LEAP : second semestre 2013 – Seconde déflagration dévastatrice / explosion sociale à l’échelle planétaire

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 juin 2013

Le choc de 2008 a certes été violent, mais la réaction du système, des pays et des banques centrales, par leurs plans de sauvetage d’une ampleur sans précédent, a réussi à en camoufler les pires conséquences : déclassement de l’Occident en général et des États-Unis en particulier, assainissement forcé de l’économie, lourde chute d’un niveau de vie artificiel, chômage de masse, amorce de mouvements sociaux… ont pu être en partie négligés au profit d’espoirs de reprise entretenus par les politiques irresponsables de déversement de liquidités sur les systèmes bancaires et boursiers.

Malheureusement, pendant que la planète se dopait, les problèmes globaux n’étaient pas abordés… cinq ans de perdus : la solidité de l’édifice est encore plus faible qu’avant la crise ; la « solution » US orchestrée par la Fed, que tout le monde a laissé faire pour prendre le temps de panser ses propres plaies, a consisté à éteindre avec de l’essence l’incendie qu’ils avaient eux-mêmes allumé. Rien d’étonnant alors que ce soit encore eux, pilier du monde-d’avant refusant de rentrer dans le rang, avec leurs fidèles flotteurs japonais et britannique, qui enflamment à nouveau la situation mondiale.

Et cette fois, il ne faudra pas compter sur les pays en faillite pour sauver la situation : ils sont à genoux suite au premier choc de 2008. C’est donc pratiquement une seconde crise mondiale qui s’annonce, provoquée une nouvelle fois par les États-Unis. Cette période de cinq ans n’aura finalement consisté qu’à reculer pour sauter de beaucoup plus haut, ce que nous avions nommé « la crise au carré ».

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Olivier Delamarche : « Une bulle ne se dégonfle pas, elle explose »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 18 juin 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer.

« Ce n’est pas en déplaçant la dette qu’on la fait disparaître, il faut arrêter ce jeu de bonneteau perpétuel. Tout le monde avait décidé que sortir la Grèce de l’euro allait coûter des centaines de milliards; en attendant je constate que [son maintien] coûte aujourd’hui 400 milliards et qu’on n’a rien réglé. On s’enfonce dans quelque chose qu’on ne maîtrise absolument plus. »

Mémoire d’un saccage – L’effondrement de l’Argentine

Mémoire d’un Saccage c’est l’histoire de cette Argentine qui a subi une crise économique sans précédent. Un pays considéré comme « le grenier du monde » victime du jeu des multinationales sous le regard complice du FMI et des grandes puissances mondiales. D’après son réalisateur, ce film est une manière de contribuer au débat qui se déroule en Argentine et dans le Monde entier au sujet de la globalisation inhumaine, en développant la thèse qu’un autre monde est possible. L’oeuvre est un récit militant, dont la vocation est le devoir de mémoire, qui met l’accent sur l’espoir et les valeurs humaines de ceux qui ont tout perdu et qui continuent à lutter avec dignité pour un monde meilleur. 

Réalisation et scénario : Fernando E. Solanas.
Pays : Argentine, France et Suisse.
Année : 2003.

Décroissance : pic pétrolier et concept d’entropie

Alors que l’extraction du gaz de schiste se révèle être une impasse, le pic pétrolier approche à grands pas et les partisans de la décroissance affinent leurs arguments. Parmi ceux-ci, une loi fondamentale de la physique : le second principe de la thermodynamique et son concept central : l’entropie. Adaptée à l’analyse économique, cette loi réduit à néant les rêves d’une croissance infinie dont les premières limites se font effectivement déjà sentir.

PIC PETROLIER – ATTENTION ! – FAITES DEMI-TOUR – AVERTISSEMENT : PLUS D’ESSENCE – POINT DE NON-RETOUR – CONTINUEZ A VOS RISQUES ET PERILS – “Pourquoi personne ne nous a prévenus ?”

Selon ce principe majeur de la physique du XIXe siècle, dans un système isolé, l’entropie (grandeur caractérisant le désordre) ne peut qu’augmenter, ce qui, adapté à l’économie, conduirait inexorablement toute civilisation basée sur une croissance infinie à une ruine certaine. Voyons comment des arguments basés sur ce principe peuvent venir renforcer le constat de raréfaction des énergies fossiles et son impact dramatique sur l’économie.

Thermodynamique et économie : deux domaines historiquement liés
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C’est désormais la France qui plombe la zone euro

Depuis que les dirigeants français ont choisi de pratiquer à leur tour une stricte austérité budgétaire, c’est désormais la France qui plombe la zone euro.

Chaque mois Eurostat publie un indice des ventes de détail dans l’Union européenne. Cet indicateur est très utile car il donne une indication sur l’évolution de la consommation des ménages bien avant que les chiffres des comptes nationaux ne soient publiés. Les évolutions de cet indicateur dans les différents pays de la zone euro depuis le déclenchement de la crise permet de comprendre la dynamique négative (malheureusement) toujours à l’oeuvre en Europe.

La consommation des Allemands est restée à peu près stable depuis la crise mais elle ne progresse pas. Celle des Grecs a reculé de 40 %, celle des Espagnols d’un quart, des Portugais d’un cinquième mais elle se stabilise désormais à peu près à ce niveau très bas. Celle des Néerlandais et des Irlandais, par contre, sont elles aussi en net recul (-13 %) mais continuent de baisser. Jusqu’à la mi-2012, c’était surtout la bonne tenue de la consommation des Français qui avait soutenu l’activité en zone euro et évité qu’elle ne s’écroule. Mais cette consommation est désormais en baisse et ce recul s’accélère nettement ces derniers mois. C’est la principale raison pour laquelle la situation économique de l’ensemble de la zone (en noir sur le graphique joint) continue de se dégrader.

En résumé : depuis que les dirigeants français ont choisi de pratiquer à leur tour une stricte austérité budgétaire, c’est désormais la France qui plombe la zone euro. Sans pour autant réussir à réduire réellement son déficit public et son endettement du fait du fort affaiblissement de l’activité économique…

Alternatives économiques

Gare au prochain tsunami financier

“Toutes les grandes défaites se résument en deux mots : trop tard”, affirmait le général MacArthur. Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la situation ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour rompre avec des stratégies qui nous mènent dans le mur ?

Officiellement, il y a eu 40 000 chômeurs supplémentaires en France en avril. Mais le ministère indique qu’en un mois, il y a eu 534 000 nouveaux inscrits à Pôle emploi. Si le chômage augmente de 40 000 personnes “seulement” c’est que, dans le même temps, 494 000 personnes quittaient les fichiers de Pôle emploi. “Presque la moitié ont repris un emploi”, indique le ministère. On en conclut qu’une moitié n’en a pas retrouvé : certains sont en stage, d’autres ont des problèmes administratifs mais, chaque mois, 80 000 ou 100 000 personnes arrivent en fin de droit.

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Maroc : Clandestins espagnols à la recherche de travail

Sous l’effet de la crise financière et économique de l’Europe et d’un chômage endémique, des milliers d’espagnols partent au Maroc pour trouver un emploi.

Les deux pays sont séparés par 14 km de mer Méditerranée, et, le déplacement de population ne se fait plus simplement du sud vers le nord, mais du nord vers le sud.

Ainsi, Tanger connaît un essor important par l’arrivée d’Espagnols souvent qualifiés, souvent au chômage dans leur pays et n’ayant plus de droit au chômage. La population Espagnol est passée de 4.700 personnes en 2011, à 9.042 personnes en 2012.

La plupart gagne en moyenne 400 euros par mois et pour les plus qualifiés, le revenu s’élève à 2.000 euros ce qui représente un pouvoir d’achat très important au sein du Royaume Marocain. Le salaire moyen privé est de 215 euros soit 2377 Dirham.
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Télévision : La machine à abrutir ne connaît pas la crise

Nous vivons à une époque de stupidité programmée où les nouvelles idoles, résonances de la vacuité, s’appellent Steve Jobs, Paris Hilton, Cristiano Ronaldo, Lady Gaga. Servie par une machinerie implacable, l’inculture de masse régie par l’interdit de penser hypnotise la jeunesse mondiale. Aucune contre-éducation formelle ne peut faire face à ce torrent d’images et de sons cumulatifs qui domine le quotidien de chacun. Sport, télévision, publicité sont devenus les piliers de la manipulation des consciences.

Le soubassement premier de l’hégémonie capitaliste n’est plus fondé sur la coercition mais bien plutôt sur la séduction et la servitude volontaire. Depuis longtemps, l’industrie du spectacle est « le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu ». Elle est le nouvel opium du peuple pour reprendre les mots fameux de Marx relatifs à la religion. Par son caractère distrayant, l’industrie culturelle est un redoutable régulateur social, à la fois manifestation de l’ineptie existentielle et consolation sédative.

Le sport-spectacle mobilise plus que jamais des capitaux invraisemblables et enrégimente des foules magnétisés à leur écran, distraites de leur misérable réalité sociale. Rien de plus chronophage que ces messes sportives qui colonisent l’espace public et canalisent les énergies des masses. Avides de pouvoir, des entreprises multinationales voire même des États (Dubaï, Qatar) spéculent sans compter sur ce processus rampant d’abrutissement.

« Contenu idéologique dominant, souvent exclusif même, des grands médias, des commentaires politiques, des ragots journalistiques, des conversations quotidiennes, le spectacle sportif apparaît comme une propagande ininterrompue pour la brutalité, l’abrutissement, la vulgarité, la régression intellectuelle » nous fait remarquer le sociologue français Jean-Marie Brohm.
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Grèce : la mort de la télévision publique

Le gouvernement grec a annoncé mardi 11 juin au soir la fermeture «à la clôture des programmes» de la télévision publique ERT, à cause de sa mauvaise gestion. «La diffusion de ERT s’arrêtera après la fin des programmes ce soir», a dit un porte-parole, Simos Kedikoglou, à la presse sidérée.

États-Unis : Détroit, société post-industrielle et décroissance forcée

Par Sophie Chapelle

La ville de Détroit, symbole du capitalisme et de l’industrie automobile, n’est plus que l’ombre d’elle-même. En cinq ans, ses habitants ont subi une brutale décroissance forcée : un taux de chômage exorbitant, un exode urbain sans précédent, des services publics délabrés. Pourtant, derrière les scènes de désolation, une société post-industrielle est en train de naître, grâce à l’expansion d’une agriculture urbaine et à l’émergence de solidarités de quartier. Basta ! a rencontré celles et ceux qui bâtissent une nouvelle cité sur les ruines de la Babylone déchue.

Des trottoirs et des parkings vides longent les vastes avenues. Une enfilade de magasins aux rideaux baissés quadrille le centre-ville de Détroit, berceau de l’industrie automobile américaine. Les banderoles « à vendre » et « à louer » se succèdent sur les façades des bâtiments. 80.000 logements seraient abandonnés, soit près de un sur cinq. Avec ses maisons saccagées, brûlées ou envahies par la végétation, « Motor City » donne l’impression d’une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d’être mis sous la tutelle d’un « coordinateur d’urgence » pour au moins un an.

« Pendant les soixante-dix dernières années, les habitants de Détroit ont cru à tort que leurs vies étaient liées à General Motors, Ford et Chrysler, explique Maureen Taylor, militante depuis des années dans la lutte contre la pauvreté. Ils nous ont mis dans la tête que ce qui était bon pour eux était bon pour nous. Il nous fallait donc cesser de marcher et conduire des voitures. Et si nous n’aimions plus cette voiture, nous en achetions une autre. Cela a duré pendant des décennies mais aujourd’hui, c’est fini ».

Tournant le regard vers les rues désertes de Détroit, Maureen conte le quotidien de ses habitants les plus touchés par la crise. Des gens mourant de froid sur les trottoirs, des enfants retrouvés morts dans les maisons incendiées, un système de soin de santé inaccessible pour les bas-revenus, « un monde de fous » résume t-elle.

Exode urbain
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La double crise de la Zone euro

Le graphique ci dessous retrace le double choc subit par la zone Euro depuis 2007.

En rouge la période après la faillite de la banque Lehman Brothers. La Zone euro a subi un choc exogène sur son activité et un ajustement très brutal sur son taux de chômage. D’octobre 2008 à avril 2010 il a augmenté de 2.4%.
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Irlande : Des villages Potemkine afin de ne pas heurter la sensibilité des dirigeants du G8

Dans deux semaines, les dirigeants du G8 doivent se réunir en sommet au Lough Erne Golf Resort, un luxueux complexe hôtelier doté d’un terrain de golf, situé dans le comté de Fermanagh, en Irlande du Nord.

Il y a un problème, affirme Michael Krieger sur son blog Liberty Blitzkrieg : beaucoup des villages environnants portent les stigmates de la très grave crise économique qui affecte le pays. « Bien que l’effondrement économique du pays ne semble pas déranger les dirigeants étrangers, la pensée de se confronter aux réalités de la pauvreté tout en festoyant avec le caviar et le foie gras pourrait être tout simplement insupportable pour Barack Obama, Shinzo Abe et David Cameron », écrit-il.

Que faire alors ? C’est simple : il suffit de recourir à la solution des villages Potemkine, et de simuler la bonne santé économique de la région en rénovant quelques façades abandonnées depuis longtemps. Les murs défraîchis qui trahissent la faillite et la ruine seront maquillés par des ravalements, des peintures neuves et des nettoyages à haute pression. L’Irish Times rapporte ainsi que des centaines de milliers de livres ont été dépensées pour restaurer les façades d’une centaine de propriétés dans le voisinage du Lough Erne Golf Resort dans la perspective du sommet du G8.

Ainsi, à Belcoo, deux boutiques ont été recouvertes avec des trompe l’œil pour donner l’impression qu’il s’agit d’affaires prospères. Le commerce de l’ex-boucherie Flanagan, qui a déposé le bilan l’année dernière, a été remaquillé avec des peintures à façon sur ses fenêtres. « La boucherie a été remplacée par l’image d’une boucherie », écrit le journal (photos ici).

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Olivier Delamarche : « Il n’y a aucune espérance de croissance »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 04 juin 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer.

« La Chine a un taux de dette privé phénoménal, ils ont utilisé la relance par l’investissement mais ça ne marche pas. Le monde  entier est dans une logique : j’inonde de billets pour essayer de tenir le plus longtemps possible; mais ça ne passe absolument pas dans l’économie. »

Argentine : Sale temps pour la planète

Après avoir vu leur pays mis à genoux en 2001 par un cataclysme économique, les Argentins sont confrontés aux conséquences du dérèglement climatique. Sécheresse, montée des eaux et inondations menacent les fragiles équilibres d’un territoire grand comme cinq fois la France.

Un peu partout, c’est la même désolation. Touchés par une sécheresse qui n’en finit plus, les gauchos de la province de Buenos Aires assistent, impuissants, au désastre. Transformée à petit feu en plaine aride, la pampa peine à nourrir un cheptel dont un quart a été décimé par la canicule en 2008. Sur la côte atlantique, c’est la montée des eaux qui fait vaciller les cités balnéaires, avalant inexorablement le littoral.

« L’augmentation du niveau de la mer et la violence des vagues vont provoquer des dégâts plus fréquents que ceux que nous connaissons actuellement », s’inquiète l’océanographe Walter Dragani. Dans plusieurs quartiers de la capitale, des pluies torrentielles plongent régulièrement les habitants dans le désarroi. Mandaté par une centaine de plaignants, l’avocat Javier Miglino a engagé un bras de fer judiciaire avec la municipalité :

« Le gouvernement doit garantir la sécurité de la population et, dans ce cas de figure, des erreurs ont été commises parce qu’il y a eu des inondations en 2008, 2009, 2011 et 2012. (…) Près de 10 000 personnes ont été touchées. Des gens qui ont perdu leur maison, leur commerce, leur voiture… »


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Le Triangle des Bermudes de l’économie

Par Steen Jakobsen, économiste en chef de Saxo Bank

Le mystère du triangle des Bermudes a stimulé l’imagination de bien des générations. Il a également attiré mon attention et j’ai le sentiment qu’il existe un triangle des Bermudes de l’économie: un espace où tout tend à disparaître des écrans radars, un trou noir dans lequel la rationalité et la science sont remplacées par l’espoir, la superstition et le non-sens.

Dans la vraie vie, le triangle des Bermudes s’étend des Bermudes à Porto Rico et à Miami. Le triangle des Bermudes de l’économie, quant à lui, va des sommets des marchés actions, en passant par un taux de chômage élevé et une croissance / productivité faible. Comme le vrai triangle des Bermudes, il existe à propos du triangle de l’économie, de nombreuses preuves scientifiques qui permettent d’expliquer la plupart des choses, sinon la totalité de ce qui se passe actuellement. Seulement, cela ne concerne pas Hollywood, désolé, mais la Réserve Fédérale. [...]

Le Triangle des Bermudes de l’économie a fait de nous des spectateurs en créant un style de vie dans lequel nous sommes persuadés que l’absence de changement est la solution.

Il y a un mythe disant que l’Atlantide engloutie serait au milieu de ce triangle. Ce mythe a été renommé Théorie Monétaire Moderne (MMT), et aboutit à une recette économique connue de longue date: imprimer et dépenser de l’argent, pour ensuite prier pour un temps plus clément…
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Brève histoire des révoltes populaires

Les révoltes populaires ont une longue et riche histoire. Longtemps négligées par les historiens, elles sont aujourd’hui mieux connues. Des derniers feux du monde féodal à l’État-providence, de la montée en puissance de la machine administrative à la révolution industrielle, retour sur une histoire mouvementée.

Edouard Vaumort, La Grande Jacquerie de 1358 (in Henri Martin, Histoire de France populaire, 1886)

La révolte populaire a pris à travers les âges tant de visages différents, couvert tant de fronts, qu’il est impossible d’en dresser un inventaire exhaustif. En parcourir les éphémérides, c’est reprendre la chronique agitée de l’histoire de France. Mille pages ne suffiraient pas à en accueillir la longue plainte. Pendant longtemps, les historiens, à l’exception notable de Michelet, ont préféré ne pas l’entendre. François Furet parlait même au début des années 60 du “silence populaire du temps long“. En réalité, ce silence traduisait seulement l’état de la recherche historique. Elle a depuis comblé son retard.

Rien que pour la période couvrant les années 1661-1789, l’historien Jean Nicolas a fait état, dans sa monumentale Rébellion française (Rébellion française, Mouvements populaires et conscience sociale, 1661-1789, Gallimard, Folio Histoire, novembre 2008, 1076 pages), de 8.500 “émotions” populaires, pour reprendre le terme d’Ancien Régime, démentant le “tout était calme en tous lieux…” de Louis XIV dans ses Mémoires pour l’instruction du Dauphin.

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La Bourse profite-t-elle de la crise ?

Émission “Du Grain à moudre” d’Hervé Gardette, diffusée le 29 mai 2013 sur France Culture, avec Dominique Plihon et Bertrand Jacquillat.

La bourse française se porte bien. Ailleurs, c’est encore mieux. Le Dax allemand, le Footsie britannique, le Dow Jones à New-York, les marchés asiatiques : le temps des indices records est de retour. Comme si tout allait pour le mieux dans l’économie mondiale.

Certes, le CAC 40 est encore loin de son record absolu : 6944 points en séance. C’était en septembre 2000, la bulle Internet n’allait pas tarder à se décomposer. Aujourd’hui, l’indice qui mesure les performances financières des 40 plus grandes entreprises françaises est loin d’avoir retrouvé ce niveau.

Mais en franchissant à nouveau la barre des 4000 points il y a quelques jours, le CAC 40 a repris des couleurs : sa meilleure “performance” depuis 2 ans, après une progression de 15% en 2012.

Sauf que tout va plutôt mal. Si ce n’est dans l’ensemble des pays du globe, à tout le moins en Europe. La zone euro est en récession, le taux de chômage y a atteint le niveau record de 12,1% au mois de mars…et pourtant , la Bourse est en pleine forme. A croire que l’économie réelle et les marchés financiers sont déconnectés.

A minima, on peut parler d’un décalage, qui s’explique de plusieurs façons. D’abord par l’internationalisation du CAC 40 : les grandes entreprises françaises sont de moins en moins liées à l’économie hexagonale. Ensuite par la faiblesse des taux d’intérêts, qui rend les actions beaucoup plus attractives que d’autres placements.

Le problème, c’est que cet édifice semble, une fois de plus, reposer sur des bases bien fragiles : une bulle peut-être, qui comme toutes les bulles n’a pas d’autre vocation que de finir par éclater.

Argent du proxénétisme et de la traite : “Une menace pour notre démocratie”

L’économie du crime est en pleine expansion. Pour l’endiguer, les outils se perfectionnent, notamment la confiscation des avoirs criminels. Éclairage.

L’exploitation du travail forcé et de la prostitution est devenue une activité cruellement lucrative. Elle touche plus de 20 millions de personnes dans le monde et fait 2,5 millions de nouvelles victimes chaque année. Quant aux profits de la traite des êtres humains, ils atteindraient 32 milliards de dollars par an et 3 milliards pour la seule Europe (chiffres ONUDC).

Gros profits et peu de risques
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