Changement climatique, déplétion pétrolière, crises… Ebauche d’une vision désirable du monde en 2050

“Songez à la quantité de changements qui se sont déroulés pendant les cent dernières années, qu’il soient sociaux, techniques, culturels, politiques ou environnementaux: tous ces changements ne font pas le poids face à ce dont vous serez témoin au cours des vingt prochaines années”. Ainsi a répondu le scientifique ayant modélisé les limites de la croissance, Dennis Meadows, à la question de savoir qu’elle était sa vision d’un avenir de “descente énergétique”, question qu’a pu lui poser le “cueilleur de visions” comme il se définit lui-même, Rob Hopkins, fondateur du mouvement Transition (1).

“Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

Oui, à l’heure où la finance ajoute une crise à une crise (les « subprimes », les dettes des états, la Grèce…), à l’heure où le réchauffement global et les désordres dont il est capable font suffisamment peur au G7 (2) pour que celui-ci promette très officiellement la décarbonation totale de l’économie durant ce siècle, de plus en plus de personnes devraient se poser une question: “Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

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Consommation : j’achète, donc je suis

Des milliards de vêtements, d’appareils électroménagers et de denrées alimentaires sont vendus chaque année en France et en Allemagne. Pour les consommateurs, c’est moins leur valeur d’usage qui compte que la valeur subjective qu’ils leur attribuent, voire l’image de la marque. Car le comportement d’achat est intimement lié à nos valeurs individuelles, à notre personnalité.

En même temps, en achetant certains produits, nous manifestons notre identité au sein de la société. L’image associée à certaines marques nous aide à mieux percevoir et exprimer qui nous sommes, et comment nous nous positionnons par rapport à notre entourage.

Xenius Arte (Allemagne 22/06/2015)

Un bonheur sans croissance est-il possible ?

« On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance », lisait-on sur les murs de Paris en mai 68, signifiant par là l’absence de communauté de sens et de corrélation nécessaire entre l’augmentation, quantitative, de la richesse nationale et la recherche, qualitative, de bonheur personnel. Révolte d’enfants gâtés, diront certains et il est vrai que le raisonnement qui va suivre ne concerne que les pays riches dont l’affluence a permis la sortie hors du règne de la nécessité.

Commençons par ce paradoxe bien connu, mis en évidence par l’économiste Easterlin[1] en 1974 selon lequel une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus.

Ce paradoxe est à rapprocher de ce que l’on nomme, en psychologie, le « paradoxe de l’abondance » qui montre que la disponibilité d’une satisfaction, auparavant rare, finit par produire lassitude et passivité. L’excitation ou l’euphorie liées à la consommation d’un bien provient de sa rareté. « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! » disait Rousseau. « Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. (La nouvelle Héloïse, 1761).

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Apple, la tyrannie du cool (Rediff)

Le décès de Steve Jobs, le 5 octobre, a illustré avec éclat le paradoxe qui est au centre de ce film : c’est la première fois dans l’histoire qu’un entrepreneur a été pleuré comme un bienfaiteur de l’humanité. Cette dévotion planétaire relève d’une soumission inquiétante au capitalisme, deux journalistes ont décidé de juger sur pièces, et plutôt que d’instruire le procès de la «moi technologie» selon Apple, entreprennent de l’explorer…

Les « GARS’PILLEURS », ces lyonnais qui luttent contre le gaspillage alimentaire

1,3 milliards de tonnes ou 30% de la production alimentaire mondiale et un coût de 750 milliards de dollars[1]. 50% de la production européenne[2], dont 5,3 millions de tonne chaque année en France, soit une vingtaine de kilos par personne et un coût de 400€ pour un foyer de 4 personnes[3]. Quelle que soit l’échelle choisie, les chiffres du gaspillage alimentaire donnent le vertige, triste reflet d’un système productif basé sur la surconsommation. Qu’en est-il à Lyon ? Nous n’avons pas de chiffres exacts mais, à l’aide de Loïck et Nathan, deux lyonnais qui se battent contre ce gâchis, nous sommes allées mettre les mains (et le nez) dans les poubelles de plusieurs grand magasins de la ville. Enquête.

Alors que le Parlement a fait de 2014 l’année de lutte contre le gaspillage alimentaire, comment imaginer une réponse collective si les Etats peinent à prendre des mesures concrètes localement ? La réponse à cette question viendra peut-être des citoyens eux-mêmes car de nombreuses  actions anti-gaspillage émergent en France et en Europe, à commencer par le freeganisme. Ce mouvement porté notamment par l’auteur britannique Tristam Stuart consiste à se nourrir uniquement d’aliments récupérés dans les poubelles.

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Les trente glorieuses : une combinaison réussie d’étatisme et d’économie de marché

Tribune libre de Paysan Savoyard

La période qui commence après la guerre et va durer jusqu’au milieu des années 70 sera marquée par une forte croissance économique et va permettre un enrichissement considérable d’une population elle-même en forte augmentation : un économiste la désignera comme la période des « trente glorieuses ».

Le système économique et social mis en place après la guerre en France et dans les principaux pays d’Europe occidentale est probablement pour une bonne part à l’origine de la forte croissance. Il repose sur les trois piliers suivants :

La société et l’économie dans leur ensemble sont désormais organisées en vue de la production et de la consommation de masse. Il s’agit là d’une application, en France et en Europe, du modèle américain, les crédits apportés par les États-Unis dans le cadre du plan Marshall constituant un élément d’incitation à imiter le système devenu dominant (les éléments du dispositif de production et de consommation de masse sont connus : taylorisme, publicité, durée de vie des produits volontairement limitée, grandes surfaces commerciales…).

Cette société de production et de consommation de masse repose sur le mécanisme dit du « compromis fordiste ». Les employeurs doivent distribuer des salaires d’un niveau suffisant afin que les salariés puissent consommer la production des entreprises : les salaires créent ainsi un débouché à la production (de façon plus précise, le compromis fordiste postule que la croissance du niveau des salaires doit suivre celle de la productivité du travail).

Le système mis en application prévoit enfin l’intervention d’un État puissant. L’économie repose sur le marché, mais elle est encadrée et régulée par un État fortement interventionniste. L’État organise des services publics, dont il est propriétaire et qui bénéficient d’un monopole. Il assure un rôle de régulation de l’économie (contrôle des prix, contrôle des changes, régulation du crédit…). Il met en oeuvre les principes keynésiens de réglage de l’activité économique par les politiques budgétaire et monétaire. Il encadre le marché du travail (droit du travail protecteur des intérêts des salariés, fixation d’un salaire minimum…). Il est propriétaire de grandes entreprises, mène une politique de modernisation industrielle, s’efforce de planifier l’évolution de l’économie. Pour financer ces politiques et assurer une redistribution, il prélève des impôts et cotisations sociales d’un niveau élevé.

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