L’idée choc étudiée en Islande : et si on retirait aux banques la capacité de créer de la monnaie ?

Un rapport parlementaire islandais suggère de donner à la seule banque centrale le monopole de la création monétaire. Une vraie révolution, si l’idée était appliqué…

Décidément, l’Islande est le pays de la créativité financière. Après avoir montré, en 2009, qu’il existait bien une alternative au transfert de la dette bancaire vers la dette publique, l’île nordique pourrait s’apprêter à réaliser une grande expérience monétaire.

Le 31 mars dernier, en effet, le président du comité des affaires économiques de l’Althingi, le parlement islandais, Frosti Sigurdjonsson, a remis un rapport au premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson, sur la réforme du système monétaire islandais. Et c’est une véritable révolution qu’il propose.

Lire la suite

Islande : Vers la révolution du système monétaire

L’Islande est-il sur le point de révolutionner son système monétaire ? C’est ce que suggère un document récent qui remet radicalement en question le système actuel de création de « l’argent dette » par les banques commerciales. Un virage qui pourrait être historique dans le monde de la finance moderne.

L’information relayée le 31 mars aura probablement été confondue avec un gros poisson et fut tristement ignorée des mass-médias. Elle, n’en est pas moins véridique et se base sur un rapport de 113 pages commandé par le gouvernement islandais. L’étonnant document promeut ni plus ni moins une révolution du système monétaire islandais.

La proposition de réforme intitulée « A better monetary system for Iceland » (Un meilleur système monétaire pour l’Islande) recommande au gouvernement progressiste d’interdire aux banques commerciales de créer de la monnaie. Une tâche qui serait, si la proposition est adoptée, désormais confiée à la banque centrale à travers le pouvoir décisionnel du parlement.

Par ce biais, l’Islande souhaite mettre fin à un système jugé responsable d’une crise économique qui se répète par cycle encore et encore. L’île aurait ainsi essuyé 20 crises financières depuis 1875, mettant récemment le pays tout entier au bord de la faillite.
Lire la suite

Radio Courtoisie : « Faut-il avoir peur de la déflation ? » (Audio)

Le lundi 03 novembre 2014, dans son “Libre journal” sur Radio Courtoisie, Henry de Lesquen recevait et Pascal Salin, professeur émérite à l’Université de Paris IX Dauphine, spécialiste de la théorie monétaire et de la finance publique et ancien président de la Société du Mont-Pèlerin

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Le moment de Minsky : Le film d’horreur financière que personne ne veut voir

Les économistes et les financiers aiment utiliser des mots mystérieux pour noyer le poisson. Ils sont comme les médecins de Molière. Le “moment de Minsky” fait partie de leurs expressions. Ce moment est celui où les investisseurs surendettés sont contraints de vendre massivement pour payer les intérêts de leur dette.

Mais plus ils vendent, plus les prix baissent — et la course au cash pour payer les intérêts entraîne un krach. A ce moment, les prêteurs réalisent que leur débiteur est mort. Il ne paiera jamais : ni les intérêts, ni le principal, foi de cigale.

Cela peut-il se produire aujourd’hui ? Non, pensent les professionnels des marchés. C’est le syndrome du “trop gros pour faire faillite”. Le niveau d’endettement est tel qu’un moment de Minsky entraînerait la GAF, Grande Apocalypse Financière.

Lorsque le moment de Minsky s’annonce, une banque centrale intervient pour éviter la spirale baissière mortelle. C’est ce qui s’est produit en 2008 et en 2011 en Europe en freinant le désendettement.
Lire la suite

“La bonne nouvelle est que le peuple est en train de se réveiller”

Une autre politique climatique peut-elle sauver l’Europe ? La croissance va-t-elle revenir ? Un nouveau mouvement politique peut-il remplacer un PS en effondrement moral ? Rencontre avec Pierre Larrouturou, après José Bové, Corinne Lepage, et Jean-Luc Mélenchon.

Reporterre – Comment interprétez-vous le désamour des Français à l’égard de l’Europe ?

Pierre Larrouturou - Pendant trente ans, l’Europe était un espace de coopération et de justice sociale. Et puis il y a eu un tournant, qu’on a appelé la révolution néo-libérale les débuts des années 1980. Depuis trente ans, au lieu d’avoir une coopération et une justice sociale, la concurrence a été érigée comme un dogme fondamental au-dessus de tout le reste. Cela amène une précarité terrible, à la violence sociale, à la violence contre la planète. L’Europe n’est plus fidèle aux valeurs des pères fondateurs.

En quoi est-elle différente de la conception originelle ?

La première volonté était de mettre le charbon et l’acier en dehors des mains des capitalistes et de faire une union politique en commençant par des choses concrètes. il y avait des règles sur le charbon et l’acier, sur le salaire minimum, sur le fonctionnement économique. Et quand un pays dévaluait sa monnaie, il y avait un montant compensatoire agricole qui évitait qu’il y ait un avantage compétitif lié à cette dévaluation.

Aujourd’hui, le traité transatlantique dont François Hollande veut accélérer la négociation est le contraire des valeurs de ceux qui ont créé l’Union européenne.

Lire la suite

Contre la dictature de la finance : la bombe atomique suisse !

Avant-hier, en parcourant ce « cerveau collectif » qu’est Facebook, je suis tombé sur la publication d’un de mes amis et par la même occasion, je suis tombé des nues. Les médias « main stream », si prompts à sortir l’artillerie lourde contre les votations des Suisses sur les minarets ou l’immigration massive, se sont bien gardés de nous informer de cette initiative en cours, qui a recueilli à ce jour près de 50 000 signatures mais il lui en faudra le double pour déboucher sur un référendum.

C’est de la bombe. J’en ai rêvé, et les Suisses sont peut-être en train de le faire. Il faut absolument qu’ils aboutissent. Non seulement pour eux mais pour nous tous. C’est pourquoi nous devons les soutenir. J’invite tous ceux d’entre nous qui ont des amis et connaissances au pays des Helvètes de les contacter et de faire la promotion de cette initiative citoyenne. Si l’insurrection des fils (et des filles) de Guillaume Tell contre les Banksters (et les banques suisses sont puissantes !) est couronnée de succès, alors tout espoir sera permis pour nous-mêmes et les générations futures.

Voici donc de quoi il s’agit : zeitpunkt.ch

J’ai traduit l’essentiel de l’article ci-après :

« L’initiative citoyenne la plus importante des 20 dernières années devrait être lancée le 1er mai : la transformation du franc suisse d’argent-dette en « plein argent » [100 % money comme disent les économistes anglo-saxons]. C’est ce qu’ont décidé hier [le 8 janvier 2014 puisque l’article est daté du 9] à Zurich les responsables de l’association pour la modernisation de la monnaie.

L’initiative « Plein argent – pour un argent à l’abri de la crise dans l’intérêt de tous : la création monétaire à la seule banque centrale » veut mettre fin à la création de la monnaie par les banques privées.

90 % de l’argent – la plupart des gens n’ont pas conscience de cette monstruosité – est créé littéralement à partir de rien par les banques. Le monopole de la banque centrale ne s’étend qu’à la monnaie fiduciaire [pièces et billets]. L’argent scripturaire, utilisé pour la plupart des paiements, est créé par les banques elles-mêmes chaque fois qu’elles octroient un crédit. Elles ne prêtent pas l’argent des épargnants – ceux-ci le conservent et peuvent s’en servir pour leurs paiements – , mais créent de l’argent qui n’existait pas par un simple jeu d’écritures. (…) La loi ne les oblige qu’à avoir 2,5 % du montant des prêts en dépôt. [c’est ce qu’on appelle le système des « réserves fractionnaires »]
Lire la suite

E. von Greyerz : “1913-2013, le siècle perdu”

“En novembre 1910, quelques puissants banquiers américains et l’influent Paul Warburg ont organisé une réunion sur Jekyll Island qui allait déterminer la destinée du système financier mondial et l’économie mondiale pendant plus de cent ans. Cette triste réunion déboucha sur la création du système de Réserve fédérale aux Etats-Unis, le 23 décembre 1913.

Le président Woodrow Wilson signe la loi créant la Réserve fédérale américaine, le 23 décembre 1913

La Fed a été créée par des banquiers privés pour le bénéfice de banquiers privés et, aujourd’hui, 100 ans plus tard, ils ont eu plus de succès qu’ils ne l’auraient imaginé en 1913.

Ils ont créé un système qui non seulement contrôle efficacement le système financier mondial pour leur propre bénéfice, mais qui contrôle aussi les politiques mondiales. Ils ont parfaitement assimilé les conseils de Mayer Amschel Rothschild, le fondateur de la dynastie banquière Rothschild, qui a prononcé ces mots célèbres : “Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois”.

Alors, pendant exactement 100 ans maintenant, la Fed et les autres banques centrales ont totalement détruit les devises majeures et laissé le monde avec des dettes qui ne pourront être remboursées avec la monnaie actuelle. Et, tout en réalisant cette création de richesse sans précédent pour les financiers de très haut niveau, ils ont aussi, ces 15 dernières années, réussi à enrichir presque chaque individu qui travaille à Wall Street à New York ou à la City de Londres. En 2008, le système financier s’est presque effondré, et il se serait effondré sans l’injection de monnaie imprimée, de dette et de garanties des gouvernements et des banques centrales à hauteur de $25,000 milliards. Des banques telles que Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley n’auraient pas survécu sans ces injections massives de liquidités. Mais, même l’année où ces banques étaient au bord de la faillite, la plupart des banquiers ont reçu un bonus similaire à celui de l’année précédente.

Lire la suite

Philippe Béchade invité de “monnaie libre” (janvier 2014)

Philippe Béchade, rédacteur en chef de la chronique Agora, analyste financer depuis près de 30 ans, et souvent sollicité sur les médias est l’invité de l’émission Monnaie Libre.

On apprend lors de cet entretien que Philippe Béchade connaît bien l’économiste Yoland Bresson avec qui il a travaillé sur le Revenu de Base au début des années 2000. En véritable amateur du jeu d’échecs, il ne se prive pas non plus de nous livrer quelques métaphores à propos de l’économie.

C’est également avec une légère teinte d’ironie et d’humour que Philippe Béchade nous décrit comment les banquiers auto-légitiment le système bancaire, s’exonèrent eux-mêmes de toute responsabilité dans les crises financières, et nous détaille le mécanisme d’effondrement à l’œuvre. On y voit aussi un commencement d’analyse des monnaies numériques et du Revenu de base comme sorties possibles d’un système monétaire non-libre.

Japon : Premier domino d’un krach obligataire mondial ?

Le Japon est un “insecte à la recherche d’un pare-brise” écrivait en 2011 l’investisseur américain John Mauldin. En 2013, il me semble que le pare-brise a été identifié et qu’il se rapproche  à grande vitesse.

Le Japon marche très loin devant nous, en éclaireur de la faillite collective. Il serait logique –  en l’absence d’autre événement perturbateur comme, par exemple, des émeutes et des résultats électoraux déroutants dans d’autres pays – que le krach obligataire qui menace les grands pays surendettés débute au Japon.

La bulle obligataire est actuellement proche de son paroxysme. Plus aucune voix audible ne dénonce les maléfices de la création monétaire. Les dithyrambes sur l’excellence de la politique  de Shinzo Abe confinent au grotesque.

Lire la suite

Indépendance des Banques Centrales et paradigmes culturels

par Jean Claude Werrebrouck

Le choix du modèle allemand de banque centrale qui s’est partout imposé à la fin du siècle dernier, fut facilité par la commune croyance en un nécessaire devoir de lutte contre l’inflation. Cette dernière très importante dans les années 70 était attribuée aux largesses de la politique monétaire que – selon la théologie monétariste de l’époque -  les Etats pratiquaient sans modération. De ce point de vue, le dessaisissement radical de la gestion monétaire au profit d’une banque centrale indépendante, organisme simplement soumis au maintien de la valeur de la monnaie, est apparu comme modèle à suivre.

Aujourd’hui, les difficultés d’une mondialisation intimement liée aux causes profondes de la crise en termes réels[1], questionnent le bel unanimisme. Mais surtout, la guerre des monnaies qui semble s’amplifier, passe par l’examen  des racines  culturelles nationales, paramètre  oublié au moment du grand basculement vers l’indépendance.

Mondialisation et racines culturelles oubliées

Les racines culturelles mises à l’écart des raisonnements économiques concernent au moins trois grandes conceptions de la liberté : l’anglo-saxonne, la française et, peut- être plus intermédiaire, la conception allemande.

Les deux premières sont assez radicales et très radicalement opposées.

L’anglo-saxonne fait de la liberté une dépendance de la propriété qui, selon la loi naturelle de Locke, est elle-même un bouclier au regard des agissements d’autrui. Je ne suis libre que si je dispose de droits de propriété eux-mêmes négociables sans restriction sur un marché.

Lire la suite

Salaire à vie : L’emploi est mort, vive le salariat!

Et si, de la même manière que le suffrage universel est venu récompenser notre capacité à tous participer à la chose publique, un salaire à vie venait consacrer notre capacité à tous produire de la valeur? C’est l’idée mise en avant par l’économiste et sociologue Bernard Friot.

Imaginez une société où chacun d’entre nous toucherait un salaire à vie, versé de façon inconditionnelle à partir de la majorité. L’échelle des revenus serait de 1 à 4, soit de 1.500 à 6.000 euros.

Le passage d’un niveau à l’autre serait fonction de la qualification, équivalent du grade dans la fonction publique, attestant qu’une personne «peut participer à un certain niveau de création de valeur économique et a donc droit à un tel niveau de salaire». Ces qualifications, dont la liste précise serait sujette à délibérations, incluraient l’ancienneté, la pénibilité, les diplômes…

Cette société existe, du moins sur le papier: elle est l’œuvre de l’économiste et sociologue Bernard Friot, professeur à l’université Paris-X et auteur notamment de L’Enjeu du salaire, qui voit dans ce système du salaire à vie le moteur d’une véritable révolution. Il permettrait en effet de nous libérer de la «convention capitaliste du travail», qui nous réduit au rang de marchandises que l’on échange sur le marché du travail.

Pour cet universitaire, le chantage à l’emploi fait de nous des «mineurs sociaux» qui ne sont pas reconnus comme «producteurs de valeur économique», et le salaire à vie nous transformerait en «majeurs sociaux».
Lire la suite

Étienne Chouard : Le pouvoir antisocial de l’argent

Étienne Chouard nous montre comment le mécanisme de l’élection politique est intimement lié au pouvoir de l’argent. Une explication qui met en lien la création monétaire et la concentration des richesses avec la nécessité d’écrire nous-même notre constitution pour se protéger des abus de pouvoir des plus riches.

(Merci à Derville)

La création monétaire, œuvre du diable

Jens Weidmann, président de la Bundesbank s’est opposé à la récente opération OMT[1] de Mario Draghi,président de la BCE. Dans un de ses discours[2], il cite le Faust II de Goethe,  génie littéraire allemand né… à Francfort, siège de la BCE et de la BUBA. Et rappelle cette scène : l’Empereur est à court d’argent. Il se lasse des propositions mesurées qui lui sont faites et proclame : « J’en ai assez de ces éternels « Mais » et « Si » ; Je manque d’argent, alors qu’on en crée donc ! » Et le Diable, Mephisto, d’abonder dans le sens du Souverain : « Je crée ce que vous voulez, et j’en fais même bien plus. » L’histoire finit évidemment mal….

Cette allusion pourrait passer pour une simple preuve de culture littéraire, si le Faust II n’était en fait présent sur les murs de la Banque Centrale Allemande ! Impossible de rentrer dans ce temple moderne sans penser à Faust. Nous sommes là au cœur du dogmatisme. En fait en pleine religion.  Il est en effet bien connu, et enseigné dans tous les livres d’économie[3],  que les banques secondaires créent de l’argent par un simple jeu d’écritures. Les « prêts » font les « dépôts », dit-on en résumé. Si la banque me prête 1000 euros, elle les inscrit ex nihilo sur mon compte bancaire, inscrit en contrepartie à son actif la créance qu’elle a sur moi. Créance éteinte et monnaie détruite quand je rembourse ma dette.  Tout cela, si l’on en croit Goethe et avec lui Jens Weidmann, serait diabolique ?

La monnaie satanique si elle publique angélique si elle est privée ?

Lire la suite

Banques : L’effroyable risque systémique dissimulé dans les bilans

Seconde partie (la première est ici) de notre série consacrée aux raisons de la crise et aux réformes nécessaires au pays, mais aussi à l’Europe, pour y faire face.

Pour comprendre la crise financière de 2008, il faut partir de cette prérogative donnée à la finance de créer de la monnaie à partir de rien – quasiment sans encadrement réel des pouvoirs publics avec abandon progressif des réglementations mises en place et la possibilité, en outre, de diluer le risque financier dans le marché, de le faire donc porter à la société (voir cette précédente série d’articles). (…)

Si on ne veut pas s’attaquer à la titrisation et aux produits dérivés, en demandant par exemple qu’au moins 50% des prêts restent sous la responsabilité des banques et en limitant les produits dérivés aux professionnels qui en ont besoin pour des raisons de sécurité, nous tomberons de crise financière en crise financière. Et la ponction de la finance sur l’économie réelle et sur la société sera de plus en plus insupportable : si bien qu’elle pourrait conduire à une révolte totale de la société. Qui le dit ? Où sont les responsables politiques qui abordent cette question en expliquant la situation ?

Lire la suite

Le concept du Pic de l’Or

Par Mark O’Byrne

Le pic pétrolier est un phénomène connu de tous. En revanche, le pic de l’or demeure un concept étrange pour beaucoup de personnes. Le pic de l’or est la date à laquelle le taux maximum d’extraction d’or sera achevé, après quoi le taux de production entrera une phase terminale de déclin. Le terme pic de l’or nous vient du pic de production du pétrole, un concept inventé en 1956 par Hubbert.

La production d’or de l’Afrique du Sud continue de diminuer

A l’inverse du pétrole et de l’argent, qui sont détruits lors de leur utilisation, l’or peut être réutilisé et recyclé. En revanche, contrairement au pétrole, l’or est une monnaie et une réserve de valeur, et est peu à peu remonétisé sur le système financier global. Il se pourrait qu’il joue bientôt à nouveau un rôle sur le système monétaire international.

En 2001, le monde enregistrait sa plus importante production d’or de l’Histoire, avec 2.649 tonnes. Depuis cette date, la production d’or mondiale a commencé à chuter, et ce malgré la hausse du prix du métal.

La production d’or de l’Afrique du Sud ne cesse de s’effondrer.  Elle a enregistré une chute de 2,9% au cours du seul mois de mai, selon des données publiées par Statistics South Africa. Ce déclin de la production d’or en Afrique du Sud intervient malgré une augmentation de 0,8% de la production minière globale.

Lire la suite

Pour une Révolution du Système Monétaire

Le présent texte constitue une contribution à la journée du 24 mars, organisée par les économistes atterrés, à l’université de Paris 1 Panthéon, et consacrée à la création monétaire. Il est  une synthèse revue et corrigée d’articles déjà publiés sur le blog de Jean-Claude Werrebrouck .

La monnaie : une structure de réseau  bien problématique                    

La monnaie est l’équivalent d’une infrastructure, telle un réseau ferroviaire assurant la circulation des personnes et des biens, ou un réseau électrique assurant la circulation des kilowattheures.

Les particularités du  réseau monétaire parmi les réseaux en général

L’industrie bancaire assure la circulation des marchandises en assurant la circulation de la monnaie entre ces ports que sont des comptes abrités dans des banques. Les banques, sont comme la SNCF ou EDF d’avant la libéralisation, et il est impossible de séparer le réseau de ses véhicules : le paiement, largement électronique, est à la fois réseau et véhicule. Comme la SNCF où il apparaissait impensable, avant la libéralisation, de séparer le réseau ferré du matériel roulant.

Mais il est des différences : le réseau bancaire n’est pas monolithique et se trouve peuplé de banques en concurrence. Qui plus est, cette concurrence peut entrainer des modifications de parts de marché entre les ports. Ce qui n’était pas le cas du chemin de fer ou des compagnies d’électricité d’avant les nationalisations de 1945 : les acteurs restaient des monopoles sur les parts de réseau qu’ils contrôlaient. Le caractère non monolithique du réseau bancaire est peu gênant pour la circulation de la monnaie. Outre qu’il existe une norme monétaire commune au dessus de chaque monnaie de banque (une unité de compte), il existe un marché monétaire assurant la cohérence continue du réseau : la monnaie Société Générale se transforme en tous points de l’espace couvert par le réseau, en monnaie BNP , en monnaie Crédit Agricole, etc.

Une autre différence est le fait que la monnaie comme infrastructure de type réseau, est propriété d’agents nombreux et divers, qui peuvent agir sur lui, en le rendant plus ou moins actif. Derrière cette idée, il y a la plus ou moins grande vitesse de circulation de la monnaie, voire son blocage éventuel. Et cette dernière circonstance, résulte du fait que la monnaie n’est pas seulement infrastructure de la circulation : elle est aussi instrument de l’accumulation. Les économistes diront qu’elle n’est pas qu’instrument de paiement, mais aussi réserve de valeur. Les conséquences en sont considérables. Cela revient à dire – en poursuivant la comparaison avec la SNCF ou EDF- que par exemple des trains s’accumulent dans des gares. Et la comparaison est intéressante, car dans l’un et l’autre cas les marchandises cessent de circuler. Et c’est précisément parce que la monnaie est elle-même marchandise (instrument de stockage de richesse) plus ou moins convoitée qu’elle peut gêner/faciliter la circulation de toutes les autres marchandises : l’infrastructure réseau est plus ou moins stable.

Et parce que marchandise, elle peut être fabriquée comme toutes les autres marchandises. En se désaliénant de la « contrainte métallique » les hommes ont, en la matière, généré des gains de productivité infinis : le coût de fabrication de la monnaie est proche de zéro, et pour les banques centrales, et pour les banques privées, qui depuis un grand nombre d’années se partagent le monopole de la création monétaire. De fait, il s’agit d’un coût marginal, puisque bien des coûts fixes demeurent, spécificité qui rappelle là aussi  ces « monopoles naturels » que sont les réseaux classiques.

Le réseau monétaire est un bien public créateur d’ordre social

Lire la suite

Monnaie-marchandise et monnaie gagée par des marchandises

Il y a souvent beaucoup de confusions entre le concept de monnaie-marchandise et celui de monnaie gagée sur des marchandises. C’est la faute à l’or, qui, en tant que “divin métal” a servi de monnaie et en tant que “valeur absolue” a gagé les émissions de monnaie.

La “Currency School” est cette école de pensée qui estimait que la monnaie n’est pas un bien en soi et ne peut être que la stricte représentation d’un étalon dont elle est totalement dépendante. Les défenseurs de cette école considéraient naturellement que l’or était le bon étalon, éventuellement l’argent (bimétallisme or-argent). Dans son principe, réduit au strict minimum, la “Currency School” posait qu’il ne pouvait pas y avoir d’émission de monnaie qui ne soit strictement le reflet des stocks d’or disponibles. L’histoire, la vraie, celle qui fait que la monnaie, lorsqu’on veut l’enfermer dans des raisonnements imparables et définitifs, suit toutes les voies d’évitement possibles, a évidemment conduit les tenants de cette inflexible théorie à mettre beaucoup de nuances dans leurs propos et leurs recommandations.

L’or monnaie-marchandise est une marchandise-monnaie par excellence.

Lire la suite

Le seigneuriage

Le seigneuriage, lié au pouvoir de création monétaire, était une importante source de profit. Revenant au « Seigneur », c’est-à-dire à la puissance publique, les bénéfices liés à la création de monnaie se sont progressivement déplacés vers la sphère privée. Sur le plan international, les profits du seigneuriage sont un enjeu d’importance, qu’ils soient directs ou indirects.

Le jour où une puissance publique a réussi à faire accepter que le chiffre apposé par ses soins, exclusivement, sur un bout de métal, pouvait avoir plus de valeur que le métal lui-même, la monnaie est née et le seigneuriage avec.

Quand le Roi de Lydie inventa la monnaie…

La monnaie, et donc le seigneuriage, serait l’invention des rois de la Lydie, terre grecque d’Asie Mineure irriguée par le célèbre fleuve Pactole. La frappe de monnaie, c’est-à-dire le droit d’apposer sur une pièce une valeur nominale supérieure à son coût de fabrication, réservait un bénéfice à celui qui détenait le pouvoir de battre monnaie : le seigneuriage. Le profit était plus ou moins important selon son pouvoir de persuasion, c’est-à-dire de coercition ! Le gain était d’autant plus important que le monnayage était d’or ou d’argent. Le seigneuriage existait aussi  pour les monnaies de bronze et de fer. Il était moins lucratif.

Lire la suite

La Banque Centrale Européenne (BCE)

Monétisera-t-elle de la dette souveraine ou non? (version élégante pour “faire fonctionner la planche à billets ”). A l’heure actuelle, il semblerait que toute la Banque Centrale Européenne soit résumée à cette question. La BCE est un acteur essentiel de la vie de l’Eurozone. Les débats qui tournent autour d’elle en sont l’illustration.

Au centre de la plus grave crise monétaire depuis la crise de 1929, la Banque Centrale Européenne a su « outrepasser »  les missions définies de façon très restrictive par ses statuts et contribuer à éviter une propagation de la crise bancaire américaine en 2008 et d’éviter qu’elle dégénère en crise bancaire systémique. Depuis, le statut, les missions, les décisions de la BCE, donnent lieu à des débats, les uns très politiques, les autres très techniques. Toutes tournent autour de ce que peut ou doit être une banque centrale. Toutes font revivre, sur fonds de négociations de dettes grecques, portugaises ou italiennes, les débats de la Banking et de la Currency school, qui, version très simplifiée, opposent ceux qui considèrent qu’une banque centrale doit être engagée dans la création monétaire, l’autre ceux qui pensent qu’elle doit s’en garder !

Naissance et organisation

Lire la suite

Avec le MES, la Zone euro fait un beau gâchis !

Par Philippe Béchade

S'ajoutent à ces sommes, 250 milliards d'euros apportés par le FMI

▪ De nombreuses voix s’élèvent en Europe, au FMI et à la BCE pour que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 750 milliards d’euros au printemps dernier, voie ses moyens financiers accrus.

Lire la suite

Dette : La solvabilité des États-Unis «au bord du gouffre»

L’agence d’évaluation financière chinoise Dagong a sévèrement critiqué mardi les États-Unis et leur banque centrale (Fed), et abaissé la note de dette de la première économie mondiale et table sur «une récession de long terme»

L’agence, non reconnue aux États-Unis, a abaissé la note de «AA» («qualité de crédit très élevée» selon son échelle) à «A+» («qualité de crédit élevée»), avec une perspective «négative».

Dans un rapport disponible sur son site internet et extrêmement pessimiste sur la première économie mondiale, Dagong justifie l’abaissement de la note des États-Unis par «la détérioration de leur capacité de remboursement et le recul très fort de l’intention de l’État fédéral de s’acquitter de sa dette».

L’agence juge que Washington, avec la décision de la Fed de se lancer dans une politique de création monétaire, fait délibérément baisser la valeur du dollar, décision qui «va dans la direction opposée des intérêts des créanciers».

«Par essence, la dépréciation du dollar choisie par l’État américain indique que la solvabilité de celui-ci est au bord du gouffre, et qu’il souhaite par conséquent diminuer sa dette par une dévaluation, conformément à la volonté nationale, les États-Unis pourraient être confrontés à des risques imprévisibles pour leur solvabilité sous un an ou deux.».

Lire la suite sur 20 Minutes

(Merci à Quarantined)

Attali : Le système financier menacé de zombification

Non seulement la crise n’est pas finie, mais en plus de nouveaux nuages s’accumulent à l’horizon, avec notamment le scandale de la titrisation.

Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’un nouveau tsunami s’annonce à l’horizon : une nouvelle dépression mondiale est en train de se mettre en place. D’abord, celle déclenchée en 2007 par la crise des subprimes n’a jamais été réglée.

Et toutes les actions lancées depuis l’ont été en vain : la baisse des taux d’intérêt n’a pas fait repartir la croissance et n’a fait que nourrir des turpitudes nouvelles, rendant plus facile à supporter l’endettement public, et permettant de retarder les réformes de structures nécessaires.

Au total, les banques ont reconstitué leur fonds propres pendant que les contribuables sont de plus en plus endettés et les chômeurs de plus en plus nombreux, et sur des durées de plus en plus longues.

Contrairement au discours dominant, la crise actuelle n’est pas terminée.

Lire la suite

Après l’échec du keynésianisme, le protectionnisme ?

Le keynésianisme de la relance est à bout de souffle, il a d’abord ralenti la machine et aujourd’hui il est hors jeu. Il reste à essayer le protectionnisme, cela tombe bien avec toute cette création monétaire les monnaies fiduciaires baissent…

Quelques aspects de la guerre monétaire en cours et à venir.

Tout d’abord il convient de rappeler que c’est la dette qui entraîné la crise financière et non pas la crise qui a entraîné la dette. Dans le montant de la dette publique accumulée des pays industrialisés la crise n’est responsable que d’environ 15 % du montant. Dans ces conditions c’est bien la dette par son insoutenabilité qui a entraîné la crise, laquelle a culminé au moment de la faillite de la banque Lehman.

Une overdose de keynésianisme.

Dans ce contexte les gouvernements des pays industriels qu’il s’agisse des pays développés ou des pays émergents se sont lancés dans des politiques keynésiennes dite de relance. C’est aux États-Unis que cette politique a connu le plus grand développement avec un plan de stimulation de l’économie tout à fait gigantesque.

Ce plan de stimulation est financé par de la dette publique et par d’autres mécanismes comme le quantitative easing qui consiste à imprimer de la monnaie électronique pour acheter des actifs aux banques ou aux fonds hypothécaires et ainsi injecter des liquidités dans l’économie. Cette politique est aussi très favorisée par un taux d’intérêt de base à zéro ce qui est le cas aux États-Unis actuellement mais aussi pratiquement en Europe.

Mais voilà les politiques keynésiennes ne donnent pas les résultats souhaités. En effet si l’activité économique reprend très légèrement il n’y a pas de création d’emplois et les déficits s’accumulent à la fois sous la forme de déficits sociaux ou de déficit liés à de nouveaux plans de stimulation basés sur de l’investissement public et donc de nouvelles dettes.

Protectionnisme pour désigner un coupable (la Chine) et relancer les emplois!

Lire la suite

Les propositions radicales de Maurice Allais

Pierre-Noël Giraud propose dans son livre “Le commerce des promesses,” une “traduction” en langage accessible à tous, des propositions de Maurice Allais qui trouvent une brûlante actualité dans le contexte de la crise que nous traversons.

A la fin des années 1990, constatant la tournure qu’avait prise la libéralisation financière, Allais se scandalisait de ce que l’on permette aux banques de «jouer à la Bourse avec leurs fonds propres et, encore pire, avec de la monnaie qu’elles créent pour cela.» Il préconisait une séparation absolue entre la sphère de la monnaie et du crédit et la sphère de la finance de marché, ainsi qu’une création monétaire strictement réservée à la banque centrale.

Formulées en pleine période d’euphorie, alors que le système venait de surmonter avec brio la faillite de LTCM, ces propositions n’ont naturellement pas été entendues. On les a balayées d’un revers de la main, affirmant que de telles mesures bloqueraient totalement tout le système financier et le rendraient gravement inefficace. Analysons cependant plus en détail les propositions d’Allais, car elles ont le mérite de bien poser les questions de fond.
Lire la suite

Crash Course – 8

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 8: Banque Centrale – Création Monétaire

Maintenant, nous allons découvrir où l’argent est créé. Voici comment cela fonctionne.

Supposons que l’État ait besoin de plus d’argent qu’il n’en a. Je sais, c’est une habitude! Peut-être qu’il fait quelque chose de vraiment stupide historiquement comme la réduction des impôts tout en menant deux guerres en même temps. Maintenant, l’état n’a effectivement plus d’argent de sorte que la demande pour des dépenses supplémentaires est transmise au Trésor Public.

Vous serez peut-être surpris ou déçus ou pas en apprenant que le Trésor Public vit au jour le jour et a rarement plus d’une quinzaine de jours de fonds en caisse.

Ainsi, le Trésor Public, afin de lever des capitaux, imprime une pile de bons du Trésor, qui sont les moyens par lesquels le gouvernement emprunte de l’argent. Un bon a une «valeur nominale», qui est le montant auquel il sera vendu et il indique un taux d’intérêt qu’il paiera au titulaire. Donc, si vous avez acheté un bon à un an d’une valeur nominale de 100 $ et qui rapporte 5% d’intérêts, alors vous payez 100 $ pour ce bon et obtenez 105 $ un an après.

Lire la suite

Crash Course – 7

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 7: Création Monétaire

Ici, nous allons explorer le processus par lequel la monnaie est créée.

Permettez-moi de vous présenter John Kenneth Galbraith. Il a enseigné à l’Université de Harvard de nombreuses années et a été actif en politique, au service des administrations de Franklin D. Roosevelt, Harry S. Truman, John F. Kennedy et Lyndon B. Johnson; et a été entre autres Ambassadeur des États-Unis en Inde sous Kennedy.

Il est l’un des rares à avoir été décoré à deux reprises de la Médaille Présidentielle de la Liberté.

Vraiment le genre de personne respectable et qui sait de quoi il parle. À propos de la monnaie, il a dit : «Le procédé par lequel la monnaie est créée est tellement simple que l’esprit en est dégoûté». Nous allons détailler ce point bien précis.

Si vous ne comprenez pas ce passage du premier abord, ne vous inquiétez pas, parce que la création monétaire est vraiment une bizarrerie difficile à saisir, et encore plus à accepter. C’est en réalité un procédé très simple, mais très difficile à accepter.

Lire la suite

Comme prévu

Une tribune libre de Michel Drac

Le déroulement de la Deuxième Grande Dépression, jusqu’ici, correspond exactement à ce que l’on pouvait attendre. La seule surprise est qu’il n’y a pas de surprises. L’Occident implose, l’Empire américain se disloque, les économies émergentes souffrent mais s’en sortent correctement, et l’oligarchie financière, pour se sauver elle-même, dévore la substance de l’économie réelle.

Comme prévu, quoi.

Lire la suite

Le NAIRU, ou comment ceux qui dirigent ont intérêt au chômage

L’euro est-il irréversible ? (extrait)

Par Gérard Lafay, professeur à l’Université de Paris 2 (Cet article est paru dans Les Echos, le 18 décembre 2001)

(…)

Les bons résultats économiques obtenus jusque l’an 2000 ont découlé de deux facteurs temporaires : d’une part, la remontée du dollar, imputable à la situation des États-Unis et à la politique monétaire de la Réserve fédérale, d’autre part, la baisse initiale des taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne en avril 99. La BCE s’est-elle alors convertie à une politique monétaire expansive ? Malheureusement non. Certes, elle prend apparemment en considération la croissance de l’économie, mais elle le fait en se référant à une conception erronée de la croissance potentielle.

C’est la raison pour laquelle, dès novembre 99, la BCE s’est lancée dans une série de sept hausses de taux d’intérêt, afin d’éviter que le chômage ne descende en dessous d’un plancher baptisé NAIRU (dans le cas de la France, ce plancher est estimé par la Commission de Bruxelles à 11%). Selon les théories des années 70 et 80, sur lesquelles se fonde la BCE, un tel taux plancher de chômage est exigé impérativement par la lutte contre le fantôme de l’inflation.

Lire la suite

100% monnaie

La réforme du 100% monnaie apparaît être une solution efficace à l’objectif de développement économique durable. Elle consiste en un transfert de la création monétaire depuis les banques privées vers la banque centrale.

Dans le monde moderne, il existe plusieurs types de monnaie

a) la monnaie «permanente,» empruntée par l’État à sa Banque Centrale dont il est le propriétaire (donc en réalité fabriquée par l’État). Cette forme de monnaie est interdite dans toute la zone Euro depuis le traité de Maastricht, ce qui interdit aux gouvernements de rembourser leurs dettes en émettant de la monnaie.
Lire la suite

Crise : le système est au bord du gouffre ? Faisons un pas en avant !

Pourquoi s’évertuer à vouloir sauver un système financier qu’on devrait plutôt remettre en cause et refonder ? Le blogueur Laurent Pinsolle retranscrit les propositions d’intellectuels venus de tous bords pour concevoir la finance d’une autre façon. En lui donnant des règles.

La violence de la crise aurait dû provoquer une remise en question du système. Paradoxalement, la rapidité du sauvetage et les moindres conséquences de la crise par rapport à celle de 1929 font que rien n’avance. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir les solutions en main.

Des intellectuels alternatifs se sont levés

Venus de toutes les familles de pensée, de la gauche (Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Emmanuel Todd, Jean-François Kahn ce week-end sur son blog dans un très bon papier), du libéralisme humaniste (Jean-Luc Gréau, Maurice Allais), du libéralisme étasunien (Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Robert Reich) ou d’ailleurs (Jacques Sapir, Paul Jorion), un nombre toujours plus important d’économistes et d’intellectuels nous proposent des solutions pour refonder le système économique. Je vous propose ici les 18 mesures emblématiques que j’ai retenues. Oui, un autre monde est possible !
Lire la suite

2010 – Le monde s’écroule ?

Par Gerald Celente, éditeur du Trends Journal, Trends Research Institute, Kingston, New York

« La relance, par la création monétaire globale de 2009, va commencer à s’assécher. Lorsque cela arrivera, nous assisterons à un autre effondrement économique, le krach de 2010. »

Le 24 décembre 2009, à Kingston, New York, comme presque chaque année depuis une décennie, j’interviewe Gerald Celente, éditeur et rédacteur en chef du « Trends Journal » à Kingston, New York, sur les tendances de la nouvelle année.

Quand nous avons parlé, le 21 Décembre 2007, des tendances 2008, Gerald a déclaré : « En 2008, nous allons voir de grands évènements, un géant de la finance va tomber et être touché par une crise économique de type 11 septembre. Surveillez bien quand surviendra un accident à une grande entreprise, une grande banque. Cela sera le premier signal. Mais ce sera encore pire que vous le pensez, une banque du calibre de Bank of America. »
Lire la suite

Sur les marchés, la sortie de crise s’annonce périlleuse

Pour les marchés financiers, 2009, nouvelle année de crise, fut une période déroutante. Pour sortir les économies de la récession, pour éviter de revivre le cauchemar de la crise de 1929, les banques centrales, en Europe, aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs ont mis en place des moyens inédits.

Les vannes du crédit ont été grandes ouvertes. Après avoir ramené les taux d’intérêt directeurs à zéro ou presque, pour permettre aux entreprises et aux ménages de se financer plus facilement, les banques centrales ont employé en 2009 des mesures plus audacieuses encore. Trop audacieuses aux yeux de certains. Et les interrogations se multiplient quant à la tournure des événements en 2010.

Les banques centrales sont-elles allées trop loin ? Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), est surnommé “helicopter Ben,” car il avait expliqué, en 2004, que pour éviter une déflation, la Fed pourrait “déverser de l’argent aux marchés d’un hélicoptère.

A défaut d’hélicoptère, M. Bernanke a opté en mars pour la méthode dite du “quantitative easing.” Une politique de création monétaire consistant à faire racheter directement par la Fed les bons du Trésor américains et d’autres titres d’emprunts. Résultat, en quelques mois, le bilan de la Fed est passé de 1 000 milliards à 2 000 milliards de dollars. La banque centrale américaine est devenue une véritable hedge fund,” estime l’économiste Jacques Attali.

Si la Banque d’Angleterre (BoE) a suivi la même voie, la Banque centrale européenne (BCE), plus orthodoxe et craignant pour sa crédibilité, n’a pas souhaité aller aussi loin, se contentant de mesures de prêts exceptionnelles.

Le plus gros risque est qu’en faisant “fonctionner la planche à billets,” les banques centrales alimentent de nouvelles bulles. Et permettent à des liquidités en excès de se nicher artificiellement sur un compartiment de marché (matières premières, immobilier, Bourses). Autrement dit, les politiques monétaires ultra-accommodantes pourraient faire le lit de la prochaine crise. La question est donc de savoir quand et comment faire machine arrière. Lire la suite