Les radars «double sens» flasheront dès lundi

Le gouvernement veut faire repartir la mortalité routière à la baisse. En août, 355 personnes ont été tuées sur les routes.

Les radars fixes équipés de la fonctionnalité «double sens» commenceront à flasher les automobilistes à partir de lundi. Dans le cadre du plan de lutte contre la mortalité routière en hausse, annoncé le 26 janvier par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, 111 radars, dans 18 départements, ont été équipés de la fonctionnalité «double sens» permettent de contrôler la vitesse des véhicules sur deux voies de circulation en sens opposé.
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Cyber Guerilla – Hackers, pirates et guerres secrètes

En moins de dix ans, le réseau internet est devenu accessible à tous. Les grandes puissances mondiales se préparent à la guerre sur Internet. Les services secrets recrutent des pirates informatiques. Ceux que l’on appelle les hackers vont être aux avant-postes de ces cyber conflits.

Spams, escroqueries, attaques d’ordinateurs zombies, diffusion de virus destructeurs, autant de moyens pour faire fortune aux dépens des citoyens utilisateurs et des grandes corporations. La gradation du crime sur Internet est à l’image du média lui-même : une foire où la créativité individuelle ou collective prend des formes toujours plus étonnantes.

Russie, USA, Estonie, Israël, cette enquête mène le téléspectateur sur les points chauds où les hackers et les gouvernements s’affrontent.

La Chine ne manque pas seulement de matières premières, mais aussi de terres arables

On estime à 9 % la part de la Chine dans le total des terres arables du monde. Avec quoi elle doit nourrir 20% de la population mondiale.

Vue aérienne de l’urbanisation près de Pékin

Le total des terres arables de la Chine est à peine supérieur à 120 millions d’hectares, qui est, pour les autorités chinoises, une ligne rouge à ne pas franchir. C’est ce niveau qu’elles considèrent comme la surface minimale pour subvenir aux besoins alimentaires des Chinois.

Le gouvernement chinois vient d’annoncer la mise en valeur de plus 50 millions d’hectares supplémentaires d’ici à 2020. C’est une des voies praticables pour résoudre le problème de la pénurie des terres arables.

Une autre voie, c’est un contrôle plus rigoureux de l’urbanisation.

Depuis la fin des années 1940, 600 villes sont sorties de terre, dont 90 comptent aujourd’hui plus d’un million d’habitants. L’urbanisation du pays est une tendance irrépressible. En Chine comme partout ailleurs dans le monde et en tout temps, elle accompagne le développement économique. Mais par sa puissance, le marché immobilier a souvent procédé au détriment de l’agriculture en construisant sur des terres cultivables. Et l’urbanisation progresse le plus vite dans l’est du pays, là où précisément se trouvent ces terres.

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Grèce, année zéro (Docu)

Depuis qu’elle a été contrainte par l’Union européenne et le FMI, en 2010 et 2011, à des réformes et des économies drastiques en échange de prêts de 240 milliards d’euros, la Grèce est volontiers présentée, en France, comme une victime de l’Europe. En Allemagne, à l’inverse, on la considère largement comme responsable des tourments de la zone euro.

Jean Quatremer et Pierre Bourgeois sont partis à la rencontre de Grecs de toutes conditions sociales, depuis les citoyens ordinaires qui, à Patmos comme à Athènes, ont souffert des mesures d’austérité, jusqu’aux responsables chargés de mettre en œuvre les réformes.

Réalisé par Pierre Bourgeois et Jean Quatremer (France/Grèce 2014)

Économie souterraine : Dans les cuisines du travail au noir

En France, la part de l’économie non déclarée dans le PIB serait de 10,8% et, selon l’Urssaf, 7% des entreprises auraient recours au travail dissimulé. Enquête dans le secteur de la restauration, au moment où le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a présenté, mardi 24 juin, un projet d’avis dans lequel l’institution prône une multiplication des contrôles et un accroissement des sanctions pour endiguer ce phénomène. 

L’hôtellerie-restauration est l’un des cinq secteurs où le travail au noir ou au gris est largement répandu, avec le bâtiment et travaux publics, le commerce de détail alimentaire, les services aux entreprises, le spectacle vivant et enregistré, le travail saisonnier et agricole.

En 2013, les redressements effectués par l’Urssaf se sont élevés à 291 millions d’euros, soit une progression de 168% depuis 2008. En 2012, 12.000 entreprises avaient été redressées et 200 avaient fait l’objet d’une fermeture administrative. Cependant, la progression de ces chiffres ne traduit pas nécessairement une explosion de l’économie non déclarée, mais surtout un renforcement de l’efficacité des contrôles, souligne le Cese.

«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
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Le goulag électronique

Par Jean-Paul Baquiast

Nous avions signalé précédemment la pertinence de l’analyse d’un représentant de l’Église orthodoxe russe, assimilant à un goulag électronique le système global de saisie, d’espionnage et de contrôle que les services de renseignements américains, sous l’égide de la NSA et du gouvernement fédéral, imposent à toutes les formes d’expressions empruntant le support de l’Internet et des réseaux numériques. (1)

Comment ce personnage définit-il le goulag électronique américain ?

« Un camp de prisonniers électronique global…D’abord on habitue les gens à utiliser de façon systématique des outils de communication commodes avec les autorités, les entreprises et entre eux. Très rapidement chacun s’habitue de façon addictive à de tels services. Ceci donne à ceux qui possèdent économiquement et politiquement ces outils un pouvoir à la fois considérable et terrifiant. Ils ne peuvent pas repousser la tentation de s’en servir pour contrôler les personnalités. Ce contrôle peut devenir beaucoup plus complet qu’aucun de ceux exercés par les systèmes totalitaires connus au vingtième siècle ».

Le terme de goulag, rendu célèbre par le romancier Alexandre Soljenitsyne, désigne classiquement le système pénitentiaire russe. Celui-ci, encore en activité sous une forme à peine “améliorée”, est constitué de camps de travail et de détention répartis aux frontières de la Russie. Ils enferment des centaines de milliers de condamnés, dans des conditions précaires sinon indignes.
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Transport de l’or : L’inquiétant décret n°2013-417 du 21 mai 2013

Chaque jour, en France, une ou plusieurs libertés disparaissent, sans bruit, sans laisser de trace. Au 1er juin, c’est un petit bout de la liberté d’échanger de la valeur, directement, entre particuliers qui vient de s’effacer. Et bien sûr, pas un bruit dans les médias. Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit rappel historique s’impose.

Comme vous le savez sans doute, la vente, l’achat et la détention de métal précieux en France est soumise à une certaine réglementation qui a pas mal évolué dernièrement. Jusqu’à récemment (2011), il était relativement aisé d’acheter de façon anonyme de l’or ou de l’argent, en payant en petites coupures non marquées espèces et ce, jusqu’à plusieurs milliers d’euros. De la même façon, il était aisé de faire appel à des numismates, même à distance, pour acheter et vendre des pièces d’or et d’argent, quitte à clore la transaction par un échange postal, sur le mode : « je vous paye par virement ou par chèque, envoyez moi donc mes pièces par la poste. » ; après tout, les Postiers font un travail remarquable, d’ailleurs habilement mis en scène dans de fort jolies publicités vitaminées.

 Et pour parler, justement, des achats de piécettes, en septembre 2011, les modifications introduites à l’article L112-6 du code monétaire ont fait parler d’elles ; on trouvait en effet la phrase suivante :

Toute transaction relative à l’achat au détail de métaux ferreux et non ferreux est effectuée par chèque barré, virement bancaire ou postal ou par carte de paiement, sans que le montant total de cette transaction puisse excéder un plafond fixé par décret. Le non-respect de cette obligation est puni par une contravention de cinquième classe.

En substance, l’achat et la vente de métaux ne peut plus s’effectuer en espèces. Le but affiché était alors de briser l’anonymat de certains vendeurs de métaux récupérés de façon alternative (et pour le dire clairement, il s’agissait lorsque la loi fut votée de lutter contre les vols de métaux comme le cuivre, opérés par certains spécialistes plus ou moins finauds dont certains défrayent régulièrement la chronique au rayon barbecue sur lignes haute-tension de la SNCF). Du reste, avec maintenant plus d’un an de recul sur cette loi, on peut évidemment constater que ce genre de prouesse législative douteuse apporte une réponse définitive aux vols observés puisqu’ils ont complètement disp … Ah tiens, non, en fait.

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« Les États-Unis traversent une crise plus grave que l’Europe »

INTERVIEW – L’économiste américain Jeffrey Sachs soutient une réforme du système monétaire mondial avec un euro aussi important que le dollar.

William Smith Jewett (1812–1873), La terre promise - La famille Grayson

L’économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et professeur à l’université de Columbia, intervient aujourd’hui [jeudi 06 janvier 2011] au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », organisé à Paris par le ministre de l’Industrie Éric Besson, en présence de François Fillon et du premier ministre grec Georges Papandréou.

Père de la thérapie de choc libérale dans la Russie d’Eltsine, Sachs, qui a conseillé de nombreux gouvernements, s’est mué au fil des ans en croisé interventionniste de la lutte contre la pauvreté.

LE FIGARO. – L’Union européenne va-t-elle devoir sauver d’autres États membres cette année ?

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Dix-huit mois décisifs

Par Jacques Sapir

La suspension, probablement temporaire, du mouvement social qui s’est manifesté à travers l’opposition au projet de réforme des retraites du gouvernement, ouvre ce que l’on peut appeler la « grande » année électorale. Désormais, il est clair que tous les acteurs vont avoir les yeux rivés sur les échéances de 2012.

Cela ne signifie pas que tout se réduise à cette forme de lutte politique. Cependant, pour tenter de prolonger le mouvement social dans ce nouveau contexte, il faut tirer les leçons de ce que nous venons de vivre depuis septembre, et se projeter au-delà.

Une victoire tactique et une défaite stratégique

La première leçon est, incontestablement, que si le gouvernement a remporté une victoire tactique contre le mouvement social, il l’a payée d’un prix exorbitant. Cette victoire pourrait se transformer en une défaite stratégique.

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La Société Générale et son boulet à 1,1 milliard

Grâce à un dispositif fiscal, la banque a récupéré une partie des pertes liées à l’affaire Kerviel, à hauteur de 1,1 milliard d’euros. Mais le fisc pourrait être fondé à demander la récupération de cette somme. Explications.

La Société Générale a-t-elle joué avec le feu ? La banque a déduit fiscalement une partie de la perte qu’avait engendrée le comportement frauduleux de son ex-trader Jérôme Kerviel. Ce qui lui a permis de récupérer 1,1 milliard d’euros selon Le Monde, 1,7 selon Europe 1.

Un crédit d’impôt à la hauteur des sommes gigantesques en jeu dans cette affaire, puisque les pertes du trader s’étaient élevées à 4,9 milliards, une somme égale aux dommages et intérêts qu’elle a obtenus de la Justice le 5 octobre dernier.

Le problème, c’est que la Société Générale n’avait peut-être pas le droit d’opérer cette déduction. Elle a beau dire que le « traitement fiscal des pertes liées aux agissements frauduleux de Jérôme Kerviel a été fait en toute transparence, en conformité avec la réglementation fiscale », la jurisprudence n’est pas si claire.

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Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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L’or bleu

L’accès à l’eau et son contrôle deviennent de redoutables enjeux, l’augmentation de la population et le gaspillage entraînant des pénuries souvent catastrophiques.

Alors que l’organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale ou l’Union Européenne prônent la privatisation du secteur de l’eau, ce film s’appuie sur l’exemple de Marrakech pour montrer les dangers d’une telle politique.

Faute de garantir un droit d’accès à tous, celle-ci risque de priver une partie de plus en plus importante de la population d’une ressource vitale.

Partie 1:
http://www.dailymotion.com/video/x74723
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La crise en Russie

Par Jacques Sapir (janvier 2010)

La crise en Russie : un phénomène d’une durée limitée et aux causes diverses

La crise économique est en train de s’estomper en Russie. À l’exception du taux de croissance des investissements fixes, qui continue d’être déprimé, quoique en progrès relatif, les autres indicateurs témoignent de la sortie de la phase de dépression brutale que le pays a connue.

Ces résultats correspondent par ailleurs à l’ensemble de l’économie mondiale, même si ils ont été plus marqués à la baisse mais aussi à la hausse. La crise a pris, en Russie, la forme d’un « V » particulièrement brutal, mais dont la durée n’a pas excédé une année.

Ceci pose alors la question des causes de la crise.

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La mort annoncée de l’euro : une bonne nouvelle pour la Russie ?

Aujourd’hui directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales où il dirige le Centre d’Études des Modes d’Industrialisation (CEMI-EHESS), Jacques Sapir est un économiste de renommée mondiale. Il est intervenu à ce titre à de nombreuses reprises sur la question de l’avenir de la zone euro et de l’union monétaire européenne et s’est attaché à mettre au jour les causes profondes de l’impuissance des gouvernements européens à gérer efficacement une crise « grecque » qu’on a supposée à tort locale.

Mais il est avant tout un spécialiste reconnu depuis plus de 20 ans de l’économie russe, qu’il s’agisse de celle de l’URSS ou de celle de la transition à l’économie de marché. Il a enseigné en Russie à la Haute Ecole d’Economie de 1993 à 2000, et enseigne aujourd’hui à l’Ecole d’Economie de Moscou. Il a été l’un des rares à prédire le krach de 1998, ce qui lui a notamment valu d’être appelé à intervenir en tant qu’expert auprès de la Banque centrale de Russie, dans le cadre d’un Groupe de travail sur la sécurité financière.

Bref, nul ne paraissait mieux placé que lui pour répondre à une question qui ne semble pas empêcher outre mesure les économistes russes de dormir : en quoi la Russie est-elle concernée concrètement par la crise européenne ? Lire la suite

Les secrets des banques françaises

Après la crise qui s’est abattue sur les marchés financiers du monde entier, certaines banques parmi les plus prestigieuses et les plus expérimentées se sont effondrées, entraînant dans leur chute les marchés financiers mondiaux. Un véritable séisme économique qui n’a pas épargné les banques françaises, qui ont annoncé des pertes records, contraignant l’État à leur venir en aide, à renfort de plusieurs milliards d’euros.

Au coeur du système bancaire français, quelles sont les dérives et quels sont les secrets les mieux préservés? Les banques sont-elles responsables ou victimes du système ? Sont-elles aussi transparentes qu’elles l’affirment? Et surtout, où sont passés les dizaines de milliards d’euros de bénéfices qu’elles avaient engrangés ces cinq dernières années ?

Au sommaire : l’État face aux banques : contrôler l’incontrôlable, paradis fiscaux : un secret bien gardé, Saint-Etienne : une ville frappée par la crise, traders : la crise vue de l’intérieur.

Partie 1:

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Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

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Marée noire, crise économique : l’inconscience atteint ses limites (?)

BP, et l’industrie pétrolière dans son ensemble, négligent les règles de sécurité. Résultat : une marée noire sans précédent qui pourrait bien ne pas rester isolée, vu l’état des diverses installations, l’absence de contrôle et la cupidité de certains responsables. Mais, au fait, ça ne vous rappelle rien ? La crise…

BP n’a pas fauté, elle a joué à la roulette russe… en pointant son flingue sur nos tempes. La firme était au courant que ses installations de forage étaient foireuses et qu’elles risquaient l’explosion à tout moment. Depuis des années. Mais elle n’a rien fait. Elle n’a rien contrôlé, elle n’a rien surveillé, elle n’a rien réparé.

Les contrôles de l’administration ? D’une indépendance sans égale : certains rapports étaient rédigés par les compagnies elles-mêmes, sans parler des menus avantages en nature concédés aux “enquêteurs”. Point de corruption (oula non, comme vous y allez !) juste quelques menus cadeaux d’affaires. Dont voici le résultat.

Garcimore au secours de BP

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L’Addictature : la tyrannie de la dépendance

«L’addictature», c’est la dictature du système marchand, mondialiste et médiatique à travers l’addiction : l’addiction aux images, l’addiction à la consommation ; notamment par la prise du contrôle des esprits par les publicitaires et la décérébration scientifique, une addiction à la consommation, à la publicité et au commerce, qui est la principale cause du politiquement correct. C’est le chef d’entreprise, le publicitaire et l’éditorialiste qui cherchent à éviter tout ce qui peut nuire à un « bon climat », ce qui les conduit à privilégier le conformisme et à craindre la liberté de l’esprit.

1/ Consommer c’est détruire

Londres, été 2000, à proximité du célébrissime Hyde Park, une réunion se tient dans les locaux d’une agence de publicité regroupant une vingtaine de «marketeurs» du monde entier… Face à l’agence, un panneau publicitaire de 4 mètres sur 3 attire l’attention du passant, dérange la bonne société londonienne et émerveille nos jeunes cadres un brin efféminés, grands prêtres de l’impact pour l’impact, adeptes des idées décalées qui «feraient bouger le monde», ennemis jurés de la normalité d’emblée jugée réactionnaire ou simplement emmerdante.

Sur l’affiche géante : une femme septuagénaire ridée comme une pomme, le visage révulsé et bestial, un corps misérable au deux tiers dénudé, simplement sanglé dans une combinaison sado-maso de latex noir clouté ; dans sa main droite un fouet hérissé d’épines de métal, dans sa main gauche une boîte de pastilles à la menthe et un « claim », une signature, un message : «Draw the pleasure from the pain» (tirez votre plaisir de la souffrance).

Un clin d’œil bien british à la gloire du menthol contenu dans ces anodines pastillettes, mais qui pourrait en dire long sur la dégradation de notre rapport au monde, ô combien tourmenté.

Et si consommer, c’était consumer et se consumer, altérer l’objet et s’altérer soi-même… et si consommer, c’était avant tout détruire ?

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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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La pire catastrophe écologique continue, mais…

Par Denissto (article reproduit avec la bénédiction de l’auteur, tous droits réservés)

Il fallait bien que la guignolesque d’outre-Atlantique nous serve un pamphlet contre les compagnies pétrolières.

Le comique de situation fait parfois discrètement déraper les comédiens, drame oblige…

Le dérapage présidentiel : “Il est évident que le système a échoué, et gravement“, a également reconnu le président américain, n’exonérant pas son gouvernement. “Depuis trop longtemps, pendant une décennie ou plus, une relation de proximité a existé entre les compagnies pétrolières et l’agence fédérale qui leur permet de forer“, a-t-il constaté.

Ce mea-culpa n’est qu’un gros mensonge !

Comment le président des États-Unis pourrait-il ne pas savoir que le lien qui unit les pétroliers et l’administration américaine depuis des décennies, ne se situe pas au niveau de l’agence fédérale, mais directement au sommet de l’Establishment ? On ne devient pas président des États Unis sans le soutien financier des Cartels !

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LEAP : la dislocation géopolitique mondiale accélère son rythme

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 mai 2010

Comme anticipé par le LEAP – Europe 2020 en décembre 2009 et février 2010, le printemps 2010 marque bien un point d’inflexion de la crise systémique globale, caractérisé par son aggravation brutale du fait de l’ampleur insoutenable des déficits publics (voir novembre 2009) et de l’inexistence de la reprise tant annoncée (voir septembre 2009).

Les dramatiques conséquences sociales et politiques de ces évolutions reflètent par ailleurs bien le début du processus de dislocation géopolitique mondiale, comme anticipé en février 2009.

Enfin, les récentes décisions prises par les dirigeants de la zone Euro confirment les anticipations du LEAP, inverses du discours dominant de ces derniers mois, sur le fait que non seulement l’Euro n’«exploserait pas» à cause du problème grec, mais qu’au contraire la zone Euro sortirait renforcée de cette étape de la crise (1).

On peut même estimer que depuis la décision de la zone Euro, sorte de « coup d’Etat de l’Eurozone » soutenu par la Suède et la Pologne, de créer ce vaste dispositif de protection des intérêts de 26 Etats membres de l’UE (2), la donne géopolitique en Europe a radicalement changé. Parce qu’elle va à l’encontre des préjugés qui façonnent leur vision du monde, il va bien entendu falloir quelques mois à la plupart des médias et opérateurs, pour se rendre compte que, derrière l’apparence d’une décision budgétaro-financière purement européenne, il s’agit d’une rupture géopolitique à l’impact mondial.

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Crise : gagner du temps n’est pas suffisant (2)

Suite et fin de la Tribune de l’économiste Jacques Sapir à propos des mesures de sortie de crise adoptées par nos dirigeants. L’économiste esquisse une alternative à un système monétaire international durablement en crise.

Il convient donc, et ce très rapidement, de s’atteler à la réforme de la zone Euro, mais aussi de se préparer au pire. Le fait que le tabou d’un engagement des Banques Centrales (et de la BCE au premier chef) ait été partiellement levé, est une bonne chose. Mais, soit on s’oriente vers une monétisation d’une partie des déficits (et il est peu probable que l’Allemagne l’acceptera), soit on se rendra rapidement compte que les facteurs de blocage que l’on connaissait avant cette crise perdurent. De même, la question de la compétitivité au sein de la zone Euro reste entièrement posée.

Il faut redonner de la souplesse au système

Tel était le principe d’un Euro monnaie non unique mais simplement commune, venant chapeauter les monnaies nationales, dans un cadre où les parités seraient fixes mais régulièrement révisables. Ceci correspond à la seule solution permettant de gérer l’hétérogénéité des dynamiques économiques, hors d’un budget européen réellement conséquent qui est aujourd’hui une impossibilité politique.

Enfin, il convient de le protéger contre de nouvelles attaques spéculatives et, pour cela, d’introduire à l’extérieur de la zone des mécanismes de contrôle sur les mouvements de capitaux à court terme.

Il est donc nécessaire de maintenir le rythme des changements, tel qu’il s’est manifesté ce dimanche [9 mai 2010]. Mais, ceci se heurte directement à la temporalité des politiques qui comptent en mois, quand ce n’est en années, problème que vient renforcer la crise politique larvée que vit l’Allemagne.

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Ce n’est pas la fin de la crise !

Par Nouriel Roubini

On peut interpréter les crises financières comme le fait Nassim Taleb en disant que ce sont des “cygnes noirs,” des événements imprévus et imprévisibles qui changent le cours de l’Histoire. Mais dans mon nouveau livre sur les crises financières, Crisis Economics, qui couvre non seulement la crise récente mais une douzaine d’autres tant dans les économies avancées que dans les marchés émergents, je montre que les crises financières sont en fait prévisibles. Ce qui se passe maintenant, la seconde phase de la crise financière mondiale, était tout aussi prévisible.

Les crises sont la conséquence inévitable de l’empilement de vulnérabilités et de risques macroéconomiques, financiers et politiques : des bulles des actifs, des prises de risques excessives et un recours excessif à l’effet de levier, le boom du crédit, une politique monétaire relâchée, un manque de contrôle effectif et de régulation du système financier, la cupidité et des investissements trop risqués des banques et des autres institutions financières.

L’Histoire montre qu’au bout d’un certain temps les crises financières se métamorphosent. Celle que nous avons récemment subie a été initiée par une dette excessive et un recours excessif à l’effet de levier parmi les acteurs du secteur privé (les ménages, les banques, les institutions financières et les entreprises). Cela a abouti à un nouvel endettement externe du secteur public, alors que les plans de relance budgétaire et la collectivisation des pertes privées (les plans de sauvetage) ont accru dangereusement les déficits budgétaires et le volume de la dette publique.

La relance budgétaire et les plans de sauvetage ont peut-être été nécessaires pour éviter que la Grande récession ne se transforme en une Grande Dépression II, mais quand à la dette privée on ajoute une dette publique, la note à payer est élevée. Hausse des impôts et baisse des dépenses sont alors indispensables pour combattre déficits et dettes colossales. Passage obligé pour éviter une crise budgétaire, l’austérité freine la reprise économique à court terme. Si l’on ne lutte pas contre le déficit budgétaire par la baisse des dépenses et l’augmentation des rentrées d’argent dans les caisses de l’État, il reste seulement deux options : l’inflation pour les pays qui font des emprunts dans leur propre devise et peuvent de ce fait monétiser leur déficit, et le défaut de payement pour les pays qui empruntent des devises étrangères ou ne peuvent imprimer la leur.

Les événements récents en Grèce, au Portugal, en Irlande, en Italie et en Espagne constituent la deuxième phase de la crise financière. La collectivisation des pertes privées et le relâchement budgétaire destiné à stimuler les économies en chute libre ont abouti à un déficit budgétaire et à une dette publique d’un niveau inquiétant. La crise financière n’est donc pas encore terminée, elle a simplement atteint une nouvelle phase, particulièrement dangereuse.

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Troisième Guerre de l’opium

Certains critiques, particulièrement sarcastiques, affirment que la guerre en Afghani­stan est certes sans espoir, mais qu’elle protège pour le moins la culture du pavot [sur] l’Hindou Kouch. C’est ne voir cette culture que comme une conséquence de la guerre, alors qu’il apparaît clairement qu’il s’agit d’un des objectifs de guerre des Etats-Unis.

Carte par provinces, combinant risques pour la sécurité (plus la couleur est foncée, plus le risque est élevé) et culture du pavot à opium (en hectares). Source : ONU

93% de l’opium cultivé dans le monde, servant à la production de morphine et d’héroïne, viennent d’Afghanistan.

En 2007, il s’agissait de 8.200 tonnes, l’année suivante on en était à 8.300 ; la récolte de l’année dernière fut moindre, du fait d’une mauvaise récolte, il n’existe pas encore de données chiffrées.

Selon les Nations Unies, 95% de l’opium afghan sont transformés en héroïne, donnant ainsi 80 tonnes d’héroïne pure. Près de la moitié, soit plus de 35 tonnes, fut introduite en 2009 en Russie (selon des sources convergentes de l’ONU et de la police des stupéfiants russe). On peut supposer – car il n’existe pas de données concrètes – qu’une bonne partie est transportée plus loin, notamment dans les centres urbains de la Répu­blique populaire de Chine.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Crise de la zone euro : après la Grèce, à qui le tour ?

Pour l’économiste Jacques Sapir, la crise grecque remet en cause le principe même de la monnaie unique. Dans ces conditions, le pire est à venir. Y compris pour la France, qui risque de devenir une simple spectatrice du marasme économique, à moins d’une vraie politique volontariste.

Cette fois, nous y sommes ; la crise grecque déborde des frontières comme c’était prévisible, et avait été prévu depuis septembre 2009.

Les problèmes de la Grèce sont en effet connus depuis septembre 2009 (et même avant) par le grand public. Il était évident qu’un effet de contagion se manifesterait. Tout ceci a été indiqué à plusieurs reprises (…). Désormais, on peut craindre qu’il ne soit trop tard pour réagir et sauver l’Euro.

La zone Euro est bien entrée en crise avec le transfert de la spéculation sur le Portugal (en raison de la baisse de sa note), et les problèmes qui commencent à monter sur l’Espagne et l’Italie en raison des difficultés que ces pays rencontrent pour placer leur dette à moyen et long terme. Ce ne sont pas ici les articles lénifiants, comme celui de Mme Nathalie van Ypersele dans Trends, ou les ronflantes déclarations de M. Barroso (la dernière en date est du 28 avril depuis Tokyo…), qui y changeront quelque chose.

Les difficultés (pour ne pas dire plus) des pays de la Zone Euro à réagir à ce qui aurait pu n’être au départ qu’une crise localisée, la mauvaise volonté allemande à jouer le jeu de la solidarité ont été des éléments clefs dans le déclenchement de cette crise. Mais, sur le fond, c’est bien le principe même de la zone Euro qui est en cause, soit la tentative d’imposer une règle monétaire unique à des pays dont les économies sont profondément différentes et le tout sans mécanisme institutionnel de solidarité.

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Les plans de rigueur vont flinguer l’Europe

Par Laurent Pinsolle

Si l’on ne veut pas plonger l’Europe dans la dépression économique, il faut stopper la pensée unique qui ne jure que par les plans de rigueur. Aujourd’hui, on entend partout la même rengaine sur la dette excessive des États, leur situation de faillite et l’inévitable rigueur à laquelle la quasi totalité des peuples européens devrait se préparer. Et s’il y avait une autre solution ?

Pour dissiper tout malentendu, il me faut préciser une chose. A la base, je crois qu’un État ne doit pas avoir de déficit budgétaire en période normale. En dehors de circonstances exceptionnelles ou de projets exceptionnels, il ne me semble pas légitime de faire payer aux générations suivantes les dépenses courantes. Ceci passé, il ne faut pas oublier que la crise actuelle est la conséquence directe de celle de 2008, causée par les excès de la finance que les politiques avaient laissé faire.

La rigueur, la saignée du 21ème siècle

Aujourd’hui, les tenants de la pensée unique n’ont que la rigueur à la bouche. La Grèce doit faire plus d’efforts : au lieu de réduire son déficit de 4 points du PIB en 2010, 5 points devient le norme. Mais après Riga, Dublin et Athènes, la même politique devra être mise en place à Madrid, Rome, Londres et Paris pour assurer que les Etats pourront bien honorer les dettes qu’ils ont contractées, en partie pour éviter que l’effondrement du système financier n’entraîne le reste de l’économie avec lui.

Le problème, et les marchés s’en sont rendus compte, est qu’une telle rigueur, si elle était mise en place dans toute l’Europe, risque de plonger le continent dans une dépression économique où l’absence de croissance rendra extrêmement difficile le remboursement de la dette. Car ce n’est pas tout de réduire les dépenses, si l’économie va mal, les recettes baisseront également et l’amélioration du solde risque d’être trop faible pour compenser ne serait-ce que l’augmentation du coût de la dette.

Une rigueur contre-productive

Les politiques qui semblent se dessiner dès 2010 pour quelques pays et 2011 pour les plus chanceux pourraient bien plonger les pays européens dans une situation comparable à celle du Japon, où la croissance trop faible ne permet pas de rétablir l’équilibre des finances publiques. Dans le passé, des pays isolés ont pu le faire, mais ils ont réussi cela en dévaluant et en profitant de la croissance de leurs voisins. Ici, la situation est différente car il n’y aura ni dévaluation ni croissance à la frontière…
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L’inquiétante montée de la fraude dans l’entreprise

Détournements d’actifs, fraudes comptables… Ce type de dérive a eu tendance à augmenter ces derniers mois. En cause, la crise et ses conséquences : une pression de plus en plus forte, la crainte de ne pas atteindre les objectifs et la réduction des effectifs, y compris dans le contrôle.

Une entreprise sur deux dans le monde, comptant plus de 1.000 salariés, est touchée par la fraude. Un tiers d’entre elles ont d’ailleurs dû faire face à ce type d’incident, au cours des douze derniers mois. C’est ce qui ressort de la dernière étude de PricewaterhouseCoopers (PwC) sur la fraude en milieu professionnel et les effets de la crise (1). Mais les grandes entreprises ne sont pas les seules victimes : « Quelle que soit leur taille, elles sont toutes concernées par ce phénomène. S’il semble moins prononcé dans les PME [seules 26% des sociétés de 200 salariés à 1.000 salariés y sont sujettes et 15 % pour celles de moins de 200 collaborateurs : NDLR], cela s’explique essentiellement par l’existence ou non de dispositifs permettant de détecter les fraudes, » remarque Jean-Louis Di Giovanni, associé chez PwC.

Autre constat partagé, 43% des entreprises victimes de fraudes ont remarqué que ces actes de malveillance avaient augmenté par rapport au passé. A quoi l’imputent-elles ? Essentiellement à la crise qui, pour 68% d’entre elles, a accru la pression exercée par le management local : les objectifs sont plus difficiles à atteindre, la crainte de ne pas toucher ses primes ou, pire, de perdre son emploi, est plus grande… Or, cela contribue à développer la fraude. D’autant qu’avec les politiques de réduction des effectifs, y compris au sein du contrôle interne, il est devenu plus facile de passer à travers les mailles du filet.

La nature des fraudes a, elle aussi, changé. Si les détournements d’actifs – falsification de notes de frais, fausses facturations, vols de créances clients ou parmi les stocks – demeurent les plus répandus (67% des cas dans le monde, 53% en France), la fraude comptable s’est toutefois nettement développée.
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Des lois sont nécessaires dans le secteur bancaire

Comment 50 milliards de dollars ont disparu des bilans d’une banque privée

Tout le monde est aujourd’hui d’accord sur le fait qu’il y a quelque chose de pourri dans le système bancaire. Il est également évident que des changements sont nécessaires. Car si l’on continue comme avant, de nouvelles crises des marchés financiers sont prévisibles. A la suite de l’effondrement des banques de 2008, ces jours-ci, certains phénomènes se font jour du côté de l’Etat et des banques qui sont importants en vue d’une correction de la politique à adopter.

"Arrêtez le casino financier" (manifestation en Islande)

Dans le récent rapport d’enquête rédigé à l’intention de l’Althingi, le Parlement islandais, on peut lire : «Les banques ont été pillées de l’intérieur par des personnes qui ne respectaient pas les lois.» Les propriétaires principaux des banques s‘étaient accordé mutuellement des crédits gigantesques pour des investissements faits dans d’autres domaines sans disposer des garanties nécessaires (cf. «Neue Zürcher Zeitung» du 14 avril 2010). Le rapport constate que les banques contrôlaient l’Etat et non l’inverse. (cf. l’ouvrage «Why Iceland ?» d’Asgeir Jonsson. Ce dernier y décrit notamment les pressions exercées sur l’Islande par l’étranger.)

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Plus fort que l’offshore, le webshoring

RentACoder, oDesk, Elance, Guru… Les places de marché mettant en concurrence des développeurs freelance du monde entier se multiplient. Pour des tarifs frisant parfois l’indécence.

Des compétences de Russie, d'Inde ou d'Amérique du Sud (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

De la place de marché au marché aux esclaves ! Pour plus ou moins 15 dollars de l’heure, vous pouvez louer les services de développeurs PHP, .Net, Java, MySQL ou XML. A ce tarif, RentACoder, oDesk, Elance et Guru proposent des milliers de freelance basés dans les pays à bas coûts du Sud-Est asiatique, du Maghreb, d’Europe de l’Est, de Russie ou d’Amérique du Sud. On trouve aussi quelques Occidentaux égarés. Sur oDesk, 408 indépendants français sont inscrits, émargeant à une moyenne horaire de 26 dollars.

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«L’Europe, une multinationale. Le pouvoir sans contrôle des [grandes] entreprises.»

Préface de l’ouvrage portant ce titre [Belén Balanyá, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma'anit et Erik Wesselius : "Konzern Europa. Die unkontrollierte Macht der Unternehmen", Ed. Rotpunktverlag, Zürich 2001, ISBN 3-85869-216-6]

Par Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud (organisation commune des six organisations de développement Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper pour les questions de politique de développement en Suisse).

Une réunion de l'ERT (European Round Table of Industrials - Table ronde des industriels européens) le 2 octobre 2008. Au milieu, José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne.

Les chauds partisans du néolibéralisme estiment que les décisions en politique économique risquent, dans les Etats nationaux à structure démocratique, de déboucher dans l’irrationnel.

En effet, dans ce contexte, les parlements et les gouvernements agiraient sous la prise de groupes d’intérêts et seraient, de plus, soumis aux décisions du corps électoral. Ceci les conduirait à décider constamment des dépenses inconsidérées et de décréter des lois qui limiteraient le fonctionnement de marchés libres et ouverts.

Il serait donc plus simple, selon ces mêmes partisans, que les gouvernements s’entendent entre eux – sur la base de négociations internationales – pour décider de règles «rationnelles» et favorables au marché libre. Dans ce cas, ils seraient moins soumis aux pressions de groupes et de partis qui influencent fortement l’opinion publique.

Ces règles décidées en commun, et les actes des acteurs internationaux qui en suivraient, agiraient en «chocs externes», comme par exemple le «choc pétrolier» des années soixante-dix, sur les économies nationales, obligeant ces dernières à se soumettre aux nécessités du marché mondial.

C’est dans ce sens que les gouvernements occidentaux, les politiciens et les journalistes économiques ont tenté de nous persuader, au cours de la décennie écoulée, que nous pouvions décider au niveau national tout ce que nous voulions, mais qu’il n’y avait aucune alternative face au marché mondial, au marché commun européen ou à la mondialisation et qu’il ne nous restait qu’à nous soumettre si nous ne voulions pas que l’économie s’effondre.

En même temps, nos gouvernements s’efforçaient de transformer le marché mondial ou le marché commun européen par des accords internationaux et des institutions, de telle façon que toute possibilité d’alternatives se trouvait réduite.

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