Suisse : L’essor grandissant des «robo advisors» dans la gestion de fortune

Les offres basées sur des placements entièrement automatisés vont gagner en importance, selon une étude de l’IFZ et de Swisscom. Si le conseil personnalisé ne va pas disparaître, la pression sur les tarifs va encore s’accentuer

Votre portefeuille sera-t-il bientôt géré par un robot? Le mouvement est en marche, y compris en Suisse. Des solutions entièrement automatisées de type «robo advisors» sont déjà proposées par la start-up True Wealth, le site Investomat.ch de la Banque Cantonale de Glaris ou la banque en ligne Swissquote.

Avec ces offres, le client fournit d’abord des indications sur sa tolérance envers le risque et ses préférences d’investissement – la gestion de ses placements et le rééquilibrage du portefeuille étant ensuite automatisés. Sans oublier les grandes banques qui ont élaboré des solutions alliant gestion en ligne en grande partie automatisée et conseil personnalisé, à l’exemple d’UBS Advice.

Face à cette concurrence, pour quels services les clients accepteront-ils encore de payer?
Lire la suite

Jean Tirole reçoit reçoit le prix Nobel d’économie pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation »

Jean Tirole est l’un des économistes les plus influents de notre temps. Né le 9 août 1953, il est président de la Fondation Jean-Jacques Laffont – Toulouse School of economics (TSE), directeur scientifique de l’Institut d’économie industrielle (IDEI) à Toulouse et membre fondateur de l’Institute for Advanced Study in Toulouse (IAST). Il est aussi professeur invité au MIT et membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis le 27 juin 2011. Depuis 1995, il est directeur d’études cumulant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Le 13 octobre 2014, Jean Tirole reçoit le prix Nobel d’économie pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation ». Il fit d’importantes contributions dans plusieurs domaines de recherche, mais il a surtout clarifié comment nous pouvons comprendre et réglementer les secteurs qui sont dominés par une poignée d’entreprises.

La réglementation est complexe

Il est toujours pertinent de se demander quelles activités doivent être réalisées par l’Etat et quelles activités doivent être laissées au secteur privé. Plusieurs gouvernements ont ouvert des monopoles publics aux actionnaires privés, aussi bien dans les secteurs des réseaux ferroviaires, de distribution d’eau, de la poste, des télécommunications, que de l’éducation ou des soins de santé.

Les expériences tirées de ces privatisations ont été contrastées et il a été bien souvent plus difficile que prévu d’inciter les entreprises privées à adopter le comportement attendu.

Il y a deux grandes difficultés. Premièrement, plusieurs marchés sont dominés par un nombre réduit d’entreprises qui influencent alors les prix, le volume et la qualité du produit. La théorie économique traditionnelle n’est pas adaptée à cette situation, qualifiée d’”oligopole”. Elle est davantage adaptée à une situation de monopole ou à une situation connue sous le nom de “concurrence pure et parfaite“.
Lire la suite

Quand un éditorialiste demande la suppression du défilé militaire du 14 juillet avec de mauvais arguments…

La modestie n’est pas la qualité la plus souvent partagée. Surtout chez ceux qui ont des avis sur tout comme s’ils avaient la science infuse… Ainsi, comme souvent  à l’approche du 14 Juillet, il se trouve quelques voix pour remettre en cause le défilé militaire sur les Champs-Elysées et balancer (il n’y a pas d’autre mots) des idées reçues sur la politique de défense. Il n’y aurait pas de mal à cela si de tels propos tenus étaient le fruit d’une réflexion, basée sur des faits et des réalités. Et cela ne serait pas si important s’il n’y avait de grands médias pour les relayer (étonnant qu’aucun d’entre eux n’ait eu encore l’idée de placer un micro dans un bistro…).

Les déclarations d’Hervé Gattegno, sur les ondes de RMC/BFM TV, le 11 juillet, entrent dans cette catégories. Pour son dernier « coup de gueule » avant les vacances (c’est dire si elles seront les bienvenues), le rédacteur en chef de la cellule investigation au Point, n’a pas été très inspiré, au point que ces propos sont teintés de démagogie.

Qu’a-t-il dit ? Selon lui, il faut « supprimer le défilé militaire du 14 Juillet » car c’est une « une idée qui irait dans le sens d’une meilleure défense de la patrie puisque notre bataille principale, elle se mène sur le front des déficits publics et de la dette extérieure ». Or, « à côté de cette menace-là, la parade annuelle de nos armées est inutile et anachronique – il n’y a plus que les dictatures qui le font. C’est un déplacement de force déplacé. Et une démonstration de force gratuite qui est plutôt coûteuse (en argent, en temps et en carburant – sans parler de l’empreinte carbone). Donc on pourrait s’en dispenser sans transformer la fête nationale en défaite nationale ».

Lire la suite

«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
Lire la suite

Centrafrique : l’opération militaire Sangaris a coûté 200 millions d’euros à la Défense

De quoi entamer sérieusement la caisse mise en place pour les Opex, les opérations militaires extérieures de l’armée française.

Soldats français à Bangui, 11 février 2014

L’opération militaire française en Centrafrique, lancée le 5 décembre dernier, coûte cher au ministère de la Défense.

Sangaris a coûté 200 millions d’euros à la France

D’après Jean-Yves Le Drian, l’opération Sangaris a déjà coûté 100 millions d’euros à ce jour, un montant qui devrait se porter à 200 millions d’euros en année pleine. Interrogé ce mercredi sur Europe 1, le ministre de la Défense a déclaré que “jusqu’ici le budget de Sangaris est d’à peu près de 100 millions d’euros, si on est en année pleine ça sera aux environs de 200 millions d’euros“.

Lire la suite

JO: après les fastes de Sotchi, un gouffre financier guette la Russie

Les gigantesques constructions érigées à Sotchi pour les jeux Olympiques les plus chers de l’histoire, achevés dimanche, risquent de se transformer en gouffre financier pour la Russie, compte tenu des énormes investissements difficiles à rentabiliser.

Après sa désignation en 2007 pour organiser les JO, Sotchi est devenue l’un des plus grands chantiers au monde où des bâtiments et des immeubles ont poussé comme des champignons sur les bords de la mer Noire et dans les montagnes du Caucase au-dessus de la ville, dans une zone auparavant quasi vierge d’infrastructures sportives.

L’aménagement de routes et voies de chemins de fer a porté le coût total de l’opération à 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) pour cet événement international sans précédent en Russie depuis la chute de l’URSS, dont le président Vladimir Poutine a voulu faire une vitrine du pays.

Mais que vont devenir tous ces bâtiments neufs après le départ des milliers d’athlètes, accompagnateurs, journalistes et visiteurs qui occupent des appartements et hôtels construits spécialement pour les JO et les jeux paralympiques du 7 au 16 mars ?

Lire la suite

Avoir une voiture à Moscou : plus cher qu’à Paris, moins qu’à Berlin

Le cabinet d’analyse Economist Intelligence Unit (EIU) a publié un classement des villes les plus chères du monde en termes de coût de possession d’une automobile. Moscou s’y classe en huitième position. Selon cette étude, acheter et entretenir une voiture dans la capitale russe revient plus cher qu’à Paris, Londres, Tokyo, New York et Zurich. Mais moins cher qu’à Shanghai, Sao Paulo, Dehli.

Pour leur enquête, les chercheurs de l’EIU se sont basés sur le prix moyen d’achat d’une nouvelle voiture familiale (avec un volume moteur de 1,8l à 2,5l), ainsi que sur les coûts d’usage et d’entretien et les dépenses en combustible. Il s’avère que l’acquisition d’une nouvelle automobile familiale coûte environ 34 000 dollars à Moscou contre, à Londres par exemple, à peu près 30 000 dollars. Quant à l’entretien d’une voiture sur trois ans, les économistes britanniques en ont estimé le coût total à une moyenne de 17 000 dollars à Moscou, pour, à New York disons, près de 11 000 dollars.

Parallèlement, les chercheurs britanniques se sont penchés sur la dynamique d’évolution des coûts liés à l’automobile dans plusieurs grandes villes du monde. Pour Moscou, le mouvement semble encourageant : au cours des trois dernières années, l’indice a baissé de 18 % (il n’a baissé que d’1,5 % à Londres, et, à Paris et Tokyo par exemple, il a même augmenté de, respectivement, 13 et 3 %).

Lire la suite

La crise, ce prétexte pour baisser le coût du travail, mais pas celui du capital

Comment augmenter la productivité, la compétitivité de la France ? D’aucuns répondront qu’il faut “baisser les coûts du travail”. Pourtant, l’économiste Michel Santi note que si la réduction du coût du travail a permis à l’Allemagne de baisser ses prix à l’exportation, elle a créé une société de travailleurs précaires. Et observe qu’étonnamment, les revenus nets distribués aux propriétaires de capital, eux, continuent de grimper…

Une vieille histoire…

Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivité a en fait été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté, totalement indifférente, au creusement d’un fossé entre les salaires réels et la productivité.

Lire la suite

Sondage – Les Français plébiscitent l’euro

Le sondage de l’Ifop pour France-Soir prend gauche et droite à contre-pied : seule une minorité de Français rêvent d’un retour au franc.

C’est un coup de tonnerre, en tout cas un résultat inattendu, compte tenu des violentes critiques dont l’euro fait l’objet en France depuis des mois. Un euro qui n’apparaît pas si protecteur que cela, un euro parfois brinquebalant, un euro discuté par les Allemands et présenté par certains comme « en sursis ».

Or, quand l’Ifop demande aux Français – pour les mettre au pied du mur – s’ils souhaitent que leur pays abandonne l’euro et revienne au franc, la réponse tombe, sans aucune ambiguïté : c’est non. 72 % des personnes interrogées (contre 28 % d’un avis contraire) refusent l’idée d’un retour au franc.

Et, curieusement, dans les mêmes proportions s’agissant des sympathisants de gauche et des sympathisants de droite : dans les deux cas, 74 % veulent, disent-ils, s’en tenir à l’euro, aussi critiquable et imparfait soit-il. Ils n’imaginent pas une opération… « retour vers le futur ».

Quatre observations peuvent être faites.

Lire la suite

Emmanuel Todd : « Je serais très étonné que l’euro survive à 2011 »

Que nous est-il permis d’espérer et que doit-on craindre en 2011 ? Le politologue, démographe et essayiste français Emmanuel Todd a accepté de se livrer, pour nous, à un « bilan et perspectives » étayé, plus spécifiquement centré sur la crise économique et financière qui secoue l’Europe.

Que retiendrez-vous de l’année 2010, qui vient de s’achever ?

Je dirais que ce fut une année charnière. C’est l’année où les croyances, économiques et politiques dominantes de l’Occident sont arrivées au bout de quelque chose.

Lire la suite

Du colza pour dépolluer Tchernobyl

Pour réduire la contamination radioactive des sols, de nouvelles méthodes scientifiques sont expérimentées avec le soutien salutaire d’experts japonais.

Cliquer sur la carte pour l'agrandir

Près de vingt-cinq ans après la catastrophe [qui a eu lieu le 26 avril 1986], les habitants qui, en dépit des lois et des interdictions, sont restés vivre dans les environs de Tchernobyl ont peut-être enfin de quoi espérer.

Dans le cadre du CRDP, le Chernobyl Recovery and Development Programme [Programme de réhabilitation et de développement de Tchernobyl], développé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la région peut s’attendre à de véritables changements. La communauté internationale met l’accent sur la nécessité d’une transition vers une vie stable dans ces territoires où la contamination radioactive a diminué de façon significative depuis 1986.

Mais la situation reste peu réjouissante dans le domaine de la santé. Car des gens vivent encore sur les terres polluées par les radiations, y compris dans des villages d’où ils auraient dû être évacués depuis longtemps.

Contamination des cultures

Lire la suite

L’immigration, ça coûte ou ça rapporte ?

Par Jean-Paul Gourévitch

Le rapport remis par le laboratoire «l’Equippe» (Université de Lille) du professeur Xavier Chojnicki au Ministère des Affaires sociales en juillet 2010 concluait que «les immigrés sont une excellente affaire pour l’État français. Ils rapportent une grosse douzaine de millions par an et paient nos retraites», selon un article du journal Madrilène ABC, repris par Courrier International n° 1048 du 2 au 8 décembre 2010.

Ces résultats paraissent contredire les travaux de Jean-Paul Gourévitch, consultant international, spécialiste de l’Afrique et des migrations, auteur de L’immigration ça coûte ou ça rapporte ? (Larousse 2009) et des trois monographies publiées par l’association Contribuables Associés de 2008 à 2010 (téléchargeables sur le site Contribuables.org) qui estime le déficit annuel de l’immigration à 30,4 milliards d’euros.

Les phénomènes migratoires sont des phénomènes historiques que nous ne pouvons ignorer ; aussi lui avons-nous demandé de réagir à ce rapport et d’expliquer les écarts constatés.

Tout d’abord, le rapport de l’équipe lilloise s’intitule : «Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court terme». Il ne traite pas de l’ensemble des coûts de l’immigration.

Les journalistes qui titrent sur «les bons comptes de l’immigration» (Direct matin du 2/12/2010) n’ont pas véritablement lu le document de 206 pages que j’ai sous les yeux… ou voudraient tellement que l’immigration soit positivée qu’ils prennent leur désir pour la réalité.

Lire la suite

Irlande, Etats-Unis : l’enfer de la globalisation néolibérale

La crise économique ne cesse de faire sombrer l’Europe et ses Etats membres les plus fragiles. Les Etats-Unis s’essoufflent. Pour Laurent Pinsolle, un seul constat s’impose : l’échec de notre système économique construit voici 40 ans.

Gustave Doré, illustration pour L'Enfer de Dante

Les années que nous vivons ont le bénéfice indéniable de faire prendre conscience à beaucoup des réalités du système économique qui a été construit depuis quarante : il est inefficace, injuste et instable, comme le montrent les exemples irlandais et étasunien.

Lire la suite

De la Grèce à l’Irlande, des stratégies économiques illusoires

Après la Grèce, c’est maintenant l’Irlande qui va recevoir de l’aide financière de la part de l’Europe et du FMI : le premier ministre en a fait la demande officielle dimanche pour un montant évalué à environ 90 milliards d’euros. Cet argent, en plus de prêts bilatéraux accordés par le Royaume-Uni et la Suède, sera prélevé sur le Fonds européen de stabilité financière (FESF), élaboré dans l’urgence au printemps dernier pour mettre fin à la crise de la dette grecque et aux doutes sur la viabilité financière de la zone euro.

La création de ce fonds, doté de 750 milliards d’euros de garanties (réparties entre la Commission européenne, les Etats européens et le Fonds monétaire international), répondait au besoin de sécuriser la situation des pays “périphériques” en difficulté, au premier rang desquels la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne.

La situation irlandaise s’inscrit dans ce contexte économique périlleux : même si ces pays ont connu un modèle de croissance différent, tous doivent gérer “des stratégies macroéconomiques devenues illusoires”, selon Henri Sterdyniak de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

DES MODÈLES DE CROISSANCE FRAGILES

L’Espagne et l’Irlande ont connu “des évolutions similaires” dans les années 2000, selon Francesco Saraceno de l’OFCE. Leurs finances publiques étaient “saines avant la crise”, tandis que leur croissance reposait sur des secteurs privés portés sur la spéculation immobilière et banquaire. En Irlande, fin 2007, le montant des emprunts immobiliers équivalait ainsi à 250 % du produit national brut irlandais.

Ces secteurs ont été frappés de plein fouet par la crise des subprimes, provoquant la chute des économies les plus liées à la spéculation et aux emprunts toxiques (lire l’interview sur le retournement du marché immobilier irlandais et la fin du “tigre celtique”). La “bulle” immobilière qui a explosé en Espagne laissait de son côté près de 325 milliards d’euros de dettes au secteur, début 2010.

CES PAYS “SE SONT RÉVEILLÉS TOUT NUS”

Lire la suite

LEAP – 1er trimestre 2011 : franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 novembre 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP dans sa lettre ouverte aux leaders du G20 publiée dans l’édition mondiale du Financial Times le 24 Mars 2009, à la veille du sommet de Londres, la question d’une réforme fondamentale du système monétaire international est bien au cœur de toute tentative de maîtrise de la crise actuelle.

Mais hélas, ainsi que vient de le démontrer à nouveau l’échec du sommet du G20 de Séoul, la fenêtre d’opportunité pour réussir pacifiquement une telle réforme s’est bien refermée après l’été 2009 et elle ne se rouvrira plus avant 2012/2013 (1).

Le monde est en effet bien engagé dans la phase de dislocation géopolitique mondiale dont nous avions annoncé le début pour la fin 2009 et qui se traduit, moins d’un an plus tard, par la multiplication rapide des mouvements, des difficultés économiques, des défaillances budgétaires, des conflits monétaires… prémices de chocs géopolitiques majeurs.

Avec le sommet du G20 de Séoul, qui marque la prise de conscience planétaire de la fin de la domination américaine sur l’agenda international et de son remplacement par un « chacun pour soi » généralisé, une nouvelle étape de la crise vient de s’ouvrir qui incite l’équipe du LEAP à lancer une nouvelle alerte.

En effet, le monde est en train de franchir un seuil critique de la phase de dislocation géopolitique globale. Comme tout franchissement de seuil critique dans un système complexe, cela va générer dès le premier trimestre 2011 un cortège de phénomènes non-linéaires, c’est-à-dire, d’évolutions échappant aux « règles habituelles » et aux « projections traditionnelles » tant en terme économiques que monétaires, financiers, sociaux et politiques.

Lire la suite

Dix-huit mois décisifs

Par Jacques Sapir

La suspension, probablement temporaire, du mouvement social qui s’est manifesté à travers l’opposition au projet de réforme des retraites du gouvernement, ouvre ce que l’on peut appeler la « grande » année électorale. Désormais, il est clair que tous les acteurs vont avoir les yeux rivés sur les échéances de 2012.

Cela ne signifie pas que tout se réduise à cette forme de lutte politique. Cependant, pour tenter de prolonger le mouvement social dans ce nouveau contexte, il faut tirer les leçons de ce que nous venons de vivre depuis septembre, et se projeter au-delà.

Une victoire tactique et une défaite stratégique

La première leçon est, incontestablement, que si le gouvernement a remporté une victoire tactique contre le mouvement social, il l’a payée d’un prix exorbitant. Cette victoire pourrait se transformer en une défaite stratégique.

Lire la suite

L’Allemagne, un problème pour l’Europe

Par Jacques Sapir

Le problème de la stratégie allemande au sein de l’Union Européenne est aujourd’hui posé. Cette stratégie est aujourd’hui en train de déséquilibrer durablement les pays du « cœur historique » de l’Union et correspond à l’application d’une véritable stratégie d’exploitation de ses voisins (appelée en langage économique « stratégie du passager clandestin »).

Lire la suite

Qui a endetté la France ?

Addendum du 20/10/2010 à cet article paru le 09/10/2010

Dans la version intégrale de son intervention, lisible ici, Jean-Yves Le Gallou a bel et bien évoqué la loi de 1973 :

Reconnaissons qu’il y a un autre service rendu à l’oligarchie qui remonte, lui, à 1973. Et il s’agit cette fois de l’oligarchie bancaire : en 1973, la Banque de France s’est vu interdire de prendre en pension des emprunts d’Etat : ainsi fut créé un revenu supplémentaire et sans risques pour les banques qui créent la monnaie qu’elles prêtent à l’Etat ; prêt qu’elles facturent 2% à 3% l’an, ce qui contribue ainsi à augmenter le profit des banques en creusant le déficit de l’Etat, à hauteur de 40 milliards d’euros par an de charge des intérêts.

(Merci à Boreas)

——————————————————

Note de Fortune : dans la mesure où le texte qui suit n’évoque pas la loi du 3 janvier 1973, ni l’article 104 du Traité de Maastricht transposé dans la loi française du 4 août 1993, qui, pourtant, nous paraissent constituer une source fondamentale (même si elle n’est certes pas la seule) de l’endettement public, nous renvoyons, en complément, à ces articles :

- La dette publique une affaire rentable

- La dette publique française

- De Socrate à nos jours, la ploutocratie toujours…

——————————————————

Par Jean-Yves Le Gallou

Qui a endetté la France ?

La réponse est simple : la dynastie des Endettors qui gouverne la France depuis 1981.

La dynastie des Endettors arrive au pouvoir en 1981 : elle ne l’a pas quitté depuis.

Lorsque François Mitterrand, Endettor-Ier, arrive au pouvoir, la dette de la France est de moins de 300 milliards (en équivalent euros actuels) ; il la porte à 650 milliards. Jacques Chirac, Endettor-II, double lui aussi la dette qui atteint à son départ de l’Elysée près de 1.200 milliards. Endettor-III, Nicolas Sarkozy, va faire encore mieux : en trois ans seulement il porte la dette à 1.600 milliards. Tous les premiers ministres successifs ont pris activement part à cette politique.

Tous ces hommes ont eu une logique courtermiste. Leur horizon s’est souvent borné à la prochaine élection : « Plaire aujourd’hui… et facturer le plus tard possible », telle a été leur devise.

La logique clientéliste des Endettors-Distributors

Lire la suite

Que crève le système

Par Boreas
socialism_vs_capitalism.jpg

Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

Lire la suite

Maurice Allais et le coût de l’immigration (Rediff.)

Peu de domaines ont fait l’objet d’autant de désinformation que l’immigration. Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français, a remis les pendules à l’heure dans un ouvrage paru en 2002, “Nouveaux Combats pour l’Europe, 1995-2002 : Un aveuglement suicidaire. Pour une autre Europe”.

Voici des extraits (pages 52 et 53) de cet ouvrage sans concession. Trois points méritent particulièrement de retenir l’attention :

- l’extension des allocations familiales aux étrangers est dénuée de sens commun ;

- il n’y a pas de travail que les Français ne veulent pas faire, il y a des travaux qu’ils ne veulent pas faire à un certain prix ;

- l’immigration a un coût élevé en termes d’infrastructures d’accueil.

« Il faut mettre fin à l’inconscience totale qui a caractérisé jusqu’ici la politique d’immigration de la France. Lire la suite

Pour le FMI, le secteur financier reste « le talon d’Achille de la reprise économique »

Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde, publié mardi 5 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) conseille de maintenir le soutien des Etats au secteur financier mondial, qui « reste le talon d’Achille de la reprise économique ».

Pâris, guidé par Apollon, s'apprête à tuer Achille. Gravure de François Chauveau (XVIIe s.)

L’institution a cependant abaissé son estimation des pertes qu’auront dû absorber, entre l’été 2007 et la fin 2010, les banques et autres institutions financières américaines, européennes et asiatiques, en raison de la baisse de la valeur constatée ou prévisible de leurs actifs financiers. Ce coût de la crise est évalué désormais à 2 200 milliards de dollars, contre 2 300 milliards il y a six mois et 2 800 milliards il y a un an. Cette révision à la baisse s’explique essentiellement par une diminution des pertes sur valeurs mobilières.

Toutefois, prévient le FMI, les banques ont fait moins de progrès vis-à-vis de leur financement à court terme, avec un total de près de 4 000 milliards de dollars de dette à refinancer dans les deux années qui viennent.

SELON LE FMI, LES AIDES AU SECTEUR DOIVENT ÊTRE MAINTENUES

Lire la suite

Projet pour une rupture décisive

En avant-première, voilà la conclusion du livre «La Déglobalisation» (titre provisoire) de Jacques Sapir, à paraître prochainement aux Éditions du Seuil.

La France a tout misé depuis près de trente ans, sur des solutions coordonnées. Qu’il s’agisse de l’euro ou des règles du marché international, elle a délibérément abandonné tout moyen d’agir et renoncé à une politique nationale. Sans chercher à juger sur le fond, remarquons qu’une telle attitude fait de nous le dindon de la farce, car elle n’a de sens que s’il existe au niveau international une volonté commune pour faire triompher des solutions collectives. Or, cette dernière volonté est absente, à l’évidence. Ce sont bien des politiques nationales que suivent les autres pays, n’en déplaise à nos dirigeants présents et passés.

Lire la suite

Une victoire du lobby bancaire

LE chiffre que les banques attendaient – avec une inquiétude largement médiatisée – est enfin sorti. Ce sera 7%. Pour garantir leur bilan, le comité de Bâle, émanation de la Banque des règlements internationaux (BRI), a décidé que les banques devront détenir 7% de fonds propres (ratio dit de Bâle III).

Elles disaient craindre 9% ou 10%, et le soulagement est tel que les valeurs bancaires sont à la fête aujourd’hui [13 septembre 2010]. Car le comité de Bâle a en plus accordé un délai de 8 ans pour se conformer à cette nouvelle norme.

Bien sûr, les banquiers vont continuer à hurler de plus belle. Le lobby bancaire s’est d’ailleurs exprimé très vite dans un communiqué publié dans la matinée [du 13 septembre 2010] par la Fédération bancaire française (FBF). “La principale préoccupation des banques françaises est que le renforcement des fonds propres auquel conduit la réglementation constitue une contrainte forte qui pèsera inévitablement sur le financement de l’économie et notamment le volume et le coût du crédit“, explique ainsi la FBF. L’argument n’est pas nouveau mais il a largement prouvé son efficacité. Alors, pourquoi s’en priver ?

Lire la suite

Si l’Islande refuse de banquer…

[N.B. : Le premier et le dernier de ces trois articles sont antérieurs au référendum par lequel les Islandais se sont massivement prononcés contre le remboursement, par leur pays, de la dette "Icesave". La rédaction de Fortune]

I – Si l’Islande refuse de banquer…

Faut-il faire payer par le contribuable l’incompétence des banquiers ? C’est la question à laquelle doit répondre le pays lors du référendum du 6 mars. Alors que le krach ne cesse de révéler les dérives d’une oligarchie, la révolte gronde.

“On va faire comme les paysans français !” avait promis l’un des activistes. Las ! le camion de fumier qui devait être déchargé devant le siège de l’Islandsbanki, sur le front de mer de Reykjavik, n’est pas arrivé à temps. Les protestataires en sont réduits à klaxonner bruyamment sur le parking, sous une bourrasque de vent glacé. “Nous voulons dire haut et fort notre refus de payer, nous simples citoyens, pour les fautes commises par les “banksters”", explique Svein, vendeur de voitures et l’un des organisateurs de la manifestation.

Des traites mensuelles multipliées par sept

Bankster, cette contraction des mots anglais banker (banquier) et gangster, s’impose dans le débat public depuis quinze mois. Précisément, depuis octobre 2008, date de l’implosion du système financier, sous l’effet d’une hyperspéculation incontrôlée. A l’automne 2008, l’Etat doit nationaliser en catastrophe les trois banques principales de l’île, récupérer les dettes et gérer l’explosion du coût du crédit qui frappe les ménages.

Mais, quinze mois après, comment payer la note ? Les contribuables islandais, normalement placides, refusent que leurs impôts, garantie d’un Etat providence généreux, épongent le passif creusé par les agissements troubles de financiers et hommes d’affaires. C’est tout un peuple qui se révolte contre des banquiers qui jurent qu’ils ne savaient rien de la catastrophe annoncée.

Lire la suite

L’élite économique contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique

Le texte présenté ci-après constitue la première des six parties d’un rapport publié sur le site américain Amped Status, entre le 15 février 2010 et le 27 février 2010.

La "tea party" de Boston, 16 décembre 1773

« L’oligarchie américaine ne ménage pas ses efforts pour arriver à convaincre qu’elle n’existe pas, mais le succès de sa dissimulation dépend des efforts tout aussi intenses d’un public américain désireux de croire à des fictions égalitaires et refusant de voir ce qui est caché à la vue. » – Michael Lind, To have and to have not

Il est temps que 99% des Américains se mobilisent et s’attaquent à des réformes politiques de bon sens.

Oui, bien sûr, nous avons tous des idées très différentes sur beaucoup de questions. Mais, comme nos Pères Fondateurs l’ont fait avant nous, nous devons mettre de côté nos différences et nous unir pour combattre l’ennemi commun.

Il est de plus en plus clair, aux yeux de beaucoup de gens, que le parti républicain et le parti démocrate, ainsi que les trois branches de notre gouvernement [ces trois branches sont le pouvoir exécutif qui comprend le président, le pouvoir législatif avec le Congrès et le pouvoir judiciaire avec la Cour suprême, NDT] ont été achetés par une élite économique bien organisée qui, tactiquement, détruit notre mode de vie. La dure vérité est que 99% de la population américaine n’a plus de représentation politique. Il est flagrant que l’économie américaine, le gouvernement et le système fiscal sont aujourd’hui manipulés contre nous.

Lire la suite

Immigration : un coût de 30,4 milliards par an !

Le coût de l’immigration en France est de 30,4 milliards d’euros. Le coût de l’émigration : 7,9 milliards d’euros, qui ne rentrent pas dans les caisses de l’État du fait de l’expatriation annuelle des Français. La politique migratoire de la France nous coûte au total 38,3 milliards, soit près de 2 points de PIB.

Dessin de Chard

Dépenses d’immigration pour l’État : 79,4 milliards d’euros dont :

* Coûts sociaux : 58,64 milliards d’euros
* Coûts sociétaux : 13,65 milliards d’euros
* Coûts sécuritaires : 5,24 milliards d’euros
* Coûts éducatifs : 1,87 milliards d’euros

Contribution des immigrés aux recettes de l’État : 49 milliards d’euros dont :

* Cotisations sociales : 12,754 milliards d’euros
* Fiscalité État : 28,303 milliards d’euros
* Fiscalité locale : 7,794 milliards d’euros

Déficit annuel de la politique d’immigration : 30,4 milliards d’euros

Lire la suite

Immigrés : le test de la “journée sans eux”

Ce ne sera pas une grève mais un moment symbolique : en appelant à la mobilisation le 1er mars, le collectif “24 heures sans nous, une journée sans immigrés” entend “démontrer l’apport indispensable de l’immigration” à la France, en particulier son poids dans l’économie.

Cliquez sur l'affiche

Cette initiative, organisée le même jour en Italie et en Grèce, s’inspire d’une expérience observée aux États-Unis en 2006 : visés par une loi criminalisant la travail clandestin, des centaines de milliers d’immigrés hispaniques avaient paralysé les grandes villes du pays. Les manifestations avaient abouti au retrait du texte.

Lire la suite

USA : les jeunes, principales victimes de la crise

La précarité dans laquelle vivent les moins de 30 ans a encore été aggravée par la période de récession que viennent de traverser les Etats-Unis.

"Le Rêve Américain, c'est fini"

L’époque actuelle se montre particulièrement dure pour les jeunes Américains. Cette population vit des jours sombres, très sombres, depuis l’effondrement de l’activité économique, qui a continué de plonger tout au long de l’année 2009.

En septembre, le taux de chômage des 16-24 ans s’est maintenu à 18,1 %, ce qui représente près du double de la moyenne nationale pour ce même mois. Plus de 2,5 millions de salariés de cette tranche d’âge ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, en décembre 2007, ce qui fait d’eux la population la plus durement touchée par la récession.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les chiffres du sous-emploi sont encore plus préoccupants. Encore une fois, ce sont les jeunes qui souffrent le plus. Au cours du deuxième trimestre de 2009, par exemple, le taux de sous-emploi chez les travailleurs de moins de 25 ans a atteint le chiffre alarmant de 31,9 %. Pour les travailleurs de 25 à 34 ans, il était de 17,1 %.

“Les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus durement touchés par la récession que les autres tranches d’âge”, affirme Andrew Sum, ­professeur de sciences économiques et directeur du Centre d’études sur le marché du ­travail de la Northeastern University, à Boston.

Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples et complexes. Les jeunes invoquent souvent la redoutable concurrence à laquelle ils sont désormais confrontés : leurs aînés bardés de diplômes universitaires et forts de dizaines d’années d’expérience soumettent aujourd’hui leur candidature à des postes de débutants. En outre, les jeunes qui ont eu la chance de trouver un emploi sont souvent victimes du vieux principe “dernier embauché, premier viré”. Résultat, depuis la crise de 1929, les jeunes n’ont jamais aussi peu travaillé.
Lire la suite

La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de “La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations” (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme, utilisé, selon lui, comme arme de domination par ceux qui y ont intérêt, et prône le rétablissement du protectionnisme, seul réel moyen de développement et de prospérité.

Le modèle de la théorie des coûts comparés de Ricardo, décrit en 1817, dans son ouvrage On the principles of Political Economy repose sur une hypothèse essentielle, à savoir que la structure des coûts comparatifs dans les divers pays reste invariable au cours du temps.

Or, il n’en est ainsi que dans le cas des ressources naturelles.

Ainsi, par rapport à l’Europe occidentale, les pays producteurs de pétrole disposent d’un avantage comparatif qui restera le même dans un avenir prévisible.

De même, les produits tropicaux ont un avantage comparatif qui ne saurait disparaître.

La théorie des coûts comparés est fondée sur l’immobilité des facteurs de production

En revanche, dans le domaine industriel, aucun avantage comparatif ne saurait être considéré comme permanent. Chaque pays aspire légitimement à rendre ses industries plus efficaces et il est souhaitable qu’il puisse y réussir.

Il résulte de là que l’arrêt de certaines activités dans un pays développé, en raison des désavantages relatifs d’aujourd’hui, pourra se révéler demain complètement stupide, dès lors que ces désavantages relatifs disparaîtront. Il faudrait alors rétablir ces industries, mais entre-temps on aura perdu le savoir-faire.

Voir : “Les théories de la mondialité”, par Gérard Dussouy.

La théorie de Ricardo ne vaut que dans un monde stable et figé. Elle n’est pas valable dans un monde dynamique, où les fonctions de production et les salaires évoluent au cours du temps, où les capitaux peuvent se déplacer librement et où les industries peuvent être délocalisées. Lire la suite

Dmitry Orlov : “Définanciarisation, Démondialisation, Relocalisation”

Traduction d’une conférence donnée par Dmitry Orlov à Dublin, le 11 juin 2009 (N.B. : au regard de l’intérêt du sujet, nous estimons que les imperfections et coquilles de la traduction française sont d’une importance très secondaire. A quelques exceptions près, nous avons jugé superflu de les corriger. – Fortune).

1. Bonjour. Le titre de cet exposé est un peu long, mais ce que je veux dire peut se résumer en termes simples : on doit tous se préparer à une vie sans beaucoup d’argent, où les produits importés sont rares et où les gens doivent subvenir à leurs propres besoins et ceux de leurs voisins immédiats.

Je prendrai pour point de départ l’évolution de l’effondrement de l’économie mondiale, et vais discuter de ce qui pourrait survenir.

Cela a commencé avec l’effondrement des marchés financiers l’an dernier, et il en résulte maintenant une diminution du volume du commerce international sans précédent. Ces évolutions ont aussi commencé à affecter la stabilité politique des différents pays à travers le monde. Quelques gouvernements se sont déjà effondrés, d’autres suivent peut-être le même chemin, et il ne faudra plus attendre longtemps avant que nos cartes soient redessinées radicalement. Lire la suite

Immobilier en France : la catastrophe se profile à l’horizon

Une tribune libre de Patrick Reymond


Patrick Reymond, économiste hétérodoxe né en 1960, disciple de Fernand Braudel, est également un homme de terrain. Son expérience en tant que cadre supérieur dans de multiples entreprises du secteur privé (sidérurgie, papier carton, bâtiment, industrie), lui a notamment donné la compétence d’analyticien. Or, l’analytique, qui ne s’apprend pas à l’école, nécessite, à la différence de l’audit, qu’il a pratiqué également, une grande compréhension des phénomènes et de la chaîne de production, beaucoup de curiosité et d’aller très au-delà des apparences.

Patrick Reymond a notamment écrit pour l’éditeur SMG, dans le “blog immobilier” et le “blog énergie”. Depuis le printemps 2009, son blog “La Chute”, au contenu et au ton résolument iconoclastes, passionne un nombre sans cesse grandissant de lecteurs, curieux des mutations de notre civilisation et insatisfaits des informations trouvées dans les grands médias.

Nous vous proposons aujourd’hui, en exclusivité, une étude de la crise immobilière française, que Patrick Reymond a bien voulu réaliser pour fortune.fdesouche.com (N.B. : cet article est libre de droits de citation et de reproduction ; nous demandons cependant à tout utilisateur de bien vouloir nous citer comme source). Lire la suite

Coûts de l’immigration : reconduites à la frontière, protection sociale des demandeurs d’asile et réfugiés

Dans le cadre de la préparation du projet de Loi de Finances pour 2010, la Commission des Finances du Sénat a produit, au terme d’une mission intitulée “Immigration, asile et intégration”, un rapport qui fournit une estimation précise du coût des reconduites à la frontière. Nous reproduisons ci-après l’extrait concerné.

De son côté, l’ANAEM (Agence Nationale de l’Accueil des Etrangers et des Migrations) réalise une étude annuelle sur la santé des demandeurs d’asile et des réfugiés. La dernière à avoir été mise en ligne, date de 2007. Elle comporte, entre autres données intéressantes, un chapitre relatif à la protection sociale qui, à défaut de comporter des données financières, indique qu’une large majorité des personnes concernées bénéficie de cette protection. Là encore, nous citons ce texte.

I – Quel coût complet pour les reconduites à la frontière ?

Au titre des reconduites à la frontière figurent 80,8 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. Ces coûts sont très importants, mais ne prennent pas en compte l’ensemble de ceux liés à la mise en oeuvre des mesures d’éloignement, comme le coût des « escortes » de police et de gendarmerie.

La dépense inscrite au sein du programme se répartit entre : Lire la suite

La mort annoncée de l’euro : une bonne nouvelle pour la Russie ?

Aujourd’hui directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales où il dirige le Centre d’Études des Modes d’Industrialisation (CEMI-EHESS), Jacques Sapir est un économiste de renommée mondiale. Il est intervenu à ce titre à de nombreuses reprises sur la question de l’avenir de la zone euro et de l’union monétaire européenne et s’est attaché à mettre au jour les causes profondes de l’impuissance des gouvernements européens à gérer efficacement une crise « grecque » qu’on a supposée à tort locale.

Mais il est avant tout un spécialiste reconnu depuis plus de 20 ans de l’économie russe, qu’il s’agisse de celle de l’URSS ou de celle de la transition à l’économie de marché. Il a enseigné en Russie à la Haute Ecole d’Economie de 1993 à 2000, et enseigne aujourd’hui à l’Ecole d’Economie de Moscou. Il a été l’un des rares à prédire le krach de 1998, ce qui lui a notamment valu d’être appelé à intervenir en tant qu’expert auprès de la Banque centrale de Russie, dans le cadre d’un Groupe de travail sur la sécurité financière.

Bref, nul ne paraissait mieux placé que lui pour répondre à une question qui ne semble pas empêcher outre mesure les économistes russes de dormir : en quoi la Russie est-elle concernée concrètement par la crise européenne ? Lire la suite

Hausse des salaires : la Chine va-t-elle fermer l’atelier du monde ?

L’empire du milieu réévalue à la hausse les salaires des Chinois sur fond de crise sociale. Si c’est une bonne nouvelle pour le marché intérieur chinois, les vendeurs de vêtements et accessoires au détail songent désormais à délocaliser vers des pays tels que le Vietnam et l’Inde, dont la main-d’œuvre est moins chère. La Chine peut-elle rester l’atelier du monde ?

Les vendeurs de vêtements et accessoires au détail, tels que l’américain AnnTaylor Stores Corp. et Coach Inc., songent à relocaliser une partie de leur production dans des pays bon marché. Même envie chez la marque Guess, qui compte désormais construire sa capacité de production au Vietnam, au Bangladesh, au Cambodge et en Inde.

Le coût de la main-d’oeuvre s’élève à 1,84 dollar par heure en Chine chez les producteurs de vêtements, en hausse de 14% en 2009. En Inde, la main-d’oeuvre se paie plus cher, à 2,99 dollars par heure, en hausse de 17% en 2009. La meilleure opportunité pourrait bien être le Vietnam où la main-d’oeuvre se paie 49 cents par heure avec une hausse de 2% en 2009.

Les récentes augmentations du salaire minimum ont fait augmenter le coût de la main d’œuvre chinoise de 5% à 15% en moyenne cette année (+20% dans la province de Guangdong).

Lire la suite

Les banques européennes se préparent au choc de liquidité

Le 1er juillet, les banques devront rembourser 442 milliards d’euros d’aide exceptionnelle accordée par la BCE, il y a un an. Les établissements financiers ont pris de l’avance dans leur programme de refinancement, mais tous ne sont pas dans la même position. A l’accès à la liquidité s’ajoutent les tensions sur le coût et ses répercussions sur le crédit.

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

Absorber le choc de liquidité. Dans à peine plus de deux semaines, le 1er juillet, les établissements financiers du Vieux Continent devront rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) 442 milliards d’euros pour sortir de la facilité de financement exceptionnelle qu’elle leur a accordée un an plus tôt. Et ce, alors que l’accès à la liquidité reste tendu, en dépit des quelques émissions obligataires réalisées la semaine dernière.

Lire la suite

La Chine va-t-elle nous bouffer ?

Philippe Cohen et Luc Richard livrent dans ” Le Vampire du Milieu “, une enquête saisissante sur l’envers du décor du modèle chinois. Non seulement l’économie de marché n’a pas converti la deuxième puissance mondiale à la démocratie, mais elle n’a pas amélioré la vie des Chinois…

La naïveté vis-à-vis de la Chine est-elle une tradition des élites françaises ?

Il y a quelques décennies, la fine fleur de l’intelligence revenait émerveillée de voyages très organisés dans quelques villages Potemkine du paradis maoïste. Depuis quelques années, le gratin des patrons français croyait avoir trouvé le paradis du capitalisme dans quelques mégalopoles côtières chinoises.

Alors que brille l’Exposition universelle de Shanghai et que la plupart des médias continuent de s’émerveiller de la réussite chinoise, l’enthousiasme retombe dans les milieux économiques français. Mais, comme chez nos ex-maos, le pressentiment de s’être fait piéger ne pousse pas nos entrepreneurs déçus à l’analyse publique.

Le passionnant et terrifiant livre écrit par (…) Philippe Cohen et Luc Richard, longtemps correspondant de Marianne en Chine, permet de comprendre ce qui s’est passé.

Ils nous avaient prévenus, il y a cinq ans, avec un premier ouvrage, ” La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? ” (Mille et Une Nuits), et ont, depuis, poursuivi leur enquête sur l’envers du décor de ce ” modèle chinois “, un système sans précédent : une dictature qui a misé sur la mondialisation sauvage, avec, comme atout décisif, un immense prolétariat esclave dressé par un demi-siècle de communisme.

Car là résidait le principal intérêt de la Chine aux yeux des financiers d’Europe et d’ailleurs : une main-d’oeuvre de 20 à 30 fois moins chère, leur permettant de s’affranchir d’un salariat occidental protégé.

Lire la suite

La crise va aggraver la délinquance

La politique d’austérité liée à la crise économique entraînera une hausse quasi automatique de la délinquance en France et le gouvernement aurait tort de réduire les moyens et les effectifs des forces de l’ordre: tel est le message de Nicolas Comte, réélu mardi à la tête du premier syndicat de police de France, Unité/SGP/Police.

Les plans de rigueur auront pour conséquence une hausse irrémédiable de la délinquance, il ne faut pas baisser la garde,” a-t-il dit mercredi. “Quand vous avez des taux de chômage extrêmement élevés, notamment dans des classes d’âge, chez les jeunes, cela a des conséquences sur le front de la sécurité,” ajoute-t-il.

Les policiers s’inquiètent à la fois du gel des dépenses annoncé par le Premier ministre François Fillon face à la crise de l’euro et de la poursuite de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Celle-ci doit entraîner la suppression d’environ 10.000 postes entre 2007 et 2012 en prenant en compte les recrutements prévus qui n’ont pas été réalisés, selon le syndicat. La police emploie environ 120.000 fonctionnaires.

Pour Nicolas Comte, il est clair que le métier de policier “va traverser une zone de tempête liée à la crise économique. On nous dit: ‘Nous ne pouvons pas toucher à la RGPP’. Mais la crise impose que l’ordre règne en France,” explique-t-il.

Lire la suite

Le NAIRU, ou comment ceux qui dirigent ont intérêt au chômage

L’euro est-il irréversible ? (extrait)

Par Gérard Lafay, professeur à l’Université de Paris 2 (Cet article est paru dans Les Echos, le 18 décembre 2001)

(…)

Les bons résultats économiques obtenus jusque l’an 2000 ont découlé de deux facteurs temporaires : d’une part, la remontée du dollar, imputable à la situation des États-Unis et à la politique monétaire de la Réserve fédérale, d’autre part, la baisse initiale des taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne en avril 99. La BCE s’est-elle alors convertie à une politique monétaire expansive ? Malheureusement non. Certes, elle prend apparemment en considération la croissance de l’économie, mais elle le fait en se référant à une conception erronée de la croissance potentielle.

C’est la raison pour laquelle, dès novembre 99, la BCE s’est lancée dans une série de sept hausses de taux d’intérêt, afin d’éviter que le chômage ne descende en dessous d’un plancher baptisé NAIRU (dans le cas de la France, ce plancher est estimé par la Commission de Bruxelles à 11%). Selon les théories des années 70 et 80, sur lesquelles se fonde la BCE, un tel taux plancher de chômage est exigé impérativement par la lutte contre le fantôme de l’inflation.

Lire la suite

La Cour des comptes épingle l’État sur l’aide aux banques

Les aides apportées par l’État aux banques françaises au plus fort de la crise financière en 2008 et 2009 pourraient finalement avoir un coût plus élevé que prévu pour les finances publiques, estime la Cour des comptes.

Dans un rapport sur les concours publics aux établissements de crédit, l’institution, chargée de contrôler les dépenses publiques, s’interroge sur l’opportunité pour l’État d’avoir débloqué une seconde enveloppe d’aide au secteur bancaire début 2009 alors que les résultats bancaires s’amélioraient.

Le bilan financier des concours publics doit être nuancé“, lit-on dans le rapport de la Cour des comptes. “A moyen terme, le bilan définitif peut s’avérer moins favorable pour les finances publiques, en raison de dépenses pérennes.” “La limitation de la plus-value réalisée par l’État lors des rachats par les banques des titres souscrits par la SPPE (Société de prise de participations de l’État, ndlr) doit aussi être relevée,” juge encore l’institution.

Le rapport de la Cour des comptes contraste avec les discours du gouvernement français et des dirigeants de banques qui ont jusqu’à maintenant martelé que le plan d’aide au secteur bancaire n’avait pas grevé le déficit budgétaire.

Les banques françaises et le gouvernement n’ont jamais cessé de rappeler que les aides, remboursées depuis par la plupart des établissements, s’étaient traduites par une recette budgétaire de plus de deux milliards d’euros.

L’État a indiqué que le plan de soutien aux établissements de crédit lui avait apporté deux milliards d’euros au titre de la garantie et des intérêts. Ce chiffre global doit être à la fois éclairé et nuancé,” souligne la Cour des comptes.

Lire la suite