La croissance asiatique à l’épreuve de la « trappe malthusienne »

Lors d’une récente conférence tenue à Bangkok, Haruhiko Kuroda (2015) a recensé trois faits stylisés à propos de la croissance asiatique. Premièrement, elle s’est poursuivie à un rythme régulier et très rapide au cours des dernières décennies. Alors qu’elle disposait du PIB par tête le plus faible à travers le monde en 1950, l’Asie a réalisé depuis les meilleures performances de croissance.

La crise asiatique de 1997-1998 n’a été qu’une parenthèse, dans le sens où les pays asiatiques ont su recouvrir rapidement leurs pertes en termes de revenu et de production. Le taux de croissance annuel moyen a été de 4 % au cours des six dernières décennies. Par conséquent, le PIB par habitant asiatique a été multiplié par 12 depuis 1950. Deuxièmement, il y a toutefois une forte hétérogénéité en termes de PIB par habitant d’un pays asiatique à l’autre.

Si Hong Kong, Singapour, Taïwan et la Corée du Sud jouissent aujourd’hui de niveaux de vie particulièrement élevés, la majorité des pays asiatiques sont des pays à revenu intermédiaire. Même ces derniers présentent des PIB par habitant très différents les uns des autres.

Troisièmement, les taux de croissance eux-mêmes ont été très hétérogènes d’un pays asiatique à l’autre. Le Japon enregistrait des taux de croissance à deux chiffres dans les années soixante, mais semble acculé à la stagnation depuis les années quatre-vingt-dix.
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Les meilleurs moyens de combattre l’extrême pauvreté

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En 1950, le revenu annuel des citoyens de la Corée du Sud et du Pakistan était sensiblement le même. Aujourd’hui, il est difficile de comparer les deux pays. Le revenu par habitant des Sud-Coréens a été multiplié par 23 depuis cette date, et celui des Pakistanais par 3 seulement.

Comment aider les pays les plus pauvres à reproduire le succès sud-coréen est l’une des plus importantes questions posée à l’heure actuelle à la communauté internationale. Améliorer les perspectives économiques permettra à des pans entiers de la population mondiale de bénéficier d’une meilleure santé, d’une éducation plus poussée, d’une vie plus longue et d’une vulnérabilité moindre face à de nombreux défis, dont les catastrophes naturelles.

Une grande partie des 169 cibles de développement proposées par les Nations unies pour les 15 prochaines années ont fondamentalement trait à une réduction de la pauvreté. Mais ces cibles ne sont pas toutes de valeur égale. Le Centre du Consensus de Copenhague, dont je suis le directeur, a récemment demandé à 60 équipes d’économistes d’évaluer les coûts et bénéfices de chacun des objectifs proposés, qui remplaceront en septembre prochain les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

A première vue, l’un des objectifs qui semble le plus louable – le plein emploi pour tous – est en fait l’un des moins souhaitables. Malheureusement, ce n’est pas un objectif, mais un rêve. Les économies ont besoin d’un certain taux de chômage pour permettre aux salariés de changer d’emploi et la plupart des gouvernements mettent déjà l’accent sur la création d’emplois.

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Pays émergents : Retour aux fondamentaux

Après 15 ans de battage médiatique, une nouvelle opinion commune s’est établie: les marchés émergents sont dans le pétrin. De nombreux analystes ont extrapolé une croissance rapide dans des pays comme le Brésil, la Russie, la Turquie et l’Inde dans un futur indéterminé, en les tenant pour les nouveaux moteurs de l’économie mondiale.

Aujourd’hui la croissance est en baisse dans la quasi-totalité d’entre eux ainsi que des investisseurs retirent leur argent, inspirés en partie par l’espoir que la Réserve fédérale américaine relève ses taux d’intérêt en septembre. Leurs monnaies ont chuté, alors que les scandales de corruption et d’autres difficultés politiques ont accablé le récit économique dans des endroits comme le Brésil et la Turquie.

Rétrospectivement, il est apparu clairement qu’il n’y avait en fait aucune logique de croissance cohérente dans la plupart des marchés émergents. Sous le vernis, on trouve en fait des taux de croissance élevés motivés non pas par une transformation productive, mais par la demande intérieure, à son tour alimentée par booms temporaires des matières premières et des niveaux non viables d’emprunts publics ou plus souvent privés.

Oui, il y a beaucoup d’entreprises de classe mondiale dans les marchés émergents et l’expansion de la classe moyenne est indéniable. Mais seule une part infime de la main-d’œuvre de ces économies est employée dans des entreprises productives, alors que les entreprises improductives informelles absorbent le reste.
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Chine : Bientôt des yuans dans toutes les poches ?

Première exportatrice mondiale, la Chine dépend du dollar pour ses échanges commerciaux, sa monnaie n’étant pas convertible. Une subordination financière — et politique — dont elle cherche à se dégager par une internationalisation du yuan. La monnaie chinoise est d’ores et déjà devenue la cinquième devise mondiale pour le commerce. M. Ding Yifan, conseiller du gouvernement, explique les étapes à franchir.

Dès le milieu des années 1990, avec la croissance du commerce entre la Chine et ses voisins, le renminbi (RMB), ou yuan, est devenu un moyen de paiement bien accueilli dans toute la région. Lors du sommet du G20 de novembre 2008 à Washington, M. Hu Jintao, le président d’alors, s’était engagé à diversifier le contenu en devises étrangères des réserves chinoises.

Dans la foulée, des mesures ont été prises pour promouvoir l’internationalisation du RMB ; et cela ne passe pas inaperçu. A la fin d’octobre 2014, le yuan est devenu une monnaie de réserve dans plus de cinquante pays et territoires.

Selon la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (Swift (1)), en décembre 2014, le RMB a remplacé les dollars canadien et australien au rang de cinquième monnaie de paiement du monde (2). Il se situe juste derrière le dollar américain (87 % des échanges internationaux (3)), l’euro (6,6 %), la livre sterling et le yen. Il totalise 2,17 % du marché mondial, au coude-à-coude avec la monnaie japonaise (2,69 %).
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Les médias numériques réduisent les capacités intellectuelles des enfants [Archive]

Manfred Spitzer, psychiatre et spécialiste du cerveau, met en garde les parents et les éducateurs. Le directeur médical de la Clinique psychiatrique universitaire d’Ulm, a déclenché avec son nouveau best-seller «Démence digitalisée, Comment nous perdons nous-mêmes la raison et la faisons perdre à nos enfants» et ses thèses pointues des échos violents dans les médias. Dans son livre, Spitzer étaie, par de nombreux diagnostics neurologiques et de nouvelles connaissances les faits décrits par des spécialistes sérieux des médias, que l’utilisation trop fréquente d’Internet peut rendre bête. Il n’a jamais vilipendé les utilisateurs adolescents et adultes d’Internet.

Dans une interview, il a répondu aux attaques venimeuses de la presse de la manière suivante: «Je n’en fais pas une pathologie, mais je constate: là où il y a des effets, il y a aussi des risques et des effets secondaires.»1 Spitzer ne met pas seulement en garde, il montre aussi ce que les parents, les enseignants et les politiciens peuvent faire pour protéger notre jeunesse.

Ce n’est pas une nouvelle connaissance que la consommation fréquente de la télévision par des enfants en bas âge, des jeux vidéo et des jeux violents pendant des heures, de téléphoner sans arrêt et d’envoyer SMS avec le portable, la publication insouciante de sentiments, de pensées et de photos dans des réseaux sociaux peuvent avoir des effets négatifs sur les pensées, le comportement et les contacts sociaux des enfants et adolescents.
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Pays-Bas : Amsterdam, une ville plus astucieuse que les autres ?

Énergie, transports, habitat, communications… Révolutionner l’organisation urbaine grâce au numérique: l’idée fait son chemin depuis une dizaine d’années. Avant-goût à Amsterdam, métropole pionnière.

C’est un péril imperceptible, et pourtant il pourrait faire sombrer Amsterdam, ville de carte postale aux canaux quatre fois centenaires, dans un cauchemar sans issue. Ce péril a un nom : le succès.

On vient de toute l’Europe pour étudier à Amsterdam, y implanter une start-up ou le siège social de son entreprise — fiscalité incitative oblige. En 2030, c’est-à-dire demain, l’aire urbaine du Stadsregio Amsterdam comptera 600.000 habitants de plus, franchissant le cap des deux millions de citoyens — un huitième de la population des Pays-Bas.

Le drame, c’est qu’Amsterdam est déjà une cité saturée. Impossible ou presque de l’étendre davantage, sauf à investir des parties désaffectées de l’immense port industriel (processus en cours dans le secteur de Nieuw-West) ou à bâtir de nouveaux quartiers résidentiels sur l’eau.
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Le pivot géographique de l’histoire

Pour saisir les enjeux actuels, un petit détour sur une des cartes de Halford J. Mackinder ne manque pas d’intérêt.

Quelques éléments d’explication : Mackinder nous dit : « La prise de contrôle de la région terrestre centrale par une nouvelle puissance se substituant à la Russie, ne tendrait nullement à réduire l’importance géographique de la position pivot ». (1)
Reprenant les mots de Mackinder et en poursuivant la logique de son propos à l’aune de la géopolitique récente et en cours, nous pourrions avancer ceci :
Si une puissance particulière parvenait à renverser la Russie, ou à la contrôler, celle-ci  pourrait constituer un péril menaçant la liberté du monde pour la seule raison qu’elle ajouterait une façade océanique aux ressources du Grand continent – un accès aux mers chaudes – avantage qui demeure jusqu’à présent interdit à l’occupant russe de la zone-pivot.

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Paris Baguette, la boulangerie coréenne met un premier pied dans la capitale

Cette chaîne de boulangerie sud-coréenne, qui surfe sur le savoir-faire à la française, compte 3.000 magasins dans le monde. Elle vient d’ouvrir une première enseigne à deux pas du métro Châtelet…

Le commerce a ouvert le 21 juillet dernier, en toute discrétion, à l’angle des rues Jean-Lantier et de la rue des Lavandières (1er arrondissement). Rien ne distingue Paris Baguette d’une autre boulangerie parisienne. La devanture est sobre et au comptoir, on retrouve les grands classiques de ce type de commerces: du pain, des viennoiseries, des sandwichs, des tartes, des salades…

226 m² près du métro Châtelet

Pourtant, Paris Baguette n’est pas tout à fait une boulangerie comme les autres. Il s’agit de la première enseigne en France du groupe coréen SPC qui compte près de 3.000 Paris Baguette à travers le monde. Le commerce, idéalement placé à deux pas du métro Châtelet, s’étend sur 226 m² et compte une quarantaine de places assises, précise le site snacking.fr.
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Inde : Le rêve d’une croissance à la chinoise

Ces dernières années, la Chine et l’inde ont toutes deux émergé en tant que superpuissances économiques mondiales, la Chine occupant toutefois la première place. Mais à l’heure où ralentit la croissance chinoise, et où la nécessité de réforme structurelle s’y fait de plus en plus pressante, les efforts du nouveau Premier ministre indien Narendra Modi en matière de réforme économique peuvent-ils lui permettre d’espérer voir l’Inde rattraper la Chine ?

Depuis les années 1980, la Chine connaît une croissance économique sans précédent, alimentée par une abondante main-d’œuvre à bas coût, de forts taux d’épargne et d’investissement, d’importantes réformes du marché, des politiques axées sur l’extérieur, ainsi que par une prudente gestion macroéconomique. Ses dirigeants aspirent désormais au statut de pays à revenu élevé, en développant pour cela des industries plus abouties sur le plan technologique.

Les performances économiques de l’Inde se sont révélées moins spectaculaires. La croissance économique a commencé à fortement s’accélérer au début des années 1990, grâce à la libéralisation du commerce et à d’autres réformes économiques. Ces réformes se sont par la suite relâchées, les déficits du budget et de la balance courante ont explosé, et la croissance annuelle du PIB est retombée aux alentours de 4 à 5%.

Conséquence, la Chine a pris de l’avance, son revenu par habitant ayant atteint 11 850 $ l’an dernier – soit plus que le double des 5.350 $ de l’Inde. La question se pose désormais de savoir si les efforts de Modi en direction d’une plus forte croissance permettront ou non de réduire cet écart de revenu au cours des prochaines décennies.

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Le Dessous des cartes : Japon, monde flottant

Trois ans après le tsunami, comment va le Japon ? Quels défis doit relever cet État insulaire ? Le Dessous des cartes revient sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima et étudie les fragilités de la troisième puissance économique mondiale.

Le Dessous des cartes (Arte France 2013)

L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

Par Harold James, professeur d’histoire à l’Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Les illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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Suisse : La confédération redoute une crise alimentaire sur son propre territoire

Qui l’eût cru, la nation à l’origine du géant planétaire Nestlé s’inquiète d’une possible crise alimentaire sur son territoire d’ici quelques années. Markus Ritter, le président de l’Union suisse des paysans (USP) redoute à terme des difficultés d’approvisionnement de la population suisse en denrées alimentaires. Une situation qui le cas échéant aurait des conséquences alourdies par l’absence de stratégie en la matière.

Rappelant qu’en 2050, neuf milliards de personnes vivront sur la Terre, Markus Ritter redoute que toute la population mondiale ne puisse être nourrie à cette date. La Suisse pourrait faire partie des « déshérités », ne disposant d’un taux d’auto-approvisionnement que de 54%.

Dans une interview publiée par la « Zentralschweiz am Sonntag », le président de l’USP exhorte le Conseil fédéral à indiquer comme évoluera le domaine de denrées alimentaires pour les prochaines décennies, et les adaptations prévues par la Suisse en vue de faire face aux difficultés prévisibles.

S’il considère que l’agriculture helvétique ne peut être intensifiée davantage, le président de l’USP propose que soient conclus des accords avec des pays disposant de beaucoup de terres cultivables et auprès desquels la Suisse pourrait s’approvisionner en cas de crise. Selon lui, le Brésil ou la France seraient des candidats potentiels pour de tels contrats.
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Mondialisation et régionalisation des flux migratoires

En ce début du vingt et unième siècle, les migrations internationales ont pris un essor sans précédent. Mais, à la différence du passé, ce ne sont plus les Européens qui ont émigré de par le monde, l’Europe étant au contraire devenue l’une des premières destinations migratoires, en proie à un déclin démographique, mais la planète entière qui est en mouvement, notamment les zones du sud.

De nouvelles destinations se sont fait jour, comme les pays du Golfe, le continent africain, certains pays asiatiques, tandis que des pays de départ sont devenus des pays d’accueil et de transit, comme l’Europe du sud, puis le Mexique, la Turquie et les pays du Maghreb.

Ces migrations se sont mondialisées depuis trente ans, et ont triplé depuis le milieu des années 1970 : 77 millions en 1975, 120 millions en 1999, 150 millions au début des années 2000, près de 240 millions aujourd’hui.

Ce processus va se poursuivre car les facteurs de la mobilité ne sont pas près d’avoir disparu : écarts entre les niveaux de développement humain (qui combinent l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie) le long des grandes lignes de fracture du monde, crises politiques et environnementales, productrices de réfugiés et de déplacés.
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Crise du Mali, deuxième partie : Les intérêts de la France

par Aymeric Chauprade

Au regard des intérêts de la France en Afrique, la décision d’intervention militaire française apparaîtra, je le crois, comme une bonne décision. Pour en juger, et comme toujours si nous voulons être fidèles à notre ligne réaliste, il faut être capable de s’élever au-dessus des partis pris politiques et idéologiques des uns et des autres. Chacun sait en effet que je me situe, sur le plan des idées, à des années-lumières des gouvernements qui se sont succédés en France ces trente dernières années, et que j’exècre, peut-être plus que tous ceux qui l’ont précédé, ce gouvernement qui mine les fondements de notre civilisation, accélère l’invasion migratoire, achève notre économie, et pousse à l’exil, par son fanatisme de l’Égalité, ce qu’il reste de créatif en France.

Il est arrivé souvent dans l’Histoire qu’une décision prise au nom de mauvaises raisons ait pu produire les résultats les plus positifs. N’est-il pas étrange de constater aujourd’hui qu’un président issu d’un camp que rien ne prédispose à la défense d’intérêts français en Afrique ait néanmoins pris une décision qui va peut-être améliorer sensiblement le statut de la France en Afrique ?

Car quelle était la situation de la France en Afrique avant cette affaire du Mali ? Plus précisément que devenait l’influence française en Afrique depuis le discours de la Baule du président Mitterrand, le 20 juin 1990 ?

La réalité est que, depuis la fin de la Guerre froide, et faute de vision géopolitique, la France n’a cessé de reculer en Afrique. En position défensive, sans vision ni anticipation, elle n’aura fait que subir la montée de l’influence américaine dans toutes ses anciennes colonies. Prise en tenaille entre ses devoirs européens et l’atlantisme, son influence s’est considérablement amoindrie outre-mer. D’un côté le discours de la démocratisation, de l’autre les magouilles du personnel politique (cette françafrique que l’on ne saurait confondre avec les intérêts légitimes de la France en Afrique) ; et bien sûr une montée en puissance des États-Unis sur le prétexte de la lutte contre le terrorisme islamiste, au début des années 2000…

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LEAP-GEAB : L’économie globale aspirée dans un trou noir…

…et la géopolitique mondiale chauffée à blanc.

GEAB N°67 (Septembre 2012)

Comme anticipé par LEAP/E2020 depuis la fin 2011, cette fin d’été 2012 marque le début du renouveau pour l’Euroland avec l’émergence d’une dynamique positive nourrie par deux phénomènes durables : d’une part, la mise en place opérationnelle progressive des instruments âprement discutés et décidés au cours des 18 derniers mois ; et d’autre part, l’étincelle visionnaire apportée par les changements politiques de ces derniers six mois qui ont replacé l’avenir de l’Euroland à moyen/long terme au cœur du processus décisionnel.

L’évolution de l’Euro ces dernières semaines offre une parfaite illustration du phénomène (1). Cela étant dit, l’Europe va être en récession pour les 6 à 12 mois à venir. Comme quoi la seule bonne nouvelle que nous annoncions dans le GEAB N°66 du mois de Juin 2012 est loin d’être miraculeuse. D’une certaine manière, c’est même le contraire, puisqu’il n’est désormais plus possible de cacher derrière le prétexte de la « crise de l’Euro ou de la Grèce » l’état tragique de l’économie mondiale.

Plus l’Euroland va avancer sur un chemin constructif, plus va se révéler le caractère « Potemkinien » (2) de la « santé » des économies US, chinoise, japonaise, brésilienne, …. L’arbre ne cachera plus la forêt, à savoir que toutes les grandes économies mondiales entrent simultanément en récession ou en croissance ralentie, entraînant la planète socio-économique et financière dans un trou noir.

Parallèlement l’été 2012 aura marqué une accélération majeure de la dislocation géopolitique mondiale avec un conflit syrien qui devient chaque jour plus dangereux pour le Moyen-Orient et le monde (3), une tension israélo-iranienne prête à exploser à tout moment et un test généralisé de la puissance US déclinante – de la Mer de Chine à l’Amérique latine en passant par l’ensemble du monde musulman. Le monde stratégico-militaire est chauffé à blanc comme l’illustre d’ailleurs la reprise massive des ventes d’armes au niveau mondial, avec les États-Unis fournissant 85% du total (4).

Évolution des ventes d’armes dans le monde et de la part des principaux exportateurs (2010-2011) – Source : New York Times, 08/2012

Pour ces raisons, LEAP/E2020 maintient son Alerte Rouge de Juin 2012 et estime que, d’ici la fin Octobre 2012, l’économie globale va être aspirée dans un trou noir sur fond de géopolitique mondiale chauffée à blanc. Autant dire que les semaines à venir vont, selon notre équipe, emporter la planète dans un ouragan de crises et de conflits sans précédent.
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États-Unis : Le krach asiatique de 1997, cause négligée de la crise américaine

Par Dean Baker, économiste, codirecteur du Center for Economic and Policy Research, Washington, DC.

Les États-Unis se plaignent souvent de la concurrence industrielle des pays d’Asie. Ils oublient qu’en 1997, quand la crise financière a ébranlé cette région du monde, ils lui ont imposé un traitement de choc tel que les États concernés se jurèrent de ne plus jamais se trouver en position de faiblesse. Ils ont donc décidé d’amasser des devises… en exportant vers les États-Unis.

Lorsqu’il s’agit d’analyser les déséquilibres dont souffre l’économie des États-Unis, la plupart des experts minorent l’impact – pourtant fondamental – du déficit commercial américain, voire s’en désintéressent totalement. Ils évoquent encore moins l’origine de ce déficit, conséquence directe du plan de sauvetage élaboré par le Trésor américain lors de la crise asiatique de 1997. Ce programme, mis en œuvre par le Fonds monétaire international (FMI), a pourtant conduit au gonflement de la bulle immobilière dont l’explosion, en 2007, a ébranlé le système financier.

Avant 1997, les États-Unis enregistraient des déficits commerciaux qui dépassaient à peine 1 % du produit intérieur brut (PIB). Dans l’esprit de l’administration Clinton, l’un des objectifs principaux de la réduction du déficit budgétaire était de provoquer une décrue des taux d’intérêt qui, à son tour, entraînerait une baisse du dollar. Un billet vert plus faible rendrait en effet les produits américains plus compétitifs sur le marché international, ce qui améliorerait le solde de la balance commerciale et stimulerait l’économie.

C’est d’ailleurs précisément ce qui s’était produit dans les deux années suivant l’élection de M.William Clinton à la Maison Blanche : le dollar chuta en 1993 et en 1994 ; le déficit se résorba par rapport au PIB (alors en croissance de 3 % par an).
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Le prochain axe de l’Asie

Le mois dernier, les dirigeants de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud ont accepté d’entamer des négociations à la fin de l’année sur un accord trilatéral de libre-échange.

Si les discussions aboutissent, il faudra redessiner la carte du commerce mondial. Un accord de libre échange qui compte respectivement les deuxième, troisième et douzième plus grandes économies (en termes de parité de pouvoir d’achat en 2011), avec une population de 1,5 milliard, diminuerait l’Union européenne et l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain (ALÉNA), comprenant les États-Unis, le Canada et le Mexique.

En effet, l’Asie du Nord-Est deviendrait le troisième axe principal d’intégration économique régionale, après l’UE et l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain (ALÉNA). Jusqu’ici, la région a été incapable d’institutionnaliser la coopération économique aussi vigoureusement que l’Europe et l’Amérique du Nord. Mais si les propositions discutées à Pékin le mois dernier se réalisent, l’accord de libre-échange  pourrait devancer l’ALÉNA dans son degré d’intégration et d’importance pour l’économie mondiale.

En outre, la formation d’un accord de libre-échange Chine-Japon-Corée du Sud va très probablement déclencher une réaction en chaîne. Par exemple, l’impulsion pourrait augmenter au Sud et stimuler l’ANASE, qui a des accords de libre-échange bilatéraux avec chacun des trois pays, à rejoindre le groupe. Une telle tournure des événements équivaudrait à établir la région de libre échange de l’Asie de l’Est, que l’ANASE+3 avait envisagée environ il y a dix ans. Si cela se produisait, d’autres pays – comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et surtout l’Inde – pourraient suivre le mouvement.

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Le made in Japan en berne : Les virages manqués de l’industrie électronique nippone

Tokyo, dans le luxueux quartier de Ginza, l’Apple Store ne désemplit pas mais le showroom de Sony, désespérément vide, ressemble davantage à un mausolée qu’à un temple de l’innovation. Tout un symbole. iPhone ou Galaxy à la main, le public n’a d’yeux que pour les nouveautés des entreprises étrangères, Apple, Samsung ou LG. Sacrilège au pays originel de la high-tech. Les Japonais en sont des amoureux convaincus. Élevés à l’excellence, ils se tournent d’emblée vers les produits les plus innovants. Seul hic, télévisions connectées, smartphones, tablettes et autres consoles ne sont plus proposés par leurs prestigieuses marques nationales. Résultats en berne. Sur l’ensemble de l’année, les “big five” – Sony, Panasonic, Sharp, NEC et Fujitsu – devraient cumuler une perte de près de 13 milliards d’euros ! A lui seul, Panasonic a perdu 7,5 milliards et Sharp près de 3 milliards. Pendant ce temps, Samsung et Apple généraient respectivement 11 milliards et 16 milliards d’euros de profits !

L’envolée du Yen

Le Japon a été durement frappé par le tsunami de mars 2011 qui a perturbé ses centres de production, en particulier dans l’électronique. Cette catastrophe a sérieusement affecté les géants nationaux du secteur”, rappelle Didier Coulon, directeur de la société d’études et de conseil Décision. Dans le nord-est du pays, plusieurs usines ont dû suspendre leurs activités momentanément. Ces mesures ont entraîné des pénuries de composants. Plusieurs mois sont passés avant le retour à des capacités de production normales. Autre difficulté : l’envolée du yen coûte cher au “made in Japan”. La guerre des monnaies ronge en effet la compétitivité des leaders du pays. Toyota, Nissan, Nikon en souffrent. Les acteurs de l’électronique n’y échappent pas. D’autres faiblesses plus structurelles complètent le tableau.

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EuroBRICS : un basculement dans l’équilibre du monde

Un certain nombre d’experts, dont le politologue franco-européen Franck Biancheri, prévoient pour les prochaines décennies d’importants changements dans l’ordre du monde. Il ne s’agit pas d’annoncer des évènements encore inattendus, mais de mettre en perspective un certain nombre de changements en profondeurs (dits aussi systémiques) que la plupart des observateurs constatent mais dont ils ne tirent pas encore de conclusions significatives.

Ces changements vont du plus attendu au plus inattendu. Parmi les premiers se situe la montée en puissance d’un bloc asiatique comprenant évidemment la Chine mais aussi les autres puissances régionales, Corée du Sud et Japon en premier lieu. Même si un accord politique parfait ne règne pas encore entre elles, inévitablement, leurs compétitions et échanges croisés feront de l’Asie un des principal pôle de restructuration du monde de demain. Il y a tout lieu de penser que l’Inde en fera partie.

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« Les États-Unis traversent une crise plus grave que l’Europe »

INTERVIEW – L’économiste américain Jeffrey Sachs soutient une réforme du système monétaire mondial avec un euro aussi important que le dollar.

William Smith Jewett (1812–1873), La terre promise - La famille Grayson

L’économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et professeur à l’université de Columbia, intervient aujourd’hui [jeudi 06 janvier 2011] au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », organisé à Paris par le ministre de l’Industrie Éric Besson, en présence de François Fillon et du premier ministre grec Georges Papandréou.

Père de la thérapie de choc libérale dans la Russie d’Eltsine, Sachs, qui a conseillé de nombreux gouvernements, s’est mué au fil des ans en croisé interventionniste de la lutte contre la pauvreté.

LE FIGARO. – L’Union européenne va-t-elle devoir sauver d’autres États membres cette année ?

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Mistral gagnant

Par Alexandre Latsa*

Lorsque la Russie a rendu public son souhait d’acquisition de Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) Mistral, la France a répondu par l’affirmative. Rapidement pourtant, des voix se sont élevées, exprimant des réticences à cette transaction. Ces réticences émanaient d’États impliqués dans des contentieux plus ou moins importants avec la Russie (Géorgie, États Baltes) et qui craignaient un risque de déséquilibre de la sécurité régionale, crainte accrue par le conflit d’août 2008 dans le Caucase.

Pourtant il semble irréaliste d’imaginer que la Russie de 2010 ait des intentions agressives envers un pays européen et ces réticences ont été interprétées comme une possible crispation de Washington, embarrassé par une acquisition de matériel aussi sensible. Mais le cadre est sans doute plus large et concerne l’évolution des rapports de force sur les mers, et l’affaiblissement de la domination militaire et maritime américaine, acquise durant la guerre froide. Pour mieux cerner la situation, il convient de comprendre l’utilité des Mistral et regarder dans quel contexte global la Russie souhaite cette acquisition.

Les BPC sont des outils de projection, permettant de réaliser depuis la mer des opérations terrestres. Multi-fonctionnels, ils peuvent servir au débarquement de troupes, à la lutte contre la piraterie maritime ou encore à des actions humanitaires. Le Mistral, qui appartient à cette classe BPC, peut transporter jusqu’à 1200 hommes, 16 hélicoptères, jusqu’à 120 véhicules (dont des blindés), deux aéroglisseurs et des navettes de débarquement.

Le navire comprend en outre des canons, des batteries de missiles, des installations médicales, et un centre de commandement. La forte capacité de projection et de déplacement sur des théâtres d’opérations lointains que permet ce BPC est essentielle pour la Russie qui ne possède plus à ce jour de matériel équivalent, depuis le retrait des navires de type Rogov, au début de la décennie.

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Le protectionnisme menace de faire son grand retour

Sur fond de guerre des monnaies et de reprise molle en Europe et aux États-Unis, les velléités protectionnistes s’expriment de plus en plus ouvertement.

La contrebande en automobile – Une arrestation

Carte postale du début du XXème siècle

Chassez le protectionnisme, il revient au galop. Il y a un an et demi, le G20 s’accordait à Londres sur un plan de relance de l’économie mondiale sans précédent. Hantées par le spectre de la Grande Dépression des années 1930, les vingt premières puissances économiques de la planète décidaient d’une coordination jamais vue de leurs politiques économiques et s’engageaient résolument contre toute forme de protectionnisme. Ce refus du chacun pour soi s’est révélé un vrai succès. La grande spirale déflationniste a été évitée. L’économie mondiale a renoué avec une croissance qui devrait atteindre 4,7 % en 2010, selon le FMI.

Mais cette reprise inégale – le chômage reste très élevé aux États-Unis et en Europe – suscite des impatiences et réveille les tentations protectionnistes.

Chacun pour soi

En faisant tourner la planche à billets, la Réserve fédérale fait plonger le dollar et inquiète de nombreux pays émergents qui interviennent massivement pour contrer une appréciation trop rapide de leurs monnaies. À quelques semaines du G20 de Séoul, les grandes zones économiques craignent un retour du chacun pour soi. « Les tensions sur les questions des changes s’accroissent et il y a même des signes indiquant que cela pourrait mener au protectionnisme », a déclaré vendredi Yoon Jeung-Hyun, le ministre sud-coréen des Finances.
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LEAP : 2010-2014, plongée dans la phase de dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 octobre 2010

(…) notre équipe présente la mise à jour annuelle des « risques-pays » face à la crise. Fondée sur une analyse intégrant cette année onze critères, cet outil d’aide à la décision a déjà fait preuve de sa pertinence en anticipant fidèlement les évolutions des douze mois passés.

L’identification, début 2009, d’une nouvelle phase de la crise (la phase de dislocation géopolitique mondiale) avait imposé de prendre en compte de nouveaux paramètres (neuf indicateurs avaient été retenus en 2009) pour intégrer efficacement les tendances qui refaçonnent le système global (1). En cette fin 2010, [le] LEAP estime désormais que les différents pays de la planète sont entraînés dans une plongée collective au sein de cette phase de dislocation géopolitique aux aspects socio-économiques et stratégiques (2).

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Attaques inutiles contre le yuan

Alors que de nombreux pays pratiquent la dévaluation compétitive, dans la guerre des monnaies c’est la Chine qui se trouve dans le rôle du méchant.

Alors même que plusieurs pays – Japon, Suisse, Corée du Sud, Brésil – sont intervenus sur le marché des changes pour faire baisser la pression sur leur monnaie, et d’autres – Israël, Inde, Thaïlande, Australie – s’apprêtent à en faire autant, elle se trouve dans le rôle du principal accusé d’avoir volontairement sous-évalué sa monnaie. Une forme de concurrence déloyale qui lui permet d’inonder le monde de produits à prix cassés et de constituer des excédents commerciaux gigantesques. Aussi, au lieu d’investir et de dynamiser l’activité économique tant au pays qu’à l’étranger, elle se constitue une montagne de réserves.

C’est sur cette toile de fond que des nombreux politiciens, économistes et faiseurs d’opinion exigent une réponse musclée contre le géant asiatique.

Surtout aux États-Unis qui, au cours des sept premiers mois de l’année, ont importé du «Made in China» pour 193 milliards de dollars, contre des exportations de seulement 48,6 milliards. Dans un pays qui peine à se relever de la récession, où le chômage dépasse les 10% et qui, de surcroît, est à la veille des élections nationales, l’idée est populaire. Une fois n’est pas coutume, les démocrates se sont alliés à l’opposition républicaine et ont voté une loi qui prévoit de surtaxer les produits chinois.

Rien ne dit que Washington passera aux actes. Des menaces brandies maintes fois sont restées sans suite. Et pour cause: deux tiers des exportations chinoises sont le fait des multinationales américaines et Washington n’agira pas contre leurs intérêts. Les entreprises comme Apple, HP, Nike et Wal-Mart en seraient les plus grands perdants. Puis, sanctionner les produits en provenance de Chine serait un autogoal (but marqué contre son camp, NDLR); les consommateurs américains paieront quatre fois plus pour les produits fabriqués aux États-Unis.

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Le marché des changes, nouveau champ de bataille

Alors que le dollar poursuit sa baisse sur les marchés, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde mercredi les pays tentés par l’utilisation de la faiblesse de leur monnaie comme arme économique, en expliquant qu’une telle politique pourrait compromettre la reprise économique.

Décideurs et investisseurs s’attendent à ce que la Réserve fédérale américaine annonce avant la fin de l’année de nouvelles mesures de soutien à l’économie qui pourraient affaiblir le dollar. Parallèlement, la Chine a poliment refusé ces derniers jours de laisser sa monnaie, le yuan, s’apprécier plus rapidement.

Les changes seront donc en tête de l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres des Finances du G-7 vendredi à Washington, en marge des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.

Mais rares sont ceux qui espèrent que des mesures concrètes déboucheront des discussions dans la capitale américaine.

Le dollar amplifiait son recul mercredi, inscrivant un plus bas de huit mois et demi face à un panier de référence composé de six autres grandes devises et touchant un nouveau plus bas de 15 ans face au yen.

Cette tendance, observée depuis plusieurs semaines, a déjà poussé le mois dernier la Banque du Japon à intervenir sur les marchés en achetant des dollars pour faire baisser le yen, dont l’appréciation continue pénalise les exportateurs nippons. La Banque du Japon a accéléré le mouvement mardi en ramenant son principal taux à zéro.

Et certains pays émergents, comme la Corée du Sud ou le Brésil, ont emboîté le pas au Japon ou menacent de le faire, par des voies différentes.

« Il y a clairement l’idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique) », a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un entretien au Financial Times.

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L’empire américain est ruiné par ses guerres

Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.

Le président américain Barack Obama a qualifié d’étape importante, dans le rétablissement de la santé économique de l’Amérique, le budget de 3.800 milliards de dollars US qu’il vient de soumettre au Congrès.

En fait, il s’agit d’une nouvelle forte dose donnée à un malade souffrant d’une grande dépendance à une drogue dangereuse : la dette.

Plus d’empires sont tombés à cause d’une politique budgétaire inconsidérée, qu’en raison d’une invasion. Le dernier exemple en a été donné par l’Union soviétique, qui s’est ruinée en achetant des chars.
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Comment le marché libre conduit au retour des famines

Le dernier article de The Economist sur les évolutions mondiales de l’agriculture donne involontairement des arguments aux critiques de la libéralisation des échanges : ruée sur les terres des pays pauvres, volatilité des prix, et surtout succès des politiques nationales pour l’autosuffisance alimentaire. Laurent Pinsolle vous en dit plus.

Dans son édition du 21 novembre, The Economist se penche sur le thème passionnant de l’agriculture et se demande comment nous allons faire pour nourrir le monde. S’il soutient la déréglementation, l’hebdomadaire ultralibéral donne pourtant des arguments à ses opposants.

Bien évidemment, ce dossier est l’occasion pour la revue britannique de se lamenter sur les limites mises aux mécanismes du marché.

En effet, devant l’envolée du prix des produits agricoles en 2007, de nombreux pays ont pris des mesures radicales, comme l’interdiction des exportations, ce qui, par ricochet, a provoqué de graves crises dans les pays importateurs. L’envol des prix a provoqué une hausse historique d’environ cent millions du nombre de personnes mal nourries dans le monde.

The Economist se fait l’avocat de la libéralisation des marchés agricoles et appelle à la suppression des barrières douanières récemment mises en place.

Pourtant, ce dossier montre bien que les mécanismes du marché aboutissent aux drames que nous avons connus depuis quelques mois. En effet, la “main invisible” a abouti à une concentration de la production qui rend plus volatiles les cours des produits agricoles, menaçant les populations les plus pauvres de la planète. Lire la suite

Le pentecôtisme, bras armé de l’impérialisme américain en Afrique subsaharienne ?

Le pentecôtisme, courant de l’évangélisme issu des États-Unis et connu pour ses manifestations liturgiques de masse très démonstratives, mais également ses méthodes fortement matérialistes, connaît un fort développement en Afrique Noire, comme dans le reste du monde.

Associé à l’image de Simone Gbagbo ou à une certaine extrême droite américaine (proche de l’ancien président George W. Bush), il est souvent vu comme un instrument de l’impérialisme US, chargé de propager à coup de prosélytisme leurs valeurs et leur vision du monde. Cependant, sur le terrain, le pentecôtisme africain obéit à des dynamiques un peu plus complexes que cette vue manichéenne ne pourrait le laisser penser.

Une implantation centenaire

Le pentecôtisme naît au début du XXème siècle aux États-Unis (en 1901 dans une église blanche du Kansas et en 1906 dans une église noire de Los Angeles) et au Royaume-Uni, d’une dissidence au sein d’églises réformées. Son dogme est fondé sur une interprétation littérale de la Bible, mais ce qui le différencie des autres mouvements protestants est l’importance accordée au « baptême par le Saint-Esprit », manifesté par les charismes (ou dons de Dieu aux croyants) et le lien direct et intime entre Dieu et le croyant.

Très vite, des missionnaires pentecôtistes arrivent en Afrique anglophone, par le biais de la colonisation britannique, notamment en Afrique du Sud, au Liberia et au Burkina Faso. Ceci est facilité par la création, dès 1914, des Assemblées de Dieu, fédération de communautés pentecôtistes américaines, disposant d’une puissante branche missionnaire qui fait de l’Afrique de l’Ouest son terrain privilégié d’évangélisation. Des Assemblées équivalentes apparaissent en Europe de l’Ouest et du Nord au milieu du XXème et vont envoyer des missions en Afrique Centrale. Ceci va résulter en la création d’églises nationales africaines autonomes, qui elles mêmes vont évangéliser les pays voisins. En parallèle, vont apparaître des églises totalement indépendantes et de taille très variable, comptant parfois quelques fidèles autour d’un pasteur.

Après une période d’ « institutionnalisation », un renouveau pentecôtiste est perceptible dès les années 1970, suivant celui observé en Amérique du Sud, d’abord marqué au sein des pays anglophones (Nigeria, Ghana) puis francophones (les deux Congo). Enfin, plus récemment, et avec moins de succès, le pentecôtisme tente de pénétrer les pays musulmans comme le Sénégal et le Maghreb.

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Le virus mutant de la crise

Entretien avec Jacques Sapir

1.- Vous affirmez que l’on ne doit pas confondre le capitalisme et le marché. Quelle est la différence entre l’économie capitaliste et l’économie de marché ?

On a en effet souvent tendance à confondre ces deux notions. Or elles ne sont pas synonymes. Le marché, pris au sens théorique du terme, est un mode de coordination, mais il n’est pas le seul. On constate que, partout où l’on trouve des marchés, on trouve aussi d’autres modes de coordination, comme les réseaux et les hiérarchies, et surtout des institutions sans lesquelles les marchés ne sauraient fonctionner.

Au sens strict du terme, une économie de marché utiliserait uniquement le « marché » comme mode de coordination. Les entreprises n’y existeraient pas. Dans un sens moins strict, on utilise souvent le terme en opposition à « économie mixte » ou encore à « économie planifiée » en oubliant que, dans ces économies, les marchés sont aussi présents. Le problème, avec ceux qui parlent d’économie de marché, est qu’ils ne savent pas à quels marchés ils font référence, et qu’ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que certains marchés sont des institutions et parfois même, comme dans le cas des Bourses du monde entier, des entreprises. L’économie de marché, au sens d’une économie entièrement régie par le principe du marché, me semble une impossibilité théorique. Elle relève d’une utopie libérale, au même titre que la société sans classes et sans État.

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Le FMI propose un plan d’austérité aux pays du G20

Les pays membres du G20 sont appelés à signer un plan de relance économique qui nécessiterait 20 ans de réductions de coûts et de hausses des impôts.


Des sources indiquent toutefois à La Presse Canadienne que les représentants de ces pays se font tirer l’oreille.

Le plan de relance a été ébauché par le Fonds monétaire international (FMI) en réponse à une demande du G20. Il affirme que si les pays riches veulent stabiliser leur santé financière, ils devront effacer leurs déficits, équilibrer leurs budgets et engranger des surplus jusqu’en 2030.

Cela entraînerait un gel des dépenses en santé, tandis que les régimes de retraite seraient amincis, que les dépenses de programmes seraient gelées et que les impôts seraient augmentés.

Les membres du G20
1. Afrique du Sud 11. France
2. Allemagne 12. Grande-Bretagne
3. Arabie Saoudite 13. Inde
4. Argentine 14. Indonésie
5. Australie 15. Italie
6. Brésil 16. Japon
7.

Canada

17. Mexique
8. Chine 18. Russie
9. Corée du Sud 19. Turquie
10. États-Unis 20. Union européenne

Les analystes affirment que le Canada s’est déjà livré à cet exercice pendant les années 90, et qu’il est donc bien placé pour donner l’exemple aux autres membres du G20 lors du sommet à Toronto le mois prochain.

La Presse Affaires

Ce n’est pas la fin de la crise !

Par Nouriel Roubini

On peut interpréter les crises financières comme le fait Nassim Taleb en disant que ce sont des “cygnes noirs,” des événements imprévus et imprévisibles qui changent le cours de l’Histoire. Mais dans mon nouveau livre sur les crises financières, Crisis Economics, qui couvre non seulement la crise récente mais une douzaine d’autres tant dans les économies avancées que dans les marchés émergents, je montre que les crises financières sont en fait prévisibles. Ce qui se passe maintenant, la seconde phase de la crise financière mondiale, était tout aussi prévisible.

Les crises sont la conséquence inévitable de l’empilement de vulnérabilités et de risques macroéconomiques, financiers et politiques : des bulles des actifs, des prises de risques excessives et un recours excessif à l’effet de levier, le boom du crédit, une politique monétaire relâchée, un manque de contrôle effectif et de régulation du système financier, la cupidité et des investissements trop risqués des banques et des autres institutions financières.

L’Histoire montre qu’au bout d’un certain temps les crises financières se métamorphosent. Celle que nous avons récemment subie a été initiée par une dette excessive et un recours excessif à l’effet de levier parmi les acteurs du secteur privé (les ménages, les banques, les institutions financières et les entreprises). Cela a abouti à un nouvel endettement externe du secteur public, alors que les plans de relance budgétaire et la collectivisation des pertes privées (les plans de sauvetage) ont accru dangereusement les déficits budgétaires et le volume de la dette publique.

La relance budgétaire et les plans de sauvetage ont peut-être été nécessaires pour éviter que la Grande récession ne se transforme en une Grande Dépression II, mais quand à la dette privée on ajoute une dette publique, la note à payer est élevée. Hausse des impôts et baisse des dépenses sont alors indispensables pour combattre déficits et dettes colossales. Passage obligé pour éviter une crise budgétaire, l’austérité freine la reprise économique à court terme. Si l’on ne lutte pas contre le déficit budgétaire par la baisse des dépenses et l’augmentation des rentrées d’argent dans les caisses de l’État, il reste seulement deux options : l’inflation pour les pays qui font des emprunts dans leur propre devise et peuvent de ce fait monétiser leur déficit, et le défaut de payement pour les pays qui empruntent des devises étrangères ou ne peuvent imprimer la leur.

Les événements récents en Grèce, au Portugal, en Irlande, en Italie et en Espagne constituent la deuxième phase de la crise financière. La collectivisation des pertes privées et le relâchement budgétaire destiné à stimuler les économies en chute libre ont abouti à un déficit budgétaire et à une dette publique d’un niveau inquiétant. La crise financière n’est donc pas encore terminée, elle a simplement atteint une nouvelle phase, particulièrement dangereuse.

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LEAP : les cinq séquences de la phase de dislocation géopolitique globale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 mars 2010

En cette fin de premier trimestre 2010, au moment où sur les fronts monétaires, financiers, commerciaux et stratégiques, les signes de confrontations se multiplient au niveau international, tandis que la violence du choc social de la crise se confirme au sein des grands pays et ensembles régionaux, le LEAP/Europe2020 est en mesure de fournir un premier séquençage anticipatif du déroulement de cette phase de dislocation géopolitique mondiale.

Hercule capturant Cerbère, par Hans Sebald Beham, 1545 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir

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L’horizon de la présidentielle de 2012 et le piège de la personnalisation du débat

Par Jacques Sapir

Telle qu’elle se dessine aujourd’hui, l’élection présidentielle de 2012 risque d’être marquée par un trop-plein de candidats compensé par une pénurie de programmes. Pourtant, nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise économique que l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise géostratégique et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des conséquences considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans les pays développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne sont pas durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenables ».

Cette situation appelle des réponses radicales, et qui pourtant sont de bon sens. Aujourd’hui, être extrémiste c’est être réaliste. Il convient donc de laisser le choc des ego aux magazines people et apparentés. Non que l’on sous-estime la question des personnalités. Elle a sa place dans la définition de ce que devrait être un candidat idéal. Mais elle passe après la question du programme. De cette question, nous avons à peu près un an pour en discuter.

I. De « l’inévitable » et pourtant fort contestable austérité.

De toute part, on nous présente l’austérité comme un choix inévitable. L’argument du déficit budgétaire, qui nous a déjà été servi ad nauseam, sert bien évidemment de prétexte. Alors même que la démographie connaît en France un redressement notable, on veut aussi tailler dans les retraites. Enfin, la précarisation du travail, dans le secteur privé comme dans le secteur public, est plus que jamais à l’ordre du jour. Tous ces choix nous sont présentés comme le produit d’évolutions inéluctables. Pourtant, ils sont tous extrêmement contestables.

Sur la question du déficit budgétaire, il faut savoir que son augmentation est pour une large part due à ce qu’il nous faut emprunter à plus de 3% (3,45% en moyenne) alors que l’on n’attend pas, même dans les rêves les plus fous de Mme Lagarde, une croissance au-dessus de 2%. Or, dans le même temps, les banques se refinancent auprès de la BCE (comme d’ailleurs auprès de la Réserve Fédérale américaine et des autres Banques Centrales des pays développés) à des taux oscillant entre 1% et 0,5%. Serait-ce du fait de la meilleure qualité des dettes privées par rapport à la dette publique ? Poser cette question, c’est y répondre, et par un immense éclat de rire.

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L’Europe risque une nouvelle récession

Simon Johnson, ex conseiller économique auprès du FMI, analyse l’éventualité d’un recours à cette institution pour venir en aide à la Grèce, comme certains l’envisagent aujourd’hui. Outre le fait que les règles du FMI ne sont pas adaptées à une intervention en faveur d’un membre d’une union monétaire, et qu’une telle intervention nécessiterait – entre autres – de recueillir l’assentiment de la Chine et des USA, la crédibilité et le statut de l’Union au plan international en sortiraient grandement amoindries, avertit-il. Pourtant, il faut agir vite, selon lui, car les produits dérivés adossés à la dette souveraine – toujours pas régulés – pourraient à nouveau déclencher une cascade de réactions en chaîne incontrôlables.

Une remarque [de ContreInfo]. La sortie de crise ne dépend pas de cette seule et inconfortable alternative : financement par l’Europe ou par le FMI. Les Etats ont fort obligeamment accepté de garantir les émissions de dette des banques à l’automne dernier. Ils pourraient aujourd’hui pratiquer de même pour sauver la mise des nations menacées.

"J'admire ces gens qui sont capables d'anticiper une récession..."

La réunion totalement inutile du G-7 de cette fin de semaine [les 5 et 6 février 2010 à Iqaluit, au Nunavut], n’a eu pour effet que de souligner le fait que l’Europe entre à nouveau dans une grave crise économique.

A l’issue de la réunion d’hier, le secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a déclaré aux journalistes : « je veux simplement souligner qu’elles ont clarifié – elles, c’est à dire les autorités européennes – qu’elles vont gérer cette [ crise de la dette grecque] avec une grande attention. »

Mais les Européens ne font pas preuve d’attention – et, désormais, il ne s’agit plus seulement de la Grèce. Les inquiétudes au sujet de la dette publique et des engagements du secteur public (par exemple, si les systèmes bancaires sont en grande difficulté) se sont étendues dans la zone euro à l’Espagne et au Portugal. L’Irlande et l’Italie seront les prochains pays sur la liste dont la situation sera réexaminée de façon hostile par les marchés, et le Royaume-Uni pourrait n’être pas très loin derrière.

Que font les pays européens les plus forts, plus précisément l’Allemagne et la France, pour contenir la peur auto-réalisatrice que les pays les plus faibles de la zone euro ne soient en mesure d’honorer leur dette – raison de la panique qui fait monter les taux d’intérêt et rend encore plus difficile pour ces gouvernements d’assumer leurs engagements ?

Les pays européens disposant de ressources financières ne font rien – si ce n’est insister pour que tous les pays sous pression réduisent leurs budgets rapidement et selon des modalités qui sont probablement, politiquement, infaisables. Ce genre d’austérité budgétaire a directement contribué à précipiter le déclenchement de la Grande Dépression des années 1930.

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Les chantiers navals sud-coréens perdent leur première place mondiale

L’année 2009 marque la fin d’une époque pour la construction navale sud-coréenne. Elle a perdu la première place mondiale qu’elle occupait depuis février 2000, au profit de la Chine. Entre le 1er janvier et le 9 novembre, les chantiers chinois ont reçu 52,3% des commandes passées, contre 31,8% pour ceux de Corée du Sud.

Le boom de la construction navale durait depuis 2003. Tandis qu’ils enregistraient, avant 2008, une dizaine de commandes chaque mois, les géants Hyundai Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering (DSME) n’en ont reçu aucune en octobre. Samsung Heavy Industries n’en a obtenu que trois. Le revirement de tendance a déjà causé les cessations de paiements de deux petits chantiers, SNC Shipbuilding et C & Heavy Industries.

Le secteur est très affecté par la baisse du commerce mondial. En 2009, celui-ci devrait se contracter de plus de 10% en raison de la crise économique, un chiffre “sans précédent”, a averti à Séoul, lundi 7 décembre, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Lire la suite

Les banques US nous préparent une énorme bulle monétaire

Alimentées par les crédits à «taux zéro» de la réserve fédérale américaine, les grandes banques spéculent en Asie… construisant une bulle qui, selon les autorités chinoises et allemandes, pourrait bien précipiter l’économie mondiale toute entière dans une nouvelle crise !

Aux États-Unis, on prête gratis ! Depuis mars dernier, où la Réserve fédérale a ramené ses taux jusqu’à presque atteindre zéro, les grandes banques déversent des milliers de milliards de dollars dans les économies asiatiques.

Résultat : les monnaies et bourses de la région connaissent une croissance exponentielle… et totalement artificielle ! Une nouvelle «bulle asiatique» se forme et menace déjà de craquer.

«La politique monétaire américaine a gravement affecté les cotations, alimenté la spéculation sur les marchés d’action et de biens, tonnait le 16 novembre au Forum de la Finance Liu Mingkang, principal régulateur bancaire chinois. Elle a véritablement créé un nouveau risque d’empêcher la reprise de l’économie mondiale, notamment dans les marchés émergents.»

Depuis mars, si la Chine s’est quelque peu protégé de ces manoeuvres, la monnaie coréenne a pris 36,5% face au dollar. Un record battu par le real brésilien qui a subi une envolée de 41,5% sur la même période : de quoi plomber toute exportation… et l’éventuelle reprise qui va avec !

Ben Bernanke croyait réussir à calmer les turbulents asiatiques d’une petite déclaration publique : «nous portons la plus grande attention aux conséquences de taux de change sur les prix, assurait le patron de la Réserve fédéral américaine. Nous continuerons de veiller à tenir notre mission d’assurer le plein emploi et la stabilité des prix.» Manque de chance, les Européens aussi commencent à s’inquiéter.

Samedi 21 novembre, le Financial Times rapportait les inquiétudes du très expérimenté ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble : «plus probable aujourd’hui est un scénario dans lequel un excès de liquidités crée une nouvelle [espèce de] bulle spéculative mondiale

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Le grand Monopoly mondial des terres agricoles

Incapables de nourrir leurs larges populations avec leur seule production domestique, certains pays se lancent dans de vastes opérations d’achat de terres cultivables à l’étranger.

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Depuis 2007 et la forte hausse des matières premières agricoles, qui a provoqué les émeutes de la faim, l’acquisition des terres cultivables est devenue la priorité numéro un de nombreux pays du globe, pour assurer leur autosuffisance alimentaire.

Au premier rang d’entre eux, la Chine. «Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, la Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale», explique un consultant agricole, Axel de Martene. Lire la suite

La bulle financière inquiète Nouriel Roubini

Elle n’en finit pas de susciter des interrogations chez les économistes et dans la Presse. Après Le Monde, c’est L’Expansion qui évoque le spectre de cette fameuse bulle et cite, cette fois, l’augure américain Nouriel Roubini.

Deux ans après l’effondrement des subprimes, de nouvelles “bulles” financières se forment à nouveau. Avec un mot magique : “carry trade”. Dollar faible et liquidités abondantes facilitent en effet cette lucrative opération spéculative. Décryptage.

Depuis quelques mois, tout monte ! Aussi bien les marchés boursiers asiatiques, que les marchés obligataires et les matières premières. Le dollar australien a pris 35% par rapport au billet vert depuis janvier. Les places financières de Brésil et de Hong Kong ont respectivement flambé de 72 et 51%. Et de l’aveu même des autorités de Pékin, le secteur immobilier chinois connaît lui un début de surchauffe.

A l’image de Nouriel Roubini, aka Docteur Catastrophe, certains experts n’hésitent pas à qualifier le phénomène de bulle. Explications. Lire la suite

Qui sont les accapareurs de terres agricoles à l’étranger ?


Avec tout ce qu’on entend sur la “sécurité alimentaire” et les déclarations déformées des médias (cf. « La Corée du Sud achète la moitié des terres de Madagascar » – en fait, il ne s’agissait pas de la Corée du Sud, mais de Daewoo Logistics), il n’est sans doute pas évident pour tout le monde que les principaux responsables de l’actuel accaparement des terres ne sont pas les pays ou les gouvernements, mais les grandes entreprises.

L’attention s’est vraiment focalisée sur le rôle d’États comme l’Arabie Saoudite, la Chine ou la Corée du Sud, alors qu’en réalité, même si les gouvernements facilitent les accords, ce sont des entreprises privées qui prennent le contrôle de la terre.

Et leurs intérêts ne sont tout simplement pas les mêmes que ceux des gouvernements.

« Ce sera une initiative privée. »

Amin Abaza, ministre de l’Agriculture d’Égypte, dans son exposé aux autres nations africaines sur les acquisitions de terres agricoles en Égypte, lors de la Journée mondiale de l’alimentation de 2009

Prenons un exemple. En août 2009, le gouvernement de l’île Maurice a, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, obtenu un bail à long terme pour 20 000 hectares de terre agricole fertile au Mozambique pour y produire du riz pour le marché mauricien. Il s’agit bien d’une externalisation de la production alimentaire, cela ne fait aucun doute.

Mais ce n’est pas le gouvernement mauricien qui va, au nom du peuple mauricien, cultiver cette terre et rapatrier le riz dans l’île. Le ministère mauricien de l’Agro-industrie a en effet immédiatement sous-loué la terre à deux grandes entreprises : l’une, singapourienne, tient beaucoup à développer des marchés pour ses semences propriétaires de riz hybride en Afrique ; l’autre, du Swaziland, est spécialisée dans la production de bétail, mais aussi engagée dans la production d’agrocarburants dans le sud de l’Afrique (voir GRAIN, “L’île Maurice en tête des acquisitions de terres rizicoles en Mozambique”, Oryza hibrida, 1er septembre 2009). Bref, une situation tout à fait courante. Lire la suite