États-Unis : Deuxième cas d’Ebola – Panique chez les soignants (Màj vidéo)

Addendum : Le personnel soignant monte au créneau


Une infirmière qui s’occupait du patient libérien Thomas Eric Duncan à Dallas a contracté à son tour le virus. Les personnels de santé se demandent s’ils sont assez bien protégés.

La confirmation d’un second cas d’Ebola secoue Dallas“, titre ce 13 octobre le Dallas Morning News. Les autorités sanitaires fédérales ont confirmé le 12 octobre la contamination d’une infirmière de l’hôpital de Dallas où était traité Thomas Eric Duncan, un patient libérien mort mercredi 8 octobre qui avait été le premier cas d’Ebola diagnostiqué aux États-Unis.
Elle “ne faisait pas partie des 48 personnes suivies en raison de leurs contacts avec Duncan”, précise le quotidien local. La cause de sa contamination n’a pas été identifiée : l’hôpital affirme que l’infirmière avait respecté les précautions de sécurité.
“La nouvelle augmente les craintes des travailleurs sanitaires dans tout le pays”, écrit The New York Times. Lire la suite

Ébola : L’OMS s’attend à terme à plus de 20.000 cas

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) espère stopper la progression du virus Ébola d’ici à trois mois, selon un document publié jeudi 28 août, à Genève (Suisse). L’organisme s’attend à plus de 20.000 cas de fièvre hémorragique durant cette épidémie.

Dans une “feuille de route”, l’OMS souligne également les actions que les pays touchés d’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires doivent entreprendre pour mettre fin à la plus grande flambée d’Ebola dans l’histoire. L’organisation souhaite pouvoir stopper la progression de nouveaux cas d’ici trois mois, expliquant avoir besoin de 490 millions de dollars (371 millions d’euros) pour cela.

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Italie: Une banqueroute de Monte dei Paschi menacerait l’Europe

On savait que Monte dei Paschi, la grande banque de Sienne, la troisième d’Italie, était en difficultés. Mais ce n’est pas pour participer  à un des somptueux diners donnés dans le superbe Palazzo Salimbeni par cette institution que Mario Draghi s’est envolé ce soir pour l’Italie. Mont de Piété créé en 1472 par les magistrats siennois, elle a pour principal actionnaire une fundazione aussi prestigieuse que peu transparente. AXA en est le troisième actionnaire avec plus de 3% du capital.

Par georges ugeux

C’est au chevet de cette institution systémiquement importante pour l’Europe et le monde bancaires, que le Président de la BCE se rend, à en croire le Financial Times. Une réunion au sommet est en effet convoquée à Rome ce mardi.

C’est que la faillite de la BMPS serait une catastrophe à plusieurs niveaux.

Produits dérivés, acquisition surpayée et obligations souveraines

La cause de la culbute est complexe ;  un scandale autour d’activités de la banque en produits dérivés, des opérations appelées Santorini et Alexandria, dont les contreparties sont Deutsche Bank et Nomura. Elle est accusée d’avoir camouflé 820 millions d’euros de pertes avant l’intervention de sauvetage du Gouvernement, avec l’approbation de la fundazione.

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Grèce : La faillite coûterait 17.200 milliards

Une étude de deux économistes allemands pour la fondation Bertelsmann sortie le 16/10/2012 chiffre les conséquences pour l’économie mondiale d’une faillite de la Grèce et mesure ses effets de contagion.

Sortira, ne sortira pas ? La question du sort de la Grèce dans la zone euro n’est toujours pas tranchée. Et cela dure depuis près de deux ans. Angela Merkel l’a encore dit aujourd’hui : la Grèce doit garder la monnaie unique. Même son de cloche chez François Hollande : la Grèce « doit être assurée de rester dans la zone euro », a-t-il déclaré hier dans les colonnes du Monde.

Alors, la question de la sortie de la Grèce de la zone euro est-elle surannée ? Pas du tout si l’on croît plusieurs économistes de renom. Megan Greene, la chef économiste Europe chez Roubini Global Economics, le centre d’étude fondé par Nouriel Roubini, le professeur d’économie new-yorkais qui a prédit la crise financière de 2007, estime qu’Athènes pourrait lâcher l’euro courant premier semestre 2013. Explication : l’austérité créée une « décennie de dépression » économique.

Une sortie de la zone euro « très probable »
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Grèce : Les retraits bancaires s’intensifient

Plus de 700 millions d’euros ont été retirés des banques grecques sur la seule journée du 15 mai. La crise politique fait ressurgir le spectre d’un bank run et d’une éventuelle contagion à toute l’Europe.

Les responsables politiques grecs se refusent pour l’instant à parler de bank run, c’est-à-dire d’un vrai mouvement de panique bancaire. Ils reconnaissent un“sentiment de peur qui pourrait évoluer en panique”. Pourtant, ça y ressemble de plus en plus.

Jusque-là, les retraits s’étaient étalés dans le temps. Les Grecs ont retiré 60 milliards d’euros depuis le début de la crise, en 2009. Ce qui représentait déjà près d’un tiers du PIB grec. Le 15 mai, 700 millions ont été retirés des banques en une seule journée.

Ce rythme pourrait encore s’accélérer si l’hypothèse d’une sortie du pays de la zone euro se faisait plus vraisemblable. L’échec des négociations en vue de former une coalition gouvernementale et la tenue de nouvelles élections n’ont de ce point de vue rien de rassurant.

Un risque majeur de contagion

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Le Portugal entraîne l’Espagne et l’Italie dans ses tourments

Pressé par la France et l’Allemagne de demander une aide financière, selon le «Spiegel», Lisbonne doit lancer un emprunt clé mercredi. La défiance s’étend malgré le soutien de la BCE. Paris, Berlin et Bruxelles le nient haut et fort: non, le Portugal ne fait actuellement l’objet d’aucune pression en vue de demander un soutien financier européen.


«Il n’y a pas de discussion dans ce sens et elles ne sont pas envisagées à ce stade», a martelé lundi le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. La thèse développée dans le magazine allemand Der Spiegel publiée lundi selon laquelle la France et l’Allemagne seraient en passe de contraindre Lisbonne à suivre les exemples irlandais et grec, dans le but d’éviter une contagion à l’Espagne, serait donc infondée.

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Crise irlandaise/Europe : à qui le tour ?

Après la Grèce, c’est l’Irlande qui a enfin accepté l’aide de la zone euro pour combler son déficit public abyssal (-32% du PIB) et renfloué les caisses après une crise bancaire sans précédent. Le plan d’aide approcherait les 100 milliards d’euros. En aidant l’Irlande, les européens vont-ils réussir à éviter la contagion ?

(Merci à Titi)

Panique dans la zone euro

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés. Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

"Perdu tigre celtique..."

« L’Irlande vers une nouvelle crise financière », annonce la Frankfurter Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble de la zone euro. «Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été entonné par Wolfgang Schäuble», constate de son côté la Berliner Zeitung.

Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat membre de la zone euro devra être sauvé par les autres. « Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle », commente le quotidien : « Jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un risque, il exigent des intérêts plus élevés ».

Le journal cite un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que « les plans allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la crise ».

« La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne », constate Diário de Notícias à Lisbonne. « L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment ».

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Des banques profitables ou le festin pendant la peste ?

Par Pascal Roussel

Richard Bach, l’auteur de « Jonathan Livingston le goéland » a écrit qu’il n’y a pas de problème assez énorme pour qu’on ne puisse pas le fuir. Et à lire la presse financière traditionnelle, on se demande s’il n’a pas raison !

Le but de cet article n’est pas de sombrer dans la déprime, mais de pouvoir se préparer en toute lucidité.

La plus grande des illusions est de croire que les problèmes soulevés par la crise pourront être résolus par l’intervention d’une quelconque autorité. C’est impossible car, étant la conséquence de trop d’excès et de dérives, ils sont tout simplement devenus trop importants. Lire la suite

Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Ces plans de sauvetage qui dévorent l’Europe

Les plans de sauvetage de plus en plus massifs, d’abord pour la Grèce, puis pour la zone euro, ne font rien pour calmer des marchés mondiaux hystériques. Le problème, affirme l’économiste irlandais David McWilliams, c’est que les pays font dépendre leur sort d’un système bancaire fragile, au détriment de leurs citoyens.

Nous vivons une époque véritablement historique. A l’issue du plan de sauvetage de l’euro, les marchés s’étaient remarquablement repris, mais le phénomène a fait long feu, et la valeur de la devise européenne a reculé. Ce qui laisse penser que pour les marchés, le gigantesque renflouement consenti par l’UE, le FMI et la BCE n’est pas suffisant.

La population s’interroge sur le sens d’un chèque si important. Y a-t-il un piège quelque part ?

Pour que ces garanties soient pertinentes, ne faudrait-il pas procéder à une intégration plus étroite en Europe ? Si les élites de l’UE le souhaitent peut-être, ce n’est pas le cas des citoyens européens. Quand on leur a donné la parole, la France, les Pays-Bas et l’Irlande ont tous rejeté le principe d’une plus grande intégration (certes, nous, les Irlandais, nous avons dû revoter). Mais le signal émis par la rue est clair : les Français entendent rester Français, et souverains, les Hollandais aussi, tout comme, sans aucun doute, les Allemands, les Danois et les Grecs.

La structure financière de l’Europe rappelle les alliances de la Grande Guerre

Les peuples tirent dans un sens ; les élites politiques et bancaires dans l’autre. Conséquence de ce système instable de quittances de dettes qui relie entre elles les infrastructures financières des pays : nous assistons à une rupture entre les intérêts des citoyens et ceux des élites. Du fait de cette déconnexion entre l’État et ses habitants, nous nous retrouvons confrontés au spectacle d’un ministère des Finances – censé oeuvrer dans l’intérêt de l’homme de la rue – prenant des décisions qui valident les contrats bancaires existants et n’ont rien à voir avec l’homme ou la femme de la rue en question. Mais ce sont ces derniers qui, à la fin, paient l’addition.

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L’euro et ses prochaines aventures

Par Jean-Claude Werrebrouck

Note au lecteur : la bonne compréhension de ce texte suppose la lecture des articles du 28/01/2010 (L’euro : implosion ou sursaut ?) et du 16/02/2010 (Pour mieux comprendre la crise : déchiffrer l’essence de l’Etat).

La crise grecque et ses prolongements confirment que ce prêt à porter qu’est la monnaie unique est porteur de méfiance chez les passagers clandestins du bateau euro.

Tous veulent conserver les avantages qu’ils se sont progressivement créés dans le bateau : faibles taux d’intérêt, « monnaie de réserve à l’américaine », terrain de jeu plus vaste au profit des entrepreneurs politiques pour certains, exportations « à la chinoise » pour d’autres.

Aucun ne voulant en payer le prix, c’est-à-dire le coût de l’entretien du bateau pour le maintenir à flots : création d’une zone monétaire optimale par vaste édification d’un Etat européen à l’instar de l’Etat fédéral américain, politique de change, contrôle de la banque centrale, etc.

La grande crise des années 2010 devant inéluctablement connaître des développements monétaires, il était logique qu’elle développe d’abord une métastase dans le bateau le plus sensible : l’euro zone.

La solution toute temporaire à la crise grecque et à ses prolongements immédiats, confirme le refus de payer le prix d’une bonne maintenance du bateau.

Avec le temps, il se confirmera que les entrepreneurs politiques français ont préféré une nouvelle fuite en avant, plutôt que d’affronter leurs collègues allemands et d’exiger des solutions plus radicales : quel entrepreneur politique français au pouvoir pourrait aujourd’hui, sans risque, oser vendre sur le marché des idées, outre le « quantitative easing » semble-t-il acquis de haute lutte, la fin de l’indépendance de la BCE, ou la fin de la libre circulation des capitaux ?

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« Une bataille est gagnée, la crise n’est pas terminée »

Yannick Roudaut, anime une cellule de veille et de prospective sur l’économie durable et la finance responsable au sein d’Alternité. Chroniqueur économique, auteur de « L’Alter Entreprise » (Dunod), il analyse le plan de défense de la zone Euro et les effets de la crise financière.

- Le méga-plan de secours des pays de l’Union européenne et l’action concertée des banques centrales seront-ils suffisants pour endiguer la crise ?

A court terme, oui. La réaction des investisseurs est d’ailleurs unanime.

En débloquant potentiellement 750 milliards d’euros, l’Europe apporte une réponse à la crise de liquidités. Les pays en difficultés devraient désormais pouvoir se financer dans de meilleures conditions de taux d’intérêt.

A moyen terme, le plan, ne résout pas la crise budgétaire. L’un des points soulevés ces dernières semaines, est celui de la capacité des états comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à réduire sensiblement leur déficit budgétaire. On leur donne certes les moyens de ne pas faire défaut sur leurs dettes, mais le problème du retour à la croissance économique et de la réduction des déficits pour revenir aux exigences de Maastricht demeure. Une bataille est gagnée, mais la crise n’est malheureusement pas terminée.

- D’autres actions sont-elles nécessaires ?

Les pays les plus fragiles vont peut-être devoir commencer à restructurer leur dette rapidement. Cela veut dire que leurs créanciers (banques, compagnies d’assurances, États) vont peut-être devoir provisionner une partie des pertes. Au-delà de ces mesures financières, il faut que nos responsables européens poursuivent leurs efforts politiques pour faire évoluer l’Europe vers le fédéralisme ou une forme équivalente. Cette crise nécessite une réponse politique forte. Le cas échéant, de nouvelles attaques financières sont prévisibles au cours des prochains mois.
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Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

Jusqu’où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l’euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.

- Vite ! Donnez-moi le liquide !

L’euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d’aide à Athènes.

Ce plan, plus personne n’y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d’explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l’Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

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La toile d’araignée de la dette européenne

Ce graphique a été publié le 1er mai par le New York Times. Il met en évidence le caractère inextricable des finances publiques des PIIGS. Un simple coup d’oeil suffit pour comprendre “l’effet domino.” Plus la flèche est épaisse, plus la dette est importante. Ainsi, la vraie raison de l’attaque des marchés contre l’Espagne depuis hier est matérialisée par la grosse flèche rouge qui la relie au Portugal : les banques espagnoles détiennent la plus grosse part de la dette publique portugaise.

(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Mais une autre évidence s’impose : contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire certains, notamment Dominique Strauss-Kahn, les grands pays ne sont en aucun cas à l’abri d’une contagion. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont même très gravement exposées, en particulier à la dette de l’Espagne. Que celle-ci tombe (avant ou après le Portugal), et c’est l’ensemble du système bancaire européen – et donc l’euro – qui s’effondre.

Olivier Demeulenaere

(Merci à Marie)

Après la Grèce, l’Espagne inquiète les marchés financiers

Les craintes sur l’Espagne font chuter les Bourses internationales et l’euro. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 3,64%, son plus bas niveau depuis 2 mois. Les rumeurs de dégradation de la note de l’Espagne continuent d’inquiéter les marchés. Mais, outre une crise économique, l’Espagne vit aussi une crise morale.

L’UE et le FMI viennent tout juste de débloquer une aide financière à la Grèce et voilà que les marchés s’affolent à nouveau. L’Espagne est cette fois-ci dans leur collimateur.

Près de 5% de baisse à Madrid, – 4% à Lisbonne, -4,7 à Milan, – 3,64% à Paris, -2,5% à Londres et Francfort… La crise grecque a une nouvelle fois fait plonger les bourses ce mardi en Europe. Malgré le bouclage du plan d’aide à la Grèce, la crainte d’une contagion au reste de l’Europe a fait chuter les marchés dans le sillage de la bourse d’Athènes qui a dégringolé de plus de 6,6%. La Bourse de New York a elle aussi ouvert en nette baisse mardi, les investisseurs s’inquiétant des difficultés budgétaires des pays de la zone euro : le Dow Jones perdait plus de 2% et le Nasdaq 2,81%. L’indice Hang Seng a perdu 2% à Hong Kong, celui de la bourse de Shanghai 2,1%, Singapour 1,2% et les marchés australiens 1,9%.

La semaine dernière, l’agence de notation Standard and Poor’s, a dégradé la note de la dette à long terme de l’Espagne. Leurs spécialistes estiment que la croissance morose du pays risque d’empêcher le gouvernement de réduire des déficits qui ont explosé à 11,2% du PIB en 2009.

Des rumeurs selon lesquelles d’autres agences de notation allaient dégrader la note de l’Espagne et selon lesquelles Madrid pourrait demander une aide financière colossale au FMI continuent de faire tanguer les marchés financiers. Moody’s et Fitch ont pourtant assuré mardi que cette dernière restait pour l’instant la plus élevée possible, le fameux triple AAA.

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Crise de la zone euro : après la Grèce, à qui le tour ?

Pour l’économiste Jacques Sapir, la crise grecque remet en cause le principe même de la monnaie unique. Dans ces conditions, le pire est à venir. Y compris pour la France, qui risque de devenir une simple spectatrice du marasme économique, à moins d’une vraie politique volontariste.

Cette fois, nous y sommes ; la crise grecque déborde des frontières comme c’était prévisible, et avait été prévu depuis septembre 2009.

Les problèmes de la Grèce sont en effet connus depuis septembre 2009 (et même avant) par le grand public. Il était évident qu’un effet de contagion se manifesterait. Tout ceci a été indiqué à plusieurs reprises (…). Désormais, on peut craindre qu’il ne soit trop tard pour réagir et sauver l’Euro.

La zone Euro est bien entrée en crise avec le transfert de la spéculation sur le Portugal (en raison de la baisse de sa note), et les problèmes qui commencent à monter sur l’Espagne et l’Italie en raison des difficultés que ces pays rencontrent pour placer leur dette à moyen et long terme. Ce ne sont pas ici les articles lénifiants, comme celui de Mme Nathalie van Ypersele dans Trends, ou les ronflantes déclarations de M. Barroso (la dernière en date est du 28 avril depuis Tokyo…), qui y changeront quelque chose.

Les difficultés (pour ne pas dire plus) des pays de la Zone Euro à réagir à ce qui aurait pu n’être au départ qu’une crise localisée, la mauvaise volonté allemande à jouer le jeu de la solidarité ont été des éléments clefs dans le déclenchement de cette crise. Mais, sur le fond, c’est bien le principe même de la zone Euro qui est en cause, soit la tentative d’imposer une règle monétaire unique à des pays dont les économies sont profondément différentes et le tout sans mécanisme institutionnel de solidarité.

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Le spectre d’un nouveau choc bancaire

La déroute financière de la Grèce, et les premiers signes de contagion au Portugal et à l’Espagne, pourraient-ils entraîner une nouvelle crise grave du système bancaire européen ?

Échaudées, voire aguerries, par le choc des subprimes de 2007 et la crise mondiale qui s’en est suivie, les autorités de régulation des États européens s’emploient à rassurer sur l’exposition de leurs banques à la dette grecque, afin de ne pas laisser la peur se diffuser sur les marchés financiers. Le poids de ces titres de dette dans les comptes des établissements financiers resterait, dans la plupart des pays, contenu. Un défaut de paiement de la Grèce aurait un effet limité.

C’est le cas du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, rapidement monté au créneau sur le sujet : “L’exposition des banques françaises à la crise grecque ne suscite pas d’inquiétude particulière,” a affirmé M. Noyer le 9 avril, en admettant cependant “surveiller de près” la situation.” Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), les banques françaises seraient exposées à hauteur d’une cinquantaine de milliards d’euros en Grèce, un montant important, en tant que propriétaires d’obligations émises par l’État grec et créancières au secteur privé.

De bonne source, le Crédit agricole, l’un des principaux concernés, est exposé à hauteur de 300 millions d’euros à la dette grecque, via sa filiale Emporiki, un chiffre relativement mesuré comparé aux dizaines de milliards d’euros de dette détenues par les autres grandes banques helléniques.

Officieusement toutefois, l’inquiétude est bien de mise alors qu’il est très difficile, voire impossible, à ce jour, de connaître précisément, et de manière incontestable, l’exposition des banques européennes à la Grèce – et de la même façon au Portugal et en Espagne, dont les notes de crédit vient d’être dégradées par l’agence Standard & Poor’s – par pays et a fortiori par établissement.

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