Évadés fiscaux : Plus de 2,4 milliards de recettes en 2016 (Màj vidéo)

Pour accélérer le traitement des dossiers, le service de régularisation des évadés fiscaux a ouvert sept centres en régions.

Les ministres Michel Sapin (Finances) et Christian Eckert (Budget) ont décidé d’aller le voir de leurs propres yeux ce lundi matin : le service de traitement des déclarations rectificatives (STDR) fait toujours face à un nombre soutenu de demandes de régularisation d’évadés fiscaux. Chaque semaine, pas moins de 130 dossiers sont réceptionnés… Depuis l’ouverture de la cellule à l’été 2013, environ 45.000 contribuables se sont ainsi manifestés.

Vérification du montant des avoirs détenus à l’étranger et des revenus déclarés, examen des attestations bancaires pour s’assurer de l’origine des avoirs, contrôle des pièces justificatives, etc. : la centaine d’agents du service situé dans un bâtiment du 19e arrondissement de Paris ne chôment pas…

Et ils ont encore du travail pour les mois, voire les années à venir puisque seuls 6.500 dossiers complets avaient été effectivement traités entièrement par l’administration avant l’été.
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Zone euro : Dette, la spirale infernale

L’explosion de la dette publique hante l’Europe depuis la crise financière de 2007. Le risque d’une faillite de la Grèce et d’une contagion à d’autres pays de la zone euro a été mal géré par les gouvernements, trop hésitants et rarement d’accord sur la politique à suivre.

Ce soutien tardif a déclenché la méfiance des marchés. Les politiques d’austérité ont stoppé l’hémorragie des déficits publics mais ont mis à genoux les économies du sud de l’Europe. La Grèce, le Portugal et l’Espagne se sont enfoncés plus profondément dans la crise. Mais comment en est-on arrivé là ? Et qu’est-ce que la dette publique ?

En compagnie des économistes français Thomas Piketty et Bernard Maris, assassiné le 7 janvier, de la députée socialiste française Karine Berger, de l’anthropologue et militant anarchiste américain David Graeber et du député européen belge écologiste Philippe Lamberts, la réalisatrice Laure Delesalle propose un passionnant voyage dans les rouages de l’économie.

Au contraire d’un plaidoyer “pour ou contre” la dette, son documentaire raconte son histoire de la fin du Moyen Âge à nos jours et éclaire les dessous de la crise actuelle. Il lance également des pistes pour la résoudre et prémunir la zone euro de soubresauts futurs, en rappelant que l’endettement est vieux comme le monde. Aujourd’hui, rappelle le film, nous vivons tous à crédit : maisons, voitures, écoles, dépenses publiques, tout est financé par des emprunts. Aussi le débat sur les voies qui s’offrent à l’Europe pour restructurer les dettes existantes est-il essentiel.

Ces élus qui subventionnent les mosquées

Maires ou conseillers généraux, de droite ou de gauche, du nord ou du sud, ils ont un point commun : ils soutiennent financièrement des lieux de culte musulmans. Au mépris de la loi. Avec notre argent.

Par Amédée Dubuis.

Octobre 2012 – Occupation du chantier de la grande mosquée de Poitiers par Génération Identitaire réclamant un referendum.

Ce n’est plus une mode, c’est une lame de fond. Aucune région, aucun parti politique en place n’est épargné. Non seulement les élus locaux ne rechignent pas à subventionner les lieux de culte islamiques, quelle que soit leur tendance, et quels que soit les besoins locaux, mais ils s’en vantent, se disputant la palme de celui qui a les meilleures relations avec la communauté musulmane.

C’est ce qui ressort de l’enquête de Joachim Véliocas, directeur de l’Observatoire de l’islamisation, publiée récemment.

Dans « Ces maires qui courtisent l’islamisme », il cite, documents et citations à l’appui, dans une série de courts chapitres, les édiles qui croient très stratégique et trouvent très démocratique de favoriser l’éclosion des mosquées et autres « centres culturels » musulmans. Avec notre argent.

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Accompagnés par la Saône-et-Loire, les jeunes Tunisiens construisent leur avenir

Radio libre, puits coopératif, microcrédit pour relancer l’artisanat traditionnel : les projets aidés par le conseil général vont bon train.

L’émotion était telle, dans l’hémicycle du conseil général en juin dernier, que les présents s’en souviennent. Entendre ces jeunes femmes tunisiennes raconter la liberté recouvrée, la parole libérée après des décennies de régime Ben Ali avait suscité

un émoi palpable parmi les conseillers généraux, qui avaient voté une enveloppe de 300 000 euros pour soutenir les projets nés de la révolution du jasmin.

Au-delà du soutien financier, le conseil général s’engageait alors dans une démarche de coopération avec une ONG basée à Sidi Bouzid.

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La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

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Depuis l’été dernier, la crise des marchés financiers a changé de nature

Par Paul Jorion (Entretien accordé à BFM Radio, le lundi 3 janvier 2011 à 11h38)

Un câble diplomatique datant du 17 mars 2008, récemment divulgué par Wikileaks, rapporte une conversation entre Mervyn King, le président de la Banque d’Angleterre, Robert Kimmitt, alors Sous-Secrétaire au Trésor américain et Robert Tuttle, l’Ambassadeur des États-Unis en Grande-Bretagne, et répond indirectement à une question que l’on se pose à propos du déclenchement de la crise : parmi les instances dirigeantes de l’époque, incompétence ou dissimulation ?

Mervyn King, gouverneur de la Banque d'Angleterre

La réponse dans ce cas-ci est claire : dissimulation. Parce que le diagnostic posé par Mervyn King ne diffère en rien de ceux qui furent proposés par les commentateurs de l’actualité financière à l’époque – je veux dire ceux d’entre nous qui n’avaient ni responsabilité politique, ni responsabilité au sein d’une banque, que celle-ci soit centrale ou commerciale.

Du côté des responsables, le message est resté identique, du plongeon du prix des titres adossés à des crédits hypothécaires subprime en février 2007 à aujourd’hui, et en contradiction flagrante avec les faits : la crise bancaire est une crise de liquidité et non pas de solvabilité. Autrement dit, elle résulte d’un problème purement technique de circulation de l’argent au sein du système financier et non de la faillite de fait du secteur bancaire dans son ensemble.

Or, le Président de la Banque d’Angleterre le dit sans ambages lors de ce déjeuner d’affaires à Londres en mars 2008 : la crise bancaire est maintenant une crise de solvabilité et non pas de liquidité, et il ne date pas ce verdict du moment où se tient la conversation, mais de six mois auparavant : en août 2007, c’est-à-dire du moment où un responsable de BNP Paribas prononça à propos des titres subprime les mots fatidiques : « Pas de prix ! » (après moi, en fait).

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Corrèze : Le musée de Jacques Chirac, un gouffre pour les contribuables

Le musée du président Jacques Chirac, ouvert depuis dix ans situé à Sarran en Corrèze, coûte plus de 30 euros aux contribuables du département chaque fois qu’un visiteur s’y rend, selon la chambre régionale des comptes du Limousin.

Les dépenses de fonctionnement du musée excèdent très largement les recettes“, lit-on dans ce document consultable sur le site des chambres régionales des comptes.

Construit pour 7,1 millions d’euros de fonds publics, le musée a été agrandi entre 2004 et 2006 pour plus de 9,5 millions d’euros, un coût très supérieur aux prévisions initiales. Il a employé jusqu’à 13 personnes, effectif ramené par la nouvelle majorité socialiste régionale à 10 en 2009. La masse salariale est supérieure à 400.000 euros par an et le coût de la maintenance du bâtiment s’élève à 488.000 euros par an.

L’établissement situé dans un petit village de 300 habitants loin de tout, a ainsi enregistré en 2008 200.000 euros de recettes – le billet d’entrée coûte en moyenne 3,3 euros – contre 1,7 millions d’euros de dépenses en 2008. “Le rapprochement du déficit annuel d’exploitation avec le nombre de visiteurs détermine un déficit induit par visiteur légèrement supérieur à 30 euros.

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Le peuple mettra-t-il le holà à la voracité illimitée du système financier ?

Le commerce repose sur des rapports de confiance. Une part élevée des ressources servent à couvrir les opérations des acteurs financiers, par des montages complexes et dévoreurs de capitaux. Lorsqu’une personne ou un établissement commercial se sait couvert contre un risque, il peut arriver qu’il relâche sa prudence, voire qu’il fraude pour tirer avantage de sa garantie.

Cette réalité s’applique aux banques commerciales, trop souvent tentées par des activités hasardeuses. Tant que des spéculateurs assument les risques élevés en contrepartie d’intérêts attractifs, le système est fluide. Que les spéculateurs perdent confiance, la mécanique s’enraye.

La dérégulation et la déréglementation ont transféré une grande partie du contrôle de l’activité économique et financière des États vers les acteurs privés, décidés à mettre en place eux-mêmes les règles et les normes de fonctionnement de leur propre marché. Une récupération du pouvoir des banques par les États ne changerait pas fondamentalement la donne en l’état actuel, elle ne ferait que leur transmettre le mandat de poursuivre la même aventure.

En octroyant à la finance de marché le pouvoir de créer son propre univers de règles censé être compatible avec celui de la société, le système bancaire s’est affranchi de la légalité. Dès lors, le gendarme de la bourse a perdu son aspect dissuasif.

Il s’en est suivi que la criminalité a incrusté et irradié l’économie légale. Or, il existe une effet papillon de la fraude : un acte frauduleux insignifiant peut, à distance, causer des dommages considérables.

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Mourir pour les banques ? Non merci

Bruxelles devait-elle soutenir le sauvetage des banques de la faillite ?

Non, estime Gheorghe Piperea, un juriste roumain, car le maintien de l’État providence est plus important.

Et il cite l’exemple des Islandais, qui ont choisi de ne pas financer le sauvetage de leurs banques.

Entre octobre 2008 et octobre 2010, la Commission européenne a approuvé des aides d’État pour les banques à hauteur de 4 589 milliards d’euros, soit le PIB de la Roumanie sur 45 ans.

On ne sait pas combien parmi ces aides d’Etat sont passées inaperçues, car la Commission était (trop) généreuse avec ce type de financement.

Mille milliards d’euros ont été dépensés pour sauver les banques en 2008 et 250 millions en 2009. Pour tous les autres secteurs économiques réunis, les aides d’État approuvées au cours de la même période s’élevaient à 73 milliards d’euros (soit 60 fois moins).

Les aides d’État représentent le soutien accordé aux entreprises par les autorités publiques, avec l’argent public. Elles sont octroyées sur des décisions de l’administration, des décisions fondamentalement anti-concurrentielles et opaques, et sur lesquelles les citoyens ne sont pas consultés. Sans le savoir, le contribuable européen est impliqué dans cet effort, à la limite de la légitimité, de sauvetage des banques de la faillite.

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L’économie de l’immigration

Par Jean-Yves Le Gallou

Il y a une «idéologie de l’immigration». Celle-ci promeut le multiculturalisme et la «diversité», la culpabilité française et européenne et «l’antiracisme». Selon une grille marxiste, «l’idéologie de l’immigration» est la superstructure intellectuelle de «l’économie de l’immigration», qui en est l’infrastructure.

La Liberté dévoilée – Gérard Rancinan, 2008, d’après l’oeuvre d’Eugène Delacroix

Selon une grille parétienne, « l’idéologie de l’immigration » est la « dérivation » théorique d’intérêts concrets bien réels (« les résidus » tout à fait matérialistes de ceux qui tirent avantage de l’immigration). Bref le discours des professionnels des bons sentiments sert de paravent à des intérêts sordides.

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Révélation / Irak : « Comment Bush a fait payer Chirac »

La décision, saluée à l’époque, de Jacques Chirac de ne pas engager la France aux côtés des États-Unis dans l’invasion de l’Irak, a eu son corollaire : l’annulation de la dette irakienne contractée auprès de la France, soit 4 milliards d’euros.

C’est une des révélations choc du livre “Dans le secret des présidents” qui paraît le 13 octobre. Son auteur, le journaliste Vincent Nouzille, nous explique, documents à l’appui, que Jacques Chirac a fini par céder aux pressions de Georges Bush en novembre 2004, en annulant la dette irakienne. Un cadeau de 4 milliards d’euros, aux frais du contribuable français, en guise de réconciliation avec le président américain.

Via Theatrum Belli.

(Merci à Léonidas)

Si l’Islande refuse de banquer…

[N.B. : Le premier et le dernier de ces trois articles sont antérieurs au référendum par lequel les Islandais se sont massivement prononcés contre le remboursement, par leur pays, de la dette "Icesave". La rédaction de Fortune]

I – Si l’Islande refuse de banquer…

Faut-il faire payer par le contribuable l’incompétence des banquiers ? C’est la question à laquelle doit répondre le pays lors du référendum du 6 mars. Alors que le krach ne cesse de révéler les dérives d’une oligarchie, la révolte gronde.

“On va faire comme les paysans français !” avait promis l’un des activistes. Las ! le camion de fumier qui devait être déchargé devant le siège de l’Islandsbanki, sur le front de mer de Reykjavik, n’est pas arrivé à temps. Les protestataires en sont réduits à klaxonner bruyamment sur le parking, sous une bourrasque de vent glacé. “Nous voulons dire haut et fort notre refus de payer, nous simples citoyens, pour les fautes commises par les “banksters”", explique Svein, vendeur de voitures et l’un des organisateurs de la manifestation.

Des traites mensuelles multipliées par sept

Bankster, cette contraction des mots anglais banker (banquier) et gangster, s’impose dans le débat public depuis quinze mois. Précisément, depuis octobre 2008, date de l’implosion du système financier, sous l’effet d’une hyperspéculation incontrôlée. A l’automne 2008, l’Etat doit nationaliser en catastrophe les trois banques principales de l’île, récupérer les dettes et gérer l’explosion du coût du crédit qui frappe les ménages.

Mais, quinze mois après, comment payer la note ? Les contribuables islandais, normalement placides, refusent que leurs impôts, garantie d’un Etat providence généreux, épongent le passif creusé par les agissements troubles de financiers et hommes d’affaires. C’est tout un peuple qui se révolte contre des banquiers qui jurent qu’ils ne savaient rien de la catastrophe annoncée.

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La structure des banques en question

Il est absolument hallucinant de voir le spectacle de la folie retrouvée des banques, alors qu’il y a un an, elles se ruaient sur les aides des Etats et des Banques Centrales, pour ne pas sombrer dans des faillites à la Lehman Brothers.

Le FMI a calculé (chiffres cités par JP Fitoussi dans « Après la crise, un conte parfaitement immoral », Le Monde du 05/01/2010) que les Etats du G-20 avaient consacré 17,6% de leur PIB au soutien du système bancaire, contre 3% au soutien budgétaire de l’économie.

Un tel coût pour un tel résultat pose vraiment problème. Comment peut-on accepter de payer de telles sommes, sans exiger en retour de réelles garanties, à la fois sur une meilleure gouvernance et sur les précautions à prendre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas ?

Les gouvernements temporisent, parce qu’ils souhaitent en priorité que les banques retrouvent une bonne santé, pour pouvoir purger les mauvaises créances encore présentes et, espèrent-ils, qu’elles contribuent enfin au développement de l’économie. (Au moment où nous écrivons ces lignes, le président des Etats-Unis vient de déclarer vouloir limiter la taille et les activités spéculatives des grosses banques de dépôt. Son ton très agressif nous laisse penser qu’il veut aller assez loin dans ce sens, mais il faut attendre le texte de loi pour avoir une idée claire de la valeur des mesures proposées. Nous espérons que présent article en facilitera l’analyse par le lecteur.)

Mais il y a urgence, car de plus en plus de faits semblent indiquer que les profits importants des banques proviennent beaucoup plus des activités à haut risque, que des prêts à l’économie qui sont souhaitables pour sortir du marasme (Eric Laurent vient de sortir « La face cachée des banques », Plon, 2009, qui nous montre combien les dirigeants des banques américaines ne recherchent que le profit à court terme, sont insensibles aux questions éthiques, et ne comprennent que le rapport de forces).

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USA : l’Anti-Defamation League couvre les malversations de l’« élite » financière

À cause de sa dernière page éditoriale, intitulée « Virtuous Bankers ? Really ?!! » (Vertueux banquiers ? Vraiment ?!!) l’Anti-Defamation League accuse d’antisémitisme Maureen Dowd du New York Times.

Cet article concernait la corruption à Wall Street et plus spécifiquement, l’implication de Goldman Sachs.

“Aucun lieu pour la haine”

Dans une lettre à l’éditeur du New York Times, Robert G. Sugarman, président national de l’ADL, a déclaré : « Bien que l’on puisse être d’accord ou en désaccord avec Maureen Dowd sur sa description de Goldman Sachs et d’autres banquiers (chronique du 11 novembre), en écrivant, ‘’les banquiers qui ont pris l’argent du gouvernement et ont ensuite distribué des bonus scandaleux sont les mêmes sortes de gens intéressés que Jésus jeta hors du temple’’, elle soulève potentiellement l’un des thèmes classiques de l’antisémitisme, liant les Juifs aux odieuses pratiques du prêt d’argent. Quelle qu’en soit l’intention, l’évocation de l’histoire du Nouveau Testament par Mme Dowd, pour illustrer la pagaille financière actuelle, rappelle les vieux préjugés contre les Juifs. »

Dans The Jewish News du New Jersey, Menachem Rosensaft et Jason H. Dolinsky ont aussi suggéré que l’article de Mme Dowd est antisémite : « Nous avons entendu ces paroles bien trop souvent pour les laisser passer. Les tracts antisémites et les sites Internet sont pleins de références aux ‘’suceurs de sang Juifs’’. Et Mme Dowd est trop intelligente pour ne pas avoir compris que décrire les Juifs comme des prêteurs d’argent avides, a produit les persécutions et les pogroms des deux derniers millénaires. Mme Dowd a ravivé la lutte contre ces anciennes incitations antisémites. Nous appréhendons la perspective de croix gammées barbouillées à l’extérieur des bureaux de Goldman Sachs, ou d’apprendre que quelque truand des rues, inspiré par la chronique de Mme Dowd, ne brise la jambe d’un Juif respectueux des règles, en criant ‘’Goldman Sachs, t’achèteras une autre guibolle !’’ À une époque où monte la judéophobie virulente, notamment en Europe et dans une grande partie du monde musulman, les hommes politiques, journalistes et chroniqueurs ont le devoir de s’abstenir d’utiliser des paroles incendiaires du jargon antisémite. Notre liberté d’expression, garantie par la Constitution, n’accorde à personne d’entre nous le permis d’inciter à l’intolérance ou à la violence. » Lire la suite

En route vers la Grande Dépression ?

Par Frédéric Lordon

(Si oui, sortons le gros bâton)

Ça commence comme un octosyllable, et pourtant la situation manque de poésie. On pourrait enchaîner sur l’aphorisme de comptoir en ajoutant que si le pire n’est jamais sûr, il n’est pas davantage exclu. Tout cela pour dire qu’on avait été surpris de voir à l’automne 2008 les gouvernements capables de tout mettre sur la table pour sauver le secteur bancaire de la ruine complète (et nous par la même occasion) et que, de temps en temps, on pouvait ne pas désespérer complètement des effets d’apprentissage – la collection des erreurs qui avaient transformé le krach de 1929 en Grande Dépression avait été méditée et évitée.

Bien sûr, les banques s’en étaient tirées avec le magot des fonds publics, rigoureusement rien ne leur avait été demandé en contrepartie, et le scandale intrinsèque de ce rapt unilatéral s’agrémentait du spectacle de voir le manège repartir pour un tour – avec profits, bonus et inévitablement crise prochaine au bout de la séquence. Mais au moins nous n’étions pas morts, ça n’était pas si mal. 2008 et passim pouvaient échapper au bégaiement de l’histoire et n’être pas la simple répétition des années 1930.

No longer.

On prendra la brutalité du tête-à-queue général effectué par les politiques économiques européennes pour un indice de la puissance tutélaire acquise par les marchés de capitaux. Car il y a deux mois encore, l’analyse à l’ordre du jour, jusque dans la presse la plus raisonnable – financière et anglo-saxonne –, commandait de songer à sortir progressivement des plans de soutien à l’économie, mais pas maintenant et surtout pas trop vite.

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L’Europe est l’homme malade du monde

Cent milliards n’y changeront rien car le ver est dans le fruit et les investisseurs du monde entier devraient s’attendre à un dénouement catastrophique de la tragi-comédie européenne qui se joue sous nos yeux !

Peut-on encore parler et employer le terme de “sauvetage” alors que tout ce qui a été jusque là tenté par les autorités européennes a été mal conçu, mal géré, mal communiqué, bref a été marqué du sceau d’un amateurisme inqualifiable ayant progressivement asséché la confiance en la zone Euro.

Savez-vous que le Portugal – dont la notation internationale vient d’être dégradée – devra ainsi aux termes des savantes combinaisons (ou combines ?) européennes prêter à la Grèce 774 millions d’Euros sur 3 ans à un taux de 5%, alors que lui-même se refinance sur les marchés à … 5,6% ?

Les marchés spéculatifs eux-mêmes y regardant aujourd’hui de beaucoup plus près dès lors qu’il s’agit de prêter à la Grèce puisque le bon grec à 2 ans est vendu à 75% de sa valeur démontrant effectivement que même les parieurs internationaux escomptent ne récupérer que 75% de leurs placements grecs…
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Impôts : les niches fiscales les plus folles

Campant sur ses positions quant au devenir du bouclier fiscal et empêtré dans le débat sur la justice de l’impôt, le gouvernement s’est engagé à plafonner ou réduire certains avantages. La France n’en manque pas, avec plus de 500 niches qui coûtent 74 milliards d’euros par an à l’État. Florilège.

On ne devrait pas tarder à entendre les chiens aboyer. Jeudi, François Fillon a réitéré son intention de plafonner ou de réduire les niches fiscales et sociales. C’est à François Baroin qu’il revient d’élaborer le plan de bataille, mais l’objectif à atteindre par le ministre du Budget est connu : 2 milliards d’euros d’économies l’an prochain. A priori, la tâche n’apparaît pas insurmontable. En 2010, les niches fiscales et sociales représentent un coût de 100 milliards d’euros sur les finances publiques (74 milliards pour les 506 niches fiscales). Nouvel abaissement du plafond global des niches applicables à l’impôt sur le revenu, suppression de certains dispositifs, un peu des deux… Le chantier est ouvert mais le terrain est miné. L’échantillon ci-dessous prouve à quel point s’attaquer aux plus coûteuses ou aux plus populaires aurait des conséquences sur l’emploi d’un secteur ou sur le pouvoir d’achat d’une catégorie de la population.

Ce sera au ministre du Budget de trancher entre l’efficacité économique des dispositifs, l’impératif de redressement des finances publiques et la justice fiscale.

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BUDGETS – Les départements au bord de l’asphyxie ?

L’autonomie a un prix. Après les lois Raffarin de 2004 relatives à la décentralisation, de nombreuses collectivités se sentent orphelines et surtout appauvries par l’État.

La loi de transfert des compétences n’avait pourtant qu’un seul objectif : redonner aux départements et aux villes un contrôle sur leurs dépenses, dans un “souci d’adaptation aux réalités locales pour plus de souplesse”.

Pourtant, à l’unisson du président de l’Assemblée des départements (ADF), Claudy Lebreton et du président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, qui parle de “départements low cost”, les élus grondent.

Mardi, sept départements ont menacé de saisir le Conseil constitutionnel. En cause, l’autonomie financière des collectivités territoriales et les nouvelles responsabilités budgétaires auxquelles elles sont confrontées. Transport, aide sociale, éducation, culture sont autant de trous percés dans la cagnotte des collectivités.

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Polémique autour de l’espace du culte musulman d’Alonnes

Scandale : une mosquée camouflée en « centre culturel » financée à hauteur de 1,8 million d’euros par le contribuable.

Un collectif dénonce le financement des nouveaux locaux du culte musulman d’Alonnes (72) financés par l’État.

http://www.dailymotion.com/video/xcnzds

Source: Contre-Info

Enron, miroir de notre avenir ?

Par Michel Drac

Petit rappel de l’expérience californienne

En 2001, la grande presse titra sur « l’échec colossal » de la libéralisation du marché de l’énergie, dénoncée par le gouverneur de Californie, Gray Davis. C’était avant que, pour conserver le contrôle du Golden State, l’oligarchie étatsunienne sponsorise un ancien acteur musclé, Arnold Schwarzenegger, et en fasse le remplaçant de Gray Davis – sur qui George Bush, l’ami intime d’un certain Ken Lay, président du groupe Enron, fit retomber le blâme du désastre énergétique californien.

Gray Davis n’avait pas tort en parlant d’échec colossal. La Californie, cœur du capitalisme nord-américain depuis les années 80, en était à prendre des mesures de rationnement sur l’électricité – comme un quelconque pays du Tiers-Monde. Victime de coupures d’électricité à répétition, le Golden State voyait son économie perturbée, sa population exaspérée par la hausse vertigineuse des factures énergétiques. Comment en était-on arrivé là ?

Tout commence en 1996, quand Sacramento décide d’ouvrir partiellement le marché de l’énergie à la concurrence. La concentration verticale des producteurs et des distributeurs vole en éclat. Un nouveau marché de l’énergie apparaît, marché sur lequel les distributeurs vont s’approvisionner chez les producteurs. L’objectif est de faire baisser les prix en créant de la concurrence entre distributeurs et entre producteurs.

Le problème, c’est que ce marché est complètement biaisé. Pour commencer, les prix au détail sont restés en partie encadrés, ce qui fait que, au fur et à mesure que les prix à la production flambent (faute d’investissements dans les capacités de production), les marges des distributeurs se restreignent – jusqu’au point où la plus grande société de distribution, Pacific Gas & Electric, en est réduite à déposer son bilan. Pourquoi cette absence d’investissement dans les capacités productives ? En partie parce que, dans le courant des années 90, un secteur public anémique a trop peu construit de centrales. Mais aussi, et surtout, parce qu’avec la perspective de la libéralisation, les producteurs ont été rachetés par des acteurs qui se positionnent dans une pure perspective de profit, et donc veulent avant tout dégager de la marge (par l’augmentation des prix à la production). Parmi ces acteurs décidés à rentabiliser un capital qu’ils n’investissent pas, et persuadés que l’absence d’investissement va justement leur permettre de dégager du profit : Enron, la société de Ken Lay.

Le cas Enron est particulièrement emblématique des dérives du capitalisme hyper financiarisé, pour lequel seul compte la valeur comptable, sans considération pour la réalité de la production de richesse réelle. Le directeur financier, Jef Skilling, a une théorie intéressante : puisque la rentabilité du capital est maximale dans les activités d’intermédiation (banque, arbitrage), une entreprise industrielle comme Enron doit se transformer en entreprise financière. Et voici comment une société conçue, au départ, pour poser des pipelines et construire des centrales énergétiques (ce qu’Enron n’a jamais vraiment su faire) se transforme en « courtier en énergie ». Au fond, c’est la capitulation du capitalisme industriel devant le capitalisme bancaire : le choix du tout financier comme ultime moyen de rentabiliser optiquement un capital sur-accumulé, que l’économie réelle n’est plus capable de rémunérer.

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Chut ! On sauve les banques…

Vous pensiez les banques tirées d’affaire, et l’économie en passe de l’être ? Vous n’y êtes pas du tout. Les banques n’ont retrouvé des marges qu’en spéculant sur les marchés financiers avec l’argent que leur a prêté le contribuable.

Une nouvelle bulle financière s’est formée, avec le risque d’une deuxième secousse dont les conséquences seraient bien plus graves que la première fois.

Alors même que les dépréciations d’actifs liées à la première crise n’ont pas été entièrement comptabilisées, que les fonds propres n’ont pas été reconstitués, que les faillites des agents économiques entraînent de nombreux défauts de paiement, le gonflement des dettes publiques fait peser une autre menace sur les banques : celle d’une hausse des taux d’intérêt, qui serait fatale à leurs activités sur les marchés.

Certains comme Dominique Strauss-Kahn l’ont bien compris, qui mettent en garde contre le risque d’un nouveau choc systémique, sans appel celui-là : « Je ne vois pas de parlementaire dans les pays développés qui ait des chances de revenir vers les électeurs dans quelques années pour leur dire : vous savez, vous tous, il va falloir que vous payiez de nouveau, parce que le secteur financier est de nouveau dans la mouise ». Et le directeur général du FMI d’ajouter que les parlementaires n’auront plus aucune pitié « quand ils verront comment le secteur financier s’est comporté après la crise ». Lire la suite

Goldman Sachs et les “causes” de la crise financière

Par Philippe Béchade

Les médias nous ont permis de suivre en direct quelques déclarations très intéressantes, ces dernières 48 heures. Nous commencerons par la plus récente, qui émane de Barack Obama : “je suis déterminé à récupérer chaque cent dû au peuple américain — et ma détermination ne peut être que renforcée quand je constate les profits énormes et les bonus obscènes versés par des sociétés qui doivent leur survie aux efforts extraordinaires du contribuable”.

De nombreux commentateurs ne manquent pas de rappeler que le nouveau président américain doit son élection, pour une large part, au généreux soutien de quelques ex-banques d’affaires qui symbolisent le mieux l’influence de Wall Street dans la gestion du pays.

La deuxième déclaration découle presque directement des considérations qui précèdent. Elle émane de Lloyd Blankfein, P-DG de la toute puissante firme Goldman Sachs (j’ai toujours du mal à la qualifier de banque, surtout depuis que ce statut lui ait été reconnu par son ex-P-DG – un hasard, probablement – et Ben Bernanke, en septembre 2008).

Interrogé le 13 janvier par la Commission d’enquête américaine sur la crise financière (FCIC ou Financial crisis inquiry commission), Lloyd Blankfein à déclaré : “Goldman Sachs n’avait fait que son travail, en toute légalité… et c’est le seul critère qui importe aux yeux de ses clients”.

“Les choses ont mal tourné par la faute d’un mauvais concours de circonstances. Les modèles de calcul du risque étaient erronés, les agences de notation se sont montrées trop complaisantes, les banques ont trop prêté tout en pensant que l’activité de structuration de crédit les exonérait de se préoccuper du niveau de leurs fonds propres ; ceux qui achetaient ces produits complexes étaient trop confiants dans la santé du secteur immobilier… mais rien de tout ceci ne serait arrivé si la régulation n’avait pas été défaillante”.

C’est donc de la faute des autres – et du législateur en particulier ! Ce système de défense est constant depuis octobre 2008. C’est normal, puisqu’il rejette la faute sur le législateur et non pas sur le laxisme et la complicité objective, sinon active, de la Fed.

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Après la crise, un conte parfaitement immoral

L’année 2009, où les plus grands dangers furent conjurés grâce à l’action des Etats [N.B. : c'est Jean-Paul Fitoussi qui écrit - Fortune], se termine sur un goût amer. Les gouvernements sont accusés d’avoir été dispendieux, d’avoir accumulé des dettes insoutenables et de préparer ainsi la crise à venir.

La Commission européenne, aphone au plus fort de la tempête, retrouve sa voix pour soumettre 20 sur 27 pays de l’Union à la procédure pour déficits excessifs ! Il conviendrait qu’ils reviennent aux limites “raisonnables” du pacte de stabilité. Mais il n’y a rien de raisonnable dans l’époque que nous vivons, rien de rationnel dans les enchaînements qui nous ont conduits à pareil résultat.

Le comble du cynisme est atteint lorsque les agences de notation se mettent à redoubler leur surveillance sur la dette des Etats, et que les marchés, qui en furent les victimes, leur accordent la plus grande attention. Combien d’épargnants, combien d’institutions financières, ont-ils acheté, confiants dans leur notation, des titres donnés pour sûrs, alors qu’ils incorporaient des risques considérables ?

Cette incompétence des agences de notation est aujourd’hui mise au service des marchés de titres publics. Elle fut coresponsable de la crise en sous-évaluant les risques inhérents à la détention de titres privés ! Lire la suite

Allemagne : des banques régionales complètement “kaputt”

Fragilisées par leurs actifs toxiques, les «Landesbanken» sont en crise et menacent la reprise.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent en cette fin d’année pour les banques publiques régionales allemandes, jadis interlocutrices privilégiées des PME, aujourd’hui embourbées dans les difficultés.

La BayernLB a ainsi annoncé de nouvelles démissions à la veille de Noël, dans le sillage de la débâcle de sa filiale autrichienne Hypo Group Alpe Adria, achetée à prix d’or et nationalisée en catastrophe le 14 décembre par le gouvernement autrichien. Cédée pour un euro symbolique à l’Autriche, Hypo Group Alpe Adria aura coûté 3,7 milliards d’euros au contribuable bavarois.

Rien ne semble pouvoir calmer la tempête qui agite le marché bancaire allemand du fait des difficultés des banques publiques régionales, promises à une inévitable restructuration. Historiquement, chaque Land (Etat fédéré allemand) possédait sa banque publique régionale.

Ces établissements appartenant aux Länder et au réseau des Caisses d’épargne, étaient un objet de fierté régionale. Aujourd’hui, seules sept banques publiques régionales, les fameuses Landesbanken, ont conservé leur autonomie. Et deux établissements seulement, la Nord-LB et Helaba (centre du pays) semblent s’en sortir. Lire la suite

Et maintenant il faut choisir : l’hyperinflation ou l’hyperimpôt

La sortie de crise paraît bien incertaine. Plus l’économie réelle souffre, plus la Bourse pavoise. C’est simplement le fruit de l’abondance de liquidités des plans de relance. Ces politiques monétaires laxistes des banques centrales et ces politiques budgétaires aventureuses des États portent un nom ancien, «la planche à billets».

Malgré le vernis technique mis à les habiller, ce n’est qu’un réflexe panique, une fuite en avant sans prétention ni d’anticipation ni de réforme. On fera plus tard le bilan de cette période où les plans de relance ont marqué un basculement, dans le sens où l’Asie et les autres pays émergents sont devenus propriétaires des économies occidentales en les finançant à crédit.

Cette crise est nouvelle. Ce n’est ni une crise de l’offre ni une crise de la demande. C’est une «crise des actifs». La spéculation autonomise la valeur des actifs : elle crée les bulles. La finance a cru être une source autonome de richesse. L’affaire des subprimes a montré qu’il n’en était rien. La spéculation (alimentée par le crédit facile) et le carry trade sont devenus le poison d’une économie virtuelle. C’est le signe d’une société qui privilégie la rente sur le travail.

Bouclier fiscal, exonération des droits de succession, diminution relative du coût du travail, défiscalisations, les exemples ne manquent pas de ces politiques, initiées à l’origine par la droite américaine, qui nous ont précisément menés à la crise d’aujourd’hui. L’ajustement des valeurs d’actifs est inévitable et la crise reste devant nous. Personne n’envisageant le retour à une croissance flamboyante, la sanction des relances sera fatalement classique: l’hyperinflation ou l’hyperimpôt.
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Eric Laurent nous en dit plus sur la collusion entre banquiers et politiques

Nous rendons compte ici, pour la deuxième fois, d’un ouvrage intéressant, non parce qu’une redite serait utile, mais en raison de la teneur complémentaire des propos tenus par l’auteur au cours d’un second entretien.

Après La face cachée du 11 septembre (2004) et La face cachée du pétrole (2006), Eric Laurent, toujours aux éditions Plon, publie La face cachée des banques. Sous-titre : scandales et révélations sur les milieux financiers.

Ce livre nous emmène dans les coulisses des établissements financiers et nous brosse le portrait des maîtres de l’Amérique, une poignée d’hommes déterminés qui traversent le temps au rythme des crises et des élections et dans les mains desquels mangent les politiques.

Cette enquête a demandé huit mois de travail. Huit mois à rencontrer des financiers et hommes politiques qui souvent, lorsqu’ils veulent bien répondre, exigent l’anonymat le plus complet. Face à ce livre sorti à la fin du mois d’octobre, la presse reste « inerte et passive », selon les propres mots d’Eric Laurent. Il y a plusieurs raisons à cela, explique l’auteur : « D’abord parce que c’est un sujet compliqué à traiter pour les journalistes. Ces derniers fonctionnent dans l’immédiateté absolue, donc on leur a vendu l’idée que la crise était en voie de résorption, donc il y a moins d’exigence ou d’obligation d’en parler. Et puis je crois que pour beaucoup de journalistes, aujourd’hui, il y a une totale inculture qui fait que c’est un sujet trop barbare. Enfin il y a une une quatrième raison, c’est que l’information circule de plus en plus mal ».

Premier et principal scandale dénoncé dans votre livre : la mainmise des financiers sur les principaux dirigeants américains. Lire la suite

Combien les associations touchent-elles de l’État ?

1 165 259 511 euros : c’est le total des subventions versées par l’État aux associations au cours de l’année 2008, selon les calculs de l’Observatoire des subventions.

1 165 259 511 euros, soit près d’1,2 milliard d’euros sont passés, au cours de l’année 2008, de la poche des contribuables français dans la caisse d’associations diverses. C’est ce qui ressort du calcul réalisé par l’Observatoire des subventions aux associations à partir du « Jaune budgétaire ».

Ce document officiel, qui s’intitule précisément: Effort financier de l’État en faveur des associations recense les chiffres de toutes les subventions versées par chaque ministère aux associations, « à quel titre que ce soit ». Une vraie jungle.

Immigration, intégration, identité nationale et développement solidaire :

10 677 634 euros

La palme revient au ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, qui a subventionné des associations à hauteur de 457,4 millions d’euros.
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Les faillites de banques américaines sont encore à venir

Pourquoi les petites banques américaines font-elles faillite ? Parce qu’elles ne gagnent plus d’argent à prêter de l’argent.

Paul Jorion se demande combien de temps le gouvernement américain va reculer devant un plan de faillite organisé des banques qui sont condamnées à disparaître.

Je vais répondre brièvement à une question posée par un lecteur.

Question : Vous avez vu qu’il y a eu la 115ème faillite de banque aux USA ?

On a l’historique depuis 2008 ici.

Mais j’ai moi-même une question : quand on regarde l’historique depuis 1934, on voit que la crise 1988-1990 était bien plus destructrice.

Pourquoi la situation est-elle plus grave aujourd’hui qu’en 1988 ?

Est ce parce que les faillites touchaient alors de petits établissements, et donc les pertes étaient plus faibles (je n’ai pas trouvé l’historique des pertes) ? Lire la suite

Coût de la crise, 32.000 dollars pour chaque Européen et Américain ?

Combien a coûté la crise financière ? L’Agefi a tenté, avec l’aide de Gilles Moëc, économiste de Deustche Bank, d’apporter une réponse en fournissant un bilan détaillé et chiffré de ce que pourrait être la facture globale.

Cet exercice a moins pour objectif de brandir son montant colossal que d’identifier les différents éléments de cette somme, susceptibles d’être révisés à la hausse comme à la baisse en fonction de l’évolution des événements au cours des prochains mois, et ce afin de permettre au lecteur d’effectuer son propre suivi de cette évaluation et de mettre en évidence l’impact différent de la crise aux Etats-Unis et en Europe.
Sur la période qui court de la fin 2007 à la mi-2009, le coût global se monte à près de 22.000 milliards de dollars. Ce qui représente l’équivalent sur un an des PIB cumulés des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne. Ou encore 31.597 dollars par habitant. Ce chiffrage doit être regardé comme un ordre de grandeur et certainement pas comme une facture individuelle. Il mérite quelques précisions et précautions. Le choc patrimonial subi par les ménages s’avère en effet pour une large part virtuel, tant que les individus n’ont pas réalisé ces actifs.

Première composante, bien réelle celle-ci, les pertes bancaires dans le monde se sont établies à 1.616 milliards de dollars à la fin du premier semestre 2009, selon les données de l’agence Bloomberg. Ces pertes ont été couvertes par des augmentations de capital à hauteur de 1.339 milliards. Lire la suite