Guerre des légumes chez les bobos

Qui aurait cru qu’acheter ses légumes allait devenir un acte politique ? Les hostilités ont débuté en juin dernier avec un brûlot posté sur le Web par un dénommé Benjamin Guilbault. Cet apiculteur qui fournit plusieurs Amap (Association pour le maintien d’une agriculture de proximité) s’en prend vertement à la Ruche qui dit oui, accusée de “tromperie” du consommateur et de manquements à “l’éthique”.

Il l’accuse, en gros, de faire son miel sur le dos d’une filière équitable et de proximité, alors qu’elle ne ferait que prolonger les “pratiques capitalistiques du marché”.

Une sorte de parasitisme d’une petite start-up maline dans l’écosystème idéal des associatifs.

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Jeu : Dr Panda Supermarché

Réalisé par TribePlay, Dr Panda : Supermarché est un jeu éducatif, à destination des enfants, dans lequel nos bambins pourront s’épanouir et apprendre, tout en s’amusant. Dans cet opus, il sera possible de prendre part à 10 mini-jeux différents, comme trouver des produits dans les rayons, ranger les charriots dans le parking, ou encore assurer la gestion des stocks. 6 animaux différents et amusants les accompagneront dans leurs aventures et leur apprendront par la même occasion à développer leur esprit logique, d’autant plus que l’interface est très intuitive, spécialement conçue pour les enfants de 2 à 6 ans.

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Croissance américaine : Il ne faut pas s’emballer

La hausse du PIB plus forte que prévu au troisième trimestre (3,5% en rythme annuel) n’empêchera pas la croissance de plafonner autour de 2% sur l’ensemble de 2014. La consommation reste freinée par la montée des inégalités: la majeure partie de la population voit ses revenus au mieux stagne.

L’économie américaine serait-elle en passe d’accélérer ? On pourrait le penser, après l’annonce d’une croissance plus forte que prévu cet été. Elle a atteint 3,5% en rythme annuel, au troisième trimestre, au lieu des 3% attendus.

Les Etats-Unis, où le chômage est au plus bas (moins de 6% de la population active), seraient donc sur la voie d’une expansion à vive allure. Rien à voir avec la stagnation de la zone euro, qui flirte avec la déflation. La Fed aurait donc eu raison d’annoncer mercredi soir l’arrêt des mesures monétaires non conventionnelles de soutien à l’économie.

Un bilan pas si flatteur

A regarder les chiffres de plus près, le bilan apparaît moins flatteur. D’abord, en dépit de ces chiffres très élevés du troisième trimestre -à tout le moins en regard avec la situation européenne- la hausse du PIB ne devrait guère dépasser 2% en volume cette année. Pas de quoi pavoiser en regard des performances habituelles de l’économie américaine en phase de reprise, qui tangentent souvent les 4%.

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Comparateurs : Le meilleur prix à portée de clic ?

Pour un grand nombre de consommateurs, le comparateur de prix est devenu le moyen de faire des bonnes affaires sur internet. Grâce à ces sites qui pullulent sur la toile nous pouvons faire le tri entre des milliers de e-commerces pour trouver « le juste prix ».

Gain de temps et d’argent, voilà la promesse faite par ces comparateurs 2.0. Mais la méthode de référencement de ces derniers est-elle objective ? Les comparateurs de prix sont-ils des sites indépendants? Et surtout, recensent-ils tous les produits disponibles sur le marché?

Plusieurs sites qui se présentent comme une aide à l’achat sont en fait rémunérés pour afficher en tête de liste certains produits plutôt que d’autres. Et ces derniers ne sont pas systématiquement les moins chers. Si on ajoute à cela les frais de livraison et des garanties parfois plus courtes qu’en magasin, faisons-nous vraiment de bonnes affaires?

Du champ à l’assiette : Les défis de la sécurité alimentaire

Les épidémies liées aux légumes concernent plus de monde, et impliquent plus d’hospitalisations que celles liées à la consommation de viande” affirme Ana Allende, microbiologiste alimentaire du CBAS-CSIS, le Centre International d’Études Stratégiques.

Il est urgent de préparer la décroissance !

Pour Thierry Brulavoine, Michel Lepesant et Christine Poilly, tous trois membres du Mouvement des objecteurs de croissance, “les partis médiatiques prouvent tous les jours leur incapacité à proposer la moindre mesure qui ose accepter la réalité d’un monde fini”. “C’est pourquoi, écrivent-ils, il faut appeler politiquement à une recomposition électorale autour d’un pôle antiproductiviste et anticonsumériste, donc anticapitaliste et révolutionnaire”.

Les partis de gouvernement et d’opposition, de la droite à la gauche, se sont engagés depuis des décennies dans une quête effrénée de croissance, par la promotion du consumérisme et du « progrès » technoscientiste. Les effets de ces politiques sont pourtant implacables : les 67 milliardaires les plus riches de la planète détiennent autant de richesse que les 3,5 milliards d’humains les plus pauvres ; le 5e rapport du Giec annonce une augmentation de 4,8 °C d’ici à la fin du siècle, induisant des événements climatiques extrêmes, une insécurité alimentaire, une perte de biodiversité, plus de migrations contraintes…

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Nouvelles drogues : Passeport pour la défonce

Méthamphétamine, benzylpépirozine, méphdrone, kétamine, sont les nouvelles drogues de synthèse venues concurrencer le marché des substances «traditionnelles». Au travers des témoignages d’utilisateurs, de revendeurs ou de spécialistes de la consommation de psychotropes, ce reportage analyse les raisons du succès de ces nouvelles substances.

États-Unis : Pourquoi les jeunes désertent-ils les hypermarchés ?

Aux États-Unis, les grands centres commerciaux sont devenus d’immenses vaisseaux fantômes peinant à attirer la jeune génération. Nouveaux modes de consommation et crise économique seraient les facteurs de cette désaffection.

West Bloomfield, banlieue blanche de Detroit, un samedi de janvier par -30°C. Un temps à squatter les malls. Mais sur le parking, les voitures se font rares. A l’intérieur, les hautparleurs diffusent des chants de Noël de Sinatra entre deux annonces promotionnelles. Des mamans juives trompent leur ennui en allant se faire couper les cheveux. A part un hypermarché discount, on ne trouve que des magasins de décoration intérieure ou des salons de coiffure.

Le centre commercial est devenu un repaire de vieux. Où sont les magasins de chaussures de sport, les fast-foods? Où sont les jeunes? Ils restent chez eux. Ils passent commande sur Amazon. Les voitures sont trop onéreuses à entretenir pour les adultes, alors pour les millenials (la génération Y, celle des jeunes gens nés entre le début des années 80 et le début des années 2000)… Avec un taux de chômage de 16 %, les 16-34 ans n’ont pas les moyens. Ils sont moins de 7 sur 10 à passer le permis de conduire.

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KidZania, parc pédagogique ou marketing extrême ?

Le parc à thèmes Kidzania ouvrira ses portes à Londres en 2015. Cet espace gigantesque où les enfants pourront tester des métiers est présenté comme une expérience qui les prépare à la vraie vie, mais l’omniprésence des marques inquiète.

Par Stuart Jeffries, The Guardian.

“C’est révolutionnaire”, s’enthousiasme Joel Cadbury, héritier des chocolats du même nom, et président de KidZania Londres. Cette cité miniature à 20 millions de livres ouvrira en 2015 au-dessus du Mark’s & Spencer de l’immense centre commercial Westfield, dans l’ouest de la capitale britannique. Un univers à l’échelle des enfants qui, sur quelque 7 000 mètres carrés, permettra aux 4-14 ans de jouer aux grands.

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Logorama (Rediff.)

Voici « Logorama », un court-métrage d’animation réalisé par H5, réalisé tel un droit de réponse, sans aucune autorisation des firmes concernées. Logorama est une course poursuite effrénée dans une ville de marques construite sur le modèle urbain américain. L’idée provient d’Hervé de Crécy (le frère d’Etienne, dj), François Allaux et Ludovic Houplain, des graphistes français issus de l’industrie du disque. Ils ont souhaité mettre en vie tous les logos et marques qui constituent notre univers.

lareclame.fr

En finir avec notre addiction à la consommation

La surconsommation constitue l’un des défis planétaires à relever d’urgence, rappelle Elisabeth Laville, auteur de “Vers une consommation heureuse” (Ed. Allary), fondatrice d’Utopies et de Mescoursespourlaplanete.com et intervenante lors du World Forum Lille (21-24 octobre).

L’un des tabous les plus fragrants de notre société est notre addiction à la (sur)consommation. Car le monde entier, et plus seulement occidental, a aujourd’hui une religion : la consommation. Persuadés qu’elle est la clé de notre bonheur individuel, nous cherchons à consommer toujours plus, quitte à nous endetter jusqu’au bord du précipice.

Persuadés qu’elle est la clé de notre bonheur collectif, nos hommes politiques ne parlent que de relancer ou d’augmenter la croissance et la consommation. Nouveau Dieu des temps modernes, la consommation n’est pas questionnée, sauf par quelques militants radicaux, qui servent de repoussoir au plus grand nombre pour éviter de se poser la question…

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3 verres de lait par jour… La recette pour une mort précoce?

Une nouvelle étude, menée par une équipe de chercheurs de l’Université d’Uppsala, en Suède, conclut que consommer de grandes quantités de lait présente plus de risques pour la santé qu’on ne le pensait jusqu’alors.

L’équipe de scientifiques a suivi un groupe comprenant plus de 100.000 Suédois pendant une vingtaine d’années. Des données provenant de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, ont montré qu’en 2007, la Suède était le pays du monde où l’on consommait le plus de lait par tête dans le monde.

Jusqu’à présent, le corps médical recommandait de consommer une grande quantité de produits laitiers pour réduire le risque de fractures, en raison du calcium qu’ils contiennent. Cela est particulièrement vrai pour les femmes, qui sont plus sujettes à l’ostéoporose.

Or, non seulement l’étude n’a pas mis en évidence de réduction du risque de fracture chez les femmes avec une consommation plus élevée de lait, mais de plus, elle a montré qu’au-delà de 3 verres de lait, les femmes encourraient un risque de fracture plus grand que lorsqu’elles se contentaient d’un seul verre. Pour chaque verre de lait additionnel que les femmes consommaient, leur taux de mortalité augmentait de 15%. Pour les hommes, l’augmentation correspondante était de 3%.

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Un bonheur sans croissance est-il possible ?

« On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance », lisait-on sur les murs de Paris en mai 68, signifiant par là l’absence de communauté de sens et de corrélation nécessaire entre l’augmentation, quantitative, de la richesse nationale et la recherche, qualitative, de bonheur personnel. Révolte d’enfants gâtés, diront certains et il est vrai que le raisonnement qui va suivre ne concerne que les pays riches dont l’affluence a permis la sortie hors du règne de la nécessité.

Commençons par ce paradoxe bien connu, mis en évidence par l’économiste Easterlin[1] en 1974 selon lequel une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus.

Ce paradoxe est à rapprocher de ce que l’on nomme, en psychologie, le « paradoxe de l’abondance » qui montre que la disponibilité d’une satisfaction, auparavant rare, finit par produire lassitude et passivité. L’excitation ou l’euphorie liées à la consommation d’un bien provient de sa rareté. « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! » disait Rousseau. « Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. (La nouvelle Héloïse, 1761).

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Le marché de la viande : La vérité sur les prix

Les Français raffolent de la viande de bœuf qui est vendue à 80% en supermarché, le plus souvent en barquette. Les prix de la viande ont flambé ces dernières années : 20% de hausse en dix ans.

Mais quand le prix de la viande augmente, le prix pour l’éleveur évolue peu. Au niveau des négociants, leur pouvoir est également faible. A l’abattoir, les prix doublent car les besoins des supermarchés rendent le coût de la main d’oeuvre incompressible.

Les secrets des herbes aromatiques

Thym, basilique ou encore coriandre, elles sont utilisées tous les jours. Mais le consommateur ne sait pas toujours d’où elles viennent, ni même comment elles sont transformées en produits surgelés.

Les herbes aromatiques se cuisinent à toutes les sauces. Le marché des herbes aromatiques a augmenté de 10% ces cinq dernières années. Il est toutefois difficile de les avoir fraîches toute l’année. Au frigo, elles ne se conservent que quelques jours, il faut alors se tourner vers la version déshydratée ou surgelée.

Les plantes sont ensuite vendues en grande surface et surtout aux industries agroalimentaires. La moitié est destinée à la fabrication des plats préparés. Mais chaque saison, il faut innover. Les techniciens cherchent à créer de nouvelles variétés pour coller au mieux aux tendances du marché. Les précieuses saveurs mises au point sont alors testées par une dizaine de salariés formés à la dégustation.

L’OCDE adopte la vision de l’économiste Thomas Piketty

Dans son dernier rapport, l’organisation européenne s’inquiète d’une déflation salariale qui creuse les inégalités et ralentit la reprise.

L’analyse de la concentration de la richesse et du retour des inégalités exposée par Thomas Piketty dans son best-seller de 2013 Le capital au XXIe siècle a suscité de vives critiques. Nombre d’économistes anglo-saxons, généralement d’obédience libérale, ont attaqué, en particulier, les chiffres de l’économiste français.

Autorité reconnue dans l’univers des statistiques et généralement critiquée pour son biais «libéral», l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) s’est, elle, au contraire, convertie au «pikettisme».

Elle observe que la crise a généré des inégalités de revenus non seulement du capital mais aussi du travail. Un phénomène qui agit comme un formidable frein sur la croissance et serait une des origines de la faiblesse de la reprise mondiale depuis 2008.

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Il était une fois la Terre (1978)

« Il était une fois la Terre » est le dernier épisode de « Il était une fois l’Homme », sortant du contexte purement historique en présentant une vision prospective sur le futur de l’humanité, cet épisode met l’accent sur les conséquences de la pollution, de l’amoncellement des déchets toxiques, de l’épuisement des ressources naturelles et de l’augmentation de la population humaine.

Partie 1:

Partie 2:

La façon dont ces sujets sont traités est très représentative des préoccupations accentuées par les années 1970, durant lesquelles les pionniers de l’écologie politique s’inquiétaient de l’explosion démographique et de l’explosion de la consommation, s’appuyant sur le rapport du Club de Rome ou les écrits de René Dumont, de Paul Ehrlich et d’autres.

La croissance de la société industrielle, qui tend à s’étendre dans le monde entier pour conquérir de nouveaux marchés, y est résumée de façon cinglante : « Il faut former des consommateurs par centaines… par milliers… par centaines de milliers… et tout ça pour que les usines tournent. »

Le narrateur s’inquiète des conséquences environnementales de la croissance industrielle et souligne la dangerosité des conflits sociaux qui pourraient rendre cette situation explosive. Il se prononce donc pour un arrêt de la croissance industrielle, évoquant le rapport du Club de Rome de 1972, et pour un arrêt de la croissance démographique : les personnages plaident pour une limitation des naissances à la hauteur du nombre de décès de manière à stabiliser la population humaine.
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La triple ambition du Japon

Deux mois après avoir remanié son gouvernement, le premier ministre japonais Abe Shinzo doit faire face à deux démissions, survenues le 20 octobre 2014. Symbole de ses difficultés à engager son pays sur les nouvelles voies promises.

Lorsqu’il arrive au pouvoir, M. Abe dispose de moyens politiques, fort des succès électoraux à la chambre des députés (décembre 2012) et au Sénat (juillet 2013) du Parti libéral démocrate (PLD, le Jimintô, droite conservatrice), qu’il dirigeait. Il a détrôné le Parti démocrate du Japon (PDJ, le Minshutô, centre gauche) qui avait interrompu en 2009, pour trois ans, la domination presque continue du PLD depuis 1955.

En son temps, le PDJ avait promis de s’engager sur des chemins économiques et sociaux menant vers un Etat-providence. M. Abe a résolument tourné le dos à cette option qui fut peu suivie d’effets ; il a tout autant abandonné le projet de s’éloigner aussi vite que possible de l’énergie nucléaire, projet conçu dans l’urgence par son prédécesseur après le désastre de Fukushima, le 11 mars 2011 [1]. En fait, il veut poursuivre ce qu’il avait commencé en 2007 quand il fut (déjà) premier ministre : construire à nouveau un « beau Japon » [2] retrouvant la fierté nationale et jouant pleinement son rôle dans le maintien de la sécurité mondiale.

L’objectif est en rupture, non seulement avec les options de l’intermède du PDJ, mais aussi avec les positions arrêtées depuis l’après-guerre. Pour M. Abe, il s’agit de s’affranchir de ce qu’il considère comme une entrave à l’épanouissement du pays. Il veut donc disposer d’une puissante armée capable d’intervention à l’extérieur « en faveur du maintien de la paix » et participer à « la défense des alliés qui seraient attaqués ». Autrement dit, ne pas limiter les forces d’autodéfense japonaises et ne pas les restreindre à la seule protection du territoire. Il est prêt, si nécessaire, à modifier la Constitution et en particulier son article 9, une triste conséquence, selon lui, de la défaite du Japon en 1945.

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