Vivre et voyager sans argent

Raphaël, pourquoi as-tu décidé de vivre sans argent? Tenais-tu simplement à faire un pied de nez au capitalisme ou avais-tu des raisons plus profondes?

Durant mon périple sans argent entre la Hollande et Mexico, j’ai constaté que l’argent corrompait les relations humaines. De nos jours, l’argent est omniprésent: il est la cause de nos tourments, de nos angoisses, il inhibe notre créativité et embrume nos esprits. Le fait que nous en ayons un minimum ou beaucoup importe peu.

C’est la relation avec notre for intérieur, notre cœur, les autres et la nature qui est freinée, atrophiée jusqu’à disparaître souvent sous le joug du système monétaire. Si nous n’avions pas la conviction de sa valeur et de l’importance qu’il revêt, l’argent ne vaudrait rien.

En refusant le consumérisme, nous essayons de démontrer que nous vivons dans une société de surabondance perverse et que nous devons mettre un terme à la destruction de notre planète et aux souffrances des autres citoyens de ce monde pour des raisons éthiques, écologiques et sociales. Au lieu de construire une économie bâtie sur la concurrence, nous tentons de mettre en place le fondement d’une société basée sur la coexistence et la paix.

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Bernard Stiegler à propos du consumérisme

Bernard Stiegler est philosophe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, fondateur et président de l’association Ars Industrialis, et directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou”.

Extrait de la conférence : Le consumérisme, progrès de la démocratie ? (9 juillet 2011)

Quand la panne est programmée par le fabricant

Machine à laver en panne au bout de cinq ans, téléviseur qui ne fonctionne plus au bout de trois… Est-ce une fatalité si les biens d’aujourd’hui durent moins longtemps qu’avant? Le Centre européen de la consommation (CEC) est persuadé qu’il s’agit d’obsolescence programmée.

Le Centre européen de la consommation vient de publier une étude intitulée:   l’obsolescence programmée, dérive de la société de consommation.

L’obsolescence programmée est le fait de planifier délibérément la durée de vie d’un produit. Cela permet de réduire cette durée de vie afin d’inciter les consommateurs à en acheter un autre.

Cette étude a été faite avec l’aide de Lydie Tollemer, une étudiante qui vient d’écrire un mémoire sur le sujet.
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Cartes de fidélité : “Fidèle un jour, fiché toujours”

En quelques années, les cartes de fidélité ont envahi les porte-monnaie des consommateurs. Neuf Français sur dix en possèdent. Au moyen de bons, de cadeaux bien ciblés ou de crédits, les chaînes de la grande distribution récompensent leurs meilleurs clients, les incitent à revenir et en attirent de nouveaux.

Les sociétés qui gèrent ces programmes de fidélité font recette en scrutant les habitudes de consommation des ménages et en constituant d’énormes bases de données informatiques. Au bout de la chaîne, des acheteurs plus ou moins consentants, parfois entraînés dans la spirale du surendettement. Enquête dans l’univers de la fidélité programmée.

Face au capitalisme productiviste : Des luttes silencieuses pour de nouveaux paradigmes

Il est de ces luttes dont on parle peu… parce qu’elles demeurent silencieuses, en apparence marginales ou marginalisées, réduites à l’insignifiance face aux logiques de guerre économique… Et pourtant, ces luttes participent patiemment à la construction de nouveaux paradigmes pour les sociétés de demain, en inventant et en expérimentant de nouvelles alternatives à un système qui, dans les faits, est synonyme d’échec à la fois social, économique, démocratique, culturel et environnemental.

Les graves crises systémiques que nous connaissons ont, contre toute attente, renforcé le positionnement de la plupart des élites mondiales. Elles continuent de s’accaparer les terres, d’exploiter à outrance les ressources encore disponibles dans le but de réaliser toujours plus de profit. Par définition, nos sociétés capitalistes ont conduit à la marchandisation de l’ensemble du monde, de manière spéculative. Les biens communs (eau, semences, terres, etc.) sont parmi les cibles centrales de cette logique. Le productivisme et le consumérisme à outrance génèrent ainsi depuis des décennies des logiques mortifères, la destruction de notre « environnement » et la production d’inégalités inacceptablesLe champ politique, loin de prendre en compte les défis à relever, provoqués par l’échec de notre modèle de civilisation, ne propose aucune solution pour nous en sortir. Il n’en appelle qu’à toujours plus de croissance, réelle cause de notre situation critique, alors que les citoyens s’extraient de cette logique pour raisonner en termes de besoins essentiels. 

Considérer avec lucidité ces logiques destructrices et mortifères est tout aussi important que de changer notre regard sur ce qui se passe du côté « des forces de vie ». Car dans un même temps, de nombreuses résistances se manifestent à travers le monde.

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Grande-Bretagne : Les Anglais ne jettent plus, ils réparent

A Londres, les Anglais apprennent à réparer leurs appareils en panne, au lieu de les jeter et de les remplacer dès qu’ils tombent en panne. Mode d’emploi d’une tendance de fond.

Ordinateur poussif, bouilloire défectueuse, lecteur MP3 en rade: plus besoin de s’arracher les cheveux pour les réparer ou de se précipiter au magasin pour les remplacer. A Londres, les novices peuvent apprendre gratuitement à prolonger la vie de leurs appareils, une alternative à la société de consommation en période de crise économique et écologique.

Quand un appareil tombe en panne, les gens sont dépourvus“, constate Ugo, un Italien installé à Londres. “Les fabricants font en sorte que le service après-vente soit limitée et la publicité incite à acheter la dernière nouveauté.” Sans compter que les petits commerçants capables de réparer les appareils électriques et électroniques ont quasi disparu.

Lyn Turner, bonnet bleu enfoncé sur la tête et chien en laisse, est frustrée. Cette cinquantenaire ne peut plus écouter ses programmes favoris: sa petite radio est en panne.
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« Mondialisons la lutte contre la pub »

La publicité a envahi le monde entier. Obsédante et d’une taille démesurée dans les grandes villes, nous ne pouvons nous y soustraire à moins de fermer les yeux; elle pollue le paysage à la campagne, grignote toujours plus d’espace dans les médias, collecte nos données personnelles et exploite nos créations sur Internet.

La pieuvre publicitaire a des effets néfastes autant sur la société que chez les individus. Elle est une nuisance cognitive, la sur-sollicitation par les messages publicitaires provoque une confusion mentale et génère du stress ; elle nuit à la santé, par exemple en prescrivant des comportements alimentaires qui sont cause d’obésité ; elle diffuse des critères de beauté qui favorisent l’anorexie ; enfin la publicité est une nuisance pour l’environnement, elle crée de faux besoins et incite au gaspillage des ressources de la planète.

Elle se substitue à l’école et aux parents pour éduquer les enfants. Elle se banalise à notre regard parce que nous sommes imbibés d’elle au quotidien. Nous pouvons recevoir ou subir en moyenne 600 messages par jour !

Bonus : Des pissenlits par la racine – Francis Blanche
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Musique : “Faut Consommer !”

Paroles de la chanson du groupe Kiemsa :

Samedi matin, dix heures et quart
Johny regarde sa montre, ils sont déjà en retard
C’est la journée supermarché
Bien méritée après la semaine à bosser
Tout le monde est là, dans la Xantia
La femme, les gosses, le chien et tous pour un
La famille s’active une fois dans les rayons
Et un caddy chacun, y’a pas d’exception
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Dominium mundi : L’Empire du management

Après “La fabrique de l’homme occidental” et “L’ÉNA, miroir d’une nation”, le cinéaste Gérald Caillat et l’anthropologue Pierre Legendre signent un nouvel essai documentaire ambitieux autour de la mondialisation en lui restituant sa profondeur historique et en faisant émerger les grandes questions muettes qu’elle véhicule.

Un management qui s’impose comme le joyau de l’Occident industriel et communicateur. Désormais appliqué au business, le mot est devenu une doctrine, une propagande, la boîte à idées de la nouvelle mondialisation.

Le management est un “empire mou”, c’est sa force, avec des airs de “dictature sans dictateur” dont les mots d’ordre forgés par l’Occident (“organiser, coordonner, commander, contrôler“) se sont emparés de la planète entière. Ce monde que le christianisme avait rêvé de conquérir, le voici entièrement soumis aux dogmes de l’efficacité gestionnaire et à ses liturgies – la communication et le spectacle.

Partie 1:

Partie 2:
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Radio Courtoisie : “Le malaise est dans l’homme”

Addendum audio du 09/03/2012

Samedi 09 mars 2013 à midi, Pascal Lassalle (assisté de Franck Wilsdorf) recevait dans le Libre Journal des Lycéens sur Radio Courtoisie, Pierre le Vigan pour son ouvrage “Le malaise est dans l’homme – Psychopathologie et souffrances psychiques de l’homme moderne“. La seconde partie de l’émission fut consacrée à une rencontre avec Alain Sanders et Serge Cadal suivie des chroniques régulières.

(Merci à Jérôme)

« Le Malaise est dans l’homme »

Psychopathologie et souffrances psychiques de l’homme moderne. Les souffrances psychiques ne sont pas des maladies. Mais elles peuvent y mener. La condition de l’homme étant tragique, ouverte, risquée, la fragilité de l’homme est inhérente à son être-au-monde.

Toutefois, si le malaise est dans l’homme depuis toujours, le monde moderne et hypermoderne lui donne des formes nouvelles. Les sociétés traditionnelles fonctionnaient sur la base d’un modèle d’intégration sociale, au demeurant inégalitaire, où chacun néanmoins avait sa place, y compris le fou. Les sociétés modernes ont fonctionné sur le mode du refoulement et de la névrose.

La société du travail ne voulait pas connaître les états d’âme, ni même les âmes d’ailleurs. La société hypermoderne combine les exigences du travail et celles de l’autonomie : il faut être productif, il faut être performant, mais aussi « positif ». Il faut donner sa force de travail, mais aussi assumer un certain savoir-être, et non simplement apporter son savoir-faire.

La mobilisation de l’homme dans l’hypercapitalisme est donc totale mais elle n’est plus une mobilisation sous une forme guerrière qui était celle du « soldat du travail ». C’est une mobilisation pour plus de mobilité, plus de fluidité, plus de liquidité. L’hypercompétitivité et la lutte de tous contre tous tendent à devenir la règle.
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Benoît Heilbrunn : Les nouvelles formes de consommation

Benoît Heilbrunn, professeur de marketing à ESCP Europe, revient sur les mutations actuelles de la société de consommation. D’un système fondé sur le marketing et des objets omniprésents, nous entrons dans un modèle post-consommatoire où la consommation serait collaborative et enseignée à l’école. L’échange consommatoire n’est plus simple un échange économique, c’est aussi un échange de valeurs, de compétences et de symbolique.

High-tech, électroménager : Un gâchis organisé

Malgré la crise, les consommateurs ne sont pas prêts à tout sacrifier. Parmi les objets incontournables à avoir figurent les ordinateurs, les téléphones portables ou encore les aspirateurs. La ruée vers les appareils numériques et électroménagers ne cesse de se confirmer.

Les constructeurs l’ont bien compris et profitent de cette course au dernier cri pour produire toujours plus et réduire la durée de vie de ces objets du quotidien. Un gaspillage programmé dont on commence à mesurer l’impact économique et environnemental.

Dans les pays pauvres, de vastes dépotoirs technologiques, souvent toxiques, voient le jour pour accueillir ces déchets.

Consommation et Surconsommation

L’accès à la consommation nous est présenté comme la source du bonheur, alors que paradoxalement, être consommateur rend vaine toute tentative d’accéder au bonheur. La publicité est là pour nous rappeler à l’ordre, pour créer l’insatisfaction, le manque et une dépendance par rapport à des produits qui jusque-là n’étaient pas indispensables à l’épanouissement, et qui s’ajoutent à nos besoins.

Il serait plus sage de ne pas tenter d’avoir tout ce que l’on nous propose, mais de savoir apprécier ce que l’on a. Il faudrait d’ailleurs faire en sorte de se libérer de la surabondance (également surabondance de pollution, d’uniformisation, de stress … etc !) plutôt que de convoiter avec obsession ce qui nous fait défaut (le pouvoir d’achat, l’emploi, l’innovation, les parts de marché, la croissance, etc), pour plus de simplicité et moins d’illusionnisme. Posséder le dernier « iphone » est-il indispensable à la vie ?

Comment les hommes faisaient-ils avant toutes ces technologies high-tech qui se régénèrent indéfiniment ? Comment vivaient-ils, étaient-ils épanouis, étaient-ils en manque? En manque de quoi, de bien matériel ? Mais combien de ces choses sont vraiment utiles à notre épanouissement ? Ne servent-elles pas plutôt à cacher notre frustration devant ce monde que nous avons de plus en plus de mal à comprendre et à appréhender ?

L’expansion du développement transforme sur son passage l’autarcie des peuples en misère, et partout sur terre, goûter à « l’économie de marché » devient une addiction qui se substitue à tout mode de vie alternatif (gratuit) et indépendant (libre). Ce système économique arrivera à son apogée quand la mondialisation aura transformé toutes les cultures et toutes les ressources naturelles en marchandises identiques.
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Connaissez-vous Vance Packard ?

Connaissez-vous Vance Packard ? Il fut le premier, avec son ouvrage The Hidden Persuaders (1), à attirer dès 1957 l’attention du public sur les techniques de manipulation mentale. Vous savez, ces techniques que la loi antisecte a  finalement renoncé à interdire… peut-être parce qu’elles sont plus souvent utilisées par les publicitaires que par les sectes.

En 1964, il publie un autre ouvrage, Une société sans défense, sur la surveillance et le fichage de la population par la police, mais surtout par les entreprises, où cette fois il n’hésite pas à comparer la société dans laquelle il vit, l’Amérique des années 1960, aux œuvres d’anticipation de George Orwell et d’Aldous Huxley : 1984 et Le Meilleur des mondes.

Le temps a passé depuis mais les livres de Vance Packard, de George Orwell et d’Aldous Huxley n’ont rien perdu de leur actualité. Le monde dans lequel nous vivons correspond à peu de choses près à ce qui était à l’époque imaginé comme un cauchemar.

Pourtant une fausse note subsiste : la dictature que redoutaient Orwell et Huxley était d’inspiration soviétique, mais le “ totalitarisme tranquille ” (2)  que nous connaissons aujourd’hui est capitaliste. Hormis cela, tout correspond : l’œil des caméras de vidéosurveillance épie chacun de nos gestes, nous sommes au seuil d’une normalisation génétique, la voix des médias nous berce du lever au coucher dans la douce anesthésie d’un divertissement médiocre et nous assure que notre monde serait parfait sans la petite délinquance et la contestation politique. Ce divertissement insipide comme un sucre d’orge porte même un nom : le tittytainment. Ce terme inventé par Zbigniew Brzezinski, qui fut conseiller pour la sécurité nationale auprès de Jimmy Carter, est une contraction de entertainment (divertissement) et de tits (seins en argot américain). L’évocation des seins se réfère ici plus à leur fonction nourricière qu’érotique. L’idée de Zbigniew est que, dans un monde où 20 % de la population mondiale suffira à faire tourner l’économie, le problème des nantis consistera à doser le pain et les jeux qu’il leur sera nécessaire d’accorder à la majorité démunie afin qu’elle se tienne tranquille :

Un coktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète (3).

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La crise favorise la revente des cadeaux de Noël sur internet

Sur PriceMinister.com ou Ebay, le nombre d’annonces a augmenté quelques heures seulement après l’ouverture des cadeaux de Noël par les Français.

Quelques heures à peine après les avoir déballés, de plus en plus de Français déçus de leurs cadeaux de Noël les remettent en vente sur internet. Cette pratique s’est renforcée avec la crise. En fait, il s’agit d’une rencontre entre “les dépités, les mécontents de leurs cadeaux et les frustrés, ceux qui n’ont pas eu ce qu’ils voulaient” et espèrent le trouver à moindre prix sur internet, résume Olivier Mathiot, co-fondateur de PriceMinister.com.

Mardi à mi-journée, on a constaté un doublement des mises en vente par rapport à un jour normal”, souligne ce dernier. Ebay France, autre grand site de commerce en ligne, a recensé de son côté 150.000 annonces supplémentaires publiées sur le site par rapport à lundi. Si les vendeurs se dépêchent de mettre en ligne leurs offres, pour les acheteurs, le pic de consommation vient plus tard, généralement à partir des soldes vers mi-janvier.

Les jeux vidéo au hit-parade

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