Monnaies, monnaies, monnaies !

Les pièces qui trainent au fond de nos poches ne sont pas anodines. Depuis plusieurs siècles, les monnaies sont l’un des symboles de souveraineté des États, au même titre que les drapeaux ou les armées. Mais en devenant aussi des objets de spéculation en tant que tel, les monnaies semblent s’être éloignées de leur fonction sociale d’origine : l’échange.

Depuis quelques décennies, des monnaies complémentaires voient donc le jour tout autour du globe. Non pas pour concurrencer les monnaies nationale mais plutôt pour les compléter à un niveau local. Tentant, au passage, de redéfinir l’échange social qu’elles sont censées symboliser.

En janvier 2015, nos chères monnaies – euro, dollar, yen, livre sterling et bien d’autres – ont générées en moyenne 5.300 milliards de dollars de transactions par jour.

Islande : Vers la révolution du système monétaire

L’Islande est-il sur le point de révolutionner son système monétaire ? C’est ce que suggère un document récent qui remet radicalement en question le système actuel de création de « l’argent dette » par les banques commerciales. Un virage qui pourrait être historique dans le monde de la finance moderne.

L’information relayée le 31 mars aura probablement été confondue avec un gros poisson et fut tristement ignorée des mass-médias. Elle, n’en est pas moins véridique et se base sur un rapport de 113 pages commandé par le gouvernement islandais. L’étonnant document promeut ni plus ni moins une révolution du système monétaire islandais.

La proposition de réforme intitulée « A better monetary system for Iceland » (Un meilleur système monétaire pour l’Islande) recommande au gouvernement progressiste d’interdire aux banques commerciales de créer de la monnaie. Une tâche qui serait, si la proposition est adoptée, désormais confiée à la banque centrale à travers le pouvoir décisionnel du parlement.

Par ce biais, l’Islande souhaite mettre fin à un système jugé responsable d’une crise économique qui se répète par cycle encore et encore. L’île aurait ainsi essuyé 20 crises financières depuis 1875, mettant récemment le pays tout entier au bord de la faillite.
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“Tiny house” : Une mini-maison neuve à 25.000 euros

Les cabanes séduisent de plus en plus. En particulier les chalets mobiles. Leur nom ? Les “Tiny house”, “petite maison” en français. Une cabane de 15 mètres carrés habitables, toute équipée.

Loïc fabrique ces maisonnettes depuis un an. Il en a déjà vendu une quinzaine. 50 sont en préparation. “Il y a un vrai marché qui émerge. Il y a un vrai mouvement. On a des demandes au quotidien“, affirme-t-il.

La “Tiny house” est née aux États-Unis, avec la crise immobilière de 2008. Les Américains ne peuvent plus rembourser leurs crédits alors de plus en plus troquent leur maison contre ces petits chalets bien moins chers.

Kim et Ryan vivaient avec leurs deux enfants dans 180 mètres carrés, contre 19 aujourd’hui. Un changement radical pour se débarrasser d’un crédit trop encombrant, mais aussi pour retrouver une vie moins liée à l’argent, moins matérielle.

Comment la Chine est, elle aussi, devenue dépendante à la dette

C’est la plus grande leçon à tirer des crises financières que l’économie mondiale a traversées. Les changements des bilans façonnent la performance des économies, le crédit suivant des cycles complets d’optimisme et de pessimisme.

L’économie mondiale est devenue dépendante au crédit. La Chine pourrait bien être la prochaine victime.

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Consommer à crédit en France et aux États-Unis

Comparant France et États-Unis, Gunnar Trumbull montre que le développement du marché du crédit à la consommation s’explique par des coalitions d’intérêts différentes qui ont influencé les politiques du crédit de manières opposées.

Ces dernières années, les travaux sur le crédit et l’endettement des ménages ont le vent en poupe notamment depuis la crise des subprimes qui a déclenché la crise financière en 2007-2008. Bien que le cas américain soit plus largement analysé dans la littérature, l’intérêt des chercheurs porte aussi sur d’autres pays d’Europe et d’Asie confrontés au problème du surendettement.

En effet, au cours du XXe siècle le crédit a de moins en moins fait l’objet de désapprobation morale dans les pays industrialisés occidentaux, et depuis les années 1970, des changements institutionnels majeurs ont transformé le cadre légal du surendettement pour faciliter les procédures de faillite personnelle.

Pourtant, en France il a fallu plus d’une décennie pour que les législateurs s’accordent, en 2003, sur les procédures de faillite personnelle qui autorisent l’annulation de la dette et donnent droit à un nouveau départ, comme le stipule la loi américaine depuis 1978. Cette différence de réglementation ne s’explique pas forcément par l’écart du nombre de ménages endettés. Pour comprendre cette différence, il importe de revenir sur le rôle que joue le crédit dans le système économique et dans le modèle de société des deux pays.
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« La position du Royaume-Uni est-elle si enviable ? »

En apparence, le pays va bien, porté par le rebond de la croissance et le recul du chômage sous la barre des 6%. Mais la réalité est tout autre : c’est l’endettement des ménages, le recul du taux d’épargne et un déficit public très élevé qui soutiennent cette croissance alors que les forces structurelles du pays n’ont cessé de décliner estime Jean-Luc Buchalet, PDG de Pythagore Consult et membre du Cercle des analystes indépendants.

Les bonnes performances réalisées par l’économie britannique poussent un certain nombre d’observateurs à extrapoler cette croissance pour les années à venir. Durement frappée pendant la crise entre 2008 et 2012, la Grande Bretagne a depuis renoué avec une croissance forte de 2.6% en 2014, la plus forte des pays du G7. Ce retour vers une croissance soutenue a été récemment salué par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le taux de chômage est repassé sous la barre des 6% de la population active, rapprochant inexorablement le pays du plein emploi. Ces bons chiffres ne cachent-ils pas une situation beaucoup moins favorable qu’il n’y parait a priori ?

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Europe : La fin de la prodigalité

Par

L’euro a créé une crise de la balance des paiements en Europe, comme l’a fait le système monétaire des années 1920 fondé sur l’étalon-or. En fait, une seule chose distingue ces deux épisodes : les pays actuellement en crise peuvent faire appel à de vastes programmes internationaux de renflouement.

Ces programmes ont soulagé les tensions financières dans la zone, mais à quel prix? Non seulement ils ont permis aux investisseurs de ne pas avoir à payer le coût de leurs mauvaises décisions ; ils ont également donné l’occasion aux pays du sud de l’Europe dont les prix sont trop élevés de retarder ce qui revient à une dévaluation sous la forme d’une réduction des prix relatifs des marchandises. Cette dévaluation de la monnaie est généralement nécessaire pour restaurer la compétitivité érodée par les débuts de l’euro, qui avait gonflé l’inflation.

En réalité, pour des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, il faudrait pour qu’ils redeviennent concurrentiels qu’ils baissent les prix d’environ 30 % de leurs propres produits par rapport à ceux du reste de la zone euro au début de la crise. L’Italie a probablement besoin de réduire ses prix relatifs de 10 à 15 %. Mais le Portugal et l’Italie n’ont pu jusqu’ici effectuer une telle « dépréciation effective », tandis que les prix relatifs en Grèce et en Espagne n’ont diminué que de 8 % et 6 %, respectivement.

Fait plutôt révélateur, de tous les pays en crise, seule l’Irlande est parvenue à passer le point critique. La raison en est évidente : la bulle spéculative avait déjà éclaté en Irlande dès la fin de 2006, à l’époque où les fonds de sauvetage n’existaient pas.
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Dettes : vivre à crédit, et pourquoi pas ?

Au sommaire

Les traders de la République. Dans les locaux du ministère des Finances, à l’agence France Trésor, une trentaine de traders de la République ont la lourde responsabilité d’emprunter pour la France, au meilleur taux, partout dans le monde. Ce jour-là, ils lèvent 7 milliards d’euros en à peine 20 minutes, à un taux excellent.

Surendettés, levez-vous ! A Tours, le Tribunal d’Instance gère les litiges du quotidien. Ici, deux fois par semaine, défilent des Français surrendettés qui viennent voir le juge pour tenter de faire effacer leurs crédits.

USA, le krach des campus. Aux États-Unis, une année à l’Université peut coûter jusque 50 000 euros par an. Pour financer leurs études, les jeunes Américains s’endettent, puis remboursent dès qu’ils commencent à travailler. Mais la crise est passée par là.

Complément d’enquête (France 2 – 19/03/2015)

La croissance, un modèle qui arrive à ses limites

La croissance économique vigoureuse est chose du passé dans les pays industrialisés. Les sociétés devront apprendre à vivre avec des taux de croissance anémiques qui les forceront à faire des choix. La croissance du PIB à tout prix a-t-elle fait son temps? Et si la décroissance était une voie d’avenir ?

C’est fou tout ce qu’on peut faire pour soutenir la croissance économique! On l’encourage à coups de subventions et de baisses d’impôt. On la stimule par le marketing et la publicité. Et on la dope avec le crédit facile et l’endettement. Avec bien peu de résultats, est-on forcés de constater depuis 30 ans.

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Dunlop : La cadence infernale des 4 x 8

La direction américaine de la multinationale Dunlop a exigé une nouvelle organisation du travail après le conflit social : les 4 x 8 ! Une cadence infernale qui use les corps, car les horaires changent tous les deux jours.

Avec les 4 x 8, c’est compliqué de trouver le sommeil. On est toujours stressé et la fatigue est là en permanence“, explique Johan Maréchal, qui suit ce rythme de travail depuis six ans. Ses journées commencent à 5 heures, 13 heures ou 21 heures. “Ça nous permet de vivre, mais on n’a pas le choix. Il faut bien payer nos crédits“.

Il n’y a pas que le « coût du travail »… Coût du capital, la question qui change tout

Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias et gouvernants se prévalent de leur disposition à bousculer les « archaïsmes » et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et prestations sociales. Il existe pourtant bien un tabou pénalisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’emploi : le coût prohibitif du capital.

Il serait sans doute passionnant de refaire le trajet d’ivrogne, tortueux et chaloupant, parcourant toute l’Europe, qui a finalement abouti à ramener tous nos maux à des questions de compétitivité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés la crise des subprime, la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciations d’actifs, l’effondrement du crédit, la tétanie de la demande, la transformation des dettes privées en dettes publiques, les politiques d’austérité. Comme nous l’avait bien expliqué dès 2010 M. Ulrich Wilhelm, alors porte-parole du gouvernement allemand, « la solution pour corriger les déséquilibres [commerciaux] dans la zone euro et stabiliser les finances publiques réside dans l’augmentation de la compétitivité de l’Europe dans son entier (1) ».

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Le franc suisse s’envole (Màj)

Addendum du 17/01/2015 : Panique en Pologne

La décision de la Banque nationale suisse a créé un vent de panique en Pologne où plusieurs centaines de milliers de personnes détiennent des crédits immobiliers libellés en francs suisses; le zloty polonais ayant décroché lui aussi de 20% par rapport à la devise helvétique.

En contractant un emprunt en devise étrangère on prend un certain risque, affirme Marcin Krason, un expert immobilier. Les personnes qui ont pris ce risque en Pologne ont été d’accord pour le prendre. Pendant quelques années, les mensualités étaient très basses. Ensuite c‘était pas trop mal non plus mais aujourd’hui c’est très dur”.

En Pologne, 40% des crédits immobiliers sont libellés en francs suisses.

En Hongrie aussi ils sont des centaines de milliers à avoir contracté ce type de prêts. Mais à la différence de la Pologne, les citoyens endettés sont désormais protégés par les autorités hongroises contre le type d’envolée qu’a connue jeudi la monnaie suisse.

Jeudi 15 janvier, la banque centrale suisse a laissé le franc suisse s’échanger librement face à l’euro. Le cours de la monnaie s’est alors envolé faisant le bonheur des Français travaillant en Suisse.
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Comment le crédit a perverti le dollar, l’épargne… et tout le reste

L’argent change de mains dans un monde où se trouvent des économistes, des banques centrales, des journaux et la télévision. Ce que les gens croient au sujet de l’argent, ce qu’ils entendent et voient, affecte leur manière de penser à ce qu’il y a dans leurs poches et ce qu’ils en font.

“Ces nouveaux dollars se glissent dans toute la structure du monde matériel comme du kudzu le long d’une voie ferrée.”

Nous avons décrit jusqu’où la machine à crédit post-1971 s’étend : jusque dans les réunions éditoriales d’un journal satirique parisien. Des islamistes, radicalisés par les guerres au Proche-Orient financées à crédit par le Pentagone, ont assassiné des dessinateurs français.

Nous lisons notre courrier. De nombreux lecteurs sont sceptiques. Rejetons-nous tous les maux du monde sur le système monétaire ? Non, répondons-nous… pas tous. Mais les maux monétaires du moment ? Oui… tous ou presque sont le fruit de la grande bulle du crédit.

Nous n’avons pas de conseils utiles concernant la majeure partie du malaise mondial. Il y aura toujours des meurtriers et des fanatiques. Il y aura toujours des booms et des krachs. Il y aura toujours de la stupidité, de la corruption et des démocrates. De la mauvaise musique. Du vin imbuvable. De l’architecture laide. Une fois lancé sur les problèmes planétaires, comment savoir où nous arrêter !

Quant à la majeure partie de ce qui se passe sur la planète Terre — ou même dans notre propre foyer –, nous n’en savons pas grand-chose… et en comprenons encore moins. Mais nous avons observé, étudié et analysé le système monétaire mondial depuis maintes années. Lui non plus ne sera jamais entièrement compris par l’esprit humain, mais certaines parties deviennent claire… comme les contours d’une île dans le brouillard… que nous pouvons discerner, tout juste.

Capital et argent sont factices
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« L’empire de la consommation »

par Eduardo Galeano

L’explosion de la consommation dans le monde actuel fait plus de bruit que toutes les guerres et crée plus de tapage que tous les carnavals. Comme dit un vieux proverbe turc, « qui boit en compte, se soûle deux fois plus ». Les festivités assomment et assombrissent la vision ; cette grande ivresse universelle semble ne pas avoir de limites dans le temps et dans l’espace. Mais la culture de la consommation raisonne beaucoup, comme le tambour, parce qu’elle est vide ; et à l’heure de vérité, quand le fracas cesse, que la fête se termine, l’ivrogne se réveille, seul, accompagné par son ombre et la vaisselle cassée qu’il doit payer.

Le développement de la demande heurte les frontières que lui impose le même système qui la génère. Le système a besoin de marchés de plus en plus ouverts et plus grands, comme les poumons ont besoin de l’air, et en même temps il est nécessaire qu’ils soient au prix plancher comme le sont les prix des matières premières et de la force de travail. Le système parle au nom de tous, il donne à tous ses ordres impérieux de consommation, il diffuse parmi tout le monde la fièvre acheteuse ; mais, rien à faire : pour presque tous, cette aventure commence et finit sur l’écran du téléviseur. La majorité, qui s’endette pour avoir des choses, finit par avoir que des dettes pour payer les dettes qui génèrent de nouvelles dettes, et finit par consommer des illusions qu’il parfois matérialise en commettant un délit.

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Crédit à la consommation : Coulibaly avait contracté un prêt de 6000€ auprès de Cofidis

Selon des documents que nous nous sommes procurés en exclusivité, Amedy Coulibaly, le responsable de la mort de cinq personnes dans des attaques terroristes, la semaine dernière, à Montrouge et dans un supermarché casher de la porte de Vincennes à Paris, a contracté un prêt de 6.000 €, début décembre, auprès de Cofidis. Un prêt de « moyenne gamme », selon l’entreprise de crédit, qui n’est pas tenue de demander une justification de l’objet des dépenses.

Dans une vidéo posthume publiée sur Internet dimanche, le terroriste Amedy Coulibaly indique avoir donné « quelques milliers d’euros » à un des frères Kouachi « pour qu’il finisse à boucler ce qu’il avait à acheter ». Il se pourrait bien que cette aide financière se soit faite… à crédit !

Dans des documents que nous nous sommes procurés en exclusivité, il s’avère que le 4 décembre 2014, Amedy Coulibaly a contracté un prêt personnel auprès de l’organisme de crédit Cofidis (voir la fiche en PDF) , dont le siège est à Villeneuve-d’Ascq. Prêt d’un montant de 6.000 €. Selon un spécialiste, les armes retrouvées sur Coulibaly dans l’hypermarché de la porte de Vincennes avaient une valeur sur le marché noir de… 6.000 €.

Il est important de préciser que les organismes de crédit ne demandent jamais à leurs clients à quoi serviront les sommes demandées.
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La santé du secteur bancaire en question

Évaluation de la qualité des actifs, tests de résistance : nous parlons de la santé des banques à longueur d’année mais sont-elles vraiment parées à soutenir l‘économie réelle et à affronter les crises futures ?

Rencontre avec Piers Haben, le superviseur de ces tests et directeur de l’Autorité bancaire européenne de surveillance. Il sera question de l’union bancaire et de la capacité des banques à affronter une crise future.

Ensuite direction l’Italie, qui affiche les plus mauvais tests, nous verrons l’impact sur l‘économie réelle. Enfin, retour vers le futur, nous verrons ce qui pourrait arriver en cas de problèmes prévisibles ou inattendus.

Le stress test qui contredit les résultats rassurants des banques françaises

Il n’y a d’ailleurs pas que les régulateurs et les banques françaises qui feraient mieux de cesser de se congratuler et d’envisager des outils de mesure différents de risque systémique.

Dimanche dernier, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, se vantait de “l’excellente” résistance des banques françaises aux tests de résistance, ou stress tests, européens. Beaucoup de ses homologues italiens et grecs ont peut-être été recalés, mais la France peut être fière de son secteur bancaire. “Les banques françaises sont les mieux placées dans la zone euro”, a déclaré M. Noyer. Pas si vite.

Deux jours plus tôt, un autre test révélait que le secteur bancaire français était le plus fragile d’Europe. L’équipe qui a eu le culot de jeter ce seau d’eau froide sur Paris travaille au si justement nommé Volatility Institute de la Stern School de l’Université de New York, et a livré ses conclusions à partir d’une saine distance : une conférence sur la finance donnée à l’Université de Michigan.

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Un bonheur sans croissance est-il possible ?

« On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance », lisait-on sur les murs de Paris en mai 68, signifiant par là l’absence de communauté de sens et de corrélation nécessaire entre l’augmentation, quantitative, de la richesse nationale et la recherche, qualitative, de bonheur personnel. Révolte d’enfants gâtés, diront certains et il est vrai que le raisonnement qui va suivre ne concerne que les pays riches dont l’affluence a permis la sortie hors du règne de la nécessité.

Commençons par ce paradoxe bien connu, mis en évidence par l’économiste Easterlin[1] en 1974 selon lequel une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus.

Ce paradoxe est à rapprocher de ce que l’on nomme, en psychologie, le « paradoxe de l’abondance » qui montre que la disponibilité d’une satisfaction, auparavant rare, finit par produire lassitude et passivité. L’excitation ou l’euphorie liées à la consommation d’un bien provient de sa rareté. « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! » disait Rousseau. « Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. (La nouvelle Héloïse, 1761).

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A propos de la taille optimale du secteur financier

Par Benoît Cœuré, « On the optimal size of the financial sector », discours prononcé à Francfort, 2 septembre 2014. Traduit par Martin Anota

La récente crise financière mondiale nous amène à reconsidérer la contribution du secteur financier à l’économie réelle. (…) Avant qu’éclate la crise financière, la littérature empirique qui explorait le lien entre finance et croissance suggérait qu’un élargissement du secteur financier était essentiel dans le processus de développement économique.

Ce constat semblait aussi bien s’appliquer aux pays en développement que pour les pays avancés. Encouragés par de telles conclusions, les responsables politiques n’ont pas douté de la capacité du secteur financier à innover et à canaliser les fonds vers leur usage le plus productif. (…)

Malheureusement, les économies dont le secteur financier est large, dynamique et complexe ne sont pas épargnées par les sévères contractions macroéconomiques. En fait, la littérature portant sur les crises bancaires fournissait plusieurs preuves empiriques suggérant un lien causal entre la croissance rapide du crédit et les turbulences bancaires de dimension systémique bien avant qu’éclate la crise financière mondiale.

De plus, les coûts en termes de production qui sont associés aux sévères crises bancaires semblent particulièrement élevés.
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Irlande : Le pays où il n’est pas nécessaire de rembourser son crédit immobilier

L’économie irlandaise semble sortir du marasme, et après un quatrième trimestre de contraction, le PIB a progressé de 2,7% au cours du premier trimestre de cette année, le chômage continue de baisser, tandis que les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse.

Mais un problème demeure : le nombre de propriétaires en retard de plus de 2 ans sur le paiement de leurs échéances de crédit immobilier continue de progresser.

Au cours du second trimestre, ils étaient encore 37.066, un nombre en progression de 5% par rapport au trimestre précédent. Leurs emprunts représentent 5% de l’ensemble des crédits immobiliers sur des résidences principales.

Même si le chiffre baisse régulièrement, l’ensemble des arriérés de crédit demeure astronomique en Irlande. Au second trimestre, la proportion des crédits connaissant des arriérés de crédit de plus de 90 jours atteignait encore 19% de l’ensemble des emprunts sur les résidences principales. En Espagne, pays qui a aussi été aux prises avec les suites de l’éclatement d’une bulle immobilière, elle ne se monte qu’à 3,4%.
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Attali : “Nos fonctionnaires sont payés à crédit à partir du 15 septembre”

Les fonctionnaires français seront payés à crédit à partir du 15 septembre, c’est en substance ce qu’a déclaré ce matin Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand.

Il revient également sur les relations entre Arnaud Montebourg et Manuel Valls, tout en tirant la sonnette d’alarme quant aux déficits accumulés par la France.

Chine : Le risque subprime

Il est désormais largement admis que la crise financière mondiale récente était en réalité une crise des bilans. De longues périodes de taux d’intérêt négatifs ont encouragé un financement insoutenable d’achats d’actifs et des prêts hypothécaires à haut risque ont affaibli les bilans nationaux. Lorsque la liquidité sur les principaux marchés interbancaires s’est asséchée, les fragilités ont été exposées – avec des conséquences dévastatrices.

Aujourd’hui, l’expansion rapide des bilans des institutions financières chinoises – qui ont augmenté de 92% entre 2007 et 2011, parallèlement à la croissance de 78% du PIB nominal – fait naître des prédictions d’une prochaine crise des subprimes chinoise. De telles prévisions sont-elles fondées ?

La première chose à faire pour évaluer la vulnérabilité financière de la Chine est de distinguer entre crise de solvabilité, qui peut se produire lorsque les entreprises n’ont pas un capital suffisant pour résister à un effondrement des prix des actifs, et crise de liquidité.

Pendant la crise financière asiatique des années 1990, certains pays ont connu des crises de change, au cours desquelles les dévaluations et les taux d’intérêt réels élevés ont décapitalisé les banques et les entreprises, en raison de l’absence de réserves suffisantes pour rembourser les dettes en devises.

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Effondrement de la croissance américaine au premier trimestre: -2,9%

Le chiffre officiel de la croissance du PIB aux Etats-Unis est calculé par le Département du commerce, et il est progressivement affiné au fur et à mesure que les données sont collectées. Pour le premier trimestre 2014, la première estimation s’affichait à +0,1% (en rythme annualisé), ce qui indiquait déjà une économie à l’arrêt et un sérieux ralentissement par rapport aux trimestres précédents.

Ce chiffre a été révisé une première fois à -1,0%. Il restait encore la troisième et dernière publication, le chiffre définitif. Le consensus des analystes prévoyait -1,8%, mais la réalité sera bien pire avec -2,9% ! Une vraie récession, le pire résultat depuis 5 ans (le premier trimestre 2009), alors que l’économie américaine était touchée de plein fouet par la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers. En janvier 2014, les économistes prévoyaient une croissance de 2,6%, pour résultat final de -2,9% : on mesure l’ampleur de la dégringolade.

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La Russie et la Chine déclarent une guerre financière totale à l’Occident

Moscou et Pékin développent de nouvelles armes dans le domaine de la finance pour mener leur guerre froide contre l’Occident. Les deux superpuissances prévoient de travailler ensemble et de se concentrer sur l’affaiblissement de la suprématie du dollar comme monnaie internationale, la création de leur propre agence de notation, d’une banque de développement, et de systèmes de paiement concurrents de MasterCard et Visa.

Les pays occidentaux ont longtemps dominé les autres marchés financiers. Le dollar demeure (pour l’instant) la monnaie de réserve mondiale, les agences de notation américaines, S & P, Moody et Fitch sont les seules à réellement faire autorité pour évaluer la solvabilité des entreprises et des gouvernements, et le FMI est encore dominé par des Occidentaux.

Mais avec les initiatives récentes de la Chine et de la Russie, tout cela pourrait bientôt changer. Les deux pays sont relativement mal cotés (La Chine est cotée AA- et la Russie BBB) par les trois grandes agences de notation (alors qu’elles décernent encore la meilleure note aux États-Unis, AAA…), ce qui a pour conséquence d’augmenter les taux d’intérêt qu’ils doivent payer sur leurs obligations, et dissuade les investisseurs de leur prêter de l’argent.

En particulier, la cote de la Russie a été dégradée par S & P et Moody après l’annexion de la Crimée en raison des graves difficultés économiques dont elle a fait l‘expérience. La nouvelle cote qu’elles ont attribué au pays, « BBB » (Qualité moyenne Inférieure), n’est plus qu’un grade au dessus de la cote réservée à la pacotille.

Les Chinois avaient déjà exprimé leur mécontentement de cette situation, en créant leur propre agence de notation, Dagong. Mais ils viennent de signer un accord avec le gouvernement russe pour créer une nouvelle agence de notation russo-chinoise à partir de cette institution. (En Europe aussi, on évoque de temps à autre la création d’une agence de rating spécifique, mais aucun plan concret n’a été élaboré dans ce sens).

Dagong attribue la note AAA à la Chine actuellement, et la note A à la Russie. En revanche, les Etats-Unis n’obtiennent qu’un A- . Ces cotes se fondent sur des données fondamentales telles que le ratio dette-PIB, qui sont plus favorables en Russie et en Chine. La nouvelle agence conjointe devrait émettre des cotes comparables.

Une autre mesure prise par la Russie et la Chine pour saper la puissance financière de l’Ouest est la mise en place d’une banque de développement privée en concurrence directe avec le FMI. Le manque de représentativité du FMI, où les pays émergents n’ont qu’un pouvoir de décision très faible, est une critique récurrente de l’Institution.

Le géant économique qu’est la Chine, la seconde puissance économique qui pourrait même passer première cette année, y détient toujours moins de droits de vote que la Grande-Bretagne, par exemple.

La Russie envisage également a création d’une « Union économique eurasienne » dans laquelle le rouble servirait de monnaie d’échange centrale. De son côté, la Chine souhaite développer l’usage du renminbi dans les transactions internationales.

En outre, le président russe, Vladimir Poutine, a émis le souhait de concevoir un système national de paiement pour concurrencer les géants américains de paiement Visa et Mastercard. Après l’annexion de la Crimée, ces deux institutions de crédit avaient boycotté Rossiya, et d’autres institutions financières russes.

Le journal allemand Die Welt compare ces initiatives pour concurrencer la domination financière de l’Occident à la course aux armements pendant la Guerre Froide, et il évoque « une guerre financière avec l’Occident ».

Express.be

(Merci à Gérard le Savoyard)

Détruire pour consommer toujours plus (Rediff.)

Serge Latouche, un des critiques de la société de croissance, les plus connus, a beaucoup écrit sur les mécanismes de surconsommation. Il y a selon lui trois instruments fondamentaux. Tout d’abord la publicité avec une obsolescence programmée et le crédit.

Depuis une génération, notre but dans la vie semble être de consommer à crédit. Emprunter de l’argent pour acheter des biens dont nous n’avons pas besoin. Cela n’a aucun sens non ?

Les critiques de la société de croissance mettent en valeur qu’elle n’est pas viable à long terme car elle se base sur une contradiction flagrante. Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec une planète finie est selon eux soit un fou soit un économiste. Le drame de cette métaphore c’est qu’il apparait bien qu’au fond nous sommes tous des économistes maintenant.

Est-il vraiment nécessaire de créer un nouveau produit toutes les trois minutes quelque part dans le monde ? Beaucoup de gens aujourd’hui ce sont rendus compte qu’il fallait changer les choses, surtout quand les politiciens eux-mêmes leurs ont dit d’acheter et de consommer pour relancer l’économie.

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Le T.E.G. : Une vraie faille dans le système bancaire

« Il y a une faille en toute chose, c’est ainsi que pénètre la lumière.* » Ces paroles de Leonard Cohen dans Anthem nous rappellent, si besoin était, que rien n’est inéluctable. Rien n’est éternel. Et un système, aussi oppressant soit il, dévoilera ses failles au cours du temps, laissant ainsi passer un rai de lumière propre à éclairer une humanité qui provoquera la déchéance dudit système. Parfois même, la faille est si grande que l’on n’ose y croire.

Toujours tenus par la croyance forte que les puissants sont plus intelligents que la masse, fatalistes et pauvres pékins moyens que nous sommes, nous nous réfugions toujours dans la certitude de notre incapacité à défaire ce qui nous semble indéfaisable, omnipotent, presque divin. Si bien que plus la faille est béante, moins nous nous y engageons.

Pourquoi ? Parce que nous fonctionnons bien souvent selon l’adage cher à Philippe Vandel : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

Pourtant, force est de constater que ce « système » sous le joug duquel nous errons, tels des marionnettes « enguignolées » donnant du bâton de temps en temps sur des sujets pare-feu afin de satisfaire notre égo pseudo-civique ou de nous déculpabiliser vis à vis de nos enfants (« Moi, mon fils, j’ai manifesté. La société dans laquelle tu vis, ce n’est pas de ma faute… »), ce « système » donc, cherche constamment à reboucher les failles s’ouvrant béantes à nos yeux incrédules.

Et, plus il atteint son paroxysme, plus sa fin est proche.
En résumé : tout a un début, et tout a une fin… Même l’oligarchie financière.

Le T.E.G., ou la possibilité d’un effondrement.

Et, ma foi, s’il nous échoit de pouvoir précipiter sa perte, ne nous en privons surtout pas. Même s’il n’y a rien derrière, car rien ne peut pas être pire que ça.

Depuis quelques jours, nous voyons poindre sur les réseaux le début d’une information pas encore bien étayée, concernant des erreurs de TEG. Le TEG, kézaco ?

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États-Unis : Exégèse de la longue crise

Dans son nouveau livre TOO MUCH MAGIC publié aux Editions du Retour aux Sources, James Howard Kunstler décrit avec une sagacité quasi prophétique sa vision de l’issue de ce qu’il nomme la Longue Crise. Exégèse de la fin d’un paradigme.

La Longue Crise, c’est la crise d’un système économique et d’un ensemble de représentations collectives pathologiquement dépendantes du pétrole.

Dans son livre, Kunstler retrace l’itinéraire de cette crise. Sa démonstration, pragmatique, s’appuie avant tout sur des exemples concrets. Ainsi, tout à tour, il dresse le constat alarmant des projets d’urbanisme des banlieues américaines tentaculaires, nés de la quasi-gratuité du carburant et donc, de l’hégémonie de l’automobile, qui produisent des modes de vie de plus en plus problématiques. Il pointe les contradictions de la société de consommation de masse, complaisamment soumise à une certitude énergétique et productive indépassable, dont l’ultime illusion aura été la crise immobilière des subprimes instaurant l’idée magique de la maison pour tous et pour rien.

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Olivier Delamarche interrogé par “Devenons citoyens”, janvier-février 2014 (Màj avril)

Voici, dans l’ordre inverse de leur parution, les sept premiers épisodes d’une série de douze courts reportages didactiques consacrés à l’économie contemporaine et à l’impact qu’elle a sur chacun d’entre nous. Les cinq reportages suivants restent à venir.

Les cinq vidéos ajoutées le 08/04/14 :

Sommes nous proches d’une insurrection générale ?


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Trafic de faux papiers, usurpation : Les voleurs d’identité

En France, le trafic des faux papiers est devenu un véritable fléau qui coûte des milliards d’euros aux organismes sociaux comme la CAF et l’Assurance maladie.

Ils permettent à des personnes de travailler sur le sol français, mais aussi à des escrocs de gagner beaucoup d’argent en ouvrant des comptes bancaires et des crédits sous de faux noms… voire en usurpant l’identité de quelqu’un.

Enquête pour découvrir comment l’État lutte contre les faussaires et s’il existe des systèmes capables de mieux sécuriser les documents officiels.

Partie 1:

Partie 2:
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“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

JO: après les fastes de Sotchi, un gouffre financier guette la Russie

Les gigantesques constructions érigées à Sotchi pour les jeux Olympiques les plus chers de l’histoire, achevés dimanche, risquent de se transformer en gouffre financier pour la Russie, compte tenu des énormes investissements difficiles à rentabiliser.

Après sa désignation en 2007 pour organiser les JO, Sotchi est devenue l’un des plus grands chantiers au monde où des bâtiments et des immeubles ont poussé comme des champignons sur les bords de la mer Noire et dans les montagnes du Caucase au-dessus de la ville, dans une zone auparavant quasi vierge d’infrastructures sportives.

L’aménagement de routes et voies de chemins de fer a porté le coût total de l’opération à 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) pour cet événement international sans précédent en Russie depuis la chute de l’URSS, dont le président Vladimir Poutine a voulu faire une vitrine du pays.

Mais que vont devenir tous ces bâtiments neufs après le départ des milliers d’athlètes, accompagnateurs, journalistes et visiteurs qui occupent des appartements et hôtels construits spécialement pour les JO et les jeux paralympiques du 7 au 16 mars ?

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En Europe, 30% des actifs financiers viennent des banques «de l’ombre»

L’agence S&P comme le FSB mesurent le poids des sociétés «parallèles» de services bancaires. Bruxelles tente de limiter la floraison de ce biotope financier alternatif.

Monopolisés par le sauvetage des banques, les ministres des Finances européens ne l’ont pas abordé, lundi. Mais le dossier du «shadow banking» reste au cœur de la remise à plat du secteur que le commissaire européen Michel Barnier tente de faire adopter par le Parlement, peut-être avant le choc des élections de fin mai.

Objectif ? Encadrer la floraison de ce biotope financier alternatif. Certains freins sont déjà inclus dans la directive AIFM imposée aux hedge funds dès cette année. D’autres règles imposent un renforcement de leurs capitaux – un tampon devant atteindre 3% de leurs actifs – aux fonds de placement dits de «money market».

L’ampleur de ces activités bancaires parallèles inquiète. La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de 30% de l’ensemble des actifs financiers européens. Contre 40% aux Etats-Unis. Transformés en usuriers, des hedge funds prêtent sur gage aux entreprises ou débarrassent les banques de leurs prêts difficilement recouvrables. Des sociétés de crédit avancent aussi bien pour un frigo que pour un appartement. Des structures cotées trouvent sur les marchés les fonds de grands projets immobiliers.

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Crise financière : Combien de Fukushima dans le tuyau ?

Les grands médias et la télé de ce pays font depuis plusieurs mois plutôt dans l’optimisme prudent: hors zone euro, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon ont laissé largement ouvertes les vannes du crédit, améliorant perspectives de croissance, d’emploi et de déficit budgétaire.

Même dans la zone euro, plus restrictive en termes de politiques monétaire et budgétaire en raison d’un « conservatisme allemand » qu’on déplore plus ou moins discrètement selon les sensibilités, on constate un début de sortie de crise pour plusieurs pays européens du Sud en voie de rétablir leur compétitivité externe et leur balance commerciale, une légère amélioration des perspectives de croissance pour la quasi-totalité des pays de l’Union, une remarquable sagesse des taux obligataires français et européens, des bourses relativement florissantes, avec pour la France un CAC qui caracole gaillardement autour des 4200 points présentés comme une performance, une union bancaire qui progresse.

Le sentiment vendu au public est que le plus dur est passé, que la crise est derrière nous, que les efforts commencent à payer, et que, d’ici quelques années, il n’y paraîtra plus. Une lecture un peu fine de certains médias révèle une situation, au minimum, beaucoup plus nuancée, voire franchement alarmante.

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La croissance est obsolète

Par James Howard Kunstler

Le mot qui ne sort pas de l’esprit de ceux qui aiment cogiter sur des problèmes économiques est ‘croissance’. Celle-ci est devenue extrêmement problématique au cours de ces dernières années, notamment à mesure que la population mondiale s’élargit et que l’écologie s’en trouve affectée. Souvenons-nous que Thomas Carlyle (1785-1881) surnommait l’économie la ‘science sombre’ en référence aux travaux de Thomas Malthus, parce que la conclusion Malthusienne était pour le moins pessimiste : tôt ou tard, le gonflement de la population mondiale dépasserait la capacité de la planète à satisfaire ses besoins.

Il se trouve que l’essai du Révérend Malthus, intitulé Essay on the Principle of Population, a été publié pour la première fois en 1798, juste au moment de la révolution industrielle. Ce mélodrame extravagant liait le développement de l’invention mécanique et l’énergie fossile. Le premier développement a été alimenté par le charbon et a permis à la population de s’élargir parce qu’il permettait aux nations colonialistes de poursuivre leur extraction de ressources. Et puis est apparue la production de pétrole, plus puissant et plus versatile que le charbon. Il était notamment plus utile que le charbon dans la mesure où il était convertible en nourriture.

Le pétrole a permis de faire fonctionner des machines agricoles, mais aussi à la création d’herbicides, de fertilisants et d’insecticides à base de pétrole et de gaz (un dérivé du pétrole), et au transport de marchandises sur de longues distances… C’est lui qui a permis au nombre d’humains sur Terre de passer de 2 milliards dans les années 1900 à plus de 7 milliards aujourd’hui.

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Impasse sur le financement de la croissance européenne

L’Union européenne s’interroge sur la manière de financer sa croissance et la révolution économique qui vient. Une agence de notation, Fitch, a récemment indiqué qu’il manquera probablement 500 milliards d’euros pour financer la croissance européenne.

Le piège des prêts étudiants

Pour les jeunes qui peinent à trouver un emploi à la sortie de leurs études, cet investissement qu’ils pensaient rentable pour l’avenir peut rapidement devenir un boulet qui les entraîne vers la précarité et les pousse souvent à trouver un boulot alimentaire, bien loin de leurs ambitions initiales.

Emprunter pour étudier est généralement présenté comme un investissement sur son avenir, une forme de risque limité. Si ce mécanisme permet à de nombreux jeunes de s’ouvrir les portes de formations trop chères pour eux ou leurs parents, il peut aussi être un accélérateur de chute pour ceux qui ne décrochent pas immédiatement un emploi. «On se dit c’est pas grave, on fait un prêt, on arrivera à le rembourser», témoigne Céline, 25 ans.

«On y va un peu tête baissée parce que de toute façon, on est un petit peu emprisonné, il faut avoir un bon CV, il faut faire cet investissement et au final on se rend compte que c’est un investissement très coûteux et pas du tout rentable». Cette franc-comtoise a du emprunter 28.000 euros pour financer son école de communication. À partir d’octobre, elle devra verser des mensualités de 370 euros à sa banque, mais n’a toujours pas décroché de job.

Selon une étude de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), seuls 6,1 % des étudiants français avaient souscrit un prêt en 2009. Une proportion que la crise a sans doute augmentée. L’Unef, le principal syndicat étudiant, estime ainsi que 8% de la population étudiante au minimum a du contracter un emprunt pour financer ses études. Et beaucoup pensent que les étudiants endettés ont même déjà dépassé la barre des 10%, soit plus de 200.000 jeunes.

«Si j’ai un toit sur ma tête pour les mois à venir, c’est déjà pas mal»
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : La révolte du caddie (Partie 5)

Aujourd’hui, force est de constater que le commerce non sédentaire, les marchés, n’apparaissent pas ou peu dans les statistiques récentes, et les études prospectives sérieuses ayant pour ambition de traiter de l’évolution future du commerce ; et pourtant la visibilité des marchés ne cesse pourtant d’augmenter.

Certains se sont adaptés aux besoins de leurs temps [les marchés Bio, de producteurs, par exemple], souvent aidés par les municipalités. Les quotidiens régionaux ou de la presse locale, plus que les études, notent un formidable engouement des citadins, depuis quelques années, pour ce type de commerce, présenté comme une alternative sociale ou culturelle face aux hypermarchés, plus proches que les commerces périphériques, et bien plus conviviaux.

Depuis leur création, les groupes de la grande distribution justifiaient leurs méthodes par une argumentation simple : d’une part, la recherche du prix le plus bas possible, les dirigeants de la grande distribution se sont toujours posés en chevalier blanc de la bonne cause, celle des consommateurs, et d’autre part, la création d’emplois, arguments placés sous le signe de leur importance déterminante dans l’économie française.

D’une manière générale, les sondages effectués auprès de la population rappelaient régulièrement aux politiciens, aux détracteurs, que les français plébiscitaient centres commerciaux et hypermarchés, en premier lieu pour les prix pratiqués, et peu importaient les nombreux dégâts « collatéraux ».

Cependant, Luc Boltanski et Eve Chiapello relatent que la monté de l’écologisme, présenta un grand danger pour les industriels et les distributeurs : « Le développement d’un consumérisme vert à la fin des années 1980 [la révolte des caddies dont parlent les spécialistes du marketing] a eu pour résultat de mettre un certain nombre d’entreprises en danger, en faisant baisser brutalement la consommation de produits dénoncés comme polluants par les mouvements environnementalistes ou nocifs pour la santé (tels que les lessives contenant des phosphates, les aérosols contenant des CFC, aux États-Unis, les pommes traitées chimiquement, certains emballages en plastique) ».
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