Europe : Le déficit de liquidité des banques pourrait perdurer

Il est alimenté par l’absence de perspectives de croissance et la faiblesse de la croissance des dépôts bancaires.

Malgré une certaine détente depuis un an, la liquidité des banques européennes est toujours sous pression. Le manque de liquidités atteindrait 1.200 milliards d’euros, estime  McKinsey dans une étude consacrée à l’avenir du refinancement des banques, qui sortira prochainement en France.

En dépit des mesures de la Banque centrale européenne, McKinsey estime que les banques ont un besoin structurel de 1.000 milliards d’euros pour combler le déficit de liquidités entre leurs activités de crédit (environ 12.300 milliards d’euros) et leurs dépôts (11.300 milliards).

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Pays-Bas : L’État n’a plus aucun contrôle sur sa politique monétaire

« La Hollande offre une leçon salutaire de ce qui peut arriver à une économie riche et sophistiquée victime d’une baisse de l’offre de crédit à la suite d’une bulle après qu’elle a perdu le contrôle de sa devise, de la banque centrale et des leviers monétaires », affirme Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph.

Beaucoup de gens assimilent les Pays Bas aux autres économies cotées triple A de la zone euro, mais le pays est en récession depuis 2011. Le chômage augmente aussi rapidement qu’à Chypre ; il a doublé sur les deux dernières années, et il est passé de 7 ,7% à 8,1% sur le seul mois de mars.

Pourtant, sur le fond, l’économie est saine. Le compte courant est excédentaire de 8,3% du PIB et le taux de l’épargne est de 26%. Mais le Japon pouvait aussi se targuer d’une situation de ce type lorsqu’il a été piégé par les suites de l’éclatement de sa bulle immobilière.

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Chine : L’inquiétude monte autour de l’endettement

La dette est supérieure à celle des autres pays émergents.

Attention au dérapage ! Les inquiétudes se font de plus en plus palpables au sujet de l’endettement de l’économie chinoise. En mars, la banque Nomura mettait en garde contre un risque de crise financière. En avril, l’agence de notation Fitch dégradait la note de la dette chinoise en monnaie locale en raison de l’explosion du crédit. Et hier [14 mai 2013], ce sont simultanément deux institutions, CLSA et Moody’s, qui ont tiré la sonnette d’alarme.

Le courtier CLSA, régulièrement optimiste au sujet de la Chine, a en effet présenté, à Pékin, une étude qui fait état d’un risque en nette hausse en matière d’endettement. Son auteur, Francis Cheung, qui dirige la stratégie de CLSA pour la Chine, a ainsi dressé le tableau d’une économie «droguée» à la dette, comme en témoigne la hausse du crédit de 58% constatée lors du premier trimestre de cette année.

Efficacité remise en cause
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LEAP : l’imminente plongée en récession de la planète

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 mai 2013

Malgré une sensation de calme relatif relayée à la fois par les médias et par des marchés financiers américains et japonais volant de records en records, l’économie mondiale ralentit sérieusement et une récession généralisée se profile.

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La Chine va-t-elle s’effondrer ?

par Paul Krugman

Imaginons le tableau suivant : la croissance récente s’appuie sur un gigantesque boom du bâtiment entretenu par les prix de l’immobilier en forte hausse, montrant ainsi tous les signes habituels d’une bulle. Une croissance rapide en terme de crédit s’est produite – une grande partie de cette croissance ayant lieu non pas grâce au système bancaire traditionnel mais grâce à un système bancaire parallèle non réglementé, non soumis au contrôle du gouvernement ni soutenu par des garanties gouvernementales. Aujourd’hui, la bulle éclate et nous avons de sérieuses raisons de craindre une crise financière et économique.

Est-ce la description du Japon à la fin des années 1980 ? Ou bien de l’Amérique en 2007 ? Cela se pourrait. Mais aujourd’hui je parle de la Chine, qui apparaît petit à petit comme un nouveau point dangereux dans une économie mondiale qui n’a vraiment, vraiment pas besoin de ça en ce moment.

J’étais réticent à donner mon avis sur la situation chinoise, en partie parce qu’il est terriblement difficile de savoir réellement ce qui se passe. Il est préférable d’envisager toutes les statistiques économiques comme une forme particulièrement ennuyeuse de science-fiction mais les chiffres de la Chine sont bien plus fictifs que la plupart des autres. Je me serais volontiers tourné vers de vrais experts de la Chine pour me guider, mais on ne trouve pas deux experts disant la même chose.

Cependant, même les chiffres officiels sont déroutants et les nouvelles récentes sont suffisamment dramatiques pour tirer la sonnette d’alarme.

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États-Unis : « Strike debt », un plan de sauvetage du peuple par le peuple

Par Agnes Rousseaux

Trois ménages sur quatre sont endettés aux États-Unis. Si l’État fédéral est venu en aide aux financiers de Wall Street au bord de la faillite, il n’a pas porté secours aux familles plombées par des frais de santé, un prêt étudiant ou un emprunt immobilier. Le mouvement « Strike debt » a imaginé une solution : retourner les pratiques bancaires aux bénéfices des personnes endettées, en rachetant leurs créances dépréciées pour tout simplement les annuler. Explications.

Le mouvement Strike Debt – « grève de la dette » – vient de réduire à néant plus d’un million de dollars de dettes médicales dans les États du Kentucky et de l’Indiana. Un millier de personnes choisies au hasard, ayant contracté une créance de 900 dollars en moyenne à cause d’une hospitalisation ou d’une opération chirurgicale, ont vu leur dette effacée. Tout simplement.

Et ce n’est pas un miracle : c’est grâce au collectif Strike Debt, issu du mouvement Occupy Wall Street, qui a secoué les États-Unis il y a un an et demi. Ce collectif a décidé de retourner à son avantage, et aux bénéfices des personnes lourdement endettées, une pratique bancaire courante.

Quand les emprunteurs n’arrivent plus à rembourser, englués dans un prêt immobilier à taux variable ou un crédit étudiant à payer alors qu’on est au chômage, les banques cherchent à se débarrasser de cette créance devenue toxique. Pour récupérer une partie de leurs avoirs, elles « vendent » ces crédit à moindre coût à des organismes de recouvrement ou à des marchés spéculatifs.
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Le balai comme la moindre des choses

Par Frédéric Lordon

Seuls ceux qui portent sur la politique le regard scolastique des logiciens auront du mal à comprendre qu’on puisse dire d’un même événement — comme l’affaire Cahuzac — qu’il est à la fois secondaire et principal. Péripétie fait-diversière et crapoteuse, bien faite pour attraper le regard et le détourner des choses importantes (accord sur l’emploi « ANI » [1], austérité, chômage, etc.), la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au plus mauvais moment — il est bien vrai que le spectacle de la cupidité déboutonnée, lors même que le corps social en bave comme jamais, donne quelques envies de coups de fourche. Elle y ajoute surtout un effet de révélation potentiellement dévastateur si l’on en vient à considérer que les « péripéties », loin d’être des exceptions locales sans signification globale, sont en fait les expressions d’un système, et qu’il n’est peut-être pas fortuit qu’on retrouve identiquement cette passion de l’argent dans tous les gouvernements qui se succèdent pour garantir sa continuité à l’austérité ainsi qu’à toutes les politiques conduites chaque jour plus visiblement d’après les intérêts du capital.

Bien sûr il restera toujours un François Chérèque pour chialer ses grands dieux, pleurer Mendès et crier Delors que c’est toute la « gauche responsable », celle qui « pense qu’il est juste de mettre fin aux dérives des finances publiques car elles créent de l’injustice » [2], qui se sent « humiliée » par le « traître » Cahuzac — puisque c’est l’évidence à crever les yeux que sabrer dans les salaires des fonctionnaires, réduire leurs effectifs (à l’école, dans les tribunaux, à l’inspection du travail, etc.) ou ratiboiser les prestations sociales sont les gestes mêmes de la justice en marche. On s’en voudrait d’ajouter au sanglot de Chérèque, mais il faut quand même lui signaler que pour d’autres que lui, dont le nombre devrait croître, l’événement Cahuzac, de secondaire, pourrait bien devenir principal, jusqu’au point de vouloir se débarrasser non seulement de la péripétie mais du système qu’elle exprime — et des formes de « justice » que Chérèque persiste à y voir.

Sans doute passablement plus embarrassant que les diversions militaires du Mali ou sociétales du mariage pour tous, l’épisode Cahuzac n’en a pas moins — à quelque chose malheur est bon — la vertu superficielle d’occuper les esprits à penser à autre chose — autre chose que le réel des politiques économiques et sociales dont les historiens du futur regarderont comme une insondable énigme qu’elles aient pu être proposées au suffrage sous le titre « le changement, c’est maintenant ».

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Croissance = Dette = Facture énergétique ?

Il a surnommé ça “la tache de Rorschach. Olivier Rech, ancien responsable du pétrole à l’Agence internationale de l’énergie, est l’un des rares à faire le rapprochement entre croissance, dette et consommation d’hydrocarbures. Un rapprochement que nul n’envisage pour l’heure dans les facultés d’économie ou à Science Po.

Dommage. Le lien, tel que l’expose M. Rech, n’est jamais apparu aussi limpide :

En vert, c’est la croissance de la dette des Etats, en jaune la croissance de la facture de pétrole et de gaz et en bleu, c’est la croissance, tout court.

Pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’une illusion optique, voici le même rapprochement pour le Portugal, l’Italie, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne (les PIIGS, comme les appellent élégamment les négociants en credit default swaps) :

Nous autres Européens fabriquons de la croissance strictement à crédit, crédit qui coûte ce que nous coûte l’énergie importée nécessaire pour faire tourner la boutique. Semble-t-il.

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Jacques Sapir : « L’Italie se prépare à des semaines très difficiles »

Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’économiste Jacques Sapir est un partisan déclaré d’une « dissolution concertée » de la zone euro.

Représentation de Mario Monti en Parrain (d’après l’affiche et le titre américain du film : “The Godfather”)

Quel est le risque majeur qui pèse sur l’économie italienne ?

On voit très bien qu’on assiste désormais à une contraction du crédit (un « credit crunch ») qui menace pratiquement un tiers des PME italiennes de cessation d’activité. La Confindustria (NDLR : l’organisation patronale italienne) le dit depuis plusieurs semaines et ce n’est pas une exagération.

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Allô la Bourse, ici la Terre

Par Myret Zaki

Les économistes peinent à expliquer la déconnexion entre les marchés, euphoriques, et l’économie réelle, morose. L’indice Dow Jones a touché des sommets historiques ce mois. Et l’indice plus large S&P 500 a gagné 129% depuis son creux de 2009, une bulle encore plus phénoménale que celles de 1997-2000 (+106%), et de 2002-2007 (+101%). Une trajectoire suggérant un boom économique. En effet, un marché haussier qui dure coïncide toujours avec une forte croissance, une baisse du chômage et des gains de productivité.

Le PIB américain ? Il progressait de 2,5% en 2007, au précédent sommet du Dow Jones, mais de 1,6% aujourd’hui, et 59% des Américains, voyant leurs salaires réels décliner, pensent que l’économie est en récession. Le chômage ? Le nombre de sans-emploi a doublé depuis 2007, de 6,7 à 13,2 millions. La confiance des consommateurs ? L’indice était à 99,5 en 2007, il est à 69 aujourd’hui.

Que vient donc récompenser, au juste, une telle hausse, ou que vient-elle anticiper, pour les six prochains mois, que l’on ignore à ce point ?
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Le Big Bang de la fin de l’Eurozone et l’univers financier dans le monde d’après

Par Jean Claude Werrebrouck

La grande question sera celle du niveau de stress de la communauté financière mondiale. Et ce niveau dépend probablement du mode de passage de l’ancien au nouveau système. Sera-t-il le résultat d’une concertation et d’un plan opératoire ?  Et dans ce cas tous les pays seront-ils consultés ? Ou bien le passage s’opère- t-il  de façon sauvage, est le fait d’un ou plusieurs pays, selon un processus non coopératif, voire selon un mode panique ? Hélas la deuxième solution est celle qui devrait logiquement l’emporter.

La très difficile stratégie coopérative

Il est bien évident que la vitesse d’exécution des décisions constitue la variable clé d’un succès.

Il est aussi évident qu’une coopération pour le changement ne peut intervenir qu’au terme d’une analyse commune d’une situation dont on peut déjà anticiper les contours tant ils sont  apparents.

Du côté des forces sociales qui tenteront  de maintenir l’euro, nous aurons : les rentiers qui craignent le retour de l’inflation, les « hyper-consommateurs » de marchandises mondialisées éventuellement équipés de crédits à la consommation moins usuraires, les touristes ennemis de frontières prédatrices, mais aussi les entreprises de l’économie réelle qui ont vu disparaître avec l’euro les charges de couverture de change et les risques pays, mais enfin une grande partie des classes politiques qui, historiquement, ont milité pour la construction de la zone euro. Cela fait beaucoup de monde et cela explique que, malgré la violence de la crise, les sondages, y compris dans les pays les plus meurtris, restent très favorables au maintien de la monnaie unique. (74% des Italiens malgré les dernières élections restent favorables – selon l’institut IPSOS -  au maintien de leur pays dans la zone euro) [1].

Du côté des forces qui se manifestent en faveur de la liquidation, les éléments objectifs l’emportent sur la subjectivité des acteurs et, au-delà des entreprises laminées par la sous-compétitivité induite, c’est le constat de la saignée des pays victimes d’une dégradation très lourde des échanges extérieurs qui, malgré tous les plans de rigueur, ne peuvent refaire surface. Curieusement, la situation objective avec ses manifestations concrètes (entre autres chômage de masse, dette publique ingérable et évaporation de l’Etat-providence) n’altère  pas  les engouements enthousiastes en faveur de l’euro. Cela est peut-être dû au fait qu’un groupe de pays, ceux du nord, sont très favorisés par le système : taux de change plus faibles que celui d’un Mark hors Euro-zone, dévaluation interdite pour les partenaires moins compétitifs etc. mais faveurs qui n’apparaissent que sous la forme de récompense d’un comportement jugé vertueux.

De fait la grande difficulté est que – telle une drogue  les aspects séduisants de l’Euro sont très visibles alors que ses conséquences catastrophiques sont invisibles pour le citoyen non initié à la culture économique. Particularité que l’on retrouve par conséquent dans les sondages.

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Détruire pour consommer toujours plus (Rediff.)

Serge Latouche, un des critiques de la société de croissance, les plus connus, a beaucoup écrit sur les mécanismes de surconsomation. Il y a selon lui trois instruments fondamentaux. Tout d’abord la publicité avec une obsolescence programmée et le crédit.

Depuis une génération, notre but dans la vie semble être de consommer à crédit. Emprunter de l’argent pour acheter des biens dont nous n’avons pas besoin. Cela n’a aucun sens non ?

Les critiques de la société de croissance mettent en valeur qu’elle n’est pas viable à long terme car elle se base sur une contradiction flagrante. Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec une planète finie est selon eux soit un fou soit un économiste. Le drame de cette métaphore c’est qu’il apparait bien qu’au fond nous sommes tous des économistes maintenant.

Est-il vraiment nécessaire de créer un nouveau produit toutes les trois minutes quelque part dans le monde ? Beaucoup de gens aujourd’hui ce sont rendus compte qu’il fallait changer les choses, surtout quand les politiciens eux-mêmes leurs ont dit d’acheter et de consommer pour relancer l’économie. On peut dire qu’avec la société de croissance, nous sommes embarqué dans une voiture qui désormais manifestement n’a plus de pilote, va à tout allure et dont on peut prévoir le destin qui est soit de se fracasser contre un mur soit de sombrer dans un précipice.
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Espagne : Les citoyens meurent à crédit pour leurs banques

D’après une étude de la Plateforme des victimes de crédits hypothécaires (PAH), une association citoyenne, plus de 362.000 foyers espagnols ont été victimes de saisies immobilières depuis 2008, , entraînant dans plusieurs cas des suicides… Le gouvernement, en connivence avec les banques, refuse de modifier une loi sur les hypothèques obsolète et inhumaine.

Cette loi permet au créancier, les banques, de gagner sur tous les tableaux et de s’enrichir sur la misère. Pendant que le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lisait son discours sur l’état de la Nation, le 20 février dernier, une femme s’immolait par le feu dans une succursale bancaire de Castelló (région de Valence). Brûlée à 50%, elle serait une victime de plus des cas des saisies immobilières qui se multiplient dans le pays.

En Espagne, toute personne se retrouvant en défaut de rembourser son crédit immobilier, perd non seulement sa maison mais est condamnée à rembourser le reste du prêt concédé par la banque, prêt qui ne fait qu’augmenter avec les taux d’intérêt variables et les pénalités pour retard de paiement. L’issue est parfois fatale… Depuis l’été dernier, une quinzaine de personnes se sont défenestrées le jour où elles allaient être expulsées de leur domicile.

Pas un mot, pourtant, du chef du gouvernement sur ce sujet dans son discours. Sauf lorsque les députés de la gauche plurielle (minoritaires) ont insisté sur la nécessité de réformer la loi sur les hypothèques, l’une des plus drastiques et obsolètes d’Europe, datant de 1909. Les mouvements citoyens s’organisent pour freiner les expulsions et changer la loi.
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Salaire à vie : L’emploi est mort, vive le salariat!

Et si, de la même manière que le suffrage universel est venu récompenser notre capacité à tous participer à la chose publique, un salaire à vie venait consacrer notre capacité à tous produire de la valeur? C’est l’idée mise en avant par l’économiste et sociologue Bernard Friot.

Imaginez une société où chacun d’entre nous toucherait un salaire à vie, versé de façon inconditionnelle à partir de la majorité. L’échelle des revenus serait de 1 à 4, soit de 1.500 à 6.000 euros.

Le passage d’un niveau à l’autre serait fonction de la qualification, équivalent du grade dans la fonction publique, attestant qu’une personne «peut participer à un certain niveau de création de valeur économique et a donc droit à un tel niveau de salaire». Ces qualifications, dont la liste précise serait sujette à délibérations, incluraient l’ancienneté, la pénibilité, les diplômes…

Cette société existe, du moins sur le papier: elle est l’œuvre de l’économiste et sociologue Bernard Friot, professeur à l’université Paris-X et auteur notamment de L’Enjeu du salaire, qui voit dans ce système du salaire à vie le moteur d’une véritable révolution. Il permettrait en effet de nous libérer de la «convention capitaliste du travail», qui nous réduit au rang de marchandises que l’on échange sur le marché du travail.

Pour cet universitaire, le chantage à l’emploi fait de nous des «mineurs sociaux» qui ne sont pas reconnus comme «producteurs de valeur économique», et le salaire à vie nous transformerait en «majeurs sociaux».
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Espagne : les créanciers des banques mis à contribution

Après l’affaire SNS Reaal, les lourdes décotes imposées aux créanciers de Banco de Valencia sèment le doute sur les dettes bancaires subordonnées.

Les porteurs de dette subordonnée financière viennent de subir un nouveau coup de canif avec des décotes allant de 85% à 90% du pair infligées aux créanciers de Banco de Valencia par le Frob. Le fonds public d’aide au secteur bancaire espagnol a publié la semaine dernière les détails de la participation des créanciers au plan de résolution de la banque.

Après la nationalisation des dettes juniors du néerlandais SNS Reaal, véritable coup de tonnerre sur le marché du crédit, il s’agit de la plus importante perte imposée aux créanciers subordonnés d’une banque de la zone euro depuis le début de la crise.

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L’Argent Dette III – “Évolution au-delà de l’Argent”

Ce film d’animation, réalisé par Paul Grignon, offre un bilan succinct des sujets essentiels traités dans les deux premiers films de la série “L’Argent Dette”. Nous recommandons à nos lecteurs de regarder L’Argent Dette & L’Argent Dette II : Promesses Chimériques avant de visionner ce dernier opus de la trilogie.

NB: Il existe une version courte (1h05) de cette vidéo disponible en cliquant ici.

Italie : «Nous vivons une crise sans équivalent depuis la guerre »

Une grande majorité des chefs d’entreprise italiens, principalement des PME, sont en colère. Ils dénoncent la bureaucratie tatillonne, l’alourdissement de la fiscalité et la difficulté à trouver des crédits. Reportage auprès de ceux qui restent encore le fer de lance de l’économie de la Péninsule.

Manifestation contre les réformes à l’occasion de la participation de Mario Monti à une réunion politique à Bologne, le 16 juin 2012

« Ne le dites pas, mais la crise est si grave que je conseille aux entrepreneurs de ne pas payer la location des machines et de privilégier le paiement des salaires des ouvriers. » Ce président de la Chambre de commerce d’une grande ville industrielle regarde les chiffres de la croissance et l’augmentation rapide du chômage, avant d’expliquer : « Les sociétés de leasing ont déjà plein de machines sur les bras et cela leur coûterait trop cher de venir en démonter d’autres et de les entreposer dans un hangar. Il vaut mieux ne pas les payer plutôt que d’être obligé de licencier du personnel qualifié. Mais ce petit jeu ne pourra pas durer longtemps. On peut encore tenir six mois, mais si la demande ne repart pas, ce sera la catastrophe. »

La plupart des entrepreneurs italiens vivent désormais dans l’urgence. Depuis le début de l’année, cinq entrepreneurs du nord du pays se sont suicidés. « Nous vivons une crise sans équivalent depuis la guerre », s’alarme le constructeur Paolo Buzzetti. « Le secteur est en train de mettre la clé sous la porte. Les entreprises ne licencient pas seulement les ouvriers, mais aussi les secrétaires et même les ingénieurs. » Depuis le début de la crise, le BTP a ainsi perdu plus de 500.000 emplois. « Personne n’a jamais affronté une crise de cette ampleur », confirme Maurizio Torreggiani, président de la section de Modène de la Confédération nationale des artisans.

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Vietnam : La crise économique frappe le pays de plein fouet

Familles ruinées en bourse, dépressions qui se multiplient ou bonus de fin d’année payés en chaussettes, de plus en plus de Vietnamiens sont touchés par une crise économique dont ils tiennent le gouvernement communiste pour responsable.

Après avoir lancé en 1986 la transition vers l’économie de marché, le Vietnam était vite devenu un modèle pour les pays de la région, grâce à une forte croissance, un afflux d’investissements étrangers et l’émergence d’une classe moyenne.

Mais le pays est désormais en plein marasme économique, à cause de décennies de mauvaise gestion, selon les experts. Et les Vietnamiens ont perdu leurs économies et leur confiance envers le gouvernement communiste.

Ma famille n’a jamais été dans pire situation (…). Tous nos actifs ont disparu“, commente Nguyen Thi Huong, 37 ans, qui travaille dans l’immobilier. Ses revenus se sont raréfiés avec la stagnation du secteur, et elle a perdu tout son argent dans des investissements immobiliers et en bourse.
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