Ukraine : Drôle de guerre à Marioupol

Depuis le début de la guerre dans l’est de l’Ukraine, Marioupol a déjà repoussé trois offensives des séparatistes pro-russes. Avec les accords de Minsk conclus en février dernier et l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, la ligne de front s’est figée à une dizaine de kilomètres de la ville. Pour autant, ce n’est pas non plus la paix à Marioupol. Chaque nuit, des combats ont lieu à la périphérie de la ville. Un entre-deux. Une drôle de guerre.

Marioupol est un verrou ukrainien entre la Russie, les républiques séparatistes et la Crimée, annexée par la Russie. Une cité portuaire et industrielle stratégique, au bord de la mer d’Azov. Le combinat Mettinvest emploie 35.000 ouvriers et les hauts-fourneaux n’ont jamais cessé leur activité, malgré la proximité de la ligne de front, à une dizaine de kilomètres.

À Marioupol, un réseau de volontaires s’est formé pour soutenir les troupes sur le front et les civils dans la ville. Sur la jetée du port de Marioupol, les hommes pèchent au son du canon, imperturbables.

Les combats se déroulent en bord de mer, dans l’ancienne station balnéaire de Shirokine. À tout moment, Marioupol s’attend à un nouvel assaut. Une dizaine de ligne de défense successives ont été dressées, des dizaines de kilomètres de tranchés creusées.

Les voisins de Poutine

Un périple de trois semaines à travers l’ex-URSS peu après l’annexion de la Crimée par la Russie : pour ou contre Poutine et ses appétits expansionnistes, la question divise.

Première étape, Liepaja, ville portuaire de Lettonie, où un pêcheur russe et son collègue letton ont des opinions opposées. En Biélorussie, des parents, admiratifs de la lutte des Ukrainiens pour leur indépendance, veulent transmettre la langue biélorusse à leurs enfants pour renforcer leur identité.

Le voyage se poursuit à Kiev, dans un abri antiaérien qui protège des tirs de missiles russes, puis dans une station de télévision pro-russe qui craint de perdre le droit d’émettre. Plus à l’ouest, la Russie a imposé une division artificielle, avec la Transnistrie.

Les milliards de Moscou

Si la guerre froide est finie, dans certains secteurs, la tension monte entre l’est et l’ouest de l’Europe. De Londres à Moscou en passant par Berlin, ce documentaire dresse un état des lieux des investissements russes. Enquête sur la stratégie employée par le président Poutine et ses hommes d’affaires, tous animés par le rêve de voir un jour émerger une grande Russie.

Des gazoducs aux chantiers navals en passant par le foot et l’immobilier, rien n’échappe à la voracité des oligarques russes. D’autant que le rêve de Poutine d’une grande Russie lui impose de placer habilement ses pions sur l’échiquier européen.

Sa stratégie ? Diviser pour mieux régner, notamment en montant la France contre l’Allemagne et inversement. Berlin compte six mille entreprises implantées en Russie, alors que les Russes gèrent quelque mille sociétés outre-Rhin. L’ancien chancelier Gerhard Schröder, membre du conseil d’administration de la société russe Gazprom, le plus grand groupe énergétique au monde, plaide en faveur d’étroites relations économiques avec Moscou. Quant aux Français, ils se sont réjouis de signer de juteux contrats d’armement avec la Russie… jusqu’à ce que l’embargo lié à la crise de Crimée en Ukraine stoppe la livraison des porte-hélicoptères Mistral destinés à renforcer la flotte de Poutine.

Réalisé par Christian Hans Schulz et Ulli Wendelmann (Allemagne 2015)

Crimée et finances du Front National : Les textos secrets du Kremlin

La présidente du Front national est mentionnée à plusieurs reprises dans les textos d’un responsable du Kremlin révélés mardi. Rendus publics par un groupe de hackers russes, ces messages datés de mars 2014 évoquent des contacts entre les Russes et le Front national pour obtenir une prise de position officielle du parti d’extrême droite en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. Ils font aussi état de discussions financières.

Timur ProkopenkoTimur Prokopenko

Le 17 mars, Marine Le Pen prend effectivement position sur le sujet et son conseiller international se rend en Crimée en qualité d’« observateur ». Selon les documents hackés, les Russes ne cachent pas leur satisfaction et envisagent comment « d’une manière ou d’une autre remercier les Français ». 

Dans les mois qui suivent, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen obtiennent tous deux des prêts russes pour leur financement politique à hauteur de 11 millions d’euros.

En février, les « Anonymous International » ont annoncé sur leur site Shaltaï Baltai avoir lancé une attaque contre Timur Prokopenko, chef-adjoint du département de politique intérieur au Kremlin.
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Russie : Les emprunteurs en devises étrangères pris au piège

La devise russe remonte sensiblement aujourd’hui sur le marché des changes, autour de 59 roubles pour un dollar, mais elle a perdu la moitié de sa valeur depuis l’annexion de la Crimée il y a un an.

L’une des conséquences, c’est l’impossibilité de remboursement pour les particuliers qui ont contracté des prêts immobiliers en devises étrangères. Ils se retrouvent aujourd’hui pris au piège. Certains ont tenté d’attirer l’attention sur cette situation en manifestant hier sur la place rouge à Moscou.

Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
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La Russie a “dépensé” 70 milliards d’euros pour soutenir le rouble en 2014

La monnaie russe s’est reprise mais reste fragilisée et orientée à la baisse depuis le début de l’année, plombée par la chute continue des cours du baril de brut.

Près de 70 milliards d’euros toutes monnaies confondues. Au total, les interventions de la Banque centrale de Russie sur le marché des changes ont atteint un solde net de 76,13 milliards de dollars (64, 48 milliards d’euros au cours actuel) et 5,41 milliards d’euros en 2014, rapporte lundi 12 janvier l’agence Interfax sur la base de données officielles.

L’an dernier, la monnaie russe a perdu 41% de sa valeur face au dollar et 34% face à l’euro en raison de la crise ukrainienne, à l’origine de sanctions économiques contre Moscou, et de la chute des cours du pétrole, principale source de revenus de l’État russe. Ce phénomène, ainsi que l’embargo alimentaire décrété par la Russie, a entraîné une flambée des prix (11,4% en 2014).

27,2 milliards de dollars pour le seul mois d’octobre

Les statistiques mensuelles de la banque centrale montrent que les interventions les plus massives ont eu lieu en mars, mois marqué par l’annexion de la Crimée (22,3 milliards de dollars, soit 18,89 milliards d’euros au cours actuel) puis en octobre (27,2 milliards de dollars) et décembre (11,9 milliards de dollars), quand la chute du pétrole s’est accentuée

Si elle s’est ensuite reprise, la monnaie reste fragilisée et orientée à la baisse depuis le début de l’année, plombée par la chute continue des cours du brut. En plus de ses interventions, la banque centrale a décidé mi-décembre de porter son taux directeur à 17% pour défendre le rouble, mais ce brusque resserrement du robinet du crédit risque d’aggraver la récession prévue par les autorités et les experts en 2015.

La Tribune

Israël bloque la vente d’armes à l’Ukraine pour ne pas mécontenter Moscou (+extrait TV libertés)

Par crainte de mécontenter la Russie, le ministère des Affaires étrangères israélien a mis son veto à un projet de vente à l’Ukraine d’armes israéliennes. Israël affiche une prudente neutralité dans l’épreuve de force entre la Russie et l’Ukraine.

Une affaire de Mistral à l’envers ? Un projet de vente à l’Ukraine d’armes israéliennes a récemment été bloqué par crainte de mécontenter la Russie, a indiqué lundi la deuxième chaîne de télévision israélienne.

Une délégation ukrainienne a effectué ces dernières semaines une visite en Israël en vue d’acquérir du matériel militaire, notamment des drones, pour les utiliser contre les séparatistes pro-russes, selon la chaîne.

Le ministère israélien de la Défense a dans un premier temps donné son feu vert à la vente à l’Ukraine de drones produits par l’entreprise israélienne Aeronautics. Mais le ministère des Affaires étrangères, qui doit également donner son aval à toute exportation d’armes, a mis son véto à la transaction.

Les “capacités de nuisances non négligeables” de la Russie
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Radio Courtoisie : « Quel avenir pour l’Ukraine ? » (Audio)

Le mardi 05 août 2014, dans le Libre Journal des débats sur Radio Courtoisie, Benjamin Blanchard, assisté de Charles de Meyer, recevait Yvan Blot, consultant international avec la Russie, ancien député européen, Pierre-Alexandre Bouclay, journaliste, Robert Ranquet, ingénieur, Alain Oudot de Dainville, amiral, Nicolas Mirkovic, président de Solidarité Kosovo, écrivain et Stéphane Gaudin. Thèmes : « Quel avenir pour l’Ukraine ? ; Pour ou contre l’Europe de la défense ? ».

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EXCLUSIVITE FORTUNE : Ukraine – Dmytro Yaroch, Secteur Droit : «Ni l’OTAN, ni l’UE»

Interview exclusive avec le chef du Pravyi Sektor. Traduit de l’italien par fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source. Nous précisons que cette publication ne constitue pas une prise de position.

Il est le patron. Mystérieux, résolu, incontesté pour les siens, au parcours discutable pour d’autres. Il a mené son mouvement Pravyi Sektor à travers l’épopée de la révolution ukrainienne, de la lutte clandestine aux barricades et maintenant pointe droit vers le Parlement.

Est-il un guérillero ? Un 007 à la solde de puissances étrangères ? Est-il un révolutionnaire ou un chef de bande avec du flair pour une carrière politique ? Ce qui est certain, c’est que le nom seul de Dmytro Jaroch enflamme et divise l’opinion publique au sujet de la complexe question ukrainienne, entre partisans et détracteurs. Il a accordé une interview exclusive à Il Primato Nazionale [journal en ligne italien].

Quelle est la situation actuelle en Ukraine, du point de vue social et politique ?

La situation est assez compliquée. Même avant l’arrivée de Ianoukovitch au pouvoir, nous disions que dans notre pays il existait un régime d’occupation intérieure. Pendant le gouvernement de Ianoukovitch, la nature anti-populaire de ce régime a atteint son point culminant. Aujourd’hui, après la fuite de Ianoukovitch, ce régime a craqué, mais n’a pas été entièrement démantelé. Le Parti des régions et le Parti communiste n’ont pas été interdits. L’opposition d’hier ne contribue pas à la lutte contre la corruption. On ne remarque pas encore de ces changements qui conduisent à la construction d’une société juste et solidaire.

Que pensez-vous du nouveau gouvernement provisoire de l’Ukraine ?
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Crimée châtiment

Dans les années 1970, au cours d’une de ses interventions télévisées à vocation pédagogique, le président Giscard d’Estaing présentait la France de l’époque comme comparable à l’Ukraine en termes démographiques et économiques. Quarante ans plus tard, l’Ukraine est un pays très malade, ce n’est pas le seul en Europe mais c’est le plus inquiétant par sa dimension.

Cette situation n’est pas nouvelle puisqu’elle perdure depuis l’éclatement de l’URSS et la transformation de sa nomenklatura en oligarchie libérale et prédatrice. Mais là où les autres anciennes républiques soviétiques et satellites sont parvenues à surmonter l’effondrement en restaurant un Etat, l’Ukraine est restée pure kleptocratie inefficace.

En monnaie constante, le pays crée encore moins de richesses qu’en 1992. Son PIB était alors équivalent à celui de la Pologne, il n’en représente plus que 40 % aujourd’hui et si  le revenu par habitant a légèrement augmenté ce n’est que parce que la population diminuait. En 2004, la « révolution orange » a suscité un grand espoir et une courte embellie, suivis d’une rechute  d’autant plus violente que la déception politique a été forte et que la crise de 2007 a entraîné le reflux rapide des capitaux étrangers. En 2009, le PIB chutait de 15 %. Depuis l’Etat failli est aussi en faillite.

Ukraine : Après le référendum au Donbass, quelle évolution de la crise ?

Le point de vue de Philippe Migault, directeur de recherche à l’IRIS.

D’après la commission électorale du Donbass, 89 % des électeurs qui se sont rendus aux urnes ce dimanche ont voté pour l’autonomie de la région. Quelles seront les conséquences possibles du résultat de ce scrutin ? Aussi, alors que Moscou s’est dit opposée à ce référendum et que les Occidentaux redoutent une annexion de la région par la Russie, un scénario à la criméenne est-il envisageable ?

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Ukraine : Au coeur de la poudrière

Février 2014, en Ukraine, des manifestations anti-corruption tournent à la révolte générale. Dans la foulée le président Ianoukovitch s’enfuit, un nouveau gouvernement se met en place et la Russie s’empare de la Crimée, la partie la plus méridionale du territoire Ukrainien.

Tout cela s’est déroulé en quelques semaines sous le regard apparemment impuissant de la communauté internationale. Trois journalistes chevronnés se sont rendus « Au cœur de la poudrière Ukrainienne » pour apporter un regard différent sur ce qui se joue dans ce pays de 45 millions d’habitants aux frontières de l’Europe.

Divisé en communautés qui essayent toutes de tirer leur épingle du jeu, le pays est aujourd’hui aux mains de milices plus ou moins organisées et violentes, et tout le monde n’a que le mot « fasciste » à la bouche.

Partie 1:

Partie 2:
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Crimée : McDonald’s quitte le pays

Sans prévenir, l’Américain McDonald’s a fermé “temporairement” ses trois enseignes en Crimée, la péninsule ukrainienne devenue russe. Pour justifier cette fermeture, le géant du fast-food évoque des raisons de fabrication tout en proposant à ses employés d’aller travailler en Ukraine. Certains y voient une décision politique.

Une annonce accueillie avec ironie par les habitants. “C’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui font attention à leur santé, à ce qu’ils mangent“, estime un Criméen.

L’ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski suggère ainsi que la Russie ferme également les enseignes McDonald’s sur son territoire.

Après la Crimée, la Finlande ?

Un ancien conseiller de Poutine a expliqué au journal suédois Svenska Dagbladet que le président russe cherchait à rendre une « justice historique », et qu’il cherchait à reformer la Russie historique de l’époque du Tsar Nicolas II et de l’Union Soviétique sous Staline.

Le président russe Vladimir Poutine ne se contentera pas de l’annexion de la Crimée, et il devrait également tenter de reconquérir la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande, a affirmé Andrej Illarionov, l’un de ses anciens conseillers les plus proches. Illarionov  a été conseiller économiste en chef du président russe entre 2000 et 2005.

« Des parties de la Géorgie, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande sont des États que Poutine revendique », a déclaré Illarionov, qui a affirmé que Poutine estimait que l’accession à l’indépendance de la Finlande en 1917 était un « acte de trahison contre les intérêts nationaux » russes. Avant cette date, la Finlande avait été pendant 108 ans un Grand-Duché autonome intégré à l’empire russe.

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Ukraine : Après la Crimée, la Transnistrie ?

Vladimir Poutine va-t-il s’arrêter au rattachement de la Crimée? L’est de l’Ukraine pourrait être la prochaine étape dans son entreprise de lutte contre l’influence européenne et de reconstitution d’une grande Russie. Le petit territoire séparatiste situé en Moldavie a lui aussi demandé son rattachement à la Russie.

Mais les regards se tournent aussi de l’autre côté de l’Ukraine, vers un territoire gros comme la moitié de la Corse et beaucoup mentionné ces derniers jours du côté du Kremlin : la Transnistrie, située géographiquement en Europe mais de fait une enclave russe en Moldavie.

Mais où est donc la Transnistrie ?

Ce petit territoire au nom comme sorti du Sceptre d’Ottokar et au décorum tout soviétique est une étroite bande de terre coincée entre le fleuve Dniestr et la frontière ukrainienne, qui se fait appeler aussi «République moldave du Dniestr». État fantôme, la Transnistrie, 4.200 km2 et 500.000 habitants, s’est dotée des attributs d’un État : elle a sa propre monnaie (le rouble de Transnistrie), son hymne, son Soviet suprême, son drapeau avec faucille et marteau.

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Sont-ils tous devenus fous?

par Jacques Attali

Il m’arrive parfois de demander s’il est possible d’avoir raison contre tout le monde. Ou bien s’il faut se résigner à penser que l’unanimité vaut raison. Au vu du tour que prend l’affaire ukrainienne, je me sens cependant renforcé dans ma première intuition, exprimée ici : il est fou, pour l’Occident, de faire du problème de la Crimée l’occasion d’une confrontation avec la Russie.

Gérard Garouste : Dérive

Qu’on ne s’y trompe pas. On n’a jamais lu sous ma plume une approbation du régime actuel de la Russie. Ni de sa stratégie internationale. Et je ne parle ici que de l’intérêt de l’Occident, et plus précisément de l’Europe.

Et, pour moi, l’intérêt de l’Europe n’est pas de se lancer dans un affrontement avec la Russie. Mais au contraire de tout faire pour intégrer notre grand voisin de l’Est à l’espace de droit européen.

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Ukraine : la fin de la guerre froide n’a jamais eu lieu

A l’heure où la bataille des sanctions enveniment les relations entre l’Europe et la Russie, Alain de Benoist livre sept clés pour comprendre les origines de la crise ukrainienne.

Ukraine

L’affaire ukrainienne est une affaire complexe et aussi une affaire grave (à une autre époque et en d’autres circonstances, elle aurait très bien pu donner lieu à une guerre régionale, voire mondiale). Sa complexité résulte du fait que les données dont on dispose peuvent amener à porter sur elle des jugements contradictoires. En pareille circonstance, il faut donc déterminer ce qui est essentiel et ce qui est secondaire. Ce qui est essentiel pour moi est le rapport de forces existant à l’échelle mondiale entre les partisans d’un monde multipolaire, dont je fais partie, et ceux qui souhaitent ou acceptent un monde unipolaire soumis à l’idéologie dominante que représente le capitalisme libéral. Dans une telle perspective, tout ce qui contribue à diminuer l’emprise américano-occidentale sur le monde est une bonne chose, tout ce qui tend à l’augmenter en est une mauvaise.

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Europe : Les alternatives au gaz russe seraient rares et coûteuses

La crise suscitée par l’annexion de la Crimée et la menace, brandie à Moscou, d’un arrêt des livraisons de gaz transitant par l’Ukraine ont relancé la réflexion sur les moyens de réduire la dépendance énergétique européenne à l’égard de la Russie, mais les alternatives sont limitées et coûteuses.

Les Vingt-Huit ont accompli quelques progrès en ce sens après les crises commerciales de 2006 et de 2009 entre Kiev et Moscou, qui avaient perturbé les livraisons. Leur réseau d’acheminement des hydrocarbures a ainsi été amélioré, ce qui écarte un tant soit peu le risque de nouvelles perturbations, mais la Russie leur fournit toujours un tiers du gaz, du pétrole et du charbon qu’ils consomment, moyennant 250 milliards de dollars annuels.

S’il n’est pas très compliqué de trouver d’autres fournisseurs pour le pétrole et le charbon, la question du gaz est plus problématique puisque les gazoducs européens sont alimentés par un unique fournisseur: le géant russe Gazprom.

La part de marché de Gazprom en Europe augmente (du fait de la diminution de la production européenne; ndlr). L’objectif de diversification de nos approvisionnements ne sera donc pas accompli avant 2020“, observe Thierry Bros, spécialiste du marché gazier à la Société générale. Après cette date, poursuit-il, les alternatives resteront quoi qu’il en soit plus coûteuses si le tarif russe n’explose pas, poursuit-il.

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Crimée : Le point de vue d’Alain de Benoist

Alain de Benoist, directeur des revues Nouvelle École et Krisis et éditorialiste de la revue Éléments, répond aux questions de la radio iranienne francophone, IRIB, à propos des réactions des États-Unis et de l’Union européenne après la décision de Vladimir Poutine de faire entrer la Crimée au sein de la Fédération de Russie.

Ukraine : La crise et la troisième voie géopolitique

Par Jure Georges Vujic. Le contributeur franco-croate livre à Polémia une analyse géopolitique de la crise ukrainienne.

Il semblerait que la crise ukrainienne divise la mouvance nationale et eurasiste en deux camps, le premier soutenant l’opposition nationaliste ukrainienne en tant que vivier identitaire et vecteur national-révolutionnaire, le second, le camp des «eurasistes» russophiles, qui, pour des raisons géopolitiques anti-atlantistes, soutiennent l’intervention russe en Crimée.

Pourtant, cette vision binaire demeure quelque peu simplificatrice. C’est pourquoi je réitère « qu’il faut savoir raison garder » et que la démesure dans l’analyse géopolitique, le jusqu’au-boutisme et l’engouement belliciste ne font que conforter une fois de plus l‘hybris et le conflit entre des peuples européens et, une fois n’est pas coutume, sur la terre européenne.

« L’Eurasisme russe aurait tout intérêt à ménager les nationalismes européens de cet espace centre-européen et de l’espace pontique de la mer Noire y compris l’Ukraine, plutôt que de nier leurs identités nationales et d’attiser leurs positions russophobes. »

Bien sûr, il faut rappeler que suite à la décision du gouvernement élu de ne pas signer d’accords commerciaux avec l’Union européenne, le camp atlantiste et américain a tenté d’orchestrer une seconde « Révolution orange » cette fois-ci en s’appuyant et en manipulant des groupes ultranationalistes ukrainiens aux fins d’installer un pouvoir pro-occidental à Kiev.

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L’Allemagne : Future puissance européenne tournée vers l’Est ?

Que se passe-t-il ? L’Otan ne forme même plus des officiers loyaux dans ses cours! Les nouvelles autorités euro compatibles de Kiev voient, en effet, leur armée se réduire de jour en jour. Conséquence de l’affaire Ukraine-Crimée.

Angela Merkel et Vladimir Poutine

Hier, c’était le chef de la marine ukrainienne, l’amiral Denis Berezosvki, qui prêtait allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. Puis, le gouvernement de Crimée a annoncé le ralliement de la 204e brigade d’aviation de chasse des forces aériennes d’Ukraine dotée d’avions de chasse MiG-29 et d’avions d’entraînement L-39.

Selon les autorités de Crimée, 800 militaires déployés sur la base aérienne de Belbek sont passés dans le camp du « peuple de Crimée ». Au total 45 avions de chasse et 4 avions d’entraînement se trouvent sur l’aérodrome. Précédemment dans la journée, les autorités de Crimée avaient annoncé que plus de 5.000 militaires des troupes de l’Intérieur, du service de garde-frontière et des forces armées d’Ukraine étaient passés aussi sous leur commandement.

On parle donc de 22.000 militaires ukrainiens et plusieurs dizaines de systèmes de missiles sol-air S-300, passés sous l’autorité du gouvernement de la République autonome de Crimée. C’est pour Poutine, sans faire même couler le sang, un exploit et, pour l’Otan, un sérieux revers et surtout un beau manque de loyauté après tous les cocktails servis !

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Olivier Delamarche : « Les fusions-acquisitions sont le signal de fin de marché à chaque cycle »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet, le 17 mars 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Crimée : Le référendum provoque une ruée vers les banques

Des files d’attente de gens paniqués et espérant retirer le maximum d’argent liquide sont apparues devant les banques en Crimée, à l’approche du référendum de dimanche pour le rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie.

Des gens font la queue devant une banque à Simféropol, le 15 mars 2014 ( AFP / Dimitar Dilkoff)

Des gens font la queue devant une banque à Simféropol, le 13 mars 2014 ( AFP / Dimitar Dilkoff)

Des gens font la queue devant une banque à Simféropol

Les autorités pro-russes locales tentent pourtant de rassurer la population, assurant qu’il n’y aura pas de problèmes avec les retraites et les salaires et que les banques disposent de suffisamment de liquidités pour tout le monde. Mais leurs propos semblaient contredits par la réalité.

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Pourquoi les Allemands n’ont guère envie de se fâcher avec Poutine

La Russie fournit un tiers du gaz naturel et du pétrole [consommé par] l’Allemagne. Et leurs économies sont si imbriquées que l’idée même de sanctions effraient les champions de l’exportation.

Sanktionen nein danke ! S’il est un patronat qui veut éviter toute sanction économique contre Moscou, c’est bien l’allemand. Les deux économies sont tellement imbriquées que Berlin aurait énormément à perdre. Les échanges entre l’Allemagne et la Russie s’élèvent à près de 80 milliards d’euros (4 fois plus que la France).

L’hebdomadaire Wirtschaftswoche résumait cette semaine : “Plus de 6.000 entreprises, de la multinationale aux PME, sont présentes en Russie, où elles ont investi directement plus de 20 milliards. 300.000 emplois dépendent en Allemagne de ces échanges“. Berlin est le deuxième fournisseur de Moscou, après Pékin (la France, 8ème).

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Ukraine : Commentaires du Général Vincent Desportes

L’Agence Info Libre est allée à la rencontre du Général Vincent Desportes, ancien chef des armées de terre française et aujourd’hui professeur à l’institut de Sciences Politiques à Paris.

Le général Desportes revient sur l’actualité brûlante de l’Ukraine, le rôle et la volonté de la Russie dans ce conflit ainsi que la position des États-Unis et de l’Europe dans ce conflit.

Les USA sont prêts à soutenir économiquement l’Ukraine

Les Etats-Unis sont prêts à apporter “autant de soutien que nécessaire” à l’Ukraine pour l’aider à restaurer sa stabilité financière, dans le cadre d’un programme du FMI accompagné de réformes, a assuré dimanche le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew.

Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec leurs partenaires bilatéraux et multilatéraux pour fournir à l’Ukraine autant de soutien que nécessaire pour restaurer la stabilité financière et le retour à la croissance économique, si le nouveau gouvernement met en place les réformes nécessaires“, a dit M. Lew, selon le texte d’un discours qu’il devait prononcer lors de la conférence annuelle du groupe de pression américain pro-israélien AIPAC.

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