Un bonheur sans croissance est-il possible ?

« On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance », lisait-on sur les murs de Paris en mai 68, signifiant par là l’absence de communauté de sens et de corrélation nécessaire entre l’augmentation, quantitative, de la richesse nationale et la recherche, qualitative, de bonheur personnel. Révolte d’enfants gâtés, diront certains et il est vrai que le raisonnement qui va suivre ne concerne que les pays riches dont l’affluence a permis la sortie hors du règne de la nécessité.

Commençons par ce paradoxe bien connu, mis en évidence par l’économiste Easterlin[1] en 1974 selon lequel une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus.

Ce paradoxe est à rapprocher de ce que l’on nomme, en psychologie, le « paradoxe de l’abondance » qui montre que la disponibilité d’une satisfaction, auparavant rare, finit par produire lassitude et passivité. L’excitation ou l’euphorie liées à la consommation d’un bien provient de sa rareté. « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! » disait Rousseau. « Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. (La nouvelle Héloïse, 1761).

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Le mirage de la relance américaine : une reprise inégale, financée avec de la dette

Récemment, le Wall Street Journal a noté que la pire récession que les Etats Unis aient connue depuis la Grande Dépression avait pris fin en 2009, mais que la reprise avait été lente. Même si le rebond au second trimestre a dissipé les doutes laissés par le ralentissement marqué au 1er trimestre, la croissance de seulement 1% sur l’ensemble du semestre a douché les espoirs d’une accélération de la reprise.

HACHOIR DE LA RECESSION
— La bonne nouvelle, c’est que nous sortons de cette récession… La mauvaise nouvelle, c’est que nous sortons de cette récession…

« En d’autres termes, la relance économique américaine a été inégale », analyse Bob Stokes d’Elliott Wave International. Il attire l’attention sur une autre caractéristique de cette reprise américaine : la nature de la reprise de l’emploi. Au mois de septembre, on enregistrait un taux de chômage de seulement 5,9%, ce qui est une franche amélioration par rapport à octobre 2009, où il dépassait les 10%.

Mais d’un autre côté, le taux de la participation au marché du travail du mois d’août n’a atteint que 62,8%, son niveau le plus faible depuis 1978, suggérant que la baisse du taux de chômage pourrait provenir pour partie du découragement d’un certain nombre de chômeurs qui suspendent leur recherche d’emploi. La baisse du taux de chômage masque également le fait que l’on compte plus de 7 millions de travailleurs à temps partiel qui ne parviennent pas à trouver un emploi à plein temps.

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A propos de la taille optimale du secteur financier

Par Benoît Cœuré, « On the optimal size of the financial sector », discours prononcé à Francfort, 2 septembre 2014. Traduit par Martin Anota

La récente crise financière mondiale nous amène à reconsidérer la contribution du secteur financier à l’économie réelle. (…) Avant qu’éclate la crise financière, la littérature empirique qui explorait le lien entre finance et croissance suggérait qu’un élargissement du secteur financier était essentiel dans le processus de développement économique.

Ce constat semblait aussi bien s’appliquer aux pays en développement que pour les pays avancés. Encouragés par de telles conclusions, les responsables politiques n’ont pas douté de la capacité du secteur financier à innover et à canaliser les fonds vers leur usage le plus productif. (…)

Malheureusement, les économies dont le secteur financier est large, dynamique et complexe ne sont pas épargnées par les sévères contractions macroéconomiques. En fait, la littérature portant sur les crises bancaires fournissait plusieurs preuves empiriques suggérant un lien causal entre la croissance rapide du crédit et les turbulences bancaires de dimension systémique bien avant qu’éclate la crise financière mondiale.

De plus, les coûts en termes de production qui sont associés aux sévères crises bancaires semblent particulièrement élevés.
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Irlande : Le pays où il n’est pas nécessaire de rembourser son crédit immobilier

L’économie irlandaise semble sortir du marasme, et après un quatrième trimestre de contraction, le PIB a progressé de 2,7% au cours du premier trimestre de cette année, le chômage continue de baisser, tandis que les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse.

Mais un problème demeure : le nombre de propriétaires en retard de plus de 2 ans sur le paiement de leurs échéances de crédit immobilier continue de progresser.

Au cours du second trimestre, ils étaient encore 37.066, un nombre en progression de 5% par rapport au trimestre précédent. Leurs emprunts représentent 5% de l’ensemble des crédits immobiliers sur des résidences principales.

Même si le chiffre baisse régulièrement, l’ensemble des arriérés de crédit demeure astronomique en Irlande. Au second trimestre, la proportion des crédits connaissant des arriérés de crédit de plus de 90 jours atteignait encore 19% de l’ensemble des emprunts sur les résidences principales. En Espagne, pays qui a aussi été aux prises avec les suites de l’éclatement d’une bulle immobilière, elle ne se monte qu’à 3,4%.
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Attali : “Nos fonctionnaires sont payés à crédit à partir du 15 septembre”

Les fonctionnaires français seront payés à crédit à partir du 15 septembre, c’est en substance ce qu’a déclaré ce matin Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand.

Il revient également sur les relations entre Arnaud Montebourg et Manuel Valls, tout en tirant la sonnette d’alarme quant aux déficits accumulés par la France.

A partir d’aujourd’hui, les Terriens vivent à crédit

La population mondiale a consommé en moins de huit mois l’intégralité de ses ressources naturelles disponibles pour une année, selon l’ONG américaine Footprint Network.

La «dette écologique se creuse». Cette année, il n’aura fallu que 231 jours à la planète pour épuiser l’équivalent des ressources naturelles qu’elle peut produire en un an sans compromettre leur renouvellement.

A partir d’aujourd’hui, mardi 19 août, la population mondiale vit officiellement au dessus de ses moyens écologiques. Et doit donc finir l’année «à crédit», selon l’ONG Footprint Network, qui calcule chaque année ce «jour du dépassement».

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Chine : Le risque subprime

Il est désormais largement admis que la crise financière mondiale récente était en réalité une crise des bilans. De longues périodes de taux d’intérêt négatifs ont encouragé un financement insoutenable d’achats d’actifs et des prêts hypothécaires à haut risque ont affaibli les bilans nationaux. Lorsque la liquidité sur les principaux marchés interbancaires s’est asséchée, les fragilités ont été exposées – avec des conséquences dévastatrices.

Aujourd’hui, l’expansion rapide des bilans des institutions financières chinoises – qui ont augmenté de 92% entre 2007 et 2011, parallèlement à la croissance de 78% du PIB nominal – fait naître des prédictions d’une prochaine crise des subprimes chinoise. De telles prévisions sont-elles fondées ?

La première chose à faire pour évaluer la vulnérabilité financière de la Chine est de distinguer entre crise de solvabilité, qui peut se produire lorsque les entreprises n’ont pas un capital suffisant pour résister à un effondrement des prix des actifs, et crise de liquidité.

Pendant la crise financière asiatique des années 1990, certains pays ont connu des crises de change, au cours desquelles les dévaluations et les taux d’intérêt réels élevés ont décapitalisé les banques et les entreprises, en raison de l’absence de réserves suffisantes pour rembourser les dettes en devises.

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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La banque centrale russe frappe fort face aux nouvelles sanctions occidentales

La banque centrale russe a frappé fort vendredi pour éviter une nouvelle fuite des investisseurs face au durcissement des sanctions occidentales contre Moscou, avec une hausse drastique de taux qui risque de fragiliser davantage son économie.

Le siège de la Banque de Russie, à Moscou

A la surprise générale, la Banque de Russie a décidé lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire de relever son taux directeur à 8%, contre 7,5% depuis avril. Elle s’est dite prête à aller plus loin “si les risques pesant sur l’inflation persistent“.

Il s’agit de la troisième fois qu’elle resserre le robinet du crédit depuis mars, sur fond de crise dans l’est de l’Ukraine, où les forces gouvernementales affrontent des rebelles prorusses, et de sanctions occidentales croissantes.

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Effondrement de la croissance américaine au premier trimestre: -2,9%

Le chiffre officiel de la croissance du PIB aux Etats-Unis est calculé par le Département du commerce, et il est progressivement affiné au fur et à mesure que les données sont collectées. Pour le premier trimestre 2014, la première estimation s’affichait à +0,1% (en rythme annualisé), ce qui indiquait déjà une économie à l’arrêt et un sérieux ralentissement par rapport aux trimestres précédents.

Ce chiffre a été révisé une première fois à -1,0%. Il restait encore la troisième et dernière publication, le chiffre définitif. Le consensus des analystes prévoyait -1,8%, mais la réalité sera bien pire avec -2,9% ! Une vraie récession, le pire résultat depuis 5 ans (le premier trimestre 2009), alors que l’économie américaine était touchée de plein fouet par la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers. En janvier 2014, les économistes prévoyaient une croissance de 2,6%, pour résultat final de -2,9% : on mesure l’ampleur de la dégringolade.

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Coup de projecteur sur les requins qui rôdent dans les “dark pools”

Les marchés de crédit et de dérivés tendent à plus de transparence. Les marchés de capitaux prennent le chemin diamétralement opposé.

Lorsque la crise financière a éclaté il y a six ans, le mot “transparence” est devenu très à la mode. Pas étonnant. Alors que les banques implosaient, politiques et électeurs découvraient avec effroi les pratiques sordides, dissimulées derrière une culture de l’opacité, qui proliféraient dans le monde des produits dérivés et de la dette.

Ironiquement, depuis 2008, les régulateurs se sont battus pour que les marchés soient plus transparents. Bien que des progrès aient été inégaux, les investisseurs ne peuvent plus avancer longtemps masqués, alors qu’ils étaient autrefois inaccessibles, notamment sur les marchés des dérivés du crédit ou lorsqu’ils intervenaient sur les prix des obligations. Depuis peu, même le marais des swaps est de moins en moins opaque.

En revanche, dans le secteur du capital, qui était plus transparent que le marché du crédit, la tendance s’est inversée. Il y a dix ans, une quantité considérable d’informations était disponible sur le prix des actions et les volumes des transactions, car la plupart des activités se tenaient sur les marchés d’échanges centralisés. Maintenant, aux États-Unis et en Europe, plus du tiers des négociations se font hors des principales bourses. Il y a eu une explosion de l’activité de ce qu’on appelle les “dark pools“, où des plateformes privées de négociation, gérées par des banques ou par d’autres institutions, mettent directement en contact acheteurs et vendeurs.

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La Russie et la Chine déclarent une guerre financière totale à l’Occident

Moscou et Pékin développent de nouvelles armes dans le domaine de la finance pour mener leur guerre froide contre l’Occident. Les deux superpuissances prévoient de travailler ensemble et de se concentrer sur l’affaiblissement de la suprématie du dollar comme monnaie internationale, la création de leur propre agence de notation, d’une banque de développement, et de systèmes de paiement concurrents de MasterCard et Visa.

Les pays occidentaux ont longtemps dominé les autres marchés financiers. Le dollar demeure (pour l’instant) la monnaie de réserve mondiale, les agences de notation américaines, S & P, Moody et Fitch sont les seules à réellement faire autorité pour évaluer la solvabilité des entreprises et des gouvernements, et le FMI est encore dominé par des Occidentaux.

Mais avec les initiatives récentes de la Chine et de la Russie, tout cela pourrait bientôt changer. Les deux pays sont relativement mal cotés (La Chine est cotée AA- et la Russie BBB) par les trois grandes agences de notation (alors qu’elles décernent encore la meilleure note aux États-Unis, AAA…), ce qui a pour conséquence d’augmenter les taux d’intérêt qu’ils doivent payer sur leurs obligations, et dissuade les investisseurs de leur prêter de l’argent.

En particulier, la cote de la Russie a été dégradée par S & P et Moody après l’annexion de la Crimée en raison des graves difficultés économiques dont elle a fait l‘expérience. La nouvelle cote qu’elles ont attribué au pays, « BBB » (Qualité moyenne Inférieure), n’est plus qu’un grade au dessus de la cote réservée à la pacotille.

Les Chinois avaient déjà exprimé leur mécontentement de cette situation, en créant leur propre agence de notation, Dagong. Mais ils viennent de signer un accord avec le gouvernement russe pour créer une nouvelle agence de notation russo-chinoise à partir de cette institution. (En Europe aussi, on évoque de temps à autre la création d’une agence de rating spécifique, mais aucun plan concret n’a été élaboré dans ce sens).

Dagong attribue la note AAA à la Chine actuellement, et la note A à la Russie. En revanche, les Etats-Unis n’obtiennent qu’un A- . Ces cotes se fondent sur des données fondamentales telles que le ratio dette-PIB, qui sont plus favorables en Russie et en Chine. La nouvelle agence conjointe devrait émettre des cotes comparables.

Une autre mesure prise par la Russie et la Chine pour saper la puissance financière de l’Ouest est la mise en place d’une banque de développement privée en concurrence directe avec le FMI. Le manque de représentativité du FMI, où les pays émergents n’ont qu’un pouvoir de décision très faible, est une critique récurrente de l’Institution.

Le géant économique qu’est la Chine, la seconde puissance économique qui pourrait même passer première cette année, y détient toujours moins de droits de vote que la Grande-Bretagne, par exemple.

La Russie envisage également a création d’une « Union économique eurasienne » dans laquelle le rouble servirait de monnaie d’échange centrale. De son côté, la Chine souhaite développer l’usage du renminbi dans les transactions internationales.

En outre, le président russe, Vladimir Poutine, a émis le souhait de concevoir un système national de paiement pour concurrencer les géants américains de paiement Visa et Mastercard. Après l’annexion de la Crimée, ces deux institutions de crédit avaient boycotté Rossiya, et d’autres institutions financières russes.

Le journal allemand Die Welt compare ces initiatives pour concurrencer la domination financière de l’Occident à la course aux armements pendant la Guerre Froide, et il évoque « une guerre financière avec l’Occident ».

Express.be

(Merci à Gérard le Savoyard)

Détruire pour consommer toujours plus (Rediff.)

Serge Latouche, un des critiques de la société de croissance, les plus connus, a beaucoup écrit sur les mécanismes de surconsommation. Il y a selon lui trois instruments fondamentaux. Tout d’abord la publicité avec une obsolescence programmée et le crédit.

Depuis une génération, notre but dans la vie semble être de consommer à crédit. Emprunter de l’argent pour acheter des biens dont nous n’avons pas besoin. Cela n’a aucun sens non ?

Les critiques de la société de croissance mettent en valeur qu’elle n’est pas viable à long terme car elle se base sur une contradiction flagrante. Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec une planète finie est selon eux soit un fou soit un économiste. Le drame de cette métaphore c’est qu’il apparait bien qu’au fond nous sommes tous des économistes maintenant.

Est-il vraiment nécessaire de créer un nouveau produit toutes les trois minutes quelque part dans le monde ? Beaucoup de gens aujourd’hui ce sont rendus compte qu’il fallait changer les choses, surtout quand les politiciens eux-mêmes leurs ont dit d’acheter et de consommer pour relancer l’économie.

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Stiglitz : “Les inégalités aux Etats-Unis auront des conséquences dévastatrices”

Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz prévoit, dans une interview à La Tribune, un affaiblissement de la croissance aux Etats-Unis, conséquence de la montée des inégalités qui bride la consommation de la plupart des ménages.

LE REVE AMERICAIN (jeu de société, 1979)

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, était l’invité ce mardi de la Toulouse School of  Economics, qui organisait son deuxième Tiger Forum. En marge de cette réunion, l’économiste a accordé une interview à La Tribune.

Les revenus de 99% des américains ont stagné au cours des trois dernières années connues, alors que 1% d’entre eux ont eu droit à une hausse cumulée dépassant les 30%. Quelles sont les conséquences économiques de telles inégalités ?

L’économie américaine a tout pour aller bien. Des universités d’un haut niveau, de l’énergie bon marché grâce au gaz de schiste, un secteur high tech très performant… Et pourtant, sa croissance n’est pas si forte, avec, pour conséquence, un taux d’emploi qui reste en dessous de la moyenne des années 2000, et 20 millions de personnes cherchant en outre, sans succès, à passer du temps partiel au temps plein.

Cette croissance faible s’explique uniquement par la montée des inégalités, qui bride la consommation. Et cela va empirer. Le taux d’épargne est retombé à ses niveaux les plus bas. Car, si 20% des ménages parviennent à épargner un peu bon an mal an, 80% d’entre eux ne le peuvent absolument pas : ils dépensent déjà plus que ce qu’ils gagnent ! D’où une consommation bridée, et cela va s’aggraver.

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Le T.E.G. : Une vraie faille dans le système bancaire

« Il y a une faille en toute chose, c’est ainsi que pénètre la lumière.* » Ces paroles de Leonard Cohen dans Anthem nous rappellent, si besoin était, que rien n’est inéluctable. Rien n’est éternel. Et un système, aussi oppressant soit il, dévoilera ses failles au cours du temps, laissant ainsi passer un rai de lumière propre à éclairer une humanité qui provoquera la déchéance dudit système. Parfois même, la faille est si grande que l’on n’ose y croire.

Toujours tenus par la croyance forte que les puissants sont plus intelligents que la masse, fatalistes et pauvres pékins moyens que nous sommes, nous nous réfugions toujours dans la certitude de notre incapacité à défaire ce qui nous semble indéfaisable, omnipotent, presque divin. Si bien que plus la faille est béante, moins nous nous y engageons.

Pourquoi ? Parce que nous fonctionnons bien souvent selon l’adage cher à Philippe Vandel : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

Pourtant, force est de constater que ce « système » sous le joug duquel nous errons, tels des marionnettes « enguignolées » donnant du bâton de temps en temps sur des sujets pare-feu afin de satisfaire notre égo pseudo-civique ou de nous déculpabiliser vis à vis de nos enfants (« Moi, mon fils, j’ai manifesté. La société dans laquelle tu vis, ce n’est pas de ma faute… »), ce « système » donc, cherche constamment à reboucher les failles s’ouvrant béantes à nos yeux incrédules.

Et, plus il atteint son paroxysme, plus sa fin est proche.
En résumé : tout a un début, et tout a une fin… Même l’oligarchie financière.

Le T.E.G., ou la possibilité d’un effondrement.

Et, ma foi, s’il nous échoit de pouvoir précipiter sa perte, ne nous en privons surtout pas. Même s’il n’y a rien derrière, car rien ne peut pas être pire que ça.

Depuis quelques jours, nous voyons poindre sur les réseaux le début d’une information pas encore bien étayée, concernant des erreurs de TEG. Le TEG, kézaco ?

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États-Unis : Exégèse de la longue crise

Dans son nouveau livre TOO MUCH MAGIC publié aux Editions du Retour aux Sources, James Howard Kunstler décrit avec une sagacité quasi prophétique sa vision de l’issue de ce qu’il nomme la Longue Crise. Exégèse de la fin d’un paradigme.

La Longue Crise, c’est la crise d’un système économique et d’un ensemble de représentations collectives pathologiquement dépendantes du pétrole.

Dans son livre, Kunstler retrace l’itinéraire de cette crise. Sa démonstration, pragmatique, s’appuie avant tout sur des exemples concrets. Ainsi, tout à tour, il dresse le constat alarmant des projets d’urbanisme des banlieues américaines tentaculaires, nés de la quasi-gratuité du carburant et donc, de l’hégémonie de l’automobile, qui produisent des modes de vie de plus en plus problématiques. Il pointe les contradictions de la société de consommation de masse, complaisamment soumise à une certitude énergétique et productive indépassable, dont l’ultime illusion aura été la crise immobilière des subprimes instaurant l’idée magique de la maison pour tous et pour rien.

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Pourquoi les planches à billets ne créent plus d’inflation

L’explosion du bilan des banques centrales avait fait craindre, à tort, une surchauffe générale. Tant que l’argent ne circule pas, le risque est insignifiant. Aujourd’hui, ce sont les monnaies qui donnent le rythme.

Le contrôle de la crise, dessin de Jos Collignon (Pays-Bas)
BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES

C’est à en faire replonger certains dans leurs premiers manuels d’économie. Pourquoi, malgré l’explosion du bilan des banques centrales dans les pays développés, l’inflation y reste-t-elle aussi insignifiante ? Après la crise financière de 2008, lorsque, pour soutenir la relance, les planches à billets ont commencé à tourner à plein régime, nombreux sont ceux qui prédisaient pourtant une inflation galopante et destructrice de richesse. Comme dans les années 1970.

Cinq ans plus tard, en Suisse, où la Banque nationale suisse (BNS) a émis 290 milliards de nouveaux francs, l’indice des prix à la consommation a passé l’essentiel de ces deux dernières années en territoire négatif. En Europe, alors que la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) se fait de plus en plus accommodante, et qu’elle pourrait l’être davantage encore – jeudi dernier, son président, Mario Draghi, a évoqué un éventuel « large programme de rachats d’actifs » – c’est plutôt le spectre déflationniste qui plane actuellement au-dessus de la zone euro. Tandis qu’aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) imprime chaque mois des dizaines de milliards de dollars pour racheter des actifs obligataires. Résultat ? L’inflation y reste cantonnée entre 1 et 1,5%.
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L’Europe des lobbies n’attend pas la Suisse

Par Myret Zaki

Il est des sujets dont la méconnaissance est inversement proportionnelle à leur importance. Il en va ainsi de celui des lobbies.

“Je peux expliquer…”
ELECTEURS EUROPÉENS – PARLEMENT EUROPÉEN – LOBBIES DES AFFAIRES

Sait-on  que l’industrie financière est le plus gros lobby à Bruxelles, avec 1.700 lobbyistes, passant par 700 acteurs financiers, et qu’elle dépense au moins 123 millions d’euros par an pour infléchir le cours des réglementations européennes ? Qu’elle a sept fois plus de lobbyistes que les syndicats et les ONG réunis, dont le budget annuel atteint 4 millions à peine ?

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La BCE et la Bank of England appellent à relancer la titrisation bancaire

La BCE et la BoE (Bank of England) ont soumis un document joint pour remédier à la déprime sur le marché européen de la titrisation bancaire. Les outils correspondants, les« ABS », sont jugés utiles pour financer l’économie. Mais ayant été très critiqués pour leur contribution à la crise financière, ils souffrent toujours d’une réglementation peu adaptée.

Deux grandes banques centrales souhaitent voir le marché de la titrisation d’actifs, comme les prêts bancaires, repartir de l’avant. Ainsi, l’incitation des banques sera plus grande à distribuer du crédit, ce dont l’économie européenne doit profiter.

La Banque Centrale Européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont remis ce vendredi un document conjoint lors de la réunion du FMI à Washington, lançant un appel aux autorités européennes et internationales pour légiférer en faveur des ABS (Asset backed securities). Ces instruments financiers souffrent d’une mauvaise réputation car les plus complexes d’entre eux ont contribué à l’éclatement de la crise financière. Les émissions se tarissent depuis sur le marché et aucun rebond n’est en vue.

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Olivier Delamarche interrogé par “Devenons citoyens”, janvier-février 2014 (Màj avril)

Voici, dans l’ordre inverse de leur parution, les sept premiers épisodes d’une série de douze courts reportages didactiques consacrés à l’économie contemporaine et à l’impact qu’elle a sur chacun d’entre nous. Les cinq reportages suivants restent à venir.

Les cinq vidéos ajoutées le 08/04/14 :

Sommes nous proches d’une insurrection générale ?


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