Ukraine : les milliards envolés des oligarques russes

Ils sont la partie visible de la richesse de la Russie. Les oligarques sont aussi victimes de la crise ouverte entre Vladimir Poutine et les Etats-Unis. La chute de la Bourse russe leur a fait perdre des milliards.

Hebergeur d'image

Vladimir Poutine et Oleg Deripaska

Plus de 20 milliards de dollars… C’est, depuis le début de l’année, le lourd tribut payé par les milliardaires russes à la crise géopolitique et économique. Les 16 plus riches d’entre eux ont vu leur fortune fondre de 23,5 milliards de dollars (8.284 milliards de roubles, selon l’indice Bloomberg des milliardaires). Un véritable krach pour les nouveaux riches les plus en vue de la planète depuis l’effondrement de l’URSS. Sur les 18 Européens dont la fortune a chuté de plus de 1 milliard de dollars depuis le début de l’année, 10 sont russes !

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Inflation et déflation coexistent désormais

Par Myret Zaki

Suivant les opinions, vous trouverez ceux qui vous diront qu’on évolue dans un environnement d’hyperinflation rampante. Ou ceux qui vous assureront qu’au contraire, on est en déflation, seul danger qu’ils identifient dans un monde qui serait devenu «zéro inflation». Ce que peu vous diront, c’est que nous avons aujourd’hui une inflation et une déflation qui coexistent dans les économies développées.

Janus (pas le nôtre, mais le dieu grec)

Là où se cache l’inflation

L’inflation se cache dans les marchés financiers. La déflation se loge dans l’économie réelle. Configuration déplaisante, mais aisément démontrable.

Depuis que les banques centrales ont recouru à leurs outils non conventionnels pour injecter des liquidités illimitées dans les marchés, ce phénomène inédit de l’inflation financière couplé à la déflation économique s’est installé, sans que les théories économiques conventionnelles ne parviennent à l’identifier.

Ce qui a enfanté cette situation, ce sont les remèdes choisis pour sortir de la crise de 2008 : aux Etats-Unis, l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed), au départ destiné à relancer l’économie réelle, a prouvé qu’il n’avait d’influence que sur les marchés financiers.

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LEAP : l’imminente plongée en récession de la planète

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 mai 2013

Malgré une sensation de calme relatif relayée à la fois par les médias et par des marchés financiers américains et japonais volant de records en records, l’économie mondiale ralentit sérieusement et une récession généralisée se profile.

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Jacques Sapir : « L’Italie se prépare à des semaines très difficiles »

Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’économiste Jacques Sapir est un partisan déclaré d’une « dissolution concertée » de la zone euro.

Représentation de Mario Monti en Parrain (d’après l’affiche et le titre américain du film : “The Godfather”)

Quel est le risque majeur qui pèse sur l’économie italienne ?

On voit très bien qu’on assiste désormais à une contraction du crédit (un « credit crunch ») qui menace pratiquement un tiers des PME italiennes de cessation d’activité. La Confindustria (NDLR : l’organisation patronale italienne) le dit depuis plusieurs semaines et ce n’est pas une exagération.

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L’Amérique est en récession… et nous serons les prochains !

Connaissez-vous la pyramide inversée de John Exter ? Elle explique une bonne partie des circonstances économiques actuelles… et ce qu’elles pourraient devenir dans les mois qui viennent. La “contraction surprise” de l’économie américaine au dernier trimestre est un coup dur pour la “reprise mondiale”. Alors que les politiques de relance s’épuisent, la bulle obligataire devient plus menaçante.

Les États-Unis, dont nous attendions une croissance de 1,1% au 4e trimestre 2012, sont finalement en contraction de 0,1%. On nous avait promis un beau jouet pour Noël et ce ne fut même pas une orange. A Davos, Stanley Fisher, de la Banque centrale d’Israël, se félicitait déjà des largesses de la Fed, la prodigue banque centrale américaine. La classe politique mondiale s’esbaudissait: la-crise-est-derrière-nous-promis-promis-promis-l’austérité-c’est-fini-et-même-c’était-mal.
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Europe : Le marché automobile a connu sa plus forte chute depuis 1993

Année noire pour le marché automobile du vieux continent. Les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 16,3% dans l’Union européenne en décembre, à 799.407 unités, son quinzième mois de recul d’affilée, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea).

Sur l’ensemble de l’année 2012, les ventes s’affichent en baisse de 8,2%, à 12,05 millions d’unités. Soit la contraction du marché la plus importante depuis 1993, lorsqu’elles avaient dégringolé de 16,9%, précise l’Acea. Dans la seule zone euro, le recul atteint 11,3%, à un peu moins de neuf millions, selon les calculs de Reuters.

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Zone euro : l’emploi affiche son plus fort recul depuis fin 2009, selon Markit

La contraction des indicateurs PMI publiés par le cabinet Markit s’accompagne d’une forte dégradation de l’emploi dans la zone euro. La diminution des effectifs est particulièrement marquée en France.

Devant une agence pour l’emploi espagnole

La contraction de l’activité économique dans la zone euro se paye au prix fort en termes d’emplois. Alors que les derniers indices PMI du mois de juillet laissent augurer une possible entrée en récession du Vieux continent, ils indiquent aussi une accentuation de la dégradation du marché du travail en zone euro, selon les experts du cabinet Markit.

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Un éclatement de la zone euro à haut risque pour l’Allemagne, selon Schäuble

Le ministère allemand des Finances craint que son pays soit confronté à une importante crise économique et une montée en flèche du chômage en cas d’éclatement de la zone euro, affirme dimanche l’hebdomadaire Spiegel.

Wolfgang Schäuble

Selon une étude de ce ministère, la première année après un effondrement de la zone euro pourrait voir l’économie allemande se contracter jusqu’à 10%, indique le magazine allemand dans son édition [de] lundi.

Le chômage pourrait grimper pour affecter jusqu’à cinq millions d’habitants, d’après le même scénario. En mai, le nombre total de chômeurs s’élevait à 2,855 millions, à 6,7% des actifs, un recul par rapport au mois d’avril.

Par comparaison avec de tels scénarios, un sauvetage, aussi coûteux qu’il soit semble un moindre mal », a expliqué un responsable non identifié du ministère des Finances allemand cité par le Spiegel.

AFP (via Yahoo)

Le Royaume-Uni est officiellement entré en récession

Le PIB a baissé de 0,3% au premier trimestre, après un recul identique au dernier trimestre 2011. Le pays est donc entré en récession pour la première fois depuis la crise financière de 2007-2009.

Récession confirmée pour le Royaume-Uni. Selon les données publiées jeudi par l’Office national des statistiques, l’économie britannique s’est contractée plus que prévu au premier trimestre, plombée par la plus forte baisse en trois ans de l’activité dans le secteur de la construction.

En deuxième estimation, le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,3% sur les trois premiers mois de l’année, une contraction plus forte que celle de 0,2% initialement annoncée. L’activité au Royaume-Uni ayant déjà reculé de 0,3% au quatrième trimestre de 2011, l’économie britannique est donc officiellement retombée en récession – qui se définit techniquement par deux trimestres consécutifs de repli de l’activité – pour la première fois depuis la crise financière de 2007-2009. Pis encore, il s’agit de la première récession en « double-dip » (double plongeon, c’est-à-dire un rebond de l’économie suivi d’une rechute) depuis les années 1970, soulignent certains économistes. Lire la suite

Pourquoi le protectionnisme progresse dans le monde

Alors que le protectionnisme revient au cœur des discours politiques en France depuis l’entrée en campagne des candidats à la présidentielle, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est inquiétée, lors de sa dernière conférence interministérielle à la mi-décembre, de la montée des barrières douanières depuis le début de la crise financière en 2008.

Nos élites font du ski... (caricature anglaise, 2009)

Selon l’OMC, le nombre de mesures protectionnistes initiées en 2011 s’élève à 340, contre 220 en 2010.

De son côté, l’organisme suisse Global trade alert (GTA) – qui recense l’ensemble des mesures commerciales dans le monde – avertissait, dans un rapport publié en novembre 2011, que trois mesures protectionnistes sont prises pour une mesure libéralisante depuis juillet 2011, et que les tensions commerciales ont atteint leur plus haut niveau depuis le “pic” de 2009.

UNE PERTE POTENTIELLE DE 800 MILLIARDS DE DOLLARS
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Les deux capitalismes : Productivité, croissance et dépression

Nous nous penchons sur une question nouvelle qui devrait mobiliser notre attention pendant toute l’année 2011. Si la croissance américaine est à crédit, si les variations de la dépense publique l’impactent fortement faute d’une véritable croissance endogène, comment expliquer cette situation. Bref, au delà du constat d’une dépendance de la croissance au crédit public, il reste à expliquer pourquoi la croissance ne reprend pas véritablement pas aux USA.

Nous avons souvent répété que l’absence de redémarrage de la croissance tenait au fait que la crise était une dépression, et que dans le cas d’une dépression des mesures contra-cycliques sont peu efficaces. On peut avancer deux séries d’explications à ce phénomène.

1° – Chômage de masse, crise du crédit, fragilité des emprunteurs, stagnation des sources de revenu et baisse de valeur des patrimoines, reformation d’une épargne nationale pénalisant la demande, investissement mou, dégradation des comptes extérieurs et de la monnaie sont des facteurs suffisamment puissants pour peser négativement sur la croissance de l’économie réelle.

2° – L’allocation des ressources publiques ne peut que très difficilement inverser les effets délétères de la crise. Elle a de plus le défaut d’allouer des ressources en fonction de nouvelles formes de crédits ou de dépenses qui rendent la croissance artificielle. On qualifie alors de reprise, ce qui n’est que l’effet d’un crédit public maladroitement  substituer aux mécanismes ordinaires de la croissance américaine.

Ces deux explications ont une indéniable valeur, mais on peut leur adresser ce reproche : vous dites que la crise est une dépression, prouvez le ! Et si vous ne pouvez le prouver alors, vos analyses dérivent d’une pétition de principe.  L’argument n’est pas faux, il est simplement trop radical. Il nous invite toutefois à tenter d’expliquer pourquoi la crise est une dépression. Une dépression n’est pas simplement une contraction plus forte et plus longue de l’économie, elle est causée par une crise d’un modèle de croissance qui explique sa violence.

Nous allons essayer de montrer  que la crise est une dépression en considérant les évolutions de la productivité  du secteur privé aux États-Unis. Cette évolution permet d’articuler une explication montrant que la crise a entraîné une rupture dans la logique d’investissement depuis 2007, rupture qui peut être regardée comme annonçant un changement de mode de croissance. Cette approche permet d’esquisser une explication du porte-à-faux que constitue la politique de l’administration Obama et des raisons de la montée inexorable du risque sur la dette souveraine des USA.

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Irlande : Le cauchemar économique n’est pas terminé

La situation ne s’arrange pas dans le pays et de nombreux journaux prédisent “des décennies d’enfer financier“. Un constat que partage le quotidien britannique The Guardian, après la publication du coût du renflouement des banques irlandaises par le gouvernement.

Le Cauchemar - Johann Heinrich Füssli - 1790-1791

De la Grèce au Japon, en passant par les États-Unis, la crise bancaire a fait des ravages dans les pays du monde entier. Mais aucune économie n’a été victime d’une mise à sac aussi brutale que celle de l’Irlande. L’ancien tigre celtique a vu son revenu national dégringoler de 17 % au cours des trois dernières années – la contraction la plus sévère et la plus rapide en Occident depuis la Grande Dépression.

Au plus fort de la longue période de prospérité de 1990 à 2007, l’immobilier avait plus de valeur à Dublin qu’à Londres. Depuis, les prix ont chuté de près de 40 % – et ils continuent à couler à pic. A ce rythme, le pays aura bientôt l’honneur douteux d’avoir été le théâtre de l’éclatement de la plus monstrueuse bulle immobilière de l’histoire moderne. En 2008, quand les financiers, pour plaisanter, disaient que la seule différence entre l’Islande en faillite et une Irlande fauchée, c’étaient une lettre et quelques jours, ils avaient tort : la catastrophe qui a englouti l’île d’Émeraude est infiniment pire que celle qui secoue l’Islande.

Et, jusqu’au bout, les ministres de Dublin ont promis à leurs électeurs que les choses étaient sur le point de s’améliorer. Les prêts d’urgence consentis aux banques, c’était la bonne solution. Les réductions radicales des dépenses, ça allait marcher. Et cette décision qui, en gros, revenait à cautionner l’ensemble du système bancaire (sans aucun droit de regard ou presque) et qui réglerait tout ? Eh bien, non, non, et encore non : tel un corps balancé du toit d’un gratte-ciel, l’économie irlandaise a simplement continué à plonger.

Le 30 septembre, Brian Lenihan, le ministre des Finances irlandais, a assuré aux électeurs que le “cauchemar” national qu’ils sont contraints de subir depuis à peu près deux ans était sur le point de cesser. “Nous sommes désormais en train d’en finir avec ça.”

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La crise en Russie

Par Jacques Sapir (janvier 2010)

La crise en Russie : un phénomène d’une durée limitée et aux causes diverses

La crise économique est en train de s’estomper en Russie. À l’exception du taux de croissance des investissements fixes, qui continue d’être déprimé, quoique en progrès relatif, les autres indicateurs témoignent de la sortie de la phase de dépression brutale que le pays a connue.

Ces résultats correspondent par ailleurs à l’ensemble de l’économie mondiale, même si ils ont été plus marqués à la baisse mais aussi à la hausse. La crise a pris, en Russie, la forme d’un « V » particulièrement brutal, mais dont la durée n’a pas excédé une année.

Ceci pose alors la question des causes de la crise.

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La dette publique française

La question de la dette publique est redevenue d’actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n’ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers, ont tout simplement transvasé les dettes bancaires vers la dette publique.

Comme nous allons le voir, ce n’est pas la première fois qu’une crise financière produit une montée des dettes publiques ; c’est même devenu une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites, tout du moins en Europe, continent qui n’a pas la planche à billet universelle du dollar.

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André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l’évolution du solde budgétaire français depuis 1973, c’est-à-dire depuis que l’émission monétaire a été privatisée.

Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l’Etat et le coût des intérêts que nous payons chaque année à cause de l’emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce graphique résume toute l’hypocrisie ou l’ignorance qui tourne autour de cette question.

Car, contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n’est pas le fruit d’une dépense excessive liée à une gabegie de l’Etat, mais elle est plutôt le résultat d’un surendettement volontairement provoqué.

En effet, comment ne pas penser que ce surendettement n’a pas été le fruit d’une stratégie volontaire de la part d’une partie du personnel politique français ? Ne pouvant imposer leur dogme quasi théocratique de la malveillance naturelle de l’Etat providence, les néolibéraux ont usé de la stratégie de l’usure sur le long terme.

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Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

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Crise habituelle ou glas d’un certain capitalisme?

La crise s’est révélée avec la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Une mobilisation sans précédent des chefs d’États n’a pas empêché la contraction du crédit à l’échelle mondiale, la récession et la faillite d’économies développées considérées à tort comme solides. Aujourd’hui, la quasi-faillite de la Grèce, les problèmes rencontrés par d’autres pays européens et les mesures exceptionnelles mises en place par l’Europe posent la question : n’est-ce pas une crise structurelle signant la faillite d’un modèle ? Hommes de terrain, économistes, philosophes et anthropologues ont analysé la crise, sa nature passagère ou profonde, ses origines et son issue.

Pour Jean-Marc Daniel, professeur d’économie politique à l’ESCP Europe, c’est bien simple, « il n’y a pas de crise ». Plus exactement, « il y a juste un cycle de Juglar », du nom de Clément Juglar, qui élabora à la fin du XIXème siècle la théorie d’un cycle économique à trois phases (expansion, crise et liquidation), répété tous les 8 à 10 ans. Il y a plus d’un siècle, l’économiste attribuait ce phénomène aux dérèglements périodiques du crédit.

Une spéculation intense conduit à une période d’euphorie, avec des anticipations excessives, qui finissent par un crash lorsque la réalité les rattrape. La crise de 2008 ne serait donc que la phase désagréable mais passagère d’un phénomène périodique et prévisible ? La réalité est un peu plus complexe.

Premier élément d’importance, un contexte délétère. Selon Jean-Marc Daniel, l’impact de la crise de 2008 a été amplifié par les choix passés de l’administration Bush. Celle-ci « a mené une politique budgétaire dictée par l’illusion de pouvoir échapper à ce cycle, » explique l’économiste. « L’année 2001 aurait dû subir un ralentissement plus sévère et être gérée en stabilisateur automatique ; au lieu de cela, elle a été gérée de manière keynésienne – avec une politique budgétaire contra-cyclique, ndlr. »

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En route vers la Grande Dépression ?

Par Frédéric Lordon

(Si oui, sortons le gros bâton)

Ça commence comme un octosyllable, et pourtant la situation manque de poésie. On pourrait enchaîner sur l’aphorisme de comptoir en ajoutant que si le pire n’est jamais sûr, il n’est pas davantage exclu. Tout cela pour dire qu’on avait été surpris de voir à l’automne 2008 les gouvernements capables de tout mettre sur la table pour sauver le secteur bancaire de la ruine complète (et nous par la même occasion) et que, de temps en temps, on pouvait ne pas désespérer complètement des effets d’apprentissage – la collection des erreurs qui avaient transformé le krach de 1929 en Grande Dépression avait été méditée et évitée.

Bien sûr, les banques s’en étaient tirées avec le magot des fonds publics, rigoureusement rien ne leur avait été demandé en contrepartie, et le scandale intrinsèque de ce rapt unilatéral s’agrémentait du spectacle de voir le manège repartir pour un tour – avec profits, bonus et inévitablement crise prochaine au bout de la séquence. Mais au moins nous n’étions pas morts, ça n’était pas si mal. 2008 et passim pouvaient échapper au bégaiement de l’histoire et n’être pas la simple répétition des années 1930.

No longer.

On prendra la brutalité du tête-à-queue général effectué par les politiques économiques européennes pour un indice de la puissance tutélaire acquise par les marchés de capitaux. Car il y a deux mois encore, l’analyse à l’ordre du jour, jusque dans la presse la plus raisonnable – financière et anglo-saxonne –, commandait de songer à sortir progressivement des plans de soutien à l’économie, mais pas maintenant et surtout pas trop vite.

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Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

Un pays se juge à sa productivité du travail. Mais, cette dernière dépend aussi des activités qui dominent dans ce pays. Ainsi, les services non financiers ont-ils une productivité plutôt basse, tandis que l’industrie a une productivité qui, toutes choses étant égales par ailleurs, est plus élevée. Les services financiers aujourd’hui sont l’activité dont la productivité est la plus forte, sans d’ailleurs que cela ne préjuge de leur contribution réelle à la richesse du pays ou de leur utilité. La Grèce est plutôt une économie de services (le tourisme et les services associés), avec aussi un secteur agricole qui – pour des raisons géographiques – est plutôt intensif en travail qu’en capital. Or la productivité de la Grèce, en dépit de tous ces facteurs, est loin d’être ridicule (graphique 1).

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Irlande cherche reprise désespérément

De plan d’austérité en plan d’austérité, l’ex-Tigre celtique attend toujours la reprise. En vain.

120.000 manifestants à Dublin contre le traitement de la crise par le gouvernement irlandais, en février 2009 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L’économie irlandaise reste depuis deux ans enfoncée dans la récession. Le PIB du pays a encore reculé au quatrième trimestre 2009, de -2,3% par rapport au trimestre précédent et de 5,1% sur un an. Au final, l’activité s’est contractée de 7,1% l’an passé. Le taux de chômage touche désormais 13,4% de la population active. En tout, le nombre de chômeurs a grimpé de 17,9% sur les douze derniers mois. L’ex-Tigre celtique reste l’un des Etats les plus mal en point du Vieux Continent.

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Espagne : 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté

En 2009, quelque 19,5% de la population résidant en Espagne vivait en dessous du seuil de pauvreté, soit quasi le même pourcentage une année auparavant (19,6% en 2008), selon l’enquête sur “les conditions de vie” en Espagne menée par l’Institut National Espagnol des Statistiques (INE).

Par tranches d’âge, la pauvreté se fait particulièrement ressentir parmi les personnes âgées de plus de 65 ans, relève la même source qui note une certaine diminution du seuil de pauvreté chez cette catégorie de personnes où le taux de pauvreté est passé de 28,5% en 2007 à 25,7% en 2009.

L’Espagne fait face, depuis fin 2008, à une grave crise économique qui s’est soldée par une augmentation vertigineuse du nombre des chômeurs (plus de quatre millions) et une hausse importante du déficit public (11,4% du PIB).

La même enquête a également révélé qu’une famille espagnole sur trois est incapable de faire face aux dépenses imprévues, en augmentation de 5,8% par rapport à 2008 et que 38,9% des familles espagnoles ne peuvent pas se permettre de passer des vacances d’au moins une semaine par an, en augmentation de 5,4% en comparaison avec la précédente enquête.

Selon la même source, 13,7% des familles espagnoles affirment arriver difficilement à la fin du mois, un pourcentage des plus élevés de ces six dernières années.

L’Espagne est encore l’un des grands pays de l’Union européenne en récession avec des prévisions de croissance négative de 0,3 à 0,9 % pour 2010. Selon les prévisions du FMI, l’économie espagnole connaîtra une contraction du PIB de 0,6%.

Casafree.