Capitalisme et climat, la sonnette d’alarme de Naomi Klein

Après cinq ans de travail acharné, Naomi Klein a sorti un livre qui risque encore de faire des remous: “This changes everything: capitalism vs the climate”. La dernière publication de la célèbre journaliste et activiste canadienne fait suite à ses deux best-sellers internationaux: “La Stratégie du choc” (publié en 2007) et “No Logo” (sorti en 2000).

De passage à Amsterdam fin novembre, Naomi Klein a attiré plus de 700 personnes lors d’une soirée co-organisée par l’Institut américain John Adams. Dans son livre, l’auteure explique l’échec, jusqu’à présent, des efforts pour résoudre le problème du réchauffement climatique par la collision frontale entre la montée du néolibéralisme, depuis la fin des années 80, avec les premiers signes et avertissements de la crise climatique au même moment.

“Cette crise est survenue à un moment particulièrement mauvais”, a-t-elle relevé. En résumé, les sociétés ont eu le droit de poursuivre des bénéfices à court-terme. La privatisation et la déréglementation ont été encouragées, alors qu’il aurait au contraire fallu promouvoir la coopération et l’action collective, selon elle.

A présent, il serait temps d’agir vite: “Les délais peuvent aider, mais nous sommes à la limite ultime. Nous n’avons plus d’extension. Nous devons travailler ensemble et nous ne pouvons pas nous permettre de perdre”, a-t-elle exhorté son public en prélude à la Conférence de Lima en décembre 2014 et de la Conférence de Paris en décembre 2015.
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Vegas et la Fin des Temps

“La sécheresse est comme un cancer rampant qui se répand dans le désert… A mesure que la situation s’aggrave, nous allons commencer à parler du ‘rapatriement’ des gens qui vivent à Vegas”.  La situation de Las Vegas est silencieusement, subrepticement devenue désespérée, comme la décrit Rob Mrowka, un scientifique résidant dans cette ville et travaillant au Centre for Biological Diversity…

Un long article de The Telegraph, du 29 juin 2014, commenté par ZeroHedge.com le 30 juin 2014, détaille minutieusement ce qu’on n’ose évidemment décrire comme le naufrage, sinon dans un océan de sécheresse, de cette ville fameuse. L’aventure est symbolique et exemplaire, parce que Vegas, la “ville-pécheresse” selon le conformisme du Système et avec le contrôle qui va avec, est par nombre d’aspects un symbole puissant de notre contre-civilisation, de ses choix prédateurs de l’équilibre de la nature du monde, de son gaspillage insensé, de sa vulgarité coûteuse, de son hypocrisie et de la soumission de l’esprit à l’idéologie de la maîtrise du monde par l’espèce humaine prisonnière de la technologie et de la communication, – dito, du “déchaînement de la Matière”.

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Grèce : La “stratégie du choc” appliquée

Selon l’auteur Naomi Klein, l’utilisation systémique du choc et de la peur par les élites au pouvoir pour ébranler les communautés vulnérables est très évidente dans la Grèce d’aujourd’hui. De la montée du racisme à la vente du pétrole et des ressources en gaz naturel du pays, beaucoup de ce qui va façonner le futur immédiat de la Grèce sont des conséquences prévisibles de la politique d’austérité.

Naomi Klein est l’auteur du controversé best-seller du New-York Times “La Doctrine du Choc” (ou la stratégie du choc), auquel on a décerné la qualification de « récit majeur de notre temps ». Le livre explique que les intérêts commerciaux et les grandes puissances exploitent le choc, qu’il soit sous la forme d’un désastre naturel, d’un problème économique ou des turbulences politiques, comme une opportunité de restructurer de manière agressive les économies des pays vulnérables.

Dans un entretien avec EnetEnglish, elle avance le fait que parce que les politiques ultra-capitalistes sont désagréables à la majorité des citoyens, on ne peut pas les mettre en place sans un choc, allant de l’hypermédiatisation d’un fait divers à la torture policière qui écrase la résistance populaire.

Comment les événements en Grèce se rapprochent de vos arguments dans la stratégie du choc ?
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La finance carbone va sauver le climat !

Les marchés du carbone constituent depuis les années 1990 la réponse majeure de politique internationale pour résoudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhétorique néolibérale, alors à son acmé, ardemment défendue par les États-Unis lors des négociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifié.

Depuis les années 2000, l’essentiel de l’énergie de l’Union européenne s’est déployée pour la mise en place du premier marché du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme défenseur de cette politique, alors que le marché européen du carbone est un exemple de la volatilité et de l’instabilité du prix du carbone et de son incapacité à réguler la crise climatique.

Ces marchés ont vu leur taille doubler chaque année entre 2005 et 2008. Même s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement équivalente à 100 milliards de dollars, aux marchés financiers déjà en place, il sont promis à connaître des volumes voisins des dérivés de crédit dans une dizaine d’années selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les déboires de l’immobilier, a rapidement attiré les fonds spéculatifs, les traders du secteur de l’énergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, Crédit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions désormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marché du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crédits d’émission échangés entre entreprises pour satisfaire à leurs obligations. Ces titres sont en effet détenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spéculer sur leur valeur. Ainsi un marché secondaire s’est rapidement développé, avec des spécialistes de la spéculation qui élaborent des produits financiers complexes, à partir des savants modèles de produits dérivés qui ont déjà fait la preuve de leur dangerosité, avec le risque d’une bulle financière.
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