à juguler la crise de sa dette. Personne ne l’a dit, mais la Grèce est considérée par tous comme incapable de se redresser et de rembourser ses emprunts. On lui donnera du temps – “deux ans”, a proposé Christine Lagarde, la patronne du FMI –, mais personne ne veut lui prêter plus d’argent que ce qui lui a été promis. “Oui, dit un des décideurs de son sort, la Grèce fera défaut, mais personne n’en prendra la responsabilité.”
Passé par pertes et profits, ce pays ne semble plus être le problème de la zone euro. Il a cédé sa place à l’Allemagne. Quoiqu’ils en disent pour complaire à leur opinion, les dirigeants américains sont moins irrités par Pékin que par Berlin : les Allemands ont profité de la baisse de l’euro pour accroître leurs parts de marché à l’export ; par leur orthodoxie budgétaire, ils bloquent la reprise de la croissance en Europe.
Voilà qu’ils encouragent les Espagnols à ne pas demander l’aide conjointe de l’Europe, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI et qu’ils traînent les pieds pour bâtir l’union bancaire européenne que le monde entier réclame ! A Tokyo, leur raideur a fait l’objet de vives critiques et nul ne pense que le Conseil européen du 18 et du 19 octobre sera plus efficace que les précédents.
Mais les Etats-Unis, eux aussi, menacent l’équilibre mondial, comme se sont fait un plaisir de le rappeler Yi Gang, gouverneur adjoint de la Banque de Chine, ou Guido Mantega, ministre brésilien des finances. Une incapacité de leurs deux partis à s’entendre pour réduire leurs déficits déclencherait, dans douze semaines, des coupes automatiques dans le budget de l’Etat, un “précipice budgétaire” qui plongerait le pays mais aussi le monde entier dans la récession.
Quand certains Européens traînent des pieds pour conserver l’euro, voire même l’adopter, d’autres pays plus lointains ne feraient pas la fine bouche. C’est le cas du Panama, qui souhaiterait introduire la monnaie unique européenne aux côtés du dollar américain, qui a déjà un cours légal.

C’est le président Ricardo Martinelli qui a soufflé “l’idée” lors d’une conférence de presse organisée le 15 octobre avec Angela Merkel, dans le cadre de sa tournée européenne.
“Au Panama la monnaie en libre circulation est le dollar américain, mais nous cherchons actuellement des moyens pour que l’euro devienne son égal et soit accepté sur le marché panaméen.”
Et quid de la grave crise de la dette que traverse l’Europe ? Le président Martinelli n’a pas semblé plus affolé que cela, affirmant sa confiance dans l’économie de la zone, ainsi que dans celle de l’Allemagne. Pour lui, la crise ne devrait bientôt être qu’un lointain souvenir.
Pas obligatoire d’être dans la zone pour utiliser l’euro
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Depuis trois ans, les Américains ont réussi à faire croire qu’il n’y avait plus de crise qu’en Europe. Et mieux, même, que l’Europe en était la seule cause, sans vouloir admettre que les désordres financiers ont commencé avec l’endettement excessif des ménages américains, et avec la titrisation de ces emprunts, sans vouloir aussi reconnaître que, alors que l’Europe mettait en place, à grand peine, les premiers éléments d’une gouvernance adaptée à la mondialisation, et commençait à maîtriser ses dettes publiques, la faiblesse de la démocratie américaine laissait augmenter les dépenses et diminuer les recettes, dans des proportions inconnues dans l’Histoire. Et la situation qu’affrontera le prochain Président, quel qu’il soit, sera proprement effrayante.
En apparence, tout semble pourtant aller très bien, outre-Atlantique: la Silicon Valley reste le premier lieu de la créativité mondiale. New York reste la ville la plus fascinante de la planète. Le cinéma américain continue de faire rêver le monde. Les armées américaines sont encore déployées partout dans le monde, et d’elles dépend la sécurité des démocraties. De nouvelles sources d’énergie vont assurer son autonomie. Enfermée dans son optimisme, l’Amérique croit encore qu’il lui suffira d’emprunter pour un temps, en attendant le retour de la croissance, qui avalera la dette.
Mais la dette croît beaucoup plus vite que jamais dans l’Histoire américaine (de plus d’un trillion*de plus chaque année), et même plus vite que celle d’aucun pays européen; elle dépassera dans deux ans les 80% du PIB, soit un niveau double de celui 2008.
Pour la financer, le budget fédéral emprunte 4 trillions cette année et le service de la dette dépasse le total du budget de la défense, de la sécurité sociale, et du système de santé.
Les médias internationaux ont fait l’impasse sur l’énorme mobilisation populaire qui a secoué la vie politique du Portugal le samedi 15 septembre 2012 : un million de manifestants (10% de la population) dans tout le pays dont au moins 500 000 dans la capitale. La plus grande manifestation depuis le 1er mai 1974 après la chute de la dictature de Salazar.
La résignation, caractéristique du peuple portugais ?
Au cours des dernières années, mises à part certaines manifestations minoritaires d’organisations et mouvements sociaux, la population portugaise a supporté avec soumission les mesures d’austérité.
Cette résignation n’est pas le produit d’une caractéristique “nationale” ou culturelle pas plus qu’elle ne résulte de la stupidité congénitale. Non, elle provient de décennies de campagnes massives de propagande qui ont conduit les travailleurs portugais, en dépit de toute évidence, à accorder du crédit aux histoires les plus terribles. A force de campagnes destinées à faire croire à la population qu’elle est la responsable du déficit de l’Etat ou de l’endettement public et que son sauvetage dépend de celui des banques et des spéculateurs financiers, qu’il n’y a pas d’argent pour payer les services ou les fonctionnaires publics, elle a pour cette raison accepté l’intervention de la Troïka.
Cette crédulité intervient dans un pays où le salaire minimum net mensuel est depuis ces dernières années inférieur à 400 euros (ce chiffre doit être comparé avec celui de l’Espagne, de la Grèce et d’autres pays européens) ce qui donne lieu à deux conclusions.
1) Il est plus facile de dominer un peuple habitué à la misère pendant des générations.
2) Au cours des 30 dernières années, le capital et les partis qui ont alterné au gouvernement (PS, PSD et CDS-PP) ont concentré la majeure partie de leurs forces et de leurs ressources à l’engagement des conseiller en communication et au contrôle absolu des médias.
Toute résignation a une limite
Cependant, le mécontentement et la révolte de certains secteurs s’est faite sentir de temps à autre. Depuis le 12 mars 2011, on a assisté à deux grèves générales et plusieurs grandes manifestations. Le 15 septembre dernier, on a vu des manifestations massives de gens en colère. On estime qu’elles ont réuni plus d’un million de personnes dans tout le pays.
Les mots d’ordre de l’appel à la manifestation résumaient de façon exemplaire tous les motifs de révolte en cours : “Que la Troïka dégage” “Nous voulons récupérer le contrôle sur nos vies” ; “Il faut faire quelque chose d’extraordinaire”. Tout est sous-entendu dans ces trois phrases : l’urgence de faire tomber le gouvernement, de mettre fin à la politique d’austérité, de renouer avec les fonctions sociales de l’Etat, de suspendre le paiement d’une dette illégitime qui bénéficie au capital et spolie les travailleurs.
La veille de la manifestation, plusieurs représentants des forces de l’ordre et des sergents des forces armées ont transmis un message clair : le peuple portugais a de bonnes raisons de se révolter contre cet état de choses et les dirigeants politiques ne pourront pas compter sur eux pour réprimer le peuple qu’ils jurent de défendre.
Que peut signifier un million de personnes dans le contexte actuel ?
Seconde partie (la première est ici) de notre série consacrée aux raisons de la crise et aux réformes nécessaires au pays, mais aussi à l’Europe, pour y faire face.

Pour comprendre la crise financière de 2008, il faut partir de cette prérogative donnée à la finance de créer de la monnaie à partir de rien – quasiment sans encadrement réel des pouvoirs publics avec abandon progressif des réglementations mises en place et la possibilité, en outre, de diluer le risque financier dans le marché, de le faire donc porter à la société (voir cette précédente série d’articles). (…)
Si on ne veut pas s’attaquer à la titrisation et aux produits dérivés, en demandant par exemple qu’au moins 50% des prêts restent sous la responsabilité des banques et en limitant les produits dérivés aux professionnels qui en ont besoin pour des raisons de sécurité, nous tomberons de crise financière en crise financière. Et la ponction de la finance sur l’économie réelle et sur la société sera de plus en plus insupportable : si bien qu’elle pourrait conduire à une révolte totale de la société. Qui le dit ? Où sont les responsables politiques qui abordent cette question en expliquant la situation ?
Par Nouriel Roubini
Si le risque d’une crise désordonnée de la zone euro est parfaitement reconnu, il n’en est pas de même en ce qui concerne les USA qui suscitent un certain optimisme. Au cours des trois dernières années, tout le monde pensait que leur économie était sur le point d’entamer un redémarrage solide et auto-entretenu qui amorcerait une croissance forte. La réalité a été différente.

Cette année aussi presque tout le monde s’est trompé en croyant que la reprise permettrait d’atteindre un taux de croissance du PIB supérieur à la croissance potentielle – qui dépasserait 3%. Or le taux de croissance du premier semestre dépassera probablement à peine 1,5% dans le meilleur des cas – un taux encore plus bas que celui, lamentable, de 1,7% en 2011. Et maintenant après cette erreur d’appréciation, beaucoup croient à nouveau au conte de fée selon lequel la combinaison de la baisse du prix du pétrole, de la hausse des ventes dans l’automobile, de la remontée des prix dans l’immobilier et du volume de la production manufacturière aux USA va doper la croissance au cours du deuxième semestre et permettra d’attendre un taux supérieur à celui de la croissance potentielle en 2013. La réalité sera à l’opposé, la croissance va encore ralentir au cours du deuxième semestre, un mouvement qui se prolongera en 2013 pour frôler la stagnation. Ceci pour plusieurs raisons :
Michel Drac et Piero San Giorgio évoquent la crise et ses possibles évolutions lors d’une conférence à Bordeaux.
Partie 1. Intervention de Michel Drac :
http://www.dailymotion.com/video/xryyvd
Partie 2. Intervention de Piero San Giorgio :
http://www.dailymotion.com/video/xs2h9u
Partie 3. Questions – réponses avec le public :
D’un clic, les jeunes traders de la City peuvent faire tomber des gouvernements ou menacer la survie de l’euro. Mais, de leur propre aveu, ils ont du mal à interpréter les signaux confus en provenance des dirigeants européens et jouent la prudence, dans un cercle vicieux qui alimente la crise de la dette.
James Konrad, un jeune homme de 27 ans appliqué et bien élevé, a un temps gagné sa vie dans une société de paris sportifs, à mesurer l’influence d’une piste boueuse sur le galop des chevaux de course. Mais aujourd’hui, c’est sur les sables mouvants de la politique européenne qu’il parie.
Chaque jour, James Konrad peut négocier jusqu’à trois milliards de livres [3,8 milliards d'euros] d’obligations de la zone euro pour le compte de la Royal Bank of Scotland. En sport comme en finance, les paris sont incertains, mais la différence tient aux sommes largement supérieures qu’il manipule aujourd’hui – et qui semblent le stupéfier lui-même. “Comment faire comprendre à quelqu’un qu’on a réalisé des transactions à hauteur d’un milliard ? s’interroge James Konrad. Un milliard… On se perd facilement dans les zéros.”
Le marché des obligations s’est imposé comme un acteur formidable de la crise économique européenne, incarnant ce remarquable transfert de pouvoir qui s’est opéré au détriment des politiques et au profit des investisseurs et d’une cohorte relativement obscure de banquiers. Par le verdict qu’ils rendent collectivement tous les jours, ils ont le pouvoir de renverser des gouvernements et ont droit de vie et de mort sur l’euro.
Par Michel Drac
L’Europe se dirige à terme vers une union carolingienne, nous dit monsieur Marc Rousset. Personnellement, je ne demande qu’à le croire. Autant l’empire thalassocratique anglo-saxon me répugne, autant le Saint Empire me convient. Je l’avoue : ce qui m’intéresse dans la France, c’est qu’elle fut la matrice de l’Europe. En réalité, quand je défends la France, je défends cette matrice. Le but, c’est de sauver l’Europe, c’est-à-dire l’idéalisme philosophique incarné dans le politique. Je l’ai écrit dans un petit bouquin commis il y a quelques années (Céfran). Je ne renie rien de ce que j’ai écrit. MAIS…

Mais le « petit » problème dans le propos de monsieur Rousset, c’est tout simplement que l’Europe ne prend pas du tout cette direction-là.
A vrai dire, l’Europe ne prend aucune direction.
Et la responsabilité de cet état de fait incombe principalement à l’actuel gouvernement allemand.