Eaux en bouteille savez-vous ce que vous buvez ?

En dix ans en France, la consommation d’eau en bouteille est passée de 75 à 145 litres par an et par habitant. Un engouement qui attise les convoitises des grands groupes industriels.

Pourtant, chaque foyer dispose d’une eau du robinet potable, disponible à un prix défiant toute concurrence. Comment les marques parviennent-elles à convaincre les consommateurs de préférer l’eau en bouteille ?

Que valent réellement les promesses des eaux minérales, vantées par les enseignes qui les produisent ? Et comment un marché des «eaux de luxe», qui se vendent dix à quinze fois plus cher que les eaux classiques, a-t-il pu voir le jour ?

D8 En quête d’actualité (16/09/2015)

La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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Consommation : j’achète, donc je suis

Des milliards de vêtements, d’appareils électroménagers et de denrées alimentaires sont vendus chaque année en France et en Allemagne. Pour les consommateurs, c’est moins leur valeur d’usage qui compte que la valeur subjective qu’ils leur attribuent, voire l’image de la marque. Car le comportement d’achat est intimement lié à nos valeurs individuelles, à notre personnalité.

En même temps, en achetant certains produits, nous manifestons notre identité au sein de la société. L’image associée à certaines marques nous aide à mieux percevoir et exprimer qui nous sommes, et comment nous nous positionnons par rapport à notre entourage.

Xenius Arte (Allemagne 22/06/2015)

Les enfants de l’idéologie libérale-libertaire

Dresser un portrait de la jeunesse actuelle ne peut se faire sans essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de la révolution culturelle de mai 1968 qui a façonné l’idéologie libérale-libertaire qui nous domine toujours.

A l’époque, le fossé des générations sans précédent, « un événement mondial, quelque chose qui ne s’était encore jamais produit avec cette simultanéité et sur une telle échelle » a eu comme conséquence que les jeunes, se sentant « étrangers à leurs parents » [1], ont voulu imposer leur vision du monde à la société. Ils n’ont pas essayé d’élaborer une société représentative des différentes générations qui la composaient mais, au contraire, ont imposé leur génération comme socle de la nouvelle ère. Génération des mots d’ordre « il est interdit d’interdire » et « CRS SS », cette nouvelle ère a alors blâmé l’autorité comme valeur de la vieille génération ringarde au profit du développement personnel comme valeur de la jeune génération oppressée.

De cette révolution culturelle opérée par les jeunes bourgeois de l’époque s’en est alors suivi une forte alliance – celle que l’on se plaît à nommer l’idéologie libérale-libertaire – entre d’une part le libéralisme économique et d’autre part le libéralisme culturel, les deux poursuivant une logique semblable : celle de l’illimité.

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Dany-Robert Dufour – Crise du capitalisme ou crise du sens ?

Conférence de Dany-Robert Dufour dans le cadre de la journée d’étude “Crise du capitalisme ou crise du sens ?” organisée par Charles Robin le 9 avril 2013 à l’Université Paul Valéry Montpellier III.

La crise que nous traversons n’est pas seulement celle d’un modèle économique ‒ le capitalisme financier néolibéral. Elle est celle d’un système qui désorganise l’ensemble de nos formes d’existence, de nos pratiques et de nos représentations. La « postmodernité », époque marquée par ce que Lyotard appelait la fin des « grands récits », nous confronte ainsi à une situation inédite : le remplacement des anciens dispositifs de contrôle social de type répressif et prohibitif par une forme nouvelle et paradoxale de domination idéologique : la désymbolisation et la désubjectivation, couloirs de l’individualisme consumériste contemporain.

Art contemporain : Les élites contre le peuple (Rediff)

L’art contemporain revendique volontiers l’héritage des « maudits » et des scandales du passé. Et cependant, « artistes » et laudateurs d’aujourd’hui ne réalisent pas que leurs scandales ne combattent plus les tenants de l’ordre dominant, mais ne constituent en fait qu’un outil de plus de la domination bourgeoise.

“La Vénus aux chiffons”, œuvre de Michelangelo Pistoletto (artiste italien contemporain co-fondateur de “l’Arte Povera”), actuellement exposée dans l’aile Denon du musée du Louvre.

Par ce qu’il prétend dénoncer, l’« art » dit « dérangeant » participe de la domination libérale, capitaliste, oligarchique et ploutocratique, à la destruction du sens collectif au profit de sa privatisation, à cette démophobie qui a remplacé dans le cœur d’une certaine gauche la haine des puissants et des possédants. Cet « art » dit « dérangeant » est en parfaite harmonie avec ces derniers.

Épargnons-nous un discours qui, trop abstrait, serait rejeté par les concernés, les défenseurs de cette pitrerie libérale-libertaire nommée « art contemporain ». Prenons donc quelques exemples, quelques « scandales » ou actions représentatives de ces dix dernières années.

En 2002, l’Espagnol Santiago Sierra fait creuser 3000 trous (3000 huecos, en castillan) à des ouvriers africains pour un salaire dérisoire afin de, nous apprend-on, dénoncer l’exploitation capitaliste, revendiquant une « inspiration contestataire axée sur la critique de la mondialisation, de l’exploitation de l’homme par l’homme, de l’inégalité des rapports Nord-Sud et de la corruption capitaliste.

Il n’hésite pas à faire intervenir dans ses performances des sans-papiers, des prostituées, des drogués et à les rémunérer pour leur présence », apprend-on en effet, par exemple sur le site d’Arte TV [1]. Exploiter pour dénoncer l’exploitation : à ce titre, on pourrait bien aller jusqu’à voir un artiste supérieur en Lakshmi Mittal, par exemple.

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Grand rush des courses de Noël : l’envers du décor

Le mois de décembre est sans doute la période de l’année la plus stressante. En cause, les achats de Noël. Faut-il s’y prendre longtemps à l’avance ou au contraire, attendre la dernière minute ?

Comment faire plaisir sans trop se ruiner, comment dénicher la bonne affaire, le cadeau rare ? Vos enfants auront-ils au pied du sapin ce qu’ils ont vraiment commandé au Père Noël ? Autant de questions préoccupantes pour les parents et grands-parents.

Partie 1:


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Réactance : Quand les « rebelles » se font exploiter…

Rebelle : individu « qui est fortement opposé, hostile à quelque chose, qui refuse de s’y soumettre ». Ceci est la définition du Larousse. Cependant on a déjà vu que cet individu opposé peut avoir l’allure et le comportement apparent d’un rebelle et pourtant être totalement soumis à une situation.

Dans le milieu de l’hacktivisme, cette rébellion qui n’en a que les apparences, est clairement moquée : ils moquent par exemple des clicktivistes qui s’insurgent à coup de « j’aime » sur Facebook, en cliquant et en râlant, tout en étant d’un autre côté, totalement conformistes, voire incohérents (par exemple, ils s’opposent à Big Brother, mais sont addict à Big Brother Facebook où ils y postent toutes leurs photos et détails de leur vie).

Si on devait donc rajouter quelque chose à la définition du Larousse, ce serait que le rebelle fait preuve de cohérence entre sa pensée et ses actes. Ce rebelle là est déjà beaucoup plus rare. Par exemple, le rebelle défenseur de l’environnement perdrait son titre dès lors qu’il va chercher son pain, à deux rues de chez lui, en 4×4.

Mais il n’y a pas que les incohérents à s’autoproclamer rebelles : les réactionnaires se disent rebelles, voire carrément résistants, car ils s’opposent à certaines évolutions de la société. Autrement dit, ils préfèrent la soumission à des systèmes passés. En cela, peut-on vraiment parler de rébellion ? N’y a-t-il pas dans la rébellion une volonté d’avancer, de créer, de trouver de nouvelles voies ?
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Paul Ariès : « Il faut penser des solutions en dehors du mythe de la croissance »

Paul Ariès, 55 ans, est politologue, essayiste et rédacteur en chef du mensuel les « Z’indignés » après avoir été celui du « Sarkophage ». Il est un militant actif de l’objection de croissance, de la lutte contre la publicité et de la malbouffe.

Fermement convaincu que la décroissance est synonyme de partage des richesses, il fustige les décroissants austéritaires et est adepte du « buen vivir » qu’il traduit par « décroissance gourmande ». Il co-organise en juillet 2012 le forum mondial sur la pauvreté avec la communauté Emmaüs et aime à rappeler que « sa décroissance n’est pas de droite ». En 2014, il signe l’appel du Mouvement pour la sixième République initié par Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche.

Méridien Zéro : « La société de l’indécence » (Audio)

Ce vendredi soir, Méridien Zéro accueille Lucien Cerise et Thibaut Philippe pour évoquer un ouvrage paru chez nos amis du Retour aux Sources ce printemps, La société de l’indécence, de l’américain Stuart Ewen. Ce sera l’occasion pour nos deux camarades de revenir sur la pensée percutante de ce situationniste d’outre-atlantique mais aussi de prolonger ses hypothèses et postulats.

A la barre et à la technique, Jean-Louis Roumégace

A la technique JLR.

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Il est urgent de préparer la décroissance !

Pour Thierry Brulavoine, Michel Lepesant et Christine Poilly, tous trois membres du Mouvement des objecteurs de croissance, “les partis médiatiques prouvent tous les jours leur incapacité à proposer la moindre mesure qui ose accepter la réalité d’un monde fini”. “C’est pourquoi, écrivent-ils, il faut appeler politiquement à une recomposition électorale autour d’un pôle antiproductiviste et anticonsumériste, donc anticapitaliste et révolutionnaire”.

Les partis de gouvernement et d’opposition, de la droite à la gauche, se sont engagés depuis des décennies dans une quête effrénée de croissance, par la promotion du consumérisme et du « progrès » technoscientiste. Les effets de ces politiques sont pourtant implacables : les 67 milliardaires les plus riches de la planète détiennent autant de richesse que les 3,5 milliards d’humains les plus pauvres ; le 5e rapport du Giec annonce une augmentation de 4,8 °C d’ici à la fin du siècle, induisant des événements climatiques extrêmes, une insécurité alimentaire, une perte de biodiversité, plus de migrations contraintes…

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HellFest 2014… 24H en enfer (MAJ)

Addendum pédagogique : Le métal expliqué à ma mère.

Le Hellfest, également appelé Hellfest Summer Open Air, est un festival de musique français spécialisé dans les musiques extrêmes, annuellement organisé au mois de juin à Clisson dans la Loire-Atlantique. Sa forte fréquentation le fait figurer parmi les plus importants festivals de musique français. Il est aussi l’un des plus grands festivals de metal en Europe et le premier en France.

Sa programmation est avant tout centrée sur le hard rock et le métal pour les deux scènes principales, tandis que chacune des quatre autres scènes du festival sont dédiées à un style plus particulier comme le black metal, le death metal, le punk hardcore, le doom metal ou le stoner metal, s’assurant ainsi la présence de groupes tels que Iron Maiden, Deep Purple, ZZ Top, Motörhead et KISS, tout autant que celle de Slayer, Megadeth, Sepultura, Cannibal Corpse ou Anthrax.

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Cash Investigation : Les secrets inavouables de nos téléphones portables

Savez-vous qu’il est possible qu’un enfant chinois de 13 ans, travaillant 16 heures par jour soit “caché” derrière votre smartphone ? Et que votre téléphone portable est fabriqué avec plusieurs minerais qui proviennent du nord-est de la République Démocratique du Congo, en prise à des massacres depuis 20 ans. Cash Investigation mène l’enquête.

Cash Investigation 04/11/2014

Sacrée croissance ! (+bonus)

Entre les décideurs politiques et une partie de la population réticente à se laisser imposer les doxas libérales, les visions du monde tel qu’il doit être mené semblent irréconciliables. Lorsque les premiers ne jurent que par la croissance, répétant le terme comme une formule incantatoire, les seconds espèrent en d’autres solutions et réfutent le productivisme et la consommation à tout prix.

Les experts intervenant dans le film sont formels : sous la forme qu’elle a connue au XXe siècle, la croissance est terminée, elle ne reviendra pas. De nombreux paramètres ne leur laissent aucun doute, dont la fin de l’ère des énergies bon marché ou la dépendance croissante à la dette.

Réalisé par Marie Monique Robin (France 2014)


Bonus : entretien avec Marie-Monique Robin

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En finir avec notre addiction à la consommation

La surconsommation constitue l’un des défis planétaires à relever d’urgence, rappelle Elisabeth Laville, auteur de “Vers une consommation heureuse” (Ed. Allary), fondatrice d’Utopies et de Mescoursespourlaplanete.com et intervenante lors du World Forum Lille (21-24 octobre).

L’un des tabous les plus fragrants de notre société est notre addiction à la (sur)consommation. Car le monde entier, et plus seulement occidental, a aujourd’hui une religion : la consommation. Persuadés qu’elle est la clé de notre bonheur individuel, nous cherchons à consommer toujours plus, quitte à nous endetter jusqu’au bord du précipice.

Persuadés qu’elle est la clé de notre bonheur collectif, nos hommes politiques ne parlent que de relancer ou d’augmenter la croissance et la consommation. Nouveau Dieu des temps modernes, la consommation n’est pas questionnée, sauf par quelques militants radicaux, qui servent de repoussoir au plus grand nombre pour éviter de se poser la question…

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«La high-tech nous envoie dans le mur»

Entretien avec Philippe Bihouix, ingénieur, spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique, coauteur de l’ouvrage Quel futur pour les métaux ?

Tableau de bod 2 chevaux

Face à la baisse des ressources, l’ingénieur Philippe Bihouix(*) estime que notre monde se perd en innovations énergivores et polluantes. Pour lui, une autre voix est possible : les basses technologies.

De tout temps, la technologie est venue à la rescousse des problèmes que l’humanité s’était elle-même créés. Face à la déplétion des ressources, aux changements climatiques, aux pollutions des sols, des nappes phréatiques et de l’air… seules l’innovation et les hautes technologiques apporteraient leur lot de réponses.

C’est faux, assure l’ingénieur Philippe Bihouix dans l’Age des low-tech (Seuil), un ouvrage célébrant les basses technologies. L’ère de l’ingénieur thaumaturge est révolue.

Libération : Vous prétendez que les technologies ne portent plus les solutions qu’elles promettent. Pourquoi ?

Philippe Bihouix : Il faut désormais admettre qu’on ne va pas s’en sortir avec des solutions technologiques, loin de là. Il ne s’agit pas de consommer comme on veut, de jeter la canette de soda dans la bonne poubelle et de laisser les ingénieurs se charger du reste. Ces technologies sont imparfaites. On dit qu’avec l’économie circulaire on va pouvoir tout recycler à l’infini. En réalité, c’est faux : on ne gratte pas la peinture au cuivre et à l’étain des carcasses de bateaux qui sont démantelés au Bangladesh ou en Inde.
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« Comment vous préparer à l’effondrement économique »

Par

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Tous les jours ou presque, j’attire votre attention sur la nécessité de vous préparer à l’effondrement économique non pas à venir mais qui est en cours. Je voulais partager avec vous mes différentes réflexions à ce sujet, notamment parce que vous êtes de plus en plus nombreux à m’écrire pour savoir quoi faire, quand cela va se produire, etc.

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L’effondrement économique, c’est quoi ?

L’effondrement économique est un terme assez dangereux et trompeur. Pourquoi ? Parce que l’idée d’effondrement renvoi implicitement à un phénomène brutal et violent.

Pourtant en Grèce, rien n’a cessé du jour au lendemain. Vous y trouvez toujours des hôpitaux (devenus payants), des transports en commun (avec une fréquence moindre), des policiers (pour vous taper dessus avec de plus en plus de violence), des agents des impôts (qui désormais vous vident vraiment les poches), des magasins d’alimentation aux rayons remplis (mais où vous ne pouvez plus rien acheter puisque vous n’avez plus d’argent), etc. Je pourrais vous faire une liste à rallonge.

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Musique : “Let’s go shopping”

Paroles de la chanson de Babe

Let’s go shopping, let’s go shopping, Shopping is all i wanna do
Let’s go shopping, let’s go shopping, wanna buy me something new

I need a new jeans and i need a new shirt
Need a new top and a sexy skirt
I need new pants and i need some shoes
Need everything that i care to choose
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L’attente millénariste de la croissance

La France souffre d’une attente millénariste : elle espère le retour de la croissance. Le discrédit de la parole politique et le pessimisme français se enforceront tant que les promesses des responsables politiques reposeront sur cette mythologie. C’est pourtant un présupposé qui n’a plus de fondement : il est illusoire d’attendre d’un retour de la croissance la résolution de nos équations budgétaires.

Or en s’obstinant à croire qu’on ne pourra répondre au malaise social tant que la croissance n’aura pas retrouvé un bon niveau, on s’enferme dans une impuissance fatale. On prend pour une période temporaire ce qui est en réalité la donnée structurante à partir de laquelle notre stratégie doit se réorganiser.

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Grande-Bretagne : Le “Boxing Day”, top départ de la folie des soldes

Une activité commerciale intense attend les magasins anglais. Et les acheteurs venus de loin, de l’étranger souvent, se ruent dans les boutiques qui pratiquent des soldes monstres, en ce premier jour de soldes appelé “Boxing Day”. A Londres, on peut voir des files d’attente immenses d’acheteurs, debout dès l’aube et prêts à tout dévaliser.

Les clients peuvent venir de loin, d’Asie, du Moyen-Orient ou des États-Unis. Ils disposent de budgets conséquents pour acheter sacs, chaussures et autres articles de marques. Les promotions sur ces articles de luxe peuvent atteindre 50%, une vraie affaire pour ces touristes.

Le magasin d’une grande artère commerciale de Londres a encaissé 2,5 millions d’euros en une heure, jeudi 26 décembre. La folie du “Boxing Day” est un vrai rituel à Grande-Bretagne, tous les ans. Trois milliards d’euros seront dépensés ce jeudi.

Noël : Business, arnaques et bons plans

Noël approche et malgré la crise, les Français n’ont pas l’intention de sacrifier leur fête en famille. Avec un budget en baisse, les Français doivent redoubler d’effort pour faire plaisir sans se ruiner.

Comment trouver des jouets neufs à moitié prix ? Les équipes de «90′ Enquêtes» sont allées à la rencontre de commerçants qui ont livré leurs secrets. La star de Noël, c’est aussi le foie gras. Il en existe de toutes sortes et de toutes origines, mais comment s’y retrouver ? Et surtout comment ne pas se faire avoir ?

Enfin, gros plan sur les décorations de Noël, qui ne sont pas sans danger. Certains importateurs sans scrupule n’hésitent pas à tricher sur les normes de sécurité. Enquête notamment en Chine.

(Merci à Romégas)

Histoire de l’urbanisme commercial en France : La révolte du caddie (Partie 5)

Aujourd’hui, force est de constater que le commerce non sédentaire, les marchés, n’apparaissent pas ou peu dans les statistiques récentes, et les études prospectives sérieuses ayant pour ambition de traiter de l’évolution future du commerce ; et pourtant la visibilité des marchés ne cesse pourtant d’augmenter.

Certains se sont adaptés aux besoins de leurs temps [les marchés Bio, de producteurs, par exemple], souvent aidés par les municipalités. Les quotidiens régionaux ou de la presse locale, plus que les études, notent un formidable engouement des citadins, depuis quelques années, pour ce type de commerce, présenté comme une alternative sociale ou culturelle face aux hypermarchés, plus proches que les commerces périphériques, et bien plus conviviaux.

Depuis leur création, les groupes de la grande distribution justifiaient leurs méthodes par une argumentation simple : d’une part, la recherche du prix le plus bas possible, les dirigeants de la grande distribution se sont toujours posés en chevalier blanc de la bonne cause, celle des consommateurs, et d’autre part, la création d’emplois, arguments placés sous le signe de leur importance déterminante dans l’économie française.

D’une manière générale, les sondages effectués auprès de la population rappelaient régulièrement aux politiciens, aux détracteurs, que les français plébiscitaient centres commerciaux et hypermarchés, en premier lieu pour les prix pratiqués, et peu importaient les nombreux dégâts « collatéraux ».

Cependant, Luc Boltanski et Eve Chiapello relatent que la monté de l’écologisme, présenta un grand danger pour les industriels et les distributeurs : « Le développement d’un consumérisme vert à la fin des années 1980 [la révolte des caddies dont parlent les spécialistes du marketing] a eu pour résultat de mettre un certain nombre d’entreprises en danger, en faisant baisser brutalement la consommation de produits dénoncés comme polluants par les mouvements environnementalistes ou nocifs pour la santé (tels que les lessives contenant des phosphates, les aérosols contenant des CFC, aux États-Unis, les pommes traitées chimiquement, certains emballages en plastique) ».
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : La Loi Royer de 1973 (Partie 4)

L’arrivée massive de l’immigration nord-africaine engendra un nouveau type de commerce dédié entièrement au pouvoir d’achat de leur communauté: les épiceries communément appelées “arabes du coin”.

Reprenant les commerces d’épiciers français, qui abandonnent leur activité devenue moins rentable et beaucoup trop contraignante, ces nouveaux épiciers s’opposeront aux grandes surfaces par une activité inégalable peu courante dans la profession: ouverts jusque tard dans la nuit, et sept jour sur sept, y compris les jours fériés.

Destinés initialement aux travailleurs immigrés, leur activité nocturne et dominical constitue une solution de dépannage pour des achats d’appoint, festifs ou d’urgence à l’heure où les autres commerces sont fermés, même si les prix y sont généralement plus élevés.

1973 La loi Royer

Ainsi les faillites se succèdent, et un autre danger menace le gouvernement conservateur: les socialistes radicaux du PSU, et d’une manière générale, les partis de la Gauche, qui trouveront ici, comme dans d’autres secteurs, un terreau plus que propice pour la diffusion et la propagation de leurs idées. L’on remarque même les tentatives des militants de la Gauche prolétarienne de s’approcher des commerçants en difficulté, dans les quartiers populaires : le progrès capitaliste et le modèle américain ne sont pas synonymes d’une vie meilleure.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : L’hypermarché (Partie 3)

La multiplication des libres services, des supérettes, des supermarchés, aura comme impact un nombre toujours plus important, d’années en années, de faillites de commerces de détail. Des commerçants vont alors former un bloc de résistance compact et très actif, sous le regard attentif des politiciens, car ils représentent encore à cette époque un poids électoral important qu’il convient de ménager, ou d’abolir…

Premier hypermarché de France: Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois – 1963

(Cocorico) Une innovation de France: l’hypermarché

En Belgique, Maurice Cauwe – qui suivit un stage aux USA – ouvre en 1961 le premier hypermarché, mais alimentaire seulement, sous le nom Super Bazar. Il faut attendre 1963 pour franchir les portes du premier hypermarché officiel – alimentaire et non alimentaire – de France, une « usine de distribution » selon la terminologie officielle, implantée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans la banlieue sud de Paris, sous la bannière Carrefour.

Les dirigeants avaient suivi les séminaires de Trujillo aux USA [avec comme compagnon le futur ministre Charles Pasqua], mais les fondateurs de Carrefour n’en ont pas copié servilement les méthodes. D’une part, ils ont rejeté le principe de « l’îlot de perte dans un océan de profits » car, convertis au discount généralisé sous l’influence de Leclerc, ils sont persuadés que les marges peuvent être réduites sur tous les produits. D’autre part, ils ont réuni « sous un même toit » l’alimentaire et le non alimentaire, créant ainsi une formule hybride, inconnue aux USA et désapprouvée par Trujillo.

Il s’agit donc non seulement du premier hypermarché moderne de France, mais aussi du monde, selon Alain Chatriot et Marie Emmanuelle Chessel: « C’est aussi celle d’une invention française, puisque les hypermarchés n’existent pas en tant que tels aux États-Unis. Il fallait avoir l’idée de vendre ensemble, sur une telle surface – plus de 2500 m² -, à la fois des produits alimentaires et des produits non alimentaires, articles vendus séparément, sur des surfaces généralement moindres, aux États-Unis. Le succès dépasse les prévisions: en une seule journée, cinq mille deux cents clients ont dépensé en moyenne vingt-huit francs, soit trois fois plus que dans un supermarché classique !
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : Le Corbusier (Partie 2)

Si se tenait un procès aux concepteurs de l’urbanisme commercial, Le Corbusier serait innocent. D’ailleurs il est étonnant de constater que cette fonction vitale pour le citadin n’est pas occupée autant l’esprit du Grand maître. Les grands principes de l’urbanisme moderne de Le Corbusier reposaient sur le zonage de quatre fonctions : habiter, travailler, se récréer, circuler : « Le zonage, en tenant compte des fonctions mettra de l’ordre dans le territoire urbain. »

Le noyau initial de l’urbanisme, pour Le Corbusier est l’habitation qui prime tous les autres et doit être « prolongé au-dehors par diverses installations communautaires », par des services communs destinés à réaliser dans l’aisance le ravitaillement. Ainsi, Le Corbusier n’estimait pas nécessaire d’isoler l’activité commerciale dans une zone particulière lui étant dédiée, comme pour l’industrie, et suggérait plutôt de les intégrer dans les immeubles mêmes.

L’artisanat, bien avant le commerce, est évoqué dans la Charte d’Athènes au chapitre 49, Le Corbusier assigne à cette « excitation créatrice », dans la concentration intellectuelle de la ville, une place située aux « points les plus intenses de la ville ». Le commerce, c’est-à-dire l’approvisionnement, une des principales activités quotidiennes de l’Homme est introduit au chapitre 88.

La cité Radieuse à Marseille, réalisée entre 1945 et 1952, qui comprend 337 duplex offre à ses résidents, une galerie publique au 3e étage, où sont implantés des petites boutiques, des équipements, et un hôtel [initialement des chambres d'hôte gérées par la collectivité] disposant d’un bar-restaurant.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France (Partie 1)

Fleurons de l’industrie française, les groupes de la grande distribution ont pu bénéficier, et bénéficient encore aujourd’hui, de la bienveillance de l’État, malgré des lois restrictives (notamment en matière d’urbanisme et d’environnement): il en aurait pu être autrement pour expliquer un constat jugé “alarmant” par… l’Autorité de la concurrence.

Goulet Turpin, le premier libre service de France 6 juillet 1948

En France, 62 % du chiffre d’affaires du commerce se réalisent en périphérie, contre 25 % en centre-ville et 13 % dans les quartiers. Dans les cas extrêmes, la périphérie capte jusqu’à 80 % du marché [Source AdCF, 2012]. Le commerce périphérique étant, bien sûr, constitué quasi exclusivement, de parcs ou zones commerciales, de centres commerciaux, et d’hypermarchés. L’Allemagne présente une configuration qu’il est inutile de qualifier d’équilibrée : 33 % en périphérie, 33 % en centre-ville, 33 % dans les quartiers.

A Paris, l’on observe l’inquiétante domination des deux principaux groupes de la grande distribution, Casino et Carrefour ayant accaparé 80 % de la surface de distribution (70 % du marché), dont 62 % par les enseignes Casino (Monoprix, Franprix, Casino, etc.). Des cas identiques se produisent dans certaines villes de province.

La périphérie “saturée” (à 62 %) d’hypermarchés et de centres commerciaux, n’intéresse plus autant qu’auparavant les groupes de la grande distribution : à présent, il s’agit de s’attaquer aux centres-villes.
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Wal-Town

Documentaire sur six jeunes militants qui s’en prennent à la chaîne de magasins Wal-Mart. Durant deux étés consécutifs, des universitaires armés de documentation imprimée visitent 36 des quelques 200 magasins Wal-Mart du pays.

Le groupe, qui se fait appeler Wal-Town, s’est donné la formidable mission de sensibiliser la population aux pratiques commerciales de la chaîne américaine et aux effets des politiques de ce géant sur les villes et municipalités du Canada.

Vivre et voyager sans argent

Raphaël, pourquoi as-tu décidé de vivre sans argent? Tenais-tu simplement à faire un pied de nez au capitalisme ou avais-tu des raisons plus profondes?

Durant mon périple sans argent entre la Hollande et Mexico, j’ai constaté que l’argent corrompait les relations humaines. De nos jours, l’argent est omniprésent: il est la cause de nos tourments, de nos angoisses, il inhibe notre créativité et embrume nos esprits. Le fait que nous en ayons un minimum ou beaucoup importe peu.

C’est la relation avec notre for intérieur, notre cœur, les autres et la nature qui est freinée, atrophiée jusqu’à disparaître souvent sous le joug du système monétaire. Si nous n’avions pas la conviction de sa valeur et de l’importance qu’il revêt, l’argent ne vaudrait rien.

En refusant le consumérisme, nous essayons de démontrer que nous vivons dans une société de surabondance perverse et que nous devons mettre un terme à la destruction de notre planète et aux souffrances des autres citoyens de ce monde pour des raisons éthiques, écologiques et sociales. Au lieu de construire une économie bâtie sur la concurrence, nous tentons de mettre en place le fondement d’une société basée sur la coexistence et la paix.

Lire l’interview complète sur Forward The Revolution

Bernard Stiegler à propos du consumérisme

Bernard Stiegler est philosophe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, fondateur et président de l’association Ars Industrialis, et directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou”.

Extrait de la conférence : Le consumérisme, progrès de la démocratie ? (9 juillet 2011)

Quand la panne est programmée par le fabricant

Machine à laver en panne au bout de cinq ans, téléviseur qui ne fonctionne plus au bout de trois… Est-ce une fatalité si les biens d’aujourd’hui durent moins longtemps qu’avant? Le Centre européen de la consommation (CEC) est persuadé qu’il s’agit d’obsolescence programmée.

Le Centre européen de la consommation vient de publier une étude intitulée:   l’obsolescence programmée, dérive de la société de consommation.

L’obsolescence programmée est le fait de planifier délibérément la durée de vie d’un produit. Cela permet de réduire cette durée de vie afin d’inciter les consommateurs à en acheter un autre.

Cette étude a été faite avec l’aide de Lydie Tollemer, une étudiante qui vient d’écrire un mémoire sur le sujet.
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Cartes de fidélité : “Fidèle un jour, fiché toujours”

En quelques années, les cartes de fidélité ont envahi les porte-monnaie des consommateurs. Neuf Français sur dix en possèdent. Au moyen de bons, de cadeaux bien ciblés ou de crédits, les chaînes de la grande distribution récompensent leurs meilleurs clients, les incitent à revenir et en attirent de nouveaux.

Les sociétés qui gèrent ces programmes de fidélité font recette en scrutant les habitudes de consommation des ménages et en constituant d’énormes bases de données informatiques. Au bout de la chaîne, des acheteurs plus ou moins consentants, parfois entraînés dans la spirale du surendettement. Enquête dans l’univers de la fidélité programmée.

Face au capitalisme productiviste : Des luttes silencieuses pour de nouveaux paradigmes

Il est de ces luttes dont on parle peu… parce qu’elles demeurent silencieuses, en apparence marginales ou marginalisées, réduites à l’insignifiance face aux logiques de guerre économique… Et pourtant, ces luttes participent patiemment à la construction de nouveaux paradigmes pour les sociétés de demain, en inventant et en expérimentant de nouvelles alternatives à un système qui, dans les faits, est synonyme d’échec à la fois social, économique, démocratique, culturel et environnemental.

Les graves crises systémiques que nous connaissons ont, contre toute attente, renforcé le positionnement de la plupart des élites mondiales. Elles continuent de s’accaparer les terres, d’exploiter à outrance les ressources encore disponibles dans le but de réaliser toujours plus de profit. Par définition, nos sociétés capitalistes ont conduit à la marchandisation de l’ensemble du monde, de manière spéculative. Les biens communs (eau, semences, terres, etc.) sont parmi les cibles centrales de cette logique. Le productivisme et le consumérisme à outrance génèrent ainsi depuis des décennies des logiques mortifères, la destruction de notre « environnement » et la production d’inégalités inacceptablesLe champ politique, loin de prendre en compte les défis à relever, provoqués par l’échec de notre modèle de civilisation, ne propose aucune solution pour nous en sortir. Il n’en appelle qu’à toujours plus de croissance, réelle cause de notre situation critique, alors que les citoyens s’extraient de cette logique pour raisonner en termes de besoins essentiels. 

Considérer avec lucidité ces logiques destructrices et mortifères est tout aussi important que de changer notre regard sur ce qui se passe du côté « des forces de vie ». Car dans un même temps, de nombreuses résistances se manifestent à travers le monde.

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Grande-Bretagne : Les Anglais ne jettent plus, ils réparent

A Londres, les Anglais apprennent à réparer leurs appareils en panne, au lieu de les jeter et de les remplacer dès qu’ils tombent en panne. Mode d’emploi d’une tendance de fond.

Ordinateur poussif, bouilloire défectueuse, lecteur MP3 en rade: plus besoin de s’arracher les cheveux pour les réparer ou de se précipiter au magasin pour les remplacer. A Londres, les novices peuvent apprendre gratuitement à prolonger la vie de leurs appareils, une alternative à la société de consommation en période de crise économique et écologique.

Quand un appareil tombe en panne, les gens sont dépourvus“, constate Ugo, un Italien installé à Londres. “Les fabricants font en sorte que le service après-vente soit limitée et la publicité incite à acheter la dernière nouveauté.” Sans compter que les petits commerçants capables de réparer les appareils électriques et électroniques ont quasi disparu.

Lyn Turner, bonnet bleu enfoncé sur la tête et chien en laisse, est frustrée. Cette cinquantenaire ne peut plus écouter ses programmes favoris: sa petite radio est en panne.
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« Mondialisons la lutte contre la pub »

La publicité a envahi le monde entier. Obsédante et d’une taille démesurée dans les grandes villes, nous ne pouvons nous y soustraire à moins de fermer les yeux; elle pollue le paysage à la campagne, grignote toujours plus d’espace dans les médias, collecte nos données personnelles et exploite nos créations sur Internet.

La pieuvre publicitaire a des effets néfastes autant sur la société que chez les individus. Elle est une nuisance cognitive, la sur-sollicitation par les messages publicitaires provoque une confusion mentale et génère du stress ; elle nuit à la santé, par exemple en prescrivant des comportements alimentaires qui sont cause d’obésité ; elle diffuse des critères de beauté qui favorisent l’anorexie ; enfin la publicité est une nuisance pour l’environnement, elle crée de faux besoins et incite au gaspillage des ressources de la planète.

Elle se substitue à l’école et aux parents pour éduquer les enfants. Elle se banalise à notre regard parce que nous sommes imbibés d’elle au quotidien. Nous pouvons recevoir ou subir en moyenne 600 messages par jour !

Bonus : Des pissenlits par la racine – Francis Blanche
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