Grèce : Le “non” (Όχι) au référendum serait en tête

Mis en avant

Selon le journal Kathimerini qui cite le ministère de l’intérieur : 59,7 % pour le non, 40,3 % pour le oui après un dépouillement d’un peu plus de 7 % des bulletins. La participation serait au-dessus de 50 %, selon les mêmes chiffres.

Le Monde
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Selon plusieurs articles dans la presse anglo-saxonne, c’est le “non” qui serait en passe de l’emporter. La BBC d’abord rapporte que les journalistes grecs sont convaincus que le non gagnera.

Le Financial Times indique qu’un “sondage de dernière minute” montre un résultat serré, légèrement en faveur du “non”, rejetant ainsi une offre de la dernière chance de sauvetage par la créanciers de la Grèce.

D’après ce sondage inédit rapporté par le Financial Times, entre 51 et 53 % des électeurs soutiendraient ainsi l’appel à voter “non”, du premier ministre Alexis Tsipras.

Les Échos

Grèce : Les habitants se ruent sur l’alimentation, l’essence et les médicaments

Six jours après la fermeture des banques, les Grecs ne dépensent plus que pour le nécessaire: nourriture, essence ou médicaments, sur lesquels ils se ruent de peur de manquer.

Des rayons entiers vidés de leurs produits. Papier toilette, pâtes, légumes secs, lait concentré… Tout a disparu. Dans un supermarché de la banlieue aisée d’Athènes, à Glyfada, certains riverains semblent avoir paniqué, se précipitant sur les produits de première nécessité.

Autant de signes d’une angoisse latente, à la veille du référendum sur la série de mesures d’austérité soumises à la Grèce par l’Union européenne et le FMI en échange de la prolongation de leur aide financière.

Avec les limitations de retraits bancaires à 60 euros par jour et par personne, imposées par le gouvernement pour empêcher l’effondrement des banques, les Grecs concentrent leurs dépenses sur l’essentiel, dans de nombreux petits commerces qui refusent les cartes de crédit.
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Argent solidaire ?

En période de crise, l’argent circule mal. Parfois plus du tout, pour les plus fragiles ou pour les projets les plus risqués. Emprunter pour son entreprise, acheter son appartement, prendre un simple crédit pour refaire sa cuisine devient un parcours du combattant.

Pour contourner ces blocages et trouver de l’argent en dehors du système bancaire classique, de plus en plus de Français font appel à un autre argent… plus solidaire. Il y avait le traditionnel coup de pouce familial pour le premier achat immobilier, mais voici que les transactions hors du système bancaire prennent une autre dimension.

Sur internet, de nouveaux sites mettent en relation emprunteurs et prêteurs particuliers pour des crédits allant jusqu’à 40.000 € ; d’autres font appel au grand public pour investir dans des projets industriels risqués jusqu’à hauteur d’un demi-million d’euros ; même les réseaux sociaux sont mis à contribution pour avancer l’argent nécessaire à la création d’une petite entreprise…

La promesse de cet argent facile à obtenir est-elle toujours tenue ? Quand certaines règles ne sont pas suivies, quels sont les risques encourus ? Enquête sur “l’argent solidaire”.

Europe : Une nouvelle crise coûterait 1.000 milliards d’euros

Un rapport, commandé par le secrétaire général du Parlement européen, prévoit qu’en cas de nouvelle crise financière de l’importance de celle de 2008, la zone euro pourrait perdre 1 milliard d’euros de son PIB, “gagner” 1,9 million de chômeurs supplémentaires et subir une augmentation 51,1 milliards d’euros de sa dette publique.

D’après les projections réalisées par les économistes Gaël Giraud et Thore Kockerols, « les renflouements [des banques européennes] seraient encore nécessaires au détriment du contribuable européen, et ajoutent les auteurs du rapport, même si l’architecture de l’Union bancaire (prévu en 2023) était déjà en place aujourd’hui ».

L’Union bancaire introduit des mécanismes destinés à prévenir les faillites bancaires et éviter qu’une nouvelle crise bancaire ne se transforme en crise de la dette. L’idée étant d’introduire une mutualisation du risque en cas de faillite. Les banques de la zone euro seront ainsi gérées selon le Mécanisme de résolution unique (MRU) qui reposera sur deux piliers.

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Depuis le début de la crise, les banques ont payé 190 milliards de dollars d’amende

190 milliards de dollars, c’est le montant total des amendes qu’ont réglé depuis bientôt neuf ans les banques du monde entier du fait de fraudes sanctionnées par des régulateurs financiers. Plus de la moitié de ces sanctions ont été prises l’an dernier.

Nous avons compilé, de la façon la plus exhaustive possible, les pénalités infligées par des autorités financières aux banques depuis le début de la crise en 2007 (daté traditionnellement du 9 août de cette année et de la suspension de trois fonds de BNP Paribas). Nous rendons ces données accessibles dans leur intégralité, via ce tableur.
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Les dessous de la récup

Pour pallier un pouvoir d’achat en forte baisse, des millions de Français ont recours à la «récup». L’engouement pour cette alternative n’est plus à prouver, avec les 50.000 vide-greniers qui voient le jour chaque année dans toutes les régions de l’hexagone.

Les braderies couvrent maintenant des secteurs très divers, de l’automobile à la construction, en passant par l’équipement de la maison et les vêtements. Un marché juteux, dont les belles initiatives sont parfois gâchées par des abus. Ce documentaire s’intéresse à une facette peu connue de la récupération, à travers le portrait d’une jeune société et d’une association de dons de voiture.

Belgique : Qui sont les chômeurs de longue durée ?

« Fainéants », « profiteurs », « bons à rien », « has been » … C’est ainsi que sont souvent stigmatisées les personnes en situation de chômage longue durée. « Les Parasites » est un documentaire de 26 minutes politiquement incorrect réalisé par Patrick Séverin.

Le reportage lance le débat en invitant 8 chômeurs belges à prendre la parole sans tabous suite à l’annonce par le gouvernement Di Rupo de leur exclusion et de l’arrêt du versement de leurs allocations, décision entrée en vigueur en janvier 2015.

La Belgique vient ainsi de renoncer à un idéal de société, puisqu’elle était le seul pays européen à octroyer les allocations chômage pratiquement à vie pour les personnes en situation particulière ne pouvant pas s’insérer en société. Celles-ci sont désormais limitées à 3 ans, exception faite pour les personnes handicapées.

Une décision populiste qui plongera quelques milliers de personnes plus profondément dans l’exclusion et qui tente de camoufler les véritables causes de l’endettement du pays.
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Les désoccupés

L’emploi pour tout le monde, pour la vie, c’est fini! Aux confins d’une époque qui s’achève, le monde du travail est en pleine mutation. Aux portes de l’an 2000, de gré ou de force, une personne sur trois sera intérimaire, une sur quatre ne trouvera plus du tout de travail.

Pourtant, malgré ce véritable état de crise, des individus réinventent leur vie; de nouvelles solidarités jaillissent. Ce film, véritable porteur d’espoir et de renouveau, nous plonge en plein cœur de la vie de ceux et celles qui subissent cette crise, et qui, au fil des défis, redécouvrent la nécessité de donner vie à leurs rêves pour continuer d’exister.

Proposition de réglementation des faillites souveraines

Par Joseph E. Stiglitz

Les États doivent parfois restructurer leur dette. S’ils ne le faisaient pas, la stabilité politique et économique de leur pays pourrait être menacée. Mais l’absence d’une réglementation internationale pour traiter un défaut de dette souveraine aggrave considérablement leurs conséquences.

Cela se traduit par un mauvais fonctionnement du marché de la dette souveraine, des tensions inutiles et des retards coûteux pour s’attaquer à l’origine des problèmes. Cela se vérifie à intervalles réguliers.

La crise en Europe n’est que le dernier exemple du prix à payer tant par les créanciers que par les débiteurs pour l’absence d’une réglementation internationale destinée à résoudre les crises liées aux dettes souveraines. De telles crises vont continuer à éclater.

En Argentine, la lutte des autorités contre un petit nombre d’investisseurs (des fonds vautour) a mis en danger l’ensemble de la restructuration de la dette qui avait été acceptée par l’énorme majorité des créanciers.
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États-Unis : Réflexions sur la crise et les entreprises

Aux États-Unis, depuis la crise financière de 2008 les critiques à l’égard des entreprises se sont faites de plus en plus nombreuses. Le paroxysme a sans doute été atteint à l’automne 2011, avec le mouvement Occupy Wall Street, dont les principales revendications concernaient l’ingérence des entreprises dans la vie politique américaine, leur responsabilité dans le déclenchement de la crise, ou dans la montée des inégalités sociales.

Si le mouvement a fait long feu, certains de ses mots d’ordre ont persisté, en particulier la dénonciation du financement opaque des campagnes électorales et celle de la « cupidité » des entreprises (corporate greed). Ces revendications ont cependant tardé à trouver une articulation claire ou des débouchés concrets, et ce d’autant plus que l’entreprise — quelle que soit la diversité que recouvre ce terme — et l’entrepreneur sont les héros traditionnels de l’histoire économique américaine [1].

Quelles formes ont pris les réflexions sur le statut des entreprises, leur rôle social, économique et politique aux États-Unis ces dernières années ? À quels problèmes se sont-elles attaqué, et lesquels ont-elles laissé en suspens?

On reviendra ici sur différentes propositions récentes en vue de discipliner ou de dépasser les formes des entreprises actuelles, avant de s’attarder sur le regain d’intérêt récent pour les organisations coopératives. Ces projets relèvent de modèles économiques différents, parfois anciens, ils sont révélateurs des diverses définitions possibles du collectif qu’est l’entreprise.
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La fin annoncée de la civilisation industrielle

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. « Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements ».

Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ».

Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

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Il y a 3.000 ans le mondialisme entraînait déjà la fin d’une civilisation

Vers - 1177, la civilisation de l’âge de bronze moderne autour de la Méditerranée s’est brutalement effondrée. Il faudra attendre plusieurs siècles pour que la Grèce connaisse une renaissance culturelle. Que s’est-il donc passé il y a un peu plus de trois mille ans? C’est à cette question que répond le professeur d’histoire et d’anthropologie américain Eric H. Cline dans “1177 av. J.-C. Le jour où la civilisation s’est effondrée“, un livre fascinant.

Federico Barocci, La fuite d’Enée (1598)

L’auteur propose dans son ouvrage une exploration des différentes cultures du bassin méditerranéen de l’âge du bronze, en s’interrogeant en particulier sur la raison de leur rapide effondrement vers la fin du premier millénaire avant JC. Dès la préface et l’introduction, il pose clairement la question inscrite au cœur de son enquête: pourquoi des civilisations vieilles de plusieurs centaines d’années, organisées dans des empires stables et puissants, se sont-elles rapidement effondrées ? Quels facteurs faut-il incriminer ?

Ce monde formait un système, interconnecté, interdépendant, alimenté par un dense réseau. Les crises traversées par ces formations politiques se sont donc nourries les unes des autres, leurs effets se sont cumulés, et, quand les routes commerciales se sont effondrées, c’est l’ensemble de ce monde global qui a suivi.

La réponse à la question s’articule en quatre chapitres, allant du XIVe siècle au XIIe siècle avant notre ère. D’emblée, l’auteur s’attache à présenter le monde dans lequel on s’inscrit: si certaines civilisations sont relativement bien connues des lecteurs contemporains, comme l’Égypte du Nouvel Empire, d’autres le sont moins, et l’empire hittite, la Crète, la Grèce de Mycènes, sont ici fort bien présentées, au fil des sources.
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La jeune génération moins bien lotie que l’ancienne

La génération Y est-elle la génération sacrifiée ? Alors que leurs parents ont connu l’âge d’or, celui des CDI et de l’immobilier pas cher, les jeunes sont confrontés à davantage de précarité. 

En effet, nombre de jeunes décrochent des CDD ou des petits contrats alors qu’au même âge leurs parents avaient déjà un CDI. En 1975, l’âge du premier emploi stable était d’ailleurs de 20 ans contre 28 ans aujourd’hui.

Les chiffres du chômage diffèrent aussi selon les époques. Alors que le nombre de demandeurs d’emploi était de 5% chez les jeunes il y a 40 ans, il atteignait 25% en 2013. Le taux de pauvreté chez les 18-29 ans est lui passé de 10% en 1970 à 19% en 2012. 

Quant à l’âge de départ à la retraite, là encore, la jeune génération est lésée. Les jeunes doivent désormais cotiser plus longtemps que leurs parents.
Mais ce n’est pas tout, le prix de l’immobilier a grimpé de 140% en l’espace de vingt ans. Si le revenu moyen par ménage a lui aussi augmenté, la progression reste assez faible avec seulement plus de 15,6%.

La Crise nous fait un vrai festival…

par Philippe Béchade

Je ne sais pas si le palmarès du Festival de Cannes peut constituer aux yeux du monde entier un « avis de grand frais » sur la désintégration sociale qui affecte la France mais également beaucoup de pays aux alentours… il n’empêche que le couronnement de films qui traitent de « la crise » (chômage, déclassement, déracinement) et d’acteurs qui incarnent des victimes de « la crise » télescope le discours officiel qui ne cesse de marteler « le pire est derrière nous, la croissance repart », alors que c’est tout l’inverse qui est perçu par 70% de la population, et bon nombre de réalisateurs présents sur la Croisette.

La nuit tombe sur le festival de Cannes…

La nette percée de Podemos (gauche antilibérale) aux municipales le weekend dernier témoigne de cette même incrédulité populaire en Espagne face aux discours triomphalistes de l’équipe dirigeante qui revendique la paternité d’un pseudo renouveau économique, lequel tient essentiellement au franc succès des mesures d’incitation à l’achat d’un nouveau véhicule.

Les effets positifs sur les immatriculations sont spectaculaires, mais comme pour tout cadeau fiscal, le principe reste: c’est « l’état qui paye ».

Et l’état, c’est au bout du compte chaque espagnol -y compris ceux qui n’achètent pas de voiture- qui pourrait à terme supporter le coût de l’opération… à moins bien sûr que les futures recettes fiscales ne viennent compenser le déficit budgétaire qui se creuse aujourd’hui.

Pour en revenir à Cannes, jamais depuis sa création en 1939 (et son premier déroulement « normal » en 1946), le palmarès n’avait été aussi marqué par « la crise », alors que jamais les festivaliers n’ont été aussi riches (il n’y avait qu’à compter les yachts de plus de 30 mètre amarrés au large de la croisette ou à Monaco: plus aucun « anneau » disponible dans un rayon de 50Km autour du « Rocher »)… et rarement les fêtes n’ont été aussi somptueusement démesurées.

Voilà un nouvel exemple saisissant de télescopage de l’ultra richesse et du vaste monde exclu du miracle des « quantitative easing ».

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Quand le partage révolutionne l’économie

Location entre particulier, covoiturage, échanges d’outils ou de maisons, avec la baisse du pouvoir d’achat, les Français se tournent massivement vers l’économie du partage, appelée aussi “économie collaborative”. Plus qu’un marché, certains y voient un nouveau modèle de société.

L’Europe est-elle condamnée à la récession ?

L’Europe est menacée d’une sorte de scénario à la japonaise. Comment se sortir de l’austérité à perpétuité ? Camille Landais et Gabriel Zucman, enseignants à la London School of Economics, posent la question à l’économiste Alexandre Delaigue.

Est-on entré dans l’ère de la croissance faible, voire nulle ?

Les taux de croissance élevés des années d’avant crise – les 5% de croissance des Trente glorieuses – appartiennent-ils à un temps définitivement révolu ? “La seule évocation d’une telle éventualité nous remplit d’effroi”, affirme Patrick Artus, le chef économiste de Natixis, dans “Croissance zéro”, un essai co-écrit avec Marie Paule Virard (éd. Fayard).

Si nous sommes dans un environnement à 1% de croissance”, avance-t-il, “un jeune qui va renter dans le monde du travail aura la perspective d’avoir tout au long de sa vie le même pouvoir d’achat“.

Areva : 6000 emplois supprimés dans le monde dont la moitié en France

Mauvaise nouvelle pour l’emploi en France : Areva va supprimer environ 6.000 emplois dans le monde, dont plus de la moitié dans l’hexagone. Annonce faite ce matin par l’ancien fleuron industriel français. Comment en est-on arrivé là ?

Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de 2007 et 2008.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas. 

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Isabelle Stengers : « Les sorcières néopaïennes et la science moderne »

Scientifique de formation et aujourd’hui professeure de philosophie à l’Université Libre de Bruxelles, Isabelle Stengers désigne les paroles sorcières dont usent le système capitaliste et « la science » pour justifier leur emprise. Des siècles de culture ultra-rationaliste et d’industrie ont éradiqué et discrédité tout ce qui relevait du commun, nous laissant vulnérables et impuissants. Pour récupérer une puissance de penser, d’agir et de coopérer, Isabelle Stengers convoque les activistes du « reclaim » et autres sorcières néo-païennes, qui nous invitent à résister à l’envoûtement capitaliste, au-delà de l’alternative entre réformisme et révolution.

Dans La sorcellerie capitaliste(1), écrit avec Philippe Pignarre, vous décrivez le capitalisme comme un « système sorcier sans sorcier ». Entendez-vous par là que le système économique et social dans lequel nous sommes plongés relève d’un ordre magique ?

Quand il n’est pas réduit à une simple métaphore, le mot « magie » ne sert plus guère qu’à établir des oppositions entre nous – qui vivons un monde où la rationalité est censée prédominer – et les autres peuples qui « croient encore en la magie ». J’ai pour ma part voulu prendre au sérieux la magie, sans me poser la question d’y croire ou de ne pas y croire. Avec Philippe Pignarre, nous parlons de « système sorcier » (c’est-à-dire d’un système utilisant une magie malveillante) pour dramatiser ce qui devrait nous faire penser aujourd’hui : le maintien, voire même l’intensification de l’emprise capitaliste, alors que ces dernières décennies, avec le déchaînement de la guerre économique, la référence au progrès a perdu toute évidence.

Dans les années 1970, on pouvait imaginer qu’en critiquant la notion de progrès, on s’attaquait à l’idéologie qui assurait l’emprise capitaliste. Or aujourd’hui, sauf pour quelques illuminés, la notion de progrès semble n’être plus qu’un réflexe conditionné, une ritournelle. Pourtant, l’emprise n’a pas faibli, bien au contraire.

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Des potagers contre la crise

En ces temps de crise, il est possible de faire des économies en mangeant bien ; Il faut pour cela disposer d’un jardin et le transformer en potager anti-crise.

Cet homme a entièrement aménagé son jardin en terrain de culture et sa récolte lui procure l’équivalent de 3.500 euros de courses par an.

Avec la crise, cette mère de famille a trouvé un moyen de faire de substantielles économies : elle cultive ses propres fruits et légumes.
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Joseph Stiglitz : « La crise grecque est pire qu’une guerre ! »

Pour aider la Grèce, il faut changer la politique économique de la zone euro, selon Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001. “Ce que l’Europe a fait à la Grèce est inqualifiable. Le PIB des Grecs a chuté, tout comme les revenus des citoyens lambdas.

Joseph Stiglitz s’est rendu sur le plateau de Stéphanie Antoine aux côtés de Robert Johnson, président du New Economic Thinking, l’Institut pour une nouvelle réflexion économique. Tous deux sont à Paris pour la 6e conférence du think tank qui réunit pendant quatre jours étudiants et professeurs du monde entier et s’intitule : “Liberté, Égalité, Fragilité” . Au cœur des débats : les inégalités de revenus.

Danemark : Permettre aux SDF de retrouver un toit

Au Danemark, comme dans de nombreux pays européens, le nombre de personnes sans-abri a tendance à augmenter, sous l’effet de la crise économique. Et pourtant, ce n’est pas une fatalité.

Ainsi dans la ville d’Odense, les autorités municipales ont engagé une politique d’accompagnement et de réinsertion à destination des sans-abri. Cela se traduit par l’attribution de logements tout en favorisant une mixité sociale.

Marine Le Pen et ses économistes pris au piège de la sortie de l’euro

En quête de crédibilité, Marine Le Pen s’est entourée d’un cercle restreint d’experts chargés d’élaborer un programme dont le pilier est la sortie de l’euro. Un credo qui l’empêche aujourd’hui d’élargir son électorat à droite.

Marine Le Pen en compagnie du vice-président du Front national, Florian Philippot. C’est sous l’influence de cet ancien énarque que la sortie de l’euro est devenue une formule phare du FN.

C’est un petit cercle hétéroclite qui apparaît rarement sur le devant de la scène. Au Front national, où l’économie a encore peu de spécialistes, ses membres font figure d’experts, avec leurs PowerPoint et ces argumentaires chiffrés qu’ils font remonter régulièrement à Marine Le Pen.

Il y a encore quelques années, l’immigration, l’identité, la sécurité, ce triptyque à succès de l’extrême droite, ouvraient plus sûrement aux idéologues la porte du chef. Mais depuis que la présidente du FN a poussé la mondialisation, l’Europe et la « France des oubliés » au cœur de son programme, ce petit groupe d’anciens cadres de banque, de gestionnaires d’entreprise − qui s’enorgueillit de compter en son sein un HEC et un énarque −, a pris une nouvelle importance dans un parti en quête de crédibilité.

« L’économiste en chef du FN, c’est lui », assure avec une pointe d’ironie un cadre du « Carré », le siège du FN à Nanterre, en désignant un petit homme mince et sec. Bernard Monot, 52 ans, toujours entre Paris, Bruxelles et Strasbourg où il est député européen, ne dément pas. Il est bien le chef de file du « CAP éco », ce comité d’action présidentielle chargé de l’économie et censé préparer Marine Le Pen à l’exercice du pouvoir.
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Avec la crise, de plus en plus de commerces sont mis en vente

Bars-tabacs, magasins de chaussures, boulangeries… Combien coûtent véritablement les boutiques de votre centre-ville ?

Avec la concurrence des centres commerciaux et la vente par internet, la valeur moyenne d’un fonds de commerce ne s’élevait qu’à 190.000 euros en 2014. Une somme qui a bien diminué ces dernières années.

Espagne : “Les sacrifices du peuple vont permettre de sortir de la crise”

Íñigo Méndez de Vigo, ministre espagnol délégué aux Affaires européennes revient sur la polémique ayant opposé son gouvernement conservateur à celui d’Alexis Tsipras.

Il juge que la Grèce a encore des réformes à accomplir. Il nous parle aussi des résultats de la cure d’austérité infligée à son pays.

Décapitaliser les consciences

Le capitalisme contemporain est auto-destructeur. Le médiéviste Jérôme Baschet en expose les raisons et dessine les voies de la société qui pourrait lui succéder. Une réflexion sur le « bien vivre » qui emprunte les sentiers de l’utopie pour penser l’émancipation.

Le constat dressé par Jérôme Baschet dans Adieux au capitalisme est sans appel : le capitalisme néolibéral serait entré dans une crise structurelle : accroissement de l’exploitation du travail (p. 35-39), tyrannie de l’urgence (p. 42-43), formatage concurrentiel des subjectivités (p. 39-42), marchandisation généralisée de la vie (p. 43-47) et prédation des ressources naturelles de la planète. Voici selon J. Baschet, spécialiste d’histoire médiévale et penseur des formes d’émancipation contemporaines, les traits saillants d’une crise qui se déploie sous nos yeux, à l’échelle du globe. Comment en sortir ? Quels référents imaginer pour « décapitaliser les consciences » (p. 173) ?

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Zone euro : Mario Draghi voit la vie en rose

Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu aussi optimiste. Au moment de dévoiler ses perspectives de croissance pour la zone euro, Mario Draghi a dévoilé des chiffres bien meilleurs que prévus. la France reste à la traîne, malgré plusieurs signes encourageants.

La crise menace les commerces de proximité

Le boulanger, le coiffeur, le pharmacien… Nous avons affaire à eux tous les jours. Épargnés jusqu’alors, ces artisans-commerçants subissent aujourd’hui les effets de la crise. Avec, à la clé, un placement en redressement judiciaire ou une liquidation.

En 2014, ce sont 63 254 entreprises qui ont mis la clé sous la porte. Parmi ces fermetures, une forte hausse des faillites pour les très petites entreprises. Le constat est amer : les dépôts de bilan des entreprises de proximité ont augmenté de presque 18 % l’an dernier. Du jamais vu !

Envoyé spécial (05/03/2015)

Debout, au coeur de la crise

La France n’en finit plus de constater les ravages provoqués par la crise. Premiers touchés, ceux qui étaient déjà les plus faibles : les familles mono-parentales, les chômeurs et les personnes âgées…

Mais la crise a aussi fabriqué des travailleurs pauvres : des salariés à tous petits revenus, des intérimaires qui multiplient les petits contrats. Même les cadres ne sont plus épargnés.

Personne, aujourd’hui, n’est à l’abri. La perte d’un emploi, un divorce et tout peut basculer. C’est tout de suite la perte du logement, de la voiture, des amis… On s’isole sans savoir jusqu’où ira la chute.

Près de 9 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, soit moins de 800 euros par mois et par personne. Avec courage et sans tabous, des victimes de cette crise ont accepté de nous parler de leur vie.

Joseph Stiglitz : « La crise, une occasion manquée »

L’Europe est confrontée aux problèmes particuliers posés par l’euro. Mais il existe certains problèmes communs à long terme auxquels sont confrontés tous les pays avancés. En lieu et place de ces politiques d’austérité erronées, la récession aurait pu devenir le bon moment pour consacrer plus de ressources pour prendre ces problèmes à bras-le-corps.

Nous verrions alors des économies plus fortes, à la fois aujourd’hui et pour l’avenir. Au lieu de cela, des deux côtés de l’Atlantique, nous avons laissé ces problèmes s’envenimer.

Il existe quatre problèmes sur lesquels je souhaiterais attirer l’attention. Tout d’abord, dans tous les pays avancés, des transformations structurelles sont nécessaires, à mesure que nous passons d’une économie manufacturière à une économie de services, et que nous nous adaptons aux nouvelles réalités géopolitiques et aux changements associés en matière d’avantage comparatif.

Globalement, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier continuera à baisser, la croissance de la productivité dépassant celle de la demande ; et la part des emplois globaux situés dans les pays avancés sera également en baisse. Il restera certains marchés de niches importants, et il faut les cultiver.

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Saint-Valentin : L’horlogerie de luxe ne connaît pas la crise

À l’occasion de la Saint-Valentin samedi 14 février, les amoureux achèteront peut-être une montre. Il y en a à tous les prix, certaines montres de prestige peuvent même coûter jusqu’au million d’euros. La place Vendôme, cœur du luxe à Paris, bat aussi pour la Saint-Valentin. L’horlogerie de très haut de gamme est une valeur refuge.